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Archive pour la catégorie « Cinéma bis »

REDNECK ZOMBIES

REDNECK ZOMBIES (1989) de Pericles Lewnes (par Trapard du Cri du Cagou)

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12091708510915263610327970 dans Cinéma bis américainUn peu de Z gore sur Les Échos d’Altaïr, ça ne lui fera pas de mal à l’estomac. REDNECK ZOMBIES est une production TROMA (et FULL MOON) qui est, en quelque sorte, la conclusion de la conclusion de la vogue du film gore de zombies qui a explosé en 1979 avec ZOMBIE/DAWN OF THE DEAD de George A. Romero, se poursuivant avec la trilogie de Lucio Fulci dont le désormais culte L’ENFER DES ZOMBIES. Un volet zombiesque qui s’est doucement éteint vers 1988 avec le raté ZOMBI 3 de Fulci, et quelques zèderies italo-américaines (dont ZOMBI 4).

12091708530615263610327971 dans FantastiqueREDNECK ZOMBIES reprend l’idée du RETOUR DES MORTS VIVANTS 2 (1988) de Ken Wiederhorn dans lequel l’armée égare un baril ultra-toxique près d’une petite ville en infectant la population qui se zombifie petit à petit. Le film de TROMA reprend l’humour du film de Wiederhorn, pour proposer un sujet presque similaire, à la différence que le baril est égaré en tombant de la jeep zigzaguant d’un G.I. complètement bourré, près d’un village de péquenots américains. Les traits de chaque personnage sont tirés à l’extrême dans la caricature, tel que le film en est drôle dans ses excès, malgré tout, me faisant un peu oublier le gros manque de moyens financiers de Troma sur un sujet qui se veut angoissant et gore. C’est d’ailleurs un des atouts des scénaristes de Troma Entertainment qui, pour pouvoir commercialiser leurs films et continuer à se faire connaître, doivent toujours taper dans la caricature ou l’originalité pour se distinguer du lot des VHS (et DVD).

Souvenez-vous de TOXIC AVENGER (1985) de Michael Herz et Lloyd Kaufman, de FLESH GORDON (1974) de Michael Benveniste et Howard Ziehm, de CANNIBAL : THE MUSICAL (1993) de Trey Parker ou encore de SURF NAZIS MUST DIE (1987) de Peter George. Déjà, rien que les titres nous laissent rêveurs, non ?

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- Trapard -



ROBOT-CRAIGNOS (48)

ROBOT-CRAIGNOS (48) dans Cinéma bis 13061310000015263611288446

15052307082015263613290199 dans Cinéma bis italienVoici ROBOWAR. C’est en tout cas, le titre du film de Bruno Mattei qui précède son film d’horreur, RATMAN, et qui suit son film post-apocalyptique, LES RATS DE MANHATTAN. Beaucoup de rats, donc, dans cette histoire mais aucune qualité scénaristique, ni cinématrographique dans ces trois films qui ne font que fouiner dans la direction du box-office pour tenter des copiés-collés vite-faits et mal-faits des films qui se vendent bien.

C’est donc sur cette voie que ROBOWAR traîne la patte comme un cul-de-jatte, en reprenant un scénario quasi-similaire à celui de PREDATOR de John McTiernan : une troupe de mercenaires enrôlés pour une mission secrète et lâchés dans la jungle amazonienne infestée de guerilleros et…euh…de ROBOWAR.

Alors ROBOWAR c’est PREDATOR mais sans budget, et très bâclé. C’est un robot de l’espace (à ce qui est dit dans le film, pour le moins) affublé d’une armature (appelons ça franchement un uniforme de pilote traficoté avec de la matière en plastique noir) et surmonté d’un casque de moto noir.

Comme Predator, ROBOWAR possède aussi sa vision infra-rouge, ou pour être plus précis, un filtre orangé ajouté à l’objectif de la caméra du film. Le tout simulant une caméra objective, ou le regard de Robowar, alimenté de sons aigus métalliques (du genre « bidi bidi… ») et bien con-cons pour simuler la voix d’une créature qui est censée être effrayante.

D’ailleurs, le reste du film est tout aussi crétin, mou et caricatural et difficilement regardable tellement les comédiens (sûrement mal dirigés, voire pas du tout…) en font des tonnes pour ne faire rire qu’eux-mêmes.

ROBOWAR est un robot très craignos pour un film très, très craignos. Et d’habitude j’emploie ce terme pour des robots qui ont un petit quelque chose de sympathique. Mais les autres robots-craignos de LEA, se serreront bien un peu, pour lui faire une petite place à leurs côtés.

