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Archive pour la catégorie « Cinéma bis »

Jack Arnold (2e partie)

JACK ARNOLD (2e partie)

(première partie disponible ici)

Jack Arnold (2e partie) dans Cinéma bis 16092701114815263614519488

LA REVANCHE DE LA CRÉATURE (REVENGE OF THE CREATURE, 1955)

La créature n’est pas morte ! Découverte puis capturée, elle est enfermée dans un océanorium de Floride où deux savants tentent de lui apprendre à parler. Visiblement peu bavarde, la créature s’échappe et s’en va semer la panique en ville. Malgré le côté très commercial de cette suite, Jack Arnold s’en tire tout de même la tête haute, et réalise selon l’avis de plusieurs critiques une séquelle supérieure à CREATURE FROM THE BLACK LAGOON.

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Toujours interprété par Ricou Browning, la saga connaîtra un troisième volet en 1957 avec THE CREATURE WALKS AMONG US (LA CRÉATURE EST PARMI NOUS) sous la baguette du réalisateur John Sherwood. À signaler au générique de cette REVANCHE DE LA CRÉATURE, la première apparition cinématographique de Clint Eastwood dans le rôle d’un assistant de laboratoire. Ce dernier refera une brève apparition dans le film suivant de Jack Arnold…

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TARANTULA (1955)

Adaptation cinématographique plus ou moins fidèle d’un épisode que notre réalisateur tourne pour le feuilleton THE SCIENCE-FICTION THEATRE, TARANTULA exploite un thème cher à la SF des fifties : le gigantisme animal. Après les fourmis de THEM ! (DES MONSTRES ATTAQUENT LA VILLE) en 1953, et avant les mantes religieuses de THE DEADLY MANTIS (LA CHOSE SURGIE DES TÉNÈBRES) en 1957, Jack Arnold nous propose une tarentule géante.

Craignant une future famine due à une surpopulation croissante, un scientifique découvre une formule capable d’augmenter la proportion d’un animal. Cobaye involontaire de ses expériences, une tarentule s’échappe de sa cage de verre et s’enfuit dans le désert où elle atteindra une dimension gigantesque. Heureusement pour le monde, Clint Eastwood veille en pilote d’avion. Il détruira l’imposante arachnide.

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Toujours sous l’aile du producteur William Alland, Jack Arnold retrouve pour les besoins de son nouveau film le scénariste Martin Berkeley (THE REVENGE OF THE CREATURE), mais surtout Clifford Stine qui signera les superbes travelling matt du film.

Si diriger des E.T. et une créature aquatique ne posa guère de problème à Jack Arnold, il n’en fut pas de même pour sa nouvelle vedette. Afin de sélectionner la tarentule idéale, la Universal dût importer du Panama plus de soixante spécimens. Sur ce nombre, une petite quantité fut retenue pour le tournage. Comment diriger une tarentule ? Jack Arnold trouve la solution grâce à un petit jet d’air qu’il utilise sur celle-ci pour la faire avancer où il désire.

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Jouant habilement sur l’une des plus grandes phobies de l’humanité, TARANTULA fait mouche et rapporte des millions dans le tiroir-caisse de la Universal.

Année bien remplie que celle de 1955 pour Jack Arnold. En effet, après REVENGE OF THE CREATURE et TARANTULA, il tourne, toujours à la demande de la Universal, les séquences additives à THIS ISLAND EARTH (LES SURVIVANTS DE L’INFINI). En fait, Arnold réalise les vingt dernières minutes du film où l’on découvre la planète Metaluna. Véritable morceau d’anthologie, tout y est : attaques de vaisseaux spatiaux, mutants au crâne hypertrophié et cités futuristes. Un vrai met de choix pour tous les mordus de space opera. Cependant Arnold n’est pas crédité au générique, et seul le nom de Joseph Newman y apparaîtra.

Pas de fantastique au programme de notre réalisateur en 1956, il ne tournera que deux petits westerns de série B.

Par contre 1957 sera une grande année pour lui. En effet, il tournera son film le plus célèbre et l’un des plus grands classiques de la SF des années 50.

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- Dave Altout & Sandrine B.-

(Article publié dans le fanzine Midian numéro 2 de février 1994)



Jack Arnold (1ère partie)

JACK ARNOLD (1ère partie)

Jack Arnold (1ère partie) dans Cinéma bis 16092712574515263614519451

En quelques films, Jack Arnold marque à jamais le cinéma fantastique de son empreinte. Spécialiste de la série B, il reste aujourd’hui le réalisateur le plus célèbre et le plus représentatif de la science-fiction des années 50.

