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Archive pour la catégorie « Cinéma bis »

Le Monstre aux Yeux Verts

LE MONSTRE AUX YEUX VERTS (1962) de Romano Ferrara (par Trapard du Cri du Cagou)

Le Monstre aux Yeux Verts dans Cinéma bis monstre1

Dans la continuité de mes premiers articles sur le vieux cinéma fantastique français, j’aborde cette fois-ci une co-production franco-italienne de SF du début des années 60. L’intrigue, un peu folle pour l’époque, annonce que des extraterrestres kidnappent le survivant d’un crash aérien afin de préparer une invasion de cyborgs construits à son image. Le chef des cyborgs, Bronco, essaye alors de s’intégrer dans la société italienne pour y dérober la formule d’un gaz paralysant afin d’en contrôler la Terre. Nous nous immergeons alors, en tant que spectateurs, dans l’univers de cette petite société bourgeoise oisive et cultivée de la ville de Rome, chère aux films de Federico Fellini et de Michelangelo Antonioni de ce début des années 1960.

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Bronco, personnage mystérieux, rigide et décalé, est interprété par Michel Lemoine. Ce comédien français étrange, au regard particulier, continuera jusqu’aux années 90 cette même petite carrière bissophile, comme interprète des films de Jesùs Franco, entre autres, ou se mettant lui-même en scène, en tant que réalisateur, dans des séries Z tout aussi fantasques, comme Les Weekends Maléfiques du Comte Zaroff.

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Tel Dracula, notre cyborg Bronco est télépathe et de par ce don, il fait accoucher des vérités pour s’emparer de l’arme terrestre. Ses multiples autres pouvoirs néfastes sont plutôt énoncés dans le film que réellement montrés à l’écran, pauvreté du budget des producteurs, oblige. Son invasion de notre planète s’opérant aussi par sa propre multiplication, investissant ainsi plusieurs enquêtes à la fois pour parvenir à ses fins.

monstre4 dans Science-fiction

Le plaisir, pour nous, étant de suivre une intrigue d’espionnage science-fictionnelle, entre roman de gare à la sexualité toujours latente, et univers macabre décalé et teinté de SF. Cet univers macabre, se détachant des codes science-fictionnels des 50′s, sera, par la suite, la marque de fabrique du cinéma bis italien de ces mêmes années 60, de Mario Bava à Antonio Margheritti, et d’autres encore, jusqu’aux années 80.

- Trapard -

criducagou dans Trapard



Robot-craignos (42)

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Pur produit de la guerre de l’espace entre nos deux puissances Communiste et Capitaliste, ce petit robot est issu du film polonais et d’Allemagne de l’Est, FIRST SPACESHIP ON VENUS (1960) de Kurt Maetzig.

Sa présence robotique n’a pas encore la valeur que donnera l’URSS à VOYAGE TO THE PREHISTORIC PLANET en 1965 avec son robot-cool, JOHN, que nous avions présenté dans la rubrique en question de LEA, avant que Stanley Kubrick, en 1968, avec l’aide de la NASA, fasse un pied de nez à cette industrie européenne grâce à son Hal 9000, prouvant qu’il n’est pas nécessaire de montrer un robot pour lui donner une dimension très impressionnante.

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Concernant le petit robot de FIRST SPACESHIP ON VENUS, il sera classé, malgré sa valeur historique, dans les craignos. Il est présenté, tout le début du film, comme une tête robotisée sans tronc ni membres et lorsqu’il n’annonce pas le décollage du vaisseau, il se contente de battre aux échecs les membres du voyage vers Vénus, reprenant ainsi l’idée classique du légendaire automate joueur d’échecs du XVIIIème siècle. Lors de l’exploration de la planète Vénus, notre petit robot est posé sur des chenilles et guide nos valeureux cosmonautes soviétiques, grâce à son petit radar (au sommet de sa tête), avant d’être court-circuité par des radiations spatiales belliqueuses avant le voyage du retour.

