MAN OF STEEL : D’AUTRES CRITIQUES

Posté le 30 juin 2013

MAN OF STEEL : D'AUTRES CRITIQUES dans Cinéma 13063009172615263611338908

J’ai beaucoup d’affection pour le personnage de Superman, c’est le premier « Super-héros » et il est aujourd’hui iconique. Tout le monde connaît son histoire, son costume et les valeurs qu’il véhicule (son symbole est le deuxième plus connu au monde). J’attendais donc impatiemment son retour au ciné avec MAN OF STEEL, d’autant plus que le premier film que j’ai vu sur grand écran fut SUPERMAN de Richard Donner en 1978. Je n’avais pas tout compris à l’époque (j’avais 4 ans) mais il m’avait profondément marqué.

Pour cette nouvelle adaptation, le choix de Christopher Nolan comme producteur ne me rassurait pas vraiment, sa trilogie sur BATMAN est très surestimée (à part le premier). Par contre le scénariste David Goyer est excellent et j’aime tous les films du réalisateur Zack Snyder (surtout WATCHMEN et GA’HOOLE). Les styles du producteur et du réalisateur étant diamétralement opposés, je craignais que cela nuise au film et que le résultat fait de compromis ne soit fade. Pourtant c’est Snyder qui a gardé la main et tant mieux , Man of Steel porte bien sa patte.

13063009190415263611338909 dans PublifanLes auteurs ont visiblement cherché à se démarquer du film de 78. C’est le meilleur choix qu’ils pouvaient faire afin d’éviter la comparaison et de permettre au film d’exister par lui-même. Choix qu’aurait dû faire Bryan Singer pour son SUPERMAN RETURNS en 2006, embourbé dans la nostalgie du film de Richard Donner .

Les deux films commencent sur Krypton mais MAN OF STEEL s’y attarde plus longuement, cette « Krypton cuvée 2013 » est visuellement grandiose, elle semble sortie d’un STAR WARS, on est en plein dans un délire SF comme j’aime. Russel Crowe campe un Jor El impérial, beaucoup plus développé et présent que ne l’était celui de Marlon Brando. Il en est de même pour le Genéral Zod de Michael Shannon par rapport à celui de Terence Stamp, on comprend mieux ses motivations, il est moins mégalo, plus humain et bien plus intéressant.

Cette Krypton est visiblement une société de castes rigides où les naissances sont artificielles et où les individus sont génétiquement programmés au rôle qu’ils auront dans la société. Ce à quoi s’oppose Zod et Jor El. Les dirigeants ont également surexploité les ressources de leur planète , ce qui aboutira à sa destruction . Les thèmes de l’eugénisme et de l’écologie sont brillamment abordés.

Toute l’intrigue prend racine dès le début et l’ensemble du film est plus « kryptonien » et SF que celui de 78, peut-être un peu moins « comics books » également.

La deuxième partie du film nous montre le jeune Clark Kent en quête de ses origines. Je reconnais que Henry Cavill est remarquable. S’il n’a pas la classe et le charisme de Christopher Reeve, son Superman paraît plus vulnérable, en proie au doute, ce qui le rend sympathique et peut-être plus humain que lors de ses précédentes incarnations. Tous les éléments du « mythe » du Kryptonien sont bien présents (Lois, la forteresse de solitude, le costume…) mais présentés différemment de ceux que l’on connaît, pourtant tout s’assemble parfaitement.

13063009213715263611338914 dans Science-fictionCe sont des flashbacks qui nous montrent l’enfance de Clark auprès de ses parents terriens (Kevin Costner et Diane Lane ). Cette partie du film est la plus réussie, elle prend le temps de mettre en place ses personnages et son intrigue, c’est rare dans un blockbuster actuel et c’est tout bénéfice pour l’implication émotionnelle du spectateur .

