Robot-craignos (34)

N’est-il pas magnifique celui-ci dans sa simplicité ?

Il sort tout droit de SUPERSONIC MAN, ce film de super-héros réalisé en 1980 par l’Espagnol, Juan Piquer Simon, tourné avec des fonds américains (ce qui n’aide pas toujours, la preuve…).

Ce qui m’amuse, c’est d’avoir eu, à peu près le même, en noir, d’environ 20 cm de hauteur à cette même époque, où ce genre de jouets se vendaient comme des petits pains. Gosse, je le regardais passionnément gesticuler grossièrement sur lui-même ou d’avant en arrière, et gronder de ses quatre petits canons sur le thorax.

Et bien entendu, ce qui peut parfois prendre des airs de craignos, n’est que dans l’évolution de nos goûts et des modes.

Quant au robot de SUPERSONIC MAN, il faut aussi le voir évoluer dans le film, en imaginant l’acteur costumé, se décarcasser (si je puis dire) pour faire trois pas, tout en mimant une gestuelle, la plus mécanique possible. Et là, ça devient très craignos (et très drôle).

- Trapard -

Votre station spatiale de 2001

Belle réalisation papertoy que cette station spatiale du film 2001 : L’ODYSSÉE DE L’ESPACE. Même si les instructions de montage sont en allemand, les dessins aident à sa construction, et je vous conseille d’écouter en même temps Le Beau Danube Bleu de Johann Strauss… Votre sation spatiale vous attend ici.

News d’Altaïr IV

Quelques news et rappels utiles concernant votre blog Les Échos d’Altaïr…

Tout d’abord, je vous rappelle qu’en dehors de son moteur de recherche, le blog dispose d’une catégorie bien pratique intitulée « Index du blog » (voir ci-contre dans les catégories) pour vous permettre de connaître le contenu exact des catégories les plus importantes. Cet index est encore en construction et il est régulièrement remis à jour en fonction des nouveaux articles publiés : Index du blog.

Si vous souhaitez me contacter personnellement, pour une raison ou pour une autre, ou pour une participation active dans Les Échos d’Altaïr, j’ai récemment ajouté, toujours dans les catégories, la catégorie formulaire de contact » : Formulaire de contact.

Trapard, du site Le Cri du Cagou, étant devenu un participant très actif dans Les Échos d’Altaïr, possède désormais sa catégorie où vous pourrez retrouver tous ces précieux articles : Trapard.

Les papertoys envahissants ont désormais leur catégorie, séparée de celle d’ »Imaginart » : Papertoy.

Je rappelle qu’il existe un groupe Facebook (très actif !) des Échos d’Altaïr auquel vous pouvez faire partie si vous le souhaitez : Les Échos d’Altaïr IV. On y trouve chaque jour des news et des liens internet sur le cinéma fantastique et de SF, sur les séries TV, sur les bouquins et tout ce qui a rapport de près ou de loin avec l’Imaginaire, mais aussi et bien sûr des commentaires (davantage là-bas qu’ici !), des photos, etc. Et Les Échos d’Altaïr sont également sur Twitter.

Enfin, vous avez peut-être pu remarquer une abréviation sympathique souvent employée ces derniers temps par l’ami Trapard, LEA, pour Les Échos d’Altaïr. Si vous rencontrez désormais LEA dans les articles de ce blog, ne soyez pas surpris, et dites-lui bonjour de ma part à cette sacrée LEA.

Monstres sacrés : les Visiteurs

Les Visiteurs, ainsi appelés par la population terrienne, sont des extraterrestres reptiliens venus sur notre monde car « ils ont besoin de nous. Leur planète connaît de graves difficultés et seule la fabrication de certains composés chimiques peut les sauver. Ils sont venus sur Terre chercher les ingrédients nécessaires à la confection de ces produits. En échange de notre aide, ils nous promettent de nous faire partager leur technologie, leurs connaissances, et en particulier des remèdes au cancer » (Kenneth Johnson, créateur de la série V). En vérité, les Visiteurs sont venus dans un seul but : délester la Terre de son eau, leur monde étant à sec, et réduire la population terrienne à l’esclavage afin de la stocker comme source de nourriture.

