• Accueil
  • > Archives pour janvier 2012

Archives

Archive pour janvier 2012

Harry Truman a dit…

Harry Truman a dit... dans Paroles 18011005524515263615443218Harry Truman, qui fut président des États-Unis, a déclaré : « Je peux vous assurer que les soucoupes volantes, à supposer qu’elles existent, ne sont construites par aucune des puissances de la Terre. »



LA CHARRETTE FANTÔME (1939)

LA CHARRETTE FANTÔME (1939) dans Cinéma 13052108214015263611211209

LA CHARRETTE FANTÔME (1939) de Julien DUVIVIER (par Trapard)

13052112032615263611211620 dans Fantastique

Pour mieux situer le réalisateur de LA CHARRETTE FANTÔME, je le considère de la veine de ces cinéastes français des années 1920-30-40 qui portaient l’étendard d’un cinéma populaire à la française comme Jean Renoir, René Clair, Claude Autant-Lara, ou encore Marcel Carné. A chacun, un discours populaire, mais à chacun son univers, puisque Renoir prônait un naturalisme français proche de Zola, Gorky, tout en flirtant avec Flaubert et le théâtre parisien. Clair, issu du mouvement surréaliste hésitait entre onirisme, surréalisme et réalisme à la française souvent dénonciateur, lorsqu’il ne s’égarait pas dans un romantisme de bon aloi. Aussi issu des Surréalistes, Autant-Lara, naviguait dans les eaux troubles de l’humour français, proposant un cinéma anti-nazi d’un côté et militant avec le Front National, de l’autre. Tandis que Carné, lorsqu’il s’alliait à Jacques Prévert se laissait aller à un lyrisme poétique souvent sombre. Julien Duvivier, quant à lui, restait dans un cinéma très humaniste.

Le cinéma français, souvent social, a quelques fois flirté, mais du bout des doigts, avec l’univers du fantastique. Jean Feuillade, dans les années 1910, avec ces serials poétiques, est un peu le pilier de l’onirisme à la française. Beaucoup de cinéastes se sont nourris de son travail, de Georges Franju, à Jean Rollin, et à Olivier Assayas, en passant par le cinéma pornographique, et j’en passe… René Clair et Claude Autant-Lara, de par leur engagement surréaliste, ont bien entendu jonglé avec la magie de l’irréel. René Clair donnera sa version des TEMPS MODERNES de Chaplin, avec A NOUS LA LIBERTE, avant de partir tourner une poignée de comédies fantastiques aux USA. Jean Renoir abordera le fantastique par le biais du roman de Stevenson, Jekyll & Hyde qu’à la fin de sa carrière (LE TESTAMENT DU DOCTEUR CORDELIER). Marcel Carné y fit, lui aussi un détour, avec LES VISITEURS DU SOIR, JULIETTE OU LA CLE DES SONGES et d’autres menues tentatives. Duvivier aussi, tentera ce chemin, notamment par des adaptations de scénarios étrangers, comme avec LE GOLEM ou avec cette CHARRETTE FANTÔME adaptée, à la française, en pleine période de guerre et de crise, du film homonyme de 1921, de Victor Sjöström, excellent cinéaste suédois qui fit carrière et de magnifiques films aux USA sous le nom de Victor Seastrom.

LA CHARRETTE FANTÔME prend donc pour base une vieille légende nordique qui prédit que lorsqu’un individu entend le son d’une certaine charrette, c’est que la Mort vient le chercher, assise sur celle-ci.

char2i dans Le grenier du ciné fantastique

Dans le film de Duvivier, cette légende s’insère dans une trame sociale, entre gens pauvres, malades, charité chrétienne, en cette période difficile d’entrée en guerre de l’Europe. Pierre Fresnay incarnant le personnage principal est lui-même alcoolique et est donc en proie à la négation puis au doute, lorsqu’il se retrouve en présence de forces surnaturelles qui dépassent sa simple logique humaine.

Comme je l’indiquais plus haut, l’humain dans tous ses fonctionnements socio-politiques est le nerf conducteur des films de Duvivier, qui peut, aussi bien, tourner un film sur la montée en croix du Christ (GOLGOTHA), sur une relation amoureuse dangereuse au Maghreb (LA BANDERA), ou au sein de la pègre algérienne (PEPE LE MOKO), ou pour vanter le collectivisme du Front Populaire par l’amitié (LA BELLE EQUIPE). LA CHARRETTE FANTÔME s’insère dans cette logique et, bien française à la fois, des années 30 et 40, où chaque personnages de ces films a son importance, d’où le foisonnement de comédiens connus de cette époque.

