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Archive pour la catégorie « Cinéma bis américain »

DRIVE-IN : THE ASTOUNDING SHE-MONSTER (1957)

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THE ASTOUNDING SHE-MONSTER
Année : 1957
Réalisateur : Ronald V. Ashcroft
Scénario : Ronald V. Ashcroft & Frank Hall
Production : Ronald V. Ashcroft (American International Pictures)
Musique : ?
Pays : USA
Durée : 62 min
Interprètes : Robert Clarke, Kenne Duncan, Marilyn Harvey, Jeanne Tatum, Shirley Kilpatrick…

Et encore une production de l’AMERICAN INTERNATIONAL PICTURES (A.I.P.) pour cette rubrique du Drive-in du samedi soir ! Ce ASTOUNDING SHE-MONSTER était même annoncé comme une production HOLLYWOOD INTERNATIONAL PICTURES, ce qui est plutôt aguichant pour un nanar produit par Roger Corman, et le réalisateur Ronald V. Ashcroft lui-même.

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Un film Z à minuscule budget, basé sur une publicité alléchante et une affiche psychédélique avant l’heure. Loin d’être les premiers à jouer sur des formes visuelles qui lanceront la mode du psychédélisme au milieu des années 60, les réalisateurs lancés par Corman ont au moins le mérite d’en être d’excellents continuateurs, rien que par le simple principe du système D. En jouant sur les superpositions et sur quelques effets de montages simplistes, qui reprenaient de manière simplifiée le principe de certains effet spéciaux plus complexes made by Hollywood, les réalisateurs de l’A.I.P. recréaient des ambiances tellement abstraites qu’elles pouvaient en être effrayantes. Là où un réalisateur qui possède une assise budgétaire assez conséquente pour s’appliquer à créer une atmosphère visuelle à partir de cadrages léchés, d’effets de profondeurs de champ, de décors minutieux, de bons comédiens et surtout d’une équipe chevronnée, les minuscules équipes qui tournaient sous la houlette de l’A.I.P., travaillaient dans l’urgence et dans l’efficacité. Et cela se ressent malheureusement beaucoup trop, par certains côtés, dans THE ASTOUNDING SHE-MONSTER, particulièrement au niveau du scénario qui fait traîner le film en longueur avec d’interminables dialogues.

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L’intrigue : un groupe de criminels enlèvent une riche héritière et se réfugient dans une maison à l’abandon, d’un géologue, isolée au milieu d’une forêt. Entre temps, un OVNI s’écrase à proximité et en sort un extraterrestre à l’apparence d’une superbe femme hautement radioactive qui tue à mains nues les animaux sauvages les plus féroces de la forêt…

C’est sur ce simple principe de radioactivité, qui était un des thèmes mis en avant dans la plupart des séries B des 50′s pour dénoncer l’utilisation d’armes atomiques par l’armée américaine, que le réalisateur, Ashcroft, filme sa belle extraterrestre à l’aide d’une simple superposition des déplacements de l’actrice Shirley Kilpatrick, en décalant simplement la première et la seconde image de quelques secondes, le résultat donnant une impression très abstraite, voire envoutante, de cette apparition d’outre-espace. La très belle et très féline Shirley Kilpatrick n’a jamais récidivé son expérience cinématographique, donc celle restera pour les fans des 50s, pour toujours, attachée à ce rôle de She-Monster qui, par certains égards, annonce un peu celui de Natasha Henstridge dans le rôle de Sil dans LA MUTANTE (Species, 1995, Roger Donaldson), surtout lorsqu’on la voit découvrir les différentes spécificités de l’hostile forêt qu’elle traverse au début du film.

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THE ASTOUNDING SHE-MONSTER est loin d’être un bon film, mais c’est tout de même un très sympathique nanar si l’on fait abstraction de certaines longueurs et qu’on se laisse porter par la naïveté du sujet. C’est aussi une de ces sucreries de Drive-in des Fifties à redécouvrir lorsqu’on est disposé et bienveillant, concernant les recoins oubliés et abandonnés de l’Histoire de la SF destinée à un jeune public d’une génération qui disparaît doucement en nous léguant ces quelques souvenirs.

- Trapard -

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UTOPIC FASHION : LE X SERA SOFT !

