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Archive pour la catégorie « Cinéma bis »

ROBOT-CRAIGNOS (54)

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14081405523215263612451733 dans Robot-craignosVous avez forcément déjà croisé son regard scintillant au beau milieu d’une série B japonaise, celui qui, tout à son honneur, a même affronté le terrible Godzilla : Moguera, le robot géant issu de la technologie extraterrestre des Mysterians !

Moguera apparaît en premier lieu dans le film PRISONNIÈRE DES MARTIENS (THE MYSTERIANS / Ishiro Honda / 1957). Il reviendra deux ans plus tard titiller Godzilla.

Ce robot géant, typique des productions japonaises des années 50-60, possède, vous l’avouerez, une allure vraiment très particulière… sorte de progéniture ratée qui résulterait de l’accouplement entre un pingouin et un dinosaure… ou entre un bulldozer et un pingouin… Enfin, peu importe, car notre Moguera n’est pas un minus ! Jugez plutôt : environ 100 mètres de haut (pour en imposer), des yeux projetant des rayons laser (pour détruire ponts, villages et armées terriennes), un trépan de forage à la place de la bouche (pour faire de gros trous dans les ennemis), des mains qui libèrent une forme d’énergie ou des missiles (pour faire mieux que 007) et une poitrine qui dissimule une arme puissante (rien à voir avec celle de Pamela Anderson…). Moguera peut également voler, marcher, écraser, piétiner, broyer, taper du pied et… rouler ?…

Bref, vous l’aurez compris, ce Moguera n’est pas n’importe qui, et qui s’y frotte s’y pique. Alors ne vous moquez pas de lui, vous, pauvres Terriens incapables d’atteindre le degré de civilisation des Mysterians.

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MONSTRES SACRES : TOXIC AVENGER

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12120608023415263610633587 dans Cinéma bis américain

Melvin Junko est le balayeur de la piscine municipale de Tromaville. Son physique ingrat et ses bégaiements en font la cible des quolibets de la bande à Bozo, un psychopathe ultra-névrosé prenant son pied à écraser des enfants au volant de sa décapotable, et ceci sous forme de jeu (qui rappelle le principe de LA COURSE À LA MORT DE L’AN 2000 de Paul Bartel). Cela jusqu’au jour où Bozo ira trop loin en faisant miroiter au naïf Melvin, un rendez-vous érotique avec une stupide et pulpeuse bimbo, et il l’acculera, piégé et affublé d’un collant, d’un tutu et de son sempiternel balais, à se jeter dans un baril de matière radioactive en fusion. De ce cocktail sulfureux, Melvin « re-naîtra » défiguré et déformé à vie, sous la forme d’un Monstre qui fera désormais régner, armé de son balais-chiottes, l’ordre et la justice à Tromaville. Il devient alors : le Toxic Avenger (aussi ironiquement appelé « Toxie »).

Il faut avouer que le thème du film et de ses trois suites, ne placera pas un adepte de Gilles Deleuze en lévitation méditative. Mais ce simple sujet (et efficace), mêlé d’une pointe d’érotisme, d’un peu de légèreté adolescente et d’un humour lourdingue (tellement lourdingue que le film en devient même drôle) sont la recette du succès de ce film, en VHS, au milieu des années 80. C’est aussi le succès de ce film qui permit à Troma Entertainment, une petite firme indépendante productrice de séries Z et née, au début des années 1970, du cerveau farfelu du réalisateur Lloyd Kaufman, de devenir l’égale en distribution de firmes indépendantes plus anciennes mais affirmées, comme celles de Roger Corman ou de Charles Band. TROMA, en tant que distributeur, en profitera même pour racheter certaines productions Corman.

12120608044415263610633589 dans Monstres sacrésTOXIC AVENGER parodiant les histoires de super-héros fut créé par Lloyd Kaufman lui-même, et le film fut réalisé à l’aide de Michael Herz qui est aussi l’un des producteurs du film et co-réalisateur des épisodes 2 et 3 sortis, tous deux, en 1989. Lloyd Kaufman tournera seul le dernier volet, sorti en 2000 sous le titre CITIZEN TOXIE : THE TOXIC AVENGER 4.