- Trapard -



RETOUR VERS LES 80′s : LES MAITRES DE L’UNIVERS (1987)

Aventurons-nous à la fin des années 1980 avec, cette fois, la seconde génération du fanzine calédonien CosmoFiction, celle qui se compose de six numéros étalés de 1988 à 1991. Notre voyage nostalgique se poursuit avec quelques-unes des critiques cinématographiques parues au fil des numéros du fanzine.

RETOUR VERS LES 80's : LES MAITRES DE L'UNIVERS (1987) dans Cinéma bis 12081108204115263610198345

Durant les années 80, la (mauvaise) réputation de la Cannon précédait ses films… Autant dire que la sortie prochaine des MAÎTRES DE L’UNIVERS (MASTERS OF THE UNIVERSE, de Gary Goddard, 1987) en inquiétait plus d’un à l’époque, alors que le film s’annonçait comme l’un des plus ambitieux, si ce n’est LE plus ambitieux, de toute l’histoire de la firme des fameux frères Menahem Golan et Yoram Globus. Je me souviens même de l’avis du vendeur de la boutique Mad Movies à Paris qui m’avait confié que le film risquait d’être très bon, alors que celui-ci n’était pas encore à l’affiche et que j’achetais, fébrilement, tandis que je servais sous les drapeaux, un jeu de photos des MAÎTRES DE L’UNIVERS pour le futur fanzine CosmoFiction. Et c’est aujourd’hui, 24 ans plus tard, que je me demande comment j’ai pu, en 1988, aimer ce film… Je l’ai revu il y a un an ou deux, et je n’arrive toujours pas à m’expliquer ce qui m’a permis de parler alors d’un « très bon film » !… J’ai donc décidé de publier les deux critiques, la négative d’Alain (que je rejoins aujourd’hui sans hésitation !), parue dans CosmoFiction Fanzine numéro 1 d’avril 1988, et la positive d’Hervé (c’est-à-dire moi, Morbius), parue dans CosmoFiction Fanzine numéro 2 de juin 1988 … au risque de passer pour un fou ! Ah non : j’ai dû définitivement perdre mon âme d’enfant…

L’histoire : « Aux confins des galaxies, la planète Eternia connait le joug du terrible Skeletor. Seul Musclor, guerrier d’une force et d’un courage exceptionnels, peut changer le cours des évènements et c’est de la planète Terre, où il se retrouve avec ses compagnons, que Musclor entreprend un combat titanesque contre Skeletor et les Forces des Ténèbres. Un combat dont l’enjeu est le sort de l’Univers. » (Wikipédia)

12081108282015263610198349 dans Cinéma bis américain« Annoncé en fanfare par les revues spécialisées en cinéma fantastique, LES MAÎTRES DE L’UNIVERS version cinématographique n’est assurément pas le produit qu’on était en droit d’attendre. D’ailleurs, son impact n’a pas ébranlé les médias autres que spécialisés : pendant que les « maîtres de l’univers » (Musclor et Skeletor) débarquaient en France, tout le monde a préféré s’intéresser aux maîtres du monde (Reagan et Gorbatchev) qui se payaient une bonne bouffe à Washington.

Une campagne publicitaire fantôme, une affiche douteuse avec en sous-titre « Musclor » (!), deux lignes dans Première, etc. Ingratitude envers les vrais maîtres ? Eh bien non ! LES MAÎTRES DE L’UNIVERS a reçu l’accueil qu’il méritait, n’en déplaise à la riche (et pauvre à la fois) équipe technique du film. C’est triste à dire, mais la superproduction Cannon ne fait pas l’effet d’une bombe ! L’espoir aura d’ailleurs été de très courte durée : à peine le très beau sigle Cannon disparu au début du générique, les premières images du film annoncent l’échec : un prélude narré à la manière Dominique Paturel et un générique gauchement pompé sur celui de SUPERMAN. La suite du film n’arrange rien : un scénario qu’on connaît par cœur, des héros qu’on connaît encore mieux : le bon, ses acolytes, la belle, le gnome, tous chiants sauf Dolph Lundgren (Musclor) qui semble s’être prêté au jeu par pitié tant on le sent capable de mieux faire ; des scènes d’action lentes, parfois au ralenti, des décors flous et des effets spéciaux d’une médiocrité à renvoyer Richard Edlund (méconnaissable !) à l’école !

