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Archive pour février 2012

Wing Commander, la saga

Wing Commander, la saga dans Jeu vidéo 15050108480815263613222885

WING COMMANDER, LA SAGA (par Ju Galliano)

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Wing Commander est une série de jeux vidéo de combat spatial créée par Chris Robert. Un film, une série animée et des romans en ont été tirés .
C’est avec le deuxième opus que j’ai découvert cette série : Wing Commander II: Vengeance of the Kilrathi, en 1992. À l’époque je jouais à de nombreux jeux vidéo et je n’avais rien vu de semblable .
J’ai toujours rêvé de piloter un X-Wing comme Luke Skywalker, je me passionnais donc pour les jeux de combat spatial. Il y avait bien quelques jeux sympas dans ce style (X-Wing, Epic Inferno), mais aucun ne donnait l’impression de participer à un film comme Wing Commander II le faisait. Les cinématiques de ce jeu permettaient de s’immerger dans cet univers, et l’on s’intéressait réellement au sort des différents personnages. C’est certain qu’aujourd’hui cela doit paraître antique aux yeux des joueurs actuels mais à l’époque ce fut un événement dans le monde vidéoludique, non seulement pour sa mise en scène mais également techniquement : contrairement aux autres jeux, les vaisseaux de Wing Commander étaient colorés, ils n’étaient pas que des assemblages de polygones, on s’y croyait vraiment !
Quelque temps après est sorti un spin-off Wing Commander : Privateer, j’y ai assez peu joué, trop difficile, et l’histoire était moins développée .

La cinématique d’intro :

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Le jeu :

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Le choc Wing Commander III : Cœur de tigre

J’avais adoré Wing Commander II et j’étais persuadé qu’il serait difficile de faire mieux. Pourtant Chris Robert réussit cet exploit. Pour Wing Commander III, les cinématiques furent remplacées par des séquences filmées dignes d’un grand film de SF. Chris Robert eu l’idée géniale d’engager des acteurs connus pour incarner ses personnages : Malcolm McDowell, John Rhys-Davies, Thomas F. Wilson et surtout le génial Mark Hamill dans le rôle du héros, Chris Blair. Un casting pareil dans un jeu vidéo est déjà un événement, et rien que pour cela le jeu serait resté dans les mémoires, mais en plus l’histoire était passionnante, la mise en scène remarquable et les missions époustouflantes. C’est l’un des meilleurs jeux auxquels j’ai joué, une date dans l’histoire du jeu vidéo de science-fiction.

L’intro :

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La première mission :

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Ce jeu fut un succès et une suite assez réussie fut produite l’année suivante, Wing Commander IV : Le Prix de la Liberté.  J’y ai joué sur Playstation, un très bon jeu également, mais j’ai moins apprécié l’histoire.

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D’autres jeux furent produits auxquels je n’ai pas joué, la plupart sont disponibles en abadonware, je les ai téléchargés et j’ai bien bien l’intention d’y jouer, surtout à Wing Commander : Prophecy.

1990 : Wing Commander sur MS-DOS, Mega-CD (1994), Amiga (1994)
1992 : Wing Commander II: Vengeance of the Kilrathi sur MS-DOS
1993 : Wing Commander : Privateer sur MS-DOS
Par Origin Systems
1993 : Wing Commander : Academy
1994 : Wing Commander : Armada
1994 : Wing Commander III : Cœur de tigre sur MS-DOS, PlayStation (1996)
1995 : Wing Commander IV : le Prix de la liberté sur MS-DOS/Windows et PlayStation (1997)
1996 : The Kilrathi Saga
1996 : Privateer 2 : The Darkening
1997 : Wing Commander : Prophecy sur Windows puis Game Boy Advance (2003)
1998 : Wing Commander : Secret Ops sur Windows
2007 : Sortie du prologue de Wing Commander Saga sur Windows et Mac OS X, nouvel opus gratuit développé par des fans de la série (Wikipedia )

