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Archive pour la catégorie « Cinéma »

LA DIXIÈME VICTIME (1965)

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LA DIXIÈME VICTIME (1965)

LA DIXIÈME VICTIME est un petit classique du cinéma de science-fiction italien, sorti la même année que le FAHRENHEIT 451 de François Truffaut, et là où le Français préférait adapter Ray Bradbury, Elio Petri s’est attaqué à l’œuvre de Robert Sheckley.

À savoir que Sheckley a écrit deux nouvelles futuristes de chasse à l’homme face aux médias : « La Septième Victime » en 1953, qu’Elio Petri a adapté en 1965. Puis « Le Prix du danger » en 1958 dont la télévision allemande a produit « Le jeu des millions » en 1970, réalisé par Tom Toelle. Puis Yves Boisset en a réalisé le célèbre film éponyme, sorti en 1983. La même année, Joe D’Amato reprend le thème de la nouvelle pour le film futuriste, « Le Gladiateur du futur » (1983) et Luco Fulci fait de même avec « 2072, Les Mercenaires du futur » en 1984. Puis Stephen King a écrit une déclinaison de la nouvelle de Sheckley avec « Running Man » en 1982, dont est tiré le film de Paul Michael Glaser, avec Arnold Schwarzenegger sorti en 1987.

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La grande différence entre le FAHRENHEIT 451 de Truffaut et le film futuriste d’Elio Petri vient du style nerveux et « Arty » de la réalisation du cinéaste italien. D’ailleurs, ce même style nerveux ajouté à une politisation extrême remplaceront peu à peu l’univers graphique des films de Petri des Sixties, avec UN COIN TRANQUILLE À LA CAMPAGNE (1969), ENQUÊTE SUR UN CITOYEN AU-DESSUS DE TOUT SOUPÇON (1970) et LA CLASSE OUVRIÈRE VA AU PARADIS (1971). Mais la déshumanisation que peuvent engendrer le besoin de reconnaissance par les médias est déjà très présente dans LA DIXIÈME VICTIME. Les années 60 sont aussi les grands débuts de la télévision telle que la vouait déjà Silvio Berlusconi.

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L’intrigue : Dans un futur proche, les gouvernements ont décidé de canaliser les pulsions meurtrières de leurs concitoyens afin d’éviter de nouveaux conflits. Pour cela, une « grande chasse », à laquelle chacun peut participer, a été organisée. Les règles sont simples : chaque participant doit survivre à 10 chasses, en étant alternativement le chasseur et la proie, les rares personnes qui y parviennent devenant riches et célèbres. Caroline, une Américaine, en est à sa 10e et dernière participation. Pour triompher de cette ultime épreuve, elle doit tuer sa proie, un Italien nommé Marcello qui a 6 victoires à son actif. Désireuse de maximiser ses gains, Caroline passe un contrat avec une compagnie de thé pour que la mise à mort se fasse dans un lieu romain prestigieux, au beau milieu du tournage d’un spot publicitaire…

Les deux stars du film sont Marcello Mastroianni teint en blond, et Ursula Andress toujours aussi belle et d’apparence froide et dominatrice. Au début du film, elle n’hésite pas à tuer un homme avec deux revolvers cachés dans les balconnets de son soutien-gorge, comme le feront aussi la même année, les  BIKINI MACHINE du Docteur Goldfoot.

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Comme dans ses meilleurs films, ou en tout cas dans les plus connus en France (LA DOLCE VITA, LA GRANDE BOUFFE, FELLINI ROMA…), Marcello Mastroianni s’appelle… Marcello. Sûrement pour renforcer les conflits culturels italo-américains du couple.

On les suit une grosse partie du film, tel un duo « chasseur-chassé », flirtant ensemble pour apprendre à mieux se connaître, et comme pour chercher à déceler les failles de l’un et de l’autre. Jusqu’à en désacraliser même complètement l’image de l’affectif, du couple et de la famille à l’italienne.

