A TRIP TO MARS (1910)

Posté le 3 décembre 2013

A TRIP TO MARS (1910) dans Cinéma 13061310052715263611288458

A TRIP TO MARS (1910) de Thomas Edison

13120307314815263611786913 dans Le grenier du ciné SF

Pour ce nouveau Grenier du ciné SF, voici un article spécialement dédié à Erwelyn, notre lectrice inconditionnelle de la planète Mars. La semaine dernière, nous abordions LE VOYAGE DANS LA LUNE (1902) de Georges Méliès et la manière dont Thomas Edison avait piraté les droits d’exploitation du réalisateur français pour sortir le film en Amérique sous le titre A TRIP TO THE MOON. C’est donc tout naturellement qu’il réalisa (lui-même apparemment, aux dires des diverses sources du web), ce A TRIP TO MARS en 1910. Moins bon que le film de Méliès, mais non dénué de créativités, comme cet effet de gigantisme avec une tête de diable démesurée soufflant de la poudre sur le scientifique.

L’intrigue : Dans son laboratoire, un scientifique farfelu découvre une potion poudreuse qui lui permet d’inverser la gravité terrestre. Mais il s’applique accidentellement la poudre sur lui-même et s’envole vers Mars où il se confronte à de nombreuses étrangetés…

Comme dirait la bonne conscience collective : « la poudre, c’est pas bon et ça fait délirer ! ». Et on est ici déjà dans les prémices des films de savants fous, ou Mad Doctors. D’ailleurs, Edison produisait déjà, cette même année 1910, la première adaptation du roman de Mary Shelley, FRANKENSTEIN, réalisée par J. Searle Dawley. Le Français, Abel Gance, proposera, quant à lui, à peine cinq ans plus tard, un étrange et déjanté, Docteur Tube, créant une distorsion de l’image et de l’espace-temps à l’intérieur même du film, dans LA FOLIE DU DOCTEUR TUBE (1915). En 1910, les cinéastes touillaient leur imagination pour exploiter le thème du voyage dans l’espace, et là où Méliès reprenait le fameux boulet de canon de Jules Verne, en 1902, Thomas Edison préférait simplifier la réalisation de son film en jouant sur le centre de gravité terrestre qui, une fois inversé, devenait martien… Une astuce scénaristique qui définit assez bien le futur écart entre le blockbuster et la série B, puisque là où Méliès allait vers la science modernisée par les romans de Verne, et qui nécessite donc de bons effets spéciaux, Edison revenait vers une simplification, beaucoup plus liée à la littérature classique, finalement assez proche des romans de Savinien Cyrano de Bergerac, « Histoire comique des États et Empires de la Lune » et « Histoire comique des États et Empires du Soleil ».

Mais pour les habitants de Mars, Edison a imaginé des géants de toutes sortes, parfois similaires aux champignons («les champignons, c’est pas bon et ça fait aussi délirer ! ») et ce visage gigantesque de diablotin, moins réussi que celui de la Lune de Méliès, mais qui rappelle autant les aventures d’un certain baron de Münchhausen. À ce sujet, je trouve que les deux films de Münchhausen, de Josef von Baky et celui de Terry Gilliam, me font beaucoup penser aux univers féériques muets d’un Georges Méliès, d’un Thomas Edison, ou de Segundo de Chomon et Ladislaw Starewicz.

Pour illustrer ce Grenier du Ciné SF martien, voici une version de ce court-métrage de Thomas Edison, A TRIP TO MARS. Un film à ne pas confondre avec un autre film muet titré A TRIP TO MARS, datant de 1924, et réalisé par Dave Fleischer qui, avec son frère Max (le père du réalisateur Richard Fleischer), ont tourné nombre de films d’animation mettant en scène Popeye le marin ou Betty Boop. Le film de Dave Fleischer, A TRIP TO MARS narre le voyage humoristique sur Mars du personnage Koko le clown, dessiné et animé par le réalisateur se mettant lui-même en scène, dans un univers surréaliste proche des aventures de « Little Nemo in Slumberland » de Winsor McCay. Ce qui fait aussi une pierre-deux-coups pour la liste d’Erwelyn, des films se déroulant sur la planète rouge (ou noire et blanche ici…), avec des nouveaux martiens imaginés à l’époque de nos arrière-grands-parents.

- Trapard -

Autres films présentés dans la catégorie Le Grenier du Ciné SF :

Flash Gordon, de la BD aux serials / Croisières Sidérales / Aelita / Man Made Monster / Metropolis / Things to come / Docteur Cyclope / L’Ennemi sans Visage /Sur un Air de Charleston / La Femme sur la Lune / Le Tunnel / La Fin du Monde /I.F.1 ne répond plus / Buck Rogers au XXVe Siècle : Une Bataille Interplanétaire avec les Hommes-Tigres de Mars / Le Mort qui marche / Before I hang / The Ape / Le Capitaine Marvel / Le Voyage dans la Lune

Rejoignez le groupe des Échos d’Altaïr IV sur Facebook !

