« Plus que jamais, je considérais ma bibliothèque comme un havre de fraîcheur, une forêt frisquette en constante expansion où les hommes, échappant à l’agitation fébrile d’une journée de travail, venaient passer une heure à détendre leurs membres et baigner leur esprit dans la lumière vert gazon et la brise légère des pages tournées. Puis, reconcentrés, les idées refixées à leur armature, la chair plus souple, ils pouvaient se replonger dans la fournaise grondante de la réalité, affronter midi, sa foule d’improbable vieillissement, la mort inéluctable. J’en avais vu des milliers débouler affamés et repartir rassasiés. J’avais vu des gens perdus se retrouver. Des réalistes s’abandonner au rêve et des rêveurs se réveiller dans ce sanctuaire de marbre où chaque livre avait le silence pour signet. »
(L’Éclat du Phénix / Ray Bradbury / Une Histoire de la Science-Fiction – 2 : 1938 – 1957 : L’Âge d’Or)
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