19010904411615263616069703Plus définitif que les adaptations du « Prix du danger », LA DIXIÈME VICTIME montre le thème de la mort avec un recul blasé et amusant, l’élimination d’une « victime » se planifiant et s’orchestrant avec maestria, longtemps à l’avance. Ici, il n’est jamais question d’improvisation, ni de liberté de mouvements (un thème qui ressemble aux actuelles polémiques autours des caméras de surveillance). Et finalement, seuls les sentiments semblent vouloir se frayer un espace vital propre dans ce grand cirque politico-médiatique. Mais est-ce que cela ne fait pas partie des règles de ce grand jeu ?

Et d’une certaine manière, la « mort », le nombre de chasses, les chasseurs et les victimes, la tromperie et le regard d’autrui, tout cet ensemble ressemble très fort aux limites dans l’émancipation de la jeunesse au cours des années 1960.

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LAURENT GENEFORT A DIT…

LAURENT GENEFORT A DIT... dans Cinéma 19010607221715263616066067Laurent Genefort, écrivain français de science-fiction et de fantasy, a déclaré :

« Le cinéma de SF reste foncièrement adolescent, alors que la littérature a continué de mûrir. Un fossé s’est peu à peu creusé, le cinéma a démocratisé une certaine SF et en a diffusé une image régressive auprès du grand public. »



PRÉ-AFFICHES POUR GODZILLA, KING OF THE MONSTERS

Voici les trois premières superbes affiches qui annoncent l’un des événements cinématographiques majeurs de l’année prochaine…

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BANDE-ANNONCE : GODZILLA, KING OF THE MONSTERS

Vous l’avez loupée ? C’est l’occasion de la découvrir les yeux écarquillés, la bouche ouverte et la bave dégoulinante, oui, la toute dernière bande-annonce sacrément impressionnante de GODZILLA, KING OF THE MONSTERS !

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DRIVE-IN : LE DERNIER RIVAGE (1959)

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LE DERNIER RIVAGE (On the Beach)
Année : 1959
Réalisateur : Stanley Kramer
Scénario : John Paxton
Production : Stanley Kramer (Lomitas Productions, Inc.)
Musique : Ernest Gold
Pays : États-Unis
Durée : 134 min
Interprètes : Gregory Peck, Ava Gardner, Fred Astaire, Anthony Perkins…

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Nous classerons LE DERNIER RIVAGE au milieu des films de drive-in, bien qu’il s’agisse plutôt d’un blockbuster aux têtes d’affiches prestigieuses : Gregory Peck, Ava Gardner, Fred Astaire et Anthony Perkins. Il s’agit d’un film de science-fiction, bien que tout le métrage s’étend sur la psychologie d’une poignée de personnages à la manière des « drames psychologiques » américains de la fin des années 50. Ou pour dire les choses autrement, les nœuds psychologiques ont investi la plupart des scénarios des films de genre à partir des années 50, ce qui semble avoir divisé les cinéphiles de l’époque (en Nouvelle-Calédonie, les « Vieux » en parlent encore aujourd’hui au sujet des westerns devenus alors très psychologiques). Et la présence d’Anthony Perkins sans LE DERNIER RIVAGE n’est pas anodine. Cet excellent comédien dont on ne retient aujourd’hui que son interprétation de Norman Bates dans PSYCHOSE (1960) d’Alfred Hitchcok, fut comme un cheveu d’or dans la soupe de quelques westerns et autres thrillers virils, avec son jeu et sa gestuelle sensibles et proches des techniques de l’Actors Studio.

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Le thème très sombre de la proche fin du monde développée dans ce DERNIER RIVAGE est alors l’alibi à quelques moments de mauvaises fois, de non-dits, de tristesses refoulées, ou au contraire, à des scènes où les personnages se lâchent en toute insouciance.

L’intrigue : L’action se situe à Melbourne en Australie. La Troisième Guerre mondiale a été déclenchée ; l’Australie est le dernier pays survivant, dans l’attente inexorable d’être atteint à son tour par les mortelles radiations des armes atomiques. On suit notamment les amours désespérées de Moira Davidson et de Dwight Towers, capitaine d’un sous-marin américain qui patrouillait dans le Pacifique lors du bombardement, et les ultimes événements dans la vie du jeune couple Holmes et de son entourage…

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La réception du film de Stanley Kramer adapté du roman éponyme du britannique Nevil Shute fut sûrement aussi dure qu’elle pourrait l’être aujourd’hui. Mais LE DERNIER RIVAGE se conclue avec une note d’espoir, ou plutôt sur un message d’alerte engagé.

