Et si les sirènes…

Posté le 16 décembre 2011

« Ça n’était pas un phoque, c’était vraiment une sirène… Moquez-vous de moi autant que vous voudrez. Je sais que j’ai vu une vraie sirène et je n’en démordrai pas, pour tout l’or du monde. » Ce sont les paroles d’Alexander Gunn, un Écossais qui raconta toute sa vie, jusqu’à sa mort, avoir vu une sirène un 5 janvier 1900… D’autres témoignages à travers le monde et à travers le temps font référence à l’existence des célèbres créatures de légende. Légende ? A lire certains récits intriguants, on pourrait presque en douter. Et si les sirènes…

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Des sirènes dans les océans ?…

Profitons de ces vacances d’été calédoniennes pour réveiller notre cryptozoologie endormie, un sujet qui a toujours connu beaucoup de succès dans Les Echos d’Altaïr à en croire les statistiques ! Mais disons-le tout de suite : en ce qui concerne les sirènes, j’avoue avoir bien du mal à mordre à l’hameçon (excusez ce jeu de mots déplacé), alors qu’au contraire je peux croire en l’existence de certains cryptides comme le Yéti ou le Sasquatch… Des sirènes, de vraies sirènes, auraient été aperçues à travers les océans et sur certaines plages du monde ? C’est ce que certains témoignages voudraient nous faire croire, et visiblement de bonne foi… Rappelez-vous la petite phrase des Echos d’Altaïr, celle que vous pouvez lire en haut de ce blog, elle revêt ici toute sa signification : « Là où le rêve et la réalité se confondent… » 

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La sirène des légendes

On sait tous ce qu’est une sirène dans les légendes. Voici ce qu’en dit Édouard Brasey dans son magnifique ouvrage « L’Encyclopédie du Merveilleux, tome 1 : Des Peuples de la Lumière » (éd. Le Pré aux Clercs) : « Les sirènes ont l’apparence de très belles femmes de la taille jusqu’au sommet de la tête, tandis que le bas de leurs corps est recouvert d’une queue de poisson couverte d’écailles. Elles vivent dans les mers et les océans, plus précisément sur les rochers situés à proximité des côtes. À l’approche des bateaux, elles chantent si merveilleusement qu’aucun mortel ne peut résister à la tentation de les rejoindre dans leur demeure marine, ce qui cause la mort des marins en mer et le naufrage des navires. Leur beauté et leur sensualité fatale personnifient les séductions et les dangers de la mer. »

Mais nous parlons ici des femmes-poissons. Les sirènes grecques possédaient quant à elles des ailes, il s’agissait de femmes-oiseaux. Elles ne sont pas le sujet de cet article. D’après Hésiode, poète grecque du VIIe siècle av. J.-C., les sirènes pouvaient vivre dans une éternelle jeunesse jusqu’à l’âge de 291 600 ans… Celles qui étaient femmes-poissons passaient souvent leur temps à se regarder dans un miroir. Leur chevelure opulente était constamment coiffée avec des peignes d’or.

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Des lamantins et dugongs pour sirènes !

C’est à l’époque des découvreurs, à partir du XVe siècle, que beaucoup de marins racontent voir des sirènes au cours de leurs voyages. L’évêque Bartholomé de Las Casas, dans sa Relation des Voyages de Christophe Colomb, rapporte que Christophe Colomb en a lui-même aperçu : « Le mercredi 9 janvier 1493, côtoyant l’île de Saint-Domingue, il vit trois sirènes. Elles s’élevaient beaucoup au-dessus du niveau de la mer… Mais elles ne lui parurent nullement belles. » Et pour cause : il ne devait s’agir en fait que de lamantins ou de dugongs (appelés « vaches marines » en Nouvelle-Calédonie), mammifères marins très peu connus à l’époque ! Un très grand nombre de témoignages du passé s’expliquerait ainsi.

