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Archive pour la catégorie « Cinéma bis indonésien »

QUELQUES SÉRIES B FANTASTIQUES INDONÉSIENNES (p2)

Suite et fin du dossier sur le cinéma fantastique indonésien (débuté ici), avec toujours une sélection croustillante de petites séries B proposées par Trapard-le-passionné. 

QUELQUES SÉRIES B FANTASTIQUES INDONÉSIENNES

PARTIE 2 : LES ANNÉES 90 & 2000

QUELQUES SÉRIES B FANTASTIQUES INDONÉSIENNES (p2) dans Cinéma bis 15011304473415263612871209

Dans les années 90, le cinéma indonésien s’oriente surtout vers le DTV et la télévision avec« La Tripar Multivision Plus, pionnière dans le domaine de la production télé en Indonésie. Cette société s’est peu à peu développée au point de devenir le véritable cœur d’activité du groupe. Elle produit aujourd’hui de nombreuses heures de programmes, des sitcoms et des soap operas essentiellement diffusés à la télé indonésienne mais aussi pour certains au Japon, à Taiwan, à Singapour, en Malaisie, à Brunei, au Pakistan, en Iran, dans le Moyen-Orient et même aux États-Unis. Parkit Films/Multivision Plus possède également ses propres studios télé et sa propre chaîne sur le câble, Film Indonesia Channel, alimentée par un catalogue riche de quelques 900 titres (dont 700 films indiens). » (Nanarland).

15011304341315263612871186 dans Cinéma bis indonésienJe peux néanmoins citer quelques épopées médiévales indonésiennes du début des années 90 comme MUSTIKA SAKTI (1989), BABAD TANAH LELUHUR (1990), DJAGO (1990), PUSAKA PENYEBAR MAUT (1990), ainsi que quelques films de magie noire comme DAERAH JAGOAN (1991) ou AJIAN RATU KIDUL LAUT (1991), une nouvelle réalisation signée de Sisworo Gautama Putra, sans la présence du comédien Barry Prima mais avec celle de la jolie Suzzanna fidèle à ses rôles de sorcières et qui a pris quelques années mais aussi du tour de poitrine.

Autre film de magie noire des 90′s, il y a PAWANG (1995) de Bazar Kadaryono, un film d’aventure légèrement ésotérique et érotique, avec quelques scènes d’arts-martiaux en prime. Le film est ici.

Puis comme l’indique Nanarland : « Après des années de disette, le cinéma indonésien connaît aujourd’hui un nouveau souffle, qu’il convient tout de même de relativiser. Si le nombre de films produits semble en effet être reparti à la hausse depuis les années 2000, il s’agit pour la plupart de comédies gentillettes tournées pour le marché local et de films d’horreur poussifs, qui surfent maladroitement sur la vague des films de fantômes et de revenants asiatiques initiée par les succès d’œuvres comme « The Ring » et « Dark Water » du Japonais Hideo Nakata. »

Vous pourrez d’ailleurs apprécier les belles affiches de films de fantômes indonésiens en bas de page sur le lien de Nanarland.

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Dans cette logique, on trouve :

KAFIR (2002) aka SATANIC de Syarif Mardali

Encore un film indonésien qui lorgne du côté des sujets sur la magie noire.

L’intrigue : « Kuntet est un chaman qui s’est enrichi grâce à diverses entreprises qui ont fait appel à lui, bien que sa femme et ses enfants sont issus de communautés socialement exclues. Pour atteindre l’immortalité, Kuntet fait appel à Satan. Ainsi, lorsque plusieurs enfants du village meurent mystérieusement, les citoyens se mettent en colère... »

KAFIR est un film d’épouvante à très petit budget qui est consultable ici.

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HANTU AMBULANCE (2008, Rumah Hantu ambulance) de Koya Pagayo

Rien d’exceptionnel à dire sur ce petit film d’horreur indonésien si ce n’est qu’il représente le retour sur les écrans de la déesse du cinéma d’horreur : Suzzanna.

L’intrigue : « Une grand-mère est prête à couvrir le passé terrifiant de sa famille pour protéger son petit-fils, Rano. Mais un jour, Rano déménage à Bandung pour ses études. Avec ses amis, ils louent une vieille maison. C’est alors qu’un fantôme, sous la forme d’une ambulance, se met à assassiner les gens autour de lui. Après avoir découvert le secret familial, Rano va tenter de lutter contre le fantôme et de rompre la malédiction… »

Le film est ici.