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Wing Commander, le film

En 1999, Chris Robert réalisa un film tiré de sa série de jeux vidéo. Malgré le succès des jeux, ce fut un échec commercial et il semblerait que ce soit cela qui ait mis fin à la saga.
J’avais moi-même été déçu par ce film lorsque je l’avais vu à sa sortie au ciné, j’en attendais peut-être trop, et les différences visuelles et scénaristiques qu’il y avait avec le jeu m’avaient rebuté.
Chris Robert semble avoir préféré une approche réaliste pour son film, en effet il fait plus penser à un film de guerre qu’à un space opera coloré. De plus on y voit assez peu les Kilrathi et ils n’ont pas le même aspect que dans les jeux, ça renforce leur côté menaçant car il est vrai que ceux des jeux faisaient un peu nounours. Le héros,Christopher Blair, possède dans le film des capacités extra sensorielles qu’il n’a pas dans les jeux, il descend d’une branche de la race humaine, les pélerins, qui avait développé la capacité de naviguer dans l’hyper espace d’instinct.
Aujourd’hui j’aime bien ce film et je trouve que ces petites différences par rapport aux jeux lui donnent une identité propre et le différencie des autres space operas.
Pour moi le gros points noir ce sont les acteurs, Freddie Prinze Jr et Matthew Lillard remplacent Mark Hamill et Thomas F. Wilson, et ils ne sont vraiment pas à la hauteur. Freddie Prinze Jr n’a aucun charisme, il a en permanence un air ahuri, et Matthew Lillard est trop cabotin et grimaçant. Je comprends ce choix de casting car ils étaient tous deux à l’affiche de quelques films ayant eu du succès à la fin des années 90. Quand je vois comment ces deux abrutis gâchent ce film je me demande ce que serait devenu Star Wars sans le talent de Mark Hamill et Harrison Ford.
C’est dommage en tout cas que cet univers n’ait pas connu d’autres développements. Chris Robert travaille aujourd’hui comme producteur dans le cinéma. Espérons qu’il puisse un jour rescussiter sa saga spatiale sous une forme ou une autre .

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- Ju Galliano -



La SF selon Roland Topor

Roland Topor :

« La science-fiction ? oui. Bien sûr. Mais je crois à une science-fiction bousculante, qui creuse vraiment l’écart avec tout ce qui a existé avant elle. Hélas ! il n’y a pas encore de science-fiction aujourd’hui. Aussi bizarre que cela puissse paraître, la science-fiction, dans son caractère « sérieux », ne me concerne pas vraiment. La littérature de science-fiction sera « déconnante » ou elle ne sera pas. » (L’effet Science-Fiction / Igor et Grichka Bogdanoff / éd. Robert Laffont / 1979)



Robot-craignos (38)

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Ici, il n’est pas question d’un robot mais de toute une ribambelle de robots très craignos, mais tous plus drôles les uns que les autres dans leur absurdité, leur bêtise, leur veulerie.

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Ils viennent directement de THE ICE PIRATES (LES GUERRIERS DE L’ESPACE), sorte de PIRATES DES CARAÏBES en mode spatiale, sorti aux USA en 1984, et réalisé par Stewart Raffill pour la Metro Goldwyn Mayer.

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Un grand moment d’absurdité à travers les planètes, à l’humour volontairement lourd qu’il en devient drôle à la longue. Et les univers exploités ne sont pas sans rappeler ceux d’un FLASH GORDON, d’un STAR WARS, ou si vous préférez, d’un STAR CRASH.

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Mention spéciale, pour ma part, pour le robot touristique télévisuel et hallucinogène, en photo.

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- Trapard -



Feuillets d’Hypnos : Jean-Pierre Andrevon (2e partie)

Feuillets d'Hypnos : Jean-Pierre Andrevon (2e partie) dans Dossier 14072703494415263612413227

JEAN-PIERRE ANDREVON, OU L’HOMME QUI DÉCLARA LA GUERRE À LA GUERRE (2e partie)

(par Mandragore / Publié dans Sci-Fi News 34 d’octobre-novembre 1992 / première partie disponible ici)

Mille et une variations très personnelles sur des thèmes rebattus. Ainsi, Hommes-Machines contre Gandahar aurait pu être un space opera ou une fantaisie héroïque classique. Mais Sylvin Lanvère n’est pas Conan ni le Métamorphe Shaïtan l’Omniscient ! Ne trouve-t-on pas pourtant ici nombre d’éléments traditionnels : ancienne colonie terrienne revenue à une civilisation pastorale, insectes géants domestiqués, guerriers robots et paradoxes temporels ?

En dépit de ces poncifs, Jean-Pierre Andrevon a su tirer son roman du côté du merveilleux et de l’humour. Il est en l’occurence bien loin de son image d’auteur pessimiste toujours dans l’attente d’une ordalie nucléaire.

