Le Monstre aux Yeux Verts

Posté le 20 mai 2012

LE MONSTRE AUX YEUX VERTS (1962) de Romano Ferrara (par Trapard du Cri du Cagou)

Le Monstre aux Yeux Verts dans Cinéma bis monstre1

Dans la continuité de mes premiers articles sur le vieux cinéma fantastique français, j’aborde cette fois-ci une co-production franco-italienne de SF du début des années 60. L’intrigue, un peu folle pour l’époque, annonce que des extraterrestres kidnappent le survivant d’un crash aérien afin de préparer une invasion de cyborgs construits à son image. Le chef des cyborgs, Bronco, essaye alors de s’intégrer dans la société italienne pour y dérober la formule d’un gaz paralysant afin d’en contrôler la Terre. Nous nous immergeons alors, en tant que spectateurs, dans l’univers de cette petite société bourgeoise oisive et cultivée de la ville de Rome, chère aux films de Federico Fellini et de Michelangelo Antonioni de ce début des années 1960.

monstre2 dans Cinéma bis italien

Bronco, personnage mystérieux, rigide et décalé, est interprété par Michel Lemoine. Ce comédien français étrange, au regard particulier, continuera jusqu’aux années 90 cette même petite carrière bissophile, comme interprète des films de Jesùs Franco, entre autres, ou se mettant lui-même en scène, en tant que réalisateur, dans des séries Z tout aussi fantasques, comme Les Weekends Maléfiques du Comte Zaroff.

monstre3 dans Film des 60's

Tel Dracula, notre cyborg Bronco est télépathe et de par ce don, il fait accoucher des vérités pour s’emparer de l’arme terrestre. Ses multiples autres pouvoirs néfastes sont plutôt énoncés dans le film que réellement montrés à l’écran, pauvreté du budget des producteurs, oblige. Son invasion de notre planète s’opérant aussi par sa propre multiplication, investissant ainsi plusieurs enquêtes à la fois pour parvenir à ses fins.

monstre4 dans Science-fiction

Le plaisir, pour nous, étant de suivre une intrigue d’espionnage science-fictionnelle, entre roman de gare à la sexualité toujours latente, et univers macabre décalé et teinté de SF. Cet univers macabre, se détachant des codes science-fictionnels des 50′s, sera, par la suite, la marque de fabrique du cinéma bis italien de ces mêmes années 60, de Mario Bava à Antonio Margheritti, et d’autres encore, jusqu’aux années 80.

- Trapard -

criducagou dans Trapard

6 commentaires pour « Le Monstre aux Yeux Verts »

  1.  
    Bébé Cyanure
    21 mai, 2012 | 7:15
     

    Cette article me donne vraiment envie de voir le film; l’article et les captures d’écran d’ailleurs, qui sont très belles. J’adore les compositions.
    Cette note sur l’atmosphère du film (« univers macabre décalé et teinté de SF ») est très intrigante je dois dire. Merci!

  2.  
    Trapard
    21 mai, 2012 | 8:25
     

    Merci Bébé Cyanure. Essaye de le trouver et attend-toi à du bis, donc à du Z.
    Au plaisir.

  3.  
    Jean Beauvoir
    21 mai, 2012 | 15:24
     

    Rois du Bis dans les années 60, les Italiens ont assez bien imité la SF fauchée produite par les Américains dans les années 50.
    Je ne connais pas d’édition DVD de ce film. Dommage.
    Trapard, pourquoi cette formule : « attend-toi à du bis, donc à du Z ». Le Bis est-il toujours Z pour toi ?

  4.  
    Trapard
    21 mai, 2012 | 15:30
     

    En fait, c’est une discussion qu’on a déjà eu toi, et moi. J’utilise souvent la notion de Z pour parler de petit budget.

  5.  
    Jean Beauvoir
    21 mai, 2012 | 16:57
     

    Il est vrai que les catégories « série B », « série Z », « cinéma bis », ou encore « cinéma d’auteur », font l’objet de définitions différentes suivant les commentateurs. Personnellement je définis la série « Z » de manière assez simple : c’est un film dans les ambitions sont au-dessus du budget. J’entends par ambition les décors ou effets spéciaux, mais aussi la qualité du scénario, des dialogues, des jeux d’acteurs, etc. Bref, tous les éléments de la production.
    Donc, un film qui se tourne dans une cuisine avec deux acteurs éclairés à la bougie ne serait pas du Z si l’ambition du film visait initialement un dialogue lors d’une panne de courant. Il pourra virer au Z si les dialogues sont nuls, parce que la production n’avait pas les moyens de payer un bon auteur ; ou si le scénario, ou les acteurs sont nuls, pour les mêmes raisons.
    De même, un film qui dispose d’un million de dollars, mais qui ambitionne de nous montrer la fin de l’univers après une guerre intergalactique d’un siècle, terminera forcément dans la catégorie Z.
    Par contre, je ne sais toujours pas d’où vient l’appellation « cinéma bis » ; le cinéma d’auteur n’est pas toujours facile à cerner ; et je serais assez preneur d’une bonne définition de ce qu’est une « série B ».

  6.  
    trapard
    6 mars, 2014 | 1:17
     

    Le film est en entier et en VF ici :

    https://www.youtube.com/watch?v=RvUzEydaQZQ

    C’est le moment d’en profiter !

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