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Archive pour mai 2013

UTOPIC FASHION : PAILLETTES COSMIQUES

UTOPIC FASHION : PAILLETTES COSMIQUES dans Cinéma 13061310015515263611288448

Et si on s’attardait régulièrement sur les vêtements à travers les films et les séries de science-fiction ? Et si on explorait les tendances ou les fantasmes exprimés à travers les designs les plus fous, les plus kitchs ou les plus provocants de la SF, mais aussi à travers les plus austères, les plus sérieux ou les plus envisageables dans un avenir plus ou moins éloigné ? Place à Utopic Fashion !

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À quoi bon vouloir cacher à l’univers que l’on est la fille de Ming, l’Empereur Ming, quand on s’appelle Aura dans le FLASH GORDON de Mike Hodges ? Le regard, la posture et bien sûr ce merveilleux ensemble de paillettes sont déjà à eux seuls une arme redoutable pour conquérir les galaxies…

Eh oui, sachez-le, sur les autres mondes, les princesses préfèrent les tenues légères à de longues robes qui cacheraient les courbes voluptueuses de leur corps. Peut-être est-ce dû aussi à des climats trop rudes (chaleur intense, taux d’humidité record, que sais-je ?…). À moins que ce ne soit pour permettre de se dévêtir rapidement en cas de… en cas de… l’idée m’a échappée, c’est bien dommage.

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Ici point d’horrible chapeau anglais rose bonbon, bleu ou vert, mais cette vraie couronne étincelante pour une vraie princesse étincelante, oui, loin des horreurs féminines de la noblesse anglaise, je vous l’accorde. Et les paillettes sont de rigueur, bien sûr. Plus ça brille, plus ça attire le regard, et plus on vous voit, plus vous brillez en société, du moins sur Mongo, cela va de soit… Non, ne me parlez pas de bling-bling. Mongo ne connaît pas le bling-bling. Seulement les paillettes, les décors d’un show des eighties et une multitude de couleurs à refaire l’arc-en-ciel. Et parmi toutes ces étoiles, Aura (incarnée par la sensuelle Ornella Muti) déambule en se pavanant, lascivement, prête à vous envoyer au septième ciel. Mais ensuite, plus dure sera la chute…

- Morbius -

Autres articles publiés dans la catégorie Utopic Fashion :

Les femmes de la Lune / Stella et son bikini spatial / Glamour Altaïra / Le futur sera à poils / Tenue des sables / Le X sera soft ! / Cuir moulant et satin kitsch



THE MAN WITHOUT A BODY (1957)

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THE MAN WITHOUT A BODY (1957) de Charles Saunders et W. Lee Wilder

Étrange petit film britannique que ce MAN WITHOUT A BODY réalisé, en partie, par un cinéaste anglais, Charles Saunders, et par un Américain, W. Lee Wilder.

Charles Saunders était un touche-à-tout de la sphère cinématographique en Angleterre : directeur artistique sur plusieurs tournages dans les années 30, puis monteur d’une vingtaine de long-métrages et scénariste, il est devenu lui-même réalisateur, dès la fin des années 40, d’une dizaine de films raffinés. Puis après un tournant comme réalisateur de séries télévisées, il s’en est retourné au cinéma à la fin des années 50, ne tournant plus que des « nudies » ou de petites séries B d’horreur comme THE WOMANEATER (1958) ou cet étrange THE MAN WITHOUT A BODY.

L’intrigue : Un homme riche paie un chirurgien pour remplacer son cerveau avec celui de Nostradamus…

Pas exceptionnel malgré son sujet, THE MAN WITHOUT A BODY profite du succès (et du talent), dans le rôle principal, du comédien de théâtre shakespearien George Coulouris (qui sera aussi un des membres de la Mercury Theatre, la troupe d’Orson Welles qui faisait la promotion de l’œuvre de Shakespeare aux États-Unis).

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L’insuccès de THE MAN WITHOUT A BODY incitera même les exploitants, à sa sortie, à modifier son titre pour celui de CURSE OF THE NOSTRADAMUS, profitant de la sortie très médiatisée de CURSE OF FRANKENSTEIN de la Hammer Film. Un cas d’exploitation similaire à celui d’un autre film anglais, RENDEZ-VOUS AVEC LA PEUR (Night of the Demon) que nous avions présenté dernièrement sur le blog.

THE MAN WITHOUT A BODY fut co-réalisé par l’Américain W. Lee Wilder, frère de Billy Wilder, qui, contrairement à beaucoup de réalisateurs européens ciblant Hollywood, a plutôt émigré vers la Grande-Bretagne, après avoir tourné quelques nanars indépendants aux USA comme LE FANTÔME DE L’ESPACE (1953), KILLERS FROM SPACE (1954), L’ABOMINABLE HOMME DES NEIGES (1954), puis enfin MANFISH (1956), un petit classique du Fantastique adapté d’Edgar Allan Poe et produit par la United Artists.

Outre un bon film avec George Sanders, LA DIXIÈME FEMME DE BARBE BLEUE (1960), la carrière anglaise de Wilder se limitera à quelques films sans trop d’intérêt comme ce THE MAN WITHOUT A BODY.