12081108334115263610198352 dans Fanzine CosmoFiction

Tout le monde aura compris que je n’ai pas aimé LES MAÎTRES DE L’UNIVERS… mais ne prenez pas cela pour une poussée de fièvre personnelle et passagère car pour voir si je n’étais pas malade, en sortant de la salle qui projetait le film pour le deuxième jour d’exclusivité, j’ai observé les cinq autres spectateurs (!) qui avaient crus au pouvoir des MAÎTRES DE L’UNIVERS deux heures plus tôt, et permettez-moi de vous dire que le mécontentement était général. En fait, pour achever l’œuvre, on peut dire que LES MAÎTRES DE L’UNIVERS est une bonne petite pub pour les jouets du même nom et que si certains, en voulant voir le dernier Walt Disney, se trompaient de salle et tombaient dans celle qui projette les aventures de Musclor, ils pourraient vraiment se croire devant le dernier film de la maison Disney ! »

- Alain -

« Diable ! Suis-je devenu fou, ou n’est-ce qu’une crise passagère ? GRAVE : je suis allé voir LES MAÎTRES DE L’UNIVERS. PIRE : je lui ai mis un « très bon » en cotation ! Mon sort est réglé : je vais être la risée de la rédaction et des lecteurs ; on va me rouer de coups, me renier, m’oublier. Vais-je pouvoir me faire entendre auprès d’Alain ? Yan va-t-il continuer à m’accepter en tant que rédac-chef ? Quant à Paul-Étienne, encore traumatisé par la bande-annonce des MAÎTRES DE L’UNIVERS, sera-t-il toujours présent dans la rédaction du numéo trois ?… Mais mon inquiétude est-elle réellement justifiée ? Ou n’est-ce pas plutôt de votre côté, mes bons Scifiles, que l’on devrait s’interroger ?…12081108364815263610198354 dans Retour vers les 80's

On a dit (et on nous l’a assez rabâché !) que pour aimer LES MAÎTRES DE L’UNIVERS il fallait « avoir gardé son âme d’enfant ». Je peux donc soupirer : j’ai vingt-deux ans, et « elle » est toujours en vie ! D’autres, plus jeunes, l’ont apparemment perdue… à jamais ? Non. Je ne pense pas. Ils l’auront tout simplement laissée à l’entrée de la salle de cinéma ; car malgré ses faiblesses (et il en compte !), le film de Gary Goddard n’est pas le mutant difforme et pustuleux créé par la Cannon que l’on a voulu nous faire croire – et que l’on montre du doigt avec une réaction de retrait. C’est un divertissement de luxe, une superproduction où s’entrechoquent deux genres – space opera et heroic fantasy – qui évoquent, de par leur nom déjà, l’envergure des MAÎTRES DE L’UNIVERS.

À film grandiose, décors grandioses : le palais de Skeletor représente à lui seul un travail considérable. Le résultat est sur l’écran : tout un art et une architecture ont été inventés pour Grayskull. L’ensemble est d’une beauté surprenante. L’arrivée théâtrale de Skeletor dans la grande salle du palais est un moment de pur plaisir, la musique de Bill Conti épousant la marche élancée de l’ennemi juré de Musclor. Frank Langella, l’inoubliable Dracula de John Badham, est époustouflant dans son interprétation du « Grand Méchant ». Il donne au corps de celui-ci toute une noblesse et une puissance qui l’élèvent au rang du « plus-beau-méchant » après Dark Vador lui-même ! Son costume est une grande réussite, sans parler de son maquillage.

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Parmi les temps forts du film, on notera : le tunnel créé par la clef cosmique de Gwildor, déformant les statues imposantes du palais de Grayskull ; les armées de Skeletor, accompagnées de nacelles, déambulant dans les rues d’une ville américaine du XXème siècle ; les combats dans une boutique de la ville ; les combats aériens sur disques flottants, une trouvaille originale ! Dolph Lundgren, pour sa part, s’avère incarner un Musclor convaincant. Seule, Malicia reste irritante tout au long du film ; elle est une véritable caricature de la Méchante-bête-et-cruelle.

Bref, je suis venu voir LES MAÎTRES DE L’UNIVERS et j’en ai eu pour mon argent. Je n’hésiterai pas à le revoir lors de sa sortie vidéo. Et, par pitié, que l’on ne salisse pas la musique de Bill Conti ou je fais un malheur ! Achetez-la, écoutez-la, puis jugez.

