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Archive pour la catégorie « Court-métrage fantastique calédonien »

DETRESSE.COM

Dans le domaine des courts-métrages purement fantastiques ou inspirés par le fantastique, les Calédoniens ne sont pas en reste. Pour preuve cette catégorie qui leur est désormais entièrement consacrée et où Trapard nous présente régulièrement une œuvre de son choix. Suivez le guide !

DETRESSE.COM (2006) de Michel Besse

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DETRESSE.COM n’est pas tout à fait un film de science-fiction, mais on s’en rapproche déjà bien, puisqu’il est question de l’implantation du modernisme à Nouméa. Et comme son titre l’indique avec humour, le film de Michel Besse abordait déjà, en 2006, le décalage entre réflexes sociaux et réflexes inhérents au virtuel informatique.

L’intrigue : Sur un parking nouméen, un homme d’affaires terminant sa journée et rejoignant sa compagne, tente de démarrer son véhicule totalement informatisé de modèle Nazcar 226, mais une dysfonction bloque tout le système, et par conséquent, le moteur et les portières. Coincé à l’intérieur de son 4X4, l’homme  contacte le service informatique de Nazcar, mais on l’informe d’une attente causée par un parasitage dû à un logiciel nommé detresse.com, créé par sa propre entreprise et dont son véhicule arbore le logo en guise de panneau publicitaire. Il se rend compte que la plupart des véhicules qui l’entourent utilisent le même système Nazcar et sont immobilisés comme lui, et finalement par sa faute, et attendent le dépanneur. Seul un broussard pat hibulaire, coincé lui-aussi dans son véhicule, et que l’homme d’affaires pressé avait déjà bousculé quelques instants plus tôt, observe, rouge de colère, le logo de detresse.com placardé sur le 4X4. De plus en plus nerveux, l’homme d’affaires tente de s’extirper de son véhicule, et par conséquent, de la menace de l’approche du broussard qui s’impatiente. Mais en vain. La conclusion se jouera entre réflexes informatisés et réflexes humains…

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DETRESSE.COM est un court-métrage très amusant, à la limite du burlesque et très bien interprété par les comédiens Stéphane Piochaud (l’homme d’affaires) et Steeve Garcia (le broussard), deux anciens compères de la vieille troupe de théâtre nouméenne, Les Incompressibles. Le film de Michel Besse remporta d’ailleurs le premier prix au Festival du cinéma de La Foa en 2006.

Pour accentuer le décalage entre modernisme et tradition, le réalisateur a joué sur le décalage entre Nouméa et la Brousse. En 2013, la Brousse rattrapant doucement le modernisme de la capitale de la province sud, DETRESSE.COM peut autant se voir des deux points de vue, et présente sous la forme de la dérision une petite sonnerie d’alarme quant à ce genre de réflexes modernisés qui finiront par rattraper totalement la Nouvelle-Calédonie, en enterrant, peu à peu, les traditions. Et bien entendu, Michel Besse s’amuse avec sa réalisation sur les plongées et les contre-plongées, mais aussi grâce à la bande-son du film, sur les tailles des humains. L’homme d’affaires plutôt petit conduisant un énorme 4X4 et le broussard de grande taille est tassé dans un petit véhicule, la conclusion du film déstabilisant l’introduction, comme une balance changeant d’équilibre.

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Étonnement (ou sujet d’actualité?), la même année 2006, un autre réalisateur, Laurent Béghin, présentait au concours de court-métrages de La Foa LA FABLE DE MULTIPLICATION, une variation sur le thème de la consommation massive de carburant et de véhicules tout-terrain à Nouméa.

DETRESSE.COM est un court-métrage très amusant, et encore très actuel bien qu’il date déjà de sept ans, et qui annonce, plus ou moins, sous la forme d’une caricature locale, ce que sera la Nouvelle-Calédonie de demain…

- Trapard -

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Autres courts-métrages présentés dans Court-Métrage Fantastique Calédonien :

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LA DAME BLÔNCH

Dans le domaine des courts-métrages purement fantastiques ou inspirés par le fantastique, les Calédoniens ne sont pas en reste. Pour preuve cette catégorie qui leur est désormais entièrement consacrée et où Trapard nous présente régulièrement une œuvre de son choix. Suivez le guide !

LA DAME BLÔNCH (2004) de Sébastien François

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Un peu d’humour, aujourd’hui, dans notre catégorie des courts-métrages fantastiques calédoniens.

Bien que la réalisation de LA DAME BLÔNCH aka THE WHITE GHOST soit créditée Sébastien François (qui est aussi l’un des comédiens du film), on ressent bien la bande de copains derrière ce petit film léger, sans prétention mais très amusant.