Comme dans le film de 78, il y a des sous-entendus à connotation religieuse. Certaines répliques de Jor El /Russel Crowe et Jor El / Marlon Brando en sont un bon exemple :
- en 78 : « Ils sont capables de grandeur, Kal-El, ils en ont la volonté. Il ne leur manque que la lumière pour leur montrer la voie. Pour cette raison d’abord, et pour leur aptitude au bien, c’est toi que je leur ai envoyé… toi, mon fils unique. »
- en 2013 : « Tu donneras aux hommes un idéal à atteindre. Ils se précipiteront derrière toi, ils trébucheront, ils tomberont. Mais le moment venu, ils te rejoindront dans le soleil. Le moment venu, tu les aideras à accomplir des miracles. »

Superman représenterait-il le messie ? L’allusion est claire en tout cas. Le réalisateur le dit lui- même « Superman est une figure christique, c’est comme ça ». Pourquoi pas ? Superman est un mythe moderne qui fait écho à des mythes et des croyances plus anciennes.

La dernière partie commence avec l’arrivée de Zod sur terre et à partir de là c’est du grand spectacle non-stop. Dans le genre destruction massive, explosions et bastons titanesques, c’est ce que j’ai vu de mieux. La concurrence est loin derrière, en comparaison AVENGERS c’est LA PETITE MAISON DANS LA PRAIRIE. Il y en a peut-être un peu trop, c’est un des rares défauts du film, mais c’est extrêmement spectaculaire.

En tout cas le film est bon, voire très bon. Zack Snyder s’est presque hissé à la hauteur du classique de Richard Donner et ce n’est pas un mince exploit, son film est entièrement maîtrisé. Tous les amateurs du genre devraient y trouver leur compte et surtout l’homme d’acier a enfin compris qu’il fallait mettre son slip rouge dessous son pantalon.

- Ju Galliano -

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Man of steel ou Man off style…

Le voilà donc le reboot tant attendu de SUPERMAN… Le voilà donc ce scénario issu de l’imaginaire de celui qui a rendu ses lettres de noblesses à BATMAN, secondé pour la mise en image par celui qui a fait de Léonidas un demi-dieu aux yeux de tous.

Nolan & Snyder, les Batman & Robin du blockbuster d’action couillu mais intelligent…

On savait tous qu’il allait être très difficile de faire oublier le film de Donner avec Christopher Reeve, mais qu’il serait facile de prendre l’ascendant sur le film de Singer… On savait aussi que Nolan allait devoir trouver l’inspiration s’il voulait faire aussi bien que les derniers Marvel en date, surtout après AVENGERS… Fort de sa trilogie « Batmanesque » et ayant déjà la confiance des fans, des critiques et du public en général, Nolan se devait de réussir là où d’autres se serait vautrés lamentablement… L’intérêt d’un Nolan à ce stade était de retrouver un héros plus profond, en proie à ses démons, mais surtout de tempérer un Snyder doué (même après ses échecs précédents : WATCHMEN & SUCKER PUNCH) et qui a tendance à en faire un peu trop dans la démesure… Ménager l’action et la sensibilité, équilibrer le sensationnel et l’émotionnel.

13063009274815263611338926La réussite de l’entreprise est mitigée au premier abord. Avec une entrée en matière étonnamment typée SF, la découverte de Krypton se fait progressivement par des plans ressemblant parfois a ceux d’AVATAR. La première espèce kryptonienne faisant elle référence aux animaux de STARGATE. Avec cette caméra virevoltante nous emmenant assister à la naissance de KAL, Russel Crowe prend possession du personnage de Jor avec une aisance qui fait presque oublier la prestation de Marlon Brando dans le métrage de 78. D’une classe incroyable, on nous présente Jor comme un scientifique doublé d’un guerrier, ce qui lui permettra de sauver son enfant en l’envoyant vers la Terre. À part le traitement donc (exceptionnel tout de même), rien de nouveau dans l’histoire de SUPERMAN. Sauf peut être l’intervention du Général Zod, soldat dévoué à son peuple, aussi intègre que Jor mais peut être trop, qui sera par la suite l’élément qui va intensifier et précipiter le chaos sur la Terre.

