Star Trek, le Film

Posté le 15 avril 2012

Star Trek, le Film dans Cinéma star1j

STAR TREK, LE FILM (STAR TREK : THE MOTION PICTURE)
Année : 1979
Réalisateur : Robert Wise
Scénario : Alan Dean Foster, Harold Livingston & Gene Roddenberry
Production : David C. Fein & Gene Roddenberry (Paramount)
Musique : Jerry Goldsmith
Effets spéciaux : Douglas Trumbull
Pays : USA
Durée : 120 min
Interprètes : William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelley, James Doohan, George Takei, Walter Koenig, Nichelle Nichols, Persis Khambatta, Stephen Collins…

L’HISTOIRE :
Une gigantesque nuée cosmique d’origine inconnue se dirige droit vers la Terre en détruisant tout ce qui entrave sa progression. Le vaisseau Enterprise, doté des dernières technologies de pointe de la science du XXIIIe siècle, est chargé d’intercepter à temps la menace…

star6v dans Fiche film

En 1979, l’événement que tous les trekkies espéraient se produit : STAR TREK fait un retour en force après dix années d’absence sous la forme d’une superproduction de plus de 40 millions de dollars (ce qui en fera le film le plus cher de l’époque) destinée au grand écran ! Après le succès phénoménal rencontré par STAR WARS, les producteurs ont en effet préféré opter pour le cinéma plutôt que la télévision, éliminant ainsi du même coup la nouvelle série télévisée STAR TREK qui était alors en chantier : STAR TREK II. De nouveaux personnages devaient apparaître parmi les anciens : Will Decker, nouveau capitaine de l’Enterprise, et le lieutenant Ilia de la planète Delta. Ils seront cependant conservés pour le film réalisé par Robert Wise et supervisé par Gene Roddenberry, le créateur de STAR TREK. Toute la célèbre équipe se trouve alors réunie pour la grande aventure spatiale que va vivre un Enterprise flambant neuf !

C’est en 1977 que la Paramount décide de relancer STAR TREK à la télévision avec une toute nouvelle série intitulée sobrement : STAR TREK II. Trois nouveaux personnages sont prévus : le Commandant Will Decker (nouveau capitaine de l’Enterprise interprété par Stephen Collins), le lieutenant Ilia (une femme à la beauté exceptionnelle originaire de la planète Delta, incarnée par Persis Khambatta, ex-miss Inde) et un nouveau Vulcain appelé Xon (Leonard Nimoy refusant de reprendre son rôle de Spock). Mais à cette époque, un film fait fureur au box office : STAR WARS…

star2rm dans Science-fiction

Changement de cap : STAR TREK II devient STAR TREK, LE FILM (STAR TREK : THE MOTION PICTURE) destiné aux salles de cinéma. Tout d’abord flanqué d’un budget de 5 millions de dollars, la Paramount rectifie rapidement le tir et accorde pas moins de 44 millions de dollars à son enfant chéri (soit quasiment cinq fois plus que le budget de STAR WARS !). Les producteurs misent haut  et veulent le gratin d’Hollywood pour le grand retour de STAR TREK. Ils n’hésitent donc pas à faire appel à Robert Wise dont pratiquement chaque film est un classique du cinéma (LE JOUR OÙ LA TERRE S’ARRÊTA, LA MAISON DU DIABLE, LE MYSTÈRE ANDROMÈDE, LE PONT DE LA RIVIÈRE KWAÏ…). Ce dernier accepte volontiers. « J’ai pensé qu’il était temps pour moi de faire un film de science-fiction qui se situerait dans l’espace ! L’idée de réaliser STAR TREK m’a plu dès le début : c’était d’une telle qualité… J’ai vraiment été fasciné et j’ai aussitôt voulu faire un film qui traitait de l’expérience de la vie dans l’espace », déclare-t-il. Sept plateaux de la Paramount sont alors réquisitionnés pour le tournage du film.

