Ni 28 – STRATE 1

Posté le 19 septembre 2013

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Au nom du blog Les Échos d’Altaïr,  j’ai assisté, hier, à la version longue de Ni 28 en séance de presse au Ciné City. Une séance qui a démarré avec ses trois… et non ! Avec quatre trailers désormais : des bandes annonces très originales qui brouillent autant qu’elles ouvrent des pistes au spectateur. Ni 28 est déjà annoncé comme le centre névralgique d’une trilogie à venir.

13091908584515263611565560 dans FantastiquePour rappeler une fois de plus le sujet de Ni 28, le film raconte comment la Nouvelle-Calédonie s’est dépeuplée et comment sa population s’est transformée en de violents infectés. Alors que tous les autres rescapés s’organisent pour fuir le pays et trouver la sécurité ailleurs, l’un des derniers survivants de l’épidémie fait chemin inverse avec en sa possession un objet pour essayer de changer le cours des choses…

Nous sommes donc bien dans le film d’infectés avec Ni 28, mais avec des infectés non définissables, car aucun ne semble bouger, ni grogner, ni courir de la même manière, ce qui nous les rend encore plus insaisissables, donc plus inquiétants encore. Et la minuscule poignée de comédiens jouant les rescapés, dont celui qui incarne le protagoniste principal, sont tous jeunes, mais particulièrement bons, et le réalisateur, Terence Chevrin, semble en avoir tiré le meilleur parti.

Concernant le propos de fond du film, sans trop l’expliquer, bien qu’il soit déjà plus ou moins développé dans l’un des trois teasers que nous avions partagé dans notre article DES ZOMBIES CALÉDONIENS EN SALLES, j’ai pris beaucoup de plaisir à le voir abordé de cette manière par son réalisateur.

13091909002515263611565570 dans Nouvelle-Calédonie

De gauche à droite : Terence Chevrin (réalisateur), Florent Bouygues (comédien) et Loik Brédolèse (compositeur).

Personnellement, ayant été très marqué par la période des « Évènements », durant toute mon adolescence, et plus particulièrement par l’ambiance politique qui se répercutait sur chacun d’entre nous, plus que par la violence en elle-même, j’ai 13091909035015263611565573 dans Trapardlongtemps voulu écrire un scénario similaire à celui de Terence. Et la différence entre un jeune réalisateur comme Terence Chevrin, ou un cinéphile-vidéaste de ma génération, réside dans le fait que mes influences de réalisation me viennent de John Carpenter ou de George A. Romero. Et là où j’aurais enfermé mes protagonistes dans un huis-clos étouffant à l’aide d’un cadrage serré en crescendo, avec une présence extérieure néfaste, Terence a eu cette intelligence, liée à sa génération qui est moins sédentaire que la mienne, d’ouvrir l’action et l’angoisse en utilisant un décors mi-urbain, mi-brousse sur une ligne horizontale. Ce que Danny Boyle avait déjà lancé avec 28 JOURS PLUS TARD, et que l’on retrouve autant dans le film d’infectés que dans le genre actuel du Survival (et qui existait finalement aussi déjà dans le western). Et avec un film de la génération de Ni 28, seul le cadrage, souvent pris en mouvement, enferme, suit ou libère ses personnages dans leurs actions et, exceptées quelques minuscules imperfections, Terence réussit très bien ce tour de force tout le long du film.

Ni 28 est assez prenant, très bien réalisé, avec un superbe étalonnage des couleurs et des effets sonores qui m’ont particulièrement bluffé lors de certains passages. La majorité du film étant presque muette, l’échange et l’accentuation des regards, et particulièrement ceux du jeune comédien principal, alimentent fortement l’ambiance de paranoïa et la tension constante qui tiennent le spectateur jusqu’à la conclusion du film.

Je conseille donc d’aller le voir, mais pas seulement pour encourager la production locale, et même si les décors, ou certaines attitudes, certains traits ou accents des comédiens pourront pimenter notre fierté de spectateurs, je le conseille aussi comme un bon moment de cinéma d’horreur à petit budget, et très rafraichissant. Et bien entendu, très exportable.

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Terence Chevrin, réalisateur de Ni 28 – STRATE 1.

