DRIVE-IN : HOW TO MAKE A MONSTER (1958)

Posté le 12 octobre 2013

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HOW TO MAKE A MONSTER
Année : 1958
Réalisateur : Herbert L. Strock
Scénario : Herman Cohen & Aben Kandel
Production : Herman Cohen & James H. Nicholson (American International Pictures)
Musique : Paul Dunlap
Pays : USA
Durée : 73 min
Interprètes : Robert H. Harris, Gary Conway, Gary Clarke, Morris Ankrum…

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Ni vraiment une suite de I WAS A TEENAGE FRANKENSTEIN qu’Herbert L. Strock a réalisé en 1957, ni vraiment, non plus, de I WAS A TEENAGE WEREWOLF (1957) de Gene Fowler Jr, HOW TO MAKE A MONSTER est plutôt un dérivé de ces deux films que l’American International Pictures fit tourner par Strock pour relancer leur relatif succès en drive-in. Un peu à la manière de NIGHTMARE CONCERT (1990) de Lucio Fulci, de FREDDY SORT DE LA NUIT (1994) de Wes Craven, ou encore de SCREAM 2 et 3, HOW TO MAKE A MONSTER est comme un film dans le film, puisqu’il met en scène le créateur d’effets spéciaux, Pete Dumond (interprété pour l’occasion par le comédien Robert H. Harris), hypnotisant et poussant à tuer les comédiens qui portent ses maquillages. Le titre est donc à double sens.

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L’intrigue : Un célèbre créateur d’effets spéciaux, Pete Dumond, travaillant depuis des décennies pour les studios de l’American International Pictures voit sa carrière et sa passion s’interrompre brusquement lorsque la nouvelle gestion de la société décide arbitrairement que leur cycle de films  d’horreur doit s’achever pour une nouvelle mode de comédies musicales. Ainsi, l’A.I.P., décide de tourner une suite à leurs deux films de monstres, mais aigri et névrotique, Pete Dumond devient  psychotique et jure d’assassiner les nouvelles stars chantantes des futures films musicaux, grâce à l’hypnose, et en utilisant et une formule chimique qu’il a lui-même développé. Dumond prend alors le contrôle mental des jeunes comédiens jouant le Teenage Frankenstein et le Teenage Werewolf pour se venger…

HOW TO MAKE A MONSTER est un bel hommage à Pete Dumond, même s’il n’est finalement, avec Paul Blaisdell (qui réalisa les effets de beaucoup de séries B de Roger Corman dans les 50′s), que le pâle continuateur, sans moyens financiers, des maquillages cultes des films de monstres de la Universal Pictures (DRACULA, FRANKENSTEIN, LA MOMIE, LE LOUP-GAROU…) réalisés par Jack Pierce. À moins d’y voir un hommage ironique et amusé, puisque Dumond est de plus en plus psychotique dans le film, une frénésie assez décalée en rapport à son travail, finalement.

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Un exemple de dialogue de HOW TO MAKE A MONSTER :

Pete Dumond : Pourquoi, même les psychiatres disent que dans toutes ces images de monstres, il y a non seulement le divertissement, mais pour certaines personnes il y a une thérapie ? Eh bien, vous le savez, nous n’osons jamais empiéter sur le sinistre de nos peurs de l’enfance : ces visages terrifiants que nous voyons dans nos cauchemars. À travers ces images, nous pouvons vivre nos peurs cachées, et ça nous aide !

Jeffrey Clayton : Peut-être avez-vous vécu trop longtemps avec ces monstres !

Pete Dumond : Parfois je les trouve de meilleure compagnie que les humains. Rappelez-vous juste qu’un artiste ne doit pas avoir peur. Sa création est presque une chose sacrée. Toutes mes créations ! Le Bon Dieu a créé les Saints, et il a également créé les pécheurs. Il a créé l’agneau et la biche, mais il a aussi créé le loup et le chacal. Qui peut juger ce qui est le plus louable ?

Larry Drake (montrant les maquillages de Dumond) : Qu’est-ce que c’est ?

Pete Dumond : Ma famille… Mes enfants !!!

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Avec HOW TO MAKE A MONSTER, nous ne sommes finalement pas très loin de NIGHTMARE CONCERT dans lequel le réalisateur Lucio Fulci, jouant son propre rôle, est torturé par les scènes gores et malsaines qu’il invente lui-même pour ses propres films…

Le film d’Herbert L. Strock s’adressant, avant tout, à des adolescents, le jeune chanteur John Ashley pousse la chansonnette, au milieu du film, pour les yeux et les oreilles de nos jeunes spectatrices de l’époque.