Ouf ! J’en ai fini avec LES MAÎTRES DE L’UNIVERS ! Mon Dieu ! Tout ça d’écrit ?! »

- Hervé -

À noter que LES MAÎTRES DE L’UNIVERS sont actuellement l’objet d’un remake…

Réalisation : Gary Goddard / Scénario : David Odell & Stephen Tolkin / Acteurs : Dolph Lundgren, Frank Langella, Billy Barty, Meg Foster, Courteney Cox, Robert Duncan McNeill, Jon Cypher…

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La trilogie japonaise de Dracula

LA TRILOGIE JAPONAISE DE DRACULA (par Trapard, du Cri du Cagou)

Je parlais du cinéma japonais des années 50 et 60 dans cet article consacré au classique de Kenji Mizoguchi. En 1971, l’industrie cinématographique et d’exploitation japonaise s’est déjà affirmée et elle est, de plein pied, dans la production de films calqués sur le cinéma américain (comme cette trilogie) ou au contraire, elle affirme une japanese touch qui tentera une exportation dans les circuits de distribution grindhouse des petites salles.

Les films de samouraïs n’en finissent plus de chercher à ne pas se laisser concurrencer par une nouvelle production de films d’arts martiaux, exportable, et venue de Hong Kong. Ainsi les aventures de ZATOICHI, le samouraï aveugle, débutées dans les années 60, se prolongent, et se renouvellent régulièrement, dans les années 70, grâce à de nouvelles équipes techniques et de nouveaux castings. C’est aussi, la série des BABY CART qui voit le jour en 1972. C’est une adaptation d’un « gekiga », sorte de manga historique dans laquelle, ici, l’histoire se déroule durant le XVIIe siècle au Japon. Puis, les aventures du sadique ninja japonais, Hattori Hanzō. C’est aussi la glorieuse période des films de sexploitation au Japon qui s’est spécialisé, plus qu’ailleurs, dans les films SM de tortures et d’humiliations de femmes destinés à une exportation et une distribution dans les pays à forte tendance chrétienne (je vous laisse imaginer pourquoi…). SALO OU LES 120 JOURNEES DE SODOM de Pier Paolo Pasolini en sera, aussi, le dérivé italien. Je citerai, par exemple, concernant cette production japonaise : SEX AND FURY (1973) et LE COUVENT DE LA BÊTE SACREE (1974) du même Noribumi Suzuki, puis SHOGUN’S SADISM (1976) de Yûji Makiguchi, VIOLENCES ET TORTURES SUR LES FEMMES (1978) de Kôji Wakamatsu, et d’autres encore…

La trilogie japonaise de Dracula dans Cinéma bis 12072308154315263610133937

Certains réalisateurs de la Nouvelle Vague japonaise flirteront d’ailleurs, aussi, avec cette mouvance. C’est le cas de Nagisa Ôshima, par exemple, mais de manière beaucoup plus subtile et, finalement, beaucoup plus provocatrice, avec L’EMPIRE DES SENS (1976). D’autres s’essayeront au fantastique ou au morbide, comme Yasuzō Masumura avec LA BÊTE AVEUGLE (1969), entre autres.

Ce marché d’exploitation cinématographique du sadisme s’éteindra, peu à peu, de lui-même, laissant la place à une production beaucoup plus soft, et destinée aux plus petits, que des gens de la génération de Morbius, ou moi-même, avons bien connu. Et ceci grâce à une nouvelle demande lors de l’expansion de la télévision, et la création de nouvelles chaînes. Ce qui a été le cas, en France métropolitaine, avec ces trois chaînes (TF1, A2 et FR3) achetant au Japon des séries comme SAN KU KAÏ, SPECTREMAN, BIO-MAN, ou en mangas, comme GOLDORAK, CAPITAINE FLAMM, ALBATOR, ainsi que les co-productions qui se créeront entre la France et le Japon (CANDY, MAYA L’ABEILLE…). Beaucoup d’autres de ces séries TV se sont imitées à la télévision japonaise, d’où l’effervescence d’une culture geek endémique au Japon, que certains réalisateurs, comme Takashi Miike tentent, encore aujourd’hui et régulièrement de ressusciter, pour mieux la renouveler.