- Trapard -

Autres films présentés dans la catégorie Fifties Fantastique :

Le Redoutable Homme des Neiges / Gorilla at Large / Les Vampires / Le Monstre du Marécage / Blood of the Vampire / Cult of the Cobra / Les Monstres se révoltent / Rendez-vous avec la Peur

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CITATION CELEBRE : LA NYMPHE DES TENEBRES

CITATION CELEBRE : LA NYMPHE DES TENEBRES dans Citation célèbre 13050610362915263611158228« Dans les heures précédents l’aube, la dense obscurité vénusienne des bords de l’Ednes est tendue et semble retenir son souffle, comme consciente d’un danger sans nom qui rôde. Les formes qui se meuvent lourdement dans les ténèbres ne sont pas des formes du jour. Jamais le soleil n’a brillé sur certaines de ces silhouettes difformes, et mieux vaut ne pas parler de ce qui se passe dans le noir. La Patrouille elle-même ne s’aventure pas de ce côté quand les lumières sont éteintes, quand les heures entre minuit et le lever du soleil échappent à la loi. »

(La Nymphe des Ténèbres / Catherine L. Moore & Forrest J. Ackerman / Les Meilleurs Récits de Weird Tales 3)



ULYSSE (1955)

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13052809171515263611237366 dans Le grenier du ciné fantastique

ULYSSE (1955) de Mario Camerini

ULYSSE (Ulisse) est une production italienne de la fameuse Lux Films, tournée en pleine apogée de superbes fresques américaines, la même année que L’ÉGYPTIEN (The Egyptian) et ATTILA, ROI DES HUNS (Sign of the Pagan), les films respectifs de Michael Curtiz et de Douglas Sirk, et qui lancera la longue mode du « peplum spaghetti » dont Hercule, Maciste et autre Samson affronteront autant de légions romaines, que de créatures démoniaques plus ou moins mythologiques.

ULYSSE reprend l’intrigue de « l’Odyssée », l’épopée généralement attribuée au poète Homère : Ulysse, roi de l’île d’Ithaque, est parti, depuis plusieurs années, participer au siège de Troie. Après la prise de la cité, son voyage de retour par la mer va être retardé par de nombreux dangers comme sa rencontre avec le cyclope Polyphème, avec la magicienne Circé ou avec le chant des maléfiques Sirènes. Pendant ce temps, à Ithaque, sa femme Pénélope doit affronter d’autres épreuves : intéressés par l’accession au trône, de multiples soupirants, affirmant qu’Ulysse est mort, la pressent de les prendre pour époux. La reine retarde l’échéance en promettant de choisir son nouveau mari dès qu’elle aura achevé le tissage de sa grande tapisserie : chaque nuit, elle défait son travail de la veille…

13052809185715263611237368 dans MerveilleuxCe peplum italien de Mario Camerini trouve sa place sur Les Échos d’Altaïr uniquement à cause de l’univers fantastique qui est développé dans le film et qui est, bien entendu, inhérent à l’épopée mythique d’Ulysse, s’inscrivant dans une Mythologie de l’Antiquité Grecque chargée de symboles tant sociaux, psychologiques que philosophiques. Loin d’être en reste, et devant le succès international d’ULYSSE, et notamment grâce à l’interprétation du film par des comédiens américains, comme Kirk Douglas et Anthony Quinn, l’Italie lancera L’ESCLAVE DE CARTHAGE (1956, Le schiave di Cartagine) réalisé par Guido Brignone (qui tournait déjà les aventures de Maciste dans des peplums muets et souvent fantastiques dans les années 1920), et interprété par la superbe Gianna Maria Canale.

Le chef-opérateur, Mario Bava, ayant participé à la réalisation d’ULYSSE, remplaçant sur certaines scènes Mario Camerini, en fera de même sur d’autres peplums co-produits en Italie et les États-Unis, comme LA BATAILLE DE MARATHON (1959, La battaglia di Maratona) de Jacques Tourneur, ou en tournant la version italienne d’ESTHER ET LE ROI (1960, Esther and the King) de Raoul Walsh, puis en co-réalisant enfin HERCULE CONTRE LES VAMPIRES (1961, Ercole al centro della terra) avec Franco Propsperi.

Dans cette logique, Sergio Leone, déjà réalisateur d’une seconde équipe sur la partie italienne du tournage de QUO VADIS (1951) de Mervyn LeRoy, participera à la réalisation des DERNIERS JOURS DE POMPEI (1959, Gli ultimi giorni di Pompei) de Mario Bonnard, avant de tourner son propre COLOSSE DE RHODES (Il colosso di Rodi) en 1961.

Puis, viendra le fameux diptyque LES TRAVAUX D’HERCULE (1958, Le fatiche di Ercole) et HERCULE ET LA REINE DE LYDIE (1959, Ercole e la regina di Lidia) avec Steve Reeves, Sylva Koscina et Gianna Maria Canale, et ses dérivés, dont les génériques s’américaniseront largement. Puis les co-productions avec la France, l’Espagne, l’Allemagne suivront…

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Mais juste pour citer quelques fabuleuses scènes fantastiques (souvent très, très kitchs et très mal fichues), de peplums italiens des années 60, souvenez-vous de celles où Hercule (incarné par Mark Forest) combat le Dieu Cyclopéen, ou encore l’Horrible(-ment mal animé), Cerbères, chien tricéphale cracheur de flammes, dans les entrailles du brumeux Royaume des Ombres, dans LA VENGEANCE D’HERCULE (1960, La vendetta di Ercole) de Vittorio Cottafavi. Celles encore, où Hercule (avec Reg Park, cette fois-ci, un ex-Mister Univers) exerce la fameuse force qui lui est éponyme dans l’univers merveilleux d’HERCULE À LA CONQUÊTE DE L’ATLANTIDE (1961, Ercole alla conquista di Atlantide) de Cottafavi, ou lorsqu’il affronte le mort-vivant, (sous les traits de Christopher Lee), d’HERCULE CONTRE LES VAMPIRES (1961, Ercole al centro della terra) de Mario Bava. Celles encore où Maciste (joué par l’ex-Tarzan, Gordon Scott) combat les forces occultes du terrible Kobrak (si, si!) dans MACISTE CONTRE LE FANTÔME (1961, Maciste contro il vampiro) de Giacomo Gentilomo. Ou lorsqu’il affronte (sous les traits d’Alan Steel) les hommes rocheux guidés par la Reine Samar, tout droit débarquée de la Lune (non, mais arrêtez de croire que je plaisante !) dans MACISTE CONTRE LES HOMMES DE PIERRE (1964, Maciste e la regina di Samar) du même Gentilomo. Ou encore celles où Hercule (incarné maintenant par Kirk Morris) est confronté aux attaques des hommes de métal (non ?), au cours de ses aventures parmi les Bédouins (et si !) dans GOLDOCRACK À LA CONQUÊTE DE L’ATLANTIDE (1965, Il conquistatore di Atlantide) d’Alfonso Brescia.