Cette exploitation de Ni 28 en salles me ferait aussi presque imaginer un slogan pour les vidéastes indépendants calédoniens de ma génération, qui serait « On en a rêvé, Terence Chevrin l’a fait ! ».

Et en plus, il l’a très bien fait. Lors de la conférence de presse qui a eu lieu à l’avant-première du film au Ciné City, le réalisateur, accompagné de son comédien principal et du compositeur de la BO du film, nous ont d’ailleurs expliqué leur démarche respective avant, pendant et après le tournage. Des démarches intelligentes alimentées par aucune subvention mais par beaucoup de travail, ce qui me motive assez à attendre les deux autres épisodes (une préquelle et un épilogue) de cette fameuse trilogie à venir. D’ailleurs, chaque épisode est déjà considéré comme une nouvelle « strate » comme les bandes-annonces l’indiquent, et chaque strate géo-fictionnelle de ce futur triptyque risque, au même titre que les couches de minerais locales, de se distinguer des autres par des caractéristiques propres. La dernière strate nous propulsera-t-elle finalement très loin de la première ? Un peu comme cette très vieille légende urbaine sur le nickel qui poussait les anciens à croire que le « minerai de cuivre » avait subi un mauvais sort des démons parce qu’on avait énormément de mal à l’extraire, alors qu’en fait, ils confondaient le minerai de cuivre avec celui de nickel qui est un élément propre, distinct du cuivre…

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Une trilogie intéressante et « à creuser » qui, aux dires de son réalisateur, tirera plus encore du côté de la science-fiction et du fantastique que cette petite strate cinématographique d’une heure dix, présenté au Ciné City du 25 septembre au 08 octobre.

Concernant, la diffusion au Ciné City justement, évitez d’emmener vos plus petits, car n’étant pas sûr qu’une réglementation d’âge ait été imposée par l’exploitant, il en sera par conséquent de votre responsabilité personnelle d’emmener ou pas vos enfants regarder un film plutôt violent.

- Trapard -

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Crédits photos : Alain Pactat pour l’avant-première et Marc Le Chélard pour le dossier de presse

17 commentaires pour « Ni 28 – STRATE 1 »

  1.  
    erwelyn
    19 septembre, 2013 | 18:27
     

    ça met rudement l’eau à la bouche. Mais ça ferait chère la place de ciné. ;-) . Clin d’œil : j’adore l’enjoliveur en bouclier improvisé.

  2.  
    19 septembre, 2013 | 18:40
     

    Oui, j’adore aussi ! Comme un p’tit côté Evil Dead.

  3.  
    Bad Ash
    19 septembre, 2013 | 21:07
     

    En lisant le très bon compte-rendu de l’avant-première de NI 18 par Trapard je n’attends qu’une seule chose: la sortie de ce long métrage en salle et déjà un bravo à toute l’équipe du film qui ont porté haut et fort les couleurs du cinéma calédonien.

  4.  
    Lincker Alain
    25 septembre, 2013 | 19:00
     

    J’ai hâte de voir le film et d’entendre la bande sonore. Bravo les jeunes ! A.L.

  5.  
    25 septembre, 2013 | 19:06
     

    Il est à l’affiche dès ce soir au Ciné City. ;-)

  6.  
    erwelyn
    26 septembre, 2013 | 0:14
     

    Je me concentre… téléportation, téléportation. Non tant pis, ça ne marche pas. grrrr

  7.  
    Trapard
    26 septembre, 2013 | 11:11
     

    N’oublies pas de prendre en compte le décalage horaire en te téléportant parce que le 25 septembre en journée pour toi, c’est le 26 dans la nuit ici :-)

  8.  
    BoSS U
    2 octobre, 2013 | 17:02
     

    Morbius
    je voudrais bien partager ton article sur le cri du Cagou si tu le permettais

  9.  
    2 octobre, 2013 | 17:57
     

    Oui, oui, bien sûr Boss’U. ;-)

  10.  
    Trapard
    2 octobre, 2013 | 20:54
     

    Il reste quelques jours pour aller voir le film.