L’intrigue : En Floride, Mickael Stewart aperçoit dans son appartement un être surnaturel. Après  l’avoir filmé, Mickael entreprend un voyage en Nouvelle-Calédonie et rencontre les meilleurs experts calédoniens et il apprend que le fantôme serait la fameuse Dame Blanche qui aurait émigré du côté de la Floride…

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Sous ses faux airs angoissants, LA DAME BLÔNCH dilue un « humour local » qui rend le film totalement décalé et très drôle, un « humour local » donc, à base d’auto-dérision et de private-jokes sur la Calédonie et sur ses habitants, qui ne sera peut-être pas entendu de la même manière par tout le monde. Cela évitera de le partager sur le web, d’autant qu’il n’a jamais été mis en ligne, et vous risquez de ne pas trouver la bonne version, vu le nombre de films de toutes origines traitant de ce sujet sur YouTube.

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En effet, quelles que soient leurs formes, les légendes concernant des dames blanches se retrouvent un peu partout en Europe et aux États-Unis. On retrouve cette fameuse Dame Blanche « universelle » dans de nombreux mythes et on la cite souvent concernant des apparitions de natures diverses. Il peut s’agir soit d’entités surnaturelles tenant les rôles de fées ou de sorcières, ou d’annonciatrices de mort prochaine, un peu comme la Mort drapée de blanc, avec sa faucille à la main. Son apparition est souvent attribuée à des fantômes de femmes décédées hantant des châteaux, mais aussi, dans des légendes plus contemporaines et urbaines, elle est parfois auto-stoppeuse annonciatrice de mort prochaine. Et c’est souvent ainsi qu’elle est interprété en Nouvelle-Calédonie, pays où nombre d’habitants font un signe de croix en passant devant un cimetière, et où légendes kanak, wallisiennes, polynésiennes et autres font toujours bon ménage pour se conforter dans l’inquiétude. La Dame Blanche est souvent située errant entre les villes de Dumbéa et Païta, vers le « Col du Diable », mais elle se déplace surtout à la guise de ceux qui prétendent l’avoir croisé.

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LA DAME BLÔNCH de Sébastien François ne se moque pas vraiment de cette légende, mais le film  utilise surtout un ton faussement dramatique fréquemment utilisé en NC, et sans connaître les auteurs du film, on sent et on partage facilement l’humour pince sans rire derrière le jeu des quatre comédiens calédoniens.

PUB

J’en profite, au passage, pour ouvrir une page de pub dans cet article, avec une fausse-publicité justement, qui avait été réalisée pour être intégrée à un spectacle calédonien de télé-théâtralité sur le thème des légendes urbaines locales, LA GRANDE RUMEUR, en 2006. Dans cette vidéo, tournée dans le quartier de Yahoué, le sujet de l’auto-stoppeuse annonciatrice de mort, était légèrement tourné en dérision.

FIN DE PUB

Pour en revenir et finir avec LA DAME BLÔNCH de Sébastien François, j’espère que leurs auteurs le ressortiront un jour ou l’autre du tiroir dans lequel ils l’ont rangé, et que le film soit de nouveau visible, après un trop bref passage au Festival du cinéma de La Foa, en 2004.

- Trapard -

Autres courts-métrages présentés dans Court-Métrage Fantastique Calédonien :

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TUEZ-MOI

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TUEZ-MOI (2002) de Manuella Ginestre

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Réalisation, Scénario, Cadrage et Montage : Manuella Ginestre

Interprètes : Catheline Krisno, Fanny Cafiero et Loïc Benneteau

Vous trouverez d’autres indications techniques sur ce film ici.

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Nous avions déjà présenté dans cette rubrique un des premiers courts-métrages de Malicia aka Manuella Ginestre avec L’A6, UNE SALE GRIPPE. Voici donc TUEZ-MOI qui n’est pas, à proprement parler, un court-métrage fantastique mais plutôt, un film d’horreur, un peu décalé, tourné à la manière d’un clip, mais aux allures de « torture-porn ». À l’époque où la réalisatrice de TUEZ-MOI présentait son court-métrage au Festival du cinéma de La Foa, le sous-genre du Slasher commençait déjà à se subdiviser en cet autre sous-genre qu’est la « torture-porn ». Juste pour revenir sur ce sous-genre du cinéma d’horreur, il prend sa source dans la « nazisploitation »  (ILSA, LA LOUVE SS, 1974, SALO OU LES 120 JOURNÉES DE SODOME, 1975…), le « rape-and-revenge » (LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE, 1972, I SPIT ON YOUR GRAVE, 1974…) et plus ou moins dans les atrocités, très souvent sexuelles, des films de cannibales des années 70 et 80. Le « torture-porn » est devenu un sous-genre à part entière, au début des années 2000, avec des films où des individus vont se retrouver à la merci de sadiques pervers agissant en solo mais aussi quelquefois en groupe. Les victimes y sont soumises à toutes sortes de brutalités, de tortures et autres atrocités qui les mèneront généralement à une issue fatale.