Un remake de TOXIC AVENGER serait annoncé, mis prochainement en chantier par le producteur Akiva Goldsman (JE SUIS UNE LÉGENDE, HANCOCK). Info ou Intox ? Je ne fais que reprendre des rumeurs circulant sur le web. Autre rumeur « Pour son grand retour, il devrait être transformé en super héros écolo et « seulement » être interdit au moins de 13 ans aux États-Unis. »

D’autres rumeurs annonceraient aussi que ce serait Lloyd Kaufman, lui-même, qui préparerait cette sortie, sous la forme d’un épisode 5.

Néanmoins, l’aventure de TOXIE ne s’est pas reposée sur ses lauriers passés, puisqu’en 2009, un opéra-rock a même été créé et a tourné sur New-York :

http://www.allmusicals.com/t/toxicavengerthe.htm

Dans la culture de la musique électronique qui puise souvent dans des cultures qui nous sont plus proches sur Les Échos d’Altaïr, comme le heavy-metal ou le cinéma fantastique, on trouve le DJ français TOXIC AVENGER qui fait beaucoup référence, lors de ses concerts et pour ses créations musicales, au cinéma bis et/ou à petits budgets.

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Pour conclure cet article, il est évident qu’alors que Troma Entertainment a toujours l’air d’en être à ses tous derniers balbutiements, TOXIC AVENGER dit TOXIE, ce Monstre Sacré qui a mis en lumière ses créateurs, il y a presque trente ans de ça, semble ne pas vouloir encore se laisser enterrer, laissant ainsi comme un continuel sursis à Kaufman et à sa bande.

- Trapard -

Autres Monstres Sacrés présentés dans Les Échos d’Altaïr :

Alien / King Kong / Predator / Créature du Lac Noir / Mutant de Métaluna / Ymir / Molasar / Gremlins / Chose / Triffides / Darkness / Morlock / Créature de It ! The Terror from Beyond Space / Blob / Mouche / Créature de Frankenstein / Visiteurs / Martien de La Guerre des Mondes (1953) / E.T. / Pinhead / Michael Myers / Fu Manchu / Leatherface / Jason Voorhees / Tall Man / Damien Thorn

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MAKING DE STAR CRASH

MAKING DE STAR CRASH dans Cinéma bis 12093010193115263610377194

À tous les fans du célèbre et magnifique nanar STAR CRASH (les autres : passez votre chemin), voici, en première partie, un slideshow sur le making du film de Luigi Cozzi. On peut y voir des documents très rares : des photos de scènes coupées et des illustrations qui ont servi à la création des décors. En seconde partie, vous trouverez des interviews de Luigi Cozzi et de la belle Caroline Munro (V.O. non sous-titrée), le tout accompagné d’extraits du tournage.

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ROBOT-CRAIGNOS (51)

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Voici un véritable concurrent pour K-9 (robot chien dans DOCTOR WHO) : j’ai nommé Kip, du space opera L’HUMANOÏDE (L’UMANOIDE, d’Aldo Lado, 1979), splendide nanar italien au casting merveilleux (Barbara Bach et la James Bond girl Corinne Cléry) réalisé en plein boum star warsien. Kip est ici en compagnie d’un Richard Kiel barbu (Requin dans les James Bond… décidément, il ne manquait plus que Roger Moore !). Kip est un gentil chien-chien mécanique qui émet des aboiements électroniques (oui, véridique) ce qui le rend plutôt pathétique alors qu’il devrait être comique… hic ! En fait, le réalisateur s’imaginait sans doute qu’après nos célèbres compères droïdes C-3PO et R2-D2 les enfants apprécieraient Kip… mouais… n’est pas droïde qui veut, et certainement pas ce gentil toutou qui se déplace bizarrement constamment assis sur ses roulettes… Extrait :

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MONSTRES SACRES : FU MANCHU

MONSTRES SACRES : FU MANCHU dans Cinéma bis 14050303003115263612199975

Le personnage de Fu Manchu a été inventé en 1912 par le romancier britannique Arthur Henry Sarsfield Ward, connu sous son nom de plume Sax Rohmer. Jusqu’à sa mort en 1959, Sax Rohmer écrivit treize romans et quatre nouvelles de la saga Fu Manchu.