Pour le reste, c’est un plaisir de pouvoir observer le Melbourne de la fin des années 50, avec ses tramways, ses vélos garés entre des voitures et des chevaux, et ses gardiens de la paix qui dirigent la circulation à grands coups de sifflets au milieu des ronds-points.

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VOODOO MAN (1944)

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VOODOO MAN (1944)

Si vous avez découvert LE VOLEUR DE CADAVRES (1942) avec Bela Lugosi dans le petite collection de Bach Films, l’histoire de VOODOO MAN est quasiment la même. À cela près que dans le premier, les femmes sont décédées avant d’être kidnappées, alors que dans le second, elles sont zombifiées après kidnapping. Qui vient de dire que cela revient à la même chose ? Disons que la zombification dans VOODOO MAN est à l’ancienne mode : ni virale, ni vraiment dans la logique haïtienne. C’est plutôt un envoûtement esclavagiste. Lugosi, étrangement accoutré à la manière d’Harry Potter, dans une large tunique étoilée de magicien, dirige des cérémonies d’envoûtements dans le but de réanimer son épouse malade.

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L’intrigue : Le docteur Richard Marlowe emploie une combinaison de rites vaudous et de suggestion hypnotique pour essayer de réanimer sa belle épouse, plongée dans le coma, en transférant les essences de la vie de plusieurs jeunes filles malchanceuses qu’il a enlevées et emprisonnées dans un cachot sous son manoir…

18101808260915263615949051 dans TrapardÀ la différence des transfusions sanguines dans LE VOLEUR DE CADAVRES, Lugosi tente désormais des fusions mentales à l’aide du mesmérisme à grands renforts de gros plans sur ses yeux, sourcils froncés, comme dans DRACULA (1931) et WHITE ZOMBIE (1932). Il retrouve d’ailleurs sa barbiche de ce dernier titre. Tout comme LE VOLEUR DE CADAVRES, VOODOO MAN est aussi un mélange d’influences du cinéma des années 30. Là où LE VOLEUR DE CADAVRES reprenait le thème du vampirisme scientifique déjà exploité dans THE VAMPIRE BAT (1933), VOODOO MAN explore autant WHITE ZOMBIE (1932) que le « récent » VAUDOU (1943, I walk with a Zombie) avec ces jeunes femmes errant et somnambules dans de vastes robes blanches. Les robes blanches des femmes zombifiées ayant aussi été l’apparence des goules du comte Mora, un autre rôle culte de Bela Lugosi dans LA MARQUE DU VAMPIRE (1935). Et l’une des références accidentelles de VOODOO MAN vient de ces femmes zombifiées enfermées dans des cages en verre à l’intérieur d’une petite chambre verrouillée. Une chambre qui a l’apparence d’une pièce mortuaire tristement célèbre : celle du croquemitaine Barbe-Bleue qui sera justement à l’honneur quelques mois après la sortie de VOODOO MAN dans un film d’Edgar G. Ulmer avec John Carradine.

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De vouloir rechercher l’essence vitale chez une femme zombifiée pour la transmettre à une autre dans le coma, ça reste assez bricolé comme idée. L’ensemble du scénario de ce film produit par Sam Katzman pour la Monogram Pictures est aussi très bricolé, le tournage ayant même été expédié en une semaine. Mais quand on sait que William Beaudine est à la réalisation, tout s’explique beaucoup mieux. Je vous le conseille au moins pour la cocasserie des iconographies vaudous qui sont un véritable fourre-tout. George Zucco, en disciple de Lugosi, porte aussi la tunique d’Harry Potter accompagnée d’une coiffe africaine du plus bel effet. John Carradine lui, en second disciple, joue une espèce de grand benêt cabotin courant à droite et à gauche, en traînant les savates, ou tambourinant sur un djembé comme un furieux. Ceux qui ont été très émus par son interprétation de révérend dépressif dans LES RAISINS DE LA COLÈRE (1940) risquent d’être très surpris de cette transition brutale de film culte à série Z.