Les Visiteurs apparaissent sous une forme humaine aux yeux des Terriens, vêtus d’uniformes rouges et portant parfois un casque. Ils cachent en fait leur apparence reptilienne verdâtre sous une enveloppe charnelle. Friands de rongeurs, en particulier de souris et de rats, ils possèdent la particularité d’ouvrir une gigantesque mâchoire avant de gober leur proie.

Kenneth Johnson déclare à propos des Visiteurs : « Ils nous ressemblent, même s’ils ne parlent pas tout à fait comme nous. Leur voix est un peu particulière. Je ne sais pas encore vraiment en quoi elle diffère de la nôtre, je n’ai pas vraiment eu le temps de creuser la question, mais il est évident qu’ils n’ont pas la même voix que nous : c’est suffisamment évident pour que l’on sache, dès qu’ils ouvrent la bouche, que les extraterrestres ne sont pas des nôtres. Un peu comme les Allemands en France. »

Dans la série V des années 1980 les Visiteurs possédaient une forme humanoïde, et l’on comprend dès lors qu’ils puissent quelque peu nous ressembler en utilisant une enveloppe charnelle, même si dans la réalité cela s’avérerait beaucoup plus difficile. Dans la nouvelle série V des années 2000, les Visiteurs ressemblent davantage à des insectes qu’à des reptiles, grossière erreur qui décrédibilise totalement leur apparence humaine, d’autant plus que leur taille est demesurée par rapport à un homme et qu’ils traînent une longue queue (voir ci-dessous).

Croisières Sidérales (d’André Zwoboda)

CROISIÈRES SIDÉRALES d’André Zwoboda (par Trapard)

Quand LEA rouvre les vieux tiroirs grippés du cinéma français pour en sortir les dossiers poussiéreux du fantastique hexagonal des années 1940…

…Elle en sort ce film d’André Zwoboda sorti en 1942, durant la guerre.

CROISIÈRES SIDÉRALES est une comédie légère de SF à la française, avec son lot de personnages emblématiques et une palette de comédiens connus : Madeleine Sologne (actrice chère aux films oniriques signés par Jean Cocteau), Jean Marchat, Julien Carette, Jean Dasté, Paul Frankeur et même…Bourvil dans une brève apparition (sa première au cinéma d’ailleurs).

L’objet du film est un voyage scientifique dans l’espace (on y retrouve presque l’univers de Jules Verne, par certains égards) et son retour, spacio-temporellement « faussé », sur Terre. En effet, les voyageurs, partis quinze jours dans l’espace, se confronteront à une décalage de 25 années d’absence de leur planète d’origine. Ce même décalage cher à « La Planète des Singes » de Pierre Boulle, se retrouve ici, décrit dans une trame amusante : Francoise, jeune mariée part sans son mari, mais avec Lucien, joyeux père d’un beau bébé. Au retour, le mari de Francoise a les cheveux gris et le bébé est un jeune homme.

Puis un nouveau voyage touristique démarre, mais cette-fois-ci, accidentellement vers Vénus. Commence alors ce message socialement et humainement utopiste cher à Herbert George Wells décrit dans sa « Machine à Explorer le Temps »…

CROISIÈRES SIDÉRALES est aussi un bel alibi pour son réalisateur, pour élaborer un Paris futuriste et des voyages spatiaux, avec des costumes et des décors délirants, des jeux visuels avec l’apesanteur spatial dignes des « Aventures de Tintin dans l’Espace », et des cadrages au grand-angle amusants.

Beaucoup d’influences SF déjà explorées mille fois, parfois démodées, mais qui restent un délice si on pousse un peu l’effort de faire abstraction des 70 années (1942-2012) cinématographiques suivantes.

- Trapard -

Voyage au Fond des Mers

Le premier coffret DVD zone 2 de la célèbre série télévisée des sixties VOYAGE AU FOND DES MERS (VOYAGE TO THE BOTTOM OF THE SEA) paraîtra le 31 janvier. Depuis de nombreuses années, les fans français d’Irwin Allen trépignaient d’impatience et désespéraient de voir un jour les aventures du sous-marin Neptune en DVD. C’est le succès de la vente des coffrets de la série AU CŒUR DU TEMPS (THE TIME TUNNEL) qui a finalement décidé les éditeurs.