INDEX DU BLOG

12 commentaires pour « A TRIP TO MARS (1910) »

  1.  
    erwelyn
    3 décembre, 2013 | 21:46
     

    Ah mais je ne t’ai pas attendu ;-) .
    Voici mes liens :
    A trip to Mars (Miler/Edison)
    http://erwelyn.over-blog.com/article-a-trip-to-mars-1910-ashley-miller-120346658.html
    A trip to Mars : Koko le clown
    http://erwelyn.over-blog.com/article-koko-the-clown-a-trip-to-mars-1924-120805499.html
    Note que le premier a été tourné par Ashley Miller. Edison faisant souvent appel à d’autres réalisateurs même si lui seul était au générique. ça m’a demandé pas mal de temps avant de comprendre ça parce qu’à cette période, les crédits n’existaient pas vraiment et qu’il n’ai pas toujours facile de démêler le vrai du faux.
    Sinon, tu évoque Docteur Tube : c’est un grand moment de cinéma expérimental que tout cinéphile ce doit d’avoir vu. Tu nous fera peut-être un petit article prochainement ?

  2.  
    erwelyn
    3 décembre, 2013 | 21:47
     

    oops, désolée, j’ai fait pas mal de coquilles…

  3.  
    Trapard
    3 décembre, 2013 | 22:31
     

    Comment ça ?

  4.  
    Trapard
    4 décembre, 2013 | 1:43
     

    Ah ok ! Au temps pour moi !

    http://erwelyn.over-blog.com/article-a-trip-to-mars-1910-ashley-miller-120346658.html

    Tu veux parler de Ashley Miller qui serait le potentiel réalisateur de A TRIP TO MARS.
    Écoute, c’est peut-être moi qui fait erreur. Quand tu écris « Au générique seul Edison apparait et on sait que ce dernier réalisait quelquefois lui-même ses films ou faisait appel à des anonymes. », tu as raison, puisqu’au début du cinématographe, le réalisateur n’avait pas de réelle importance. Les frères Lumière sont les auteurs d’un nombre incalculables de films qu’on leur attribue, mais ils étaient surtout inventeurs d’une invention brevetées qui faisait tourner une mini-industrie du spectacle à but lucratif. Donc ils payaient ce qu’ils appelaient des « opérateurs de prises de vue » et qui étaient des photographes à la base. Mais ces personnes n’étaient pas forcément crédités, d’autant que ces films d’une minute (ou 50 secondes, une durée qui venait de la taille des toutes premières bobines), n’avaient pas de génériques. Mais les opérateurs étaient sous contrats et rétribués financièrement. Je pense que ce sont les factures de l’époque qui font aujourd’hui offices de preuves. Ces « opérateurs » tournaient dans le monde entier, et je pense que l’on ne retient aujourd’hui que le nom d’Alexandre Promio, parcequ’il a inventé par hasard le fameux travelling, en filmant d’une gondole en déplacement les façades de Venise.

    Voici le lien wikipedia sur Alexandre Promio, mais la personne qui a complété cette page n’a pas du tout fait référence à cette invention accidentelle. Mais elle est véridique, et elle m’a été enseignée en cours d’audiovisuel, et elle m’a été confirmée dans un documentaire sur l’invention des frères Lumière et leur manière de travailler avec leurs opérateurs.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Promio

    L’anecdote de Georges Méliès filmant une rue, et sa bobine s’enrayant au passage d’un carrosse et refonctionnant au passage d’un corbillard (ou l’inverse) est nettement plus connue, puisqu’elle est la base d’un des effet spéciaux les plus connus inventés par Méliès (apparition-disparition ou transformation d’un objet ou individu en un autre…).

    Tout ça pour dire, que Méliès étant français, s’est fait connaître assez vite en tant qu’artiste parisien (Paris sera toujours Paris la la li la la…), tandis que les USA aux fondements plus capitalistes sont restés sur l’idée de business des frères Lumières. Et c’est le cas d’Edison évidemment qui était un réel homme d’affaires, tandis que Méliès beaucoup moins (d’où le fait qu’il se soit fait avoir).

    Mais du coup, tu as sûrement raison concernant Ashley Miller puisque, comme tu le dis, imdb le crédite comme réalisateur du film. Après, depuis tout ce temps…Je ne saurais dire si ça peut se vérifier.
    http://www.imdb.com/name/nm0587929/

    Sinon, je ne savais pas du tout qu’Edwin S. Porter avait tourné un potentiel film de SF. Je connais surtout (et même par coeur plan par plan) son western THE GREAT TRAIN ROBBERY (1903) qui est le tout premier western de l’histoire du cinéma.

    Sinon, pour le reste, il me semble que nos deux articles s’accordent.

  5.  
    erwelyn
    4 décembre, 2013 | 3:59
     

    Euh des fautes, quoi. J’aime pas ça….