UTOPIC FASHION : LE X SERA SOFT ! dans Cinéma bis 13061310015515263611288448

Et si on s’attardait régulièrement sur les vêtements à travers les films et les séries de science-fiction ? Et si on explorait les tendances ou les fantasmes exprimés à travers les designs les plus fous, les plus kitchs ou les plus provocants de la SF, mais aussi à travers les plus austères, les plus sérieux ou les plus envisageables dans un avenir plus ou moins éloigné ? Place à Utopic Fashion !

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Discrétion assurée pour ce costume de l’homme de la Planète X. On est ici très loin des uniformes extravagants dont nous a habitué la SF avec celui de cet extraterrestre issu du film, THE MAN FROM PLANET X, un titre lui aussi très discret, pour un film au budget pas très voyant non plus, réalisé par Edgar G. Ulmer en 1951.

Notre E.T. au faciès peu recommandable est pourtant un gentil garçon, un peu timoré, et qui se laisse facilement embobiner par la cupidité du premier obscur scientifique venu. Le costume est donc à l’image de son porteur, simple et sobre, voire très anodin : un uniforme spatial gris sombre, monté d’un casque sphérique proche de celui d’un scaphandrier, et alimenté d’une source respiratoire qui lui permet de survivre face à l’oxygène de notre planète, et reliée à une petite boîte rectangulaire qui est fixée à même le torse du tout petit monsieur. L’homme de la Planète X est volontairement sobre, voire ridicule, et on apprendra au fur et à mesure du film qu’il est finalement très à plaindre, tel le E.T. de Steven Spielberg, qui, bien que sympathique, ne paye finalement pas de mine, lui non plus.

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Mais THE MAN FROM PLANET X ne date pas de 1982 comme le film de Spielberg et nous sommes bien ici dans un univers ringard, voire craignos du tout début des 50′s, même si j’ai beaucoup d’affection pour ce nanar, comme pour toute l’œuvre d’Edgar G. Ulmer.

- Trapard -

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DRIVE-IN : THE BEAST WITH A MILLION EYES

DRIVE-IN : THE BEAST WITH A MILLION EYES dans Cinéma bis 13051809153815263611200263

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THE BEAST WITH A MILLION EYES
Année : 1955
Réalisateur : David Kramarsky
Scénario : Tom Filer
Production : David Kramarsky & Charles Hanawalt (American Releasing Corporation)
Musique : John Bickford
Pays : USA
Durée : 75 min
Interprètes : Paul Birch, Lorna Thayer, Dona Cole, Dick Sargent, Leonard Tarver, Bruce Whitmore, Chester Conklin…

Encore un pur produit de Drive-in made by American Releasing Corporation (future American International Pictures) et by Roger Corman et Samuel Z. Arkoff, que ce THE BEAST WITH A MILLION EYES réalisé par David Kramarsky (et sans doute, par le cinéaste Lou Place, selon certaines sources).

13042008423515263611103840 dans Drive-inLe sujet farfelu du film, écrit par Tom Filer, rôde plus ou moins du côté du script du MÉTÉORE DE LA NUIT (1953) de Jack Arnold : La famille Kelley, isolée dans une petite ferme au milieu d’un paysage désertique, après avoir été surprise par le son brutal d’un mystérieux accident d’avion à proximité de leur cottage, se laisse envahir par d’étranges évènements et coïncidences. En effet, les animaux sauvages et domestiques, ainsi que le jardinier simplet recueilli par la famille, réagissent de manières agressives. Le récent accident d’avion semble finalement avoir été un atterissage d’un vaisseau d’outre-espace et un extraterrestre semble contrôler les esprits des animaux et les êtres humains dans le but de conquérir le monde…

13042008465415263611103845 dans Fifties SFC’est assez dommage que ce film traîne un peu trop en longueur et que sa forme narrative soit si évasive, car cette production Corman au budget minable prouve, comme toujours, à quel point les réalisateurs limités par le manque de moyens arrivaient à raconter un film le plus simplement du monde, avec quelques effets grotesques et simples, mais qui deviennent parfois de vrais codes de lectures pour le spectateur lambda. Une très bonne école finalement que celle du cinéma bis, et bien que David Kramarsky n’ait pas confirmé de talents par la suite, c’est justement grâce à ces bouts de ficelles du système D, sous l’égide de Corman, que des réalisateurs comme Coppola, Cameron, Monte Hellman, Peter Bogdanovitch, Jonathan Demme et bien d’autres, ont tiré leur épingle du jeu, et sont devenus les cinéastes talentueux que l’on connaît.