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- Trapard -



Retour vers les 80′s : Androïde (1983)

« Retour vers les 80′s », nostalgie oblige, présentera de temps à autre une critique (ou plutôt devrais-je dire une opinion) parue dans la première série du fanzine calédonien CosmoFiction, celui, très amateur, publié de 1984 à 1986 et rassemblant 17 numéros (non scannés sur ce blog). C’était l’époque des GREMLINS, WARGAMES, SOS FANTÔMES, DUNE, LEGEND, TERMINATOR, LADYHAWKE, LES GOONIES… bref, que du bon ! C’était aussi l’époque où, à l’âge de 19-20 ans, alors que le Sci-Fi Club n’était pas encore né, je vendais à mes potes Cosmo et où le cousin de Métropole était le « correspondant de France » ! Notre passion se lisait à travers nos écrits et notre engouement aveuglait parfois notre sens critique ! Mais peu importe, au moins nous vivions intensément nos rêves sans nous soucier du « qu’en-dira-t-on ». 

Retour vers les 80's : Androïde (1983) dans Cinéma bis 12112407554515263610587495

J’ai souhaité commencer par un film de série B que j’ai découvert à l’époque en VHS et que je n’ai jamais pu revoir depuis : ANDROÏDE de Aaron Lipstadt (1983) avec Klaus Kinski (production New World Picture). Cependant, heureuse trouvaille : alors que je cherchais la bande-annonce d’ANDROÏDE sur YouTube, j’y ai carrément déniché le film tout entier (80 minutes) ! Il y est disponible depuis octobre 2011… avec tant d’autres d’ailleurs… Peut-être est-il tombé dans le domaine public… Sinon profitons-en avant qu’il ne soit prochainement supprimé : je vous l’ai joint à la fin de cet article (il est en V.O.) ! C’est une perle rare. L’histoire :

Dans une station spatiale abandonnée depuis longtemps, le Docteur Daniel poursuit, inlassablement, ses travaux : la création de Cassandra, l’androïde le plus parfait de la galaxie. Comme assistant, il ne possède que Max 404, un androïde de la génération précédente passionné par la vie humaine. Soudain, la vie récluse des deux habitants de la station se trouvera bouleversée par l’arrivée de trois criminels. Pour le Docteur Daniel, la présence d’une femme parmi eux est une chance inespérée : seule son énergie vitale peut en effet donner vie à Cassandra…

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Voici à présent mon opinion sur ANDROÏDE telle qu’elle fut publiée dans CosmoFiction numéro 4 de mars 1985 :

« ANDROÏDE est un film merveilleux pour plusieurs raisons. Tout d’abord par son histoire, histoire qui, à première vue, peut paraître banale, mais qui se révèle être en fait un véritable tour de force, car bien que l’action se déroule uniquement sur une station spatiale habitée par seulement deux personnes, il nous est impossible de nous ennuyer un seul instant tant les différentes scènes sont bien menées. Max 404 (Don Opper) est fascinant, Klaus Kinski surprenant. Et lorsque l’on sait que les décors utilisés pour la station ne sont que des décors de fortune, déjà maintes et maintes fois utilisés dans LA GALAXIE DE LA TERREUR et LES MERCENAIRES DE L’ESPACE, et qu’ici ils sont tout à fait méconnaissables, l’on ne peut que tirer un grand coup de chapeau au réalisateur : Aaron Lipstadt. Tout jeune débutant dans le métier, il a réussi à nous faire plonger dans cet univers qui nous passionne et qui nous fait suivre avec le plus grand intérêt la vie d’un androïde qui voudrait être un être humain, qui voudrait connaître les sentiments d’un être humain, qui voudrait apprendre à aimer comme un être humain… sans savoir qu’il est bien plus qu’un être humain… »

Je n’ai pas encore revu ANDROÏDE à l’instant où je tape ces lignes. Je ne sais donc pas si mon avis demeurera le même qu’en 1985 avec 27 ans de plus au compteur…

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ROBOT-COOL (24) : A.P.E.X.

ROBOT-COOL (24) : A.P.E.X. dans Cinéma bis 13061309574815263611288444

Si le film A.P.E.X. réalisé par Philip J. Roth en 1999 est réputé pour être un sacré nanar (et je veux bien le croire), je ne peux par contre me résoudre à classer son Advanced Prototype Extermination Unit dans la catégorie « Robot-craignos », non ! Je lui trouve au contraire une apparence très originale (insectoïde ?) et menaçante, peut-être moins fonctionnelle que prévue, mais qu’importe ! Et il en existe un bataillon entier dans ce film de SF de série Z. Jugez plutôt l’histoire : « L’échec d’une mission temporelle de 2073 à 1973 provoque un changement dramatique du futur qui se retrouve peuplé de robots tueurs et mutants. Un seul homme connaît la vérité et ce qui s’est réellement passé et pourra sauver l’humanité. » (scifi-universe.com).