À ma connaissance, VOODOO MAN n’a toujours pas trouvé d’éditeur ni de traducteur en France, mais étant tombé dans le domaine public vous pouvez le consulter en streaming et en v.o. sur le site Archive.org

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HORROR OF THE BLOOD MONSTERS (1970)

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HORROR OF THE BLOOD MONSTERS

Je vous laisse choisir entre les différents titres d’exploitation de ce film d’Al Adamson, lequel vous conviendra le mieux après visionnage : ASTRO-VAMPIRE, BLOOD CREATURES FROM THE PREHISTORIC PLANET, FLESH CREATURES OF THE RED PLANET, HORROR CREATURES OF THE PREHISTORIC PLANET, SPACE MISSION OF THE PREHISTORIC PLANET, SPACE MISSION TO THE LOST PLANET, THE FLESH CREATURES, VAMPIRE MEN OF THE LOST PLANET… Ouf…

18100605273115263615927272 dans Film des 70'sIl se trouve qu’à la fin des années 60, le cinéaste Al Adamson fut l’un des réalisateurs attitrés de l’AIP-TV de James H. Nicholson et Samuel Z. Arkoff pour la petite firme Independent International Pictures qui produisait aussi les films philippins d’Eddie Romero et de Gerardo de León. Des films consommables, vite tournés, vite montés, diffusés tardivement et qui sont désormais culte sous des appellations comme « grindhouse » et dont PLANÈTE TERREUR (2007) de Robert Rodriguez est le plus proche formellement parlant. Des centaines de séries Z ont vu le jour sur l’AIP-TV, produites par l’American International Pictures (originellement créée pour produire des films de drive-in), dont les productions américaines les plus connues étaient les remakes télévisés de Larry Buchanan (MARS NEEDS WOMEN, IN THE YEAR 2889, THE EYE CREATURES, ZONTAR THE THING FROM VENUS, CURSE OF THE SWAMP THING). Moins connue, la Crown International Pictures a aussi produit quelques classiques du Z pour l’AIP-TV dont THE BEAST OF YUCCA FLATS (1961), ORGY OF THE DEAD (1965) d’Ed Wood…et même ZOLTAN, LE CHIEN SANGLANT DE DRACULA (1978) et GALAXINA (1980), ce dernier film réutilisant même des extraits de films de SF diffusés sur l’AIP-TV… mais dans une salle de cinéma isolée sur une planète hostile. D’ailleurs, les films d’horreur des années 80 produits par Roger Corman, et intercalant des passages télévisés de films de SF de l’AIP, sont presque une marque de fabrique commerciale.

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Pour ce qui est de HORROR OF THE BLOOD MONSTERS, il fonctionne comme les autres films d’Adamson de cette période (DRACULA VS FRANKENSTEIN, BRAIN OF BLOOD, BLOOD OF GHASTLY HORROR) : le vieux John Carradine encore auréolé de ses anciennes gloires cinématographiques sert de bouche-trou à des scénarios décousus, comme le faisait autrefois Bela Lugosi. Et un patchwork de stock-shots de navets de l’AIP servent de remplissage coloré en violences diverses. Et HORROR OF THE BLOOD MONSTERS y va des effets colorés justement, en utilisant des filtres verts, jaunes ou rouges, trois couleurs qui me donnent l’impression, au vu de la folie visuelle et sonore de ce film, qu’Al Adamson ne fumait pas que du tabac de Virginie…

18100605350015263615927275 dans TrapardÉvidemment, l’utilisation de ce type de filtres (très démodée en 1970, mais bon…) est une référence directe à l’atmosphère rougeoyante de THE ANGRY RED PLANET (1959) d’Ib Melchior.

L’intrigue : Une vague d’attaques sanglantes par des suceurs de sang balaye la terre, incitant l’envoi d’une expédition terrienne vers la planète d’origine des assaillants. Les choses se compliquent lorsque ce mystérieux astéroïde dévoile un monde cauchemardesque peuplé de dinosaures, d’hommes-serpents, d’hommes-homards, de singes ailés et de tribus d’hommes des cavernes…

