UTOPIC FASHION : CUIR MOULANT ET SATIN KITSCH

Posté le 17 mai 2013

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Et si on s’attardait régulièrement sur les vêtements à travers les films et les séries de science-fiction ? Et si on explorait les tendances ou les fantasmes exprimés à travers les designs les plus fous, les plus kitchs ou les plus provocants de la SF, mais aussi à travers les plus austères, les plus sérieux ou les plus envisageables dans un avenir plus ou moins éloigné ? Place à Utopic Fashion !

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En regardant cette photo, on pourrait presque s’imaginer au sein d’un club gay avec dress code et fétichisme au programme. Voire même d’une nouvelle version gay pour rôlistes médiévaux, avec armoiries, blasons et bras de fer pour les plus téméraires.

Cette scène n’est pas non plus un passage supprimé du clip « Relax » de Frankie Goes to Hollywood ou de celui de « Cargo de Nuit » d’Axel Bauer… Non, pour rentrer plus aisément dans cet univers qui relève plus du kitsch que de la gay friendly musclée, il faut revenir en 1950. George Pal et Robert L. Lippert produisaient simultanément DESTINATION MOON et ROCKETSHIP X-M dont nous parlions il y a quelque temps sur ce même blog, et qui annonçaient des voyages cinématographiques passionnants en direction de la Lune. C’est donc tout naturellement, que l’année suivante, en 1951, la Monogram Pictures irait plus loin, scénaristiquement parlant, et emmènerait des passagers d’une autre Rocket Spatiale au-delà de notre satellite terrestre, jusqu’à la fameuse Planète Rouge, avec FLIGHT TO MARS.

Nous sommes donc ici dans ce que pourrait être, au regard des scénaristes, en 1951, les vêtements de tous les jours des habitants de la civilisation martienne. Uniformes de cuir avec blasons pour ces messieurs et uniformes en satin avec jupes courtes, le tout taillé en V pour ces dames, pour faire plus « extraterrestres » (prendre aussi ce terme dans son sens qui désigne un décalage avec une certaine normalité). Nous ne sommes finalement pas très loin des costumes de l’univers de serials de la Republic Pictures des années 30 comme FLASH GORDON. Le début des années 50 apportant surtout la couleur à cet univers de space-opera, lui confiant une dimension plus réelle et plus palpable, bien que le Technicolor soit aussi un format très (trop?) contrasté pour donner une dimension de réalisme.

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Mais cela nous permet, en tant que spectateur, de recevoir dans les rétines un flot de couleurs que la 3D de ces années 50 accentuera encore plus. Les couleurs sont donc de mises, sur notre photo suivante, lorsque nos Martiens rencontrent un groupe de Terriens atterrissant tout prêt de la Cité. Voici donc nos Citoyens de Mars affublés de leurs costumes de Teletubbies avant l’heure, genre de pyjamas spatiaux qui recouvrent même le casque. Et comme ces messieurs de l’espace sont plutôt élégants et soignés, ils portent de jolies manches en ourlets, laissant la peau de leurs poignets pendre négligemment dans cette atmosphère irrespirable et compressée. Mais cela ne semble pas gêner plus que ça ces messieurs qui ont quitté la Cité en urgence, en oubliant la vitre de protection de leurs casques.

On l’a donc compris, en 1951, les scénaristes d’Hollywood, comme les scientifiques de la NASA, étaient encore loin de la connaissance que les futures découvertes et les voyages dans l’espace approfondiront par la suite.

- Trapard -

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2 commentaires pour « UTOPIC FASHION : CUIR MOULANT ET SATIN KITSCH »

  1.  
    trapard
    11 mars, 2014 | 16:22
     
  2.  
    trapard
    6 janvier, 2015 | 7:07
     

    J’ai trouvé un film mexicain qui reprend pli pour pli le design des scaphandres spatiaux (visibles sur la dernière photo de cet article) à la différence que le film a été tourné en noir et blanc. C’est CONQUISTADOR DE LA LUNA (1960) de Rogelio A. González qui met en scène les aventures spatiales du comique Antonio Espino dit ‘Clavillazo’. C’est très crétin mais au moins dans ce genre de comédies mexicaines, il y a toujours une faune géniale et variée d’extraterrestres comme dans LA NAVE DE LOS MONSTRUOS (1960) du même Rogelio A. González et les comédies du comique Capulina et toutes les aventures de Santo, Blue Demon & co.

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