Starfighter

Posté le 30 janvier 2011

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STARFIGHTER (THE LAST STARFIGHTER)
Année : 1984
Réalisateur : Nick Castle
Scénario : Jonathan R. Betuel
Production : Gary Adelson & Edward O. Denault (Universal / Lorimar)
Musique : Craig Safan
Effets spéciaux : Digital Production
Pays : USA
Durée : 101 min
Interprètes : Lance Guest, Catherine Mary Stewart, Robert Preston, Dan O’Herlihy, Barbara Bosson…

L’HISTOIRE :
Alex Rogan est un jeune américain résidant dans un camping-car avec sa famille. Il passe le plus clair de son temps à jouer à Starfighter, un jeu d’arcade. Un jour, alors qu’il a pulvérisé tous les records, un étrange inconnu l’embarque à bord de sa voiture. Il s’agit en fait d’un extraterrestre chargé de recruter les meilleurs pilotes afin de sauver la galaxie de l’armada Ko-Dan dirigée par le dangereux Xur. Alex se retrouve catapulté dans un univers à des années lumière de la Terre où il va devoir participer à un conflit spatial à bord d’un vaisseau de combat stellaire…

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STARFIGHTER possède tout le charme des films de divertissement SF des années 1980 : tonus, originalité, humour et personnages attachants. Réalisé avec un petit budget d’environ 15 millions de dollars (quand on connaît ceux d’aujourd’hui !), il parvient sans le moindre problème à atteindre son objectif premier : distraire le spectateur dans un space opera-comédie plein d’entrain. Il réalise également l’exploit de présenter pour la première fois à l’écran un vaisseau spatial entièrement conçu en images de synthèse. Et l’histoire ne se contente pas d’être un simple film sur les jeux vidéo d’arcade très en vogue à l’époque (Space Invaders, ça vous rappelle quelque chose ?) : « Je raffole tout simplement des légendes de la Table Ronde, de ces garçons d’étables devenant roi », déclare le scénariste Jonathan R. Betuel. « Pour moi, STARFIGHTER n’est pas ce que j’appellerais un film sur les jeux vidéo. Je considère ce jeu comme un moyen de passer de la Terre sur un autre monde. Mon intention était de raconter la légende du roi Arthur dans des termes contemporains. Le jeu vidéo du film remplace l’épée dans la pierre : lorsque Wart a retiré l’épée de la pierre, il devient roi, avec l’aide de Merlin. De la même façon, lorsque Alex réussit un score inégalé au Starfighter, grâce à l’intervention d’un Merlin moderne, Centauri – interprété par Robert Preston – il est transporté sur un autre monde où il doit mener « le bon combat » contre les extraterrestres maléfiques, les Ko-Dans. »

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Ron Cobb, connu pour son travail sur CONAN, ALIEN et STAR WARS IV, est le chef décorateur sur STARFIGHTER. Betuel raconte à propos de lui : « Il suffisait de lui dire : « extraterrestres », et il inventait quelque chose ! Nous pensions avoir une imagination délirante, mais là, il nous bat tous. C’est le plus grand dans son domaine. » En ce qui concerne les effets spéciaux visuels du film, c’est le super-ordinateur CRAY-1, créé par Digital Production, qui en est à l’origine. STARFIGHTER regroupe au total une vingtaine de minutes de scènes spatiales entièrement virtuelles pour un coût de 3 millions de dollars, un exploit deux ans seulement après le pionnier en la matière : TRON. « Nous avons beaucoup tâtonné au début », avoue le directeur de la photo King Baggot. « L’animation par ordinateur fait appel à des optiques tout à fait inédites. Il faut s’y faire. » Les productions actuelles n’ont plus de soucis à se faire sur ce plan là.

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Parmi les acteurs, on trouve Dan O’Herlihy dans le rôle de Grig, le compagnon extraterrestre d’Alex qui sera également son guide dans cet univers inconnu. L’acteur déclare à propos de son rôle : « Le personnage me plaisait. Il me faisait rire, et j’avais justement envie de jouer dans une comédie. Ce n’est pas un rôle purement comique, bien entendu, mais il y a des éléments d’humour tout au long. » En ce qui concerne son maquillage d’iguane E.T., il précise : « Pour le maquillage, nous sommes arrivés à battre un record : il ne faut pas plus de 45 minutes pour me transformer en iguane. Au début, ça mettait une heure et demie… Mais nous sommes passés maîtres dans l’art de me métamorphoser en extraterrestre ! »

Quant au générique du film (que vous pouvez écouter ici), composé par Craig Safan, il possède tout le côté épique et militaire, véritable marche triomphante vers la victoire.