Douglas Trumbull (2001 : L’ODYSSÉE DE L’ESPACE, SILENT RUNNING, RENCONTRES DU TROISIÈME TYPE…) se joint à l’équipe pour les effets spéciaux. Il remplace désormais Robert Abel, renvoyé en plein tournage pour son insouciance et pour les millions de dollars engloutis dans des séquences qui n’ont jamais abouties ! Il se met au travail en compagnie d’un autre grand spécialiste en effets spéciaux : John Dykstra (STAR WARS et la série télévisée d’époque GALACTICA). Mais Trumbull peut être frustré : lui qui s’occupait déjà des effets spéciaux du projet TV STAR TREK II se voit contraint de tout recommencer à zéro pour le film de Wise auquel on ne peut en aucun cas adapter des séquences conçues pour le format de la télévision…

star4 dans Star Trek

C’est également le cas de nombreux décors conçus au départ pour la série télévisée : il faut tout revoir à la demande de Robert Wise. La passerelle de l’Enterprise, qui avait déjà coûté plus d’un million de dollars, est entièrement refaite, de même que la chambre des machines. Le réalisateur se plaint de l’aspect peu pratique de certains décors pour déplacer ses caméras. Le design final des différents niveaux de l’Enterprise est dû à Syd Mead (BLADE RUNNER, TRON, 2010…) et à Andy Probert (concepteur des Cylons de 1978 et du Galaxy Class de STAR TREK, THE NEXT GENERATION). Robert Wise insiste sur leur aspect fonctionnel. De même, c’est Robert Wise lui-même qui souhaite la création de nouveaux uniformes Starfleet : « C’est moi qui ai insisté pour que les costumes soient changés. Et cela dès que je suis arrivé ! Les costumes originels ressemblaient plus à des pyjamas qu’à autre chose ! On aurait vraiment trop dit une bande-dessinée, si vous voyez ce que je veux dire ! » Mais il est évident que l’on passe de pyjamas des sixties à des pyjamas des seventies…

Robert Wise parvient à convaincre Leonard Nimoy de reprendre son rôle de Spock. Les autres acteurs de la série d’origine suivront tous. Le réalisateur déclare : « C’était tous de très bons acteurs, de parfaits professionnels. Il y a eu de très bons moments, très agréables, avec tous les acteurs sur le plateau, parce qu’il m’apparaissait qu’ils aimaient vraiment leur personnage et qu’ils cherchaient constamment à l’améliorer. »

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Pour la musique du film, on pense au grand Jerry Goldsmith (LA PLANÈTE DES SINGES, LA MALÉDICTION, ALIEN…). « Lorsque je suis intervenu dans le projet, Jerry n’avait pas encore signé avec la Paramount mais ils étaient très désireux de l’avoir, » confie Robert Wise. « Ils m’ont demandé ce que j’en pensais, et je leur ai répondu que je trouvais ça parfait. J’aime beaucoup Jerry, et ce qu’il fait. Il a écrit la partition de l’un de mes films, il y a quelques années, et nous avons très bien travaillé ensemble. Mais il n’avait pas été engagé avant que je donne mon accord. »

Et quand on demande à Robert Wise s’il aime STAR TREK, LE FILM, il répond : « Souvent, nous autres metteurs en scène préférons notre dernier film… Je l’aime beaucoup. Je n’y retrouve pas tout ce que j’aurais aimé y mettre, et je ne me doutais vraiment pas qu’il allait coûter la somme fabuleuse qu’il a coûté. Personne ne s’en doutait. Je suis sûr qu’à la Paramount personne n’aurait jamais entrepris ce film si on avait su dès le début ce qu’il allait coûter. Je suis convaincu qu’ils s’en sortiront bien et que le film ne leur fera pas perdre d’argent. Mais pour moi, pour son contenu, pour l’histoire et les personnages, pour ce que le film a à dire et pour son sujet, je préfère toujours LE JOUR OÙ LA TERRE S’ARRÊTA. »

STAR TREK, LE FILM sort dans 857 salles aux États-Unis et récupère en dix jours son budget faramineux. Il reçoit un accueil plutôt mitigé en France où le public connaît encore mal STAR TREK à l’époque et où la critique se montre peu indulgente (174 584 entrées sur Paris en 3 semaines). Le film remportera une nomination aux Saturn Award du meilleur film de science-fiction par l’Académie des films de science-fiction, fantastique et d’horreur. La splendide musique de Jerry Goldsmith sera nommée aux Oscars.

