POURQUOI J’AIME LA SF

Posté le 12 juin 2013

En fait, je devrais plutôt dire « Pourquoi j’aime l’Imaginaire », car c’est bien l’Imaginaire et tous ses genres (Science-Fiction, Fantastique, Merveilleux…) et sous-genres que j’aime depuis ma plus tendre enfance, et cela ne se limite pas au cinéma, mais englobe tous ses domaines (littérature, BD, arts…). Cependant, j’ai comme tout le monde mes préférences dans ce vaste univers de l’Imaginaire, et la mienne a toujours été la Science-Fiction, en particulier au cinéma. On le voit clairement sur ce blog. Alors allons-y pour une petite introspection et quelques confidences…

POURQUOI J'AIME LA SF dans Humeur 13061110295215263611281337

La première fois…

« Pourquoi aimez-vous la Science-Fiction ? » m’a demandé un jour un animateur radio cultivé alors que Mandragore et moi-même étions invités pour parler du Sci-Fi Club de Nouvelle-Calédonie. C’était au début des années 90, et l’association que j’avais créée en 1986 était en plein « âge d’or », on intervenait partout : à la télévision, dans les journaux, à la radio… pour présenter nos 24 Heures du Fantastique, Concours Sci-Fi / Les Nouvelles et autres conventions Dragon du Lagon. J’avais une vingtaine d’années, et j’avoue que je ne me sentais vraiment pas à l’aise face aux micros ou devant les caméras. Alors je dois dire que cette question posée à brûle pourpoint, « Pourquoi aimez-vous la Science-Fiction ? », me désarçonna complètement ! Je m’étais préparé à toutes les autres, à la sempiternelle « Quelle différence existe-t-il entre la Science-Fiction et le Fantastique ? », à la banale « Quels sont vos films préférés dans le genre SF ? » ou à l’agaçante « Pourquoi avoir créé un club de science-fiction en Nouvelle-Calédonie ? », mais pas à l’imprévu : « Pourquoi aimez-vous la Science-Fiction ? »…

13061110340715263611281342 dans HumeurIl y a eu un moment de silence qui m’a paru très long (alors qu’il ne devait être que de quelques secondes !) où je cherchais désespérément dans ma tête pourquoi j’avais toujours aimé la SF ! Bon sang ! C’était comme si l’on me demandait pourquoi le ciel est bleu ou pourquoi la Terre est ronde ! Quelle question ! Et pourquoi faut-il toujours que l’on ait à se justifier lorsque l’on aime la SF ? Est-ce que je lui demandais à lui, cet animateur de radio, pourquoi il avait choisi ce métier ? Et si j’avais su que, quelques mois plus tard, il allait massacrer son amie d’une manière horrible dans un hôtel de la ville (authentique !), j’aurais bien ri (ou ri jaune…) quand il a avoué son dégoût pour les films d’horreur…

J’ai répondu, le front en sueur et la parole hésitante, avec la belle série de clichés habituels : « J’aime la Science-Fiction parce qu’elle me permet de m’évader, de découvrir d’autres univers et de… ». Mais Mandragore, sentant venir la catastrophe médiatique, m’a vite interrompu en se permettant de parler à ma place, comme il aimait souvent le faire d’ailleurs à l’époque. Il a apporté la touche qui manquait à mes propos : le côté « intellectuel » de la SF en parlant de la SF qui fait réfléchir, de celle qui est le miroir des maux de notre société, etc. Ah oui, car pour aimer la Science-Fiction il faut d’abord la rendre intelligente, sinon vous passez pour un idiot aux yeux des autres…

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Souvenirs d’enfance…

13061009181115263611277692Mon premier coup de foudre avec l’Imaginaire, et plus particulièrement la SF, remonte à mon enfance. Je devais avoir 7 ou 8 ans seulement, peut-être moins, je ne sais plus exactement. Par contre, je me souviens très bien que j’adorais raconter en maternelle, sans doute en section grands, des histoires fantastiques effrayantes à mes camarades lors des récrés ! Oui, je m’en souviens parfaitement car j’ai encore en mémoire leurs réactions effarouchées ! Et pourtant, ce ne sera pas l’Horreur qui l’emportera en moi mais bel et bien la SF. C’est très certainement PLANÈTE INTERDITE (1956) qui a tout déclenché quand je l’ai découvert pour la première fois à la télévision au début des années 70. J’étais totalement dépaysé, conquis par l’histoire mystérieuse et passionnante, par Robby le robot, par les paysages d’Altaïr IV ! Le nom de ce blog n’est pas un hasard… Ensuite il y aura LA GUERRE DES MONDES (1953), LE JOUR OÙ LA TERRE S’ARRÊTA (1951), JASON ET LES ARGONAUTES (1963), LA PLANÈTE DES SINGES (1968) et surtout, à la télévision, la série qui me comblera de bonheur : COSMOS 1999 ! Je crois vraiment que c’est elle, plus encore que STAR WARS au cinéma, qui a eu un impact considérable sur l’enfant que j’étais alors ! Je ne reviendrai pas sur ma passion pour COSMOS 1999, j’en ai déjà parlé ici. En tout cas, chaque épisode de la série représentait pour moi un formidable moment, à la fois intense et… effrayant (beaucoup d’épisodes de COSMOS 1999 me terrifiaient quand j’étais gosse !). Il y a eu aussi LES ENVAHISSEURS, série culte. Mais cette dernière m’amena à m’intéresser également à un autre domaine : l’ufologie.