13052809222615263611237371Sans oublier les très, très anachroniques MACISTE CONTRE LES COUPEURS DE TÊTES (1960), MACISTE EN ENFER (1962, dans lequel il affronte la Sainte-Inquisition du XIIè siècle…), TOTO CONTRE MACISTE (1962), MACISTE CONTRE ZORRO (1963), MACISTE À LA COUR DU TZAR (1964), ou MACISTE ET LES FILLES DE LA VALLÉE (1964, dans lequel, il voyage jusqu’aux espaces désertiques de l’Arabie…). Et en j’en passe pour vous éviter un entremêlement indélicat et subversif des neurones… Mais à savoir que ces anachronismes cinématographiques étaient déjà présents dans les nombreux « Maciste » tournés en Italie dans les années 1920, un peu comme un éternel couplet surréaliste issu de la « Divine Comédie » de Dante Alighieri, Maciste lui-même n’étant pas du tout issu de la mythologie mais du peplum muet, CABIRIA (1913) de Giovanni Pastrone…

Mais je n’oublierai surtout pas de citer le farfelu dérivé américain, HERCULE À NEW YORK (1970, Hercules in New York) de Arthur Allan Seidelman, (et ceci, peu de temps avant le déclin de la production massive des peplums italiens) dans lequel, Hercule (joué enfin par un ex-Mister Univers que nous connaissons tous : Arnold Schwarzenegger), lassé d’une vie longue de plusieurs siècles sur le mont Olympe, décide de passer à la vie citadine, et débarque à New-York, en 1969, vêtu d’une simple toge et d’un sympathique air benêt…

Mais on s’éloigne beaucoup d’ULYSSE, un film spectaculaire et amusant, de Mario Camerini, qui regorge, lui aussi, de scènes fantastiques cultes dont celle où le géant Polyphème s’en prend aux compagnons d’Ulysse. Le comédien Umberto Silverstri, maquillé en cyclope, étant souvent filmé de très près, tandis qu’un mannequin d’environ 10 mètres de hauteur, était actionné mécaniquement par des fils et un soufflet et servait aux scènes plus spectaculaires.

13052809243815263611237374Grâce à la présence de Kirk Douglas, excellent et drôle dans le rôle d’Ulysse (un rôle en toge, qui le mènera sûrement à celui de SPARTACUS, en 1960) et d’Anthony Quinn en Antinoos, prétendant de Pénélope et rival de son mythique mari, la Lux Films en profita pour offrir des rôles de choix à deux superbes comédiennes, dont l’Italie a longtemps détenu le secret de la recette, qu’étaient Silvana Mangano (dans le double rôle scénaristiquement ambivalent de Pénélope et de Circé) et Rosana Podestà (interprétant la jeune et jolie Nausicaa). ULYSSE, comme la plupart des péplums fantastiques cités plus haut, propose aussi son lot de décors en carton-pâte scintillants de paillettes colorées et aux éclairages criards et ultra-kitschs (souvent accompagnés d’accords très graves et minimalistes, joués au synthétiseur… et avec un seul doigt, s’il vous plaît !). Des détails qui étaient presque la marque de fabrique d’un « Merveilleux » à l’italienne du milieu des années 50 jusqu’aux années 70, et qui firent les belles heures, en salles ou en VHS, de nombreux jeunes spectateurs émerveillés.

Une série B italienne, et un peplum toujours aussi fascinant que cet ULYSSE, qui ira se ranger directement aux côtés des classiques de la rubrique du Grenier du Ciné Fantastique de ce blog.

- Trapard -

Autres films présentés dans la catégorie Le Grenier du Ciné Fantastique :

La Charrette Fantôme / La Chute de la Maison Usher / Les Contes de la Lune vague après la Pluie / Frankenstein (1910) / Le Cabinet du Docteur Caligari / La Monstrueuse Parade / Le Fantôme de l’Opéra / Double Assassinat dans la Rue Morgue / Docteur X / White Zombie / The Devil Bat / La Féline (1942) / Les Visiteurs du Soir / La Main du Diable / Le Récupérateur de Cadavres / La Beauté du Diable / Un Hurlement dans la Nuit / The Mad Monster / La Tour de Nesle / L’Étudiant de Prague / Les Aventures Fantastiques du Baron de Münchhausen / Torticola contre Frankensberg

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HEX : LA MALEDICTION

HEX : LA MALEDICTION dans Fantastique 13052708085815263611234183

Cassie Hughes est une jeune étudiante qui suit ses cours au lycée privé de Mendenham Hall. Sous des apparences de fille tranquille et sérieuse, se cache un  terrible secret où plutôt une malédiction qui a frappé sa famille. Elle se découvre des pouvoirs de sorcière et lutte contre les Nephilim, des anges déchus, tout en essayant de mener sa vie d’étudiante le mieux possible…

Attention : Spoilers !