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On ne connait pas vraiment les origines ethniques du Docteur Fu Manchu. Il incarne, dans les romans de Rohmer, l’Asie face à l’Empire des Indes, britannique et colonial, mais aussi une certaine cruauté asiatique fantasmée par les Européens. Il représente aussi cette angoisse que l’on retrouvait dans le passé, par exemple, face à certaines communautés juives dans les grandes villes européennes, économiquement progressistes et auto-gérées en marge des Communes elles-mêmes, comme cela pouvait aussi être le cas avec les divers Chinatowns, concernant les communautés asiatiques.

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Fu Manchu est donc incontrôlable et il est, bien entendu, le Péril Jaune qui cristallise la montée du communisme en Chine, population à la démographie de plus en plus galopante. D’ailleurs, au cinéma, le Docteur est explicitement Chinois, dans des serials des années 1920 ou sous les traits de Warner Oland en 1929 (photo 1) ou d’un Boris Karloff, en 1932 (photo 2), ou de son continuateur britannique, dans les années 60 : Christopher Lee (photo 3). Fu Manchu est donc à la tête d’une pègre démesurée et fantasmée dont les tueurs à gages assassinent autant à la manière des Thugs indépendantistes de l’Inde coloniale, que d’habitants ombrageux des ruelles et opiumeries ombrageuses du Chinatown londonien.

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On ne voyage donc pas ici en pleine science-fiction aux côtés du dangereux Empereur Ming, ennemi mortel de Flash Gordon et d’une Amérique combattante, mais nous naviguons tout de même, bel et bien, au-delà des limites de l’Imaginaire identitaire et sous-terrain, avec un Fu Manchu quasi irréel.

Bien qu’éloigné des modes cinématographiques actuelles, et dont il serait très aisé d’extraire de cette longue bibliographie et filmographie les très nombreuses connotations racistes d’une époque révolue, le personnage du Docteur Fu Manchu demeure néanmoins un des Monstres Sacrés, cruel et sadique, de l’Histoire du Fantastique, tant littéraire que cinéphilique.

- Trapard -

Autres Monstres Sacrés présentés dans Les Échos d’Altaïr :

Alien / King Kong / Predator / Créature du Lac Noir / Mutant de Métaluna / Ymir / Molasar / Gremlins / Chose / Triffides / Darkness / Morlock / Créature de It ! The Terror from Beyond Space / Blob / Mouche / Créature de Frankenstein / Visiteurs / Martien de La Guerre des Mondes (1953) / E.T. / Pinhead / Michael Myers

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REDNECK ZOMBIES

REDNECK ZOMBIES (1989) de Pericles Lewnes (par Trapard du Cri du Cagou)

REDNECK ZOMBIES dans Cinéma bis 12091708490415263610327968

12091708510915263610327970 dans Cinéma bis américainUn peu de Z gore sur Les Échos d’Altaïr, ça ne lui fera pas de mal à l’estomac. REDNECK ZOMBIES est une production TROMA (et FULL MOON) qui est, en quelque sorte, la conclusion de la conclusion de la vogue du film gore de zombies qui a explosé en 1979 avec ZOMBIE/DAWN OF THE DEAD de George A. Romero, se poursuivant avec la trilogie de Lucio Fulci dont le désormais culte L’ENFER DES ZOMBIES. Un volet zombiesque qui s’est doucement éteint vers 1988 avec le raté ZOMBI 3 de Fulci, et quelques zèderies italo-américaines (dont ZOMBI 4).