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En outre, et d’après Wikipédia, il faut savoir que « le mot « apex » (au pluriel : « apices ») est à l’origine un mot latin signifiant « sommet » ou « pointe ». L’adjectif correspondant, « apical », qualifie ce qui se trouve près du sommet ou d’une extrémité. » Ce qui prouve donc que notre APEX est indubitablement à la… pointe du progrès… Bon d’accord, faites comme si je n’avais rien dit…



Jack Arnold (3e partie)

JACK ARNOLD (3e partie)

(1ère partie & 2e partie)

Jack Arnold (3e partie) dans Cinéma bis 16092701251415263614519520

L’HOMME QUI RÉTRÉCIT (THE INCREDIBLE SHRINKING MAN, 1957)

Écrit par Richard Matheson (STAR TREK, LA QUATRIÈME DIMENSION…) d’après son propre roman, le film nous invite à assister aux mésaventures de Scott Carey qui, après avoir été exposé à des radiations atomiques, voit sa taille décroître de jour en jour. Prisonnier de sa cave et réduit à la taille d’un dé à coudre, Carey doit livrer une dure bataille aux aléas de sa nouvelle dimension, et tout particulièrement à une féroce araignée.

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Sans doute la plus ambitieuse production de Jack Arnold, le tournage ne nécessita pas moins de 14 décors de grandeurs différentes afin de donner l’illusion de rétrécissement du héros. Mais ce ne sont pas ces derniers qui posèrent le plus de problèmes à notre réalisateur, mais plutôt la fin de son film. En effet, la Universal n’approuve guère le final de Jack Arnold où Carey reste réduit à sa petite taille. Craignant que le spectateur n’apprécie pas la fin plus ou moins noire, le studio demande au réalisateur de tourner une autre conclusion où le héros, grâce à un sérum miracle, retrouverait sa taille normale. Jack Arnold refuse de revoir son film et demande à ce qu’il soit soumis à une avant-première où le spectateur tranchera. Celle-ci remporte un accueil tellement favorable que la Universal décide finalement de sortir le film tel quel. Une décision qu’elle ne regrettera pas puisque le film est un succès phénoménal à travers le monde.

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La même année, Jack Arnold écrit le scénario de THE MONOLITH MONSTERS. Après s’être écrasé sur Terre, un météore libère un énorme rocher qui se propage et qui transforme les êtres humains en pierre. Réalisé par John Sherwood (THE CREATURE WALKS AMONG US), le film serait une excellente série B et l’une des plus sérieuses des années 60.

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Le sixième film de SF que réalisera Jack Arnold sera le dernier qu’il fera sous le parainage de la Universal.

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LE MONSTRE DE L’ABIME ( MONSTER ON THE CAMPUS , 1958)

Sur le thème du dédoublement de personnalité, l’histoire du film met en scène un professeur d’université qui, suite à la piqûre d’un poisson préhistorique, se transforme en homme de Néanderthal aux instincts particulièrement meurtriers.

De tous ses films fantastiques, MONSTER ON THE CAMPUS est celui que Jack Arnold aimera le moins. En effet, selon lui le scénario manquait d’épaisseur, mais le manque de temps souvent caractéristique de ce genre de petite production empêcha toute révision.

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Si MONSTER ON THE CAMPUS fut une déception pour Jack Arnold, ce dernier se montrera pleinement satisfait de son film suivant…

16092701251915263614519523 dans Fifties SF LES ENFANTS DE L’ESPACE (THE SPACE CHILDREN)

Véritable avertissement sur les dangers du nucléaire, THE SPACE CHILDREN nous raconte l’aventure d’un groupe d’enfants dont les parents travaillent sur l’élaboration d’un missile à tête nucléaire. Capable de détruire une ville entière, ce missile inquiète des extraterrestres qui entreront en contact avec ces enfants afin d’enrayer la menace pesante.

Produit par la Paramount, THE SPACE CHILDREN est le dernier film de SF que réalisera Jack Arnold.