Certes, tout n’est pas rose sur ces mondes crucifiés qu’il nous dépeint souvent. Mais, du moins, ne sommes-nous pas dans un futur aux ruines proprettes, tapissées de lianes, où l’horreur de la guerre atomique s’est assez éloignée pour devenir objet de légendes, prétexte aux aventures de gentils barbares affrontant mutants, juchés sur des dragons télépathes !

Non ! Nous sommes au cœur même de l’événement, dans la confusion de l’instant critique, ignorant même ce qui se passe vraiment comme les personnages des Retombées. Même lorsque Andrevon semble sacrifier au space opera, c’est encore pour s’interroger sur l’envers du décor. Sous les sables de Mars, il y a les mines et la répression. Les pilotes de l’espace profond deviendront peut-être immortels mais perdront ce qui faisait d’eux des humains. L’univers se moque de nos espoirs, et l’espace, lorsqu’il n’est pas désespérément vide de toute vie, n’apporte que mort et désagrégation.

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Un squelette à la lame courbe, aux haillons faits de milliards de soleil hante donc bien son œuvre. Pour lui, la SF n’invente pas le futur. Elle est, bien au contraire, à la traîne d’une réalité qu’elle reflète et décrypte.

Il se démarque nettement de la « nouvelle vague » et de son éclatement du langage. La métaphore doit être claire. Elle ne doit pas nous perdre dans ses bribes sibyllines. Jean-Pierre Andrevon repousse la tentation du flou. Il nous trouve des repères dans l’infini, nous décrit minutieusement ces jalons rares qui nous gardent de la morne désespérance ou de la folie.

Ce thème récurent de la fin dernière, qu’il s’agisse de civilisations ou de planètes entières, est aussi une allégorie de la mort individuelle, donnée incontournable de notre « réalité ».

Disparition-anihilation difficile à imaginer si ce n’est à travers toutes nos pertes (ou gains !) de consciences provisoires que sont le sommeil et les songes. Pour l’écrivain, en effet, la mort n’est pas une impasse où croupir en catalepsie, un néant miséricordieux. Elle est pour nous l’occasion d’un réveil extraordinaire. La vie ne serait-elle qu’un rêve dans le rêve, qu’un univers truqué à la manière de Galouye ou de Dick ?

De Kurt Steiner à Dominique Douay, de Pierre Pelot à Michel Jeury, quel JAF (Jeune Auteur Français) ne fut à son tour hanté par l’idée de cosmos factices, par la manipulation des perceptions, par l’exploration de cette intangible frontière reliant l’Ici et l’Au-delà ?

16061109000915263614300345 dans Feuillets d'Hypnos

Un exemple frappant de cette dialectique commune est Le Désert du Monde. Là, un héros nu, et comme récemment né ou vomi par une insaisissable puissance, amnésique au demeurant, découvre et se découvre sur un simulacre de terre. Il y cherchera le défaut, la faille, tel le photographe de Blow Up qui, à force d’aggrandissements, tombe ébahi sur le détail révélateur, sur la clé qui va tout expliquer.

Plutôt que de trouver de nouveaux sujets, Andrevon les reprend sans cesse, utilisant des émulsions de plus en plus sensibles, modifiant l’éclairage ou la profondeur de champ. D’un média, d’un art à l’autre, ces différentes approches s’enrichissent de mille échos.

Et si les rues sont peuplées de morts-vivants, ou d’hommes-machines avec en tout et pour tout quelques milligrammes de matière cérébrale, le meilleur emplacement n’est-il pas de se mettre dans leur peau de cytoplasme ou d’acier, d’utiliser leurs yeux de silice et d’eau, pour saisir leur point de vue, pour deviner ce qui peut se passer dans la tête d’un retraité raciste, d’un salaud de carrière, ou d’un tueur formidablement ordinaire ?

Tel Baudelaire et ses pauvres Veuves, Andrevon excelle à ce petit jeu de vampire psychique. Encore une fois, il s’agit pour lui de transcender les apparences, de comprendre à l’issue du drame ce que ressentent les marionnettes humaines pendues à leurs fils inommables.

Au piège de quelle réalité truquée sont donc pris ces personnages qui n’hésitent pas à tuer ou qui refusent de mourir ? Suicide de l’intelligence, de la sensibilité, retour à l’immobilité minérale ou au baîllement mou, la mort, n’est-ce pas aussi cela ?

