GODZILLA (2014) : LA CRITIQUE

Posté le 17 mai 2014

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Godzilla fête ses 60 ans cette année (oui, je sais, il ne les fait pas…), et Gareth Edwards (MONSTERS), tout jeune réalisateur, a eu la tâche immense, voire l’immense honneur, d’être choisi entre tous pour réaliser le remake du célèbre classique de la Toho. Une épreuve de force. Alors, est-il parvenu à surmonter son stress évident pour nous offrir un film qui fera date dans la franchise ou n’est-ce qu’un blockbuster de plus ?…

Oubliez le précédent remake de 1998 réalisé par Roland Emmerich, de même que les nombreux Godzilla de pacotille produits par la Toho au cours de ces dernières années. En effet, fini le ton de la comédie : le film de Gareth Edwards s’inscrit volontairement dans le sérieux du film de 1954. Pendant deux heures, l’humour ne se manifeste à aucun moment, sauf  peut-être en deux rares occasions où Godzilla, pour notre plus grand plaisir, feinte ses adversaires, les deux Muto, mais je ne vous dirai pas comment…

GODZILLA 2014 est un blockbuster qui privilégie l’humain… au détriment des monstres vedettes. Certains diront que c’est une bonne chose, les relations entre les personnages s’avérant particulièrement soignées par un réalisateur soucieux de ne jamais sombrer dans la facilité. Bryan Cranston (Joseph Brody), Aaron Taylor-Johnson (le lieutenant Ford Brody), y compris Elizabeth Olsen (Elle Brody) et bien entendu Juliette Binoche (Sandra Brody, seulement présente cinq minutes à l’écran), composent un brillant casting dont on ne saurait remettre en doute les qualités. Voilà donc un film que l’on pourrait qualifier de blockbuster « intelligent », d’autant plus que l’histoire, même si elle ne peut prétendre à l’originalité, n’en demeure pas moins bien écrite.

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Mais un film de monstres où l’on cherche les monstres, en particulier la vedette elle-même, Godzilla, c’est un peu dommage, non ?… Car en fait le grand « absent » du film, c’est bien lui, le roi des monstres en personne. Un comble ! J’exagère ? À peine ! Si l’on devait rassembler toutes les scènes où Godzi nous fait l’honneur de se montrer, on atteindrait peut-être les 20 minutes à tout casser (c’est le cas de le dire !). Avouez que c’est bien peu pour un film de deux heures et qui, en plus, s’intitule GODZILLA !

Alors certes, Gareth Edwards a voulu ménager la critique (ce qu’il est visiblement parvenu à faire), mais à l’inverse il a légèrement déçu certains fantasticophiles, comme moi, qui s’attendaient, légitimement, à voir un peu plus leur monstre favori…

Néanmoins, soyons honnête : cela n’ôte en rien le plaisir que j’ai eu à regarder ce film ! Je dirais même, après réflexion, que cela y apporte une certaine saveur : les apparitions du roi des monstres étant rares, chacune s’apprécie jusqu’à la dernière seconde ! En outre, Gareth Edwards, en bon fan, nous filme Godzilla dans toute sa majesté avec une 3D totalement inutile, il faut bien l’avouer. Véritable montagne ambulante, notre monstre sacré est d’une crédibilité jamais encore égalée, lourd et lent dans ses mouvements, féroce dans ses attaques, impressionnant lorsqu’il rugit à en faire éclater les vitres des immeubles alentours, il est toujours, et encore plus, LE roi des monstres ! Et les scènes où notre géant combat les Muto (leur apparence est très originale, mais surtout les sons étranges qu’ils émettent) sont monstrueusement efficaces ! D’autres s’avèrent un vrai régal sur un plan purement visuel.

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Gareth Edwards rend un hommage appuyé et respectueux à notre Godzi, notre monstre favori étant toujours notre protecteur, et la musique d’Alexandre Desplat de souligner le côté épique de ses attaques et, surtout, de le glorifier pour sa dernière apparition à l’écran…

Oui, GODZILLA 2014 est un très bon film de monstres ! Oui, Gareth Edwards a réussi à nous émouvoir ! Oui, Godzilla aurait pu être un peu plus présent ! Non, les Japonais n’ont pas intérêt à critiquer le film !