Au début du film, on voit des spectateurs venus visiter les studios et qui sont accueillis par un guide qui leur annonce qu’ils vont pouvoir assister au tournage d’une scène clef de CRIMES AU MUSÉE DES HORREURS (Horrors at the Black Museum), un film anglais d’Arthur Crabtree que j’apprécie beaucoup, et qui a été écrit et produit par Herman Cohen, film qui aura un très gros succès l’année suivante, en 1959, et sur lequel je reviendrai dans cette rubrique. D’ailleurs, la majorité de HOW TO MAKE A MONSTER est tournée en noir et blanc, et seule la fin du film a été réalisée avec le même technicolor que celui utilisé sur CRIMES AU MUSÉE DES HORREURS, donnant une dimension gothique au film d’Herbert L. Strock. Le film se concluant en un superbe incendie où les créatures (les enfants, rappelez-vous !) de Dumond sont brûlées, et pour les besoins de cette scène l’A.I.P. a détruit certains maquillages de Paul Blaisdell, dont les connaisseurs reconnaitront sûrement celui du monstre de SHE-CREATURE (1956) d’Edward L. Cahn, suspendu à un mur.

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Bien qu’étant une simple série B, HOW TO MAKE A MONSTER est plutôt culte pour nombre de cinéphiles du cinéma bis, le chanteur Rob Zombie lui ayant même dédié un morceau sur son album, Hellbilly Deluxe en 1998, le groupe de psychobilly (ou plus précisément de hellbilly), THE CRAMPS sortira aussi un album éponyme en 2004, et quelques court-métrages et documentaires dédiés au maquillage gore reprendront aussi ce titre culte et efficace.

Pour conclure cet article, je voulais aussi ajouter que le maquillage du loup-garou que l’on voit dans  I WAS A TEENAGE WEREWOLF, ainsi que dans HOW TO MAKE A MONSTER, a été repris dans le clip THRILLER que John Landis a tourné pour Michael Jackson, en 1983. Un clip qui symbolise autant la fin de la Motown pour de nombreux chanteurs afro-américains, que la fin de la Blaxploitation, un mouvement qui évolua vers une mixité ethnique dans le cinéma américain du début des années 80. Sans oublier que Michael Jackson fut le premier artiste afro-américain dont MTV accepta, sous la menace du président de la CBS Records, de diffuser un vidéo-clip, avec BILLIE JEAN, puis BEAT IT, suivi enfin de THRILLER. Ce dernier clip étant comme un pied de nez au cinéma de drive-in des 50′s destiné à un « public blanc », Michael Jackson et la jeune comédienne-chanteuse, Ola Ray, interprétant sa petite amie au début du clip, jouent des personnages de teenagers qui n’étaient attribués qu’à des comédiens d’origine européenne dans les années 50. Michael Jackson reprenant même le maquillage du « werewolf » des deux films cités plus haut, dans un uniforme universitaire américain des années 50, le restant de ce clip de 14 minutes devenant plus sombre, et Jackson se transformant ensuite en zombie, sur la voix off de Vincent Price, un autre grande star du cinéma d’horreur des 50′s et 60′s.

- Trapard -

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7 commentaires pour « DRIVE-IN : HOW TO MAKE A MONSTER (1958) »

  1.  
    12 octobre, 2013 | 19:59
     

    Incroyable le nombre de films fantastiques et de SF réalisés rien qu’en 1958 !

  2.  
    Trapard
    12 octobre, 2013 | 22:27
     

    C’est vrai, on parle beaucoup du cinéma SF et fantastique des 50′s, mais il a commencé à se multiplier à la fin des années 50 surtout.

  3.  
    Jean Beauvoir
    13 octobre, 2013 | 15:46
     

    Merci Trapard pour l’évocation de ce cinéma tant aimé des nostalgiques de la période (fin des années 50) aux USA. C’est à cette époque aussi que les voitures prennent des formes délirantes: les fameuses Cadillac et autres avec des grandes ailes de fusée. Ça ne durera que 2 ou 3 ans (1957-1959).
    Heureusement que j’avais déjà vu ce film, car tu en dis beaucoup sur la manière dont il se termine.
    À noter que Crime au musée des horreurs a aussi en commun avec How to make a monster l’idée de l’hypnose comme moyens de faire perpétrer des crimes. C’est, grosso modo, la même histoire. L’une très British, l’autre très américaine.
    Le clip « Thriller » est un pied de nez au cinéma destiné au public blanc, et Horror Of The Black Museum est, comme son nom l’indique est un film raciste.

  4.  
    erwelyn
    13 octobre, 2013 | 18:20
     

    Encore un film « à voir » (parce que j’en ai vu bcp mais avec avec toi Trapard, je me sens bien ignorante ;-) avec tout ce que tu nous dépoussière. En tout cas affiche et maquillage sont géniaux !

  5.  
    13 octobre, 2013 | 18:24
     

    Trapard est une encyclopédie cinématographique vivante devant laquelle on se fait tout petit ! ;-)

  6.  
    Trapard
    13 octobre, 2013 | 19:14
     

    Arrêtez ^^

  7.  
    trapard
    19 juin, 2014 | 1:09
     

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