Ne sommes-nous pas, nous aussi, gagnés par cette gangrène insidieuse ? Penchons-nous donc sur le miroir que ce garnement insolent nous tend et posons-lui la question !

- Mandragore -



Temps X : reportage sur Aliens

Ce reportage de TEMPS X est consacré à ALIENS, le film de James Cameron réalisé en 1986. Interviews de Sigourney Weaver, James Cameron et tant d’autres, avec la conception du film.

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Votre X-Wing de papier

Votre X-Wing de papier dans Papertoy xwing

Si vous ne savez pas quoi faire ce week-end, voilà qui devrait (longuement !) vous occuper : un magnifique modèle X-Wing papertoy. Les pièces sont multiples et le montage semble compliqué, mais le résultat en vaut la chandelle, non ? Rendez-vous ici pour télécharger votre X-Wing.



Hydra, le Monstre des Profondeurs

Hydra, le Monstre des Profondeurs dans Cinéma bis mar1ck

HYDRA, LE MONSTRE DES PROFONDEURS d’Amando de Ossorio ( par Trapard)

En tant que fan du cinéma bis d’Amando de Ossorio, je cherchais depuis un moment ce « Hydra » (« Serpiente de Mar » en espagnol).

Celui qui a un peu exploré l’univers du bis espagnol des années 60-70-80, retiendra les noms de Jesùs Franco, Paul Naschy (aka Jacinto Molina), Leon Klimovsky, Javier Aguirre, Carlos Aured, Joaquin Luis Romero Marchent, Narciso Ibanez Serrador (et son père Narciso Ibanez Menta), Vincente Aranda, Jorge Grau, José Ramon Larraz…Et bien entendu, celui d’Ossorio.

Amando de Ossorio, c’est avant tout, LA REVOLTE DES MORTS VIVANTS (La Noche del terror ciego) et ses suites, d’où des zombies d’anciens templiers errent -souvent dans des ralentis brumeux, chers au cinéma d’ambiance espagnol- à la recherche de vengeance et de chairs humaines. Le tout, très inspiré de LA NUIT DES MORTS VIVANTS de Romero et autres films de zombies made in Italy ou de zombies nazis.

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Un peu sur ce modèle et souvent inspirés des sujets de la Hammer Films anglaise, Ossorio a tourné un film de vampire avec MALENKA (1969), de cultes vaudou avec LA NOCHE DE LOS BRUJOS (1973), de femme-reptile avec LAS GARRAS DE LORELEÏ (1974), sa vision de L’Exorciste avec LA ENDEMONIADA (1975) et un peu de X, logiquement après le décès du général Franco.

Son dernier film en date est HYDRA, LE MONSTRE DES PROFONDEURS, vision Cormanienne du Monstre marin, en plastique, s’en prenant aux marins comme aux simples baigneuses, sur un sujet assez proche de celui des DENTS DE LA MER.

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Heureux qui, comme Ulysse, a fait un long voyage…Arrivé à Paris, et fouinant dans un certain nombre de vendeurs de DVD d’occasion, de films d’exploitation comme de bis, j’ai sorti d’un rayon, un DVD titré HYDRA avec une superbe pochette arborant un serpent de mer géant et promettant le film d’Ossorio en question, mais avec aucun nom connu dans les crédits de l’affiche.

Arrivé chez moi, le DVD engagé dans mon ordinateur portable, c’est la suite de HUMANOÏDS FROM THE DEEP, ce DTV sorti en 1996 sous de multiples jaquettes filoutes différentes et divers titres, et produit par Roger Corman, qui se lança sous mon regard dépité, tout en rageant après ce saligaud de Corman (dont j’apprécie pourtant le travail, mais en d’autres circonstances).

Donc il m’a fallu pirater HYDRA en VHSRip, sous le titre SERPIENTE DE MAR et en version espagnole puisque le film ne semble pas avoir été édité nulle part.

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Donc, loin de l’univers espagnol des 70′s, HYDRA (à ne pas confondre non plus, avec un DTV de monstre marin, sorti ces dernières années) est un sympathique film de monstre gigantesque, très cormanien. Très 80′s, avec son lot de jeunes femmes aux looks branchés (de l’époque) et cette créature « monstrueuse » à la fois kitch et peu crédible, mais attachante, le film d’Ossorio rappelle, par son intrigue, autant AMSTERDAMNED de Dick Maas, TENTACULES d’Ovidio G. Assonitis ou un énième ersatz des Godzilla sur la fin. Le tout ressemblant souvent à une vieille production A.I.P. Des 50′s ou du début des 60′s en version totalement recolorisée. La référence à THE SAGA OF THE VIKING WOMEN AND THEIR VOYAGE TO THE WATERS OF THE GREAT SEA SERPENT (ouf!) de Roger Corman (1957), est elle aussi évidente.