Je pense que pour se délecter de ce film, il faut se laisser immerger dans cet univers bien français d’avant-guerre, où visages connus côtoient l’argot parisien, la misère humaine au sein d’une France en crise dans laquelle l’angoisse de la faillite, et de tout perdre, ressemble à la Mort qu’on entend arriver de très loin, comme la guerre.

- Trapard -

char3t dans Trapard



OVNI en Nouvelle-Calédonie (6) : une boule de feu dans le ciel de Païta

OVNI en Nouvelle-Calédonie (6) : une boule de feu dans le ciel de Païta dans Ufologie 18011005554015263615443219

Cela faisait longtemps (depuis le 22 décembre 2009) que Les Échos d’Altaïr n’avaient pas parlé d’OVNI en Nouvelle-Calédonie. L’actualité récente nous permet d’y revenir grâce à ces témoignages parus dans l’édition des Nouvelles Calédoniennes d’hier, avec cette sphère, ou boule de feu, aperçue dans le ciel de Païta vers 1h30 du matin par une dizaine de personnes.

On appréciera à sa juste valeur l’analyse de l’association d’astronomie de Nouvelle-Calédonie qui évoque des retombées de débris de fusées ou de satellites dans l’atmosphère, alors que les témoins précisent que l’objet, d’abord stationnaire au dessus d’une maison, est remonté brusquement à la verticale à une vitesse folle avant de rester à nouveau immobile puis de disparaître en repartant, toujours, à la verticale… Bravo à l’association d’astronomie de Nouvelle-Calédonie pour sa formidable contribution à l’enquête car elle nous a permis d’apprendre que les débris de fusées ou de satellites ne tombaient jamais dans l’atmosphère mais, inversement, REMONTAIENT toujours vers l’espace…

Pour lire l’article des Nouvelles Calédoniennes, cliquez ici.



Un Zontar, une Martienne et des mangeurs de cerveaux !

Un Zontar, une Martienne et des mangeurs de cerveaux ! dans Cinéma dvd10

Bach Films contre-attaque avec sa nouvelle cuvée de films rares de science-fiction fauchés, mal fichus, ringards et « zédifiés », mais ô combien cultes dans le coeur de certains fantasticophiles collectionneurs passionnés dont je fais partie ! Pas moins de cinq DVD, soit carrément dix titres (deux présents par DVD), sont parus fin décembre 2011. Les Échos d’Altaïr avaient déjà eu le plaisir de vous présenter les précédents titres de la collection (voir ici), et c’est avec un plaisir renouvelé qu’ils vous annoncent les parutions de (cliquez sur le titre pour découvrir la bande-annonce) :

LE MONSTRE MAGNÉTIQUE (MAGNETIC MONSTER / 1953 / de Curt Siodmack & Herbert L. Strock) : Deux agents du bureau des enquêtes scientifiques partent à la recherche d’un élément hautement radioactif dont ils ont toutes les raisons de croire qu’il se trouve à Los Angeles. S’en suit une enquête peu ordinaire…

ZONTAR (sorte de remake de IT CONQUERED THE WORLD / ZONTAR / 1966 / de Larry Buchanan) : Des scientifiques dupés font venir un alien sur Terre depuis la planète Vénus. La créature, nommée Zontar, leur promet d’oeuvrer pour le bien de l’humanité. Mais rapidement, Zontar s’avère être une dangereuse créature prenant le pouvoir en contrôlant psychiquement des personnalités de haut rang.

LA MARTIENNE DIABOLIQUE (dont vous avez déjà croisé le robot-craignos sur ce blog ! / DEVIL GIRL FROM MARS / 1954 / de David McDonald) : Une martienne se pose sur Terre afin d’enlever des hommes et les utiliser afin de repeupler la planète Mars qui se meurt…

FUSÉE POUR LA LUNE (MISSILE TO THE MOON / 1958 / de Richard E. Cunha) : Deux évadés de prison se cachent dans une fusée. Le scientifique qui les découvre les force à piloter le vaisseau jusque sur la Lune. Là, ils découvrent un peuple lunaire uniquement constitué de femmes.