12091708530615263610327971 dans FantastiqueREDNECK ZOMBIES reprend l’idée du RETOUR DES MORTS VIVANTS 2 (1988) de Ken Wiederhorn dans lequel l’armée égare un baril ultra-toxique près d’une petite ville en infectant la population qui se zombifie petit à petit. Le film de TROMA reprend l’humour du film de Wiederhorn, pour proposer un sujet presque similaire, à la différence que le baril est égaré en tombant de la jeep zigzaguant d’un G.I. complètement bourré, près d’un village de péquenots américains. Les traits de chaque personnage sont tirés à l’extrême dans la caricature, tel que le film en est drôle dans ses excès, malgré tout, me faisant un peu oublier le gros manque de moyens financiers de Troma sur un sujet qui se veut angoissant et gore. C’est d’ailleurs un des atouts des scénaristes de Troma Entertainment qui, pour pouvoir commercialiser leurs films et continuer à se faire connaître, doivent toujours taper dans la caricature ou l’originalité pour se distinguer du lot des VHS (et DVD).

Souvenez-vous de TOXIC AVENGER (1985) de Michael Herz et Lloyd Kaufman, de FLESH GORDON (1974) de Michael Benveniste et Howard Ziehm, de CANNIBAL : THE MUSICAL (1993) de Trey Parker ou encore de SURF NAZIS MUST DIE (1987) de Peter George. Déjà, rien que les titres nous laissent rêveurs, non ?

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- Trapard -



ROBOT-CRAIGNOS (48)

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15052307082015263613290199 dans Cinéma bis italienVoici ROBOWAR. C’est en tout cas, le titre du film de Bruno Mattei qui précède son film d’horreur, RATMAN, et qui suit son film post-apocalyptique, LES RATS DE MANHATTAN. Beaucoup de rats, donc, dans cette histoire mais aucune qualité scénaristique, ni cinématrographique dans ces trois films qui ne font que fouiner dans la direction du box-office pour tenter des copiés-collés vite-faits et mal-faits des films qui se vendent bien.

C’est donc sur cette voie que ROBOWAR traîne la patte comme un cul-de-jatte, en reprenant un scénario quasi-similaire à celui de PREDATOR de John McTiernan : une troupe de mercenaires enrôlés pour une mission secrète et lâchés dans la jungle amazonienne infestée de guerilleros et…euh…de ROBOWAR.

Alors ROBOWAR c’est PREDATOR mais sans budget, et très bâclé. C’est un robot de l’espace (à ce qui est dit dans le film, pour le moins) affublé d’une armature (appelons ça franchement un uniforme de pilote traficoté avec de la matière en plastique noir) et surmonté d’un casque de moto noir.

Comme Predator, ROBOWAR possède aussi sa vision infra-rouge, ou pour être plus précis, un filtre orangé ajouté à l’objectif de la caméra du film. Le tout simulant une caméra objective, ou le regard de Robowar, alimenté de sons aigus métalliques (du genre « bidi bidi… ») et bien con-cons pour simuler la voix d’une créature qui est censée être effrayante.

D’ailleurs, le reste du film est tout aussi crétin, mou et caricatural et difficilement regardable tellement les comédiens (sûrement mal dirigés, voire pas du tout…) en font des tonnes pour ne faire rire qu’eux-mêmes.

ROBOWAR est un robot très craignos pour un film très, très craignos. Et d’habitude j’emploie ce terme pour des robots qui ont un petit quelque chose de sympathique. Mais les autres robots-craignos de LEA, se serreront bien un peu, pour lui faire une petite place à leurs côtés.

- Trapard -



RETOUR VERS LES 80′s : LES MAITRES DE L’UNIVERS (1987)

Aventurons-nous à la fin des années 1980 avec, cette fois, la seconde génération du fanzine calédonien CosmoFiction, celle qui se compose de six numéros étalés de 1988 à 1991. Notre voyage nostalgique se poursuit avec quelques-unes des critiques cinématographiques parues au fil des numéros du fanzine.