Né le 14 octobre 1912 dans le Connecticut, Jack Arnold fait ses débuts artistiques à la fin des années 30 comme acteur de théâtre. C’est durant la Seconde Guerre mondiale qu’il fait ses premiers pas dans la réalisation par le biais de documentaires qu’il tourne pour l’US Air Force et le Département d’État. Après l’armée, il poursuit dans le court-métrage et sera nominé aux Oscars. Engagé par la Universal, il réalise son premier film en 1953.

LE RETOUR DE LA SF

C’est le début des années 50. Sur les écrans des cinémas américains déferlent westerns et comédies. Mais entre les coups de revolvers et les éclats de rire, un genre cinématographique renaît de ses cendres : la SF, peu présente durant les années 40. C’est à DESTINATION MOON (DESTINATION MOON, Irving Pichel, 1950), un film au budget modeste, que l’on doit cette renaissance. Produit par George Pal (producteur de LA GUERRE DES MONDES), cette histoire de voyage dans la lune rapporte gros et déclenche aussitôt un véritable raz-de-marée de productions SF à la qualité souvent inégale. Chaque studio nous propose alors son grand film. Pour la Fox, ce sera LE JOUR OÙ LA TERRE S’ARRÊTA (Robert Wise, 1951) ; pour la RKO, LA CHOSE D’UN AUTRE MONDE (Christian Nyby, 1951) et pour la Universal, LE MÉTÉORE DE LA NUIT que réalise Jack Arnold en 1953.

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LE MÉTÉORE DE LA NUIT (IT CAME FROM OUTER SPACE, 1953)

Pour ses débuts en SF, la Universal voit grand. Le scénario adapte une nouvelle du célèbre auteur Ray Bradbury. On opte pour une réalisation en trois dimensions (premier film SF en relief), un nouveau son stéréo ainsi qu’un nouveau format d’image. Pas de doute, la Universal croit fermement aux capacités de Jack Arnold qui en est seulement à sa deuxième réalisation. Une confiance qu’il ne trahira pas comme le prouvera le fulgurant succès du film au box-office.

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Produit par William Alland et adapté par Harry Essex, l’histoire du film tourne autour du crash d’un vaisseau spatial près d’une petite ville américaine. Afin de réparer leur astronef et de quitter au plus tôt la Terre, les extraterrestres, xénomorphes, utilisent leur pouvoir de dupliquer l’apparence de n’importe quel être humain. Mais bientôt le subterfuge est découvert par la population locale, qui décide aussitôt d’exterminer les étrangers. Heureusement pour les xénomorphes, un scientifique leur viendra en aide et leur permettra de quitter la Terre sains et saufs.

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Pour ses débuts en SF, Jack Arnold se voit attribuer un sujet classique du genre. Mais s’il est encore ici question d’extraterrestres, le film parvient néanmoins à se détacher du reste de la production actuelle par sa vision pacifique de ces derniers. Chose bien rare en ces temps de guerre froide où l’extraterrestre, à l’image du communisme, était souvent un agressif envahisseur pour le peuple américain (voir L’INVASION VIENT DE MARS et LA GUERRE DES MONDES).

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Sans doute séduit par cette originalité et par la mise en scène efficace, le film est un succès auprès du public et conforte Jack Arnold dans la chaise de réalisateur, place qu’il retrouve en 1954 pour…

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L’ÉTRANGE CRÉATURE DU LAC NOIR (CREATURE FROM THE BLACK LAGOON, 1954)

C’est durant le tournage du MÉTÉORE DE LA NUIT que Jack Arnold entend parler pour la première fois ce cette histoire de créature aquatique. En effet, alors que notre réalisateur met en scène  ses xénomorphes, le producteur William Alland lui présente le premier jet d’un scénario écrit par un certain Maurice Zinn. Arnold trouve le sujet intéressant, et avec l’aide des scénaristes du MÉTÉORE DE LA NUIT il écrit le script définitif. Espérant renouer avec le succès de ses monsters movies des années 30 (voir DRACULA et autres FRANKENSTEIN), la Universal n’hésite pas un seul instant à acheter les droits du scénario et d’en confier la réalisation en 3D à son nouveau fils prodigue, Jack Arnold.

