SATAN’S BLOOD (1978)

Posté le 19 juin 2014

SATAN'S BLOOD (1978) dans Cinéma bis 14061908474215263612328985

SATAN’S BLOOD (1978) de Carlos Puerto

Plus connu sous son titre espagnol, ESCALOFRÍO, qui pourrait se traduire par une sensation désagréable comme celle des « Frissons » ou de la « Chaire de poule », le film de Carlos Puerto a été édité en France en VHS sous le titre anglais de SATAN’S BLOOD pour utiliser le succès de L’EXORCISTE (1974, The Exorcist). Entre la sortie du film de William Friedkin en 1974 et ESCALOFRÍO en 1978, il faut remplir la parenthèse avec une bonne grosse série de dérivés avec des sectes sataniques ou des exorcismes comme :

- L’ANTÉCHRIST (1974, L’Anticristo) d’Alberto De Martino

- EL ESPIRITISTA (1975) d’Augusto Fernando

- Le très beau LISA ET LE DIABLE (1973, Lisa e il diavolo) de Mario Bava, remonté, refilmé et charcuté par le producteur Alfredo Leone pour qu’il devienne l’incompréhensible LA MAISON DE L’EXORCISME (1975, La Casa dell’esorcismo)

- EXORCISMO (1975) de Juan Bosch et avec Paul Naschy

- L’excellent giallo UN BIANCO VESTITO PER MARIALÉ (1972) de Romano Scavolini et que les éditeurs français ont eu le « très bon goût » de ressortir en le titrant bêtement, EXORCISME TRAGIQUE

- MAS ALLÀ DEL EXORCISMO (1975), une co-production italo-mexicano-espagnole de Mario Siciliano, que vous pouvez traduire en français par quelque chose comme « Plus loin que l’exorcisme » ou « Au-delà de l’exorcisme »

- LA MALÉDICTION (1975, The Omen), de Richard Donner, fait évidemment partie des très bons dérivés de L’EXORCISTE (1974), tout comme LA PLUIE DU DIABLE (1975, The Devil’s Rain) de Robert Fuest, avec William ‘Kirk’ Shatner

- LA SECTE DES MORTS VIVANTS (1975, The Devil’s Men ou Land of Minotaur) de Kostas Karagiannis, avec Donald Pleasence et Peter Cushing

- Et même jusqu’à de la science-fiction satanique avec HOLOCAUSTE 2000 (1977, Rain of Fire) d’Alberto De Martino, avec Kirk Douglas

Certains réalisateurs importants du bis ont aussi tourné leurs films de possessions sataniques comme Amando de Ossorio avec LA ENDEMONIADA (1975) ou Lucio Fulci avec sa LONGUE NUIT DE L’EXORCISME (1972, Non si sevizia un paperino). Par la suite, Fulci mélangera même zombies et forces occultes dans FRAYEURS (1979, Paura nella città dei morti viventi), et L’AU-DELÀ (1981, L’aldilà).

Puis citons encore un polar satanique avec LA GRANDE MENACE (1978, The Medusa Touch) de Jack Gold, avec Richard Burton et Lino Ventura, et le retour de l’antéchristique Damien Thorn dans DAMIEN 2, LA MALÉDICTION (1978, Damien: Omen II) de Don Taylor, et j’en oublie forcément…

14061908491315263612328986 dans Fantastique

Mais c’est au sein de cette liste sans fin que l’on trouve ESCALOFRÍO aka SATAN’S BLOOD produit en Espagne par un des maîtres du bis hispanique, Juan Piquer Simón, à qui l’on doit quelques classiques du Fantastique & Horreur comme LE CONTINENT FANTASTIQUE (1976, Viaje al centro de la Tierra), SUPERSONIC MAN (1980), LE MYSTÈRE DE L’ÎLE AUX MONSTRES (1981, Misterio en la isla de los monstruos), LES DIABLES DE LA MER (1982, Los diablos del mar), LE SADIQUE À LA TRONÇONNEUSE (1983, Mil gritos tiene la noche) ou encore SLUGS (1988, Muerte viscosa).

Le film démarre sur le mode documentaire pendant lequel un expert en sciences occultes décrit quelques cas répertoriés de satanisme et de possessions. Il s’agit d’ailleurs d’un caméo puisque il s’agit du Docteur Fernando Jiménez del Oso, psychiatre et journaliste spécialisé dans la parapsychologie, et très célèbre en Espagne au moment du tournage du film, pour ses émissions télévisées sur la TVE sur l’au-delà et le paranormal.

Puis s’ensuit une scène érotique de rituel satanique, et enfin l’histoire commence.

Andrew et Berta, un couple de madrilènes, quittent leur appartement pour une journée de détente à la campagne avec leur chien. En chemin, ils rencontrent Bruno et Anne, un couple d’étrangers qui les invitent dans leur chalet. Comme une tempête les surprend, Andrew et Berta doivent passer la nuit au chalet. Pour passer le temps les deux couples entament une partie de Ouija qui fait resurgir certains conflits passés et qui fait monter une tension psychologique au sein du chalet qui s’avère être hanté par une présence invisible et belliqueuse…

14061908505715263612328988 dans Trapard

Nous ne sommes pas si loin d’EVIL DEAD (1982) de Sam Raimi, dans un certain sens.

Moins connu en France que Juan Piquer Simón, Carlos Puerto n’en est pas moins un maître du Fantastique espagnol, ayant à de nombreuses reprises collaboré aux scénarios des productions madrilènes de Piquer Simón et de Paul Naschy (Jacinto Molina).

Aujourd’hui, à la vision de SATAN’S BLOOD, on ressent évidemment le poids des années entre cette vieille production espagnole de 1978 et le cinéma hyper-actif des années 2000. Personnellement, j’en possédais une VHS issue d’un déstockage de vidéoclub en 1987 et je dois bien avouer que je ressentais bien les “Frissons” du titre, lorsque je regardais le film sur mon magnétoscope, et particulièrement pour toute la partie finale. Et ceci malgré les nombreuses scènes érotiques qui parsèment l’intrigue puisqu’elles font partie intégrante de la relation des deux couples à des rituels sataniques. Aujourd’hui c’est plutôt cette sensation passée de mon adolescence qui m’étreint légèrement lorsque je revois ces vieilles images kitschs et macabres. Néanmoins, si l’on replace SATAN’S BLOOD dans son contexte aux côtés de certains films de Paul Naschy ou même de petites productions italiennes, ESCALOFRÍO est un film plutôt effrayant avec sa montée de l’horreur en crescendo. Le même crescendo que l’on retrouve dans EVIL DEAD encore une fois, puisque s’agissant de deux films à minuscules budgets, Puerto et Raimi ont éludé tout le superflu de leurs films pour se rendre très rapidement à l’essentiel : l’horreur.

- Trapard -

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