Difficile de ne pas se souvenir de l’ovni HEX : LA MALÉDICTION. Cette série datant de 2004 est en effet, culture anglaise oblige, beaucoup plus directe dans les messages qu’elle souhaite faire passer. On ne sent pas ici le côté politiquement correct des productions américaine. On parlera donc ouvertement de drogue, alcool et sexualité, qu’elle soit hétéro ou homo. Dès le premier épisode, le ton est donné. L’actrice principale de la série, la très charmante Christina Cole (Cassie Hughes), s’y dévoile nue, ce qui constituait une première à l’époque (et reste en ce sens le seul cas que je connaisse). Dans le second, c’est le second rôle, Thelma (incarnée par l’excellente Jemima Rooper) qui meurt, et là encore c’est plutôt inhabituel pour une série d’il y a 10 ans. Celle-ci reviendra tout de même hanter les couloirs de l’école et vivre pleinement son homosexualité. Je n’évoquerai que très brièvement les séances de shoot et autres beuverie, celles-ci sont tournées de manière subtile, de telle sorte que ces actes ne soient pas encensés, mais néanmoins évoqués. Mais ce qui tient véritablement le spectateur en haleine, c’est l’ambiance que dégage cette série. Passé le générique pop-rock de Garbage, l’angoisse prend la part belle grâce à une partition musicale digne des films les plus noirs. Quelques notes de piano, des mélodies jouées à la boîte à musique, et surtout une interprétation magistrale de Christina Cole dans son rôle de sorcière tourmentée. Ne cherchez pas de joie, oubliez l’action, la série se tourne résolument vers le dramatique et le psychologique. Christina Cole y est éblouissante et saisissante de vérité, peut-être est-ce parce qu’elle n’aimait pas son rôle qu’elle y a tant brillé ?

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Mais c’est peut-être également cela qui a précipité la chute de la série. En début de saison 2, Christina Cole claque la porte de HEX : LA MALÉDICTION. Son personnage de Cassie meurt de façon tragique, tuée des mains de celle qui deviendra sa remplaçante dans le rôle principal. Laura Pyper y campe Ella Di, la dernière des clairvoyantes chargée d’une mission : tuer Malachi, l’enfant de Cassie. Laura Pype, dont c’est le premier grand rôle à l’écran, oscille entre l’excellent et le médiocre, et peine à nous faire oublier Miss Cole. Je retiendrai tout de même l’excellent jeu d’acteur dont elle fait preuve en incarnant une malade shootée aux calmants, soulignerai son interprétation de battante, mais passerai volontiers sur les instants tragiques tant elle les fait virer au comique : on y croit pas une seule seconde. Un doublage français totalement surjoué d’Ella n’améliorant pas la situation, loin de là.

Ce manque cruel de crédibilité ajouté à un changement radical de scénario aurait-il causé le départ de certains rôles majeurs ? Je n’en ai pas trouvé la preuve, mais toujours est-il que Michael Fassbender (qu’on verra plus tard dans X-MEN : LE COMMENCEMENT ou encore PROMETHEUS) disparaît mytérieusement. Idem pour Joseph Morgan (qui deviendra Klaus dans VAMPIRE DIARIES et THE ORIGINALS).

Finalement cette saison 2 et sa sempiternelle bataille entre le Bien et le Mal est tellement différente de la 1ère qu’elle finira par ne plus se relever au bout de 13 épisodes (dont la moitié au moins sans grand intérêt). Un final laissant le peu de fans qui lui reste sur un goût amer de queue de poisson.

Le rêve de beaucoup ? Un retour de Chritina Cole et Michael Fassbender pour foutre un magistral coup de pied au cul de leur rejeton et mettre un point final à la série.

NotaSkarn : 18/20 pour la saison 1, 10/20 pour la seconde.

- Skarn -



UN DOCTEUR EN 7e SAISON

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore (mais j’en doute…), la septième saison de DOCTOR WHO débute ce soir sur France 4 pour les Calédoniens ! Des dinos, des cow-boys et des reines égyptiennes sont au programme, bref c’est la foire comme toujours avec le Docteur ! Montez vite dans le Tardis !

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LE RETOUR DU JEDI A 30 ANS AUJOURD’HUI

25 mai 1983 – 25 mai 2013… Nous voilà donc parvenus aujourd’hui aux 30 ans du RETOUR DU JEDI, l’Épisode VI de la saga STAR WARS. Débutée le 10 janvier 2013, cette catégorie consacrée à l’anniversaire du film de Richard Marquand se referme en ce 25 mai. Après vous avoir présenté des affiches, des critiques, des reportages sur les effets spéciaux, des extraits d’interviews, des spots publicitaires et des points de vue divers, c’est à mon tour de vous livrer, en tant que fan de la première heure, mes impressions sur LE RETOUR DU JEDI…

LE RETOUR DU JEDI A 30 ANS AUJOURD'HUI dans Les 30 ans du Retour du Jedi 13052507082815263611226716

LE RETOUR DU JEDI, c’est en décembre 1983 que je l’ai vu pour la première fois, en France, lors d’un séjour. Le film était déjà à l’affiche depuis le 19 octobre, date de sa sortie métropolitaine, et je m’inquiétais qu’il n’y soit plus à mon arrivée. Mais si. L’immense succès du soi-disant « dernier » volet de la saga STAR WARS prolongeait sa durée d’exploitation en salles, à une époque où le téléchargement n’existait pas encore et permettait à un film de se maintenir largement en tête du box-office.

LE RETOUR DU JEDI, je l’ai ainsi découvert à l’âge de 17 ans, en compagnie de mon frère de 14 ans et de mes cousins de France. Je me souviens encore parfaitement de ce jour où j’ai atterri dans un cinéma de la ville de Troyes. La salle et l’écran étaient un peu trop petits à mon goût. Normal : le film terminait son exploitation dans les petites salles, n’oublions pas que je le visionnais deux mois après sa sortie officielle. Qu’importe ! Je n’allais certainement pas faire mon difficile alors que je m’apprêtais à découvrir enfin cet Épisode VI tant attendu par le fan que j’étais (et que je suis toujours !). À l’époque, je me souviens que les « non initiés » écorchaient souvent le titre en disant « LE RETOUR DU JEUDI »… « jeudi »… Blasphème ! Il me fallait à chaque fois corriger cette erreur grossière par un « Jedi » bien prononcé « Djédaï » !