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TAKUT, FACES OF FEAR (2008)

TAKUT, FACES OF FEAR est une anthologie de l’horreur avec six histoires du folklore indonésien comprenant des fantômes, des zombies, des insectes, des meurtriers et des cannibale. Produit par le philippino-américain Brian Yuzna (RE-ANIMATOR, SOCIETY) pour Komodo Films et par le producteur néerlandais San Fu Maltha, le film offre à sept réalisateurs indonésiens de réaliser chaque épisode : Rako Prijanto, Riri Riza, Ray Nayoan, Robby Ertanto, Raditya Sidharta, ainsi que Les Mo Brothers : Kimo Stamboel & Timothy Tjahjanto dont nous reparlerons dans la suite de cet article.

Brian Yuzna et San Fu Maltha ont tourné un autre film en Indonésie en 2012 avec ANGKARA MURKA.

Le film est en entier et sous-titré en anglais ici.

MACABRE (2009, Darah) de Kimo Stamboel et Timo Tjahjanto

15011304532415263612871211 dans TrapardÀ l’origine, MACABRE est un court-métrage gore et satirique, DARA, réalisé par les Mo Brothers (Kimo Stamboel & Timo Tjahjanto) en 2007. Vous pouvez le voir avec un sous-titrage anglais ici.

Les fameux Mo Brothers (Kimo Stamboel & Timothy Tjahjanto) sont considérés comme la nouvelle vague du cinéma de genre en Indonésie avec Gareth Evans qui a récemment redonné un sang neuf au film de Pencak-Silat avec MENRANTAU (2009), THE RAID (2011) et surtout THE RAID 2 : BERANDAL (2014).

Timo Tjahjanto, sans son compère Kimo Stamboel, s’est essayé sur plusieurs courts-métrages gores et trash, segments de ABC OF DEATH (2012) et V/H/S/2 (2013), le second étant un «found-footage » ultra-gore au sein d’une secte satanique.

Co-produit entre l’Indonésie et Singapour, MACABRE incarne le renouveau du cinéma gore indonésien.

L’intrigue : « Six jeunes gens partent en virée dans la campagne indonésienne. En chemin, ils croisent Maya, une fille étrange, et arrêtent leurs pérégrinations pour la raccompagner chez elle, dans une maison perdue dans la forêt. Une famille très particulière leur offre l’hospitalité… »

PANTAI SELATAN (2013) de Chiska Doppert

15011304570015263612871216Et encore une Femme-Serpent dans ce film de 2013 et avec la plantureuse comédienne indonésienne Dewi Persik.

L’intrigue : « En pleine grossesse, Lastri a dû fuir son domicile après avoir été forcée au mariage par ses parents. Agus, son promis, la traque jusqu’à une grotte appelée Blorong et la pousse au suicide, sautant de la falaise jusque dans l’océan. Sous l’eau, un serpent géant expulse le fœtus de l’abdomen de Lastri et adopte l’enfant baptisé Larasati. Devenue une incarnation de la déesse des serpents Larasati cherche à venger sa mère… »

Le film est ici.

Puis j’ajouterai à cette liste de séries B indonésiennes deux films de fantômes sortis en 2014 : DANAU HITAM (2014) de Jose Purnomo, ou une histoire de revenante rôdant près d’un lac. Et MALAM SURO DI RUMAH DARMO (2014) d’Eka Katili. DANAU HITAM est iciMALAM SURO DI RUMAH DARMO est ici.

Vous trouverez ainsi beaucoup de films de fantômes asiatiques made in Indonesia sur YouTube, souvent destinés à un public très jeune, le teen-movie indonésien ayant même son fantôme de Facebook avec SETAN FACEBOOK (2010) de Helfi C.H. Kardit. Il existe même un Dracula indonésien avec DRAKULA CINTA (2014) !

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Et avant de conclure avec un film tout juste d’actualité, le dernier long-métrage des Mo Brothers :

KILLERS (2014) de Kimo Stamboel et Timo Tjahjanto, un slasher de qualité produit par la Nikkatsu japonaise.

L’intrigue : « Nomura, la trentaine, vit avec succès à Tokyo. Les filles l’aiment et il apprécie leur compagnie. Mais derrière cette apparence, personne ne se doute de la réelle identité de Nomura… Il est un criminel impitoyable et l’auteur de meurtres violents qu’il immortalise par des clips vidéo postés ensuite sur internet. À des milliers de kilomètres vit Bayu, un journaliste d’investigation en disgrâce parti vivre à Jakarta. Suite à d’innombrables échecs, Bayu commence à ressentir une fascination pour les vidéos de Nomura… Il crée alors un alter ego : celui d’un tueur en série justicier qui enregistre ses propres meurtres. Les deux tueurs vont alors se livrer à un face-à-face mortel…»

15011305042715263612871219Enfin, pour conclure avec beaucoup plus de légèreté, voici une bande-annonce qui plaira à Skarn et à tout ceux qui aiment les jolies jeunes femmes : celles du film TARING (2010) de Rizal Mantovani.

