POURQUOI SUIS-JE TOUJOURS DERRIÈRE TOI ?…

Posté le 24 juillet 2014

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Dans le domaine des courts-métrages purement fantastiques ou inspirés par le fantastique, les Calédoniens ne sont pas en reste. Pour preuve cette catégorie qui leur est entièrement consacrée et où Trapard nous présente de temps à autre une œuvre de son choix. Suivez le guide !

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POURQUOI SUIS-JE TOUJOURS DERRIÈRE TOI ALORS QUE TON DOS REFLÈTE TANT MA SOLITUDE ?

Je ne voulais pas trop aborder mes vieux courts-métrages amateurs dans cette rubrique, d’autant que j’ai plus été inspiré par le cinéma d’horreur que par le fantastique en lui-même. Mais le fait d’avoir récemment regardé le remake de MANIAC (2012) de Franck Khalfoun que j’ai vraiment apprécié (sauf peut-être la fin que j’ai trouvé moins crédible), m’a un peu inspiré.

J’ai tourné POURQUOI SUIS-JE TOUJOURS DERRIÈRE TOI ALORS QUE TON DOS REFLÈTE TANT MA SOLITUDE (ou POURQUOI SUIS-JE TOUJOURS DERRIÈRE TOI pour les intimes) en 2005 alors que je ne regardais quasiment que des films des années 80, que je retrouvais petit à petit réédités en DVD et que j’achetais régulièrement. Histoire de revivre les classiques de mon adolescence.

Et ce court-métrage POURQUOI SUIS-JE TOUJOURS DERRIÈRE TOI ALORS QUE TON DOS REFLÈTE TANT MA SOLITUDE (je remets le titre en entier pour taquiner Morbius qui devra assurer la mise en page derrière… Ne me remercie pas Morbius) reprenait plus ou moins le canevas du film de William Lustig tourné au début des années 80 avec Joe Spinell dans le rôle-titre du MANIAC. Ceci à la différence que mon court-métrage n’était réalisé uniquement qu’en compagnie d’amis, souvent de passage, qui venaient prendre un café chez moi et à qui je demandais parfois : « Tiens, puisque tu es là, tu ne veux pas t’allonger par terre et faire la morte pendant que je te filme ? ».

J’avais aussi pensé à MANIAC parce que mon frère avait ramassé un haut de corps de mannequin en plastique cassé sur le bord de la route, et il pensait que ça pourrait me servir d’accessoire pour un film. Et l’ayant posé contre un mur dans un coin de mon salon en attendant de trouver une idée, je m’étais très vite rendu compte que le mannequin cassé était devenu très inquiétant pour certaines copines qui n’arrêtaient pas de se tourner dans sa direction. Un peu comme s’il possédait sa propre présence humaine dans la pièce. Ce qui m’a évidemment fait penser à la manière dont William Lustig avait intégré des mannequins semblant presque vivants à la fin de MANIAC.

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De mémoire, je n’avais écrit aucun scénario et je l’avais tourné en bouts à bouts comme un puzzle dont je mémorisais les cases manquantes au fur et à mesure avant de filmer chaque nouvelle scène. D’ailleurs en cette année 2005, j’étais devenu un vrai « Maniac » des films avec des couteaux et rien qu’en tournant POURQUOI SUIS-JE TOUJOURS DERRIÈRE TOI ALORS QUE TON DOS REFLÈTE TANT MA SOLITUDE (hé, hé…), j’ai dû tourner parallèlement trois ou quatre très courts films de poursuites avec des armes blanches. Je me souviens qu’ayant commencé à tourner les premiers plans à partir du regard subjectif du tueur, je l’ai rapidement enchaîné de cette manière, mais à la manière « found-footage », en y ajoutant un (REC) aux scènes filmées et un filtre en noir et blanc. J’utilise l’expression de « found-footage » bien qu’elle n’existait pas encore en 2005, les premiers films du genre ayant été popularisés vers 2007-2008 avec CLOVERFIELD et compagnie.