En plus de THE ANGRY RED PLANET, les autres références évidentes d’HORROR OF THE BLOOD MONSTERS sont à chercher du côté de THE LOST CONTINENT (1951), WORLD WITHOUT END (1956), LA PORTE DU FUTUR (1964), LA PLANÈTE DES VAMPIRES (1965), VOYAGE TO THE PREHISTORIC PLANET (1965), THE ASTRO-ZOMBIE (1968) et j’en passe, tellement les références et les stock-shots s’entremêlent sans cesse, entre la scène de combat entre deux varans géants qu’on retrouve dans plein de films de SF, comme si les laboratoires de l’AIP ne possédaient que ces images-là avec des varans. Et ce mélange incroyable et confus entre scènes de films préhistoriques et de westerns avec des combats d’indiens, entre lesquelles des acteurs affublés 18100605332515263615927274de peaux de bêtes et de dents de vampires en plastique apparaissent ça et là comme pour semer la pagaille dans un film déjà bien bordélique. L’ensemble étant coloré avec les couleurs filtrés citées plus haut, HORROR OF THE BLOOD MONSTERS offre une impression globale de continuité, mais dans une joyeuse zizanie.

Au final, le film d’Al Adamson se laisse regarder comme un film d’action de science-fiction, sans jamais vraiment lasser. Mais gare aux migraines, puisque pour simuler l’intérieur d’un vaisseau spatial hyper-sophistiqué, le monteur du film ne n’est pas embarrassé de soucis de vérité quant au confort des passagers : la bande-son est comme une assourdissante et interminable pétarade de sons électroniques.

En gros, si tu voulais te faire un trip sous LSD, mais sans prendre de LSD , alors regarde HORROR OF THE BLOOD MONSTERS.

- Trapard -

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REVENGE OF THE ZOMBIES (1943)

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REVENGE OF THE ZOMBIES (1943)

Après LE ROI DES ZOMBIES (1941, King of the Zombies), REVENGE OF THE ZOMBIES est sans doute le second film hollywoodien de « zombies nazis ». Pour les années 40, le genre traite avant tout de morts-vivants contrôlés par un scientifique nazi, les zombies en uniforme ne feront leur apparition que lors de la « naziploitation » des années 70. Et c’est aussi le second film du genre si l’on considère que l’adaptation que Victor Halperin a fait de « A Thousand Deaths » de Jack London pour TORTURE SHIP  (1939) n’est encore qu’un brouillon mal défini du futur sous-genre des zombies-nazis.

L’intrigue : Aux USA, un savant fou nazi a trouvé le moyen de créer des armées de morts-vivants, et compte bien les faire déferler sur l’Amérique pour assurer la victoire du IIIe Reich…

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Le scientifique nazi est joué par John Carradine, l’œil perçant, le cheveu gominé et la moustache stricte. On retrouvera l’acteur 35 ans plus tard, mais très âgé, dans un autre film culte de zombies-nazis : LE COMMANDO DES MORTS-VIVANTS (1977).

18100208594815263615920520 dans TrapardÀ noter aussi la présence de l’excellent Mantan Moreland avec sa bonne bouille et son éternel accent du Bronx et qui, comme dans LE ROI DES ZOMBIES, est de nouveau cantonné au rôle du couard afro-américain de service qui roule des yeux et sursaute à tout bout de cimetières.

LE ROI DES ZOMBIES et REVENGE OF THE ZOMBIES sont deux « zombies comédies » (ou « zombedies »). Mais REVENGE OF THE ZOMBIES tire beaucoup plus vers la parodie en faisant quelques clins d’œil à VAUDOU/I WALKED WITH A ZOMBIE (1943), tout comme ZOMBIES ON BROADWAY (1945) qui est une fausse suite du film de Jacques Tourneur.

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LE FILM EN VERSION COMPLÈTE ET EN V.O. :

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RETOUR VERS LES 80′s : FRIGHT NIGHT 2

RETOUR VERS LES 80's : FRIGHT NIGHT 2 dans Cinéma 17081301103915263615215517

Tom se penche aujourd’hui sur des saigneurs de la nuit, pas trop près tout de même car il sait qu’il risque croc, pardon, qu’il risque gros. On le retrouve ainsi aux prises avec la belle Regine de VAMPIRE, VOUS AVEZ DIT VAMPIRE ? 2, tandis qu’un Peter Vincent tente de le convaincre de prendre ses pieds à son cou, ne serait-ce que pour se protéger des morsures… 

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VAMPIRE, VOUS AVEZ DIT VAMPIRE ? 2

