Le Trou Noir

Posté le 23 mai 2010

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LE TROU NOIR (THE BLACK HOLE)
Année : 1979
Réalisateur : Gary Nelson
Scénario : Jed Rosebrook, Bob Barbash, Richard H. Landau & Gerry Day
Production : Ron Miller (Walt Disney Pictures)
Musique : John Barry
Effets spéciaux : Peter Ellenshaw, Art Cruickshank, Eustace Lycett, Danny Lee, Harrison Ellenshaw & Joe Hale
Pays : USA
Durée : 97 min
Interprètes : Maximilian Schell, Anthony Perkins, Robert Forster, Joseph Bottoms, Yvette Mimieux, Ernest Borgnine…

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L’HISTOIRE :
Au XXIIe siècle, de retour d’une mission, l’USS Palomino détecte à proximité d’un gigantesque trou noir la présence d’un vaisseau. Il s’agit de l’USS Cygnus, disparu il y a une vingtaine d’années. L’équipage décide de l’accoster…

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Nous sommes en 1979, soit deux ans après la sortie triomphale de STAR WARS sur les écrans du monde entier. Tous les plus grands studios hollywoodiens s’essayent désormais à la science-fiction avec plus ou moins de brio. Warner avec SUPERMAN, Paramount avec STAR TREK : THE MOTION PICTURE, Walt Disney avec LE TROU NOIR… Le film, réalisé par Gary Nelson, a nécessité cinq ans de préparation, un budget de vingt millions de dollars, un tournage de vingt-deux semaines sur quatre plateaux dans un secret total. On a même développé pour la circonstance un nouveau système de caméra sur ordinateur, l’ACES (automatic camera effects system), considéré alors comme le plus sophistiqué d’Hollywood. Les effets spéciaux du film se sont avérés si complexes à élaborer que dans certaines séquences on compte jusqu’à douze procédés photographiques différents sur l’écran. « La prise de vue et les travaux de laboratoire et de postproduction ont duré quatorze mois en tout. A peu près toutes les techniques cinématographiques connues à ce jour ont été utilisées pour établir de nouveaux records d’effets spéciaux. Ce qui a été réussi dans ce film n’a jamais encore été montré à l’écran. », nous dit-on dans Les Nouvelles Calédoniennes de l’époque.

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Le sujet est en soi assez original : le trou noir, phénomène cosmique ravageur, n’avait encore jamais été présenté au cinéma. Il fallait donc une superproduction aux moyens… astronomiques pour lâcher le monstre sur les grands écrans. Même si les effets spéciaux du film ne sont pas toujours à la hauteur de la bête (notamment le vol des vaisseaux, saccadé, ainsi que la séquence de l’arrivée des météorites), il faut avouer que le grand spectacle est bien là. Pendant plus de quatre-vingt-dix minutes, LE TROU NOIR nous entraîne dans les profondeurs incommensurable de l’Univers où le danger est omniprésent et où la froideur glaciale de l’espace va jusqu’à gagner le film… LE TROU NOIR est en effet un film qui ne s’adresse pas aux enfants, même s’il s’agit d’un « produit » Disney, et même si des robots comme V.I.N.CENT. et B.O.B. leur sont visiblement destinés. Avec son intrigue plutôt sombre, son savant fou démoniaque Hans Reinhardt (Maximilian Schell), son équipage de zombies et son robot cruel et déchiqueteur (ah, la séquence où Alex Durant, incarné par Anthony Perkins, finit entre les pinces rotatives du méchant Maximilian…), LE TROU NOIR est loin de ressembler à ALICE AU PAYS DES MERVEILLES ou CENDRILLON…

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L’intrigue, parfois poussive, ne nuit cependant pas au dépaysement et au plaisir que l’on ressent tout au long du film à explorer ce gigantesque vaisseau mystérieux qu’est l’USS Cygnus. Très rétro dans son apparence (on le croirait issu d’un univers steampunk), il s’illumine dans toute sa splendeur après un long survol de sa structure faite de multiples tuyaux entrelacés. Si l’histoire du TROU NOIR est, dit-on, à tort ou à raison, inspiré du célèbre roman de Jules Verne VINGT MILLE LIEUES SOUS LES MERS, le Cygnus n’est autre que le Nautilus dans l’espace… Quant à dire que le professeur Hans Reinhardt n’est autre que le capitaine Nemo, je m’y refuse personnellement… Les intérieurs du Cygnus sont eux aussi rétros, avec un côté kitch souvent marqué dans ses décorations. C’est tout ce qui contribue au charme de l’immense salle de contrôle où écrans géants, passerelles, boutons et consoles colorés se disputent à d’énormes sphères étranges manipulées par un équipage non moins étrange. Les peintures sur verre conçues par le grand Peter Ellenshaw et son fils sont de véritables chefs-d’oeuvre à elles seules.