En choisissant de reléguer l’enfance de Kal/Clark au second plan par flashbacks pour se concentrer sur la recherche de ses origines, Nolan prend le public a contre pied en évitant une énième relecture de la période Smallville. Il concentre justement ces flashbacks sur les vrais enjeux émotionnels de la famille Kent. Le relationnel entre son père adoptif (un Kevin Costner à l’humanité débordante) et Clark est abordé sous divers angles à plusieurs moments clefs d’une vie. L’amour, la haine, le rejet, l’acceptation, le manque, le regret… toute la palette d’émotion est passée en revue avec une maestria propre aux grands réalisateurs. Le point culminant étant cette scène où pour protéger le secret de son fils, Costner arrête les intentions salvatrices de ce dernier d’un geste de la main et, d’un regard, lui fait comprendre que c’est le meilleur choix qu’il puisse faire avant de disparaître dans le tourbillon du cyclone. Cette fragilité du personnage, du super-héros le plus puissant de la Terre, mais impuissant face au choix de son père, reste un moment d’intense sensibilité qui fait de lui quelqu’un de plus humain que les humains eux-mêmes.

13063009331115263611338933Henry Cavill incarne d’ailleurs le personnage aussi bien ado qu’adulte de façon déconcertante. Cette première scène de sauvetage sur une barge pétrolière est d’ailleurs un monument d’action par la seule présence de l’acteur. On est loin d’un Superman lisse et propre, on est en présence d’un homme à la virilité exacerbée (là c’est ma femme qui parle) et qui, lorsqu’il défonce une porte métallique, le corps couvert de flammes, se présente barbu et loin d’être imberbe pour plaire aux midinettes de 15 ans. Il s’approche d’ailleurs plus d’un Wolverine que d’un Justin Bieber, et heureusement… Tout comme lorsqu’il découvre ses origines, son histoire, le passé de ses ancêtres, et la combinaison avec les armoiries de sa famille sur la poitrine (le fameux « S » qui n’en est pas un, mais qui veut dire espoir), on est très loin de la combinaison kitch avec le « slip par dessus le pantalon »… De même on est en présence d’un héros qui en impose par sa présence physique mais aussi par SON physique, donnant par là-même une légitimité à sa puissance exceptionnelle.

Charismatique Henry Cavill l’est, tout comme son ennemi le général Zod qui, après des années de recherche dans l’espace, retrouve celui qui représente le but ultime de sa vie.

Quelle magnifique idée d’injecter dans le seul survivant d’une planète à l’agonie les codes génétiques de tout un peuple pour qu’il puisse revivre un jour. Le CODEX donc, étant l’objet de convoitise du général Zod qui voit en la Terre une nouvelle colonie kryptonienne quitte à éradiquer la race qui y est déjà présente, se trouve en fait dans le corps de Kal/Clark et celui-ci ne le sait pas.

13063009375715263611338940Zod, sans pitié, ne veut qu’une chose : récupérer ces codes génétiques. Les combats dantesques qui s’ensuivent sont impressionnants de puissance autant physique que visuelle. Que dire de ce mouvement de camera qui décadre à chaque coup les protagonistes pour mieux faire comprendre l’incroyable pouvoir de ces extraterrestres sous un soleil jaune. L’œil humain étant trop lent pour les suivre, les sensations procurées sont vertigineuses mais parfois un peu lourdes à digérer. On est donc entre le génie et l’overdose lorsque les combats durent trop longtemps, et la 3D n’arrange en rien la chose. Ceci dit, c’est la première fois que Superman rencontre des adversaires à la hauteur de sa puissance et c’est tout bonnement impressionnant. Là où AVENGERS avait fait très fort, MAN OF STEEL fait dans le démesuré. Cela plaira à certains, beaucoup même, cela en agacera d’autres, mais une chose est certaine : le film est réussi et la suite devrait être encore meilleure. Je me demande même si un spin-off sur Krypton ne pourrait pas être sérieusement envisagé pour approfondir encore plus l’héritage laissé par Jor-El a son fils Kal-El…

Définitivement, ce film, même s’il ne pourra pas faire oublier le côté poétique du film de Donner, est sans aucun doute une belle mise en bouche pour la suite des aventures de l’homme en bleu et rouge.

Je passerai volontairement sur le score de Zimmer qui ne peut être a la hauteur de celui de John Williams qui restera LE thème de SUPERMAN.

À consommer sans modération….

- Crôm’s Butcher -

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