L’intrigue : « Farah, un modèle pour la lingerie fine, accepte un emploi auprès d’une société bien connue qui aborde le thème de la Fantaisie sauvage. Farah, avec deux autres modèles Wiwid et Gabriella, doivent se rendre dans une région reculée où l’ambiance sauvage doit servir comme décor pour des photos publicitaires. Damian le photographe et Alex, le représentant de la firme, les accompagnent. La séance photo en tenues légères se déroule pour le mieux jusqu’à ce que la nuit tombe et qu’une créature sanguinaire s’attaque au petit groupe… »

- Trapard -

FIN !

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QUELQUES SÉRIES B FANTASTIQUES INDONÉSIENNES (p1)

Si vous êtes un assidu des Échos d’Altaïr, vous avez sûrement lu l’interview du réalisateur Bastien Meiresonne qui nous parlait de son documentaire GARUDA POWER consacré au cinéma de genre indonésien.

Voici, pour rester dans le thème, une petite sélection de films fantastiques indonésiens assez mal connus hors d’Asie et que nous remettrons à l’honneur le temps d’un article. Cette petite liste n’est en rien exhaustive mais elle vous donnera peut-être envie de voir ou revoir cet obscur cinéma venu d’Indonésie.

N’hésitez pas non plus à consulter la page de Nanarland consacrée en partie à l’Histoire de la série B indonésienne, ce qui vous expliquera aussi pourquoi vous ne trouverez aucun film indonésien antérieur aux années 70. Exceptés les films dits-coloniaux comme le très beau LEGONG, DANCE OF THE VIRGINS (1935), sorte de conte muet interprété par des non-professionnels balinais et produit par l’Américaine Constance Bennett, et la production nationale antérieure aux Seventies plutôt faible dont quelques comédies dans les années 60, nous ne citerons qu’une poignée de classiques du genre des années 70 à nos jours.

QUELQUES SÉRIES B FANTASTIQUES INDONÉSIENNES

PARTIE 1 : LES ANNÉES 70 & 80

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RATU ULAR (1972) aka « Snake Queen » de Motinggo Busye

C’est une star féminine du Cinéma Fantastique indonésien, Tuty S qui écrit, produit et interprète une longue série de films aux thèmes les plus sombres possibles jusqu’aux années 90, dont ces deux premiers films de mon article, RATU ULAR et DUKUN BERANAK en sont deux beaux exemples. Il faut dire aussi que les comédiennes indonésiennes étant souvent très belles, ce sont souvent elles qui sont les fils conducteurs des intrigues de ces séries B. Il suffit pour s’en convaincre de revoir la production conséquente de films d’action dédiés à de superbes femmes motardes et bastonneuses du début des années 80 comme DEADLY ANGELS STRIKE BACK (1981), MEMBAKAR MATAHARI (1981), VIRGINS FROM HELL (1983), MONTIR MONTIR CANTIK (1984) etc… Sans oublier que Laura Gemser, qui est aussi Indonésienne, est l’une des plus belles comédiennes de cinéma bis italien. Elle a aussi tourné en France et aux États-Unis dans un nombre incalculable de films de genre, souvent érotiques.

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Laura Gemser

Pour en revenir à ce SNAKE QUEEN, réalisé par Motinggo Busye en 1972, il ne faut pas le confondre avec THE SNAKE QUEEN de 1982 tourné par Sisworo Gautama Putra et mettant en vedette la 15010605430515263612852949 dans Dossiercomédienne Suzzanna, ce genre de sujet étant d’ailleurs très courant en Asie, de Bollywood à Hong-Kong en passant par Taïwan et même par les vieux classiques d’Hollywood (avec les films d’épouvante de la Universal Pictures comme LE SIGNE DU COBRA en 1944 et LE CULTE DU COBRA en 1955).

L’intrigue : « À la mort de ses parents, la jeune Siti retourne dans son village, dans la maison de sa tante Nyi Aminah, une riche veuve. Dans le village, de nombreux décès mystérieux se succèdent et Nyi Aminah semble vouer un culte secret à un dieu serpent… »

RATU ULAR est un film d’horreur aux effets-spéciaux et aux maquillages bien cradingues qui sont comme un compromis entre les films philippins d’Eddie Romero (LE MÉDECIN DÉMENT DE L’ÎLE DE SANG, BRIDES OF BLOOD ou BEAST OF THE YELLOW NIGHT) et les films bollywoodiens des frères Ramsay.

Pour vous faire une idée de l’ambiance de RATU ULAR, vous pouvez le trouver en version complète et en V.O. ici.