RETOUR VERS LES 80's : LES MAITRES DE L'UNIVERS (1987) dans Cinéma bis 12081108204115263610198345

Durant les années 80, la (mauvaise) réputation de la Cannon précédait ses films… Autant dire que la sortie prochaine des MAÎTRES DE L’UNIVERS (MASTERS OF THE UNIVERSE, de Gary Goddard, 1987) en inquiétait plus d’un à l’époque, alors que le film s’annonçait comme l’un des plus ambitieux, si ce n’est LE plus ambitieux, de toute l’histoire de la firme des fameux frères Menahem Golan et Yoram Globus. Je me souviens même de l’avis du vendeur de la boutique Mad Movies à Paris qui m’avait confié que le film risquait d’être très bon, alors que celui-ci n’était pas encore à l’affiche et que j’achetais, fébrilement, tandis que je servais sous les drapeaux, un jeu de photos des MAÎTRES DE L’UNIVERS pour le futur fanzine CosmoFiction. Et c’est aujourd’hui, 24 ans plus tard, que je me demande comment j’ai pu, en 1988, aimer ce film… Je l’ai revu il y a un an ou deux, et je n’arrive toujours pas à m’expliquer ce qui m’a permis de parler alors d’un « très bon film » !… J’ai donc décidé de publier les deux critiques, la négative d’Alain (que je rejoins aujourd’hui sans hésitation !), parue dans CosmoFiction Fanzine numéro 1 d’avril 1988, et la positive d’Hervé (c’est-à-dire moi, Morbius), parue dans CosmoFiction Fanzine numéro 2 de juin 1988 … au risque de passer pour un fou ! Ah non : j’ai dû définitivement perdre mon âme d’enfant…

L’histoire : « Aux confins des galaxies, la planète Eternia connait le joug du terrible Skeletor. Seul Musclor, guerrier d’une force et d’un courage exceptionnels, peut changer le cours des évènements et c’est de la planète Terre, où il se retrouve avec ses compagnons, que Musclor entreprend un combat titanesque contre Skeletor et les Forces des Ténèbres. Un combat dont l’enjeu est le sort de l’Univers. » (Wikipédia)

12081108282015263610198349 dans Cinéma bis américain« Annoncé en fanfare par les revues spécialisées en cinéma fantastique, LES MAÎTRES DE L’UNIVERS version cinématographique n’est assurément pas le produit qu’on était en droit d’attendre. D’ailleurs, son impact n’a pas ébranlé les médias autres que spécialisés : pendant que les « maîtres de l’univers » (Musclor et Skeletor) débarquaient en France, tout le monde a préféré s’intéresser aux maîtres du monde (Reagan et Gorbatchev) qui se payaient une bonne bouffe à Washington.

Une campagne publicitaire fantôme, une affiche douteuse avec en sous-titre « Musclor » (!), deux lignes dans Première, etc. Ingratitude envers les vrais maîtres ? Eh bien non ! LES MAÎTRES DE L’UNIVERS a reçu l’accueil qu’il méritait, n’en déplaise à la riche (et pauvre à la fois) équipe technique du film. C’est triste à dire, mais la superproduction Cannon ne fait pas l’effet d’une bombe ! L’espoir aura d’ailleurs été de très courte durée : à peine le très beau sigle Cannon disparu au début du générique, les premières images du film annoncent l’échec : un prélude narré à la manière Dominique Paturel et un générique gauchement pompé sur celui de SUPERMAN. La suite du film n’arrange rien : un scénario qu’on connaît par cœur, des héros qu’on connaît encore mieux : le bon, ses acolytes, la belle, le gnome, tous chiants sauf Dolph Lundgren (Musclor) qui semble s’être prêté au jeu par pitié tant on le sent capable de mieux faire ; des scènes d’action lentes, parfois au ralenti, des décors flous et des effets spéciaux d’une médiocrité à renvoyer Richard Edlund (méconnaissable !) à l’école !