J’ai donc religieusement regardé LE RETOUR DU JEDI, projeté dans une copie impeccable. J’ai été époustouflé par certaines scènes, j’ai souri pour d’autres, j’ai même ri face aux Ewoks et leurs gags, j’ai eu les yeux embués lorsque Vador, mourant, s’est confié à Luke, et quand sa dépouille a brûlé sur le bûcher selon la tradition Jedi. Je croyais, comme tout le monde à l’époque, que tout finissait là, que cette merveilleuse saga qui avait bercé mon enfance marquait son chapitre final par ces feux d’artifice dans le ciel étoilé d’Endor et par ce chant glorieux de célébration de la victoire des rebelles.

Après plus de deux heures de projection, je suis ressorti de la salle à la fois heureux et légèrement désappointé par certaines scènes. J’avais beaucoup aimé LE RETOUR DU JEDI, mais après le sérieux et la noirceur de L’EMPIRE CONTRE-ATTAQUE, le côté souvent trop « cartoonesque » de l’Épisode VI faisait légèrement tache dans l’univers STAR WARS. Et les Ewoks allaient d’ores et déjà représenter à mes yeux l’une des pires créations de toute la saga, avec Jar Jar bien sûr…

MES SCÈNES PRÉFÉRÉES…

J’en retiendrai principalement trois.

13052507104515263611226718 dans Star WarsD’abord la poursuite en speeder-bikes sur Endor, laquelle m’a vraiment laissé pantois à l’époque. Ces sortes de motos volantes fonçant à travers la forêt en se faufilant à toute vitesse entre les arbres : quel pied !  Il fallait le faire ! Aucun effet spécial numérique (on n’en était pas encore là en 1983). Il s’agit d’un véritable travail d’expert. On pouvait déjà se douter, en voyant le film pour la première fois, de l’épreuve de force que cette scène avait dû représenter pour les spécialistes des effets spéciaux. On découvrait par la même occasion la tenue des Scouts Troopers avec ce casque qui m’a toujours beaucoup plu.

13052507122615263611226720Ensuite, la bataille spatiale finale : elle représente un beau morceau de choix. Là encore, ILM a battu tous les records d’époque pour conférer un savoureux côté épique à cet ultime affrontement entre les forces rebelles et l’Empire. Les Tie Interceptors faisaient leur apparition avec également les nouveaux chasseurs A-Wing et B-Wing, sans compter les frégates médicales et, of course, le super star destroyer Executor de Vador himself déjà présent dans L’EMPIRE CONTRE-ATTAQUE ! Quel monstre ! Au milieu de toute cette armada spatiale en furie combattaient les légendaires X-Wings, chasseurs Tie et autres star destroyers. Pour le fan de space opera que j’ai toujours été, cette bataille était le summum. Lucas fera encore plus fort dans LA REVANCHE DES SITH, numérique oblige !

13052507140015263611226723Enfin, le duel final entre Vador et Luke, orchestré par l’Empereur lui-même, demeure parmi mes moments favoris de la saga, même si je trouve la chorégraphie du duel aux sabres laser de L’EMPIRE CONTRE-ATTAQUE bien supérieure. J’ai été surpris, lorsque j’ai découvert le film la première fois, par la puissance que Luke atteignait désormais en tant que Jedi. J’ai ressenti la haine envers l’Empereur lorsque celui-ci tente de le tuer avec ses éclairs. Le côté obscur commençait à m’envahir, ma colère allait-elle l’emporter dans la salle de cinéma ? Non, car j’ai été abasourdi et émerveillé par ce brusque retournement de situation : quand Vador saisit Palpatine pour le balancer dans le réacteur de l’Étoile de la Mort ! Enfin le vrai « retour du Jedi » ! Enfin le masque s’ouvrait pour dévoiler le visage d’Anakin Skywalker ! Quels instants incroyables ! Les moments qui suivirent comptent parmi les plus émouvants de toute la saga, avec un Vador agonisant et prononçant ses dernières paroles à son fils, la musique de John Williams accompagnant sobrement son dernier souffle. Mon personnage préféré mourait, et je ne pouvais alors retenir une larme comme Luke lui-même…

LES CHOSES QUI ME DÉRANGENT…

LE RETOUR DU JEDI est, pour moi, le film le « moins bon » de la trilogie classique, j’ai même parfois dit de toute la saga… Il y a des choses que je ne pardonnerai jamais, absolument jamais, à George Lucas. Je n’en veux pas à Richard Marquand qui n’a fait qu’exécuter ce qu’on lui demandait, même s’il est vrai qu’il n’était peut-être pas non plus le meilleur choix pour un film d’une telle envergure.

13052507154315263611226727La mort de Boba Fett est d’un ridicule pitoyable… Han Solo, encore à moitié aveugle, et prévenu par Chewbacca de la présence de son ennemi juré, se retourne brusquement pour le voir. L’arme qu’il tient, sorte de lance appartenant à un malfrat de Jabba, heurte alors accidentellement le pack dorsal de Boba, provoquant l’allumage de ses propulseurs. Et voilà notre chasseur de primes s’envolant en hurlant dans les airs, s’écrasant brutalement contre la barge de Jabba, avant de tomber dans le sable de Tatooine pour dévaler jusqu’à la bouche gloutonne du Sarlacc qui l’avale d’un coup. Retentit alors un gros « BURP ! » garantissant une digestion sur plus de mille ans… Ainsi périt le plus grand chasseur de primes de toute la galaxie, le même qui a su résister à tant et tant de criminels et de monstres de toutes sortes… J’étais sidéré quand j’ai vu ça ! Heureusement : l’univers étendu sauvera notre homme de l’affaire. Pour moi, Boba n’est jamais mort dans la bouche du Sarlacc. C’est impossible.