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TUEZ-MOI prend son sens dans cet élan cinématographique, surtout américain, comme l’intrigue vous l’indiquera : Dans une sorte de cave, un homme masqué et cagoulé brutalise une jeune femme ligotée à une chaise, un couteau sanglant à la main. La jeune femme parvient à se débattre et à se libérer de l’étreinte de son séquestrateur, mais en lui arrachant son masque… c’est son  propre visage qui lui apparaît. Mais il s’avère qu’il s’agissait d’un séance d’hypnose de la jeune femme par un pratiquant d’une médecine parallèle…

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Étrange et fascinant à la fois que ce TUEZ-MOI qui reprend plus ou moins le message onirique de FERMEZ VOS F’NÊTRES (2002) présenté la semaine dernière, et qui va beaucoup plus loin que DOUBLE PERSONNALITÉ (1988) aussi présenté dans cette rubrique, puisque ce dernier court-métrage se concluait par le masque arraché. Le court-métrage de Manuella Ginestre va plus loin, puisque le symbole du « masque arraché » n’était qu’un leurre pour le spectateur, ou une fausse piste scénaristique à la manière d’Alfred Hitchcock, la patiente étant finalement intérieurement plus forte que son médecin, comme une image du père qu’elle s’apprête à poignarder à la fin du film. Un peu comme si le « Torture-porn » redevenait « Slasher », mais à la manière d’un PSYCHOSE (1960) d’Hitchcock, ou L’ESPRIT DE CAIN (1992) de Brian De Palma, mais en beaucoup moins psychotique, et nettement plus symbolique.

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L’intérêt de TUEZ-MOI réside aussi et surtout dans les jeux d’effets visuels renforçant sans cesse le malaise intérieur de la protagoniste, et particulièrement à la fin du film, lorsque s’opère un certain déplacement de l’image du meurtrier démasqué vers celle qui se pensait être victime. Un beau court-métrage qui en annonce un autre, tout aussi sombre, TEEN COMA qui remportera le premier prix au Festival de La Foa, l’année suivante, en 2003.

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FERMEZ VOS F’NÊTRES

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FERMEZ VOS F’NÊTRES (2002) d’Amandine Navarro

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Réalisation, Cadrage et Montage : Amandine Navarro

Aide Montage : Joël Dupuch

Maquilleuse et Maquettiste : Marie-Cécile Volle

Assistante maquillage : Julie Marquet

Lumière : Charlène Dupuch

Assistant Lumière : Benjamin Mercier

Interprètes : Claire Sarda, Angélique Nativel, Benjamin Mercier, Julie Marquet, Marie-Cécile Volle, Aurélia Duchesne

FERMEZ VOS F’NÊTRES est un court-métrage calédonien, mi-drôle, mi-sombre, qui utilise le Gore et l’Absurde pour symboliser un certain cordon familial tranché à coups de couteau (ou de dents de lapin, pour être plus précis ici). Le titre indique d’ailleurs une notion un peu abstraite d’ouverture/enfermement liée à l’enfance. La réalisatrice Amandine Navarro, qui a aussi tourné d’autres court-métrages assez intéressants sur leur forme, m’avait fait part de son goût pour l’écriture de scénarios à partir du monde du rêve. Et FERMEZ VOS F’NÊTRES est clairement onirique, bien que trash (il a d’ailleurs été interdit aux moins de 12 ans dans la vidéothèque Courts-en-Ligne).

L’intrigue : Alors qu’une famille dort paisiblement, un énorme lapin rose pénètre, de nuit, dans la maisonnée. Le lapin rose castre le papa et égorge la maman et la grande sœur, sous les yeux d’une fillette terrorisée mais qui reproduit, peu à peu, certains tics de son agresseur…

Une intrigue qui rappelle, plus ou moins, l’effet que peut procurer la violence et le gore à la télévision, pour un très jeune public non-averti. D’ailleurs, issue des Arts Plastiques, la réalisatrice avait exposé son film en public, à l’aide d’attributs de l’enfance, pour bien marquer le contraste entre l’innocence et la violence de la vidéo.

Réalisé avec la complicité de ses amis, FERMEZ VOS F’NÊTRES est un mélange d’amateurisme et de recherches visuelles souvent très intéressantes. Le film est souvent filmé au ras du sol qu’on ne sait jamais vraiment si on observe le point de vue d’un lapin, de la fillette ou des deux à la fois. Au centre même de la vidéo, comme une coupure symétrique, la caméra filme avec complaisance et lenteur des corps qui baignent dans leur sang, au fond d’une baignoire, un peu comme l’œil du cyclone de ce film, la reste étant rythme par de l’électro-rock endiablé.

FERMEZ VOS F’NÊTRES est une vraie curiosité du « cinéma » fantastique calédonien, un style qu’on retrouve peu chez les autres vidéastes. Le film n’est pas en ligne, mais nous vous proposons, sur Les Échos d’Altaïr, quelques photos de scènes fortes.