13042008492415263611103853 dans Science-fictionD’ailleurs la créature de THE BEAST WITH A MILLION EYES, créée comme souvent dans les films de SF des 50′s de l’AIP, par le maquilleur et créateur de monstres en latex, Paul Blaisdell, est plutôt bien rendue ici, de manière très psychédélique, si on ne s’attarde par trop, non plus, sur les effets grotesques du montage. C’est d’ailleurs assez rare, pour moi qui suis un fan des monstres si kitchissimes et si craignos de Blaisdell, de trouver un réalisateur qui sache maîtriser le cadrage au point de les rendre inquiétants et crédibles. Seul Edward L. Cahn semblait savoir tirer parti de son savoir faire sur INVASION OF THE SAUCER MEN (1957) ou sur IT ! THE TERROR FROM BEYOND SPACE (1958), car Roger Corman lui-même, lorsqu’il réalisait ses propres films, nous les rendait plus ridicules qu’angoissantes (DAY THE WORLD ENDED, 1955, IT CONQUERED THE WORLD, 1956, NOT OF THIS EARTH, 1957…). Celle de THE BEAST WITH A MILLION EYES est désormais assez culte, et c’est ce qui remonte le niveau de ce petit nanar de Drive-in que vous pouvez trouver chez plusieurs éditeurs, ainsi que sur YouTube.

- Trapard -

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DRIVE-IN : THE AMAZING COLOSSAL MAN

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THE AMAZING COLOSSAL MAN
Année : 1957
Réalisateur : Bert I. Gordon
Scénario : Mark Hanna, Bert I. Gordon & George Worthing Yates
Production : Bert I. Gordon, Samuel Z. Arkoff & James H. Nicholson (American International Pictures)
Musique : Albert Glasser
Pays : USA
Durée : 80 min
Interprètes : Glenn Langan, Cathy Downs, William Hudson, Larry Thor, James Seay, Frank Jenks…

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Grand spécialiste du gigantisme gargantuesque de la série B des 50′s, BIG ou Bert I. Gordon se glissa dans la veine cinématographique américaine qui dénonçait la menace d’une potentielle guerre atomique depuis Hiroshima, Nagasaki, ainsi que la toute récente guerre de Corée (1950-1953). Le sujet de THE AMAZING COLOSSAL MAN prend d’ailleurs pour trame cette récente guerre meurtrière, en pleine Guerre Froide : le lieutenant-colonel Glenn Manning (Glenn Langan) est un officier de l’armée américaine qui souffre de graves brûlures à plus de 90% sur la majorité de son corps (jusqu’à la perte de ses cheveux) suite à une exposition accidentelle aux radiations de plutonium, lors de l’explosion d’une bombe en pleine guerre de Corée. Il survit miraculeusement à l’explosion et ses blessures guérissent complètement, mais le rayonnement le fait grandir anormalement jusqu’à devenir un géant. Son cœur étant incapable de fournir suffisamment de sang à son cerveau, il va peu à peu devenir fou et s’échapper alors de sa détention sous surveillance médicale…

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Ce petit film produit par le réalisateur Bert I. Gordon lui-même, ainsi que par Samuel Z. Arkoff et James H. Nicholson pour l’American International Pictures de Roger Corman, remit au goût du jour le comédien Glenn Langan qui fut une star dans les années 40, dans notamment LE CHÂTEAU DU DRAGON (Dragonwyck) de Joseph L. Mankiewicz, en 1946, aux côtés de Vincent Price, Gene Tierney et Walter Huston, mais dont la carrière et la popularité connurent un certain déclin durant les 50′s. Glenn Langan connut ainsi un petit regain de popularité, ce qui a d’ailleurs toujours été la marque de fabrique des productions Corman qui, en plus de lancer de jeunes carrières prometteuses, récupérait aussi beaucoup de stars en perte de vitesse.