LE CONTINENT PERDU (THE LOST CONTINENT / 1951 / de Sam Newfield) : Le Major Joe Nolan mène une expédition dans le Pacifique sud afin de retrouver un missile atomique égaré. L’équipe est victime d’un crash et se retrouve sur une île mystérieuse…

LE MONDE PÉTRIFIÉ (THE INCREDIBLE PETRIFIED WORLD / 1957 / de Jerry Warren) : Quatre aventuriers explorent des fonds sous-marins, où nul homme n’a jamais été, grâce à une cloche révolutionnaire créée par le Professeur Wyman. Mais lors de l’exploration, les câbles de la cloche reliés à la surface cèdent et les plongeurs sont entraînés au fond des abysses peuplés de monstrueuses créatures.

L’INDESTRUCTIBLE (INDESTRUCTIBLE MAN / 1956 / de Jack Pollexfen) : Charles  »Butcher » Benton, un criminel dangereux est condamné à mort sur la chaise électrique. Après son exécution, le corps de Benton est soumis à une expérience scientifique inédite : des chercheurs vont tenter de ramener le psychopathe à la vie.

L’HOMME EN QUATRE DIMENSIONS (4D MAN / 1959 / d’Irvin S. Yeaworth Jr.) : Tony Nelson, un scientifique brillant mais irresponsable, met au point un amplificateur permettant à des objets d’entrer dans la 4ème dimension et de traverser d’autres objets. Tony veut présenter sa trouvaille à son frère Scott, qui mène une expérience sur un nouveau matériau impénétrable : la cargonite.

L’HOMME DE NÉANDERTHAL (THE NEANDERTHAL MAN / 1953 / d’Ewald André Dupont) : Le professeur Clifford Groves est un iminent scientifique qui a orienté ses recherches sur l’étude des origines de l’homme. En étudiant la morphologie de l’homme de Neanderthal, il avance la théorie que cette espèce n’était pas moins intelligente que l’homo-sapiens. Mais sa démonstration est rejetée par l’ensemble de la Société Naturaliste. De retour dans son laboratoire, il travaille alors à la fabrication d’un serum, qu’il compte essayer sur lui-même…

LES MANGEURS DE CERVEAUX (BRAIN EATERS / 1958 / de Bruno VeSota) : La tranquilité du petit village de Riverdale se trouve perturbée avec la découverte d’un cône d’origine extraterrestre sorti tout droit des profondeurs de la Terre.

dvd11 dans Science-fiction



VAISSEAUX SF : LE STARBUG

VAISSEAUX SF : LE STARBUG dans Science-fiction 13061310034815263611288456

13061802095515263611303761 dans Vaisseaux SF

LE STARBUG

Le Starbug compte parmi les nombreux vaisseaux de la sitcom britannique RED DWARF. Il existe en plusieurs modèles avec des intérieurs plus ou moins différents suivant les époques. Il s’agit en fait d’une petite navette divisée en trois parties bulbeuses. On y trouve un poste de pilotage, une salle d’observation, une cuisine et une salle des machines. Le Starbug est armé de canons laser et il possède un système d’invisibilité. C’est un vaisseau qui rappelle, de par sa forme, un insecte (d’où son nom : « starBUG », « bug » pouvant se traduire par « bestiole » en français).

13061802122315263611303769



Flash Gordon, de la BD aux serials

Flash Gordon, de la BD aux serials dans Cinéma 13061310052715263611288458

FLASH GORDON, DE LA BD AUX SERIALS (par Trapard)

13061601455415263611297179 dans Le grenier du ciné SF

Déjà, j’aime particulièrement la bande dessinée de SF et d’aventure des années 30 et 40. Un goût né de mes lectures d’une des premières bandes dessinées de l’Histoire du 8ième Art que sont Les Aventures de Little Nemo in Slumberland de Winsor McCay, parues dans les années 1910 dans un journal américain. Si ce titre ne vous dit rien, peut-être vous rappelez-vous de ce gamin qui s’envole, à chaque planche, pour des histoires totalement surréalistes dans un monde magique de princesse et de crapaud en costard fumant le havane et injuriant son prochain, et en se frottant aux pires improbabilités et terminant, à chaque coup, au bas de son lit, la tête encore mêlée de son dernier rêve ?

C’est de par cette BD, que j’en suis naturellement arrivé à lire Jim la Jungle, Terry et les Pirates, Dick Tracy, Mandrake le Magicien et surtout…Flash Gordon.

Et moi, qui ai grandi avec Tintin, Asterix et Lucky Luke, je dois dire qu’il m’a fallu un peu de temps et d’étonnement, pour m’adapter à la précision du style américain, et particulièrement de celui d’Alex Raymond, l’auteur des aventures de Flash Gordon.