Un remake de STARFIGHTER serait annoncé. Une affaire à suivre…

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L’avis des spécialistes :

« Moins hypnotique que TRON, plus approfondi qu’EN PLEIN CAUCHEMAR dont les jeunes héros maniaques de jeux vidéo plongeaient eux aussi dans l’univers impitoyable de l’électronique, plus rigolo que WAR GAMES, le « Guerrier des Etoiles » est un divertissement charmant et mouvementé pour tout public. Apparemment sans prétention mais comportant des trucages étonnants (certaines scènes conçues par un ordinateur qui simule les vaisseaux spatiaux à la perfection). STARFIGHTER, le space opera des familles a un petit côté HALLOWEEN avec ses teenagers à peine délurés et SF des années 50 avec ses légions de l’espace à la Edmond Hamilton ! Entre les effets spéciaux comme on les aime et les extraterrestres biscornus avec des groins d’enfer et des tentacules sur la tronche, pas d’ennui possible ! » (Hélène Merrick / L’Année du Film Fantastique 85-86 / éd. Bédérama)

« Rares sont les parodies de films de science-fiction de qualité, encore plus rare leur distribution en France. Cette réjouissante comédie, habilement menée par Nick Castle (tueur fou d’HALLOWEEN et scénariste de NEW YORK 1997) nous entraîne dans une galaxie peuplée d’extraterrestres en folie que ne dénigrerait point Tex Avery, où les gags s’accumulent frénétiquement alors que l’imagerie clinquante côtoie le somptueux visuel, le tout en un amalgame inextricable parfaitement homogène ! » (Daniel Scotto / L’Ecran Fantastique 57 de juin 1985)

« STARFIGHTER de Nick Castle entend bien renouveler le space opera dans ses formes les plus sophistiquées, les effets spéciaux. Ordinateurs et images de synthèse démobilisent donc les bonnes vieilles maquettes de LA GUERRE DES ETOILES. Et STARFIGHTER mise bien des espoirs sur ses ordinateurs, donnant une armada de vaisseaux spatiaux lisses comme des jouets neufs. Logique en fait, puisque ce sont des éléments du jeu vidéo Starfighter (porte sur une autre galaxie) dont rafole le jeune Alex rogan. Là, en live, la planète Rylos résiste aux attaques des despotes Xur et Kodan. STARFIGHTER, c’est du synthétique, du polyphosphaté. LA GUERRE DES ETOILES, c’est de la matière, de la vraie, des émotions et de l’esprit. » (Marc Toullec / Impact 48 de décembre 1993)

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Sources : Wikipédia, L’Ecran Fantastique, L’Année du Film Fantastique 85-86.

- Morbius -

6 commentaires pour « Starfighter »

  1.  
    Trapard
    30 janvier, 2011 | 16:27
     

    Oui j’avais vu, il y a un moment qu’on annonçait un remake de STARFIGHTER comme de ROBOCOP aussi et finalemnt tous ces films qui nous ont bercés. Et STARFIGHTER en est un pour ma part.
    Je l’ai revu il y a une dizaine d’années en VHS (et la VHS a aussi ce cachet désuet surtout lorsqu’l s’agit de copies qui bavent au niveau des couleurs rouge, bleue eu verte surtout…) et j’avais trouvé qu’il avait un peu vieilli. C’est le cas aussi des MERCENAIRES DE L’ESPACE t de beaucoup de films des eightees de SF (INSEMINOID, LA GALAXIE DE LA TERREUR, les SUPERMAN aussi),

    Enfin, les films ne vieillissent jamais puisqu’ils ne changent pas (à moins d’être remasterisés comme, par exemple, les STAR WARS) mais nos yeux se confrontent depuis des années à de nouveaux visuels, de nouveaux rythmes et je trouve, pour ma part, qu’il est parfois plus simple de se créer un décalage pour absorber l’univers d’un film de SF des fifties, d’un film gothique des sixties ou d’un giallo des seventies qu’un film si proche de nous des eightees et finalement si loin. Enfin, ce n’est qu’une histoire d’adaptation, ici.

    Mais pour STARFIGHTER, j’en ai surtout des souvenirs d’ados plein la tête, qui ne coïncident pas avec le film que j’ai revu dernièrement.

    Au delà, de ça, ce film était visuellement très réussi, et drôle avec cet humour des eightees. Les batailles spatiales, les créatures, l’ambiance un peu sombre, les vaisseaux aussi.
    Finalement, le revoir en DVD devrait le rendre plus agréable.

