BEFORE I HANG (1940)

Posté le 8 octobre 2013

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BEFORE I HANG (1940) de Nick Grinde

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BEFORE I HANG (que vous pouvez traduire par « Avant que je sois pendu ») est un dérivé du roman de Robert-Louis Stevenson et de ses « Docteur Jekyll et Mister Hyde » dont nous avions présenté un petit dossier sur ce blog, et dont ce film de Nick Grinde n’y avait pas été répertorié. Nick Grinde, bien qu’un peu oublié aujourd’hui, fut l’un des premiers réalisateurs hollywoodiens a avoir tourné des séries B autrefois appelées « Films Noirs », appellation donnée, dans les années 40, à ce que qui serait aujourd’hui considéré comme des « thrillers » et dont les thèmes fantastiques étaient courants. Je citerai, en exemple, quelques films de Grinde où Karloff y interprète quelques savants fous, comme THE MAN THEY COULD NOT HANG (de 1939, et légèrement inspiré de LE MORT QUI MARCHE, déjà avec Karloff), THE MAN WITH NINE LIVES (1940) et ce BEFORE I HANG, dont voici l’intrigue :

13100808554015263611620662 dans Science-fictionLe Dr. John Garth est jugé et condamné pour le couloir de la mort pour meurtre par compassion, mais la justice lui permet d’expérimenter un sérum en utilisant le sang d’un des criminels, avant son exécution. Mais Garth teste secrètement le sérum sur sa propre personne, et alors qu’il est acquitté, sa personnalité vacille soudain entre le médecin généreux qui a fait le serment d’Hippocrate, et une nouvelle facette plus sombre et meurtrière…

Le début des années 40 était une période transitoire pour Boris Karloff qui cessait d’incarner les montres ressuscités (FRANKENSTEIN, 1931, LA MOMIE, 1932, LE FANTÔME VIVANT, 1933, LA FIANCÉE DE FRANKENSTEIN, 1935, jusqu’au FILS DE FRANKENSTEIN en 1939) pour exploiter de nouvelles facettes de son talent dans des rôles de savants psychotiques et torturés dans lesquels il est excellent. BEFORE I HANG est une bonne série B produite par la Columbia Pictures, mais l’année suivante, en 1941, la Metro-Goldwyn-Mayer sortit sur les écrans un excellent DOCTEUR JEKYLL ET MISTER HYDE, avec Spencer Tracy et Ingrid Bergman, qui écrasa le succès du film de Nick Grinde. Ceci, particulièrement grâce au talent de Spencer Tracy et à la réalisation intelligente de Victor Fleming, encore auréolé par le box-office pour LE MAGICIEN D’OZ (1939) et AUTANT EN EMPORTE LE VENT (1939).

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Bien que réalisé de manière plus classique, et légèrement bavard, BEFORE I HANG est à mon goût un bon film du tout début des 40′s et dont une place lui est forcément due dans ce vieux Grenier du Ciné SF de notre blog.

- Trapard -

Autres films présentés dans la catégorie Le Grenier du Ciné SF :

Flash Gordon, de la BD aux serials / Croisières Sidérales / Aelita / Man Made Monster / Metropolis / Things to come / Docteur Cyclope / L’Ennemi sans Visage / Sur un Air de Charleston / La Femme sur la Lune / Le Tunnel / La Fin du Monde / I.F.1 ne répond plus / Buck Rogers au XXVe Siècle : Une Bataille Interplanétaire avec les Hommes-Tigres de Mars / Le Mort qui marche

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4 commentaires pour « BEFORE I HANG (1940) »

  1.  
    Jean Beauvoir
    9 octobre, 2013 | 10:16
     

    Merci Trapard pour cet article, excellent comme toujours : précis, très instructif et bref. L’idéal pour une lecture sur internet. Tu es notre Jean-Pierre Putters calédonien, et nous t’en remercions.
    Pour ceux (sans doute nombreux) qui auraient maintenant envie de voir ce film, il est assez facilement accessible, notamment dans la belle collection Icons of Horror (chez Sony), dans le volume consacré à Boris Karloff, comprenant Before I hang, mais aussi The man they could not hang (1939, dont il est aussi question dans l’article de Trapard), The boogie man will get you (un très mauvais film de 1942) et enfin The black room (un très bon film de 1935 que l’on peut qualifier de gothique). Ce coffret offre une bonne qualité d’image, mais il est en zone 1 et en anglais.