Gosse, j’avais pu découvrir l’adaptation anglo-italienne de la BD accompagnée de la très entraînante musique de Queen que je me passais en boucle sur mon lecteur de vinyles.

Mais Alex Raymond, c’est autre chose…On ne se laisse pas absorber par un univers kitch multicolore, on part…On voyage…

J’en suis donc, tout naturellement, arrivé à m’acheter le double serial de Flash Gordon édité et restauré par Bach Films, et vendu à Movies 2000 : Flash Gordon (1936, réalisé par Frederick Stephani, en 15 épisodes, et Flash Gordon conquers the Universe, tourné en partie par Ford Beebe, le roi du serial, en 12 épisodes).

Pour ceux qui, et je peux le comprendre, ont beaucoup de mal à s’immerger dans le cinéma des années 1930 et début 40, je peux leur conseiller de partir à la découverte de ce comédien des serials qu’était Buster Crabbe.

14090410352015263612499233 dans Science-fiction

Buster Crabbe a été un très crédible Tarzan, dans Tarzan l’Intrépide, bien que le public féminin ait sûrement plus facilement adopté un Johnny Weissmuller, toujours impeccablement coiffé et très bon nageur. B. Crabbe a aussi été un bon Buck Rogers, Billy le Kid, et beaucoup d’autres personnages issus de bandes dessinées, comme il était courant à cette époque. Il a même tourné aux côtés de Johnny Weissmuller, dans Captive Girl, en 1950, un de ces films de jungle, où l’homme est livré à lui-même face à la nature hostile.

En Flash Gordon, Buster Crabbe endosse parfaitement le costume du personnage-titre, et j’avoue, pour ma part, m’être beaucoup plus rapproché d’Alex Raymond, grâce à ce vieux serial, qu’avec le film de Mike Hodges, encore auréolé de la période kitch du disco, bien que le film me plaise toujours assez.

Vous retrouverez, aux côtés de Flash, une jolie Dale Arden, personnage beaucoup plus emblématique et énigmatique, comme l’étaient les héroïnes de BD des années 30 et 40, que ne l’est la belle, mais un peu fade Melody Anderson des années 80. Et bien entendu, l’empereur Ming, le péril jaune impérial et venimeux, venant du ciel et plus seulement de l’Asie, comme le Fu Manchu de Sax Rohmer ou le Mister Wong de Harry Stephen Keeler…

De bonnes aventures spatiales en perspectives si vous êtes tentés, le tout tenu par des effets visuels et des décors étonnement très réussis pour une époque où la SF et le space-opera n’étaient pas la priorité d’Hollywood.

J’avais déjà découvert Things to Come (1936) de William Cameron Menzies, d’après H.G. Wells, il y a plusieurs années, et j’avais été fasciné par l’ampleur des décors futuristes. Et il y a deux ans de ça, Morbius m’avait prêté Mars attacks the World (1938), sorte de condensé de plusieurs épisodes du serial de 1936, qui m’avait aussi laissé entrevoir un univers de SF/X des années 30 dont j’étais loin de soupçonner l’importance. Mais voir les deux serials en entier, de 36 et de 40, c’est, tout de même, le must du must, pour découvrir l’univers cinématographique de la SF des années 30.

14090410364915263612499238 dans Trapard

- Trapard -



Feuillets d’Hypnos : Le Pays de l’Esprit (essai sur le rêve)

Feuillets d'Hypnos : Le Pays de l'Esprit (essai sur le rêve) dans Dossier 14072703494415263612413227

LE PAYS DE L’ESPRIT : ESSAI SUR LE RÊVE (par Mandragore / Publié dans Sci-Fi News 38 de février 1994)

Pense à notre vie humaine,
Qui n’est qu’une gerbe de songes,
Bonheurs, malheurs,
Tous sont des rêves entre les rêves.
Mais puisque nous vivons un rêve
Pourquoi ne pas en jouir ?
Que pourrions-nous faire d’autre ?

Anonyme (Corée)

15060702195515263613338299 dans Fantastique

La littérature est-elle le rêve-reflet du monde, ou ne serait-elle pas investie, au contraire, d’une réalité supérieure, d’une transcendance qui échappe à l’Ici ?

Et de quel côté sommes-nous des rives du Sommeil : créateurs ou créés, rêvants ou rêvés, transportés de-ci, de-là, et, à notre tour, porteurs de trésors fondus, de coraux ou de poissons pâlis, d’épopées réduites à d’insignifiants fragments d’aventures ?

