LES MARTIENS ENVAHISSENT LE MONT-DORE !

Posté le 9 novembre 2016

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Pour sa dernière séance de l’année du cycle Cinéma Vintage, demain jeudi 10 novembre, le Sci-Fi Club a carrément opté pour une invasion martienne ! Inutile de leur crier « Martiens, go home ! », de faire la coutume ou de les convaincre de ne pas abîmer nos beaux paysages calédoniens : nos Martiens n’ont pas fait des millions de kilomètres juste pour repartir sur leur planète rouge chargés de présents. Non, non. Ils commenceront par la conquête de la commune du Mont-Dore, puis leur invasion s’étendra bien au-delà… Rendez-vous donc ce jeudi 10 novembre, à 20h, pour assister à leur GUERRE DES MONDES. Vous n’avez pas le choix…

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16110812284715263614616782 dans Nouvelle-CalédonieC’est avec LA GUERRE DES MONDES que se referme le bel album du cycle Cinéma Vintage du Sci-Fi Club de Nouvelle-Calédonie. Le public calédonien aura eu la chance de découvrir tout au long de l’année quelques-uns des plus grands classiques de la Science-Fiction, des chefs-d’œuvre qui ont marqué l’histoire du genre comme VINGT MILLE LIEUES SOUS LES MERS, LE JOUR OÙ LA TERRE S’ARRÊTA, PLANÈTE INTERDITE et L’HOMME QUI RÉTRÉCIT. Demain jeudi, la dernière séance aura lieu à 20h au Centre Culturel du Mont-Dore avec, cerise sur le gâteau, LA GUERRE DES MONDES, le film inspiré du grand classique littéraire de H.G. Wells et réalisé en 1953 par Byron Haskin. C’est l’occasion pour Les Échos d’Altaïr de ressortir des tiroirs ce vieil article, écrit par Laurent S. et publié en janvier 1990 dans le numéro 5 du fanzine CosmoFiction, et de revenir sur son Martien vedette et sa soucoupe raie manta…

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LE FILM

Ce soir-là, on était à la veille d’Halloween. la fameuse fête de l’épouvante célébrée dans tout le pays. La télé en était alors à ses premiers balbutiements et, pour cette raison, plus de six millions d’Américains avaient encore l’habitude 16110809220015263614616482 dans Science-fictiond’écouter leur poste de radio. Un jour parmi tant d’autres, un certain Wells, Orson Wells, et sa troupe, le « Mercury Theatre », interprétèrent la version radiophonique d’un roman de science-fiction – racontant l’histoire de l’invasion de la Terre par les Martiens – avec tant de réalisme que malgré les fréquentes annonces des dirigeants de la chaîne, précisant qu’il ne s’agissait que d’une pièce, des millions d’Américains connurent la plus grande frayeur de leur vie et s’enfuirent de leur maison, provoquant ainsi l’une des plus grandes paniques de toute l’histoire des États-Unis ! Cela se passait le 30 16110809235815263614616483octobre 1938… En 1953, soit quinze ans plus tard, les célèbres Martiens d’Herbert-George Wells prenaient d’assaut les écrans du monde entier par le biais d’un film qui allait créer l’événement et se classer à jamais parmi les grands classiques du genre : LA GUERRE DES MONDES (The War of the Worlds).

Produit par George Pal, célèbre metteur en scène et producteur de nombreux films de science-fiction, et réalisé par Byron Haskin (assistant sur LES MAINS D’ORLAC), LA GUERRE DES MONDES puise pour beaucoup sa renommée dans ses effets spéciaux d’un 16110809261415263614616484réalisme extraordinaire et qui valurent à leur spécialiste, Gordon Jennings, un Oscar – suprême récompense – lequel ne lui profita guère puisqu’il mourut l’année suivante.

En premier lieu, l’originalité des effets spéciaux de LA GUERRE DES MONDES réside dans deux choses : les soucoupes volantes des extraterrestres et les Martiens eux-mêmes. En ce qui concerne les vaisseaux, H.G. Wells les avait décrit sous la forme de tripodes dans son roman. Ce projet plaisait beaucoup à Byron Haskin mais ne pouvait être raisonnablement construit faute de moyens techniques performants. Haskin opta alors pour un concept résolument « moderne » et donna carte blanche à Gordon Jennings qui se mit aussitôt au travail.

