AMOK, L’HOMME À DEUX TÊTES (1971)

Posté le 21 novembre 2018

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AMOK, L’HOMME À DEUX TÊTES (1971)

Depuis FRANKENSTEIN et LES MAINS D’ORLAC, la littérature de science s’était questionnée sur l’évolution des possibilités de greffes humaines jusqu’à celle du cerveau humain en 1943 avec LE CERVEAU DU NABAB de Curt Siodmak. En 1959, LA FEMME NUE ET SATAN faisait même évoluer la SF en proposant la greffe d’une tête sur un autre corps. Mais en 1971, les dirigeants de l’A.I.P. (future SYFY), toujours partants pour les plus grands délires cinématographiques à petits budgets proposèrent alors « Mais pourquoi ne pas greffer deux têtes sur un même corps ? ». Et c’est ainsi que naquit le géant Amok.

L’intrigue : Le docteur Roger Girard est un scientifique expert en transplantation. Le gardien de sa maison a un fils, Danny, qui, malgré son âge, a l’esprit d’un enfant. Un jour, un psychopathe échappé de prison envahit la maison de Girard, tuant le père de Danny, avant d’être abattu. Alors que le maniaque est mourant, et que Danny est profondément choqué par la mort de son père, le docteur Girard décide de passer à l’étape finale et de transplanter la tête du tueur sur le corps de Danny. Les choses tournent mal et la créature à deux têtes s’échappe…

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Évidemment, des FLEURS POUR ALGERNON (1966) de Daniel Keyes, jusqu’au COBAYE (1992), et en passant par THE MND OF MR. SOAMES (1970), l’idiot finit toujours en pâture sous les scalpels et les éprouvettes (il faudra attendre CUBE en 1997 pour qu’il tire un avantage de son « inadaptation »). Ainsi Danny se retrouve avec la tête d’un psychopathe libidineux greffé à côté de la sienne au-dessus de son corps de géant (sûrement en référence à DES SOURIS ET DES HOMMES). À un moment du film, je me suis demandé si une tête de simplet innocent accompagnée d’une tête de fou-furieux à la libido extravertie pouvait engendrer un quelconque équilibre mathématique. La suite du film a rapidement annihilé toute pensée philosophique en moi. La libido du psychopathe étant finalement plus forte que la petite volonté du simplet, ce dernier semblant courir de tout son corps derrière l’une des deux têtes seulement : celle du détraqué. Amok, dont le nom n’est qu’une invention des exploitants français, suit finalement un seul instinct : le viol. Le clou du spectacle c’est ce moment où Amok s’en prend physiquement à une jeune Hell’s angel, terrassant même ses deux compagnons masculins, alors que jusqu’ici ceux-là étaient généralement montrés au cinéma comme sadiques et sans pitié (SATAN’S SADISTS, I DRINK YOUR BLOOD…).

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L’A.I.P., alors déjà spécialiste des multiples exploitations pour ses séries B, son AMOK fut vendu en tant que MUTATION mais aussi comme THE INCREDIBLE 2-HEADED TRANSPLANT. Ce titre ne vous rappelle pas celui d’un nanar de l’actuelle SYFY : 2-HEADED SHARK ATTACK (2012) avec son requin à deux têtes ? Évidemment, pas d’images de synthèse en ces débuts de Seventies, mais il y a beaucoup d’astuces de cadrages dans AMOK.

Un an après sa sortie de THE INCREDIBLE 2-HEADED TRANSPLANT avec son Cerbère humain à têtes de psychopathe et de simplet, l’A.I.P. pousse le vice plus loin en s’adaptant à la mode de la « Blaxploitation ». Elle lance en salles THE TING WITH TWO HEADS, sur un scénario quasi-identique, mais avec cette fois-ci une autre forme de Cerbère furieux : les têtes d’un vieux conservateur raciste et celle d’un Afro-américain sur un même corps. Belles prises de têtes au programme !!

- Trapard -

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Un commentaire pour « AMOK, L’HOMME À DEUX TÊTES (1971) »

  1.  
    trapard
    3 janvier, 2019 | 22:33
     

    Le film s’inspire des travaux de Robert White qui, en 1970, venait de transplanter la tête d’un singe sur le corps d’un autre singe.
    https://en.wikipedia.org/wiki/Robert_J._White

    Vu dans l’excellent documentaire d’Arte « Le funeste destin du docteur Frankenstein » (2017).

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