13052507172115263611226729Leia, frêle princesse au caractère bien trempé, parvient en un tour de mains à étrangler l’odieux Jabba le Hutt dont le cou doit mesurer à lui seul plus de deux mètres de large… Certes, elle ne l’étrangle pas avec ses mains (encore heureux !) mais avec la chaîne qui la maintenait prisonnière à ses côtés. Quelle force ! Bravo Leia ! Tes origines sont celles des super héros ! Je ne sais même pas d’ailleurs si Wonder Woman réussirait un tel exploit à ta place, ma belle.

Dans la bataille qui fait rage sur Endor, Chewbacca s’élance soudain dans les airs, suspendu à une liane en compagnie d’un Ewok. Si ce n’était que ça. Mais le voilà qui pousse le cri de Tarzan en version Wookie !… Incroyable ! Chewie connaît donc Johnny Weissmuller, il a vu tous ses films ! Kashyyyk a forcément présenté les œuvres hollywoodiennes de l’homme sauvage en version holographique. Je ne vois pas d’autre explication.

13052507190615263611226750Enfin, le pire du pire : les Ewoks permettent aux rebelles de gagner la victoire finale contre l’Empire… Ces oursons en peluche, ô combien mignons, oui, c’est vrai, ne sont cependant, faut-il le rappeler, que des créatures primitives vivant dans les arbres et n’utilisant aucune technologie. Brandissant leurs lances, leurs lance-pierres et leurs cailloux dans une jolie pagaille générale, voilà nos nounours défiant les soldats d’élite de l’Empire, les Stormtroopers armés de leurs blasters ! Quelques cailloux bien lancés, et nos soldats s’effondrent les uns après les autres, leurs armures nous prouvant une fois de plus qu’elles ne servent absolument à rien comme dans tous les précédents films de la saga ! Je serais d’eux, je me battrais carrément en caleçon, un moyen peut-être plus efficace et moins gênant pour bouger efficacement. Oui, puisqu’on est en plein délire, je ne vois pas où est le problème Monsieur Lucas. Un caleçon avec le symbole de l’Empire, tiens, et peut-être même que ça ferait peur aux p’tits Ewoks de voir une armée en caleçon.

LE PERSONNAGE QUE JE PRÉFÈRE…

13052507225015263611226753Jabba le Hutt, incontestablement dans ce chapitre. C’est une réussite totale. À vrai dire, je ne m’attendais absolument pas à ça. Depuis le temps que j’en entendais parler de ce fameux Jabba, je me demandais vraiment à quoi il pouvait bien ressembler. Quand je l’ai découvert la première fois, c’était dans le Time australien. Un long article était consacré au RETOUR DU JEDI pour sa sortie, et une photo de Jabba me le dévoilait sur son trôme. Quelle gueule ! J’ai tout de suite adoré cette apparence unique en son genre, non humaine. Jabba est merveilleusement animé dans le film, incroyablement crédible, et son côté maffiosi, vieux pervers crasseux et sûr de lui, fait que l’on se surprend à aimer à le détester. Un personnage haut en couleur dont la voix caverneuse résonne encore dans ma tête à chaque fois que je parle de lui.

LE PERSONNAGE QUE J’AIME LE MOINS…

Ce machin bleu posé sur son « orgue à jet de balles rouges » : Max Rebo. Vous prenez n’importe quelle peluche en magasin de jouets et vous obtenez le même résultat. Fripé, boursoufflé, grossier et franchement très grotesque, on croirait un Schtroumpf victime d’une expérience génétique.

DES SCÈNES ÉMOUVANTES…

13052507321515263611226781En dehors de la mort de Vador, LE RETOUR DU JEDI fait la part belle à d’autres scènes émouvantes. Ainsi, la mort de Yoda, fort réussie, et celle où Luke apprend à Leia qu’elle est sa sœur. Ces instants intimes, profonds et chaleureux, se sont avérés très touchants pour le fan. Ces personnages que nous avions appris à connaître et à aimer au fil des épisodes semblaient alors se confier à nous et nous révéler tous leurs secrets, ce qui nous les rendaient encore plus humains. Et comme nous savions aussi que c’était la dernière fois que nous les voyions (du moins le croyions-nous à l’époque), LE RETOUR DU JEDI était comme une déchirure, une difficile séparation, un moment d’adieu.

- Morbius -

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Autres articles publiés dans la catégorie Les 30 Ans du RETOUR DU JEDI :

Le retour d’un Jedi / Ewok contre E.T. / Richard Marquand, le choix du Jedi / Quand Luke parle… / Jedi Express / Un Jedi et des jouets / Paroles de princesse / Retour du Jedi : l’avis d’un expert / Jedi burger / Le Jedi s’affiche / Le Jedi et Starfix / SFX Jedi / Humour Jedi / La sortie du Jedi / Du Jedi chez soi / Peintures Jedi / Jedi music / Le Jedi s’affiche encore / Livre : The Making of Return of the Jedi

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LA SAGA STAR TREK SUR ARTE

LA SAGA STAR TREK SUR ARTE dans Star Trek 13052409341115263611222433

Avec la sortie prochaine de STAR TREK INTO DARKNESS en France (12 juin), la chaîne Arte programme pas moins de sept films STAR TREK et des documentaires sur le phénomène ! Un événement rare en France…

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore STAR TREK, ou qui ont toujours été réfractaires à l’achat des DVD ou des Blu-ray, voici l’instant rêvé pour se plonger dans la formidable saga de Gene Roddenberry et enregistrer quelques-uns de ses titres. Attention : il ne s’agit ici que de la diffusion des films cinématographiques et non des séries télévisées. En outre, ne sont programmés que les sept premiers films, mais c’est déjà énorme ! Le programme :

STAR TREK : LE FILM (1979 / Robert Wise), STAR TREK II : LA COLÈRE DE KHAN (1982 / Nicholas Meyer), STAR TREK III : À LA RECHERCHE DE SPOCK (1984 / Leonard Nimoy), STAR TREK IV : RETOUR SUR TERRE (1986 / Leonard Nimoy), STAR TREK V : L’ULTIME FRONTIÈRE (1988 / William Shatner), STAR TREK VI : TERRE INCONNUE (1991 / Nicholas Meyer), STAR TREK : GÉNÉRATIONS (1994 / David Carson).