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La séquence la plus impressionnante du TROU NOIR est sans doute celle où une gigantesque météorite traverse la coque du Cygnus. Elle roule, incandescente, fracassant tout sur son passage, en direction de nos héros qui s’enfuient sur une passerelle. Les séquences du trou noir sont elles aussi fort impressionnantes. Mais les dernières scènes du film appartiennent quant à elles au délire du réalisateur Gary Nelson. On y voit un Hans Reinhardt transformé en démon des enfers planer, hirsute, dans l’espace, avant de ne faire qu’un avec son Maximilian de robot… Qu’avait donc fumé Gary avant de tourner ce délire ?…

John Barry, un compositeur que l’on ne présente plus avec John Williams et Jerry Goldsmith, signe la très belle musique du film.

Quant aux acteurs, on a le plaisir de retrouver Ernest Borgnine dans le rôle de Harry Booth, un journaliste qui trahira les siens à la fin du film. Maximilian Schell convient tout à fait au rôle du dangereux scientifique Hans Reinhardt, son regard possède tout le côté dément du personnage. Yvette Mimieux, le Dr Kate McRae, est une télépathe. Elle communique grâce à la pensée avec le robot V.I.N.CENT. dont la voix originale est celle du célèbre Roddy McDowall. Anthony Perkins joue le Dr Alex Durant, un homme prêt à se joindre au projet fou de Reinhardt.

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LE TROU NOIR possède un aspect visuel si rétro que j’ai toujours eu du mal à croire qu’il a été tourné en 1979. On pourrait presque le référencer dans les films de SF des années 1950, même les costumes des principaux personnages ressemblent singulièrement à ceux des héros des SURVIVANTS DE L’INFINI (THIS ISLAND EARTH / 1955 / Joseph M. Newman & Jack Arnold). Il n’en demeure pas moins un film original et intéressant à voir. A quand un remake ?…

Bande-annonce américaine du film :

Image de prévisualisation YouTube

Sources : Wikipédia, Les Nouvelles Calédoniennes.

- Morbius -

  1.  
    Mati
    24 mai, 2010 | 9:29
     

    J’ai un souvenir de ce film qui m’avait terrorisée, je devais avoir 10-12ans .. je le reverrais bien, avec le recul pour remettre ça en perspective ^^

  2.  
    24 mai, 2010 | 10:43
     

    Ah, comme quoi, ça fait peur aux petitzenfants ! Il repasse mardi 25 mai sur Canal Plus Family à 20H.

  3.  
    camera espion
    11 décembre, 2010 | 2:25
     

    Trèq bon film

  4.  
    11 décembre, 2010 | 8:34
     

    Oui, très bon film. Dommage qu’ils n’aient pas eu de « caméra espion » à bord, n’est-ce pas ?…

  5.  
    Trapard
    11 décembre, 2010 | 19:46
     

    C’est une des rares excursions de Walt Disney dans un genre qui me plait, avec aussi « Tron », les M. Night Shyamalan et les courts métrages de Tim Burton (« Vincent » et « Frankenweenie ») avant que la firme lui ferme gentiment ses portes pour cause « d’univers trop sombre »…
    Les duels de robots dans « Le Trou Noir » sont toujours autant impressionnant si on sait garder un regard d’enfant (sur les SFX de l’époque…).
    Et la distribution du film est un vrai régal lorsqu’on aime retrouver certains de nos comédiens favoris…

  6.  
    Trapard
    11 décembre, 2010 | 19:57
     

    Et contrairement à une fausse idée que Walt Disney est destiné à un public très jeune, exceptés des films comme « Bambi », « les 101 dalmatiens », « Robin des bois » ou « les Aristochats » et surtout les nouvelles productions Disney (avec Pixar, entre autre), les films Disney « ça fait peur aux petitzenfants » comme tu dis Morbius.
    Et ceux de mes amis qui ont des enfants de moins de 5 ans doivent se rabattre sur les teletubies et compagnie ou même racheter les DVD de « Candy » etc, ces animes japonais qui ont fait nos très jeunes jours…Ou les nouveaux films d’animations français comme ceux de Serge Elissade, de Jacques Rémy Girerd (quoique de grands enfants peuvent les regarder aussi) etc, des productions destinés à un très jeune public qui ne cherche pas à gratter à tous les rateliers comme l’a longtemps fait la firme Disney…

  7.  
    11 décembre, 2010 | 22:35
     

    « Le dragon du lac de feu », toujours de Walt Disney, vaut également son pesant d’or pour le côté « frayeur ». Je me souviens de la scène où des bébés dragons sont en train de dévorer une pauvre jeune fille qui vient d’être sacrifiée…