FERMEZ VOS FNÊTRES
Album : FERMEZ VOS F'NÊTRES

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LA DAME ET LE BONHOMME

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LA DAME ET LE BONHOMME (2001) de Daniel Fanoy

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Réalisation : Daniel Fanoy

Scénario : Annie Ruinard

Cadrages : Daniel Fanoy

Montage : Philippe Lechanteur

Interprètes : Isaac Coste, Annie Ruinard

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LA DAME ET LE BONHOMME est un court-métrage fantastique calédonien, sans prétention, qui reprend certains détails de légendes ancestrales de la région de Bourail pour raconter un sujet léger et féérique à la fois.

L’intrigue : Un jeune de la tribu de Pothé fait du stop avec sa planche de surf sur la route de la ville de Bourail. Une conductrice étrange s’arrête et le dépose à l’entrée de la plage de la Roche Percée. Mais durant le trajet, une conversation entre la femme et le garçon s’anime autours de la fameuse « Roche » dont la grotte qui la traverse était, autrefois, considérée comme un passage pour les âmes des morts, et ceci au niveau de la pointe de la « queue du Lézard » (une délimitation coutumière et ancestrale). Après avoir surfé avec ses amis, le garçon allume un feu sur la plage, à la tombée de la nuit. Alors qu’il s’assoupit, il aperçoit une silhouette blanche qui se contorsionne sur le sommet de la « Roche » et qui lui rappelle la conductrice. Curieux, il s’en approche en pénétrant dans le couloir exigüe de la « Roche Percée »…

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LA DAME ET LE BONHOMME n’est pas forcément un très bon film, les dialogues récités ont tendance à plomber l’ambiance qui se voudrait irréelle, mais le sujet du court-métrage et les mélanges culturels le rendent intéressant. La réalisation de Daniel Fanoy se veut un mélange de Fiction interprétée par des non-professionnels, et de faux-reportage, par certaines astuces de réalisation, et pour certaines scènes. Personnellement, j’aime particulièrement le passage où le garçon pénètre dans le couloir des morts, et lorsque la « Dame Blanche » (interprétée par Annie Ruinard) se tortille sur les hauteurs du rocher sacré, une ambiance très décalée qui peut rappeler les films de Jean Rollin et ses femmes vampires voilées qui se déplacent dans un ralenti exagéré et féérique.

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LA DAME ET LE BONHOMME et son titre à double sens n’existe pas en ligne. Il n’a d’ailleurs été diffusé qu’une seule fois en public, en 2001, au Festival du cinéma de La Foa, et c’est à cette occasion que j’ai pu le découvrir. Mais je pense que la réalisation de ce film est bien antérieur à 2001, car il a été tourné en VHS ou en Hi8, et il a dû profiter du récent Festival de La Foa (dont la première édition date de 1999) pour sortir d’un tiroir. LA DAME ET LE BONHOMME est une curiosité qui ressortira, peut-être un jour ou l’autre, de ce même tiroir pour une autre occasion…

- Trapard -

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L’A6 – UNE SALE GRIPPE

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L’A6 : UNE SALE GRIPPE (2001) de Malicia

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Réalisation : Manuella Ginestre.

Scénario : Manuella Ginestre, inspiré d’une nouvelle de Stephen King.

Interprètes : Xavier Fernandez, Gregory Firmin, Fanny Cafiero, Fanny Dorio, Manuella Ginestre (voir le lien)

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Jeudi dernier, nous présentions, sur les Échos d’Altaïr, un court-métrage dont le scénario était directement inspiré d’une nouvelle de Richard Matheson, ESCAMOTAGE. Cette fois-ci, c’est de Stephen King qu’il sera question, avec le court-métrage de Malicia, directement inspiré de la nouvelle Une Sale Grippe qui est publiée dans le recueil Danse Macabre, un bouquin qui a beaucoup participé à la notoriété de son auteur, au cours des années 80.

L’intrigue : Quand le monde entier meurt d’une banale grippe, un petit groupe de miraculés s’accroche à des incertitudes et à des rituels imaginaires, pour tenter de survivre, tout en marchant sur un fil tenu, entre lucidité et folie…