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Après cette réalisation, il tournera encore plusieurs films surtout placés sous le signe de la comédie. Au début des années 80, il tentera un « come back » au fantastique par l’intermédiaire de deux grands projets. Le premier, un remake de CREATURE WALKS AMONG US dont il ne peut assurer la direction au profit de John Sherwood. Le script est écrit, le story board est dessiné, mais le film ne verra jamais le jour. Le second, une adaptation cinématographique de Sir Arthur Conan Doyle : THE LOST WORLD. Déçu de la version que réalisa Irwin Allen en 1960, Jack Arnold voudrait une traduction parfaite du roman. Là aussi le script est écrit, le story board dessiné, et même les mate paintings seront réalisées. Mais malheureusement Arnold tombe malade et la Universal abandonnera peu après le projet.

En fait Arnold ne fera un retour à la science-fiction que par l’intermédiaire de la télévision où il réalisera un épisode de la série WONDER WOMAN en 1977 et deux pour celle de BUCK ROGERS en 1981.

Victime d’une artériosclérose, il décédera en 1992 à l’âge de 80 ans.

- Dave Altout & Sandrine B.-

(Article publié dans le fanzine Midian numéro 2 de février 1994)



Jack Arnold (2e partie)

JACK ARNOLD (2e partie)

(première partie disponible ici)

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LA REVANCHE DE LA CRÉATURE (REVENGE OF THE CREATURE, 1955)

La créature n’est pas morte ! Découverte puis capturée, elle est enfermée dans un océanorium de Floride où deux savants tentent de lui apprendre à parler. Visiblement peu bavarde, la créature s’échappe et s’en va semer la panique en ville. Malgré le côté très commercial de cette suite, Jack Arnold s’en tire tout de même la tête haute, et réalise selon l’avis de plusieurs critiques une séquelle supérieure à CREATURE FROM THE BLACK LAGOON.

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Toujours interprété par Ricou Browning, la saga connaîtra un troisième volet en 1957 avec THE CREATURE WALKS AMONG US (LA CRÉATURE EST PARMI NOUS) sous la baguette du réalisateur John Sherwood. À signaler au générique de cette REVANCHE DE LA CRÉATURE, la première apparition cinématographique de Clint Eastwood dans le rôle d’un assistant de laboratoire. Ce dernier refera une brève apparition dans le film suivant de Jack Arnold…

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TARANTULA (1955)

Adaptation cinématographique plus ou moins fidèle d’un épisode que notre réalisateur tourne pour le feuilleton THE SCIENCE-FICTION THEATRE, TARANTULA exploite un thème cher à la SF des fifties : le gigantisme animal. Après les fourmis de THEM ! (DES MONSTRES ATTAQUENT LA VILLE) en 1953, et avant les mantes religieuses de THE DEADLY MANTIS (LA CHOSE SURGIE DES TÉNÈBRES) en 1957, Jack Arnold nous propose une tarentule géante.

Craignant une future famine due à une surpopulation croissante, un scientifique découvre une formule capable d’augmenter la proportion d’un animal. Cobaye involontaire de ses expériences, une tarentule s’échappe de sa cage de verre et s’enfuit dans le désert où elle atteindra une dimension gigantesque. Heureusement pour le monde, Clint Eastwood veille en pilote d’avion. Il détruira l’imposante arachnide.

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Toujours sous l’aile du producteur William Alland, Jack Arnold retrouve pour les besoins de son nouveau film le scénariste Martin Berkeley (THE REVENGE OF THE CREATURE), mais surtout Clifford Stine qui signera les superbes travelling matt du film.

Si diriger des E.T. et une créature aquatique ne posa guère de problème à Jack Arnold, il n’en fut pas de même pour sa nouvelle vedette. Afin de sélectionner la tarentule idéale, la Universal dût importer du Panama plus de soixante spécimens. Sur ce nombre, une petite quantité fut retenue pour le tournage. Comment diriger une tarentule ? Jack Arnold trouve la solution grâce à un petit jet d’air qu’il utilise sur celle-ci pour la faire avancer où il désire.

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Jouant habilement sur l’une des plus grandes phobies de l’humanité, TARANTULA fait mouche et rapporte des millions dans le tiroir-caisse de la Universal.

Année bien remplie que celle de 1955 pour Jack Arnold. En effet, après REVENGE OF THE CREATURE et TARANTULA, il tourne, toujours à la demande de la Universal, les séquences additives à THIS ISLAND EARTH (LES SURVIVANTS DE L’INFINI). En fait, Arnold réalise les vingt dernières minutes du film où l’on découvre la planète Metaluna. Véritable morceau d’anthologie, tout y est : attaques de vaisseaux spatiaux, mutants au crâne hypertrophié et cités futuristes. Un vrai met de choix pour tous les mordus de space opera. Cependant Arnold n’est pas crédité au générique, et seul le nom de Joseph Newman y apparaîtra.

