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LA FLORE EXTRATERRESTRE AU CINÉMA ET À LA TÉLÉVISION

LA FLORE EXTRATERRESTRE AU CINÉMA ET À LA TÉLÉVISION 

Si la conception d’aliens, de cités extraterrestres ou de vaisseaux futuristes n’a jamais vraiment représenté un grand défi pour les cinéastes ou les créateurs de séries télévisées de science-fiction, il n’en est pas de même pour ce qui est de la représentation de la flore d’un autre monde. En effet, concevoir des arbres, des plantes ou des fleurs purement extraterrestres s’avère bien plus ardu que réaliser un Enterprise de Starfleet ou un Wampa de Hoth ! À vrai dire, il y a certainement moins de films ou d’épisodes de séries TV qui ont vraiment tenté d’offrir au spectateur des végétaux aliens que de pétales sur une marguerite… 

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Représentation d’une plante extraterrestre par un artiste.

Des plantes extraterrestres ? À quoi bon ?

Dans la plupart des cas, au cinéma comme à la télévision, les réalisateurs ne s’embarrassent pas de concevoir en détail une flore extraterrestre crédible, et pour plusieurs raisons. La première, et la plus évidente, c’est que cela reviendrait à un travail monstrueux et fastidieux car beaucoup trop compliqué et forcément onéreux. La seconde, c’est qu’ils s’imaginent que le spectateur ne prêtera pas beaucoup d’attention à l’environnement dans lequel évolue le héros. C’est oublier un peu trop facilement l’œil du fantasticophile qui, avec le temps, est devenu extrêmement aguerri…

Le désert pour végétation…

Alors, pour contourner allègrement le problème, nos réalisateurs préfèrent opter pour des mondes aliens sans végétation, voilà qui résout tout. Combien de films ou d’épisodes de séries TV nous ont proposé des déserts sableux ou caillouteux à la place de forêts extraterrestres ? Là où devraient se dresser des arbres aux formes inconnues se dressent des montagnes escarpées où, forcément, rien ne pousse… Si par contre, à l’inverse, l’un de ces réalisateurs se risque à quelques plans dans une forêt ou une jungle alien, c’est forcément pour nous montrer des végétaux bien de chez nous, de préférence de nuit, les tournages s’effectuant souvent dans des réserves ou des parcs nationaux…

Plusieurs options végétales

Néanmoins, quelques-uns ont parfois tenté d’apporter une touche d’exotisme alien bienvenue dans la flore de ces mondes étranges et inconnus. Mais comment ont-ils fait ?

Première option, la plus simple : utiliser des végétaux bien de chez nous mais peu connus ou possédant des formes étranges. Et c’est là où l’on va piocher dans des serres tropicales :

… des orchidées…

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… des plantes carnivores du genre Nepenthes vieillardii…

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… des Coleus…

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… des fougères arborescentes…

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… de petits Araucarias aux feuilles si particulières…

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… et bien d’autres encore, dont les éternels « Oiseaux de paradis »…

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Mais ce qui pourra paraître vraiment exotique et donc presque E.T. aux yeux d’un Occidental ne le sera pas pour un Océanien, et je sais de quoi je parle puisque je vis en Nouvelle-Calédonie ! Cependant, trêve de pinaillage, l’acte est louable, et il n’y pas beaucoup de réalisateurs qui s’y prêtent. Les séries STAR TREK ont d’ailleurs souvent utilisé à bon escient ces fameuses plantes tropicales.

Deuxième option, plus originale : s’amuser à repeindre la flore dans des couleurs inédites pour obtenir des plantes « inconnues » ou utiliser des lentilles colorées lors du tournage. Dans le premier cas, parfois employé dans les épisodes de la série originelle STAR TREK des années soixante, l’effet est sympathique mais tout de même peu convaincant car même peinte en bleu une plante terrienne ressemblera toujours à une plante terrienne ! Dans le second cas, la série FARSCAPE s’est parfois prêtée au jeu des lentilles colorées sur un coin de brousse ou de forêt. Le résultat s’avère plutôt… assez brouillon. Néanmoins, encore une fois, c’est toujours mieux que rien. Au moins certains réalisateurs ne se contentent pas de nous balancer en pleine figure un paysage du Sahara !

Troisième option, la plus difficile : tout créer à partir de son imagination… C’est là où de nombreux concepteurs sont invités à faire preuve d’originalité et de crédibilité. Tout en se basant sur la flore de notre planète, ils vont extrapoler et songer à quoi pourrait bien ressembler une plante ou un arbre sur un autre monde. Certains se baseront sur des données scientifiques, d’autres préféreront laisser libre cours à leur imagination pour donner forme à des végétaux complètement délirants. Mais ce qui est facile à coucher sur le papier le sera peut-être moins à réaliser en peinture sur verre ou, pire, en 3D. En outre, il ne s’agira pas forcément de ne représenter qu’un arbre ou qu’une plante isolée mais une forêt tout entière… Vaste programme ! Défi majeur ! Cependant, quelle merveilleuse épreuve pour un artiste  et quel spectacle splendide pour le spectateur ! Et aujourd’hui, avec l’avènement des images de synthèse, créer de toute pièce une flore alien devient presque un jeu d’enfant, j’ai dit « presque » ! Examinons à présent ceux qui se sont risqués à ce travail unique de création, avant l’ère du numérique, puis à partir de l’ère du numérique, et observons leurs méthodes et les résultats…

Il n’est pas question de faire preuve ici d’exhaustivité. On ne s’intéressera qu’à quelques cas, et de toute manière on le sait déjà : ils ne sont pas légions dans l’histoire du cinéma et de la télévision de science-fiction, mais certains méritent le détour.