  6.  
    4 décembre, 2013 | 6:14
     

    Désolé pour ce méli-mélo de commentaires. De temps en temps, ça lui prend au blog de les bloquer en attendant mon approbation, alors que vous êtes tous deux déjà enregistrés et reconnus sur ce site. C’est encore ce que j’appelle, excusez-moi, la « connerie informatique », oui, il n’y a pas d’autres mots pour ça. Et dire qu’il y en a qui adore l’informatique. Faudra qu’on m’explique un jour…

  7.  
    erwelyn
    4 décembre, 2013 | 6:52
     

    T’inquiète. On ne te flagellera pas en place publique. Par contre mes réactions sont ici, vu qu’on a croisé un peu les liens avec Trapard :
    http://erwelyn.over-blog.com/article-koko-the-clown-a-trip-to-mars-1924-120805499-comments.html#comment116169775
    Allez, bonne nuit, ou bonne journée… faut que je me mette une horloge spéciale Nouméa. ;-)

  8.  
    4 décembre, 2013 | 6:54
     

    Merci, je pars au boulot, il est 7 heures du matin. Bonne soirée à toi !

  9.  
    Jean Beauvoir
    5 décembre, 2013 | 14:40
     

    Le martien en question a un petit air de Basile Rathbone…

    Petite remarque d’un béotien du cinéma à propos de l’importance accordée aux réalisateurs au début du cinéma : on peut en effet se demander pourquoi le réalisateur plus que l’auteur par exemple, ou que le chef opérateur, ou même le producteur qui parfois est essentiel au film (voir Milton Subotsky pour la compagnie Amicus, ou encore Sam Katzman) est devenu la personne à qui l’on attribue un film. C’est justifié lorsqu’il est également auteur de l’histoire et du scénario, voire lorsqu’il est également responsable du montage. Mais dans le cas (assez fréquent) du réalisateur qui applique un story-board, avec des dialogues écrits à la virgule, qui ne s’occupe pas de l’éclairage, pas des prises de vue, ni de la musique, ni des décors, ni du montage, ni du casting, ni de la production… C’est un peu court de dire : « un film de… ».

  10.  
    Trapard
    5 décembre, 2013 | 15:12
     

    Dans l’idée que la réalisation d’un film est une écriture de l’image, il existe des droits d’auteurs sur celles-ci tournées par les réalisateurs, mais je pense que les contrats entre producteurs, réalisateurs et techniciens de l’image, doivent être très différents dans un cas comme dans l’autre. Du coup, « un film de… » est simplement une façon générique d’annoncer les choses, comme on parle de « tâcherons » ou d’ « artisans » de l’image, pour parler péjorativement des cas dont tu parles.

  11.  
    Trapard
    6 décembre, 2013 | 2:05
     

    Au passage, il existe d’autres formes de films pour lesquels les réalisateurs ne sont pas crédités, et où il faut se tenir au courant pour connaître le nom des personnes. C’est le cas des clips musicaux ou des spots publicitaires qui sont des court-métrages aux mêmes titres qu’un court-métrage de fiction. En Nouvelle-Calédonie, il existe ce côté grandiloquent et théâtral qui fait que l’on crédite facilement un réalisateur, mais ce n’est pas le cas dans la majorité des pays.
    Les réalisateurs de films de propagande comme il en existe en Nouvelle-Calédonie, depuis que l’Avenir Ensemble a lancé la mode avant les Provinciales de 2004, ne sont pas crédités, mais la Calédonie est petite et que l’on arrive à tout savoir. À l’inverse, le cinéma de propagande sous le régime soviétique, franquiste, national-socialiste, fasciste et même dans le patriotisme américain, ou dans le socialisme français, a toujours glorifié ses réalisateurs. C’est généralement, dans l’opposition politique, donc dans la minorité que l’on crédite beaucoup moins un film de propagande. Les vidéos signées des « Anonymous » est une tendance qui se propage, et qui démontre aussi mon exemple.
    Mais c’est vrai que le cinéma a toujours mis en avant le nom des réalisateurs parcequ’il s’agit d’un médium dont l’importance sur les masses est reconnue. Les réalisateurs d’émissions TV ou de téléfilms, de séries TV le sont nettement moins, mais nettement plus que les réalisateurs de documentaires, par exemple. Enfin, bref, c’est très vaste…

  12.  
    trapard
    30 mars, 2015 | 0:15
     

    Après Koko le clown dans A TRIP TO MARS en 1924, Felix the Cat a aussi voyagé sur Saturne et sur la Planète Rouge dans FELIX THE CAT ASTRONOMEOUS (1928). La bande-son additionnelle est un joli clin d’oeil à Pink Floyd (« The Wall ») et à la manipulation des masses surtout en période de crise mondiale juste avant les années 1930.

    https://www.youtube.com/watch?v=JIRKcoSgKSg

Laisser un commentaire

Information pour les utilisateurs
Les retours à la ligne et les paragraphes sont automatiquement ajoutés. Votre adresse e-mail ne sera jamais affichée.
Veuillez prendre conscience de ce que vous postez