Pour ce qui est de la« trilogie de Dracula », elle est inédite en France, dans le circuit du DVD, et donc je me limiterai à la titrer en anglais : LAKE OF DRACULA, LEGACY OF DRACULA et EVIL OF DRACULA. C’est la très vieille Compagnie TOHO qui en est à l’origine et c’est de cette maison de production que sont issus certains des plus grands classiques d’Akira Kurosawa comme LES SEPT SAMOURAÏ (1954) ou LE CHÂTEAU DE L’ARAIGNEE (1957). Et c’est à l’assistant-réalisateur de Kurosawa sur ce dernier film de 1957, Michio Yamamoto, que reviendra la réalisation de notre trilogie vampirique. Yamamoto a d’ailleurs très peu tourné. Assistant-réalisateur jusqu’en 1966, il tournera seulement 6 longs métrages entre 1969 et 1974, ainsi que quelques épisodes d’une série TV, en 1975. Sa trilogie de Dracula a été réalisée pour surfer sur cette veine d’exploitation de films fantastico-gothiques, dont les maisons de production, Hammer Films, en Angleterre, et l’American International Pictures (A.I.P.), aux USA, régnaient en maîtres.

1971, c’est l’année où sera mis en chantier, par la Hammer, la trilogie de Karnstein, adaptée de « Carmilla » de Sheridan Le Fanu. L’année suivante, l’A.I.P., qui est partie prenante de la blaxploitation (exploitation de films destinée à un public afro-américain) lancera son BLACULA, puis sa suite, SCREAM, BLACULA SCREAM ! Ces deux films suivront la logique des films de Yamamoto, en situant leurs intrigues dans les années 1970, se détachant ainsi d’un cinéma gothique qui ancre, depuis une décennie, ses codes scénaristiques dans une Angleterre victorienne ou en plein Moyen Âge. C’est aussi une manière, pour ces producteurs et exploitants de films d’horreur internationaux, de chercher à renouveler leur public, en ciblant les plus jeunes générations nées du Boom économique et détachées du passé.

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La Trilogie de Dracula s’ancre bien donc dans son temps, et ceci de manière universelle, sans réellement utiliser de codes japonais, et mettant en scène des comédiens jeunes et modernes. Pour les éventuels curieux qui chercheraient à voir ces trois films de Yamamoto, je ne lancerai aucun SPOILER en racontant leurs intrigues, mais je me limiterai à ajouter que leur ambiance vaut le détour, de par le mystère qu’elle dégage, et ceci grâce à de splendides artifices d’éclairages (encore un peu gothiques, malgré la modernité du sujet) et dévoilant un univers macabre qui devrait réjouir tout fantasticophile amateur.

- Trapard -

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Ze coffret Roger Corman !

Ze coffret Roger Corman ! dans Cinéma bis corman

12 films, réalisés ou produits par Roger Corman, sortent ensemble dans un coffret DVD hommage à l’homme qui, à partir de rien, peut tout faire ! 6 DVD rassemblent ainsi : LA PETITE BOUTIQUE DES HORREURS, LE CHÂTEAU DE LA TERREUR, SKI TROOP ATTACK, LA CREATURE DE LA MER HANTEE, LA DERNIERE FEMME SUR TERRE, LA FEMME GUÊPE, LES MANGEURS DE CERVEAU, UN BAQUET DE SANG, L’ATTAQUE DES SANGSUES GEANTES, DEMENTIA 13, VOYAGE SUR LA PLANETE PREHISTORIQUE et LA BÊTE DE LA CAVERNE HANTEE !

Nul doute que ce petit événement saura combler de bonheur tous les amateurs fantasticophiles de films de série B à tendance fantastique ou SF ! Le coffret est disponible depuis le 1er juin, en zone 2. Pour plus de renseignements concernant le contenu détaillé : scifi-movies.com.



Le Monstre aux Yeux Verts

LE MONSTRE AUX YEUX VERTS (1962) de Romano Ferrara (par Trapard du Cri du Cagou)

Le Monstre aux Yeux Verts dans Cinéma bis monstre1

Dans la continuité de mes premiers articles sur le vieux cinéma fantastique français, j’aborde cette fois-ci une co-production franco-italienne de SF du début des années 60. L’intrigue, un peu folle pour l’époque, annonce que des extraterrestres kidnappent le survivant d’un crash aérien afin de préparer une invasion de cyborgs construits à son image. Le chef des cyborgs, Bronco, essaye alors de s’intégrer dans la société italienne pour y dérober la formule d’un gaz paralysant afin d’en contrôler la Terre. Nous nous immergeons alors, en tant que spectateurs, dans l’univers de cette petite société bourgeoise oisive et cultivée de la ville de Rome, chère aux films de Federico Fellini et de Michelangelo Antonioni de ce début des années 1960.