Un film bien Z donc, mais divertissant comme pouvaient l’être beaucoup de séries Z des années 80, avec, au regard du cinéma et du DTV des années 2000, cet air désuet que certains qualifieraient de « ringard » ou de « kitsch », mais qu’un geek de ma génération aime encore à cultiver comme un patrimoine culturel intérieur inhérent à ma personnalité.

 - Trapard -



John Carpenter a dit…

John Carpenter a dit... dans Cinéma carpenter2John Carpenter : « Les histoires de fantômes sont les films les plus durs à faire – même un truc situé dans l’espace interplanétaire sera plus facile. Ce type de récit repose en effet sur des choses non réelles, ou qui, du moins, n’existent que dans la tête des personnages. En fait, les fantômes ne font rien du tout, c’est pourquoi c’est si difficile de les rendre intéressants pour ceux qui ne croient pas aux entités incorporelles. Le problème d’une histoire de spectres, c’est justement celui-là : qu’est-ce qui peut vous faire croire que vous êtes hanté ? Moi-même, je pense qu’il y a des choses invisibles dans le monde, mais je ne sais pas si ce sont vraiment des esprits. »



Robot-craignos (37)

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Sparks, tel est le nom de ce robot-craignos vedette du film ALERTE DANS LE COSMOS (SHAPE OF THINGS TO COME / 1979 / de George McCowan). Embarqué à bord du vaisseau Star Streak (Star Trek dans la VF !), Sparks va vivre une aventure « exaltante » auprès de la belle scientifique qui l’a réparé et pour laquelle il n’hésite pas à débiter des poèmes… D’autres robots, un peu moins craignos que lui au niveau de la tête (voir l’affiche), et tout noirs, vont affronter ses courageux amis humains partis sur Delta 3 afin de déjouer les plans d’Omus le machiavélique ( interprété par Jack Palance, toujours aussi risible dans ses rôles de grand méchant de space opérette).

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Notre Sparks s’inscrit dans la (très) grande lignée de robots caissons propres à tout nanar qui se respecte, avec en plus, comble du raffinement, des bras-ressorts munis de pinces… On ne saura jamais comment notre brave Sparks parvient à piloter convenablement le Star Steak, pardon… le Star Streak en appuyant, de ses grosses pinces, sur les magnifiques boutons multicolores qui garnissent joyeusement les consoles du vaisseau. Si l’équipage a survécu, c’est qu’il devait posséder une chance inouïe…



Feuillets d’Hypnos : Jean-Pierre Andrevon (1ère partie)

Feuillets d'Hypnos : Jean-Pierre Andrevon (1ère partie) dans Dossier 14072703494415263612413227

JEAN-PIERRE ANDREVON, OU L’HOMME QUI DÉCLARA LA GUERRE À LA GUERRE (1ère partie)

(par Mandragore / Publié dans Sci-Fi News 34 d’octobre-novembre 1992)

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Jean-Pierre Andrevon est né le 19 septembre 1937 dans l’Isère. Les premières années de sa vie seront fortement marquées par la guerre. C’est lui qui verra arriver dans son village le premier side-car allemand. Il assistera peu après à une tuerie en pleine rue. La famille Andrevon avait fui l’occupation très présente à Grenoble pour se réfugier à Sonay dans le massif du Vercors, haut lieu de la Résistance Française. Leur maison deviendra ainsi le PC d’un groupe de maquisards. Ceux qui croyaient échapper aux affres d’un interminable conflit, se jettent en fait dans la gueule du loup !

La villa sautera et Andrevon se rappelle encore avoir escaladé ses gravats pour découvrir ses jouets brisés. Il a désormais la sensibilité d’un Libanais ou d’un Kurde. Chaque avion lui fait craindre une nouvelle attaque aérienne, une descente éperdue au fond des caves. Il a 8 ans au moment où éclate la première bombe A à Hiroshima.

Revenu à Grenoble, il est décrit comme un enfant solitaire, pas très bavard. On le surnomme coléoptère : il collectionne, en effet, des insectes qu’il trempe dans l’éther et qu’il épingle sur les planches.