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DUKUN BERANAK (1977) de Bay Isbahi

Entre mélodrame et film surnaturel, DUKUN BERANAK est beaucoup moins séduisant et plus bavard que le précédent.

L’intrigue : « Nyi Anis a chassé son mari Agus avec l’aide du sorcier Mak, un expert en magie noire. Pour se venger Agus force Mak à le faire revenir vers Nyi mais pour cela, il doit sacrifier un bébé à chaque pleine lune. La première victime était son propre enfant et la malédiction semble prendre une tournure difficilement réversible… »

Vous pouvez trouver DUKUN BERANAK en version complète et en V.O. ici.

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SRIGALA (1981) de Sisworo Gautama Putra

S’inspirant vaguement des premiers VENDREDI 13, Sisworo Gautama Putra, qui a d’abord été réalisateur de films d’arts-martiaux, a lancé la mode des Slashers indonésiens avec ce SRIGALA (1981). On y retrouve les deux stars indonésiennes de l’époque de la Rapi Films, Barry Prima et Rudy Salam.

L’intrigue : « Un groupe d’adolescents se retrouve dans un camp près d’un lac pour les vacances. Parallèlement, trois aventuriers sont bien décidés à trouver un trésor au fond du lac. Mais ils ne sont pas seuls. Un homme vêtu de noir commence à s’en prendre et à décimer toute âme qui erre près du lac… »

On retrouve plus ou moins les ingrédients qui ont fait le succès des VENDREDI 13 avec ses plans suggestifs et un tueur à l’affut. Et avec beaucoup de scènes nocturnes avec des hurlements de loups, des cris de chouettes, des chants de cigales (on suppose que le sonorisateur du film avait tout un disque de cris d’animaux sous la main pendant le mixage). SRIGALA n’est pas très original mais c’est un bon film d’ambiance que vous pouvez trouver en version complète et en V.O. ici.

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BAYI AJAIB (1982) de Tindra Rengat

Mélange de film surnaturel et d’horreur, BAYI AJAIB est considéré comme un film culte des années 80 en Indonésie. Il est sûrement vaguement inspiré d’INCUBUS (1982), sorti la même année aux États-Unis.

L’intrigue : « Kosim et Dorman connaissent l’existence d’une mine de diamants dans un village reculé. Dorman, qui a du sang portugais, supplie ses ancêtres qui ont été enterrés dans la région, dont Alberto Domenique qui lui propose de l’aider dans ses ambitions. Alors que Kosim trouve un diamant, sa femme Sumi, qui est enceinte, rend visite à une chaman du village qui ressent une incongruité dans l’utérus… »

BAYI AJAIB est une sympathique série B avec quelques scènes irréelles et gothiques et une ambiance musicale assez proche de celles des séries B italiennes de la même période. Vous en trouverez une version complète et en V.O. ici.

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SATAN’S SLAVE (1982, Pengabdi Setan) de Sisworo Gautama Putra

15010605540115263612852954Autre film d’horreur, mais très inspiré de l’ambiance de PHANTASM (1979) de Don Coscarelli et d’EVIL DEAD (1982) de Sam Raimi.

L’intrigue : « Depuis la mort prématurée de sa femme, Munarto est inconsolable et ses enfants, Tommy et Rita, sont profondément ébranlés. Tommy va consulter une voyante pour prédire leur avenir. Dès ce moment, les phénomènes étranges vont se multiplier. D’inquiétantes ombres semblent menacer la famille. Tommy sera possédé, le jardinier Karto se pend sans aucune raison et Herman, le petit ami de Rita, meurt dans un mystérieux accident de voiture. Tommy soupçonne la voyante Darmina d’être la raison de tous les maux ; mais au moment de la confronter, cette dernière lève une terrible armée de morts-vivants pour faire assassiner la petite famille… »

Le film est ici.

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SUNDEL BOLONG (1982) aka « Ghost with Hole » de Sisworo Gautama Putra

Avec SUNDEL BOLONG, le réalisateur Sisworo Gautama Putra est revenu assez tardivement avec le genre « Rape-and-Revenge » (I SPIT ON YOUR GRAVE, LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE, L’ANGE DE LA VENGEANCE…). Mais il renouvelle le genre en y ajoutant des éléments du folklore indonésien ainsi qu’une touche de surnaturel (la vengeance de l’héroïne est post-mortem).