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STAR WARS et moi…

13061009252815263611277700STAR WARS, c’est vers 1978, à l’âge de 12 ans, que je l’ai découvert pour la première fois en salle, au City. Est-ce le « sérieux scientifique » (aujourd’hui très contesté) de COSMOS 1999 qui m’a fait écarquiller les yeux lorsque j’ai vu cet immense vaisseau, le Stardestroyer, traverser l’écran ? Je me suis dit alors que c’était impossible, que c’était beaucoup trop grand pour un vaisseau spatial ! Idem pour l’Étoile Noire ! Néanmoins, beaucoup d’images et de trouvailles incroyables m’ont grandement impressionnées : les sabres laser et leur célèbre vrombissement, les armures des Stormtroopers, le hurlement des Chasseurs Tie déchirant le silence de l’espace et l’incroyable dépaysement que j’ai ressenti en voyant ce film ! J’étais sur Tatooine ! J’étais sur l’Étoile Noire ! Je suis plusieurs fois retourné voir LA GUERRE DES ÉTOILES, avec mon père, avec des potes, et finalement je n’ai plus cessé de parler de ça ! J’achetais les figurines, les bouquins, les trading-cards vendues avec des chewing-gums infects ! Je recouvrais les murs de ma chambre (du sol au plafond !) avec tout ce qui était alors estampillé STAR WARS : posters, photos, emballages, papiers… Sans le savoir, je devenais totalement fan de LA GUERRE DES ÉTOILES ! STAR WARS a bouleversé ma vision de la SF. Je suis ensuite devenu plus exigeant en matière d’aliens, de vaisseaux, d’effets spéciaux, de designs, de musique de film ! Désormais, la Science-Fiction ne serait plus la même, et je ne serais plus le même, je le savais !

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Des cahiers sur l’Imaginaire…

13061112444815263611281805J’ai alors eu la chance de vivre le « Boum » de la SF cinématographique avec l’arrivée de la vague déferlante de blockbusters : SUPERMAN (1978), LE TROU NOIR (1979), STAR TREK : LE FILM (1979), ALIEN (1979)… Et la télévision n’était pas en reste avec GALACTICA (1978), BUCK ROGERS AU XXVe SIÈCLE (1979) et d’autres séries. La Science-Fiction s’invitait partout, et je me sentais de plus en plus fier d’aimer le genre, je le revendiquais, même, dès que l’occasion se présentait ! J’ai fini par créer des cahiers où je rassemblais tous les documents que je pouvais dénicher par-ci par-là sur les films de science-fiction et de fantastique (articles, photos…). Régulièrement, j’y collais soigneusement mes précieuses trouvailles tout en les agrémentant de petites décorations réalisées au marqueur ! J’y écrivais même mes premières critiques (courtes et souvent pleines de fautes d’orthographe) sur les films que j’avais vus, comme si elles étaient destinées à quelqu’un, alors qu’en fait ces cahiers n’étaient lus que par moi ! J’étais littéralement passionné par l’Imaginaire. Et ce fut grâce à un copain que je découvrais alors L’Écran Fantastique, et des revues américaines comme Starlog ou Fangoria. J’avais 14 ans.

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La SF ? Une drogue…

13061112580715263611281825Cette passion dévorante m’amena toujours plus loin. Je finissais par m’abonner à L’Écran fantastique dès son numéro 30, je découvrais Mad Movies (avec son numéro 28 et sa couverture STAR WARS !). Plus tard, au lycée, je devais vendre à des potes CosmoFiction Fanzine. Comme ce n’était pas des mordus de l’Imaginaire, ils me l’achetaient plus par sympathie qu’autre chose ! Je pouvais y étaler ma passion. J’avais constamment ce besoin de parler SF et Fantastique, d’autant plus que le collège et le lycée comptent parmi quelques-unes des périodes les plus difficiles de ma vie. J’étais ado, et je vivais mal cette transition vers l’âge adulte, à la fois souffre-douleur de certains et risée de quelques profs de sport. L’Imaginaire m’a permis de traverser des épreuves que je n’aimerais pas revivre encore aujourd’hui.