Irwin Allen (producteur de L’AVENTURE DU POSEIDON, LA TOUR INFERNALE, L’INÉVITABLE CATASTROPHE…) est l’homme qui est à l’origine de quelques-unes des plus célèbres séries TV de science-fiction des années 1960 : AU COEUR DU TEMPS (THE TIME TUNNEL / de 1966 à 1967) où deux scientifiques propulsés par erreur à travers le temps essaient de revenir à leur époque, PERDUS DANS L’ESPACE (LOST IN SPACE / de 1965 à 1968) où la famille Robinson et le Dr Smith vivent des aventures rocambolesques sur d’autres planètes, AU PAYS DES GÉANTS (LAND OF THE GIANTS / de 1968 à 1970) où un groupe de passagers se retrouve par accident sur un monde semblable à la Terre et peuplé de géants, et bien sûr VOYAGE AU FOND DES MERS (de 1964 à 1968) qui représente le plus grand succès télévisé d’Irwin Allen. Ces séries se voulaient avant tout destinées à un public familial, et si vous avez découvert durant votre enfance les aventures du Neptune ou celles des deux scientifiques perdus à travers l’histoire du monde, vous ne pouvez qu’en garder de formidables souvenirs. Le succès de la vente des coffrets zone 2 de la série AU CŒUR DU TEMPS est significatif et sent bon la nostalgie des sixties !

VOYAGE AU FOND DES MERS narre les aventures d’un fleuron de la technologie subaquatique, le Neptune (Seaview en anglais), un gigantesque sous-marin atomique expérimental utilisé à la fois dans un but de recherche scientifique mais aussi contre les organisations criminelles (ce dont s’inspirera la série SEAQUEST des années 1990 avec Roy Scheider). A son bord, tout un équipage : l’amiral Harriman Nelson (Richard Basehart), le capitaine Ted Crane (Lee dans la VO / David Hedison), le lieutenant Jim Morton (Chip dans la VO / Robert Dowdell). Enfin, le Neptune dispose également d’un petit sous-marin capable de voler, le Flying Sub.

VOYAGE AU FOND DES MERS compte 110 épisodes (32 en noir et blanc, ceux de la première saison uniquement) de 48 minutes répartis sur 4 saisons programmées de 1964 à 1968. La série fut diffusée en France à partir de 1969. Il faut savoir que VOYAGE AU FOND DES MERS débuta d’abord au cinéma en 1961 dans un film intitulé LE SOUS-MARIN DE L’APOCALYPSE (VOYAGE TO THE BOTTOM OF THE SEA) avec Walter PIDGEON (PLANÈTE INTERDITE) dans le rôle du commandant du sous-marin Neptune.

La maquette élaborée du sous-marin coûta 400 000 $ à la production qui l’employa alors trois ans plus tard dans la série tirée du film. Trois modèles du Neptune furent conçus afin de permettre de filmer les différentes séquences aquatiques. Bill Abbott, chef des effets spéciaux à la Twentieth Century Fox, fut récompensé de deux Emmys pour les sous-marins et autres de ses créations sur la série.

VOYAGE AU FOND DES MERS présenta à travers ses épisodes tout une gamme de créatures fantastiques tels que des humanoïdes amphibiens, des extraterrestres, des dinosaures, mais aussi d’abominables hommes des neiges, des momies et des loups-garous ! Irwin Allen n’hésitait pas à reprendre de nombreuses séquences de ses productions cinématographiques pour les incorporer, avec plus ou moins de succès, dans les épisodes de la série. Les intrigues s’avèrent souvent naïves et l’ensemble possède aujourd’hui une saveur bien kitch, mais qu’importe ! Certains épisodes n’en demeurent pas moins fort intéressants et réussis. Et si vous êtes amoureux, comme moi, des bonnes vieilles séries télévisées SF d’antan, VOYAGE AU FOND DES MERS est fait pour vous !