Aujourd’hui, devenu assez culte, THE AMAZING COLOSSAL MAN n’en suivait pas moins en 1957 le succès du classique de la Universal Pictures, L’HOMME QUI RÉTRÉCIT (The Incredible Shrinking Man), tourné par Jack Arnold, ainsi que des nombreuses séries B où la menace atomique était synonyme de croissances d’insectes qui en devenaient meurtriers (TARANTULA, 1955, THE DEADLY MANTIS, 1957, MONSTER FROM GREEN HELL, 1957…). Le succès de ce Fantastique Homme Colosse dans les Drive-in incita d’ailleurs Roger Corman à proposer de nouveau au scénariste du film, Mark Hanna, d’écrire une nouvelle histoire de gigantisme, mais avec une femme, cette fois-ci, ce qui donna ATTACK OF THE 50 FOOT WOMAN (1958), tourné par Nathan Juran et qui fut distribué, cette fois-ci, par l’Allied Artists Pictures Corporation (ex-Monogram Pictures) avec un certain succès public.

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Bert I. Gordon écrivit lui-même la suite des aventures du géant Glenn Manning, qui est désormais affreusement défiguré suite à sa chute soi-disant mortelle à la fin de THE AMAZING COLOSSAL MAN. Distribué par l’American International Pictures, en 1958, WAR OF THE COLOSSAL BEAST est tout aussi spectaculaire (dans la limite du budget du film, cela va de soit), voir même un peu plus, grâce à l’affreux maquillage de l’Homme Colosse, ce qui permet aussi à Bert I. Gordon et à son co-producteur Samuel Z. Arkoff d’éviter de renouveler le cachet de Glenn Langan, mais en utilisant une doublure sous les traits dissimulés et anonyme de Dean Parkin. Tourné en partie au Mexique, cette suite de THE AMAZING COLOSSAL MAN reprend certains détails de l’intrigue de  ATTACK OF THE 50 FOOT WOMAN, à la différence ici que l’Homme Colosse fait désormais 60 pieds, donc de 10 de plus que la Géante, histoire d’en rajouter un peu plus à cette démesure atomique de série B…

THE AMAZING COLOSSAL MAN, et cette longue série de B Movies des 50′s à la démesure amusante pour un spectateur actuel, trouveront une place de choix dans la rubrique du DRIVE-IN du samedi soir sur Les Échosd’Altaïr.

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DRIVE-IN : GORILLA AT LARGE

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GORILLA AT LARGE
Année : 1954
Réalisateur : Harmon Jones
Scénario : Leonard Praskins & Barney Slater
Production : Robert L. Jacks & Leonard Goldstein (20th Century Fox)
Musique : Lionel Newman
Pays : USA
Durée : 83 min
Interprètes : Cameron Mitchell, Anne Bancroft, Lee J. Cobb, Raymond Burr, Peter Whitney, Lee Marvin…

13040608380015263611052862 dans Drive-inGORILLA AT LARGE est un bon petit « film noir » des 50′s. Dans les 40′s et 50′s, les « Films Noirs » étaient des séries B qui mêlaient souvent un savant dosage de « Polar » et de ce qu’on appelle aujourd’hui un « Thriller ». Certaines productions y ajoutaient parfois une petite ambiance irréelle, avec des codes qui sont intrinsèques à celui du genre « Fantastique ». C’est le cas de GORILLA AT LARGE, cette petite production indépendante des studios « Productions Panoramiques », et qui fut très bien distribuée par la 20th Century Fox, grâce à de talentueuses têtes d’affiche de l’époque : Cameron Mitchell, Anne Bancroft, Lee J. Cobb et Raymond Burr, rien que ça…Pour ceux qui ont l’œil, Lee Marvin y joue un petit rôle d’officier de police, Marvin alternant souvent dans les 50′s les rôles de flics ou de jeunes voyous (voir son excellent personnage de Hell’s Angel dans L’ÉQUIPÉE SAUVAGE, en 1953, aux côtés de Marlon Brando !).

Comme le titre le laisse entendre, GORILLA AT LARGE est un de ces « films de singes » dont j’avais commencé à effleurer l’émergence dans les années 30, dans mon article sur DOUBLE ASSASSINAT DANS LA RUE MORGUE. D’ailleurs, l’intrigue de GORILLAT AT LARGE singe plutôt bien celle de DOUBLE ASSASSINAT DANS LA RUE MORGUE : Lors d’une fête foraine appelée « le Jardin du Mal », un homme est assassiné. Le meurtrier est apparemment un gorille… ou quelqu’un dans un costume de gorille…