États-Unis – 1988 – de Tommy Lee Wallace

Avec : William Ragsdale, Roddy Mc Dowall, Traci Lind, Julie Carmen, Jon Gries, Russell Clark, Brian Thompson, Ernie Sabella, Merritt Butrick, Matt Landers, Alexander Folk, Scanlon Gail, Josh Richman, Karen Anders, John Lafayette…

18081708150515263615850887 dans Retour vers les 80'sÂme damnée se nourrissant de sang humain et ayant juré fidélité à la lune, le vampire fait partie de ces monstres populaires ayant été bien aidé, il est vrai, par le célèbre roman de Bram Stoker bénéficiant d’un puissant potentiel propre à envoûter une intrigue teintée de fantastique. Souvent mis en lumière dans l’histoire du septième art, bon, pas trop quand même sinon ils clamsent, les anges de la nuit ont connu quelques apogées particulièrement marquantes au cinéma. Des premiers métrages muets en noir et blanc en passant par le regretté Christopher Lee et les productions de la Hammer, ces morts-vivants pas comme les autres, enchaînant les succès critiques et commerciaux, vont pourtant connaître un petit passage à vide au milieu des années 70. Afin qu’ils ressortent efficacement leurs canines, ils leur faudra pour cela attendre 1985 que Tom Holland réalise l’un des grands films de cette décennie avec son extraordinaire FRIGHT NIGHT. Mais aujourd’hui, on va s’intéresser de plus près à la suite de ce chef-d’oeuvre…

18081708175815263615850888 dans TomÀ l’orée des glorieuses 80′s, l’attente du public en matière d’épouvante a considérablement évolué et, clin d’œil évident au contexte, ce n’est surement pas Peter Vincent qui va me contredire… Le Comte Dracula, incarné de main de maître par Sir Christopher, aux yeux injectés de sang et arpentant les couloirs interminables d’un château sinistre, ne fait malheureusement plus école. Les amateurs veulent désormais faire face à des terreurs concrètes qui se fondent naturellement dans le quotidien de chacun. À Georgetown, quelques années auparavant, il faut dire qu’une jeune ado étonnamment souple a dévoilé au monde que sa tête était capable de tourner à 360 degrés ; donc ça devient difficile après un tel choc d’effrayer le cinéphile en herbe en quête de sensations fortes avec un spectre rôdant dans quelques lugubres cimetières afin de mordre une poignée de donzelles à peine dévêtues… À moins que…

Avant de laisser place à nos accros à l’hémoglobine favoris, c’est tout d’abord le lycanthrope qui sera mis en valeur avec, en 1981, deux bandes essentielles qui vont définitivement ancrer les créatures mythiques dans la vie de tous les jours avec les imparables HURLEMENTS et LE LOUP-GAROU DE LONDRES. Suivront d’autres tentatives très intéressantes, telle que le PEUR BLEUE de Daniel Attias et son prêtre poilu, avant que Tom Holland ne redonne de la visibilité à la légende des suceurs par le biais de son VAMPIRE, VOUS AVEZ DIT VAMPIRE ?. Instantanément culte, cette péloche va réhabiliter les descendants de Nosferatu et ouvrir la voie à d’autres réalisations de ce genre. On citera par exemple l’excellent VAMP de Richard Wenk, l’émouvant et tellement beau, et oui, je suis sensible comme gars, AUX FRONTIÈRES DE L’AUBE de Kathryn Bigelow, ou encore le très réussi GÉNÉRATION PERDUE du père Schumacher, pour en arriver finalement à la création d’une suite inévitable à la petite perle de Tom Holland.