Caractéristiques du Neptune : (cf. theudericus.free.fr)

  • Commande : 1970
  • Lancement / Service : 1973
  • Port d’attache : Santa Barbara (Californie)
  • Longueur : 173 m.
  • Largeur : 12 m.
  • Tirant d’eau : 19 m
  • Déplacement : 16 500 tonnes
  • Plongée : 1500 m maximum
  • 1 réacteur nucléaire, 2 propulseurs
  • Vitesse en plongée : 45 noeuds.
  • Armement : torpilles guidées par laser, 16 Missiles Polaris
  • Equipage : 125 hommes

Feuillets d’Hypnos : Philip José Farmer, ou le seigneur de la ré-création (2ème partie)

PHILIP JOSÉ FARMER, OU LE SEIGNEUR DE LA RÉ-CRÉATION (par Mandragore / Publié dans Sci-Fi News 38 de février 1994 / La première partie est disponible ici)

 

Qu’est-ce qu’un dieu ?

Pour Farmer, les tabous sexuels doivent être interprétés comme la conséquence des alibis religieux, et donc transcendants, que se donne volontiers l’exercice du pouvoir. Non content de remettre en cause la validité pratique des grands dogmes, P.J. n’hésite pas aller aux questions essentielles : qu’est-ce qu’un dieu ? Pourquoi les religions ? Sur quoi repose la foi ?

Dans Le Père (1955), à l’occasion d’un atterrissage forcé sur la planète Albatos, le frère Carmody et ses compagnons de voyage sont mis en présence d’un être qui semble réunir tous les attributs traditionnels du dieu biblique : imposante stature, longue barbe blanche, immortalité, capacité à accomplir des miracles. Grand frisson sacré chez les naufragés. Mais le démiurge s’avère être, au bout du compte, un E.T. qui, exploitant conjointement un savoir technologique ultra-sophistiqué et les caractéristiques de la planète où il a échoué, joue à être (un) dieu. Plus tard, dans La Nuit de la Lumière (1957), le même frère Carmody est amené à participer, sur la planète Joie de Dante, à un étrange rituel à l’issue duquel il se retrouve… père d’un dieu !

Le symbolisme de ces deux nouvelles est clair : c’est Dieu qui est le fils de l’homme et non l’inverse. Pour que le désir d’une expansion de soi hors des limites de l’humaine et mortelle condition prenne corps, il suffit que des lois physiques plus complexes que celles que nous connaissons le permettent. Les dieux faits à notre image ou réciproquement lui semblent si ridicules, si pathétiques, qu’il en vient à penser que la religion n’est que l’expression chez l’Homo Sapiens d’un formidable instinct de survie enfoui au plus profond de ses cellules. Le cerveau, qui sait que le corps qui l’abrite ne peut vivre éternellement, rationnalise un monde futur, ou extra-dimensionnel, dans lequel l’immortalité est possible. En d’autres termes, la religion est la forme première de la Science-Fiction

D’où sa saga du Monde du Fleuve (4 volumes) où 9 milliards d’hommes se retrouvent sur un monde étranger, répartis sur les berges d’un Styx de 15 millions de kilomètres. Oeuvre où se télescopent de nombreuses célébrités anachroniques : de l’explorateur Burton à Mark Twain, en passant par Cyrano de Bergerac. L’auteur y récuse, une fois de plus, l’idée d’une intervention de la Divinité, pour suggérer que c’est de l’homme, et de lui seul, que dépend la transformation de notre aspiration à vivre éternellement en réalité. Le destin est un livre à écrire nous-mêmes en utilisant notre intelligence et notre conscience.

 

Jadawin ou rien !

Le grand souffle révolutionnaire qui traverse l’oeuvre de Farmer, l’amenant à contester les tabous sexuels, les conditionnements sociaux et les représentations d’une métaphysique réductrice, ne nous intéresserait pas tant s’il ne s’accompagnait d’une autre libération dans l’ordre de l’imaginaire. Ici, la SF n’est plus inféodée à la science mais aux seuls postulats que l’auteur se donne.

Elle permet de créer de la sorte des univers parfaitement autonomes : une Terre plate où Ptolémée a raison, où Christophe Colomb a sombré avec ses caravelles dans le vide des Confins (Sail on ! Sail on !, 1952) ; un monde dominé par des hommes-dieux qui ont le pouvoir de manipuler la réalité à leur guise, continuum formé de plateaux circulaires superposés, rétrécissant jusqu’à la demeure de Jadawin, Maître au corps greffé d’appendices animaux, avec, pour chaque étage, une population et une écologie particulières : faunes, naïades et centaures, chevaliers teutoniques, indiens du XVIIIème siècle, descendants de l’Atlantide (Le Faiseur d’univers, 1965).

