MONSTRES SACRES : BODY SNATCHERS

Posté le 5 juillet 2013

MONSTRES SACRES : BODY SNATCHERS dans Cinéma 13052408352715263611222233

13070509075115263611353465 dans Fifties SF

GARE AUX BODY SNATCHERS FROM OUTER SPACE !

Rien à voir ici avec les déterreurs de cadavres de tout film gothique, avec Savant Fou et dissecteur qui se respecte. Les nôtres viennent de l’Espace, et ce sont ceux de L’INVASION DES PROFANATEURS DE SÉPULTURES, le film de Don Siegel, sorti en salles en 1956. À la base, le titre anglais se traduirait plutôt par « L’invasion des voleurs de corps », et le scénario du film est tiré d’un roman de science-fiction américain intitulé « L’Invasion des Profanateurs » (The Body Snatchers) écrit par Jack Finney et paru en 1955. À la différence des déterreurs de cadavres, ce sont des corps et des âmes vivants dont s’emparent nos Body Snatchers. Nos fameux E.T., dont on ne connaît finalement jamais la réelle apparence, sont venus « remplacer » un par un les Terriens, en commençant par la ville de Santa Mira, près de Los Angeles. Pour se faire, ils placent des cocons géants, similaires à des gros haricots verts, mais dont le contenu abrite des corps humains sans vie, aux caractéristiques « inachevées », et qui sont des répliques en gestation de chaque habitant de Santa Mira. Le « remplacement » s’exécute alors pendant le sommeil de chacune des « versions originales » des habitants de la petite ville californienne.

13070509091915263611353473 dans Monstres sacrés

En 1956, L’INVASION DES PROFANATEURS DE SÉPULTURES sortait au moment où la Guerre Froide battait son plein. Et alors que le maccarthisme faisait la chasse au communisme aux États-Unis, certains critiques ont pu voir dans le film de Siegel, la cristallisation d’une forme de paranoïa collective, laquelle permettait de supposer que n’importe quel voisin de palier était peut-être un ennemi potentiel dépourvu d’états d’âme et qui cherchait à servir les intérêts de sa communauté plutôt que ceux de la vôtre. L’INVASION DES PROFANATEURS DE SÉPULTURES, petite série B indépendante, est clairement un film au climat anxiogène et paranoïaque, et son succès a persisté à travers le temps et plusieurs générations de fans de SF, tel un film culte.

13070509110015263611353475 dans Science-fiction

Le roman de Jack Finney a, plusieurs fois, été réadapté dans des versions plus ou moins égales à l’original de 1956. La plus connue, et sûrement aussi la mieux achevée, est celle que Philip Kaufman a tourné et sorti en 1978, et que l’on connaît en France sous le titre écourté, par rapport à la version de Siegel, de L’INVASION DES PROFANATEURS. Il est servi par une pléiade de très bons comédiens du genre, comme Donald Sutherland, Brooke Adams, Jeff Goldblum, Veronica Cartwright et Leonard Nimoy. Cette version de nos Body Snatchers from outer-space a d’ailleurs remporté l’Antenne d’or au Festival d’Avoriaz en 1979.

13070509131715263611353476 dans Trapard

Petite mention spéciale pour la version qu’Abel Ferrara a tiré du roman de Jack Finney, en 1993, une adaptation très libre mais très intéressante : BODY SNATCHERS, L’AVENTURE CONTINUE (un titre français, légèrement ambivalent, et qui annonce faussement une suite). Ferrara a modernisé l’univers de nos E.T., voleurs de corps, tout en gardant un certain respect pour une ambiance hollywoodienne des 50′s.

13070509150915263611353484La Warner Bros, et le réalisateur Oliver Hirschbiegel, ont sorti une quatrième adaptation du roman avec INVASION (2007), un film que je n’ai pas eu l’occasion de voir, mais malgré celles, plutôt réussies, de Philip Kaufman et d’Abel Ferrara, la version de 1956 reste, à mon goût, la meilleure, le climat de paranoïa s’installant et s’insinuant au fil d’une intrigue, en crescendo, pour se conclure en un « sadly ending » si peu courant à cette époque. Un film vraiment réussi, dans lequel la petite ville tranquille et bourgeoise de Santa Mira se referme, peu à peu, sur le personnage du médecin Miles Bennell (Kevin McCarthy), pratiquant une des professions les plus respectables en soi, et qui perd de plus en plus pied face à un ennemi incontrôlable, jusqu’à se retrouver exclus et traqué jusqu’au final.

Un des plus effrayant Monstres Sacrés que ceux qui attendent, patiemment, notre sommeil pour venir nous remplacer au sein de nos familles, en imitant notre image à la perfection, et ainsi conquérir le monde en toute quiétude. C’est aussi, et plus ou moins, le sujet d’un certain nombre de films de SF, dès les 50′s, comme LES ENVAHISSEURS DE LA PLANÈTE ROUGE (tiens ? Encore du Rouge…Invaders from Mars), autre film angoissant et datant de 1953, mais les Body Snatchers de L’INVASION DES PROFANATEURS DE SÉPULTURES sont, mine de rien, à placer, au panthéon des films d’Envahisseurs méthodiques les plus effrayants.

- Trapard -

Autres Monstres Sacrés présentés dans Les Échos d’Altaïr :

Alien / King Kong / Predator / Créature du Lac Noir / Mutant de Métaluna / Ymir / Molasar / Gremlins / Chose / Triffides / Darkness / Morlock / Créature de It ! The Terror from Beyond Space / Blob / Mouche / Créature de Frankenstein / Visiteurs / Martien de La Guerre des Mondes (1953) / E.T. / Pinhead / Michael Myers / Fu Manchu / Leatherface / Jason Voorhees / Tall Man / Damien Thorn / Toxic Avenger / Bruce : le grand requin blanc / La Momie / Le Loup-Garou / Dr Jekyll et Mr Hyde / Golem / Dracula / Orlac / La Bête / Les Krells / Les Pairans / Le Cavalier sans Tête / Le Hollandais Volant

Rejoignez Les Échos d’Altaïr IV sur Facebook !

INDEX DU BLOG

Un commentaire pour « MONSTRES SACRES : BODY SNATCHERS »

  1.  
    Jean Beauvoir
    7 juillet, 2013 | 13:11
     

    Des différentes versions, je trouve la 1re (1956), la meilleure. Je trouve que ce film est plus horrifique que les autres productions de la SF des USA des années 50. Il y a quelque chose de morbide que l’on ne retrouve pas dans The Deadly Mantis ou autre The Blob, etc.

Laisser un commentaire

Information pour les utilisateurs
Les retours à la ligne et les paragraphes sont automatiquement ajoutés. Votre adresse e-mail ne sera jamais affichée.
Veuillez prendre conscience de ce que vous postez