
LE MASSACRE DES MORTS-VIVANTS (1974)
LE MASSACRE DES MORTS-VIVANTS aka NON SI DEVE PROFANARE IL SONNO DEI MORTI aka LET SLEEPING CORPSES LIE aka THE LIVING DEAD AT THE MANCHESTER MORGUE. Le film de Jorge Grau est nettement plus connu sous ce titre anglo-saxon.
L’intrigue : George, un jeune homme écologiste, fait la rencontre d’Edna alors qu’il vient passer un week-end à la campagne. Ensemble, ils se retrouvent en moins de vingt-quatre heures menacés par une bande de morts-vivants qu’un appareil conçu pour affoler les systèmes nerveux des insectes a ramené à la vie…

Tourné en plein courant fort de l’écologie dans les 70′s, un mouvement qui se répercutait jusque dans le cinéma d’horreur avec des films qui se faisaient prédicateurs d’une nature en mutation et en rébellion, LE MASSACRE DES MORTS-VIVANTS annonce aussi la future grande vague des films de zombies des années 80, ressuscités par des débordements chimiques, bactériologiques ou atomiques.

Très européen (avec une production répartie entre l’Espagne, l’Angleterre et l’Italie et un tournage en Grande-Bretagne), le film de Jorge Grau possède une esthétique et une ambiance nouvelle qui existait peu avant lui dans le genre du « film de morts-vivants », à part peut-être dans le film espagnol, LE MARAIS AUX CORBEAUX (1974, El pantano de los cuervos) de Manuel Caño. Ce nouveau style est forcément le point d’orgue de l’influence des futurs classiques du genre tournés par Lucio Fulci. (Les zombies italiens sont ICI)
Petite note : à éviter le doublage français du film dont le manque de sérieux décrédibilise le sujet. Choisir plutôt la version anglo-saxonne sous-titrée.
- Trapard -
J’ai vraiment un faible pour ce film dont toute la seconde partie annonce la trilogie de Lucio Fulci et particulièrement L’ENFER DES ZOMBIES et L’AU-DELÀ. Avec ses ambiances en huis-clos, le son qu’émet la mort qui ressuscite… Un must pour les influences de Fulci en 1979.
Autres références à la trilogie trouvées ces derniers temps en visionnant des films :
-Toute l’ambiance mystique et ésotérique qui enrobe l’intrigue de LA MAISON AUX FENÊTRES QUI RIENT (1976) de Pupi Avati. Évidemment, on sent un peu la référence à SUSPIRIA dans le film de Pupi Avati, mais LA MAISON AUX FENÊTRES QUI RIENT annonce immanquablement L’AU-DELÀ mais surtout FRAYEURS !
-Et toujours concernant FRAYEURS, je pense que les êtres non-morts du MESSIE DU MAL (1971) de Willard Huyck qui pleurent des larmes de sang sont une autre des influences de Fulci (si on excepte les histoires chrétiennes avec les icônes de la Vierge Marie ou du Christ qui pleurent aussi des larmes de sang).
Puis les magnifiques éclairages bleus et rouges du MESSIE DU MAL ne sont sûrement pas passés inaperçus lorsque Dario Argento a tourné INFERNO en 1979.
Pour ce qui est du MARAIS AUX CORBEAUX (1974) de Manuel Caño dont je parle dans cet article, je trouve qu’on est dans un mélange de film gothique et d’ambiances très modernes à la limite du gore.