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Après quelques tentatives scolaires et diverses, L’A6 : UNE SALE GRIPPE est un des premiers courts-métrages de Manuella Ginestre, qui utilisait le pseudonyme de Malicia, une marque de fabrique qui évoluera avec les années, en devenant le nom de sa boîte de prod. Bien que la nouvelle de Stephen King ne date pas d’hier, le court-métrage, quant à lui, était d’actualité au début des années 2000, à une époque où l’on parlait beaucoup de grippes espagnoles en Calédonie, de vaccins et de sécurisations aux frontières (pour faire plus simple, on parlera de la petite fiche de sondage sanitaire à remplir, à l’arrivée du petit aéroport de la Tontouta…). En 2001, le court-métrage de Malicia avait déjà un soutient financier de la Province Sud, chose qui n’était pas encore très courante alors, de démarcher les institutions, de la part de vidéastes indépendants. L’A6 : UNE SALE GRIPPE est d’ailleurs, aussi, un des rares court-métrages calédoniens et un des premiers à se retrouver dans le circuit du Marché du Court-Métrage, via le Festival de Clermont-Ferrand (voir ici). Encore inégale, mais bourré d’effets visuels et de montage, L’A6 : UNE SALE GRIPPE annonçait déjà le parcours de la vidéaste qui tourne encore aujourd’hui, à un niveau professionnel et qualitatif. Manuella Ginestre fait d’ailleurs partie de ces Calédoniens qui travaillent en réseau artistique pour éviter un certain travers local (qu’on retrouve dans certains métiers publics, des Artistes aux Historiens, parfois) autrement dit, de créer et de produire au compte-goutte, et de n’apparaître, comme le fait la tortue avec sa tête hors de sa carapace. Malicia elle tient bân !, comme on dit ici.

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Dans L’A6 : UNE SALE GRIPPE, on retrouve déjà quelques comédiens et comédiennes (Fanny Dorio, par exemple), qu’on retrouvera dans d’autres courts-métrages plus récents de la réalisatrice, mais aussi certains musiciens de la scène du Metal Extrême en NC (Xavier Fernandez, Gregory Firmin). Originaire de la ville de Païta, ce court-métrage a été tourné, entre amis, sur les Baies de Toro et Mâ, à proximité de la ville, des lieux qui sont presque des leitmotiv visuels dans les films de Malicia.

L’A6 est aujourd’hui assez loin du style de la réalisatrice, mais il représente assez bien ses recherches visuelles et sa démarche des débuts. Il n’est pas visionnable en ligne, mais on peut le consulter sur place, dans divers lieux culturels, via le système intranet.

- Trapard -

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ESCAMOTAGE

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ESCAMOTAGE (1999)

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Réalisation & Scénario : Sophie Canel, Jane Bechet, Kostia Deldo & Stéphanie Leducq (adaptation de la nouvelle « Escamotage » de Richard Matheson)

Interprètes : Stéphane Camerlynck, Barbara Lechard, Hélène Deldo, Stéphane Künh

Images : Kostia Deldo & Sophie Canel

Son : Stéphanie Leducq,  Jane Bechet, Sophie Canel, Kostia Deldo

Montage : Kostia Deldo , Sophie Canel, Jane Bechet & Stéphanie Leducq.

Musique : Angelo Badalamenti (B.O. De Lost Highway)

Intervenant : Michel Besse

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Pour cette rubrique de court-métrages fantastiques calédoniens, je m’étais donné comme limite de ne pas aborder les films d’étudiants, ou plus particulièrement de lycéens en option audiovisuelle (au Lycée Lapérouse), mais je vais déroger à ma règle car ESCAMOTAGE est particulièrement réussi. De plus, le film adapte une nouvelle de Richard Matheson qui vient tout juste de décéder, ce sera alors comme une manière détournée de rendre un hommage à ce grand monsieur de la Science-Fiction et du Fantastique. Son court texte adapté dans le court ESCAMOTAGE est lisible ici.

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Pour ceux qui ont l’œil et l’orientation à la calédonienne, l’intrigue du court-métrage se déroule dans une parcelle du Quartier Latin de Nouméa : entre le Tabac-Presse près du MacDo, et la rue qui part de l’ancien Zodiac et qui remonte vers le Trianon.

L’intrigue : Un homme rentre chez lui, et après avoir appris qu’on lui refusait la publication d’un de ses romans, il découvre peu à peu, son entourage, ses amis, sa fiancée et jusqu’à sa maison disparaître. Lui-même finit par disparaître et la pellicule se met à brûler, détruisant ainsi le film que nous venons de regarder…

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Si l’intérêt de ce court-métrage ne se limitait qu’à un exercice d’adaptation du texte de Matheson, je serai peut-être aussi passé outre sa publication dans les Échos d’Altaïr, mais la réalisation des quatre jeunes vidéastes que sont Sophie Canel, Jane Bechet, Kostia Deldo & Stéphanie Leducq, encadrés par l’intervenant Michel Besse (qui est lui-même un très bon réalisateur) est vraiment réussie et très maîtrisée. Jump-cut, hors-champ, ellipses, micro-zooms, montage haché et bande-sonore intrigante : un jeu astucieux de réalisation et de montage, sans effets spéciaux (ou presque…), qui sert tout le long du film la logique de son intrigue, en direction du spectateur qui se laisse vite prendre au jeu qu’on lui propose.