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Une intrigue policière qui joue en ambiguité et en rebondissements dans un univers de fête foraine cher au cinéma d’horreur de la décennie des 50′s, une ambiance et un envers du décor des foires foraines qui sont presque un sous-genre à part entière du Fantastique de cette époque. Le film peut autant se laisser agréablement regarder en oubliant le contexte cinématographique des Fifties. Mais il peut aussi se voir comme un « dérivé bisseux », les scénaristes de GORILLA AT LARGE ayant exploité le succès du FANTÔME DE LA RUE MORGUE, sorti la même année, et tourné par Roy Del Ruth, à partir de la nouvelle d’Edgar Allan Poe qui met en scène un gorille meurtrier. Personnellement, j’apprécie beaucoup ce GORILLA AT LARGE, en tant que tel, malgré son insuccès critique à sa sortie en salles, son intrigue et son univers leur étant propres. Pour rester sur le thème du « cinéma bis », le gorille du titre est, bien entendu, un comédien déguisé et mimant « Goliath », le « héros » velu et grimaçant du film. George Barrows étant un habitué des costumes, qu’ils soient poilus ou même, plus différents encore, des uniformes extraterrestres. Morbius a peut-être découvert Barrows portant le poil et le casque à la fois, dans le rôle de l’extraterrestre « Ro- Man », dans ce mémorable nanar de SF de 1953 qu’est ROBOT MONSTER de Phil Tucker. GORILLA AT LARGE fut tourné en écran large, en Cinémascope, et fut même exploité (parfois) en 3D, comme il était assez courant au début des 50′s.

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Aujourd’hui, on peut encore revoir GORILLA AT LARGE, mais en Zone 1, dans certaines éditions US, comme celle de Midnite Movies.

- Trapard -

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THE MAD MONSTER (1942)

THE MAD MONSTER (1942) dans Cinéma bis 13052108214015263611211209

THE MAD MONSTER (1942) de Sam Newfield (par Trapard)

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Pur façonneur du cinéma bis, souvent avec son frère producteur Sigmund Newfield, Sam Newfield (ou Samuel Neufeld) a tourné une grosse poignée de classiques de séries B dans les années 40 pour la Producers Releasing Corporation (ou PRC). La PRC a été un des éphémères concurrents de la Universal Pictures qui avait même récupéré sous contrat Béla Lugosi pour plusieurs séries B des 40′s, comme THE DEVIL BAT, dont nous avons déjà parlé sur ce blog.

13040208125015263611039294 dans FantastiqueTHE MAD MONSTER, au tout début des années 40, mettait en vedette l’acteur George Zucco, habitué aux rôles de savants fous dans un certain nombre de Zèderies scientifico-fantaisistes. Sam Newfield lui confiera de nouveau un rôle de cet acabit en 1943 pour LA CRÉATURE DU DIABLE (Dead Men Walk), toujours pour la PRC, et aux côtés d’un autre transfuge de la Universal Pictures : Dwight Frye, au jeu toujours aussi hystérique que celui de Renfield dans  DRACULA (1931) de Tod Browning.

L’intrigue de THE MAD MONSTER est la suivante : Le Dr Cameron (George Zucco), qui a été discrédité par ses pairs de l’Université Scientifique pour leur avoir présenté un projet d’arme de guerre meurtrière mi-homme mi-animale, tente de les assassiner après avoir développé la formule secrète qui transforme son jardinier, Petro (Glenn Strange), en dangereux loup-garou…

Interprétant ce grand benêt baraqué qu’est Petro, c’est Glenn Strange qui s’y colle, ce géant surtout connu pour avoir été repris sous contrat par la Universal Pictures pour remplacer Boris Karloff dans le rôle de la créature de Frankenstein à partir de HOUSE OF FRANKENSTEIN (1944), en passant par HOUSE OF DRACULA (1945), jusqu’à DEUX NIGAUDS CONTRE FRANKENSTEIN (1948).