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Bronco, personnage mystérieux, rigide et décalé, est interprété par Michel Lemoine. Ce comédien français étrange, au regard particulier, continuera jusqu’aux années 90 cette même petite carrière bissophile, comme interprète des films de Jesùs Franco, entre autres, ou se mettant lui-même en scène, en tant que réalisateur, dans des séries Z tout aussi fantasques, comme Les Weekends Maléfiques du Comte Zaroff.

monstre3 dans Film des 60's

Tel Dracula, notre cyborg Bronco est télépathe et de par ce don, il fait accoucher des vérités pour s’emparer de l’arme terrestre. Ses multiples autres pouvoirs néfastes sont plutôt énoncés dans le film que réellement montrés à l’écran, pauvreté du budget des producteurs, oblige. Son invasion de notre planète s’opérant aussi par sa propre multiplication, investissant ainsi plusieurs enquêtes à la fois pour parvenir à ses fins.

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Le plaisir, pour nous, étant de suivre une intrigue d’espionnage science-fictionnelle, entre roman de gare à la sexualité toujours latente, et univers macabre décalé et teinté de SF. Cet univers macabre, se détachant des codes science-fictionnels des 50′s, sera, par la suite, la marque de fabrique du cinéma bis italien de ces mêmes années 60, de Mario Bava à Antonio Margheritti, et d’autres encore, jusqu’aux années 80.

- Trapard -

criducagou dans Trapard



Robot-craignos (42)

Robot-craignos (42) dans Cinéma bis 13061310000015263611288446

16041001520315263614134900 dans Robot-craignos

Pur produit de la guerre de l’espace entre nos deux puissances Communiste et Capitaliste, ce petit robot est issu du film polonais et d’Allemagne de l’Est, FIRST SPACESHIP ON VENUS (1960) de Kurt Maetzig.

Sa présence robotique n’a pas encore la valeur que donnera l’URSS à VOYAGE TO THE PREHISTORIC PLANET en 1965 avec son robot-cool, JOHN, que nous avions présenté dans la rubrique en question de LEA, avant que Stanley Kubrick, en 1968, avec l’aide de la NASA, fasse un pied de nez à cette industrie européenne grâce à son Hal 9000, prouvant qu’il n’est pas nécessaire de montrer un robot pour lui donner une dimension très impressionnante.

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Concernant le petit robot de FIRST SPACESHIP ON VENUS, il sera classé, malgré sa valeur historique, dans les craignos. Il est présenté, tout le début du film, comme une tête robotisée sans tronc ni membres et lorsqu’il n’annonce pas le décollage du vaisseau, il se contente de battre aux échecs les membres du voyage vers Vénus, reprenant ainsi l’idée classique du légendaire automate joueur d’échecs du XVIIIème siècle. Lors de l’exploration de la planète Vénus, notre petit robot est posé sur des chenilles et guide nos valeureux cosmonautes soviétiques, grâce à son petit radar (au sommet de sa tête), avant d’être court-circuité par des radiations spatiales belliqueuses avant le voyage du retour.

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- Trapard -



Retour vers les 80′s : Androïde (1983)

« Retour vers les 80′s », nostalgie oblige, présentera de temps à autre une critique (ou plutôt devrais-je dire une opinion) parue dans la première série du fanzine calédonien CosmoFiction, celui, très amateur, publié de 1984 à 1986 et rassemblant 17 numéros (non scannés sur ce blog). C’était l’époque des GREMLINS, WARGAMES, SOS FANTÔMES, DUNE, LEGEND, TERMINATOR, LADYHAWKE, LES GOONIES… bref, que du bon ! C’était aussi l’époque où, à l’âge de 19-20 ans, alors que le Sci-Fi Club n’était pas encore né, je vendais à mes potes Cosmo et où le cousin de Métropole était le « correspondant de France » ! Notre passion se lisait à travers nos écrits et notre engouement aveuglait parfois notre sens critique ! Mais peu importe, au moins nous vivions intensément nos rêves sans nous soucier du « qu’en-dira-t-on ». 