L’intrigue : « Alisa est un ancienne prostituée mais sa vie a complètement changé après son mariage avec Hendarto. Un jour, Rudi, un homme d’affaires, rencontre Alisa dans une boutique et lui propose de la payer pour satisfaire son envie d’elle, ce qu’elle refuse. Colérique, Rudi fait alors kidnapper la jeune femme et la viole. Dévastée Alisa retourne à son domicile et seule, recluse, elle se laisse envahir par un sentiment de vengeance… Même après son propre décès… »

Produit par la Rapi Films, SUNDEL BOLONG met de nouveau en vedette Barry Prima, mais aussi la jolie Suzzanna qui est l’héroïne d’un petit nombre de films d’horreurs cultes en Indonésie comme LA REINE DE LA MAGIE NOIRE (1979, Ratu ilmu hitam).

Le film est ici.

THE SNAKE QUEEN (1982, Nyi blorong) de Sisworo Gautama Putra

15010605583015263612852956Tout comme SUNDEL BOLONG, THE SNAKE QUEEN a popularisé le cinéma d’horreur indonésien et de son réalisateur Sisworo Gautama Putra hors de son pays. Ainsi la popularité de Barry Prima et de Suzzanna s’est exportée aux États-Unis et en Europe, et c’est sur le site francophone Horreur.net que vous en trouverez le résumé suivant :

L’intrigue : « Une femme-serpent dispense la bonne fortune à ses disciples, en contre-partie ceux-ci doivent sacrifier une personne aimée en son honneur dans l’année. Un homme ayant déjà sacrifié sa femme et son fils au nom de la richesse ne peut se résoudre à tuer sa fille. Son seul espoir : marier sa fille pour qu’il puisse sacrifier son gendre. Mais la reine tombe amoureuse du jeune homme en question créant ainsi un triangle amoureux des plus troublants… »

Nous sommes évidemment à des années-lumière de la légende chinoise dont est tiré GREEN SNAKE, avec Maggie Cheung ondulant le long des lacs, mais voir la pulpeuse Suzzanna en déesse-serpent vaut aussi son pesant de lombrics caloriques et énergétiques.

Le film est ici.

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LE JUSTICIER CONTRE LA REINE DES CROCODILES (1984, Golok Setan) aka KORAL LE JUSTICIER aka THE DEVIL’S SWORD de Ratno Timoer

Dans la droite lignée des héros indonésiens comme Rajawali Sadki, Jaka Sembung ou Jaka Tarub, Mandala est un guerrier évoluant dans un folklore propre à l’Indonésie avec des sorciers et des puissances surnaturelles souvent à la limite du péplum. Outre LE JUSTICIER CONTRE LA REINE DES CROCODILES, Mandala est le personnage central d’une série de films comme MANDALA FROM THE SNAKE RIVER, MANDALA THE TAR TAR CONQUEROR, tous interprétés par Barry Prima, et souvent tournés en langue anglaise pour l’exportation.

L’intrigue : « La Devil’s Sword, est une épée magique qui assure la toute puissance à celui qui l’utilise. Celle-ci est cachée dans une grotte secrète de la Devils Mountain. Quatre guerriers attaquent et torturent le gardien de la montagne afin de savoir où trouver cette épée. Celui-ci parvient à s’échapper et informe Mandala, son élève, un fier et fort guerrier, de ce qui se trame. Celui-ci va entamer un voyage parsemé d’embûches afin d’empêcher que le mal s’empare de ce qui pourrait asservir le royaume… »

Du bon cinéma d’arts-martiaux avec un héros luttant contre la magie noire et des monstres issus de légendes ancestrales dans des costumes en caoutchouc. On retrouve ce style de film dans le cinéma indonésien jusque dans les années 90 avec SAUR SEPUH I SATRIA MADANGKARA (1987), MUSTIKA SAKTI (1989), BABAD TANAH LELUHUR (1990), DJAGO (1990), PUSAKA PENYEBAR MAUT (1990). Des épopées médiévales entre films d’arts-martiaux et fresques aux faux airs de Mahâbhârata hindouistes.

Le film est ici.

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LA REVANCHE DE SAMSON (1985, Samson Dan Delilah) de Sisworo Gautama Putra

LA REVANCHE DE SAMSON est une relecture moderne d’un mythe ancestral par l’industrie du cinéma indonésien.

L’intrigue : « Daman est un jeune homme dont les parents se sont fait assassiner alors qu’il n’était qu’un enfant. Il a été recueilli, puis élevé par un vieil homme qui a su faire de lui un être surpuissant, quoique pacifiste… »

Il s’agit d’une sorte de péplum indonésien débutant à la manière de CONAN LE BARBARE mais avec le folklore national en plus et la jolie Suzzanna dans le rôle de Dalida ainsi que le bodybuilder indonésien, Paul Hay.

Le film est ici.