13040208152015263611039298 dans Le grenier du ciné fantastique

Comme beaucoup de films de la PRC, THE MAD MONSTER est plutôt bavard et ne brille pas par son originalité en se cantonnant à suivre méthodiquement son synopsis cité plus haut, le tout généralement tourné en studio, avec des décors et des cadrages simples. Mais son ambiance est aussi le reflet du fantastique à petit budget des années 40 qu’il n’est jamais inintéressant de découvrir avec un certain recul. Les films de la PRC, malgré leurs scénarios assez simplets, ont aussi le mérite de raconter des histoires moins classiques que celles des Majors comme la Universal : des chauves-souris géantes y côtoient des loup-garous de laboratoire, des vampires nés de sciences occultes, des petits détails assez farfelus mais qui apportent finalement un charme surréaliste à des Zèderies d’antan. Dans cette logique, on peut aussi trouver facilement en DVD ou sur Internet une autre production de la PRC et de Sigmund Newfield, LE CRÉATEUR DE MONSTRES (The Monster Maker), toujours réalisé par Sam Newfied, mais mettant en vedette, cette fois-ci, en 1944, le comédien J. Carrol Naish, autre savant fou, mais celui-ci se débattant avec le virus de l’acromégalie (une maladie popularisée dans le cinéma d’horreur par le TARANTULA de Jack Arnold, en 1955). Un univers des 40′s, celui de la PRC, peuplé de savants fous en quête de vengeance ou de gloire, et de créations tordues ou démoniaques, qui passe souvent à la trappe des histoires du Cinéma Fantastique, et sur lequel, Les Échos d’Altaïr se voulaient de revenir.

- Trapard -

Autres films présentés dans la catégorie Le Grenier du Ciné Fantastique :

La Charrette Fantôme / La Chute de la Maison Usher / Les Contes de la Lune vague après la Pluie / Frankenstein (1910) / Le Cabinet du Docteur Caligari / La Monstrueuse Parade / Le Fantôme de l’Opéra / Double Assassinat dans la Rue Morgue / Docteur X / White Zombie / The Devil Bat / La Féline (1942) / Les Visiteurs du Soir / La Main du Diable / Le Récupérateur de Cadavres / La Beauté du Diable / Un Hurlement dans la Nuit



DRIVE-IN : MESA OF LOST WOMEN

DRIVE-IN : MESA OF LOST WOMEN dans Cinéma bis 13033007363615263611027496

MESA OF LOST WOMEN
Année : 1953
Réalisateurs : Ron Ormond & Herbert Tevos
Scénario : Herbert Tevos & Orville H. Hampton
Production : Melvin Gordon, William Perkins, Joy N. Houck, Francis White (Howco Productions)
Musique : Hoyt S. Curtin
Pays : USA
Durée : 70 min
Interprètes : Jackie Coogan, Allan Nixon, Richard Travis…

13033007291915263611027487 dans Cinéma bis américainOriginellement le film devait être titré TARANTULA mais il changea en cours de réalisation, ce qui nous arrange pour ne pas confondre ce MESA OF LOST WOMEN avec le film culte qu’a tourné Jack Arnold pour la Universal Pictures en 1955. Mais ici ne s’arrête pas la comparaison entre ces deux films, dont voici un résumé : Un savant fou, le Dr Aranya (Jackie Coogan), créé des araignées géantes dans son laboratoire, au milieu du désert mexicain. Son but ultime est de créer une super-race de femmes en leur injectant des hormones d’arachnides. Alors que celles-ci développent un miraculeux pouvoir de régénération, la même expérience exécutée sur des hommes les transforme en affreux nains défigurés. Pendant ce temps, les araignées grandissent de manière impressionnante et leur intelligence s’accroît dangereusement… Puis ensuite, le scénario part dans toutes les directions…

En plus d’un scénario qui va un peu dans tous les sens et qui en est finalement presque incompréhensible, nos deux réalisateurs, Ron Ormond et Herbert Tevos, ont eu l’idée d’utiliser des samples de ce que pourrait être la bande sonore du TROISIÈME HOMME (1949, The Third Man), de Carol Reed, une musique géniale mais mélangée à des airs mexicains, et qui est utilisée dans MESA OF LOST WOMEN de manière si répétitive et si désordonnée que le résultat en est presque irritant, voire insupportable…

Le garnement si adorable et si doué du KID (1921) de Charles Chaplin, s’est transformé en adulte, acteur de gros nanars, Jackie Coogan incarnant ici le Dr Aranya déguisé de manière ridicule. Vous l’aurez compris, on est ici devant un pur produit de Drive-in, complètement farfelu et parfois incompréhensible. De superbes nymphes semblant sorties d’un film de Russ Meyer errent sans but dans les laboratoires du Dr Aranya, au milieu d’énormes tarentules géantes et velues jusqu’aux canines. Un nanar de Drive-in des 50′s qui a dû pousser plus d’un jeune couple à se déconcentrer du spectacle pour plutôt se concentrer sur la «bagatelle».

- Trapard -

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MESA OF LOST WOMEN : LE FILM EN ENTIER (V.O.)