Le songe serait-il un être ailé, celui que voit Homère, perché au chevet du dormeur, en bon cousin de la Mort ? Le rêve serait-il un Pays, une île où nous irions toujours halés par les fils mystérieux du Désir ?

Ni personne, ni espace, le rêve est un acte inconscient. Certains le nient tout de go ou le vivent comme une intrusion saugrenue, d’autres l’utilisent pour exploiter jusqu’à la lie les prodigieux gisements de l’Imaginaire.

Frais derrick ou possession aliénante, l’expérience intime du rêve est, par essence, incommunicable et donc fantastique. C’est là un univers sans limites, sans structures reconnaissables, indéfiniment extensible et fluide. Songe paradisiaque du surhomme volant ou rêve-engrenage conçu comme la forme extrême de l’esclavage, pourquoi rêvons-nous ? Pourquoi partager ainsi « l’aquarium de la nuit » (Hugo) ?

15060702215515263613338302 dans Feuillets d'Hypnos

L’éveil de la Bête

Il est bon de se rappeler de prime abord que Freud ne fait pas figure d’absolu novateur en la matière. Dans la République, Platon évoque, deux mille ans avant L’interprétation des rêves, les « désirs qui s’éveillent pendant le sommeil, quand la partie de l’âme qui est raisonnable, douce et faite pour commander à l’autre, est endormie, et que la partie bestiale et sauvage se démène et, repoussant le sommeil, cherche à se donner carrière et à satisfaire ses appétits. Dans cet état, elle ose tout comme si elle était détachée et débarrassée de toute pudeur et de toute raison ; elle n’hésite pas à entreprendre (croit-elle) de faire l’amour avec sa mère ou tout autre, quel qu’il soit : homme, dieu, animal ; il n’est ni meurtre dont elle ne se souille, ni aliment dont elle ne s’abstienne ; bref, il n’est pas de folie ni d’impudeur qu’elle s’interdise » (IX, 1, 571).

Rêver pour assouvir un désir : le grand et gros mot est lâché ! Le rêve souffre souvent d’un excès d’idéalisation : songe bleu des poètes aux visions étoilées, rêveries enfantines du marchand de sable de la défunte ORTF, rêves d’or d’une Bagdad légendaire, souffle d’un enfant sain ou « d’une sainte pour un mort ».

Dès lors, le réveil est perçu comme une déchéance et une indignité : Tristesse du réveil ! Il s’agit de redescendre, de s’humilier. L’homme retrouve sa défaite : le quotidien (Michaux, Plume). Rêve-évasion, rêve démiurgique, où l’on est soudain Dieu, le Pan tout-puissant, bondissant modeleur des êtres et des mondes.

Face à cette idéalisation, Freud a fortement souligné que, dans le rêve, le désir est travesti et s’exprime de façon hautement symbolique. Les mieux camouflés, issu de ce que Platon appelle la partie bestiale, se dissipent vite ou nous laissent interdits.

Reproduction hallucinatoire des perceptions liées dans un passé lointain à un assouvissement, le rêve s’est vu accorder, en sus, le pouvoir d’annoncer l’avenir ou même de le causer. Il devient alors le truchement privilégié par lequel les Puissances internes ou externes communiquent avec nous. À tout le moins, il convient d’observer avec Aristote que nos songes mettent en scène des personnages dont nous connaissons les motivations. Ils nous aident à synthétiser et à accepter notre expérience. Ils parviennent à nous souffler aussi les objectifs de nos actes futurs.

Le rêve défie, en toutes hypothèses, par son extrême diversité, l’analyse objective. L’hallucination semble parfois se suffire à elle-même, étrange, étrangère, s’éloignant de plusieurs années-lumière de nos préoccupations évidentes ou cachées.

15060702233615263613338314 dans Littérature

La Porte de corne

Deux conceptions du rêve souvent s’affrontent et cohabitent. La plus ancienne se méfie de la vie onirique et la refoule dans les marges du cosmos. Ainsi, la religion grecque associe les songes, la nuit pendant laquelle ils se produisent, la terre dont les entrailles sont plongées dans l’obscurité, lieux où reposent les morts.

Dans la théogonie classique, la Nuit a enfanté à la fois : la Mort, le Sommeil et les Songes. Chez la plupart des auteurs, le pays des rêves est proche des Enfers, loin du centre du monde où vit l’humanité. Selon l’Odyssée, les songes confus et fallacieux sortent par la porte d’ivoire, tandis que les rêves clairs et véridiques sortent par la porte de corne.

