DRIVE-IN : J’ENTERRE LES VIVANTS (1958)

Posté le 19 octobre 2013

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J’ENTERRE LES VIVANTS (I BURY THE LIVING)
Année : 1958
Réalisateur : Albert Band
Scénario : Louis Garfinkle
Production : Louis Garfinkle & Albert Band (United Artists)
Musique : Gerald Fried
Pays : USA
Durée : 76 min
Interprètes : Richard Boone, Theodore Bikel, Peggy Maurer, Howard Smith, Herbert Anderson…

Houlà ! Il est déjà 3 heures passées du matin et nous sommes arrivés dans la nuit à Poindimié, avec mon pote photographe, Alain, pour le festival Ânûû-rû âboro. Après quelques difficultés à nous loger, nous nous retrouvons à deux, seuls dans un immense internat vide, à devoir nous choisir chacun une chambre, entre la trentaine de libres (et je n’ai pas encore exploré les longs couloirs très symétriquement identiques). Le calme règne implacablement dans cet internat du bord de mer, pas loin du village endormi, sur les trottoirs duquel une poignée de fêtards sont tombés, trop alcoolisés, avant d’avoir pu rejoindre leurs foyers. Seuls les fantômes de l’internat ne se sont pas encore manifestés, ce soir de pleine Lune, qui éclaire le vent qui secoue, très fébrilement, les branches des arbres, les faisant presque ressembler à d’immenses mains crochues. Mais d’ici deux heures, ces mains gigantesques agripperont le rideau de la nuit, pour me laisser entrevoir les premiers rayons du soleil. En attendant, devant mon portable, et sans connexion internet, je cherche mes mots, puisque j’ai promis à Morbius de lui modeler un article pour la rubrique du samedi sur le blog sur lequel vous êtes en train de poser votre regard, et pour qu’il puisse le publier demain, à heure fixe. Tel un rédacteur en chef, pointilleux et méthodique, Morbius reçoit, de Nouméa, capitale d’Altaïr IV, les dépêches de ses correspondants du monde entier (comme de l’autre versant de la Calédonie). Et pour ce fameux Drive-in du samedi, c’est d’un film d’Albert Band qu’il sera question aujourd’hui. Une chance qu’entouré de la bonne humeur se dégageant du prestigieux festival de Poindimié, présentant de nombreux documentaires, souvent passionnants à regarder, à écouter, à décoder, à débattre, j’ai pensé à me munir de quelques très vieux films d’horreur en noir et blanc, pour laisser un peu flotter mes soirées…

J’ENTERRE LES VIVANTS (I bury the living) est un des premiers longs-métrages du réalisateur/producteur Charles Band. Un film de malédiction, comme la fin des années 50 commençaient à en produire, jusqu’à l’explosion de ce genre de sujet au tout début des 60′s, mais qui déviaient vers une forme plus gothique, entre sorcellerie, réincarnations et adaptations d’Edgar Allan Poe.

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L’intrigue : Robert Kraft (comme la marque de mayonnaise), gérant l’administration d’un cimetière, utilise des punaises noires et blanches pour coordonner les emplacements mortuaires à l’aide d’une carte. Le jour où il se trompe de couleur, punaisant des caveaux pleins à la place des vides, les propriétaires des tombes en question meurent les uns après les autres. La mayonnaise tourne, et Kraft commence à douter, se sentant l’instrument d’une malédiction qui le dépasse…

Entre série B d’horreur et « Film Noir », proche du polar de second programme d’exploitation, J’ENTERRE LES VIVANTS n’en reste pas moins un film captivant, et excellemment réalisé, dont Richard Boone (aka Robert Kraft) tient le spectateur jusqu’au quasi -« sad ending »- nouvellement de rigueur (en 1958, le fameux « Rêve Américain » se teintait déjà de quelques balbutiements psychologiquement morbides…). Richard Boone, qui débutait pratiquement sa carrière cinématographique avec ce film d’horreur, après quelques apparitions télévisées et deux petites séries B (dont CLIMAX, en 1958) s’est surtout fait connaître, par la suite, pour ses rôles de cowboys aux côtés de John Wayne, et dans de bons westerns de série B, comme dans quelques bons thrillers comme LA LETTRE DU KREMLIN (1970). Père de Charles, qui produit et réalise encore aujourd’hui de nombreuses zèderies souvent cultes, Albert Band était déjà l’initiateur d’une série de films d’exploitation du cinéma bis, dès les années 50. Son ZOLTAN, LE CHIEN DE DRACULA (1978) est son film le plus connu de par l’originalité de son sujet, mais le réalisateur a surfé sur de nombreuses modes, au même titre que les autres firmes indépendantes du bis, tournant des peplums en Italie, dans les années 60, des westerns spaghettis, dans les 70′s, ainsi que quelques films d’horreur pour teenagers dans les années 80 et 90, avant de décéder en 2002.

L’anecdote qui intéressera Morbius, pour conclure cet article, c’est que le compositeur de la BO de J’ENTERRE LES VIVANTS est Gerald Fried, qui participera, bien plus tard, à la composition de certains thèmes des séries TV, STAR TREK (1966), MISSION IMPOSSIBLE (1966), MANNIX (1967), ainsi qu’à l’excellent OUTLAND (1981) de Peter Hyams.

- Trapard -

J’ENTERRE LES VIVANTS : LE FILM EN ENTIER (V.O.)

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3 commentaires pour « DRIVE-IN : J’ENTERRE LES VIVANTS (1958) »

  1.  
    19 octobre, 2013 | 17:19
     

    C’est pas beau, ça ? Même en plein festival, à des kilomètres de Nouméa, il assure le Trapard ! Merci à lui ! ;-)

  2.  
    Jean Beauvoir
    27 octobre, 2013 | 14:36
     

    Franchement Trapard, tu devrais écrire des fictions. Ton intro dans le dortoir si « atmosphérique », j’y étais… J’attendais qu’il se passe quelque évènement surnaturel qui nous aurait plongés dans une aventure horrifique des plus intenses.

    Je ne saurais dire pourquoi, J’ENTERRE LES VIVANTS fut une grande déception pour moi. Je trouve qu’il ne s’y passe rien. Il n’y a pas d’ambiance. L’affiche nous promet une sorte de Nuit des morts vivants avant l’heure. Il n’en est rien du tout.

  3.  
    Trapard
    29 octobre, 2013 | 2:46
     

    Oui, je comprends mais en 1958, on était loin de 1968 et de LA NUIT DES MORTS VIVANTS. Et comme l’Histoire du Cinéma est comme un espace-temps en 3D, on ne peut pas mélanger l’évolution des genres. Pour moi, J’ENTERRE LES VIVANTS (1958) est un mélange de ZOMBIES AT MORA TAU (1957) et de ce que deviendra deux ans ans plus tard, en 1960, un cinéma d’horreur psychotique à la PSYCHOSE d’Alfred Hitchcock. C’est d’ailleurs, la raison pour laquelle j’avais écrit, de Poindimié cette phrase « en 1958, le fameux « Rêve Américain » se teintait déjà de quelques balbutiements psychologiquement morbides… », mais j’avais quelques doutes sur la clarté de mon propos.

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