    On peut écouter une partie de l’équipe s’exprimer dans cette émission radio :
    http://medias2.francetv.fr/videosread/rfo/mp3/nouvellecaledonie/atomik_emission/atomik_130930chevrin.mp3

  11.  
    Trapard
    3 octobre, 2013 | 1:20
     

    Et au passage, pour rebondir sur cette émission et sur Ni 28 n’est pas le premier long-métrage calédonien, puisqu’on en parlait déjà ici http://morbius.unblog.fr/2013/09/13/des-zombies-caledoniens-en-salles/

    Puis ici aussi,
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Cin%C3%A9ma_cal%C3%A9donien
    on y trouve une sorte d’état des lieux avec quelques titres anecdotiques comme « Plus jamais sans ma soeur » de Francky Lewis, Bruno Rouvière et André Gaspard.
    Ni 28 est plutôt le symbole d’une nouvelle génération avec des codes très différents des films de Paul K. Dupré, par exemple, dont j’ai eu la chance d’en voir certains dans les années 80 et qui sont marqués par une réalisation et un mode narratif typiques de leurs décennies.
    En ce sens, Ni 28 est un film moderne et avec une réalisation contemporaine, et si un jeune vidéaste tourne un autre long-métrage en 2025 ou plus (je donne là une date hypothétique), il sera lui aussi moderne en son temps. Et je suis même certain qu’on dira aussi qu’il s’agit du premier long-métrage calédonien. C’est un truc médiatique que j’ai toujours connu en Calédonie depuis gosse, et qui donne un peu cette impression que les Calédoniens sont les derniers de la classe, dans le sens que beaucoup de locaux se sont adaptés à une transmission orale en familles, au même titre que les Océaniens. Et lorsqu’on se retrouve hors de ces connaissances et transmissions, soit on prend le temps d’apprendre, soit on dit des bêtises à haute voix.

    Dans cette même logique, je crois que c’est à la toute fin des années 90 (il faut retrouver les archives en question), l’annonce d’un long-métrage XXX avait fait un tabac en NC. C’était à peu près à la même époque, ou un peu avant l’explosion de la presse XXX locale (on peut retrouver une enquête de cette presse alternative locale dans un numéro des Échos (non pas d’Altaïr mais de Thierry Squilario avant qu’il créé Les Infos) de 1998 ou 1999. Ça avait fait les gros titres de LNC aussi parce qu’un casting calédonien avait été proposé. Le film était réalisé par Laetitia qui était une star du XXX amateur en France. Le XXX amateur contrairement à ce que son nom indique, désignait dans à la fin des années 90 des films faussement amateurs, dont avec un vrai budget, et très bien distribués en DVD).
    Laëtitia avait tourné son film à Nouméa et dans la région de Yaté. C’était pour l’anecdote, et je suis un peu sorti du cadre de la SF avec le X.

    En tout cas, Ni 28 semble attirer du monde, et on ne peut souhaiter que du bien à son réalisateur et à son équipe, et surtout souhaiter que ce film connaisse une suite (ou deux), et que leur travail soit reconnu et accompagné financièrement par des institutions publiques ou privées.

  12.  
    Tesh
    7 novembre, 2013 | 20:45
     

    Un grand merci aux Echos et Trapard pour votre article, mais aussi pour vos précisions et encouragements dans les commentaires ! Longue vie au blog ! ;)

  13.  
    7 novembre, 2013 | 21:14
     

    Merci, et on attend avec impatience les suites !

  14.  
    Trapard
    19 janvier, 2014 | 19:32
     

    Je viens de trouver mieux que l’enjoliveur en bouclier : c’est le couvercle de poubelle et le bâton surmonté d’un pommeau de douche dans ALERTE DANS LE COSMOS…

    http://www.nanarland.com/Chroniques/alertedanslecosmos/baston.jpg

    Merci Morbius de m’avoir fait découvrir ce chef d’œuvre du space-opera ;-)

  15.  
    19 janvier, 2014 | 19:44
     

    De rien Trapard, j’en ai d’autres comme ça.

  16.  
    Sylvain
    28 novembre, 2014 | 14:58
     

    Pour ceux qui n’auraient pas vu l’information Ni 28 – STRATE 1 sera diffusé jeudi prochain (le 4 donc) sur NC 1ere. En attendant la sortie du dvd voilà une bonne occasion de voir ou revoir le film.

  17.  
    28 novembre, 2014 | 17:08
     

    En effet. Merci pour le rappel, Sylvain.

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