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Des témoignages troublants…

Néanmoins, des histoires extrêmement troublantes persistent, et ce sont elles que nous allons à présent examiner… Parmi les plus étranges, on raconte que dans les années 1830, sur l’île de Benbecula, aux Nouvelles-hébrides (aujourd’hui Vanuatu), une sirène à la queue de saumon et totalement dépourvue d’écailles aurait été aperçue par plusieurs autochtones. Elle semblait jouer dans l’eau, au large. Elle sera finalement tuée d’une pierre jetée par un enfant. Mais son corps rejeté quelques jours plus tard sur la plage intrigue Duncan Shaw, le shérif du district : il possède toutes les caractéristiques d’un humanoïde. Beaucoup d’insulaires, troublés par son apparence, assisteront finalement aux funérailles auxquelles la « sirène » aura droit…

En 1833, trois marins qui naviguaient au large des îles Shetland, en Écosse, affirmèrent avoir ramené dans leurs filets une créature extraordinaire mi-femme mi-poisson… L’affaire fit grand bruit, et un professeur du Département d’Histoire naturelle de l’université d’Édimbourg mena son enquête en interrogeant longuement le capitaine et l’un de ses marins. Voici la description qu’ils en firent : la « sirène » atteignait environ un mètre de long, le haut de son corps était celui d’une femme à la poitrine large et protubérante, avec un visage, un front et un cou réduits comme ceux d’un singe, par contre elle possédait une bouche et des lèvres identiques à celles des humains, et surtout la moitié inférieure de son corps était semblable à celle d’un poisson et sa queue à celle d’un requin… Les marins affirmèrent l’avoir hissée à bord de leur embarcation et observée durant trois heures. La pauvre créature apeurée émettait des sons plaintifs et faibles, mais elle ne tenta jamais de s’enfuir. Finalement les marins la laissèrent replonger dans la mer.

Toujours dans les années 1800, plus précisément en 1869, aux Bahamas, six hommes qui se dirigent en canot vers une baie aperçoivent une « sirène » aux cheveux bleus flottant sur ses épaules et aux mains fourchues. En les voyant, elle pousse de petits cris de surprise et disparaît sans qu’ils n’aient pu l’approcher…

Nous voilà enfin parvenu au témoignage étrange d’Alexander Gunn, cet homme dont les propos font l’introduction de cet article. Alors que le 5 janvier 1900 il se promène le long de la mer, à environ cinq kilomètres au Sud-Ouest de Sandwood Bay, dans les Highlands d’Écosse, il aperçoit soudain à deux mètres de lui ce qui lui semble être au départ une femme assise sur les rochers. Mais c’est alors qu’il découvre avec stupéfaction que cette « femme » possède une queue de poisson suspendue sur le rebord rocheux ! La marée étant basse, la « sirène » ne peut s’enfuir. L’homme et l’être fabuleux se fixent longuement du regard. Finalement, ce sera Alexander Gunn qui s’enfuira, terrifié par sa vision incroyable ! Par la suite, d’autres témoignages plus récents confirmeront la présence de cette créature au même endroit.

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Affabulations ? Mensonges ou… réalité scientifique ?

Se pourrait-il que tous les Écossais ayant affirmé avoir vu des sirènes avaient d’abord un peu trop abusé de leurs fameuses bouteilles de whisky ?… Est-ce que tous les récits de marins parlant de ces créatures fantastiques ne sont que mensonges ?… On sait combien l’imagination des hommes peut être grande et combien les marins ont toujours su à travers les temps raconter des histoires extraordinaires, n’hésitant pas s’il le faut à en rajouter pour le folklore. Les zoologues n’accordent aucun intérêt aux histoires de sirènes, ni même d’ailleurs les cryptozoologues. En effet, on ne trouve jamais dans leurs ouvrages une étude des cas de témoignages de gens ayant soi-disant vu des « sirènes ». On se borne, et sans doute avec raison, à les ranger dans les apparitions plus probables de mammifères marins tels que les lamantins ou dugongs (d’ailleurs de la famille des Siréniens, par rapport au mythe). En outre, ces animaux sont connus pour pousser des cris harmonieux, et dans certains cas les femelles possèdent deux mamelles pectorales pouvant facilement passer pour les seins d’une femme.