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Quelque part en Amazonie, le squelette fossilisé d’une main palmée est découvert. Intriguée par cette découverte, une équipe de scientifiques se mobilise et se rend sur place en espérant trouver le reste du squelette de ce qui pourrait bien être le chaînon manquant. Mais ils trouveront bien plus que de simples ossements puisqu’une de ces créatures est toujours vivante…

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Défi majeur du film : offrir aux spectateurs une créature originale et effrayante. C’est sur une suggestion de Jack Arnold lui-même que Bud Westmore (responsable du département maquillage de la Universal) réalisera le costume de cette dernière. En effet, Jack Arnold propose que l’on prenne la figurine des Oscars américains et que l’on y rajoute une tête de poisson et des nageoires. Westmore s’exécute et fabrique le costume dont le résultat final est en tous points remarquable. Pour enfiler la panoplie, le réalisateur choisit deux acteurs : Ben Chapman (cascadeur de son état, il interprète toutes les scènes terrestres) et Ricou Browning (aux capacités respiratoires prodigieuses, il se charge de toutes les scènes aquatiques). Ce dernier est devenu depuis le créateur de la série TV FLIPPER LE DAUPHIN et le responsable des séquences sous-marines de L’ESPION QUI M’AIMAIT.

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Fort de son exotisme, de son suspense et des charmes de Julie Adams, le film est une réussite à la fois commerciale et critique. Succès oblige, la Universal réclame immédiatement une suite à Jack Arnold…

- Dave Altout et Sandrine B.-

(Article publié dans le fanzine Midian numéro 2 de février 1994)



Robot-craignos (39)

Robot-craignos (39) dans Cinéma bis 13061310000015263611288446

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Maria de ROBOFORCE (1988 / Tsui Hark & David Chung) rêve de ressembler à Maria de METROPOLIS (1927 / Fritz Lang), malheureusement pour elle il lui manque ce petit quelque chose inexplicable, ou inextricable de sa carcasse métallique chromée à faire pâlir d’envie n’importe quel amateur de belles cylindrées. Et pourtant Maria, à son niveau, n’est pas loin de posséder les atouts d’une belle cylindrée… enfin… presque… En attendant, Maria pourchasse les terroristes avec Whisky. Non pas la bouteille, mais bien Whisky, son ami d’enfance ! Eh oui, un groupe de malfrats veut dominer le monde à l’aide de robots. Heureusement, Maria veille.

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Hydra, le Monstre des Profondeurs

Hydra, le Monstre des Profondeurs dans Cinéma bis mar1ck

HYDRA, LE MONSTRE DES PROFONDEURS d’Amando de Ossorio ( par Trapard)

En tant que fan du cinéma bis d’Amando de Ossorio, je cherchais depuis un moment ce « Hydra » (« Serpiente de Mar » en espagnol).

Celui qui a un peu exploré l’univers du bis espagnol des années 60-70-80, retiendra les noms de Jesùs Franco, Paul Naschy (aka Jacinto Molina), Leon Klimovsky, Javier Aguirre, Carlos Aured, Joaquin Luis Romero Marchent, Narciso Ibanez Serrador (et son père Narciso Ibanez Menta), Vincente Aranda, Jorge Grau, José Ramon Larraz…Et bien entendu, celui d’Ossorio.

Amando de Ossorio, c’est avant tout, LA REVOLTE DES MORTS VIVANTS (La Noche del terror ciego) et ses suites, d’où des zombies d’anciens templiers errent -souvent dans des ralentis brumeux, chers au cinéma d’ambiance espagnol- à la recherche de vengeance et de chairs humaines. Le tout, très inspiré de LA NUIT DES MORTS VIVANTS de Romero et autres films de zombies made in Italy ou de zombies nazis.

mar2d dans Cinéma bis espagnol

Un peu sur ce modèle et souvent inspirés des sujets de la Hammer Films anglaise, Ossorio a tourné un film de vampire avec MALENKA (1969), de cultes vaudou avec LA NOCHE DE LOS BRUJOS (1973), de femme-reptile avec LAS GARRAS DE LORELEÏ (1974), sa vision de L’Exorciste avec LA ENDEMONIADA (1975) et un peu de X, logiquement après le décès du général Franco.