  2.  
    30 janvier, 2011 | 17:23
     

    C’est vrai que STARFIGHTER a vieilli, mais le contraire m’aurait étonné.

    Mis à part les STAR WARS, ALIEN (le premier seulement) et j’en oublie bien sûr, mais ils sont peu nombreux, les films vieillissent car ils représentent à leur façon une manière de concevoir une oeuvre cinématographique à une époque donnée, selon une façon de percevoir l’histoire, le rythme, les costumes, les décors… à une époque donnée. Et ne parlons pas des effets spéciaux. Ceux de STARFIGHTER, malgré leurs qualité pour l’époque, sont très loin d’atteindre le niveau des films d’aujourd’hui. Mais que dirons-nous à propos des films d’aujourd’hui dans vingt ans ? Qu’ils ont vieilli !

    Je trouve qu’avant les années 1990, les films possédaient un rythme beaucoup plus lent, parfois peut-être même trop lent. J’ai réellement souffert il y a un an de ça en revoyant PIRANHAS de Joe Dante, cela m’arrive aussi avec les VENDREDI 13, et pourtant je ne me rappelle pas m’être ennuyé en les découvrant pour la première fois à l’époque !

    Bizarrement, j’accepte mieux aujourd’hui le ryhtme lent des très vieux films fantastiques et de SF. Sans doute parce que je me mets davantage en condition pour les voir, je ne sais pas…

    Tu as raison de parler de « nos yeux qui se confrontent depuis des années à de nouveaux visuels, de nouveaux rythmes. » Je me créée sans doute mon « propre décalage » pour voir un film des fifties, ou un Hammer Film, ça doit être ça, en fait, comme tu le dis si bien.

    Pour en revenir à STARFIGHTER, je me souviens l’avoir présenté à ma classe d’élèves de CM2 de Houaïlou en 1995, soit dix ans après sa sortie. Eh bien certains d’entre eux avaient presque été « choqués » par les petites réflexions sexuelles innocentes présentes tout au long du film ! Je me rappelle également que LES GOONIES, de la même époque, faisait fort sur ce plan là dès le départ, et surtout les gamins de l’histoire utilisaient un vocabulaire très riche en grossièretés, et non des moindres ! Celui-là, je n’ai jamais osé le projeter ! Les films pour gosses des années 1980 étaient-ils moins « épurés » que ceux d’aujourd’hui ?…

    STARFIGHTER : je me délecte toujours autant en le revoyant. Dommage que ses rediffusions TV soient extrêmement rares. Quant au DVD, il n’est même pas disponible en zone 2. J’ai enregistré une version plus récente (numérique) sur Canal Sat si ça t’intéresse.

  3.  
    Trapard
    30 janvier, 2011 | 17:42
     

    Paul K. Dupré, que j’ai côtoyé de nouveau vers 2003, me disait : « Lorsque je regarde un film des années 50, par exemple, mon esprit voyage dans les années 50 le temps du film… » Moi j’aime bien garder cette phrase en tête, ou plutôt l’appliquer lorsque je regarde un vieux film et d’ailleurs cela me permet souvent de créer mentalement beaucoup de recoupements historiques, sociologiques, politiques etc, ce qui est assez agréable.

    C’est juste certaine chose des années 80 dont l’humour par exemple qui me gêne un peu parfois, la lenteur des films des années 80 est une chose irréversible mais cet humour US des eightees, je peux dire que j’en ai soupé à l’adolescence…Mais je généralise beaucoup là.

    Entre 1995 et aujourd’hui avec l’installation de canal sat. dans les tribus, je pense qu’à Houaïlou, les jeunes en ont vu d’autres, depuis… :-)

  4.  
    30 janvier, 2011 | 19:54
     

    Paul K. Dupré a bien raison.

    C’est vrai que l’humour des films US des années 1980 est parfois un peu lourd à digérer, c’est surtout le côté ado qui me pèse. Mais à l’époque ça ne me dérangeait pas puisque j’étais ado !

  5.  
    30 janvier, 2011 | 22:44
     

    Toute la fantaisie et la légèreté des années 80… j’adore! Mais ça a vieilli… comme nous!

  6.  
    31 janvier, 2011 | 8:33
     

    J’aime bien les films qui vieillissent ! C’est comme le bon vin ! Les machins hollywoodiens d’aujourd’hui sont un peu âcres, pas encore assez mûrs.

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