Pas de fantastique au programme de notre réalisateur en 1956, il ne tournera que deux petits westerns de série B.

Par contre 1957 sera une grande année pour lui. En effet, il tournera son film le plus célèbre et l’un des plus grands classiques de la SF des années 50.

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- Dave Altout & Sandrine B.-

(Article publié dans le fanzine Midian numéro 2 de février 1994)



Jack Arnold (1ère partie)

JACK ARNOLD (1ère partie)

Jack Arnold (1ère partie) dans Cinéma bis 16092712574515263614519451

En quelques films, Jack Arnold marque à jamais le cinéma fantastique de son empreinte. Spécialiste de la série B, il reste aujourd’hui le réalisateur le plus célèbre et le plus représentatif de la science-fiction des années 50.

Né le 14 octobre 1912 dans le Connecticut, Jack Arnold fait ses débuts artistiques à la fin des années 30 comme acteur de théâtre. C’est durant la Seconde Guerre mondiale qu’il fait ses premiers pas dans la réalisation par le biais de documentaires qu’il tourne pour l’US Air Force et le Département d’État. Après l’armée, il poursuit dans le court-métrage et sera nominé aux Oscars. Engagé par la Universal, il réalise son premier film en 1953.

LE RETOUR DE LA SF

C’est le début des années 50. Sur les écrans des cinémas américains déferlent westerns et comédies. Mais entre les coups de revolvers et les éclats de rire, un genre cinématographique renaît de ses cendres : la SF, peu présente durant les années 40. C’est à DESTINATION MOON (DESTINATION MOON, Irving Pichel, 1950), un film au budget modeste, que l’on doit cette renaissance. Produit par George Pal (producteur de LA GUERRE DES MONDES), cette histoire de voyage dans la lune rapporte gros et déclenche aussitôt un véritable raz-de-marée de productions SF à la qualité souvent inégale. Chaque studio nous propose alors son grand film. Pour la Fox, ce sera LE JOUR OÙ LA TERRE S’ARRÊTA (Robert Wise, 1951) ; pour la RKO, LA CHOSE D’UN AUTRE MONDE (Christian Nyby, 1951) et pour la Universal, LE MÉTÉORE DE LA NUIT que réalise Jack Arnold en 1953.

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LE MÉTÉORE DE LA NUIT (IT CAME FROM OUTER SPACE, 1953)

Pour ses débuts en SF, la Universal voit grand. Le scénario adapte une nouvelle du célèbre auteur Ray Bradbury. On opte pour une réalisation en trois dimensions (premier film SF en relief), un nouveau son stéréo ainsi qu’un nouveau format d’image. Pas de doute, la Universal croit fermement aux capacités de Jack Arnold qui en est seulement à sa deuxième réalisation. Une confiance qu’il ne trahira pas comme le prouvera le fulgurant succès du film au box-office.

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Produit par William Alland et adapté par Harry Essex, l’histoire du film tourne autour du crash d’un vaisseau spatial près d’une petite ville américaine. Afin de réparer leur astronef et de quitter au plus tôt la Terre, les extraterrestres, xénomorphes, utilisent leur pouvoir de dupliquer l’apparence de n’importe quel être humain. Mais bientôt le subterfuge est découvert par la population locale, qui décide aussitôt d’exterminer les étrangers. Heureusement pour les xénomorphes, un scientifique leur viendra en aide et leur permettra de quitter la Terre sains et saufs.

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Pour ses débuts en SF, Jack Arnold se voit attribuer un sujet classique du genre. Mais s’il est encore ici question d’extraterrestres, le film parvient néanmoins à se détacher du reste de la production actuelle par sa vision pacifique de ces derniers. Chose bien rare en ces temps de guerre froide où l’extraterrestre, à l’image du communisme, était souvent un agressif envahisseur pour le peuple américain (voir L’INVASION VIENT DE MARS et LA GUERRE DES MONDES).