Personnellement, je reprenais plutôt le style en « found-footage » issu des scènes de jungle dans CANNIBAL HOLOCAUST (1980), un procédé repris par la suite par LE PROJET BLAIR WITCH (1998). Mon court-métrage se concluant (un peu maladroitement d’ailleurs) par une scène au cours de laquelle le tueur se faisait écraser par un véhicule conduit par deux énergumènes toujours présents sur les scènes des crimes. Mais ils étaient tellement obnubilés par leurs propres images qu’ils ne voyaient finalement jamais ni le meurtrier ni ses actes criminels qui se déroulaient pourtant juste sous leurs nez ou dans leurs dos. D’ailleurs à chaque tournage, ayant oublié ce qu’ils s’étaient racontés la fois précédente, ils embrayaient sur un nouveau dialogue inintelligible et surréaliste, l’un s’écoutant parler et l’autre se caressant les cheveux tout en répondant du tac au tac et toujours à côté du sujet. Et c’est en voulant relever le corps de l’assassin, qu’ils renversaient à la fin du court-métrage, que ces deux-là trouvaient près de lui sa petite caméra DV et en découvraient le contenu : le tueur buvant un apéritif en discutant avec un mannequin en plastique habillé avec les vêtements de ses différentes victimes (que les deux hommes avaient aussi côtoyées sur les scènes des crimes).

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J’en avais peut-être trop raconté et assez mal dans une si courte histoire, et ceux qui ont regardé ce court-métrage ne savaient plus trop au final qui était coupable de quoi. Ça ne fonctionnait plus vraiment comme je l’avais prévu. Et de découvrir le remake de MANIAC filmé tout en caméra subjective, ça m’a rappelé avoir essayé de détourner le film original de William Lustig un peu de cette manière. Dans mes souvenirs, une fois mon film pratiquement monté, je m’étais aussi rendu compte qu’il me manquait un élément décisif et assez présent dans MANIAC de William Lustig (et qui l’est plus encore dans le remake) : la mère ou nœud de la psychose de Frank Zito (que nous décortiquions aussi sur CosmoFiction).

Alors, comme je n’avais plus d’idées de tournage, j’ai repensé à mon histoire et j’ai aussi repassé quelques films d’horreur dans ma tête dont quelques bons giallos bien psychologiques des Seventies. Ça m’a rappelé cette sorte d’image sacralisée de la mère un peu absente, mais pourtant encore présente dans des souvenirs d’enfance. Un peu comme ces clichés surexposés où l’on voit une main enfantine coiffant une longue chevelure maternelle dans certains films italiens. Je m’étais dit que comme le tueur de mon court-métrage arrivait toujours par derrière ses victimes pour les égorger avec sa longue lame, c’était dans cette image d’absence (et d’injustice œdipienne en quelque sorte) qu’il pouvait chercher une potentielle vengeance envers ses proies. D’ailleurs, je trouve excellent que le tueur du remake de Franck Khalfoun incarné par le comédien Elijah Wood semble se laisser submerger par sa propre image à chaque fois qu’il commet ou va commettre un crime sanglant, un aspect du personnage de Frank Zito abordé de manière plus basique et plus théâtrale dans le film de Lustig.

Alors pensif devant mon logiciel de montage en 2005 et à une heure très tardive avec une scène manquante (alors qu’en tant que fan de MANIAC, ça m’ennuyait de ne pas vraiment conclure mon film comme je le voulais), mais aussi sans vraiment savoir qu’un jour Morbius aurait à se décarcasser pour placer un titre aussi long dans l’encadrement de son blog, j’ai alors entré puis sauvegardé les mots POURQUOI SUIS-JE TOUJOURS DERRIÈRE TOI ALORS QUE TON DOS REFLÈTE TANT MA SOLITUDE ?

Le film est consultable en intranet dans certains lieux culturels via l’archivage de [Courts-en-Ligne] avec tout plein d’autres court-métrages calédoniens anciens ou récents.

- Trapard -

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3 commentaires pour « POURQUOI SUIS-JE TOUJOURS DERRIÈRE TOI ?… »

  1.  
    24 juillet, 2014 | 19:21
     

    Mais la version raccourcie de ton titre me convient très bien, Trapard.

  2.  
    trapard
    24 juillet, 2014 | 19:49
     

    :D

  3.  
    trapard
    7 avril, 2015 | 23:02
     

    un petit mot en rapport avec le Bureau d’Accueil des Tournages de Nouvelle-Calédonie :
    Une tendre pensée pour Aline Marteaud Da Silva qui en faisait partie depuis sa création à la Province Sud et qui nous a quitté hier. Elle n’accompagnera malheureusement plus les réalisateurs et techniciens calédoniens de sa profonde gentillesse.
    Mes sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

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