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PHILIP K. DICK : SECOND VARIETY / DEUXIÈME VARIÉTÉ (1952)

Posté le 23 octobre 2014

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Erwelyn, du site Culture Martienne, vous invite de temps à autre à découvrir ou redécouvrir une nouvelle de science-fiction. Aujourd’hui : Deuxième Variété de Philip K. Dick.

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En octobre 1952, Philip K. Dick écrit une de ses meilleures nouvelles, Second Variety (Deuxième Variété aka Nouveau Modèle), qui sera publiée pour la première fois en mai 1953 dans le magazine américain Space Science Fiction.

L’histoire
Dans un futur indéterminé, la guerre a éclaté entre les États-Unis et la Russie. Pour contrer leur ennemi de toujours, les Américains inventèrent les Griffes (« Claws » en anglais) : des petits robots en forme de sphères équipés de rasoirs meurtriers et programmés pour exterminer tous les humains qui ne seraient pas protégés d’un bracelet-brouilleur. Conçues par des usines totalement automatisées souterraines, les Griffes finirent par échapper à leurs inventeurs. Se reproduisant elles-mêmes, elles évoluèrent vers des mécanismes toujours plus performants et finirent par devenir un danger pour les deux camps.

Dans cette nouvelle, Dick aborde un de ses thèmes récurrents : qui est vraiment humain et qui paraît seulement l’être ? Ainsi il crée la paranoïa au sein d’un petit groupe de survivants lorsque ses derniers découvrent que plusieurs modèles évolués de Griffes ont maintenant apparence humaine et qu’il devient difficile d’identifier tous les nouveaux modèles.

14102309010015263612635476 dans Science-fictionCe qui est extraordinaire avec cette nouvelle, c’est qu’il pose sans le savoir à l’époque toutes les bases d’un film de James Cameron qui sortira en 1984, TERMINATOR, dont le propos est identique : devenues totalement autonomes, les machines se retournent contre leurs créateurs.

Le rapprochement avec ce film est d’autant plus intéressant qu’en 1954 une autre nouvelle de PKD, Jon’s World (Le Monde de Jon), paraît dans l’anthologie Time to Come. On se retrouve dans un futur plus éloigné dans lequel on a maîtrisé le voyage dans le temps et dans lequel, aussi et surtout, la Terre a été ravagée par une guerre destructrice opposant les humains à des machines de leur invention : les Griffes. On projette donc d’envoyer une expédition dans le passé afin d’empêcher un certain Shonerman, spécialiste en Intelligence Artificielle, de développer ses travaux qui aboutirent à l’élaboration des Griffes.

Si cette « suite » est donc parue un an après la première, la datation des manuscrits de PKD révèlent en fait que Jon’s World fut la première des deux nouvelles. Écrite le 21 octobre 1952, elle précède de quelques jours (30 octobre) l’écriture de Second Variety. C’est sûrement en l’ayant écrite que l’idée vint à PKD de développer le concept de l’évolution de ces robots.

14102309010115263612635477En 1995, le réalisateur québécois Christian Duguay s’atèle à l’adaptation de la nouvelle de PKD. Si le film SCREAMERS (Planète Hurlante) souffre cruellement de moyens et est plutôt un flop au box-office, nombreux s’accordent à dire que c’est sans conteste une des adaptations les plus fidèles des nouvelles de PKD.

Les divergences sont assez anecdotiques. Le conflit est transposé en 2078 sur la planète Sirius 6B et oppose des mineurs, l’Alliance, à leur employeur, le NBE (Nouveau Block Économique). Des scientifiques de l’Alliance inventent alors les Hurleurs (« Screamers » en anglais), des robots identiques aux Griffes décrites par PDK mais ayant en plus la particularité de pousser un hurlement strident au moment de l’attaque. L’Alliance représente les Américains et le NBE, les Russes de la nouvelle. En dehors de ça et d’une fin sensiblement différente, mais cohérente, la fidélité de l’adaptation est saisissante et la tension tout à fait palpable. S’il n’était quelques décors intérieurs un peu succincts et une action réduite malgré quelques effets spéciaux rares mais réussis, le film aurait sans doute pu trouver un public plus enthousiaste. Pour autant, reconnaissons aussi à Peter Weller, acteur sous-exploité au cinéma, d’endosser avec charisme le personnage principal, le Colonel Hendricksson (Hendricks dans la nouvelle).