Les plans et les maquettes furent achevés en un mois à peine, et dès les premières ébauches, pour les soucoupes volantes, Jennings s’inspira de la forme des raies manta géantes, et force nous est de reconnaître que le résultat s’avère à la hauteur de l’immense talent de cet homme. En effet, de par leur forme étrange, les soucoupes volantes de LA GUERRE DES MONDES inspirent la crainte, ou mieux encore : la frayeur.

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Les Martiens du film furent conçus d’après les croquis d’Albert Nozaki. Or, si les engins extraterrestres ont une apparence menaçante, les Martiens paraissent quant à eux plutôt inoffensifs, sans défense… presque mignons ! Les maquillages 16110809305815263614616487sont d’une crédibilité vraiment étonnante pour l’époque car extrêmement soignés. On pourra signaler la lointaine ressemblance entre le Martien de LA GUERRE DES MONDES et l’E.T. de Spielberg…

Mais, dans un autre domaine, 1953 c’est aussi l’époque de la guerre froide entre les États-Unis et l’URSS. En cette période, tous les films – ou presque tous – sont influencés par cet état d’esprit anti-soviétique, et LA GUERRE DES MONDES n’échappe pas à la règle. Le film est en effet, avant même d’être un film de science-fiction, purement et simplement une propagande contre le péril rouge (et lorsque l’on sait que la planète Mars est la planète… rouge du système solaire, le rapprochement est facile à faire !).

16110809345615263614616489Cela dit, le film de Byron Haskin ne se résume pas seulement à cet état primaire : c’est aussi un film d’horreur grand crû (du moins pour l’époque !), et, d’ailleurs, Haskin nous annonce la couleur dès le départ : de l’action, de l’action, rien que de l’action, pas de place pour les inutiles bavardages intempestifs. Pour vérifier cela, il suffit de voir les dix premières minutes du film où l’on dénombre vite trois morts ! Suivant le schéma classique des films d’action, l’histoire ira de crescendo en crescendo, jusqu’à l’aboutissement et l’apothéose de la bataille finale ponctuée de scènes d’anthologie qui n’en finissent plus de nous émerveiller.

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Finalement, lorsque les Terriens s’aperçoivent que les Martiens sont tous terrassés par une épidémie quelconque, ils se rendront à l’évidence que la race humaine n’est pas dominante sur la Terre, qu’elle peut dépendre aussi de la plus infime portion de vie de cette planète : le microbe… Dans cette fin pessimiste (mais comme le désirait son auteur, H.G. Wells), se trouvent les ingrédients typiques du film sombre des années cinquante, sans doute dus à une Seconde Guerre mondiale encore proche et toujours présente dans les esprits, et surtout aux dangers du nucléaire.

- Laurent S. – (pour CosmoFiction n°5 de janvier 1990)

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LE MARTIEN

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Cet extraterrestre à l’apparence étrange est un authentique Martien de LA GUERRE DES MONDES. C’est à l’occasion d’une séquence dramatique que nous pouvons enfin découvrir le Martien en question, mais son apparition est brève et elle demeurera unique, juste le temps pour le spectateur d’entrevoir son horrible faciès en pleine lumière avant qu’il ne soit violemment frappé par le héros du film. C’est alors dans un cri strident que le monstre s’enfuit. La scène est suffisamment intense 16110902181115263614618675pour glacer le sang, même si l’apparence de notre Martien peut prêter à sourire aujourd’hui.

Veines proéminentes, système de vision particulier et mains constituées de trois doigts ventouses (typique des fifties), le Martien de LA GUERRE DES MONDES compte parmi les créatures les plus célèbres du cinéma de science-fiction, et ce malgré son apparition furtive.

On sait peu de choses concernant la conception du Martien, sinon que c’est Charles Gemora qui l’a réalisé et incarné dans le film de Byron Haskin, aidé de sa fille Diana. De magnifiques photos de sa réalisation sont disponibles sur le site Hollywood Gorilla Men. Vous pourrez ainsi découvrir l’apparence véritable et entière de notre cher Martien…

L’avis des spécialistes :

« Même si le film lui-même, très daté (emploi de soucoupes volantes, message anti-Rouges…), reste moyen, les Martiens, ces gros champignons dotés d’un œil unique et brandissant leurs trois doigts ventousés, témoignent d’un effort trop rare dans la SF cinématographiée pour échapper à l’anthromomorphisme ou au « géomorphisme ». » (Cent Monstres du Cinéma Fantastique / Jean-Pierre Andrevon & Alain Schlockoff / éd. Jacques Glénat)