Flore E.T. des Fifties

En 1951, à la fin du CHOC DES MONDES (When worlds collide) de Rudolph Maté, le vaisseau fusée des survivants humains, sorte d’arche spatiale, atterrit en catastrophe sur un monde extraterrestre. Quand la caméra nous dévoile son paysage, on y découvre des plaines verdoyantes mais aussi des arbres roses… Il s’agit en fait d’une peinture-ébauche qui ne devait absolument pas servir pour le film. Mais la production, souhaitant accélérer les délais de sortie du CHOC DES MONDES, obligea le réalisateur a utiliser ce « brouillon coloré » qui, à l’arrivée, ressemble plus à un dessin animé de Walt Disney qu’autre chose…

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Sur Altaïr IV de PLANÈTE INTERDITE (Forbidden Planet, 1956), film de Fred M. Wilcox, la végétation semble quasi inexistante, sauf autour de la propriété de Morbius (oui, la mienne, en effet) où l’on peut découvrir, telle une oasis en plein désert, des arbres et des plantes au feuillage rouge (tout comme la flore de Nibiru de STAR TREK INTO DARKNESS).

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Plantes carnivores aliens !

Dans le fort sympathique THE ANGRY RED PLANET d’Ib Melchior (1959), une équipe de scientifiques américains partie explorer la planète Mars se heurte soudain à une énorme plante carnivore très agressive ! L’un d’entre eux en réchappera de peu. Notre plante alien devait être en fait, pour les besoins du tournage, une sorte de monstre végétal caoutchouteux bien rempli d’air… Le film étant en noir et blanc (ou plutôt en rouge et blanc, si, si !), on ne connaîtra jamais les vraies couleurs de cette plante carnivore géante.

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Et pour rester dans le domaine des plantes carnivores démesurées, nous avons aussi celle de FLASH GORDON (Mike Hodges, 1980). C’est dans l’épaisse jungle d’Arboria que nous la trouvons, plus précisément dans ses marécages. Flash failli être avalé tout cru par cet impressionnant monstre végétal aux pattes d’araignée (!) et aux cris perçants ! Une fois atteinte par un rayon laser, celle-ci finira pareil à un ballon de baudruche dégonflé (décidément, elles sont toutes bien « gonflées » ces plantes carnivores E.T. !)

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Jolies fleurs toxiques…

Dans l’épisode de STAR TREK sixties « Un coin de paradis » (« This side of paradise », 1967), les membres de l’Enterprise sont confrontés à des plantes bien étranges sur la planète Omicron Ceti III. En effet, celles-ci, lorsqu’on s’en approche, soufflent des spores qui contaminent leurs proies. Spock sera le premier à en faire l’expérience. Il ne parviendra plus à contenir ses émotions, de même que tous les autres membres d’équipage qui seront à leur tour victimes de ces dangereux végétaux. Il est amusant de voir ces plantes, sortes de fleurs dans lesquelles on a dû placer un tuyau pour les effets spéciaux, balancer une poudre blanche en pleine figure de nos héros !

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La célèbre série télévisée AU-DELÀ DU RÉEL (The Outer Limits) nous proposait déjà, en 1964, dans son épisode intitulé « La plante inconnue » (« Specimen unknown »), des fleurs extraterrestres capables de diffuser un gaz toxique. « Au cours d’une mission, des habitants d’une station spatiale découvrent des organismes vivants semblables à des plantes. Une jungle luxuriante aux grandes fleurs blanches se développe rapidement dans leur navette. Ils ignorent que les fleurs diffusent un gaz mortel… » Tentative de création d’une fleur blanche alien plutôt réussie dans cette histoire originale.

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Des perroquets en pleine végétation extraterrestre…

En 1975, dans l’épisode de COSMOS 1999 « Le gardien du Piri » (« Guardian of Piri »), le commandant Koenig de la base lunaire Alpha découvre une planète, Piri, dont la surface carrelée (!) est recouverte d’une incroyable « végétation », du moins y ressemble-t-elle. Mais en est-ce une réellement ?… On y voit comme d’énormes boules blanches accrochées à des branchages s’élevant vers le ciel mauve de ce monde mystérieux.