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Le comédien Stéphane Camerlynck qui, au premier abord, semble exagérer un peu son rôle, finit par se prendre lui-même au jeu de l’intrigue qu’on nous sert ici, et ce, jusqu’à la chute, si peut parler de chute ici, à moins de prendre le terme dans un sens de conclusion brutale. Son petit accent calédonien donne d’ailleurs une dimension agréable au film, et l’univers fantastique de cet ESCAMOTAGE s’impose alors plus rapidement, pour un spectateur calédonien.

Pour eux, comme pour les autres, il n’existe malheureusement aucune trace de ce film sur Youtube ou sur un autre hébergeur, mais il me semblait logique de tout de même l’intégrer dans cette rubrique du blog.

- Trapard -



DOUBLE PERSONNALITE

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DOUBLE PERSONNALITÉ (1988) de Jimmy Janet

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Réalisation & scénario : Jimmy Janet

Cadrages : Cédric & Jimmy Janet

Interprétation : Cédric & Jimmy Janet

Musique : Jean-Michel Jarre

DOUBLE PERSONNALITÉ est un court-métrage d’environ 8 minutes qui fut tourné dans les années 80 par les frères Janet, alors adolescents, à Nouméa, quartier des Portes de Fer.

13062007540315263611308748 dans Nouvelle-CalédonieCe film se voulait être la continuité de courts-métrages tournés par des membres du Sci-Fi Miniclub, puis du Sci-Fi Club de Nouvelle-Calédonie, entre 1986 et 1988. Des courts-métrages amateurs nouméens dans lesquels loups-garous, vampires, insectes tueurs ou tueurs à l’arme blanche, étaient les leitmotiv de leurs intrigues. Ces films étaient aussi généralement filmés en « tourné-monté », c’est-à-dire sans scénario ni possibilité de montage, chaque prise était donc tournée en « one shot », et préalablement réfléchie et calculée avant d’être enregistrée. Les comédiens et techniciens étant souvent les mêmes adolescents qui s’inter-échangeaient les tâches respectives, dans des films tournés durant les vacances scolaires, avec une caméra VHS Sony à bandoulière.

13062007555715263611308750 dans Sci-Fi ClubDOUBLE PERSONNALITÉ se voulait être une fausse suite d’un autre court-métrage, DOUBLE ESPRIT, tourné l’année précédente (1987) par les mêmes frères Janet, et qui racontait le dédoublement de personnalité d’un adolescent, après un passage à l’acte fratricide fantasmé. Un dédoublement inspiré du « Docteur Jeckyll & Mister hyde » de Robert-Louis Stevenson s’opérait alors à l’image, mais à la différence que l’adolescent coupable se retrouvait tiraillé par deux entités qui se définissaient par le Bien et le Mal, et qui lui proposaient chacune une alternative à son geste.

DOUBLE PERSONNALITÉ reprenait ce sujet, d’une toute autre manière, puisque l’adolescent, entièrement vêtu de noir et masqué, traquait cette fois-ci ce même frère vêtu de blanc, armé d’un long couteau. Mais au moment du geste meurtrier, et le masque du tueur arraché, les deux frères en Noir et en Blanc se retrouvaient être une unique et même personne.

13062007572715263611308751 dans TrapardDOUBLE PERSONNALITÉ ayant été tourné en 1988 à Nouméa, à la fin de la période dite des « Évènements » en Nouvelle-Calédonie, et juste après l’affaire de Gossanah à Ouvéa, le film se voulait être un défouloir sur le thèmes des violences fratricides en Nouvelle-Calédonie durant toute cette période agitée. Tourné juste avant les Accords de Matignon, et dans une ambiance de rumeurs de violences qui tournaient en vase-clos à Nouméa, DOUBLE PERSONNALITÉ ne possédait finalement ni début, ni chute, mais montrait surtout deux personnages qui se surveillaient mutuellement du coin de l’œil, l’un travaillant dans un jardin, et l’autre masqué et armé d’un sabre d’abattis, prêt à s’abattre sur lui. Le générique montrait d’ailleurs un titre sur une feuille blanche et une main noire qui la déchirait brutalement, l’auto-focale se désorientant totalement pour se repositionner sur le jardinier, observé en caméra subjective avec un son de respiration inquiétant, en premier plan, le principe de la caméra subjective étant respecté tout le long du film, pour renforcer l’inquiétude désirée, et l’attachement du point de vue, sur aucun des deux personnages.

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DOUBLE PERSONNALITÉ était un court-métrage d’horreur, et s’inspirait de certaines attitudes du Jason Voorhees des VENDREDI 13, mais, comme d’autres courts-métrages de cette époque, tournés par des jeunes membres du Sci-Fi Club, il représentait un palliatif à un besoin d’exprimer une forte violence adolescente intérieure en latence.