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LADY TERMINATOR (1989, Pembalasan ratu pantai selatan) aka NASTY HUNTER de H. Tjut Djalil

Dernier film fantastique indonésien de la première partie de cet article. Plus contemporain et érotique que les précédents, LADY TERMINATOR, malgré son titre racoleur, est un bon film d’action et de magie noire de la fin des Eighties.

L’intrigue : « L’esprit d’une ancienne reine maléfique possède le corps d’une jeune étudiante en anthropologie. Un saccage meurtrier s’ensuit alors…. »

- Trapard -

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« GARUDA POWER » – INTERVIEW DE BASTIAN MEIRESONNE

On délaisse un temps le Fantastique et la SF pour cette interview de Bastian Meiresonne, réalisateur du documentaire consacré au cinéma d’action indonésien : GARUDA POWER. Une interview réalisée par Trapard que l’on remercie au passage !

Bonjour Bastian. Tu es en train de préparer un documentaire intitulé GARUDA POWER portant sur le cinéma d’action indonésien. Une industrie conséquente mais assez peu connue finalement, que la proximité avec l’Asie et que la communauté indonésienne qui constitue la Nouvelle-Calédonie nous aide parfois à découvrir par le biais de DVD ramenés localement dans des bagages. Mais un cinéma qui s’exporte peu en conclusion. Peux-tu nous parler un peu de toi, de ton parcours et de ce qui t’a amené à entreprendre ce projet si peu commun et pourtant très intéressant ?

Bonjour ! Je suis né le 31 décembre 1975 à Düsseldorf en Allemagne de parents flamands avant d’arriver à l’âge de douze ans en France. À 21 ans, j’ai tout plaqué pour partir vivre un an en Australie – quoi de plus logique de de m’intéresser au cinéma asiatique pour boucler la boucle de mon petit tour du monde personnel (rires).

Quand j’étais gamin, mon père était souvent parti un peu partout dans le monde pour ses activités et il ramenait toujours tout un tas de trucs. Un jour il est revenu avec un lecteur BETA, tu sais, l’ancêtre ou plutôt le concurrent de la VHS, et des BETAMAX plein les bras en revenant du Japon. On a galéré pour trouver une télé capable de les passer.

Du coup, en l’absence de mon père, je regardais tous ces vieux classiques en noir et blanc avec ma mère : des Kurosawa, Ozu et Kinoshita Keisuke. Ma mère me racontait ce qui se passait et se disait à l’écran. J’adorais ces moments.

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Quelques années plus tard, je revois l’un de ces Kurosawa et me rends compte que l’histoire n’avait absolument rien à voir avec celle que j’avais en tête et que ma mère m’avait racontée. Je suis allé la voir et elle me répond : « Mais comment voudrais-tu que je parle et comprenne le japonais ? » Je ne m’étais jamais posé la question – je m’en suis voulu et j’ai adoré l’anecdote en même temps – le fait d’idolâtrer à ce point ses parents et ne jamais remettre en cause leurs éventuelles compétences… mais du coup, j’ai toujours gardé une profonde affection pour le cinéma japonais classique.

Plus tard, j’ai découvert le cinéma hongkongais : des mecs qui volaient, des sabres à la main, qui mettaient des balles dans la tête à bout pourtant sans que le plan ne soit coupé… Le seul moyen de se les procurer était d’acheter des VHS dans certains quartiers de Paris ou… Londres. J’économisais pour passer la Manche avec le ferry, aller en bus jusqu’à Londres m’acheter des VHS jusqu’à 50-100 € la cassette, parfois. Je peux te dire que je les ai usées, les bandes, pour les rentabiliser ! Je ramenais plein de cassettes aussi de mes voyages en Asie, puis est arrivé l’époque bénie des VCD, que je commandais par dizaines et que je galérais à récupérer à la douane sans payer trop de taxes…

Est arrivé le cinéma thaï, le cinéma coréen…

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Comme études, j’ai fait un bac B avant d’aller m’emmerder dans une école de cinéma privée parisienne, l’ESRA – spécialisation réalisation. J’y ai perdu pas mal de temps, mais j’ai eu quelques bons profs, dont un, Jean-François Tarnowski, qui m’a profondément marqué. Il m’a donné le goût de l’analyse et le sens de la représentation – je lui rends hommage à chaque présentation de films que je fais – il s’est suicidé il y a quelques années.

Puis j’ai commencé à écrire pour des sites Internet, et après mes études je me suis barré en Australie, puis à mon retour, j’ai enchaîné des boulots gratos sur des tournages de courts, longs et émissions télé avant de partir en Allemagne pour un boulot alimentaire, que j’ai continué encore quelques années à mon retour en France.