La puissance des Seigneurs est la métaphore de la puissance de l’écriture, capable de produire tous les possibles, sabre de voix pour combattre les préjugés de tous ordres, lanterne d’encre pour explorer ses propres virtualités, créer et faire rêver.

 

Moi Tarzan, toi gêne

Expression d’une irrépressible nostalgie, ou ultime tentative pour décrypter les archétypes et ainsi s’en défaire à jamais, Farmer se met à réécrire les aventures de Tarzan (Tarzan vous salue bien, 1972), de Phileas Fogg, le héros du Tour du monde en 80 jours (Chacun son tour, 1973), de Doc Savage, de Sherlock Holmes, de l’Araignée, de Richard Burton, etc, etc.

Nous sommes ici en présence d’authentiques récits de speculative-fiction, fondés sur l’idée que ces multiples héros ont vraiment existé et/ou existent toujours, et que leurs créateurs prétendus n’ont été que des biographes plus ou moins bien renseignés. Le jeu consiste à (r)établir la réalité. Où commence celle-ci ? Où finit-elle ? On serait bien en peine de le dire, tout le monde devenant le cousin de tout le monde, par la grâce d’un certain P.J.F. : le Paul Janus Finnegan des Seigneurs, le Peter Jairus Frigate (free gate) du Monde du Fleuve, dieu polycéphale ouvreur de portes.

Cette recherche du temps ou de l’enfant perdu n’est pas sans lourdeurs. On a beau se dire que Farmer examine les composantes de son fonds, on fatigue à la lecture de cet inventaire fantaisiste. D’aucuns parlent de conquête, là où je ne vois, quant à moi, qu’un repli. L’être élevé sous les auspices de la Christian Science (rigidissime secte de ses parents) aurait-il encore besoin de ces compensations ? Viendra-t-elle enfin l’heure de la délivrance ?

 

Cosmos privé ou privé du cosmos

Parmi la foule innombrable de ces personnages minables ou flamboyants, il en est un qui nous semble plus convaincant : Kilgore Trout, l’écrivain de SF imaginé par Kurt Vonnegut Jr., anti-héros qui signe un roman en lieu et place de P.J. (Le Privé du cosmos, 1975).

Pauvre malheureux qui se bat avec des concepts et des thèmes auxquels seul un génie pourrait faire toucher les épaules… Il se sent ignoré et méprisé… Il a beau l’admirer, il sait que l’univers n’a pas la moindre conscience de son existence et qu’il n’est qu’une brêve étincelle dans les ténèbres de l’infini et de l’éternité.

Mais il possède une imagination sans limites et, tant que brille cette étincelle qu’il est, il peut triompher de l’espace et du temps. Ses fictions sont ses armes et, aussi dérisoires qu’elles puissent paraître, cela vaut toujours mieux que rien…

Comme le dit Eliot Rosewater, les écrivains qui font de la littérature générale, les raconteurs de la vie comme elle va, ne sont que des « pets de moineaux ».

Mais l’auteur de science-fiction est un dieu. C’est du moins ce qu’il croit au plus secret de lui-même (P.J. Farmer, « The obscure life and hard times of Kilgore Trout », Moebius Trip, décembre 1971).

Devenir un dieu : telle est l’ambition d’abord inconsciente puis de plus en plus délibérée qui anime toute l’œuvre de Farmer.

Ambition qui peut sembler folle, vouée à l’échec, et même un peu inquiétante, mais à laquelle Farmer a déjà donné corps si l’on admet sa conception de la divinité comme apothéose de l’humain, libre exercice de l’imagination, capacité de créer un cosmos qui fasse concurrence non seulement à l’état-civil, mais aussi à l’ensemble de la Création.

En lui se résume donc toute la Science-Fiction, la plus classique comme la plus novatrice, la plus modeste comme la plus ambitieuse, la bonne comme la mauvaise.