12081108334115263610198352 dans Fanzine CosmoFiction

Tout le monde aura compris que je n’ai pas aimé LES MAÎTRES DE L’UNIVERS… mais ne prenez pas cela pour une poussée de fièvre personnelle et passagère car pour voir si je n’étais pas malade, en sortant de la salle qui projetait le film pour le deuxième jour d’exclusivité, j’ai observé les cinq autres spectateurs (!) qui avaient crus au pouvoir des MAÎTRES DE L’UNIVERS deux heures plus tôt, et permettez-moi de vous dire que le mécontentement était général. En fait, pour achever l’œuvre, on peut dire que LES MAÎTRES DE L’UNIVERS est une bonne petite pub pour les jouets du même nom et que si certains, en voulant voir le dernier Walt Disney, se trompaient de salle et tombaient dans celle qui projette les aventures de Musclor, ils pourraient vraiment se croire devant le dernier film de la maison Disney ! »

- Alain -

« Diable ! Suis-je devenu fou, ou n’est-ce qu’une crise passagère ? GRAVE : je suis allé voir LES MAÎTRES DE L’UNIVERS. PIRE : je lui ai mis un « très bon » en cotation ! Mon sort est réglé : je vais être la risée de la rédaction et des lecteurs ; on va me rouer de coups, me renier, m’oublier. Vais-je pouvoir me faire entendre auprès d’Alain ? Yan va-t-il continuer à m’accepter en tant que rédac-chef ? Quant à Paul-Étienne, encore traumatisé par la bande-annonce des MAÎTRES DE L’UNIVERS, sera-t-il toujours présent dans la rédaction du numéo trois ?… Mais mon inquiétude est-elle réellement justifiée ? Ou n’est-ce pas plutôt de votre côté, mes bons Scifiles, que l’on devrait s’interroger ?…12081108364815263610198354 dans Retour vers les 80's

On a dit (et on nous l’a assez rabâché !) que pour aimer LES MAÎTRES DE L’UNIVERS il fallait « avoir gardé son âme d’enfant ». Je peux donc soupirer : j’ai vingt-deux ans, et « elle » est toujours en vie ! D’autres, plus jeunes, l’ont apparemment perdue… à jamais ? Non. Je ne pense pas. Ils l’auront tout simplement laissée à l’entrée de la salle de cinéma ; car malgré ses faiblesses (et il en compte !), le film de Gary Goddard n’est pas le mutant difforme et pustuleux créé par la Cannon que l’on a voulu nous faire croire – et que l’on montre du doigt avec une réaction de retrait. C’est un divertissement de luxe, une superproduction où s’entrechoquent deux genres – space opera et heroic fantasy – qui évoquent, de par leur nom déjà, l’envergure des MAÎTRES DE L’UNIVERS.

À film grandiose, décors grandioses : le palais de Skeletor représente à lui seul un travail considérable. Le résultat est sur l’écran : tout un art et une architecture ont été inventés pour Grayskull. L’ensemble est d’une beauté surprenante. L’arrivée théâtrale de Skeletor dans la grande salle du palais est un moment de pur plaisir, la musique de Bill Conti épousant la marche élancée de l’ennemi juré de Musclor. Frank Langella, l’inoubliable Dracula de John Badham, est époustouflant dans son interprétation du « Grand Méchant ». Il donne au corps de celui-ci toute une noblesse et une puissance qui l’élèvent au rang du « plus-beau-méchant » après Dark Vador lui-même ! Son costume est une grande réussite, sans parler de son maquillage.

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Parmi les temps forts du film, on notera : le tunnel créé par la clef cosmique de Gwildor, déformant les statues imposantes du palais de Grayskull ; les armées de Skeletor, accompagnées de nacelles, déambulant dans les rues d’une ville américaine du XXème siècle ; les combats dans une boutique de la ville ; les combats aériens sur disques flottants, une trouvaille originale ! Dolph Lundgren, pour sa part, s’avère incarner un Musclor convaincant. Seule, Malicia reste irritante tout au long du film ; elle est une véritable caricature de la Méchante-bête-et-cruelle.

Bref, je suis venu voir LES MAÎTRES DE L’UNIVERS et j’en ai eu pour mon argent. Je n’hésiterai pas à le revoir lors de sa sortie vidéo. Et, par pitié, que l’on ne salisse pas la musique de Bill Conti ou je fais un malheur ! Achetez-la, écoutez-la, puis jugez.