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Sans doute séduit par cette originalité et par la mise en scène efficace, le film est un succès auprès du public et conforte Jack Arnold dans la chaise de réalisateur, place qu’il retrouve en 1954 pour…

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L’ÉTRANGE CRÉATURE DU LAC NOIR (CREATURE FROM THE BLACK LAGOON, 1954)

C’est durant le tournage du MÉTÉORE DE LA NUIT que Jack Arnold entend parler pour la première fois ce cette histoire de créature aquatique. En effet, alors que notre réalisateur met en scène  ses xénomorphes, le producteur William Alland lui présente le premier jet d’un scénario écrit par un certain Maurice Zinn. Arnold trouve le sujet intéressant, et avec l’aide des scénaristes du MÉTÉORE DE LA NUIT il écrit le script définitif. Espérant renouer avec le succès de ses monsters movies des années 30 (voir DRACULA et autres FRANKENSTEIN), la Universal n’hésite pas un seul instant à acheter les droits du scénario et d’en confier la réalisation en 3D à son nouveau fils prodigue, Jack Arnold.

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Quelque part en Amazonie, le squelette fossilisé d’une main palmée est découvert. Intriguée par cette découverte, une équipe de scientifiques se mobilise et se rend sur place en espérant trouver le reste du squelette de ce qui pourrait bien être le chaînon manquant. Mais ils trouveront bien plus que de simples ossements puisqu’une de ces créatures est toujours vivante…

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Défi majeur du film : offrir aux spectateurs une créature originale et effrayante. C’est sur une suggestion de Jack Arnold lui-même que Bud Westmore (responsable du département maquillage de la Universal) réalisera le costume de cette dernière. En effet, Jack Arnold propose que l’on prenne la figurine des Oscars américains et que l’on y rajoute une tête de poisson et des nageoires. Westmore s’exécute et fabrique le costume dont le résultat final est en tous points remarquable. Pour enfiler la panoplie, le réalisateur choisit deux acteurs : Ben Chapman (cascadeur de son état, il interprète toutes les scènes terrestres) et Ricou Browning (aux capacités respiratoires prodigieuses, il se charge de toutes les scènes aquatiques). Ce dernier est devenu depuis le créateur de la série TV FLIPPER LE DAUPHIN et le responsable des séquences sous-marines de L’ESPION QUI M’AIMAIT.

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Fort de son exotisme, de son suspense et des charmes de Julie Adams, le film est une réussite à la fois commerciale et critique. Succès oblige, la Universal réclame immédiatement une suite à Jack Arnold…

- Dave Altout et Sandrine B.-

(Article publié dans le fanzine Midian numéro 2 de février 1994)



Robot-craignos (39)

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Maria de ROBOFORCE (1988 / Tsui Hark & David Chung) rêve de ressembler à Maria de METROPOLIS (1927 / Fritz Lang), malheureusement pour elle il lui manque ce petit quelque chose inexplicable, ou inextricable de sa carcasse métallique chromée à faire pâlir d’envie n’importe quel amateur de belles cylindrées. Et pourtant Maria, à son niveau, n’est pas loin de posséder les atouts d’une belle cylindrée… enfin… presque… En attendant, Maria pourchasse les terroristes avec Whisky. Non pas la bouteille, mais bien Whisky, son ami d’enfance ! Eh oui, un groupe de malfrats veut dominer le monde à l’aide de robots. Heureusement, Maria veille.

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Hydra, le Monstre des Profondeurs

Hydra, le Monstre des Profondeurs dans Cinéma bis mar1ck

HYDRA, LE MONSTRE DES PROFONDEURS d’Amando de Ossorio ( par Trapard)

En tant que fan du cinéma bis d’Amando de Ossorio, je cherchais depuis un moment ce « Hydra » (« Serpiente de Mar » en espagnol).

Celui qui a un peu exploré l’univers du bis espagnol des années 60-70-80, retiendra les noms de Jesùs Franco, Paul Naschy (aka Jacinto Molina), Leon Klimovsky, Javier Aguirre, Carlos Aured, Joaquin Luis Romero Marchent, Narciso Ibanez Serrador (et son père Narciso Ibanez Menta), Vincente Aranda, Jorge Grau, José Ramon Larraz…Et bien entendu, celui d’Ossorio.

Amando de Ossorio, c’est avant tout, LA REVOLTE DES MORTS VIVANTS (La Noche del terror ciego) et ses suites, d’où des zombies d’anciens templiers errent -souvent dans des ralentis brumeux, chers au cinéma d’ambiance espagnol- à la recherche de vengeance et de chairs humaines. Le tout, très inspiré de LA NUIT DES MORTS VIVANTS de Romero et autres films de zombies made in Italy ou de zombies nazis.

mar2d dans Cinéma bis espagnol

Un peu sur ce modèle et souvent inspirés des sujets de la Hammer Films anglaise, Ossorio a tourné un film de vampire avec MALENKA (1969), de cultes vaudou avec LA NOCHE DE LOS BRUJOS (1973), de femme-reptile avec LAS GARRAS DE LORELEÏ (1974), sa vision de L’Exorciste avec LA ENDEMONIADA (1975) et un peu de X, logiquement après le décès du général Franco.