Farmer, c’est sans doute aussi, plus profondément, la tentation de s’approprier l’En-Deça, l’Ici et l’Au-Delà, tous les mondes, depuis les étoiles jusqu’à  soi, but vers lequel tend toute écriture et peut-être tout art.

 

- Mandragore -

 

d’après Philip José Farmer, Le livre d’or de la Science-Fiction, préface de Jacques Chambon, Presses Pocket n°5066, 1979.

Star Wars Uncut

STAR WARS UNCUT est un projet dément qui reprend entièrement l’histoire de STAR WARS : EPISODE IV, et où chaque participant, des fans issus de tous les horizons, a pour règle de ne pas dépasser 15 secondes pour sa participation à l’oeuvre collective. Cela donne à l’arrivée un film amateur de deux heures, soit la durée du film original, dont les centaines de séquences collées les unes au bout des autres, véritable patchwork artistique,  offrent une gamme incroyable allant du pire au meilleur ! J’avoue ne pas avoir eu le courage (et le temps) de découvrir entièrement STAR WARS UNCUT. Je l’ai survolé, mais l’ouverture vaut à elle seule son pesant d’or ! En tout cas, c’est une curiosité comme nulle autre pareille.

Image de prévisualisation YouTube

 

Robot-craignos (33)

N’ayant pas la science infuse, je n’affirmerai pas qu’il s’agit ici du premier robot de l’Histoire du Cinéma, mais il sera sûrement le plus vieux des robots-craignos des Échos d’Altaïr.

Tourné en Italie et sorti en salle en 1921, L’HOMME MÉCANIQUE (L’UOMO MECCANICO) est dû au Français (éh oui!), André Chapuis, travaillant et connu sous le nom d’André Deed.

Sorti 6 ans avant le METROPOLIS de Fritz Lang, L’HOMME MÉCANIQUE n’est pas, à proprement parler, un film de science-fiction, mais plutôt un de ces films sombres proches de ceux de Louis Feuillade, mêlant gangsters et petits bourgeois, puis glissant peu à peu vers une intrigue meurtrière abracadabrante, dans laquelle une aliénée, au visage défiguré, s’échappe d’un asile pour créer ce « splendide » spécimen de robot qui assouvira sa vengeance meurtrière.

Un nouveau robot-craignos, donc, pour LEA. Mais peut-être que je m’avance un peu vite en le désignant comme craignos, car Morbius souhaitera-t-il secrètement posséder le même, pour ses corvées ménagères, se faire préparer des petits plats en sauces, ou pour mettre un peu d’ordre et de discipline dans ses cours ? Ce qui tombe, plutôt bien, car dans L’HOMME MÉCANIQUE, le robot en question est fabriqué en deux exemplaires, vers le milieu du film.

- Trapard -

David Guivant : parcours d’un cinéaste amateur calédonien passionné de SF

Certains le connaissent déjà à travers des forums, des sites américains ou YouTube. Qui ? Mais David Guivant, notre cinéaste amateur calédonien, fan de science-fiction et de STAR WARS, à qui l’on doit des courts-métrages réalisés avec une passion et une ferveur inébranlables, celles du genre à déplacer les montagnes ! THE SOLO ADVENTURES, IRON MAN et CAPITAINE FLAM figurent parmi ses réalisations ou projets. David nous fait l’honneur de présenter dans Les Échos d’Altaïr son parcours étonnant.

Je suis David Guivant, réalisateur calédonien indépendant ayant achevé un court-métrage en décembre 2006, une adaptation de la bande-dessinée L’INVINCIBLE IRON MAN TV SHOW diffusée sur le net et sortie 4 mois avant le film d’Hollywood (Screenrant, lien officiel).