Ouf ! J’en ai fini avec LES MAÎTRES DE L’UNIVERS ! Mon Dieu ! Tout ça d’écrit ?! »

- Hervé -

À noter que LES MAÎTRES DE L’UNIVERS sont actuellement l’objet d’un remake…

Réalisation : Gary Goddard / Scénario : David Odell & Stephen Tolkin / Acteurs : Dolph Lundgren, Frank Langella, Billy Barty, Meg Foster, Courteney Cox, Robert Duncan McNeill, Jon Cypher…

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La trilogie japonaise de Dracula

LA TRILOGIE JAPONAISE DE DRACULA (par Trapard, du Cri du Cagou)

Je parlais du cinéma japonais des années 50 et 60 dans cet article consacré au classique de Kenji Mizoguchi. En 1971, l’industrie cinématographique et d’exploitation japonaise s’est déjà affirmée et elle est, de plein pied, dans la production de films calqués sur le cinéma américain (comme cette trilogie) ou au contraire, elle affirme une japanese touch qui tentera une exportation dans les circuits de distribution grindhouse des petites salles.

Les films de samouraïs n’en finissent plus de chercher à ne pas se laisser concurrencer par une nouvelle production de films d’arts martiaux, exportable, et venue de Hong Kong. Ainsi les aventures de ZATOICHI, le samouraï aveugle, débutées dans les années 60, se prolongent, et se renouvellent régulièrement, dans les années 70, grâce à de nouvelles équipes techniques et de nouveaux castings. C’est aussi, la série des BABY CART qui voit le jour en 1972. C’est une adaptation d’un « gekiga », sorte de manga historique dans laquelle, ici, l’histoire se déroule durant le XVIIe siècle au Japon. Puis, les aventures du sadique ninja japonais, Hattori Hanzō. C’est aussi la glorieuse période des films de sexploitation au Japon qui s’est spécialisé, plus qu’ailleurs, dans les films SM de tortures et d’humiliations de femmes destinés à une exportation et une distribution dans les pays à forte tendance chrétienne (je vous laisse imaginer pourquoi…). SALO OU LES 120 JOURNEES DE SODOM de Pier Paolo Pasolini en sera, aussi, le dérivé italien. Je citerai, par exemple, concernant cette production japonaise : SEX AND FURY (1973) et LE COUVENT DE LA BÊTE SACREE (1974) du même Noribumi Suzuki, puis SHOGUN’S SADISM (1976) de Yûji Makiguchi, VIOLENCES ET TORTURES SUR LES FEMMES (1978) de Kôji Wakamatsu, et d’autres encore…

La trilogie japonaise de Dracula dans Cinéma bis 12072308154315263610133937

Certains réalisateurs de la Nouvelle Vague japonaise flirteront d’ailleurs, aussi, avec cette mouvance. C’est le cas de Nagisa Ôshima, par exemple, mais de manière beaucoup plus subtile et, finalement, beaucoup plus provocatrice, avec L’EMPIRE DES SENS (1976). D’autres s’essayeront au fantastique ou au morbide, comme Yasuzō Masumura avec LA BÊTE AVEUGLE (1969), entre autres.

Ce marché d’exploitation cinématographique du sadisme s’éteindra, peu à peu, de lui-même, laissant la place à une production beaucoup plus soft, et destinée aux plus petits, que des gens de la génération de Morbius, ou moi-même, avons bien connu. Et ceci grâce à une nouvelle demande lors de l’expansion de la télévision, et la création de nouvelles chaînes. Ce qui a été le cas, en France métropolitaine, avec ces trois chaînes (TF1, A2 et FR3) achetant au Japon des séries comme SAN KU KAÏ, SPECTREMAN, BIO-MAN, ou en mangas, comme GOLDORAK, CAPITAINE FLAMM, ALBATOR, ainsi que les co-productions qui se créeront entre la France et le Japon (CANDY, MAYA L’ABEILLE…). Beaucoup d’autres de ces séries TV se sont imitées à la télévision japonaise, d’où l’effervescence d’une culture geek endémique au Japon, que certains réalisateurs, comme Takashi Miike tentent, encore aujourd’hui et régulièrement de ressusciter, pour mieux la renouveler.