Son dernier film en date est HYDRA, LE MONSTRE DES PROFONDEURS, vision Cormanienne du Monstre marin, en plastique, s’en prenant aux marins comme aux simples baigneuses, sur un sujet assez proche de celui des DENTS DE LA MER.

mar3u dans Fantastique

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un long voyage…Arrivé à Paris, et fouinant dans un certain nombre de vendeurs de DVD d’occasion, de films d’exploitation comme de bis, j’ai sorti d’un rayon, un DVD titré HYDRA avec une superbe pochette arborant un serpent de mer géant et promettant le film d’Ossorio en question, mais avec aucun nom connu dans les crédits de l’affiche.

Arrivé chez moi, le DVD engagé dans mon ordinateur portable, c’est la suite de HUMANOÏDS FROM THE DEEP, ce DTV sorti en 1996 sous de multiples jaquettes filoutes différentes et divers titres, et produit par Roger Corman, qui se lança sous mon regard dépité, tout en rageant après ce saligaud de Corman (dont j’apprécie pourtant le travail, mais en d’autres circonstances).

Donc il m’a fallu pirater HYDRA en VHSRip, sous le titre SERPIENTE DE MAR et en version espagnole puisque le film ne semble pas avoir été édité nulle part.

mar4p dans Trapard

Donc, loin de l’univers espagnol des 70′s, HYDRA (à ne pas confondre non plus, avec un DTV de monstre marin, sorti ces dernières années) est un sympathique film de monstre gigantesque, très cormanien. Très 80′s, avec son lot de jeunes femmes aux looks branchés (de l’époque) et cette créature « monstrueuse » à la fois kitch et peu crédible, mais attachante, le film d’Ossorio rappelle, par son intrigue, autant AMSTERDAMNED de Dick Maas, TENTACULES d’Ovidio G. Assonitis ou un énième ersatz des Godzilla sur la fin. Le tout ressemblant souvent à une vieille production A.I.P. Des 50′s ou du début des 60′s en version totalement recolorisée. La référence à THE SAGA OF THE VIKING WOMEN AND THEIR VOYAGE TO THE WATERS OF THE GREAT SEA SERPENT (ouf!) de Roger Corman (1957), est elle aussi évidente.

Un film bien Z donc, mais divertissant comme pouvaient l’être beaucoup de séries Z des années 80, avec, au regard du cinéma et du DTV des années 2000, cet air désuet que certains qualifieraient de « ringard » ou de « kitsch », mais qu’un geek de ma génération aime encore à cultiver comme un patrimoine culturel intérieur inhérent à ma personnalité.

 - Trapard -



Robot-craignos (37)

Robot-craignos (37) dans Cinéma bis 13061310000015263611288446

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Sparks, tel est le nom de ce robot-craignos vedette du film ALERTE DANS LE COSMOS (SHAPE OF THINGS TO COME / 1979 / de George McCowan). Embarqué à bord du vaisseau Star Streak (Star Trek dans la VF !), Sparks va vivre une aventure « exaltante » auprès de la belle scientifique qui l’a réparé et pour laquelle il n’hésite pas à débiter des poèmes… D’autres robots, un peu moins craignos que lui au niveau de la tête (voir l’affiche), et tout noirs, vont affronter ses courageux amis humains partis sur Delta 3 afin de déjouer les plans d’Omus le machiavélique ( interprété par Jack Palance, toujours aussi risible dans ses rôles de grand méchant de space opérette).

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Notre Sparks s’inscrit dans la (très) grande lignée de robots caissons propres à tout nanar qui se respecte, avec en plus, comble du raffinement, des bras-ressorts munis de pinces… On ne saura jamais comment notre brave Sparks parvient à piloter convenablement le Star Steak, pardon… le Star Streak en appuyant, de ses grosses pinces, sur les magnifiques boutons multicolores qui garnissent joyeusement les consoles du vaisseau. Si l’équipage a survécu, c’est qu’il devait posséder une chance inouïe…



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