Une conception plus positive des rêves apparaît chez les orphiques et les pythagoriciens. Pour eux, l’âme libérée du corps peut parler aux dieux pendant le sommeil. Pindare résume ce point de vue en écrivant que l’âme d’essence divine dort quand nous sommes éveillés, mais s’éveille pendant que nous dormons. Planète interdite à notre vision solaire, cet autre versant de nous-mêmes porte alors des jugements corrects, riches d’enseignement.

Chose remarquable : les rationnalistes ne sont pas très éloignés de cette vision spiritualiste. Hippocrate affirme ainsi que l’âme perçoit l’état de santé du dormeur et le reflète dans le rêve, permettant au médecin de guérir le rêveur par l’oniromancie.

Les deux courants – religieux et scientifique – ont ceci de commun qu’ils développent tous deux l’usage des interprétations allégoriques, répertoires d’équations censées traduire l’insensé.

15060702250615263613338316

L’homme invisible ou second

La littérature fantastique porte témoignage de ce qui est au moins une contradiction et peut-être une impasse. D’un côté, elle a puisé dans tous les folklores ces traditions relatives à la vérité du rêve dont l’importance vient de nous apparaître à l’examen des sociétés antiques. Beaucoup pensent avec Hugo que le songe n’est autre chose que l’approche d’une réalité invisible (« Les Travailleurs de la mer », I, 1, 8 ) ou avec Nerval que le rêve est une seconde vie (« Aurélia », I, 1).

Le rêve est alors systématiquement authentifié, soit que l’avenir le réalise, soit que le présent lui-même prouve que la scène rêvée a bel et bien été vécue au cours du sommeil (chez Eekhoud) par des marques ou objets tangibles issus de l’univers onirique. Rêves solidifiés parfois grâce au pouvoir extraordinaire d’engendrer les objets que les parapsychologues nomment la télurgie.

Si la réalité tangible ou magique n’apporte pas assez de signes convaincants, l’authentification est assurée par la multiplication des rêves : songes à répétition, à suite, ou à transformations, songes à un ou plusieurs, rêves devenant ainsi un singulier forum chez Maugham ou Pirandello. La plupart des récits fantastiques reposent, en dernière analyse, sur l’affirmation plus ou moins déguisée, mais d’autant plus forte, des pouvoirs du rêve.

D’un autre côté, le doute n’a cessé de prospérer. Songe ? Mensonge ! Voire. Il est dangereux de renier les songes. Démontrer qu’ils ne sont rien, c’est nous anéantir, nous et le monde. Ombre d’ombres, le rêve nous renvoie à un univers-gigogne, à un cosmos dickien qui ne serait plus réduit à un binôme vrai-faux, mais qui équivaudrait à une succession de réalités alternatives, folie de deux miroirs brandis face à face !

Du rêve au réel, et du réel au rêve, combien d’interactions ou de dialectiques-labyrinthes ! J’étais effrayé pourtant de penser que ce rêve avait eu la netteté de la connaissance. La connaissance aurait-elle réciproquement l’irréalité du rêve ? (M. Proust, « À la recherche du temps perdu »). Autrefois cet argument a servi à justifier l’au-delà : La vie n’est elle-même qu’un songe sur lequel nous sommes entés, et dont nous nous éveillons à la mort (Pascal, « Pensées », VII).

15060702263615263613338317

Terre arable du songe !

De Michaux à Marcel Béalu, nombre d’écrivains notent leurs rêves, considérés comme un matériel poétique à l’état brut, comme une grande citerne à symboles, comme de libres divagations destinées à les renseigner sur leur propreet fuyante - intimité (Marcel Béalu, « La vie en rêve »).

Source d’inspiration donc et miroir magique pour nous mieux connaître, le rêve est parfois poursuivi à travers les leviers et prisons chimiques de la drogue ou de l’alcool. Pour se trouver et… pour se perdre, pour la simple évasion, pour la révélation qui nous descelle enfin du limon qui nous y noie.

Toute la littérature est de l’ordre du rêve. Ce dernier ne sert souvent qu’à faire avancer l’action (le songe d’Athalie), à donner chair aux idées chères à l’auteur (tel le mythe d’Er dans la République de Platon), ou à corser quelques fictions diurnes, lyriques et fantaisistes. Mais si le récit relate un rêve authentique transcrit par l’auteur avec un maximum de fidélité, il est presque inévitable qu’il rende un son fantastique.