Retour vers les 80's : Androïde (1983) dans Cinéma bis 12112407554515263610587495

J’ai souhaité commencer par un film de série B que j’ai découvert à l’époque en VHS et que je n’ai jamais pu revoir depuis : ANDROÏDE de Aaron Lipstadt (1983) avec Klaus Kinski (production New World Picture). Cependant, heureuse trouvaille : alors que je cherchais la bande-annonce d’ANDROÏDE sur YouTube, j’y ai carrément déniché le film tout entier (80 minutes) ! Il y est disponible depuis octobre 2011… avec tant d’autres d’ailleurs… Peut-être est-il tombé dans le domaine public… Sinon profitons-en avant qu’il ne soit prochainement supprimé : je vous l’ai joint à la fin de cet article (il est en V.O.) ! C’est une perle rare. L’histoire :

Dans une station spatiale abandonnée depuis longtemps, le Docteur Daniel poursuit, inlassablement, ses travaux : la création de Cassandra, l’androïde le plus parfait de la galaxie. Comme assistant, il ne possède que Max 404, un androïde de la génération précédente passionné par la vie humaine. Soudain, la vie récluse des deux habitants de la station se trouvera bouleversée par l’arrivée de trois criminels. Pour le Docteur Daniel, la présence d’une femme parmi eux est une chance inespérée : seule son énergie vitale peut en effet donner vie à Cassandra…

and2 dans Cinéma bis américain

Voici à présent mon opinion sur ANDROÏDE telle qu’elle fut publiée dans CosmoFiction numéro 4 de mars 1985 :

« ANDROÏDE est un film merveilleux pour plusieurs raisons. Tout d’abord par son histoire, histoire qui, à première vue, peut paraître banale, mais qui se révèle être en fait un véritable tour de force, car bien que l’action se déroule uniquement sur une station spatiale habitée par seulement deux personnes, il nous est impossible de nous ennuyer un seul instant tant les différentes scènes sont bien menées. Max 404 (Don Opper) est fascinant, Klaus Kinski surprenant. Et lorsque l’on sait que les décors utilisés pour la station ne sont que des décors de fortune, déjà maintes et maintes fois utilisés dans LA GALAXIE DE LA TERREUR et LES MERCENAIRES DE L’ESPACE, et qu’ici ils sont tout à fait méconnaissables, l’on ne peut que tirer un grand coup de chapeau au réalisateur : Aaron Lipstadt. Tout jeune débutant dans le métier, il a réussi à nous faire plonger dans cet univers qui nous passionne et qui nous fait suivre avec le plus grand intérêt la vie d’un androïde qui voudrait être un être humain, qui voudrait connaître les sentiments d’un être humain, qui voudrait apprendre à aimer comme un être humain… sans savoir qu’il est bien plus qu’un être humain… »

Je n’ai pas encore revu ANDROÏDE à l’instant où je tape ces lignes. Je ne sais donc pas si mon avis demeurera le même qu’en 1985 avec 27 ans de plus au compteur…

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ROBOT-COOL (24) : A.P.E.X.

ROBOT-COOL (24) : A.P.E.X. dans Cinéma bis 13061309574815263611288444

Si le film A.P.E.X. réalisé par Philip J. Roth en 1999 est réputé pour être un sacré nanar (et je veux bien le croire), je ne peux par contre me résoudre à classer son Advanced Prototype Extermination Unit dans la catégorie « Robot-craignos », non ! Je lui trouve au contraire une apparence très originale (insectoïde ?) et menaçante, peut-être moins fonctionnelle que prévue, mais qu’importe ! Et il en existe un bataillon entier dans ce film de SF de série Z. Jugez plutôt l’histoire : « L’échec d’une mission temporelle de 2073 à 1973 provoque un changement dramatique du futur qui se retrouve peuplé de robots tueurs et mutants. Un seul homme connaît la vérité et ce qui s’est réellement passé et pourra sauver l’humanité. » (scifi-universe.com).

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En outre, et d’après Wikipédia, il faut savoir que « le mot « apex » (au pluriel : « apices ») est à l’origine un mot latin signifiant « sommet » ou « pointe ». L’adjectif correspondant, « apical », qualifie ce qui se trouve près du sommet ou d’une extrémité. » Ce qui prouve donc que notre APEX est indubitablement à la… pointe du progrès… Bon d’accord, faites comme si je n’avais rien dit…



Jack Arnold (3e partie)

JACK ARNOLD (3e partie)

(1ère partie & 2e partie)

Jack Arnold (3e partie) dans Cinéma bis 16092701251415263614519520

L’HOMME QUI RÉTRÉCIT (THE INCREDIBLE SHRINKING MAN, 1957)

Écrit par Richard Matheson (STAR TREK, LA QUATRIÈME DIMENSION…) d’après son propre roman, le film nous invite à assister aux mésaventures de Scott Carey qui, après avoir été exposé à des radiations atomiques, voit sa taille décroître de jour en jour. Prisonnier de sa cave et réduit à la taille d’un dé à coudre, Carey doit livrer une dure bataille aux aléas de sa nouvelle dimension, et tout particulièrement à une féroce araignée.