En revanche, je me suis imposé une discipline de fer : debout à 06h00, visionnage d’un film, au boulot pour 8h, retour le soir à 20h, rédaction d’une critique jusqu’à 21h / 22h – c’était le seul moyen pour que je tienne le coup dans mon boulot alimentaire.

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Puis, en 2005 ou 2006, j’ai été licencié économique, j’ai eu un peu d’argent et j’ai décidé de faire de ma passion mon métier. C’était l’époque bénie du cinéma asiatique en France, il y avait au moins trois magazines, MAD ASIA, KUMITE et ASIA PULP, j’ai écrit pour les deux derniers.

Mes articles m’ont amené dans le circuit festivalier, où j’ai rencontré du monde qui cherchait des consultants en cinéma asiatique. Et de fil en aiguille j’en suis arrivé à ce que je fais encore aujourd’hui : un peu de presse (Coyote Mag, Écran Fantastique, des piges…), des collaborations à des bouquins (j’ai collaboré à une douzaine d’ouvrages en moins de dix ans et j’ai sorti un ouvrage sous mon propre nom : « Imamura Shohei – Évaporation d’une réalité »), consultant dans l’acquisition de titres asiatiques pour la distribution française, programmateur, traducteur, intervenant, maître-conférencier et présentateur dans divers festivals (Black Movie à Genève, Festival International des Cinémas d’Asie à Vesoul, le NIFFF…) et maintenant… ben… réalisateur.

Je suis à peu près toutes les cinématographies de l’Asie du Sud-est et suis à peu près calé sur les principales, HK, le Japon, la Corée… Je me suis pas mal spécialisé dans le cinéma thaïlandais pendant plusieurs années, jusqu’à avoir un vrai coup de cœur pour le cinéma indonésien en 2006.

14043006523615263612191428Je suis allé voir un film au Marché du Film de Cannes, un peu par hasard, un peu par curiosité, comme je n’avais encore jamais vraiment vu de film indonésien… LOVE FOR SHARE. On était trois dans la salle, quand tout d’un coup a déambulé la jeune réalisatrice Nia Dinata avec deux de ses actrices principales, qui étaient follement contentes d’être là et nous ont fait un show, comme elles venaient de remonter le tapis rouge ! (rires). Le film a été une claque incroyable : trois segments traitant de la polygamie dans le premier pays musulman au monde, réalisés par une femme ! Je me suis demandé comment cela pouvait bien être possible – et m’en suis voulu de mes propres préjugés et représentations. En faisant des recherches, je me suis rendu compte qu’il y avait une cinématographie extrêmement importante avec plus de 4000 films réalisés depuis les années 1920 et 2000), que le pays est dans le Top 15 des principaux pays producteurs cinématographiques au monde avec plus de 80 films produits chaque année, mais qu’l n’existait quasi aucune information sur ce cinéma. J’ai donc fait pas mal de déplacements là-bas, jusqu’à arriver aujourd’hui à avoir plus de 1800 films sur les 2500 encore existants, avoir eu la chance d’organiser deux rétrospectives d’une dizaine de films en 2011 à Genève et de 22 films – la plus grande rétrospective dédié à ce pays réalisé au monde en 2013 à Vesoul.

Au cours de mes recherches de programmations des films plutôt « art et essai », je n’arrêtais pas d’en apprendre également sur le cinéma « d’exploitation » et plus particulièrement très présent – et ce dès les années 1930 jusqu’à l’apogée du genre dans les années 1970 et 1980 avec des dizaines de films d’action produits chaque année. Certains de ces titres sont encore aujourd’hui considérés comme des « classiques » du Cinéma Indonésien – je pense notamment à JAKA SEMBUNG. Je me suis donc mis à en regarder de plus en plus, et j’ai découvert des véritables pépites… Peut-être pas du niveau technique du cinéma japonais ou hongkongais de la même époque, mais avec une vraie identité et – surtout – réalisé avec beaucoup de passion… Il y a des films totalement délirants, adaptés de célèbres bandes dessinées, avec des guerriers aux super pouvoirs, qui voltigent dans les airs et savent manier la magie noire. C’est de là qu’est né mon envie d’en tourner un documentaire dédié au genre du cinéma d’action depuis les années 1930 jusqu’au récent succès mondial des THE RAID 1 & 2…

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Le Garuda, c’est une créature issue du bouddhisme en Asie, mais aussi un emblème politique indonésien. Pourquoi ce titre exactement de GARUDA POWER ?

Le cinéma indonésien est quasi méconnu dans une grande partie du monde, il me fallait donc trouver un titre accrocheur, à la fois exotique et explicite.

Je me suis rapidement décidé pour le mot « GARUDA », car même s’il n’est pas très connu, il titille instamment la curiosité, même pour ceux qui ne mettraient aucune image sur ce terme.