À l’âge de 20 ans, ma passion pour la SF et le Fantastique m’amena à fonder le Sci-Fi Club de Nouvelle-Calédonie (appelé à l’époque Sci-Fi Miniclub…). C’était en 1986. Je m’en occupais jusqu’en 1996. J’avais enfin trouvé LE moyen d’échanger avec d’autres passionnés ! On se réunissait chez moi, derrière la maison (une grande maison !), et on y regardait des films, des séries, on y parlait cinoche avant d’y parler aussi, plus tard, bouquins et jeux de rôles. Il y avait la bibliothèque, la salle vidéo, et on publiait alors CosmoFiction Fanzine nouvelle génération ! Mais tout cela je l’ai déjà raconté ici.

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Alors pourquoi j’aime la SF ? Pourquoi j’aime l’Imaginaire ? Eh bien je n’en sais strictement rien ! C’est ainsi. C’est en moi depuis toujours… J’éprouve depuis fort longtemps ce grand besoin d’évasion à travers l’Imaginaire. Je crois qu’il m’a toujours permis de mieux faire passer la pilule de la dure réalité de la vie de tous les jours, et j’en ressens davantage la nécessité aujourd’hui dans ce monde de fous. J’éprouve encore maintenant ce formidable besoin de m’y intéresser, d’en parler, d’échanger avec les autres. À présent c’est à travers ce blog que je m’adonne à cette passion, mais également au sein du sympathique groupe des Échos d’Altaïr sur Facebook. Et je suis heureux de constater que l’Imaginaire a toujours la pêche à notre époque car, comme l’imagination, son succès est visiblement sans limite car sans cesse renouvelé.

- Morbius -

4 commentaires pour « POURQUOI J’AIME LA SF »

  1.  
    Jean Beauvoir
    16 juin, 2013 | 15:45
     

    Salut Morbius.

    Merci pour cet article se proposant de répondre à cette question passionnante : pourquoi aimons-nous cette forme d’art ? La réponse est bien sûr toujours personnelle. Si je devais résumer ce qui est ici mentionné, je retiendrais deux éléments : le récit historique des découvertes marquantes (l’essentiel de l’article) et la note sur le besoin d’une évasion dans l’imaginaire durant une période difficile.

    Je souhaite apporter une observation qui, à mon sens, vient opportunément se greffer sur cette question. La raison qui nous pousse vers une forme d’art peut toujours aussi se repérer en terme d’émotion associée à l’art en question. Ceux qui aiment le cinéma sentimental recherche une émotion amoureuse pourrait-on dire. Il est possible de la préciser encore en fonction du type de film ou de livre recherché. Ceux qui aiment les drames peuvent être à la recherche de la délicieuse tristesse que porte les grands tragédies (Dr Jivago, etc.). Pour le cinéma fantastique, il y a bien des « émotions ». Le mystère, l’absurde, le voyage incroyable, la peur bien sûr, etc. Tout ça peut-être détaillé avec une grande précision par chacun d’entre nous s’il fait ce même travail d’introspection que nous livre ton article. Je vois un grand intérêt à rechercher ce qui, dans notre psychologie, est à l’origine de notre plaisir à regarder tel ou tel film. Une fois que ces émotions singulières sont identifiées, elles nous apportent de quoi rechercher avec bien plus de précisions le type de films qui nous apportera le plus de plaisir. Ça fonctionne aussi avec les autres arts (musique, peintures, etc.). En ce qui me concerne, j’aime le cinéma gothique. J’ai pris le temps d’approfondir les éléments essentiels de ce genre afin d’y repérer les ambiances et les émotions. Le gothique est un genre qui associe : l’architecture médiévale décadente ; l’« Au-Delà » (réel ou imaginé) ; un mystère inquiétant ; une atmosphère onirique ; une esthétique du « sublime ». Bref, les émotions centrales sont ici le côté sombre, mystérieux, mélancolique et inquiétant. Fort de cette connaissance, ça n’est plus au hasard que je choisis les films que je regarde. Je vérifie d’abord qu’ils comptabilisent une bonne part de ces éléments. Bien sûr cela n’interdit pas de s’aventurer ailleurs, et d’avoir de bonnes surprises. Mais ça garantit une grande satisfaction par l’accumulation de films qui se trouvent au cœur de ma passion, sachant qu’il y a tant de films et si peu de temps pour tous les voir.

    Bref, je voulais simplement attirer l’attention sur l’intérêt également prospectif de répondre à la question que tu poses ici, par la prise de conscience des émotions que l’on recherche.

  2.  
    16 juin, 2013 | 16:48
     

    Peut-être que je me répète, mais merci pour tes interventions toujours très pertinentes, Jean Beauvoir. ;-)

  3.  
    dornbierer
    23 janvier, 2016 | 8:57
     

    Bonjour, je recherche le titre d un film de SF et je me dis que vous pourriez m aider. Je connais l ‘histoire, mais pas moyen de me souvenir du titre.Si vous pouviez m’aider j’en serai ravi.

  4.  
    23 janvier, 2016 | 10:38
     

    Eh bien donnez-moi l’histoire, et peut-être que je pourrai vous aider. ;-)

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