Jean-Pierre Andrevon n’a jamais connu son père. Il a 11 ans lorsque sa mère se remarie. Il vit désormais avec sa grand-mère. À 15 ans, il est contraint d’abandonner ses études par un oncle qui lui fait comprendre qu’il lui faudra désormais gagner sa vie. Doué pour les arts graphiques, il est engagé, aux Ponts et Chaussées. Il y passera 4 ans à recopier des plans. Avec ses premiers salaires, il s’achète une guitare et se met à écrire des chansons. Il participe à plusieurs radio crochets sans succès. Autre achat, autre moyen d’évasion : une moto avec laquelle il partira jusqu’en Scandinavie.

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C’est à cette époque qu’il fait connaissance avec la Science-Fiction, à travers les éditions du Fleuve Noir et du Rayon Fantastique. Il reprend ses études aux Arts Déco de Grenoble et enseigne parallèlement le dessin  à des sixièmes en qualité d’auxiliaire. Il écrit sa première nouvelle Transfère que refusera le magazine Fiction.

Cette première expérience de l’enseignement ne dure qu’un an. Il doit effectuer son service militaire en novembre 1961. Après 4 mois en France, il part en Algérie l’année suivante. Il est intégré dans le corps des chasseurs alpins et fait de la guérilla dans les Aurès. La paix est signée mais ses 5 mois pèseront sur son œuvre. Retour à la vie civile au lycée de Grenoble. N’ayant pas réussi à se faire titulariser, malgré son diplôme tout neuf, il se retrouvera victime d’une compression de postes en 1969. Un temps pigiste au Progrès de Lyon, il est à nouveau viré quand survient la fusion avec Le Dauphiné libéré. Sa peinture ne se vend pas.

En 1965, son ami George W.Barlow lui fait découvrir le fanzine Lunatique, produit, tapé, broché et distribué par la seule Jacqueline Osterrath. Plusieurs de ses articles et nouvelles y paraîtront à 100 exemplaires. Il a l’audace d’écrire à René Barjavel, auteur de Ravage et pape de la SF d’alors, qui le reçoit comme un frère et le recommande aux éditions Denoël. En 1965, Jean-Pierre Andrevon entreprend une grande bande-dessinée : Les hommes-machines contre Gandahar, à paraître au Terrain Vague après le Lone Sloane de… Druillet. Mais sa mélédiction le poursuit : la collection s’arrête. Et Denoël lui refuse un recueil de nouvelles. Le scénario de la BD devient alors un roman accepté par R. Kanters. Cette publication sera précédée par la parution d’une nouvelle dans Fiction : La Réserve, en mai… 1968.

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Durant cette période, la SF est en crise : des collections disparaissent (Métal, Rayon Fantastique), la concurrence anglo-saxonne se fait durement sentir. Mais Jean-Pierre Andrevon a bien l’intention de vivre désormais de sa plume. Réagissant vivement contre le marasme ambiant, il publie régulièrement chez Denoël sous le pseudonyme d’Alphonse Brutsche. Il se fait critique tous azimuts. Il devient à la fois homme-orchestre et chef de file d’une SF française de plus en plus engagée, dénonçant les sociétés policières et nous révélant déjà les grands enjeux écologiques.

Ses nouvelles choquent. Les lecteurs de Fiction s’énervent et stigmatisent ce pacifiste sur lequel ils ont déjà collé l’étiquette d’agitateur et de marxiste ! Mais Andrevon persiste et signe avec un nouveau texte : Le temps du grand sommeil, politique-fiction située en France dans un avenir proche, fragment d’autobiographie future. Histoire d’un écrivain qui finit par se trahir en acceptant la censure, la force brutale d’un État prêt à tuer qui n’entre pas dans la norme.

On sort d’une Science-Fiction de pure évasion pleine de bons sentiments et de morales à l’eau de rose pour entrer dans le temps des enfers possibles, des démons qui cognent ici et maintenant aux portes de nos consciences. Le mirage d’un genre forcément apolitique qui ne concernerait que des E.T. lointains s’évanouit. Bradbury l’a dit : Les Martiens c’est nous !

Métamorphe, Jean-Pierre Andrevon se coule dans tous les moules de l’esprit humain, et pousse les idéologies jusqu’à leurs ultimes vaines apories.

- Mandragore -

(suite du dossier ICI)



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