14102309010215263612635478La scène finale (léger spoil) de Second Variety a été légèrement modifiée à l’écran afin de permettre une scène sentimentale qui n’est pas incohérente puisqu’elle admet ainsi que l’évolution des robots va jusqu’à savoir « aimer ». Dans la nouvelle, Hendricks reste sur Terre comprenant trop tard qu’il a permis à l’« ennemi » de s’échapper. Dans SCREAMERS, c’est lui qui prend la seule navette qui puisse le ramener sur Terre sans savoir qu’à son bord, il transporte un énième modèle d’Hurleur (ce modèle que je ne spoile pas est aussi présent de façon furtive dans la nouvelle de PDK).

En 2009, une suite, SCREAMERS : THE HUNTING, du Canadien Sheldon Wilson, est sortie directement en vidéo. Elle n’est en aucun cas l’adaptation du Monde de Jon, mais une vraie suite originale au premier film se déroulant quelques années plus tard. La Terre reçoit un SOS de Sirius 6B et envoie une mission pour déterminer l’origine de l’appel. Si ce deuxième volet est esthétiquement plus réussi avec quelques passages gores bien savoureux, on regrette que le scénario manque autant d’originalité. Il est quasiment entièrement inspiré d’ALIENS, LE RETOUR dont il reprend un nombre bien trop grand de scènes – déjà la fin du premier film y faisait penser avec son compte-à-rebours et son « passager clandestin ». On apprécie quand même cette suite primant l’action même si l’effet de surprise n’est plus de mise.

Pour finir, une petite anecdote martienne :
Sirius est une étoile de la constellation du Chien. Nous n’avons aucune idée de sa représentation. Toutefois les astronomes antiques la décrivaient rouge même si aujourd’hui elle ne l’est plus. Quelle planète pouvait donc inspirer le mieux Sheldon Wilson pour représenter Sirius 6B ? Mars bien sûr ! Ainsi reconnaissons-nous notre chère planète rouge à sa grande cicatrice qu’est la Vallée Marineris. Au montage, l’image est inversée et enrichie d’une nuée de nuages ou de neige (plus probable car on voit dans le film de nombreux paysages enneigés) mais on ne s’y méprend pas.

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Sirius 6B

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Mars, la vraie.

- Erwelyn -

- Seconde Variété – Philip K. Dick (dans le recueil Minority Report Folio SF)
- PLANÈTE HURLANTE – Christian Dugay (DVD)
- PLANÈTE HURLANTE 2 – Sheldon Wilson (DVD)

Autres articles d’Erwelyn :

Richard Matheson : Steel – L’Indéracinable (1956) / Ray Bradbury : The Jar – Le Bocal (1944) / Kim Stanley Robinson : Venice Drowned – Venise Engloutie (1981) /A.M. Burrage : The Waxwork – Figures de Cire (1931) / L’Invention Diabolique (Vinalez zkazy) 1958 – Karel Zeman

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4 commentaires pour « PHILIP K. DICK : SECOND VARIETY / DEUXIÈME VARIÉTÉ (1952) »

  1.  
    23 octobre, 2014 | 18:19
     

    Merci à toi, Erwelyn. C’est toujours un plaisir de te lire !

  2.  
    erwelyn
    23 octobre, 2014 | 18:44
     

    Merci Morbius. j’aimerai être un peu plus prolixe mais c’est aussi un plaisir pour moi de contribuer à ton super blog !

  3.  
    neocobalt
    24 octobre, 2014 | 8:26
     

    Bonjour à tous. Excellente chronique, Erwelyn ! Merci. Je m’attelle de ce pas à la lecture du Monde de Jon. :)

  4.  
    Erwelyn
    27 octobre, 2014 | 22:25
     

    Second Variety est la meilleure mais effectivement autant découvrir les deux. Je reconnais bien là ta curiosité, Néo.

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