L’Ange de la Vengeance

Posté le 9 février 2012

L'Ange de la Vengeance dans Cinéma bis ange5t

L’ANGE DE LA VENGEANCE d’Abel Ferrara (par Trapard)

L’ANGE DE LA VENGEANCE, sorti en salles en 1981, est un Rape & Revenge (Viol & Vengeance). Pas ce genre de Rape & Revenge exploité dans les années 70, aux USA, comme LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE (de Wes Craven), I SPIT ON YOUR GRAVE (aussi titré DAY OF THE WOMAN, de Meir Zarchi), ou en Suède, comme THRILLER, EN GRYM FILM (de Bo Arne Vibenius) où les citadines sont traquées par les éternels péquenots made in Hollywood en manque de libido.

Dans L’ANGE DE LA VENGEANCE, c’est au sein même de la ville de New York, capitale de modernisme urbain, que vient le danger. Et pas le New York de Woody Allen, mais plutôt celui de Martin Scorsese et de son TAXI DRIVER, celui du ras-le-bol de la violence, celui de la justice par soi-même. C’est aussi le New York d’UN JUSTICIER DANS LA VILLE et de ses dérivés cinématographiques.

C’est enfin le New York d’Abel Ferrara, la ville cinématographique et pathologique de son DRILLER KILLER, et celle d’où nait la violence et qui engendre la violence malgré elle. La ville du No Limit, celle de BAD LIEUTENANT, d’où même la police égare toute part de repères sociables et sociaux.

ange1 dans Cinéma bis américain

Dans L’ANGE DE LA VENGEANCE, la victime du viol (à répétition) ne peut crier, ni appeler à l’aide car elle est muette. C’est donc au fond d’elle-même, de ses entrailles et de sa propre folie de self defense urbaine, qu’elle trouvera cette aide, en appelant au viol pour ensuite, armée d’un flingue, en éradiquer toute continuité.

L’ANGE DE LA VENGEANCE c’est donc, en quelque sorte, l’extrémité du Rape & Revenge, celui qui ne naît pas de la tristesse et de la douleur d’un Charles Bronson. Ici, il est question de la revanche des entrailles, le juste retour, le boomerang direct et juridiquement improbable, dans un monde où le corps meurtri d’une femme vaut beaucoup moins cher qu’un vol sur les intérêts d’une entreprise.

ange2g dans Fantastique

Et enfin, L’ANGE DE LA VENGEANCE, c’est le besoin de tuer, c’est celui de se prendre à ce jeu, en dépassant la base même de la vengeance d’un viol. C’est TUER simplement… Ou tuer tous les hommes, car tuer un corps, deux corps, trois corps, et plus encore, à l’aide d’une arme, ne semble jamais assez pour assouvir cette nécessité primale mais perdue d’avoir voulu être une femme au sein d’une société dite-civilisée.

Pour une société sans limite, L’ANGE DE LA VENGEANCE d’Abel Ferrara prouve que pour les obsessions et les passions elles-mêmes, il ne peut non plus exister de limites.

L’ANGE DE LA VENGEANCE c’est Miss 45 (le titre original), c’est le 45 millimètres de la largeur d’une balle, toujours plus expéditif, mais jamais assez comparé à la meurtrissure physiologiquement sociale qu’est le viol.

ange4 dans Trapard

Et L’ANGE DE LA VENGEANCE, c’est la comédienne Zoë Lund, qui est pathologiquement sublime dans sa désinsensibilisation.

Puis à chaque fois que je reviens sur l’œuvre complète d’Abel Ferrara, qui a bien entendu, débuté dans le porno, je pense à cette phrase concernant sa ville fétiche : « New York je t’aime d’amour, New York je te hais profondément »…

- Trapard -

2 commentaires pour « L’Ange de la Vengeance »

  1.  
    Trapard
    19 décembre, 2013 | 7:01
     

    Je viens de relire ce texte qui est un des premiers que j’avais envoyé pour le blog.
    Apparemment, j’étais à fond à fond…Mais, par contre, je crois que « désinsensibilisation » ne veut rien dire du tout… :p

  2.  
    19 décembre, 2013 | 7:41
     

    Tu étais si jeune à l’époque, on te pardonne. ^^

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