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Toujours dans COSMOS 1999, dans l’épisode « Question de vie ou de mort » (« Matter of life and death »), nos héros débarquent sur Terra Nova, une planète propice à la vie humaine. Le paysage étrange (entièrement créé en studio), nous dévoile un peu de végétation, mais il s’agit essentiellement de troncs desséchés, de quelques touffes d’herbes éparses et de beaucoup de poussière. Le ciel rouge est là pour bien souligner que nous ne sommes pas sur la Terre. Malheureusement, l’emploi d’authentiques perroquets vient tout gâcher…

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Mais plus encore que la série STAR TREK des années 1960, COSMOS 1999 a toujours essayé d’apporter une touche franchement extraterrestre aux décors et paysages des mondes qu’elle s’appliquait à nous dévoiler à travers ses épisodes fascinants. Il faut dire qu’elle avait à sa disposition un budget conséquent, ce qui n’était malheureusement pas le cas pour STAR TREK dans les sixties…

Des Français très doués

Dans leurs dessins animés LES MAÎTRES DU TEMPS (René Laloux, 1982) et GANDAHAR (René Laloux, 1987), il faut avouer que les Français ont fait preuve de beaucoup d’originalité dans la représentation de la flore extraterrestre abondante des planètes, notamment avec cette plante à épines qui se met à croître à une rapidité phénoménale lorsqu’on éclate sa graine au sol, telle une arme redoutable.

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Des plantes extraterrestres venues sur Terre

Dans L’INVASION DES PROFANATEURS DE SÉPULTURES (Invasion of the Body Snatchers, 1956), film de Don Siegel, des sortes de cosses de haricots géantes sont parvenues jusque sur notre planète. Elles s’emparent des corps et des âmes des êtres humains durant leur sommeil, les remplaçant par des clones dénués de toute émotion. Si l’histoire est un peu tirée par les cheveux (pourquoi des cosses de haricots E.T. dans lesquelles « poussent » les clones ? Que deviennent les « originaux » ?…), le film est un chef-d’œuvre du genre, un classique incontournable.

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Des végétaux extraterrestres dévoreurs de chair humaine ?… C’est possible dans le classique LA RÉVOLTE DES TRIFFIDES de Steve Sekely (The Day of the Triffids, 1962). « Une nuit, une pluie de météorites crée un spectacle magnifique dans le ciel, mais rend aveugle toute personne qui la regarde, soit 99 % de la population terrestre. Des plantes (les Triffides) venant de l’espace et tombées sur la terre précédemment profitent de cette infirmité humaine pour se mettre à se déplacer et à attaquer les hommes désemparés. » Le réalisateur semble avoir connu tous les problèmes au monde pour représenter correctement ces plantes E.T. dont l’apparence fait plus rire qu’autre chose !

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En 1986, nous faisons la connaissance d’Audrey II dans la comédie musicale de Frank Oz, LA PETITE BOUTIQUE DES HORREURS (Little shop of horrors), remake du film de Roger Corman. Audrey II est une incroyable plante E.T. géante qui a la faculté de parler. Trouvée par hasard le jour d’une éclipse, elle posera bien des soucis à son propriétaire, un jeune fleuriste, car elle se nourrit essentiellement de sang ! Audrey est une réussite totale en matière d’effets spéciaux, son animation est absolument parfaite et la plante s’avère très réaliste.

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L’ère de la flore numérique de Felucia et Pandora

Nous voilà à présent parvenu à deux films qui on fait date dans la représentation particulièrement réussie de la flore de mondes extraterrestres. Tout d’abord, dans l’ordre chronologique, STAR WARS EPISODE III : LA REVANCHE DES SITH (Star Wars Episode III : Revenge of the Sith, 2005), de George Lucas, avec la planète Felucia et ses végétaux colorés, translucides et fluorescents dont beaucoup ressemblent à des champignons géants. Felucia nous est malheureusement très peu montrée dans STAR WARS III, cependant le travail accompli pour la mettre en image est incontestablement une très grande réussite. Aucun arbre ni plante n’est une copie exacte de ce que nous connaissons sur la Terre aujourd’hui. Ce qui est peut-être un peu moins le cas avec la planète des Wookies, Kashyyyk, où se dressent des arbres à peu près semblables à ceux de la Terre, mais d’une taille phénoménale !

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Enfin, bien sûr, la plus grande réussite à ce jour demeure la planète Pandora du film AVATAR de James Cameron (2009). D’une richesse et d’un réalisme à couper le souffle, l’époustouflante diversité de la flore extraterrestre de Pandora renvoie à des années lumière toutes les représentation précédentes de végétaux aliens que l’on a pu voir sur le petit ou grand écran ! Un livre répertorie même toutes les espèces d’arbres, de plantes et de fleurs qui y poussent avec un nom pour chacun ! Ce travail de création titanesque ne pouvait être possible qu’avec l’aide du numérique. Jamais encore une planète E.T. n’a paru aussi vraie.

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Parions qu’un jour prochain le record d’AVATAR sera lui-même battu par un autre film, ou peut-être même par une série télévisée. Allez savoir ! En attendant, il est temps pour nous de nous extirper de ces jungles extraterrestres et de retrouver le béton de nos villes terriennes !

- Morbius -

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