- Morbius -

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4 commentaires pour « GODZILLA (2014) : LA CRITIQUE »

  1.  
    trapard
    17 mai, 2014 | 23:23
     

    Haha À cause de toi, j’ai très envie de le voir désormais :D
    Dans le film de 1954, Godzilla est très peu présent également.

  2.  
    17 mai, 2014 | 23:38
     

    Il y a très longtemps que je n’ai pas revu le Godzilla de 1954 (depuis 1954, peut-être… :-D ), donc je ne me rappelle plus très bien du nombre d’apparitions de Godzi. Mais ce qui pouvait peut-être s’expliquer hier par un manque de moyens n’est plus le cas aujourd’hui.
    A lire les commentaires de fantasticophiles par-ci par-là sur Facebook et sur le net, certains se montrent malheureusement très méchants envers le film à cause de ça. Gareth Edwards aurait pu nous gâter un peu plus avec une présence renforcée du roi des monstres. A ce niveau là, Roland Emmerich assurait largement dans son film.

  3.  
    trapard
    17 mai, 2014 | 23:58
     

    Oui c’est vrai. Dans le premier Godzilla, le « roi des monstres » n’apparait qu’à la fin du film alors qu’il y a quelque chose de naturel et de monstrueux qui est constamment suggéré. Le film n’était (dans mes souvenirs) qu’une succession de catastrophes naturelles et pour moi, Godzilla est vraiment devenu le héros de la saga dans le film de 1955. Dans celui de 54, sa personnalité et sa présence ne sont encore que très abstraits.

  4.  
    trapard
    18 mai, 2014 | 4:13
     

    Juste ajouter aussi puisque tu écris « Godzi, notre monstre favori étant toujours notre protecteur », que Godzilla a commencé tardivement a protéger l’humanité face à d’autres créatures préhistoriques. Dans le film de 54, Godzilla était tout l’inverse car issu des dérèglements climatiques et naturels engendré par l’invention des hommes : l’Atome. Et Godzilla n’était rien d’autre que la Nature qui se rebellait contre l’Humanité. Je suppose que Godzilla s’en prenait à Tokyo du fait que les États-Unis entretenaient un embargo politique et économique sur le Japon et que beaucoup de financements du cinéma japonais, comme c’était le cas pour le film GODZILLA venait d’Amérique, ce qui devait freiner toute idée d’attaques de Godzi sur New-York ou Washington, ou sur la Californie (pour rester près du Pacifique). Ce qui donne une impression de masochisme japonais avec les premiers Godzilla.
    C’est lorsque le cinéma a créé une diversité de monstres dans les kaiju-eiga que ces différents monstres ont commencé à se battre entre eux à la manière des monstres américains de la Universal, que Godzilla a sûrement été élu roi et favori des kaiju-eiga.
    Ce qui est étonnant c’est que les kaiju japonais ont abandonné depuis belle lurette cette notion de révolte de la Nature contre l’Humanité et ce sont les séries B américaines comme celles de Roger Corman qui ont repris cet aspect du cinéma japonais. Et notamment la majorité des « Mega Sharks » qui pour certains reprennent carrément le point de départ de certains kaiju-eiga des années 60 (tremblements de terre sous-marin, fêlures des grands glaciers etc etc). Même le scénario du PIRANHA d’Alexandre Aja reprend cette trame. Nous sommes loin d’Hiroshima et de Nagasaki, mais les prédictions pour la planète ont lancé une nouvelle mode de dérivés américains de kaiju-eiga ce dont -je suppose- les Majors japonaises n’ont ni les moyens financiers ni le luxe de pouvoir produire dans les années 2000.
    En tout cas, ton article m’a rendu curieux de savoir ce qu’est devenu Godzilla en 2014.

    PS : J’avais vraiment apprécié MONSTERS.

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