Pour ce qui est de la« trilogie de Dracula », elle est inédite en France, dans le circuit du DVD, et donc je me limiterai à la titrer en anglais : LAKE OF DRACULA, LEGACY OF DRACULA et EVIL OF DRACULA. C’est la très vieille Compagnie TOHO qui en est à l’origine et c’est de cette maison de production que sont issus certains des plus grands classiques d’Akira Kurosawa comme LES SEPT SAMOURAÏ (1954) ou LE CHÂTEAU DE L’ARAIGNEE (1957). Et c’est à l’assistant-réalisateur de Kurosawa sur ce dernier film de 1957, Michio Yamamoto, que reviendra la réalisation de notre trilogie vampirique. Yamamoto a d’ailleurs très peu tourné. Assistant-réalisateur jusqu’en 1966, il tournera seulement 6 longs métrages entre 1969 et 1974, ainsi que quelques épisodes d’une série TV, en 1975. Sa trilogie de Dracula a été réalisée pour surfer sur cette veine d’exploitation de films fantastico-gothiques, dont les maisons de production, Hammer Films, en Angleterre, et l’American International Pictures (A.I.P.), aux USA, régnaient en maîtres.

1971, c’est l’année où sera mis en chantier, par la Hammer, la trilogie de Karnstein, adaptée de « Carmilla » de Sheridan Le Fanu. L’année suivante, l’A.I.P., qui est partie prenante de la blaxploitation (exploitation de films destinée à un public afro-américain) lancera son BLACULA, puis sa suite, SCREAM, BLACULA SCREAM ! Ces deux films suivront la logique des films de Yamamoto, en situant leurs intrigues dans les années 1970, se détachant ainsi d’un cinéma gothique qui ancre, depuis une décennie, ses codes scénaristiques dans une Angleterre victorienne ou en plein Moyen Âge. C’est aussi une manière, pour ces producteurs et exploitants de films d’horreur internationaux, de chercher à renouveler leur public, en ciblant les plus jeunes générations nées du Boom économique et détachées du passé.

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La Trilogie de Dracula s’ancre bien donc dans son temps, et ceci de manière universelle, sans réellement utiliser de codes japonais, et mettant en scène des comédiens jeunes et modernes. Pour les éventuels curieux qui chercheraient à voir ces trois films de Yamamoto, je ne lancerai aucun SPOILER en racontant leurs intrigues, mais je me limiterai à ajouter que leur ambiance vaut le détour, de par le mystère qu’elle dégage, et ceci grâce à de splendides artifices d’éclairages (encore un peu gothiques, malgré la modernité du sujet) et dévoilant un univers macabre qui devrait réjouir tout fantasticophile amateur.

- Trapard -

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Ze coffret Roger Corman !

Ze coffret Roger Corman ! dans Cinéma bis corman

12 films, réalisés ou produits par Roger Corman, sortent ensemble dans un coffret DVD hommage à l’homme qui, à partir de rien, peut tout faire ! 6 DVD rassemblent ainsi : LA PETITE BOUTIQUE DES HORREURS, LE CHÂTEAU DE LA TERREUR, SKI TROOP ATTACK, LA CREATURE DE LA MER HANTEE, LA DERNIERE FEMME SUR TERRE, LA FEMME GUÊPE, LES MANGEURS DE CERVEAU, UN BAQUET DE SANG, L’ATTAQUE DES SANGSUES GEANTES, DEMENTIA 13, VOYAGE SUR LA PLANETE PREHISTORIQUE et LA BÊTE DE LA CAVERNE HANTEE !

Nul doute que ce petit événement saura combler de bonheur tous les amateurs fantasticophiles de films de série B à tendance fantastique ou SF ! Le coffret est disponible depuis le 1er juin, en zone 2. Pour plus de renseignements concernant le contenu détaillé : scifi-movies.com.



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