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DRIVE-IN : LE FANTÔME DE L’ESPACE

DRIVE-IN : LE FANTÔME DE L'ESPACE dans Cinéma bis 13032307283315263611000892

LE FANTÔME DE L’ESPACE (PHANTOM FROM SPACE)
Année : 1953
Réalisateur : William Lee Wilder
Scénario : William Raynor & Myles Wilder
Production : William Lee Wilder (United Artists)
Musique : William Lava
Pays : USA
Durée : 73 min
Interprètes : Ted Cooper, Tom Daly, Steve Acton, Burt Wenland, Lela Nelson, Harry Landers…

13032307314115263611000894 dans Cinéma bis américainLE FANTÔME DE L’ESPACE démarre en annonçant (en version française), de manière dramatique et grandiloquente, l’arrivée d’un vaisseau spatial dans l’atmosphère terrestre : « Les radars balayent le ciel avec leurs yeux qui ne dorment jamais… », une voix-off ridicule qui plombe assez ce nanar qui commence comme un documentaire, et qui est malgré tout non-dénué de certaines qualités, comme au niveau de son scénario : Un vaisseau extraterrestre se pose aux alentours de Los Angeles. La commission fédérale d’investigation mène l’enquête pour retrouver la navette et son passager qui terrorise les habitants de la région. Des interrogatoires, puis une chasse à l’homme, sont lancés pour retrouver le vilain E.T…

Réalisé et produit par William Lee Wilder, LE FANTÔME DE L’ESPACE a été tourné sur la logique du JOUR OÙ LA TERRE S’ARRETA (1951, Robert Wise), THE MAN FROM PLANET X (1951, Egard G. Ulmer), mais surtout, du MÉTÉORE DE LA NUIT (sorti en 1953 aux USA, et réalisé par Jack Arnold), comme un de ces rares films de SF des 50′s, qui s’ouvre sur une fausse piste : on attend à voir débarquer un envahisseur belliqueux et sanguinaire, et tout est mis en œuvre pour détruire un étranger de l’espace qui est finalement venu en paix… Par certains égards, LE FANTÔME DE L’ESPACE annonce le travail de Steven Spielberg sur RENCONTRES DU TROISIÈME TYPE (avec la communication par messages codés entre l’Extraterrestre et les Terriens), et bien sûr E.T. (1982)…

LE FANTÔME DE L’ESPACE est un film qui se voudrait intelligent, sur la peur de l’étranger et de la différence, mais que le manque de moyens financiers dessert complètement, William Lee Wilder ayant été, contrairement à son talentueux frère, Billy Wilder, un réalisateur délaissé par les Majors Hollywoodiennes. Il suffit de regarder ses KILLERS FROM SPACE et son ABOMINABLE HOMME DES NEIGES, tous deux sortis l’année suivante, pour se rendre compte de la difficulté de Wilder se débattant avec ses sujets mais avec des budgets ridicules, ce qui ramène finalement toutes ses réalisations au rang de gros navets.

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C’est d’ailleurs avec une réalisation simpliste que W. Lee Wilder trompe son spectateur, dans LE FANTÔME DE L’ESPACE, en cherchant à l’effrayer et à égarer son jugement, pour mieux le surprendre, petit à petit, le long du film.

Sans en dire plus, William Lee Wilder est un réalisateur qui a été sorti de l’oubli, notamment par Jean-Pierre Putters dans ses « Craignos Monsters », et LE FANTÔME DE L’ESPACE, comme certains de ses films, ont été édités en France par Bach Films, c’est donc une belle occasion de pouvoir les redécouvrir pour s’en faire une appréciation personnelle.

- Trapard -

LE FANTÔME DE L’ESPACE : LE FILM EN ENTIER (V.O.)