STAR TREK : LE FILM sera diffusé ce week-end, dimanche 26 mai en France et lundi 27 mai en Nouvelle-Calédonie. Lundi 27 mai, pour la France, ce sera au tour de STAR TREK II et de STAR TREK III dans la même soirée (le mardi 28 mai pour la NC). Rendez-vous au week-end suivant pour la suite des aventures de l’équipage de l’Enterprise avec les autres titres de la saga :  STAR TREK IV et STAR TREK V diffusés dimanche 2 juin (lundi 3 juin pour la NC), STAR TREK VI et STAR TREK : GÉNÉRATIONS diffusés lundi 3 juin (mardi 4 juin pour la NC).

Côté documentaires, on aura droit au récent Star Trek : True Stories (2013) et Aux Frontières de l’Infini (en deux parties).

Merci Arte, et… « Live long and prosper ! »

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MONSTRES SACRES : LE HOLLANDAIS VOLANT

MONSTRES SACRES : LE HOLLANDAIS VOLANT dans Cinéma 13052408352715263611222233

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Un Monstre Sacré assez différent pour cet article, puisqu’il s’agit d’un vaisseau fantôme. Le cinéma nous a souvent abreuvé de navires fantômes plus effrayants les uns que les autres, du paquebot nazi transportant une horde de zombies errant en uniformes SS, dans LE COMMANDO DES MORTS-VIVANTS (1977) de Ken Wiederhorn, jusqu’au vaisseau du FOG (1978) de John Carpenter, dont les marins reviennent à date fixe, à travers les brumes, pour assouvir une interminable malédiction. Et j’en passe, tellement le folklore marin a nourri de scénarios hollywoodiens ou de la télévision,  brassant le mythe du fameux Triangle des Bermudes ou tous les mystères inconnus et fantasmés qu’inspirent les immenses profondeurs du grand large…

Le Hollandais Volant (ou Flying Dutchman) est un vaisseau fantôme pris dans le tourbillon d’une malédiction et qui ne peut jamais arriver au port, condamné à naviguer, à jamais, à travers les océans. Le mythe est susceptible de provenir de folklore marin du 17e siècle, mais la version la plus ancienne référencée date de la fin du 18e siècle. Elle provient du livre de bord du navire du Voyage à Botany Bay (1795), et est attribuée à George Barrington : J’avais souvent entendu parler de cette superstition de marins qui parlait d’apparitions, mais je n’y avais jamais vraiment donné de crédits. Il me semble qu’il y a quelques années, un navire de guerre hollandais s’est égaré au large du cap de Bonne-Espérance, et chaque âme à bord aurait péri. Un autre navire allié aurait résisté à la tempête, et il serait arrivé, peu de temps après, au Cap. En virant de bord, en direction de l’Europe, le navire fut assailli par une violente tempête près de la même latitude. Dans la nuit, certains membres de l’équipage auraient vu, ou cru voir, un navire dressé, voiles et mats dirigés vers le bas, comme si le vaisseau flottait dans les air. Un marin, en particulier, a affirmé qu’il s’agissait du navire qui avait sombré dans la dernière tempête, ou son fantôme, jusqu’à un épais nuages le fasse totalement disparaître. Rien ne pouvait faire disparaître l’idée de ce phénomène dans l’esprit des matelots, qu’ils en ont relaté les circonstances quand ils sont arrivés au port. La propagation de l’histoire s’est faite comme une traînée de poudre, sur ce supposé vaisseau fantôme, appelé le Flying Dutchman…

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Beaucoup d’autres apparitions de ce genre ont encore été relatées, et la littérature, surtout britannique, s’est emparée très tôt de ce thème mystérieux, de John Leyden (1775-1811), au grand poète romantique Thomas Moore, en passant par Sir Walter Scott, jusqu’aux pièces d’opéra, « The Flying Dutchman » (1843) de Richard Wagner, étant la plus connue. Parallèlement, la science a vite cherché à démystifier ces hallucinations, les décrivant comme étant des mirages, puis des illusions d’optique : dans certaines conditions de l’atmosphère, les rayons du soleil peuvent former une image parfaite dans l’air des objets sur la terre, par simple réflexion, comme les images que l’on voit dans le verre ou l’eau. Autrement dit, il s’agit du principe optique même de cinéma, et de la « camera obscura », ou de n’importe lequel des objectifs de nos appareils photo qui renvoient une image inversée de son modèle, grâce à un subtile jeu de déformation avec l’eau (ou la lentille) grâce un léger passage lumineux (l’obturation).

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Au cinéma, The Flying Dutchman est un personnage mystérieux et déshumanisé, très récurrent dans nombre de dessins animés ou même de mangas japonais. Le vaisseau fantôme a très souvent été mélangé à un autre mythe du folklore marin, celui du célèbre pirate, Edward Teach, plus connu sous le nom de Barbe Noire, anti-héros très connu des fans de films de pirates d’Hollywood (comme BARBE NOIRE, LE PIRATE, 1952, de Raoul Walsh), et que Walt Disney réutilisera même dans le second volet de PIRATES DES CARAÏBES, LE SECRET DU COFFRET MAUDIT (2006), Barbe Noire y étant même le Capitaine du fameux Flying Dutchman.