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C’est donc en 1988 que Tommy Lee Wallace, ayant fait ses classes comme monteur du côté de chez John Carpenter sur HALLOWENN et FOG puis, se faisant un petit nom en passant derrière la caméra pour les besoins du très original HALLOWEEN 3 et, un peu plus tard, via l’incontournable ÇA, va mettre en chantier cette séquelle carrément attendue. À défaut de révolutionner la franchise, Tommy Lee Wallace va, avant tout, chercher à porter à l’écran ce que les nombreux fans du premier opus ont l’envie, et le besoin, de voir ou de redécouvrir. Pour cela, ce dernier va utiliser une trame narrative quasi-18081708225315263615850890similaire à celle d’Holland en y injectant tout de même quelques éléments novateurs qui vont se montrer d’une efficacité redoutable. De prime, afin de changer dans la continuité, Wallace va pouvoir compter sur la présence de William Ragsdale, qui rempile pour jouer le personnage de Charlie Brewster, mais surtout, sur l’étonnant Roddy Mc Dowall (LA MAISON DES DAMNÉS, SHAKMA) qui renfile sa tenue de chasseur de goules dans le but d’interpréter de nouveau l’amusant et incontournable Peter Vincent. Complétant son casting avec quelques gueules de série B facilement identifiable, comme la mâchoire très carrée de l’imposant Brian Thompson (Night slashers dans le COBRA de George Cosmatos), le réalisateur va surtout être confronté à un délicat défi de taille. Dans cette suite, c’est la sœur de Jerry Dandrige qui va venir venger la mort de son bien-aimé frère. Qui va donc pouvoir prendre le relais du beau et ténébreux Chris Sarandon dans le rôle principal du démon nocturne ? L’enjeu est conséquent, Sarandon étant sans aucun doute l’un des vampires les plus charismatiques imprimés sur pellicule. Wallace va littéralement réussir un véritable coup de génie en donnant à Regine, la sœurette de Jerry, la beauté des traits de Julie Carmen. D’ascendance hispano-18081708254215263615850891cubaine, cette infernale prédatrice va devenir rapidement l’attraction principale de la bobine en imprégnant chacune de ses apparitions, aussi dangereuses soit-elles, d’une sensualité envoûtante presque palpable.Substituant avec brio l’absence de Chris Sarandon, la somptueuse Julie, qui accédera définitivement à la postérité en 1994 avec L’ANTRE DE LA FOLIE de Big John, va se montrer indispensable et contribuer activement à la réussite indéniable de cette séquelle pas forcément évidente.

Du côté des nouveautés, on aura le plaisir d’avoir cette fois à faire à non pas un, mais trois assoiffés de sang. La divine créature précitée venant à bout des élastiques de caleçons les plus résistants, mais aussi l’androgyne Belle, suceur monté sur rollers et adepte des morsures bien gerbantes et enfin, un être étonnant répondant au nom de Louie, mi-vampire mi-lycan, adepte de l’humour morbide et donnant un véritable panache à l’ensemble de l’œuvre.

Grâce à une mise en scène remarquable, sombre et particulièrement soignée, étonnant qu’un tel artiste fût cantonné par la suite à filmer les aventures de FLIPPER LE DAUPHIN pour la télévision, Wallace va pouvoir s’appuyer également sur l’expérience de solides techniciens. Superbement photographié, c’est le Canadien Mark Irwin, fidèle collaborateur de David Cronenberg dans sa période dorée, qui est aux commandes et qui sublimera de par son talent quelques plans assez saisissants. Bénéficiant en sus du sympathique score de Brad Fiedel (TERMINATOR 1 et 2), rescapé lui aussi du premier épisode, VAMPIRE VOUS AVEZ DIT VAMPIRE ? 2 va, techniquement et qualitativement parlant, se loger avec aisance dans le glorieux sillage de son prédécesseur.

18081708292315263615850892Bon, au final ça donne quoi ? FRIGHT NIGHT 2 est certes, une séquelle à qui l’on peut reprocher un petit manque d’originalité, du fait qu’il calque sa trame de manière parfois assez explicite sur l’opus précédent. Ça, c’est certain mais parfaitement volontaire. En contrepartie, le soin apporté à la création du film en règle générale, la subtilité des éléments nouveaux, la psyché des protagonistes ou encore l’humour omniprésent, font de ce VAMPIRE, VOUS AVEZ DIT VAMPIRE ? 2 une péloche qui, même si elle est loin d’égaler la prouesse de Tom Holland, en même temps la barre est placée assez haute, demeure néanmoins une suite maîtrisée, vraiment réussite ; et qui, si elle est encore loin de faire de l’ombre à son illustre modèle, ne demeure en aucun cas un prolongement embarrassant, bien au contraire. Pour ma part, si toutes les productions estampillées numéro 2 pouvaient être aussi abouties, honnêtement, je signe dans la foulée…

- Tom Phénix -

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