  2.  
    Trapard
    9 octobre, 2013 | 16:20
     

    Merci pour tous ces compliments amusés. J’aime beaucoup THE BLACK ROOM aka LE BARON GRÉGOR que je classerai plus facilement avec le shakespearien des mêmes années 30, LA TOUR DE LONDRES, mais dont je ne peux pas trop aborder dans cette rubrique, bien qu’il s’agisse de films plutôt gothiques comme tu le dis, mais pas du tout référencés dans le Fantastique.
    Sinon, je suis déçu dans un sens, car je pensais te faire découvrir BEFORE I HANG, mais pas si étonné, dans un autre sens, vu ton cheminent personnel de cinéphile.

  3.  
    Jean Beauvoir
    10 octobre, 2013 | 8:46
     

    Je connaissais en effet ce film, mais le fait d’en parler, de partager, amène une curiosité nouvelle, un autre regard. Je vais revoir ce film du coup. Mais de manière générale, je connais mieux le cinéma européen et les « monster movies » de l’Universal. La plupart du temps, tes articles me font découvrir ces vieux films américains, ce qui est frustrant, car ils ne sont pas toujours faciles d’accès.

    Personnellement, je ne suis pas loin de classer Shakespeare dans les auteurs fantastiques. Ces textes font souvent référence au surnaturel, et les adaptations filmées de son œuvre misent pas mal sur ce registre, ou tout du moins dans l’horrifique (comme la Tour de Londres de Rogers Corman [1962], avec Vincent Price). Par ailleurs, Shakespeare est aussi l’écrivain désigné par les auteurs de romans gothiques du XVIIIe siècle comme étant leur inspiration fondamentale (et leur caution morale : si Shakespeare l’a fait, nous aussi pouvons écrire sur les fantômes, les revenants, les sorcières, les malédictions, etc.). Or nous savons les liens de filiation entre cette littérature britannique, et les débuts du cinéma fantastique en Allemagne, puis aux USA à la faveur des migrations vers Hollywood. Bref, lorsque je vois parmi mes DVD de Terence Fisher ou de Vernon Sewell les adaptations de Richard III (1955) ou de Hamlet (1948) réalisées par Laurence Olivier, ça me parait logique.

    Dans une certaine mesure, le raisonnement peut aussi s’appliquer à Alfred Hitchcock qui a fait de vraies incursions dans l’horrifique et même dans le surnaturel (Les oiseaux). Et qui, de toute façon, fut une inspiration importante pour le cinéma horrifique des années 60, notamment en Angleterre et en Italie. La Hammer Film a lancé toute une série de ce que Michael Carrera appelait ses « mini Hitchcock » (Nightmare [1964], Fanatic [1965], Hysteria [1965], The Nanny [1965], Crescendo [1970], Straight on Till Morning [1972], Fear in the Night [1972], The Lady Vanishes [1979], ce dernier étant carrément un remake d’un film d’Hitchcock [1938]). Et pour ce qui est de l’Italie, il n’y a qu’à citer L’effroyable secret du Dr Hitchcock, qui est tout simplement un remake horrifique de Rebacca d’Hitchcock. On peut aussi pointer certains films de Bava, comme Le corps et le fouet, avec une sombre gouvernante à la Rebecca, incarnée par Harriet Medin, que l’on retrouve dans ce même rôle dans le très hitchcockien Spectre de Ricardo Freda, mais aussi dans Black Sabbath de Bava (dans le sketch de la goute d’eau).
    Bref, je m’égare un peu, mais c’était pour légitimer les liens entre le fantastique à proprement parler et certaines œuvres qui lui sont extérieures, mais pas vraiment étrangères.

  4.  
    Trapard
    10 octobre, 2013 | 9:07
     

    Puisque tu abordes Rebecca d’Hitchcock et de son influence sur le cinéma gothique italien, je te propose de revenir, un peu en arrière, et sur mon article sur le film « Peter Ibbetson », et sur la fameuse famille d’écrivains anglo-américains, Du Maurier qui sont à l’origine d’une partie de cet univers sombre :

    http://morbius.unblog.fr/2013/07/23/peter-ibbetson-1935/

    Et je crois, en effet, que Shakespeare et son univers fantomatique tragique, voire pathologique, est une source plus directe du genre gothique que certains auteurs victoriens qui traitent de fantômes et de maisons hantées avec une certaine légèreté, comme c’était le cas d’Oscar Wilde.

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