La version la plus intéressante, et la plus romantique, reste à mon goût celle réalisée en 1951 par Albert Lewin pour un production anglaise, Romulus Films, PANDORA (Pandora and the Flying Dutchman) avec James Mason et surtout, la magnétique Ava Gardner. Loin d’être un film d’horreur, le film de Lewin mélange un grand nombre de mythes grecques comme européens, au sens plus contemporain, comme celui de la malédiction du Hollandais Volant, thème centrale, poétique et mystérieux de ce beau film d’amour impossible (autant que la malédiction dans laquelle sont enfermés les principaux protagonistes du film).

Le Flying Dutchman, un Monstre Sacré intemporel lié à l’univers marin et de celui, immesurable de l’océan, comme la cristallisation de fantasmes ou d’angoisses, comme l’amour libre mais si insondable de PANDORA, ou comme la profonde solitude du marin nourri d’histoires extraordinaires devant les changements radicaux de luminosités et du vent, en pleine mer. Ou comme ce bateau mystérieux qui viendrait nous chercher, enfants, et qui nous emmènerait ailleurs et très loin…

- Trapard -

Autres Monstres Sacrés présentés dans Les Échos d’Altaïr :

Alien / King Kong / Predator / Créature du Lac Noir / Mutant de Métaluna / Ymir / Molasar / Gremlins / Chose / Triffides / Darkness / Morlock / Créature de It ! The Terror from Beyond Space / Blob / Mouche / Créature de Frankenstein / Visiteurs / Martien de La Guerre des Mondes (1953) / E.T. / Pinhead / Michael Myers / Fu Manchu / Leatherface / Jason Voorhees / Tall Man / Damien Thorn / Toxic Avenger / Bruce : le grand requin blanc / La Momie / Le Loup-Garou / Dr Jekyll et Mr Hyde / Golem / Dracula / Orlac / La Bête / Les Krells / Les Pairans / Le Cavalier sans Tête

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RENDEZ-VOUS AVEC LA PEUR (1957)

RENDEZ-VOUS AVEC LA PEUR (1957) de Jacques Tourneur

RENDEZ-VOUS AVEC LA PEUR (1957) dans Cinéma bis 13052308111715263611218194

Inspiré d’une nouvelle, « Casting the Runes », écrite en 1911 par l’historien anglais et spécialiste du Moyen Âge Montague Rhodes James, le scénario de RENDEZ-VOUS AVEC LA PEUR (Curse of the Demon) a été écrit par Charles Bennett sous le titre « The Haunted ». Détenant les droits sur l’histoire originale, Bennett réussit à vendre son scénario à un producteur anglais indépendant, Hal E. Chester, peu avant d’entreprendre un voyage aux États-Unis. Bennett regrettera vite son geste puisqu’à son arrivée aux USA, il sera contacté par la RKO qui lui propose d’acheter son scénario en lui permettant même de diriger le film, qui aurait été interprété par Robert Taylor et Dick Powell.

13052308130415263611218195 dans FantastiqueProducteur du thriller, POURSUITES DANS LA NUIT (Nightfall), Ted Richmond présenta le réalisateur du film, Jacques Tourneur, à Hal E. Chester qui l’engagea pour tourner « The Haunted » devenu NIGHT OF THE DEMON.

L’intrigue : Le professeur Harrington, qui dénonçait les activités démonologiques du docteur Julian Karswell, a trouvé la mort dans un étrange accident de voiture. Son collègue, le savant américain John Holden (Dan Andrews), venu à Londres participer à un congrès de parapsychologie, enquête sur sa disparition…

RENDEZ-VOUS AVEC LA PEUR est une très bonne série B aux ambiances gothiques très british, dans son versant celtique, le tout, observé par le regard d’un protagoniste américain. Malgré cela, de nombreux désaccords eurent lieu durant le tournage, notamment entre Tourneur et le producteur, Chester, qui refusait de remplacer deux ventilateurs électriques avec deux gros moteurs d’avion pour simuler les scènes de tumultes du vent. À la fin du tournage, Chester décida même de montrer le démon au début et à la fin du film, tandis que Jacques Tourneur désirait rester dans une épouvante très suggestive. Il dira plus tard, à ce sujet : « Les scènes où l’on voit le démon furent ajoutées après mon départ. Le public n’aurait jamais dû être complètement certain d’avoir vu le démon. »  Hal E. Chester contacta la Columbia Pictures pour réclamer les services de Ray Harryhausen pour animer le démon en stop-motion, mais le maître (récemment décédé) venait d’être engagé par le producteur Charles H. Schneer sur LE SEPTIÈME VOYAGE DE SINBAD (1958).

13052308144115263611218197 dans Fifties fantastiqueNIGHT OF THE DEMON sortit finalement en salles, en Grande-Bretagne, en supplément de programme de À DES MILLIONS DE KILOMÈTRES DE LA TERRE (20 Million Miles to Earth) de Nathan Juran. Il se trouve qu’au même moment, la Hammer Films sortait son CURSE OF FRANKENSTEIN (ou FRANKENSTEIN S’EST ÉCHAPPÉ), et Chester changea le titre d’exploitation NIGHT OF THE DEMON en CURSE OF THE DEMON pour profiter ainsi du succès du chef d’œuvre de Terence Fisher.

Malgré son tournage, sa post-production et son exploitation mouvementés, RENDEZ-VOUS AVEC LA PEUR fait néanmoins aujourd’hui parti des classiques du cinéma d’horreur anglais.

- Trapard -

Autres films présentés dans la catégorie Fifties Fantastique :

Le Redoutable Homme des Neiges / Gorilla at Large / Les Vampires / Le Monstre du Marécage / Blood of the Vampire / Cult of the Cobra / Les Monstres se révoltent

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