16092701251515263614519521 dans Cinéma bis américain

Sans doute la plus ambitieuse production de Jack Arnold, le tournage ne nécessita pas moins de 14 décors de grandeurs différentes afin de donner l’illusion de rétrécissement du héros. Mais ce ne sont pas ces derniers qui posèrent le plus de problèmes à notre réalisateur, mais plutôt la fin de son film. En effet, la Universal n’approuve guère le final de Jack Arnold où Carey reste réduit à sa petite taille. Craignant que le spectateur n’apprécie pas la fin plus ou moins noire, le studio demande au réalisateur de tourner une autre conclusion où le héros, grâce à un sérum miracle, retrouverait sa taille normale. Jack Arnold refuse de revoir son film et demande à ce qu’il soit soumis à une avant-première où le spectateur tranchera. Celle-ci remporte un accueil tellement favorable que la Universal décide finalement de sortir le film tel quel. Une décision qu’elle ne regrettera pas puisque le film est un succès phénoménal à travers le monde.

16092701251615263614519522 dans Dossier

La même année, Jack Arnold écrit le scénario de THE MONOLITH MONSTERS. Après s’être écrasé sur Terre, un météore libère un énorme rocher qui se propage et qui transforme les êtres humains en pierre. Réalisé par John Sherwood (THE CREATURE WALKS AMONG US), le film serait une excellente série B et l’une des plus sérieuses des années 60.

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Le sixième film de SF que réalisera Jack Arnold sera le dernier qu’il fera sous le parainage de la Universal.

15010307305715263612842513 dans Dossier : Jack Arnold

LE MONSTRE DE L’ABIME ( MONSTER ON THE CAMPUS , 1958)

Sur le thème du dédoublement de personnalité, l’histoire du film met en scène un professeur d’université qui, suite à la piqûre d’un poisson préhistorique, se transforme en homme de Néanderthal aux instincts particulièrement meurtriers.

De tous ses films fantastiques, MONSTER ON THE CAMPUS est celui que Jack Arnold aimera le moins. En effet, selon lui le scénario manquait d’épaisseur, mais le manque de temps souvent caractéristique de ce genre de petite production empêcha toute révision.

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Si MONSTER ON THE CAMPUS fut une déception pour Jack Arnold, ce dernier se montrera pleinement satisfait de son film suivant…

16092701251915263614519523 dans Fifties SF LES ENFANTS DE L’ESPACE (THE SPACE CHILDREN)

Véritable avertissement sur les dangers du nucléaire, THE SPACE CHILDREN nous raconte l’aventure d’un groupe d’enfants dont les parents travaillent sur l’élaboration d’un missile à tête nucléaire. Capable de détruire une ville entière, ce missile inquiète des extraterrestres qui entreront en contact avec ces enfants afin d’enrayer la menace pesante.

Produit par la Paramount, THE SPACE CHILDREN est le dernier film de SF que réalisera Jack Arnold.

16092701252015263614519524 dans Publifan

Après cette réalisation, il tournera encore plusieurs films surtout placés sous le signe de la comédie. Au début des années 80, il tentera un « come back » au fantastique par l’intermédiaire de deux grands projets. Le premier, un remake de CREATURE WALKS AMONG US dont il ne peut assurer la direction au profit de John Sherwood. Le script est écrit, le story board est dessiné, mais le film ne verra jamais le jour. Le second, une adaptation cinématographique de Sir Arthur Conan Doyle : THE LOST WORLD. Déçu de la version que réalisa Irwin Allen en 1960, Jack Arnold voudrait une traduction parfaite du roman. Là aussi le script est écrit, le story board dessiné, et même les mate paintings seront réalisées. Mais malheureusement Arnold tombe malade et la Universal abandonnera peu après le projet.

En fait Arnold ne fera un retour à la science-fiction que par l’intermédiaire de la télévision où il réalisera un épisode de la série WONDER WOMAN en 1977 et deux pour celle de BUCK ROGERS en 1981.

Victime d’une artériosclérose, il décédera en 1992 à l’âge de 80 ans.

- Dave Altout & Sandrine B.-

(Article publié dans le fanzine Midian numéro 2 de février 1994)



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