Image de prévisualisation YouTube

Ne possédant aucun budget pharaonique ou matériel professionel, les cinéastes amateurs voulant attirer l’attention des studios dans le but de décrocher un emploi dans le milieu cinématographique, font généralement des courts-métrages eux-mêmes comme Steven Spielberg (avec le court-métrage FIRELIGHT à ses débuts avant de décrocher un poste à Universal Studios pour réaliser un épisode de COLUMBO). D’après son complice, George Lucas, « Steven pouvait faire voler des avions à hélices qui se déplaçaient plus vite que la vitesse de la lumière comme des vaisseaux. »

Le succès de la saga STAR WARS a incité de nombreux fans, dont moi-même, à réaliser leur propre version de STAR WARS par le biais de décors, d’effets spéciaux et de scénarios souvent fort intéressants. J’avais réalisé avec mes amis GEORGE LUCAS : LEGEND OF THE FORCE, relatant la rencontre entre deux légendes du cinéma, Spielberg et Lucas, ainsi que PRIME OF THE JEDI, une suite fictive tournée à Yaté, Fort Tereka, mais aussi à Nouville, au Mont-Coffin, au Mont Vénus… L’acteur Abel Lasserre, qui interprète le rôle de Lucas, Boba Fett et Darth Nekrom, a été sculpteur et fabriquant de costumes pour le court-métrage PRIME OF THE JEDI. Lors de la diffusion du court-métrage au Grand Rex à Paris, son costume de Boba Fett a gagné le 4ème prix du meilleur costume STAR WARS de France.

Mes projets sont en général des courts-métrages à but non lucratifs, réalisés sans aucun budget, mais avec le cœur à l’ouvrage, beaucoup de passion, et avec l’aide de mes amis tous fans de science-fiction.

Après une incursion dans STAR WARS, j’ai décidé de passer à l’univers « Marvelien ». Grâce à INVINCIBLE IRON MAN et un début de CAPTAIN FUTURE -- CAPITAINE FLAM, j’ai pu intégrer la prestigieuse Digital Animation & Visual Effects School à Universal Studios, Orlando. Durant ma formation, j’ai pu participer à deux projets : ANTHRO du réalisateur Aristomenis Tsirbas (réalisateur de BATTLETECH et BATTLE FOR TERRA) et STAR WARS : THE SOLO ADVENTURES, mettant en scène Chewbacca et Han Solo. Ce dernier a gagné le prix du meilleur court-métrage animé au concours de fan films à Celebration V, la plus grosse convention STAR WARS de la planète, dont le juge est le fameux George Lucas lui même.

Je suis de retour sur mon projet CAPTAIN FUTURE, inspiré des Romans d’Edmond Hamilton et du dessin animé culte CAPITAINE FLAM. Le tournage s’est déroulé entièrement en Nouvelle-Calédonie, au Lycée Blaise Pascal, dans une salle d’histoire-géo transformé en plateau de cinéma ! Ce projet est une suite qui se déroule 5 ans après les événements décrits dans les romans ainsi que les dessins animés. Il est entièrement réalisé en 2D (aucune 3D n’a été utilisée) suivant les traces du réalisateur Kazuaki Kirya (CASSHERN, GOEMON) où le monde réel et le manga fusionnent entre eux.

Paul Lasserre, qui fut le premier homme à interpréter Tony Stark en live dans le court-métrage IRON MAN, troque son armure de vengeur contre celle du Capitaine Flam. Abel Lasserre est également de retour dans le rôle de l’androïde Otho. Frédéric Lasserre, nouveau venu, incarne le Marshal « Starwolf » Ezra, chef de la police intergalactique, croisement entre un Jack Palance et un Lee Van Cleef futuriste. Le Capitaine Flam est aussi entouré de beautés diaphanes, telles que Joan Randall (Tehani Jeandot), la Comtesse Cydonia (Valentine Ollivaud), la Princesse Inana (Ophélie matkovic) ainsi que la reine Thiamat (Nania Turpin).

Image de prévisualisation YouTube

CAPTAIN FUTURE est toujours en phase de post-production. En attendant sa sortie, les fans peuvent visualiser le teaser sur le net ou bien le voir sur un grand écran au Tri-Cities International Fantastic Film Festival à Washington, Chicon 2012 à Chicago, Radcon Convention à Pasco et Northwescon 2012 à Seattle (voir également ici et).

Après CAPITAINE FLAM, je me lancerai prochainement dans une adaptation de MODULE D’ACTION SECRETE KOMMANDO (M.A.S.K.). Un petit souvenir de l’univers de M.A.S.K, générique inoubliable des années 80 :

Image de prévisualisation YouTube

- David Guivant -

Page suivante »