Ensuite j’aime beaucoup sa dimension mythologique, un oiseau fabuleux, un aigle géant mythique, présent dans bon nombre de mythologies asiatiques, indienne, thaïlandaise, tibétaine, etc… J’aimais cet unique terme réunissant plusieurs pays, partageant une mythologie commune et dont les légendes des uns nourrissaient ceux des autres – tout comme le cinéma d’action indonésien a su évoluer en fonction des influences d’autres pays (Hong Kong, Inde, Japon, États-Unis…) tout en développant une identité propre.

Et puis le GARUDA a une symbolique encore plus particulière en Indonésie, en étant l’emblème même du pays et ayant donné son nom à la première compagnie aérienne du pays – et d’autres sociétés assez influentes.

Un terme assez « fort », renforcé par le « POWER », qui parle directement aux publics du monde entier.

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Où en es-tu exactement. As-tu planifié un calendrier de tournage et pour la post-production du film pour nous allécher sur une potentielle date de sortie du film ?

(rires). En fait, le sujet est déjà tourné, j’ai passé deux fois un mois en Indonésie l’année dernière pour terminer le film. La première session m’a permis d’interviewer une trentaine de personnalités, parmi lesquels des spécialistes du cinéma indonésien, des historiens, des intellectuels et – bien sûr – des professionnels issus du monde du cinéma, parmi lesquels les réalisateurs Imam Tantowi (JAKA SEMBUNG), Ackyl Anwari ou des acteurs comme George Rudy, Johny Indo ou le mythique Barry Prima, dont c’était uniquement la seconde interview accordée à une équipe étrangère en près de 40 ans de carrière.

La seconde session s’est davantage focalisée à tourner des scènes de fiction qui serviront de début et de fin à la version ciné du film, ainsi que de filmer certains lieux mythiques, anciens cinémas abandonnés, la Cinémathèque, des anciens studios (PFN) ou encore assister au tournage d’un épisode d’un soap d’action diffusé chaque soir à la télévision indonésienne. C’est même assez fou : cette série est tournée sur des plateaux de tournage installés dans des terrains vagues à l’extérieur de Jakarta. Le tournage ne s’arrête jamais, il y a deux équipes qui tournent 24h / 24 par tranches de 16 heures chacune pour produire au moins un épisode par jour, qui est diffusé à la télévision… le soir même ou le lendemain, sachant que la série comporte pas mal d’effets spéciaux rajoutés en post-production ! Incroyable. Ce genre de séries a servi de « refuge » aux nombreux techniciens et acteurs des films d’action des années 1970 et 1980 lors de la grande crise cinématographique indonésienne, lorsque la production de films est passé de 125 films tournés par an à une poignée de films – notamment à cause de la concurrence de la télévision.

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Le documentaire va donc aborder le cinéma d’action des années 1930 à nos jours, en traitant notamment de l’influence des komiks (bandes dessinées indonésiennes) à la fin des années 1960 / début des années 1970, en passant par l’apport du cinéma hongkongais dans le cinéma d’action indonésien des années 1970 (avec des nombreux faux Bruce Lee), en passant par la concurrence de la télévision des années 1990, etc.

J’espère terminer une version de 90 minutes pour cet été pour ensuite le proposer à un circuit festivalier vers la fin d’année. Parallèlement à cela, je pense également à une version de 52 minutes, que je proposerai aux chaînes de télévision et je monte une version de 26 minutes, différente, qui servira de bonus aux futures éditions DVD de THE RAID 2… Mes nuits sont donc courtes en ce moment (rires).

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J’espère que la Nouvelle-Calédonie ne sera pas oubliée lors de la diffusion de GARUDA POWER, et pourquoi ne pas venir nous en parler lors d’une projection locale ?

J’ADORERAIS ! (rires). Il y a TANT à raconter et j’adore communiquer ma passion, mes quelques savoir que j’aurai pu glaner, raconter des histoires et anecdotes qui m’ont moi-même fascinés, montrer des bouts d’images… J’ai eu la chance de pouvoir collecter plus de 600 images tout au long de ces dernières années, de retrouver des copies dites « disparues » et récupérer des bouts de films des années 1930 et 1940 inédits depuis des décennies. Et je puis vous garantir que les films des années 1930 et 1940 valent largement ce qui se fait aujourd’hui, avec notamment des copies de TARZAN et ZORRO absolument irrésistibles. Oui, j’espère sincèrement avoir la chance de pouvoir le projeter en Nouvelle-Calédonie un jour !

Vraiment, au nom des Échos d’Altaïr : merci Bastian pour ta gentillesse, ta disponibilité et ton enthousiasme communicatif. 

- Trapard -