Au fur et à mesure que le lecteur progresse dans sa découverte d’un espace apparemment incongru, c’est toute la lumière de son univers quotidien qui se modifie, comme si le rêve avait le pouvoir d’éclairer d’un jour singulier mais précis le secret du monde où se débat, avec un sérieux tragique et risible, la marionnette humaine. Monde où les enjeux ne sont jamais ceux qu’annoncent la raison, et où l’on ne se risque peut-être pas sans danger.

 

- Mandragore -

 

Sources :

  1. Histoires de cauchemars (La grande anthologie du Fantastique), préface de Jacques Goimard et Roland Stragliati (Presses Pockets n°1467, 1977)
  2. La vie en rêve, Marcel Béalu, préface de Jean-Pierre Sicre (Phébus, 1992)

 

Nous sommes faits de la même étoffe que les rêves (Shakespeare, La tempête)



Robot-craignos (32)

Robot-craignos (32) dans Cinéma bis 13061310000015263611288446

14081101562115263612445226 dans Cinéma bis turc

Merci au numéro 248 de Mad Movies de m’avoir déniché le dernier robot-craignos en date ! Ce fabuleux modèle nous arrive directement du légendaire DÜNYAYI KURTARAN ADAM ! Ça ne vous dit rien ? Mais si, voyons, j’espère que vous n’êtes pas sans connaître cette production de SF turque datant de 1982, nanar monumental qui utilise sans vergogne des extraits de STAR WARS et de sa B.O. ! Les robots-craignos des Échos d’Altaïr franchissent encore une étape importante dans l’histoire de leur domination sur les grands écrans du monde entier grâce à DÜNYAYI KUR… KUR machin chose ! 32 chez les robots-craignos, 21 chez les robots-cool : leur victoire est écrasante ! MOUAHAHAHAHA ! Un extrait de DÜNYAYI KTRZSD KLGFD ? Allez, un p’tit extrait, rien que pour vos yeux : (par contre, après cette vision, je ne garantis pas l’efficacité de vos facultés mentales…)

Image de prévisualisation YouTube



Du Star Wars miniature en papier

Du Star Wars miniature en papier dans Papertoy wizardg

Ceux qui connaissent le jeu Star Wars issu de Wizards of the Coast seront ravis de découvrir une multitude de splendides modèles ultra-miniatures des vaisseaux, engins et véhicules de la saga ici et . Est-ce facile à réaliser ? Pas si sûr, surtout si vous avez de gros doigts, hé, hé, hé !



Une histoire de magazine : Starlog

Le magazine américain Starlog fut durant une trentaine d’années l’une des références incontournables dans le domaine de la presse spécialisée dans le cinéma fantastique et de science-fiction, et il connut un tel succès qu’il enfanta rapidement d’autres journaux consacrés aux films d’horreur (Fangoria) et à des séries renommées comme STAR TREK. Starlog ouvre cette nouvelle catégorie des Échos d’Altaïr qui se consacrera de temps en temps à un magazine français ou étranger spécialisé dans le cinéma de l’Imaginaire.

Une histoire de magazine : Starlog dans Cinéma 16100203423015263614530022

Starlog naît en plein milieu des années 1970, créé par les éditeurs américains Kerry O’Quinn et Norman Jacobs qui avaient d’abord envisagé de l’appeler Fantastic Films ou Starflight. Finalement c’est le nom Starlog qui est retenu, lequel pourrait être traduit approximativement en français en « Journal Stellaire », car Starlog sera un magazine entièrement dédié au cinéma et à la télévision fantastique et de science-fiction.

Le premier numéro de Starlog paraît en août 1976 avec à la une la série télévisée STAR TREK sixties. La revue est d’abord un trimestriel en noir et blanc, avec cependant un encart couleur souvent présent. O’Quinn est le rédacteur en chef alors que Jacobs assure le côté commercial et mise en page. Le magazine rencontre dès le départ un joli succès, à tel point qu’il passe rapidement à une publication d’environ toutes les six semaines. Mais surtout, Starlog va bénéficier d’un atout considérable : la renaissance de la SF cinématographique et télévisuelle grâce à l’arrivée prochaine d’un événement sans précédent appelé… STAR WARS. Le journal est l’un des premiers à tenir régulièrement informé ses lecteurs sur l’évolution du projet d’un certain George Lucas. Et lorsque le film sort enfin en 1977, Starlog se retrouve propulsé au milieu du phénomène, le public s’arrachant le moindre magazine traitant de STAR WARS. Puis, durant plusieurs années, il ne cessera de profiter de la vague déferlante avec RENCONTRES DU TROISIÈME TYPE, GALACTICA, SUPERMAN, STAR TREK : THE MOTION PICTURE, LE TROU NOIR…