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PAUSE PIPI

Dans le domaine des courts-métrages purement fantastiques ou inspirés par le fantastique, les Calédoniens ne sont pas en reste. Pour preuve cette catégorie qui leur sera désormais entièrement consacrée et où Trapard nous présentera régulièrement une œuvre de son choix. Suivez le guide !

PAUSE PIPI dans Court-métrage fantastique calédonien 13061308082215263611288255

PAUSE PIPI (2000) de Julien Grumaud et Laurent Hennebelle

Réalisateurs : Julien Grumaud et Laurent Hennebelle.

Éditeur : Zore Production, 2000

Équipe technique et artistique : Erwan Radin, Laurent Hennebelle, Julien Grumaud

Interprètes : Laurent Hennebelle

Court-métrage archivé dans le répertoire de [Courts-en-Ligne] http://mediatheque.adck.nc/mediath/notice.cfm?numnot=22492

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PAUSE PIPI date d’une époque où Julien Grumaud tournait encore des courts-métrages (joli titre mélancolique, au passage). Je vais d’ailleurs en dire le plus grand bien, puisque M. Grumaud est mon « ami » sur Facebook… Mais, trêve de plaisanterie. PAUSE PIPI, second film classé dans cette catégorie, et malgré un titre qui peut laisser très perplexe, c’est aussi un petit court-métrage fantastique, tout ce qu’il y a de plus sympathique en soi.

Le sujet : Le passager d’une jeep, se voit abandonné par le conducteur de celle-ci, lors d’une pause pipi, du côté de la ville de La Foa. Il se retrouve alors dans un village désert, et part à la découverte de celui-ci, de maison en maison, vidant frigidaires et bouteilles d’alcool, et de boutiques en buralistes, se servant de clopes et de magazines à l’œil, jusqu’à ce que…

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On est donc dans un sujet qui ressemble à celui de la fin du monde, avec un village déserté et un survivant qui profite, un temps, des avantages de ce genre d’éventualité, jusqu’au moment où celui-ci ressent peu à peu le sentiment de solitude que fait naître une totale dé-socialisation. En tout cas, c’est une lecture métaphorique possible du film, alors que son ambiance générale et musicale flirte plutôt du côté du road-movie. Mais un road-movie qui tourne un peu en rond, lorsqu’on connait un peu, géographiquement, la région de La Foa, et que l’on voit le réalisateur et comédien pour l’occasion, Laurent Hennebelle, entrer d’un côté du village, et en sortir par un autre, pour les besoins du scénario.

Habitant de Farino (près de La Foa), Laurent Hennebelle, s’est d’abord associé à Julien Grumaud pour ce premier film étrange, avant de se lancer dans une poignée de réalisations sous le cachet fictif de « Zore Production ». Julien Grumaud abordait plus facilement la comédie, tandis que Laurent Hennebelle s’est essayé, un temps, à des courts-métrages proches du cinéma de genre, avant de conclure son parcours de réalisateur par des films plus « familiaux ».

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J’aime assez revoir PAUSE PIPI, de temps à autres, car il n’est ni vraiment drôle, ni vraiment sombre. Laurent Hennebelle y joue un personnage aux mouvements presque chaplinesques sur un sujet qui se voudrait inquiétant : un décalage étrange qui confère à ce court-métrage une dimension presque surréaliste, qui fait qu’on ne sait finalement pas vraiment comment l’appréhender. Ou alors, simplement par sa conclusion : un film sur la solitude.

Je pense que la maîtrise du sujet de PAUSE PIPI a plus ou moins échappé à ses auteurs, Julien Grumaud et Laurent Hennebelle, mais je crois que c’est ce côté inabouti qui me plait assez dans ce film, car il laisse finalement pas mal de place à l’imagination de son spectateur.

- Trapard -

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TOUT SUR MAMMAIRE

Dans le domaine des courts-métrages purement fantastiques ou inspirés par le fantastique, les Calédoniens ne sont pas en reste. Pour preuve cette catégorie qui leur sera désormais entièrement consacrée et où Trapard nous présentera régulièrement une œuvre de son choix. Suivez le guide !

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TOUT SUR MAMMAIRE (2000) d’Ice-Tea

Beaucoup de Calédoniens utilisent le support vidéo pour traiter des sujets proches du Fantastique, ou utilisent carrément les codes du genre, mais beaucoup aussi sont ceux qui utilisent le langage audiovisuel pour traiter des sujets métaphoriques. Je me souviens de vieux courts-métrages réalisés par de jeunes Calédoniens qu’il m’a été donné de voir, comme, par exemple le court-métrage L’IGNORANCE (1999) du jeune Julien Peloille, dans lequel un enfant regarde son poste de télévision qui diffuse des paysages de Cézanne, de Renoir, et autres paysagistes, le tout dans un lieu cloisonné et aseptisé, comme si seuls les tableaux diffusés véhiculaient de la couleur, et donc du rêve. Puis on découvre ce même enfant devenir adolescent, puis adulte, mais toujours dans ce même lieu, devant ce même téléviseur, et ces même paysages peints, alors qu’une aura invisible semble se détacher peu à peu de lui et de son confinement. On voit enfin la caméra subjective s’éloigner pour vagabonder vers des paysages de plages nouméennes qui bordent notre environnement, et donc celui du personnage, finalement. Un peu comme si le rêve de cet homme n’a toujours été que la réalité et que ce qui lui a toujours semblé accessible n’était que des images fabriquées qu’on lui propose quotidiennement de regarder.