Son dernier film en date est HYDRA, LE MONSTRE DES PROFONDEURS, vision Cormanienne du Monstre marin, en plastique, s’en prenant aux marins comme aux simples baigneuses, sur un sujet assez proche de celui des DENTS DE LA MER.

mar3u dans Fantastique

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un long voyage…Arrivé à Paris, et fouinant dans un certain nombre de vendeurs de DVD d’occasion, de films d’exploitation comme de bis, j’ai sorti d’un rayon, un DVD titré HYDRA avec une superbe pochette arborant un serpent de mer géant et promettant le film d’Ossorio en question, mais avec aucun nom connu dans les crédits de l’affiche.

Arrivé chez moi, le DVD engagé dans mon ordinateur portable, c’est la suite de HUMANOÏDS FROM THE DEEP, ce DTV sorti en 1996 sous de multiples jaquettes filoutes différentes et divers titres, et produit par Roger Corman, qui se lança sous mon regard dépité, tout en rageant après ce saligaud de Corman (dont j’apprécie pourtant le travail, mais en d’autres circonstances).

Donc il m’a fallu pirater HYDRA en VHSRip, sous le titre SERPIENTE DE MAR et en version espagnole puisque le film ne semble pas avoir été édité nulle part.

mar4p dans Trapard

Donc, loin de l’univers espagnol des 70′s, HYDRA (à ne pas confondre non plus, avec un DTV de monstre marin, sorti ces dernières années) est un sympathique film de monstre gigantesque, très cormanien. Très 80′s, avec son lot de jeunes femmes aux looks branchés (de l’époque) et cette créature « monstrueuse » à la fois kitch et peu crédible, mais attachante, le film d’Ossorio rappelle, par son intrigue, autant AMSTERDAMNED de Dick Maas, TENTACULES d’Ovidio G. Assonitis ou un énième ersatz des Godzilla sur la fin. Le tout ressemblant souvent à une vieille production A.I.P. Des 50′s ou du début des 60′s en version totalement recolorisée. La référence à THE SAGA OF THE VIKING WOMEN AND THEIR VOYAGE TO THE WATERS OF THE GREAT SEA SERPENT (ouf!) de Roger Corman (1957), est elle aussi évidente.

Un film bien Z donc, mais divertissant comme pouvaient l’être beaucoup de séries Z des années 80, avec, au regard du cinéma et du DTV des années 2000, cet air désuet que certains qualifieraient de « ringard » ou de « kitsch », mais qu’un geek de ma génération aime encore à cultiver comme un patrimoine culturel intérieur inhérent à ma personnalité.

 - Trapard -



Robot-craignos (37)

Robot-craignos (37) dans Cinéma bis 13061310000015263611288446

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Sparks, tel est le nom de ce robot-craignos vedette du film ALERTE DANS LE COSMOS (SHAPE OF THINGS TO COME / 1979 / de George McCowan). Embarqué à bord du vaisseau Star Streak (Star Trek dans la VF !), Sparks va vivre une aventure « exaltante » auprès de la belle scientifique qui l’a réparé et pour laquelle il n’hésite pas à débiter des poèmes… D’autres robots, un peu moins craignos que lui au niveau de la tête (voir l’affiche), et tout noirs, vont affronter ses courageux amis humains partis sur Delta 3 afin de déjouer les plans d’Omus le machiavélique ( interprété par Jack Palance, toujours aussi risible dans ses rôles de grand méchant de space opérette).

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Notre Sparks s’inscrit dans la (très) grande lignée de robots caissons propres à tout nanar qui se respecte, avec en plus, comble du raffinement, des bras-ressorts munis de pinces… On ne saura jamais comment notre brave Sparks parvient à piloter convenablement le Star Steak, pardon… le Star Streak en appuyant, de ses grosses pinces, sur les magnifiques boutons multicolores qui garnissent joyeusement les consoles du vaisseau. Si l’équipage a survécu, c’est qu’il devait posséder une chance inouïe…



Robot-craignos (36)

Robot-craignos (36) dans Cinéma bis 13061310000015263611288446

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Voici Mechani Kong, version robotisée du Dieu Kong et comme Godzilla aura la sienne avec MECHA GODZILLA.

Mechani Kong est né de l’esprit torturé (et assez mégalo, il faut avouer) du Dr. Who (non, pas le docteur anglais, mais ici, c’est un savant fou bien nippon) dans KING KONG ESCAPES (1967) d’Ishirô Honda.

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Après KING KONG CONTRE GODZILLA, il fallait bien une nouvelle astuce pour se faire se confronter deux nouveaux monstres géants, et du même coup, faire écraser plein de petits Japonais honteux d’avoir perdus la guerre.