Le docteur Waldemar Lehn et l’un de ses collaborateurs de l’université du Manitoba, au Canada, ont publié en 1981 un article dans la revue Nature. Ils tentent d’apporter des réponses aux témoignages de sirènes. Pour eux, tout s’expliquerait par des conditions atmosphériques favorables à des illusions d’optique. Comme ils ont remarqué que les soi-disantes apparitions de sirènes et de tritons se déroulaient souvent avant un orage, les deux scientifiques ont émis l’hypothèse que des objets de dimensions importantes, comme des baleines ou des rochers, observés à la surface de l’eau, seraient déformés par l’inversion des températures. Il se produirait alors un effet de réfraction de la lumière entraînant une élongation de l’objet… Il s’agit d’une explication bien compliquée qui ne vaut sans doute pas plus que les témoignages de sirènes…

Cependant, un scientifique britannique renommé, Sir Alister Hardy, a émis quant à lui une autre hypothèse en 1960, laquelle a dû faire tousser nombre de ses collègues : « L’humanité d’aujourd’hui descend non pas des bipèdes terrestres, mais d’ancêtres aquatiques proches du singe. D’où les sirènes. » Seulement il y a un « hic » : aucun fossile permettant de prouver cette théorie n’a été trouvé à ce jour… Elle a néanmoins été reprise et travaillée avec le plus grand sérieux par Elaine Morgan. Ses travaux réputés et richement documentés ont fourni des preuves anatomiques, physiologiques et comportementales étayant la théorie de Sir Alister Hardy. On comprendra également que cela ait entraîné bien des polémiques et des controverses au sein des anthropologues !

Une autre idée propose une lignée parallèle à celle de l’homme. Des primates aquatiques auraient existé, mais leur groupe se serait scindé en deux : l’un se serait adapté à la vie terrestre pour aboutir à l’homme tel qu’on le connaît aujourd’hui, alors que l’autre serait demeuré dans les océans…

Qui a tort et qui a raison ?… En attendant d’obtenir la preuve formelle de leur existence, les sirènes appartiennent au mythe, et elles nourriront encore longtemps l’imaginaire des hommes.

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Des liens pour rencontrer les sirènes

La photo étonnante de la sirène échouée que l’on peut voir dans cet article est une réalisation artistique de Juan Cabana. Elle fut même utilisée (par un petit malin, mais ce n’était pas moi !) et publiée il y a deux ans pour faire croire aux Nouméens qu’une sirène s’était échouée près du Centre Culturel Tjibaou ! Il faut avouer que le résultat est troublant ! Pour découvrir en long et en large les oeuvres étranges de Juan Cabana, rendez-vous sur son site : The Art of Juan Cabana.

Et si vous voulez vous pencher sur une affaire à la X-Files où l’on parle de sirènes japonaises, rendez-vous sur Dark Ride

Enfin, Les Echos d’Altaïr ont consacré un article sur les sirènes dans le cinéma fantastique (catégorie Les Créatures Fantastiques au Cinéma) : Les sirènes au cinéma.

Sources : Facteur X, Grandes Enigmes (éd. Larousse), L’Encyclopédie du Merveilleux, tome 1 : Des Peuples de la Lumière (Edouard Brasey / éd. Le Pré aux Clercs),

4 commentaires pour « Et si les sirènes… »

  1.  
    trapard
    27 décembre, 2014 | 13:58
     

    Vraiment classe cet article !

  2.  
    27 décembre, 2014 | 14:21
     

    Merci Trapard. :)

  3.  
    Trollesse
    26 avril, 2015 | 20:49
     

    Article très intéressant, notamment par les témoignages récoltés.

    Il y a cependant quelques zones d’ombre comme le fameux chant des sirènes, qui vient en fait justement du lamentin qui (comme son nom l’indique) se lamente et dont le son aurait été interprété comme le chant d’une sirène.

    Cette info, je la tiens de cette vidéo d’un jeune youtubeur dont la playlist « Legendrive » tente de faire la lumière sur les origines de certains mythes : ce qu’ils sont réellement ^^

    Lien de la dite vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=jPkTq4gi_Ho&list=PLxtdn7IQFIYdmzJnYXXVbyTFhv707JTfY

  4.  
    Cossit
    16 mai, 2016 | 23:40
     

    Bonjour
    Merci du document très bien. Les sirènes …..

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