13060608384715263611266087 dans Nouvelle-CalédonieJe pense aussi au court-métrage, ÉLUSIVE (1996) de la jeune Laetitia Coccole, dans lequel un jeune homme se fait poursuivre sur la baie de la Moselle, près des quaies de la Marina, par une grosse boulette de papier froissé. Lorsque le jeune homme décide enfin d’affronter ses peurs, il déplie la boulette en question, debout sur le ponton d’arrimage d’un voilier, et il découvre, au sein du papier froissé, le message d’appel au secours d’une jeune fille désespérée qui ne donne finalement aucune directive pour la trouver. À ce moment on aperçoit le nom du voilier, « Élusive », qui était aussi le titre et la première image du film, et on se laisse à imaginer la nature joueuse de la très jeune réalisatrice, qui nous a (fait faire un tour) ou menés, nous spectateurs, comme le jeune homme, en bateau. D’ailleurs, ce principe du mensonge de l’image, qui était autrefois cher à Alfred Hitchcok, revient régulièrement dans les courts-métrages calédoniens. Je pense, par exemple, à PARCOURS CROISÉS (2004) de Fabien Cailleau, dans lequel ce procédé est utilisé avec humour, ou dans de courts films basés sur les codes des genres Fantastique et Horreur, sur lesquels nous reviendront, dans cette rubrique : DOUBLE PERSONNALITÉ (1988) de Jimmy Janet, PAUSE PIPI (2000) de julien Grumaud et Laurent Hennebelle, ou SEUL(E)S (2007) de Manuella Ginestre.

13060608421915263611266090 dans TrapardJe n’énumérerais pas tous les courts-métrages calédoniens dont le scénario prend sa source dans la Métaphore de l’Humain au sein de la société (MOLLASSE Y CONCIENSIA, 2000, de Vincent Lépine, ou même le court-métrage qu’Alexandre Nothis a tourné en 16 mm, en Californie, sur un mode narratif proche de David Lynch, PRE COGNITION REVERIE, 2000), mais c’est aussi cette logique métaphorique que vise, avant tout, TOUT SUR MAMMAIRE, le court-métrage de la bédessinatrice calédonienne Ice-Tea, autant caricaturiste que féministe à ses heures. Et ici, c’est plutôt de certaines femmes (et de certains hommes, aussi d’ailleurs) que Ice-tea se moque, ainsi que de tout une industrie médicinale, la chirurgie esthétique, basée sur le paraître et sur la déculpabilisation physiologique, au profit d’une quête du Beau qui varie en fonction des modes, et d’une industrie, remboursée par la CAFAT (la Sécurité Sociale Calédonienne) et les différentes mutuelles (de l’argent publique, d’ailleurs, redistribué via les subventions de magazines qui engendrent cette même quête de beauté et de paraître)…

L’intrigue : dans une salle d’opération, deux chirurgiens dissèquent au scalpel une poulet fermier cru, et après incisions ils lui placent deux petits citrons verts sous la peau, en guise de petits seins bien fermes. Le poulet fermier, heureux, est alors placé au four. Puis c’est une grosse tête de cochon à la truffe bien persillée qui arrive sur le billard de nos chirurgiens…

13060608442915263611266093Le film d’Ice-Tea prend bien sûr sa source dans le film de Pedro Almodóvar, TOUT SUR MA MÈRE, sorti l’année précédente, en 1999, et dont le personnage quinquagénaire, névrotique et déluré de Marisa Paredes pourrait en être une source. Bien que le film d’Ice-Tea, et son titre,  TOUT SUR MAMMAIRE, parlent déjà d’eux-mêmes. La vision de ce court-métrage ne donne pas forcément une impression de franche rigolade, mais à un certain degré, on imagine assez bien la réalisatrice et ses comédiens s’amuser. Le tout donne un court-métrage peu visible aujourd’hui, et peu diffusé, hors du cadre du Festival du cinéma de La Foa pour lequel il a été réalisé durant l’année 2000. Il me semble que le Festival en avait proposé une rediffusion en salles pour ses 10 ans d’existence, en 2009. Ce sera donc le film qui débutera cette rubrique consacrée au Fantastique calédonien sur Les Échos d’Altaïr.

- Trapard -



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