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STAR TREK, LE FILM assume magistralement sa position de second 2001 : L’ODYSSÉE DE L’ESPACE de l’histoire du cinéma de science-fiction. Son aventure est à l’échelle de l’univers : grandiose, mystérieuse et dangereuse. Et elle possède une dimension philosophique rare dans le space opera. Le voyage à travers cette entité nuageuse appelée V’ger, véritable voyage intérieur jusqu’à la révélation finale coup de théâtre, s’avère fascinant et littéralement mystique. Les décors étranges de l’intérieur de V’ger et la musique de Goldsmith aux sonorités inédites contribuent grandement à ce spectacle extraordinaire. Certes, l’humour est peu présent dans ce STAR TREK, faisant de ce  chapitre un film aussi froid que l’espace est glacial. En outre, quelques longueurs le parsèment malgré une suppression de 30 minutes de la part de Robert Wise. Certaines de ces séquences inédites se retrouveront d’ailleurs quelques années plus tard incluses dans le DVD de la version remaniée de STAR TREK, LE FILM par son réalisateur (une édition spéciale surtout sur le plan des effets spéciaux).

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L’avis des spécialistes :

« À beaucoup, Star Trek : le Film fera donc l’effet d’une réunion d’anciens combattants au passé obscur et aux motivations déroutantes. Cette impression sera renforcée par la liberté de jeux des acteurs, qui règlent entre eux leur cabotinage et peaufinent du même coup l’interprétation horripilante de William Shatner dans son rôle cousu-main de capitaine au grand coeur et aux muscles d’acier. Basée également sur une relance commerciale de la vente des innombrables gadgets Star Trek, la mise en scène de Wise ne se livre à aucune audace sur un terrain aussi bien ordonné qu’un courts de tennis, et le film s’avère peu enclin à verser dans l’humour. » (L’Écran Fantastique n°13 / Christophe Gans)

« Star Trek souffre, désormais, curieusement, de gigantisme. Et, oubliant le caractère « western » qui lança la série, le film donne dans l’ésotérisme… On a réembauché à prix d’or les acteurs de la série, bien qu’ils aient dix ans de plus. Vieillis mais vaillants, le capitaine Kirk, Monsieur Spock et le Docteur, dont les uniformes semblent avoir rétréci, assument leurs rides avec philosophie. Surtout lorsqu’ils contemplent la nouvelle venue dans l’équipage, le lieutenant Ilia, habitant de la planète Delta. Interprétée par Persis Khambatta – ancienne miss Inde – celle-ci a accepté de se raser les cheveux pour obtenir le rôle. Son arrivée à bord restera le grand moment du film dont les recettes dépassent déjà les 60 millions de dollars aux États-Unis. Séduira-t-elle aussi les Français par la seule perfection de son crâne ? » (L’Express / Catherine Laporte)

« Star Trek - le Film se pose en remake imparable de 2001 : l’Odyssée de l’Espace. À l’austérité et aux non-dits de Stanley Kubrick, Robert Wise préfère le contemplatif et le démonstratif. Derrière ce scénario à gimmick (V’ger = Voyager 6), Star Trek - le Film (trop long, rarement ringue) dissimule en fait une réflexion aussi profonde que passionnante sur les limites du savoir et sur les conséquences à long terme des théories d’aujourd’hui. Paré d’un budget monstre, Star Trek - le Film présageait une saga cinématographique où l’intelligence aurait le droit de cité. Les réactions très mitigées des trekkies (60 pour, 40 contre, dixit Robert Wise, chiffres à inverser bien sûr) en décidèrent autrement… » (Impact n°49 / Vincent Guignebert)

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Sources : L’Écran Fantastique n°13, 80 Grands Succès de la Science-Fiction (éd. Casterman), Wikipédia

- Morbius -

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2 commentaires pour « Star Trek, le Film »

  1.  
    Skarn
    16 avril, 2012 | 19:50
     

    J’ai gardé un très bon souvenir de ce film, surtout d’ailleurs pour la fin surprenante.
    J’ai malheureusement raté la réédition en coffret Blu-Ray sorti il y un peu plus d’un an et regroupant l’intégralité des films de la saga, mais j’espère bien qu’il sera réédité prochainement.

  2.  
    16 avril, 2012 | 21:46
     

    J’avoue avoir été très impressionné par ce film que j’ai découvert pour la première fois à l’âge de 14 ans. Je ne connaissais alors absolument rien de Star Trek. C’est en le revoyant, plus tard, que je l’ai véritablement apprécié. Il compte aujourd’hui parmi mes films de SF préférés.

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