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LA SOUCOUPE

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Peut-on à proprement parler de « vaisseau » en ce qui concerne ce que l’on appelle plus couramment les « machines » de LA GUERRE DES MONDES ? Oui et non. Le cas est particulier… mais nous éviterons ici de chercher la petite bête (martienne) pour passer directement au sujet qui nous intéresse…

Afin d’envahir la Terre, les Martiens lancent dans l’espace ce qui ressemble à première vue à des météores. Ces derniers s’écrasent dans différents pays du monde. Mais on découvre rapidement qu’il s’agit en fait de coques métalliques 16110904184815263614618688creuses, déguisées sous la forme de météorites, d’où s’échappe un engin destructeur piloté par un (ou des) Martien(s). Cet appareil, d’apparence cuivrée et possédant la forme d’une raie manta géante, se déplace en glissant lentement à quelques mètres du sol grâce à trois faisceaux magnétiques. Une sorte de tête de cobra allongée et mécanique se dresse au-dessus de lui en émettant un son particulier très régulier. Il s’agit à la fois d’une sorte de « périscope » à l’extrémité lumineuse, et d’arme qui s’active en cas de besoin pour cracher un puissant rayon destructeur désintégrateur (sorte de flot d’étincelles impressionnant et bruyant).

Lors des attaques, les vaisseaux (ou engins) martiens activent les armes se situant au bout de leurs « ailes ». Des salves d’énergie verte s’en échappent alors.

Une sorte de sonde, qui fonctionne comme un câble rétractable muni d’un œil électronique à trois lentilles colorées à son extrémité, peut sortir du vaisseau martien pour explorer les alentours.

16110904153615263614618687Enfin, un bouclier invisible (qui n’apparaît que lors des explosions des missiles terriens) protège la machine des attaques de l’armée, voire même de la bombe atomique.

Aussi étrange que cela puisse paraître, et en pleine période de soucoupes volantes, les vaisseaux de LA GUERRE DES MONDES ne ressemblent pas à des soucoupes mais à des engins menaçants, à la forme extrêmement originale pour l’époque. Un soin tout particulier sera également consacré aux différents sons de ces machines destructrices, notamment grâce à l’enregistrement mélangé de trois guitares électriques pour les faisceaux de la mort, ou encore grâce à celui, retravaillé bien sûr, de violons et de violoncelles au moment où l’engin martien s’apprête à tirer. Un son issu de LA GUERRE DES MONDES sera par la suite régulièrement réutilisé dans la série STAR TREK des sixties pour les séquences de lancement des torpilles à photon de l’Enterprise !

Pour en savoir plus sur les vaisseaux martiens de LA GUERRE DES MONDES : roger-russell.com

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L’AVIS DES SPÉCIALISTES

« [...] Les spectateurs qui découvrent le film en 1953 sont éblouis par les effets spéciaux, terrassés par les scènes de destruction. [...] L’un des meilleurs films produits par George Pal, l’un des meilleurs aussi réalisés par Byron Haskin, qui a largement 16110905012215263614618691contribué au cinéma de science-fiction. [...] » (La Science-Fiction / Guide Totem / éd. Larousse / Lorris Murail)

« [...] Le film est tellement réputé et convaincant dans son imagerie (représentation des soucoupes, des « tripodes », et autres machines) que Spielberg a repris littéralement dans son remake certaines idées. Les personnages sont fades, mais peu importe : l’imagerie triomphe et charme. L’œuvre propose aussi un certain nombre de situations types qui vont se retrouver dans une foule de films. Le fait même que l’adaptation de Spielberg se soit singularisée en en prenant presque systématiquement le contre-pied démontre la force du modèle. » (Les Films de Science-Fiction / éd. Cahiers du Cinéma / Michel Chion)

« [...] Sans doute Byron Haskin n’est-il, selon l’expression consacrée, qu’un honnête artisan, mais son travail sur LA GUERRE DES MONDES – auquel il faut adjoindre celui du véritable maître d’œuvre du film, George Pal, à la fois producteur et responsable des effets spéciaux – fait de ce film, outre qu’il est sans nul doute le meilleur de son signataire, une œuvre phare de la SF des années 1950. » (100 Ans et plus de Cinéma Fantastique et de Science-Fiction / éd. Rouge Profond / Jean-Pierre Andrevon)

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LA GUERRE DES MONDES, présenté JEUDI 10 NOVEMBRE, à 20h au Centre Culturel du Mont-Dore dans le cadre du cycle Cinéma Vintage organisé par le Sci-Fi Club. Entrée gratuite.

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