Et c’est du Dr Who que vient la solution : créer un King Kong mécanique, le MECHANI KONG (ne cherchez pas l’astuce philosophique, il n’y en a pas…).

- Trapard -

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L’Ange de la Vengeance

L'Ange de la Vengeance dans Cinéma bis ange5t

L’ANGE DE LA VENGEANCE d’Abel Ferrara (par Trapard)

L’ANGE DE LA VENGEANCE, sorti en salles en 1981, est un Rape & Revenge (Viol & Vengeance). Pas ce genre de Rape & Revenge exploité dans les années 70, aux USA, comme LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE (de Wes Craven), I SPIT ON YOUR GRAVE (aussi titré DAY OF THE WOMAN, de Meir Zarchi), ou en Suède, comme THRILLER, EN GRYM FILM (de Bo Arne Vibenius) où les citadines sont traquées par les éternels péquenots made in Hollywood en manque de libido.

Dans L’ANGE DE LA VENGEANCE, c’est au sein même de la ville de New York, capitale de modernisme urbain, que vient le danger. Et pas le New York de Woody Allen, mais plutôt celui de Martin Scorsese et de son TAXI DRIVER, celui du ras-le-bol de la violence, celui de la justice par soi-même. C’est aussi le New York d’UN JUSTICIER DANS LA VILLE et de ses dérivés cinématographiques.

C’est enfin le New York d’Abel Ferrara, la ville cinématographique et pathologique de son DRILLER KILLER, et celle d’où nait la violence et qui engendre la violence malgré elle. La ville du No Limit, celle de BAD LIEUTENANT, d’où même la police égare toute part de repères sociables et sociaux.

ange1 dans Cinéma bis américain

Dans L’ANGE DE LA VENGEANCE, la victime du viol (à répétition) ne peut crier, ni appeler à l’aide car elle est muette. C’est donc au fond d’elle-même, de ses entrailles et de sa propre folie de self defense urbaine, qu’elle trouvera cette aide, en appelant au viol pour ensuite, armée d’un flingue, en éradiquer toute continuité.

L’ANGE DE LA VENGEANCE c’est donc, en quelque sorte, l’extrémité du Rape & Revenge, celui qui ne naît pas de la tristesse et de la douleur d’un Charles Bronson. Ici, il est question de la revanche des entrailles, le juste retour, le boomerang direct et juridiquement improbable, dans un monde où le corps meurtri d’une femme vaut beaucoup moins cher qu’un vol sur les intérêts d’une entreprise.

ange2g dans Fantastique

Et enfin, L’ANGE DE LA VENGEANCE, c’est le besoin de tuer, c’est celui de se prendre à ce jeu, en dépassant la base même de la vengeance d’un viol. C’est TUER simplement… Ou tuer tous les hommes, car tuer un corps, deux corps, trois corps, et plus encore, à l’aide d’une arme, ne semble jamais assez pour assouvir cette nécessité primale mais perdue d’avoir voulu être une femme au sein d’une société dite-civilisée.

Pour une société sans limite, L’ANGE DE LA VENGEANCE d’Abel Ferrara prouve que pour les obsessions et les passions elles-mêmes, il ne peut non plus exister de limites.

L’ANGE DE LA VENGEANCE c’est Miss 45 (le titre original), c’est le 45 millimètres de la largeur d’une balle, toujours plus expéditif, mais jamais assez comparé à la meurtrissure physiologiquement sociale qu’est le viol.

ange4 dans Trapard

Et L’ANGE DE LA VENGEANCE, c’est la comédienne Zoë Lund, qui est pathologiquement sublime dans sa désinsensibilisation.

Puis à chaque fois que je reviens sur l’œuvre complète d’Abel Ferrara, qui a bien entendu, débuté dans le porno, je pense à cette phrase concernant sa ville fétiche : « New York je t’aime d’amour, New York je te hais profondément »…

- Trapard -



Robot-craignos (35)

Robot-craignos (35) dans Cinéma bis 13061310000015263611288446

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Je crois que dans le genre robotique craignos, LEA n’aura pas trouvé mieux que ce (…j’ai failli écrire …« jouet ») bijou de l’âge d’or de la SF cinématographique italienne. Il sort tout droit du film ANNO ZERO – GUERRA NELLO SPAZIO (ou COSMO 2000) du réalisateur Alfonso Brescia, plus connu sous le titre américain WAR OF THE PLANETS, mais que certains ont peut-être loué en VHS sous le doux titre français de LA GUERRE DES ROBOTS. Mais le titre est trompeur puisqu’il n’y a qu’un seul robot, celui qui représente la race électronique dominante (on se rapproche un peu de TERMINATOR, du coup) dans cette série Z sans moyens financiers, donc techniques, mais qui se regarde agréablement comme un nanard de genre de la fin des années 1970.