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ROBOT-CRAIGNOS (64)

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Les sympathiques gugusses que voici ne sont pas des foreurs miniers exploitant le nickel, mais deux vrais robots aliens d’une immense armada venue d’outre-espace pour conquérir et exploiter sans fin notre belle planète. ALIEN ARMAGGEDON (ou encore BATTLEGROUND LOS ANGELES, même si la majorité du tournage s’est effectué à Londres) est une production angloaméricaine de Morphius Films, une firme qui nous sort de temps à autre d’énormes nanars plus nases encore que ceux de The Asylum, donc c’est dire… Et le sujet a été archi-exploité lui-aussi, les pompages d’idées venant sans doute des séries TV récentes de V (2009) ou BATTLESTAR GALACTICA (2004-2009), jusqu’à un énième avatar de LA GUERRE DES MONDES, en passant par COWBOYS & ALIENS sorti la même année. Nos spécimens de robotique évoluent dans cet ALIEN ARMAGGEDON, avec de faux airs belliqueux et de vrais allures d’humains costumés, et ceci parmi des personnages peu crédibles débitant des dialogues aussi légers qu’un 10 tonnes, et lors de situations si navrantes que le simple fait de tenir jusqu’au dénouement du film relèverait presque de la question existentielle…

- Trapard -

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Robot « cool » ou « craignos » ?

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DRIVE-IN : CAT-WOMEN OF THE MOON

DRIVE-IN : CAT-WOMEN OF THE MOON dans Cinéma bis 13031606585515263610975105

CAT-WOMEN OF THE MOON
Année : 1953
Réalisateur : Arthur Hilton
Scénario : Roy Hamilton
Production : Jack Rabin & Al Zimbalist
Musique : Elmer Bernstein
Pays : USA
Durée : 64 min
Interprètes : Sonny Tufts, Victor Jory, Marie Windsor, William Phipps, Douglas Fowley, Carol Brewster…

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CAT-WOMEN OF THE MOON est une petite production de SF des 50′s, de Al Zimbalist et Jack Rabin, distribuée par Astor Pictures, et tournée par Arthur Hilton, un obscur réalisateur de la télévision américaine. Bien qu’accompagné d’une bande-son atmosphérique d’Elmer Bernstein, le film est considéré comme un nanar des 50′s, dont l’insuccès à sa sortie en salles cantonna Hilton (et non pas Eric…) à bosser pour la TV le restant de sa carrière. Néanmoins, cet univers kitch de SF se laisse mieux apprécier avec le recul, comme un vieux pinard (60 ans d’âge, mine de rien !). Ce genre de ringardise est devenu comme une gourmandise avec les années, et son scénario est une merveille, lorsqu’on apprécie le décalage des années : Une expédition spatiale atterrit sur la Lune et découvre la race des « Cat-Women », les huit dernières survivantes d’une civilisation de 2 millions d’années, et ceci au fond d’une immense grotte où elles ont réussi à maintenir une atmosphère respirable, mais qui diminue petit à petit. Les Cat-Women tentent alors, grâce à leurs pouvoirs télépathiques, de voler le vaisseau de l’expédition pour se rendre sur la Terre…

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Souvent mal cadré, et très bavard, la musique d’Elmer Bernstein accentue l’ambiance du film d’Hilton qui en est plutôt dépourvu. Les décors sont néanmoins agréables, et nous avons le plaisir de découvrir quelques instants, tel un gardien belliqueux de la grotte des Cat-Women, une tarentule extraterrestre géante, une créature qui sera, deux ans plus tard, l’héroïne du film de Jack Arnold, TARANTULA (1955). Les passionnés de SF des Fifties penseront aussitôt à la créature martienne géante mi-arachnide, mi-rongeur, de THE ANGRY RED PLANET (1959) d’Ib Melchior… Entre Jules Verne et la BD américaine des 40′s, et malgré son manque de rythme, CAT-WOMEN OF THE MOON est un film curieux et néanmoins agréable, pour ce qui concerne l’univers kitch de la vieille SF des 50′s. Ces grands fans de SF old-school que sont John Landis et Joe Dante tourneront d’ailleurs, en 1987, plusieurs courts métrages improbables de drôlerie pour le film à sketchs, volontairement titré en anglais, AMAZON WOMEN ON THE MOON (en français : CHEESEBURGER FILM SANDWICH).

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Enfin, concernant la distribution « familiale » du film, une version VHS de CAT-WOMEN OF THE MOON est sortie en 1995 aux USA, et en 3D anaglyphe, mais celle-ci ne semble plus disponible dans le commerce. Des versions DVD en 2-D ont été éditées en Zone 1, et en v.o., mais la France semble avoir été « dispensée » d’une quelconque édition.

CAT-WOMEN OF THE MOON a aussi été projeté, en septembre 2003, avec une double polarisation 3-D à la « 3-D Expo Film » de Hollywood, le film étant devenu culte avec les années, des adaptations libres ayant été réalisées pour le théâtre et la radio américaine.

- Trapard -

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