Très vite, Starlog s’enrichit et publie ses célèbres « Starlog Guidebooks » consacrés à des thèmes tels que les robots au cinéma et à la télévision, les vaisseaux, les mondes, les séries TV, les aliens, les héros gentils, les héros méchants… Le magazine couvre toute la riche actualité de l’Imaginaire grâce à des interviews exclusives avec des réalisateurs, des acteurs et même des écrivains de renom, des reportages sur les tournages, des dossiers en plusieurs parties, etc. Ses pages sont souvent inondées de publicités pour le « merchandising » florissant autour des premiers produits dérivés sur des films ou séries télévisées. On y trouve aussi de l’humour avec des dessins comiques parodiant des classiques de la SF, des annonces et des billets d’humeur. Parfois un poster est présent dans le numéro, voire même un disque regroupant des extraits de musiques de films. Starlog publie en parallèle des numéros spéciaux entièrement consacrés à des posters ou autres, et aussi son numéro annuel appelé Starlog Yearbook ou encore The Best of Starlog reprenant les meilleurs articles sur les films ou séries événement. Le magazine, devenu une référence dans le milieu, accouche en 1979 de son petit frère, Fangoria, uniquement consacré au cinéma gore et d’horreur. Enfin Starlog organisera par la suite ses propres conventions rassemblant à la fois des vedettes de films ou de séries, des écrivains, et bien sûr tous leurs fans. Au meilleur de sa forme, j’ai entendu dire que Starlog atteignait un tirage d’un million d’exemplaires…

16100203423615263614530023 dans Magazine

Avec en 1987 le grand retour de STAR TREK à la télévision, Starlog se lance dans la publication en parallèle de magazines entièrement dédiés à STAR TREK, THE NEXT GENERATION ou DEEP SPACE NINE et VOYAGER. On y trouve régulièrement les synopsis des épisodes illustrés par des photos des différentes séries, mais aussi des interviews, des croquis préparatoires, des plans détaillés de vaisseaux… Le magazine est désormais mensuel et on le trouve même dans les librairies des aéroports du monde entier où je n’hésitais jamais à l’acheter pour le voyage ! Une version française sera même publiée, mais elle n’obtiendra pas de succès et disparaîtra très vite (on ne concurrence pas L’Écran Fantastique et Mad Movies !).

Dans les années 1990-2000, Starlog poursuivra son aventure en compagnie de toutes les sagas et de tous les nouveaux succès cinématographiques : les BATMAN, SPIDERMAN, MATRIX, SEIGNEUR DES ANNEAUX, HARRY POTTER, KING KONG et tant d’autres. La revue est facilement disponible dans toutes les librairies spécialisées ou non, et l’on aurait pu croire son histoire interminable. Mais pour des raisons obscures, sans doute liées à une perte de vitesse, le magazine de référence américain interrompt sa publication papier vers 2008, et sa publication numérique disparaît quant à elle en avril 2009, date officielle du dernier numéro de Starlog. Le magazine ne vit plus désormais qu’à travers les souvenirs de son petit frère, Fangoria, qui poursuit quant à lui son aventure (Fangoria.com).

Starlog a laissé bien des souvenirs inoubliables à tous les fantasticophiles qui ont eu la chance de le connaître. Chaque numéro était un trésor, en particulier durant son âge d’or des années 1980. Je m’y étais abonné et le recevais en Nouvelle-Calédonie, souvent avec beaucoup de retard et d’aléas postaux (les Américains ont la pire poste au monde), mais qu’importe : grâce à lui j’ai pu vivre des moments formidables dont la création de STAR TREK, THE NEXT GENERATION (je ne vous raconte pas mon excitation en découvrant les toutes premières photos des maquettes des décors de la passerelle de l’Enterprise !), bénéficier de tonnes de documents pour réaliser mes fanzines et me plonger avec joie dans toutes les productions de SF d’époque ! Je conserve aujourd’hui précieusement ma centaine de numéros, dont certains datent de 1982, et ils me servent encore parfois… pour ce blog…

Image de prévisualisation YouTube



1234