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Pour ce qui est du robot, deux jouets différents sont exhibés dans la seconde moitié du film, toujours dans l’obscurité (ça force la crédibilité…) et qui ont toujours l’air d’être tendus et gigotés par un machiniste devant la caméra.

- Trapard -



Robot-cool (23) : BIKINI MACHINE

Robot-cool (23) : BIKINI MACHINE dans Cinéma bis 13061309574815263611288444

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Des robots cools, sans aucun doute, que sont les Bikini Machines dans DR GOLDFOOT AND THE BIKINI MACHINE (1965).

Ces femmes-robots en bikinis dorés sont issus du cerveau machiavélique (mais non dénué de goût !) de ce savant fou au nom parodiant celui d’un des Méchants des James Bond (je vous laisse le trouver) et joué par Vincent Price himself, parodiant certains de ses rôles dans les films de Roger Corman.

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D’ailleurs c’est l’American International Pictures, elle-même (la firme de Roger Corman) qui lança ce film et en proposa la réalisation à Norman Taurog, habitué à faire tourner Jerry Lewis dans des comédies délirantes.

Quant aux Bikini Machines, ce sont plutôt des robots (des robotes ?) indisciplinées, aimant le rock’n'roll, la romance et le flirt. L’une d’elle, jouée par l’actrice Susan Hart (sur la photo : vous avouerez qu’il y a pire comme design) continuera dans le bis, pour quelques films dont un THE GHOST IN THE INVISIBLE BIKINI (…).

- Trapard -

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La Comtesse Noire

La Comtesse Noire dans Cinéma bis franco1v

LA COMTESSE NOIRE de Jesùs Franco (par Trapard)

Jesùs Franco est, pour moi, un de ces réalisateurs OVNI dans l’univers cinématographique, même indépendant. Espagnol, mais à la carrière financée internationalement, Franco a commencé par des petites productions de qualité, lors de la Nouvelle Vague cinématographique espagnole, sous le franquisme puritain et la censure ibérique. Puis, il s’en est allé, dès les années 1960, vers le cinéma horrifique qu’on lui connait, flirtant avec les chirurgiens passionnés (L’HORRIBLE DOCTEUR ORLOFF), les romans de Sax Rohmer (ses deux adaptations des aventures de Fu Manchu), ceux du marquis de Sade (JUSTINE et NECRONOMICON), de Bram Stoker (LES NUITS DE DRACULA) et avec parfois beaucoup d’inventivité graphique (MISS MUERTE en est un parfait exemple). C’est sûrement cette créativité qui influença Orson Welles, alors en séjour en Espagne, en proposant à Jesùs Franco de participer à son DON QUICHOTTE en 1969, qu’il ne terminera jamais, mais que Franco dénaturera complètement en 1992.

C’est justement de deux Jesùs Franco que j’aimerais traiter dans cet article en abordant l’exemple de LA COMTESSE NOIRE.

Il y a d’abord le Franco méticuleux, novateur, créatif, touche à tout du cinéma bis.

Puis il y aussi l’autre Franco, celui qui bâcle son travail, et qui semble oublier (ou rejeter?) les règles élémentaires du cinéma, en réalisant des œuvres simplistes dignes d’un jeune réalisateur amateur. Ce même Franco qui profite de la crédulité des spectateurs pour « pondre » des films bricolés, remontés, pour être revendus à un autre producteur, allant jusqu’à faire tourner un comédien pour un film, et en utiliser les scènes coupées sur un autre film, sans passer de contrat de travail avec le dit-comédien. Un Franco aux cent pseudos de jazzmen (il est lui-même mélomane et musicien) qui peut tourner trois films à partir d’un seul, sous trois signatures différentes, en ajoutant des scènes pornographiques à un film d’horreur, pour le revendre au circuit du X.

C’est ainsi le cas de LA COMTESSE NOIRE (FEMALE VAMPIRE en anglais), aussi connu sous le titre de LA COMTESSE AUX SEINS NUS. Un film de vampire faussement lesbien (l’héroïne vampire est une Karnstein, en référence à Sheridan Le Fanu) où Jesùs Franco se prend d’amour pour des cadrages langoureux mais tellement lents, sur sa compagne Lina Romay, qui interprète le rôle principal. Et ces cadrages, parfois érotiques, mais souvent abstraits, errant d’un point à un autre, ne s’embarrassant ni des flous de cadrage, ni de l’absence de quoique ce soit à l’image, seront sa marque de fabrique des années 70 jusqu’au milieu des années 80. Des cadrages, presque absurdes, qu’ils me laissent parfois à penser que Franco cherche à remplir le format standard des 1H30 d’un long-métrage avec des plans totalement vides de sens.

franco2a dans Cinéma bis espagnol

Franco, rêveur ?

Dans cette COMTESSE NOIRE, il y a beaucoup d’amour, pour sa compagne surtout, et on peut se laisser surprendre à imaginer Franco se perdre avec sa caméra sur le corps nu de son aimée, lui donnant à certains égards beaucoup de présence muette (ce qui accentue la force sombre du personnage du vampire), le tout sur une bande son romantique.

Mais à d’autres moments, le caméraman semble si lointain, si timide aurais-je envie de dire, si peu organisé au bout du compte.

Jesùs Franco remontera LA COMTESSE NOIRE pour le circuit du cinéma pornographique sous le titre LES AVALEUSES ce qui nous indique assez bien de quelle substance vitale notre femme vampire s’abreuve.

Dans LA COMTESSE NOIRE, toute cette dimension X est gommée, et donc uniquement suggérée, ne gardant qu’une valeur abstraite, parfois poétique et toujours très 70′s, qui se laisse agréablement apprécier.

D’autres films de Franco tournés de cette manière dans les années 70, sont très agréables aussi, comme BLUE RITA, ou ses versions d’ILSA la louve SS pour ne citer que ceux là.

Puis Franco tournera pour Eurociné, dans les années 80 des films avec trop peu de personnalité et d’ambitions, jusqu’aux années 90 et 2000, période cinématographique de Franco dont je trouve peu d’intérêt (ce qui n’engage que moi, bien entendu).

franco4kmw dans Fantastique

Franco : astucieux ?

Derrière la filouterie de Jesùs Franco envers le spectateur, il y a aussi un manque de moyens financiers évident qui pousse le réalisateur a trouver des astuces, des symboles simplistes de cadrages et de montage, qui rend un résultat souvent bien navrant, mais qui prouve, et au vu de l’immense filmographie du monsieur, qu’on peut être simple, efficace, peu prétentieux artistiquement, tout en étant toujours dans l’urgence, et boucler entre trois à sept long-métrages en une année. D’ailleurs Jesùs Franco interprète souvent lui-même l’un des personnages pour travailler plus vite, et peut-être, pour empocher un cachet de comédien en plus.

franco3 dans Trapard

Franco, anarchiste ?

C’est certain, dans un pays dévoré par la dictature militaire d’où les mouvements libertaires se sont dressés pendant la guerre civile jusqu’à la mort du général Franco, Jesùs Franco a dû comprendre rapidement l’absurdité et la manichéisme de la société espagnole.

Toujours sans foi ni loi, dans ce pays dévoré par la dévotion chrétienne, Franco tournait parfois des scènes de nudité, de sadisme, ou de tortures, au milieu d’une population horrifiée par un tel « spectacle décadent et blasphématoire ».

Et puis finalement, au-delà du résultat souvent décevant de ses films, j’aime toujours imaginer le Jesùs Franco, l’oeil goguenard lorsqu’il a choqué une pieuse villageoise, ou lorsqu’il trompe un comédien, un technicien ou un producteur.

C’est un peu sur ce sympathique salopard que je voulais m’épancher en écrivant cet article, et j’aime toujours autant revoir ses films, même les plus mauvais et les moins personnels, car j’aime retrouver cette hargne et ce foutage-de-gueule, qui finissent toujours par m’amuser à la longue. Mais il y aussi du lyrisme chez Jesùs Franco, et cela aide beaucoup aussi.

Puis Lina Romay est si belle dans LA COMTESSE NOIRE, que rien que pour elle, ça mérite bien un petit retour sur ce film et sur son réalisateur filou de mari.

- Trapard -



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