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VAISSEAUX (p1) : LE RÈGNE DES VAISSEAUX-FUSÉES

VAISSEAUX (p1) : LE RÈGNE DES VAISSEAUX-FUSÉES dans Cinéma 13061310034815263611288456

Bienvenue à bord. Installez-vous confortablement, si l’habitacle le permet bien sûr, et n’oubliez pas d’attacher votre ceinture de sécurité : nous partons pour un long voyage à travers les étoiles. Derrière le hublot vous pourrez voir défiler fusées, soucoupes volantes, vaisseaux high-tech, vaisseaux organiques et vaisseaux inclassables voler en direction de la galaxie SF d’Altaïr IV. Véritable flotte spatiale dédiée aux courageux explorateurs de l’Univers que nul ne saurait arrêter, nous nous intéresserons à certains de ses fabuleux engins qui ont à maintes reprises rencontré les étoiles de la toile…

VAISSEAUX

première partie

LE RÈGNE DES VAISSEAUX-FUSÉES

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Quand la fusée dominait l’espace intersidéral… Durant plusieurs décennies, elle fut autant la vedette que les héros des films où elle apparaissait, traversant bruyamment l’Univers dans des missions improbables ou impossibles, se rendant d’une planète à l’autre, décollant ou se posant dans un impressionnant nuage de fumée blanche et se dressant fièrement vers le ciel étoilé, comme un doigt pointé vers les cieux, comme un défi adressé au cosmos. Des obus-fusées en passant par les modèles les plus sophistiqués de la science-fiction cinématographique et télévisuelle, la fusée accompagna longtemps l’Homme dans sa quête de savoir. Nous vous en proposons quelques-unes, de toutes tailles, de toutes formes, mais souvent de toute beauté, racées, élégantes et chromées…

OBUS-FUSÉES LUNAIRES… 

Le vaisseau fusée est certainement le plus ancien modèle de vaisseau spatial représenté au cinéma de science-fiction. Dès les débuts du Septième Art, en 1902, Méliès envoie son obus-fusée sur la Lune dans le film LE VOYAGE DANS LA LUNE, qui s’inspire des romans De la Terre à la Lune de Jules Verne et Les Premiers Hommes dans la Lune de H. G. Wells. L’histoire :

15012306424115263612897967 dans Dossier : Vaisseaux« Lors d’un colloque d’astronomie, le professeur Barbenfouillis crée l’événement en faisant part à l’assemblée de son projet de voyage dans la Lune. Il organise ensuite la visite à ses confrères de l’atelier où l’obus spatial est en chantier. Il sera propulsé en direction de la Lune au moyen d’un canon géant de 300 mètres de long. Le lancement réussit. Les six spationautes embarqués découvrent l’environnement lunaire et assistent à un lever de Terre. Faits prisonniers par les Sélénites, population autochtone de la Lune, ils parviennent à s’échapper. L’un des poursuivants reste accroché au fuselage de l’obus qui reprend le chemin de la Terre. De retour, les savants sont accueillis en héros et exposent triomphalement leur capture. » (Wikipédia)

Tout comme dans le roman de Jules Verne, le canon sert à propulser l’engin spatial vers la Lune, d’où sa forme d’obus. À cette époque on se souciait peu de la réalité scientifique, surtout dans un film dont l’intention première était de divertir. Peu importe le décollage de l’obus-fusée , de même que son alunissage ou son retour sur Terre : l’essentiel est d’arriver sur la Lune !

On retrouve un autre obus-fusée en 1929 dans le film de Fritz Lang, LA FEMME SUR LA LUNE (Frau im Mond). Trapard nous dévoile dans son article consacré à ce film allemand : « LA FEMME SUR LA LUNE inaugure la tradition du compte à rebours dans le domaine de l’astronautique lors du lancement d’une fusée. Fritz Lang s’en explique ainsi : « Quand j’ai tourné le décollage de la fusée, je me disais : Si je compte un, deux, trois, quatre, dix, cinquante, cent…, le public ne sait pas quand le décollage aura lieu. Mais si je compte à rebours dix, neuf, huit, sept, six, cinq, quatre, trois, deux, un — cela devient très clair ».

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Et Trapard de poursuivre en nous racontant quelque chose d’édifiant à propos de la fusée du film : « La fusée était, pour l’époque, extrêmement réaliste, à tel point qu’après la sortie du film, à la montée des nazis au pouvoir, on ordonna de détruire les maquettes de l’engin spatial du film, cette dernière « étant de nature à nuire au secret qui devait entourer la conception des V2 ». »

L’histoire : « Le professeur Manfeldt est moqué par ses confrères lorsqu’il prétend qu’il existe des mines d’or sur l’astre lunaire. Trente ans plus tard, Wolf Helius souhaite construire une fusée pour aller sur la Lune. Friede Velten et l’ingénieur Hans Windegger sont intéressés par ce projet. Un groupement financier contrôlant le marché de l’or impose sa participation à leur expédition. » (Wikipédia)

Mais si cette fusée possède quelque peu la forme d’un obus, cette fois point de canon pour l’expédier sur l’astre lunaire !

Dans THINGS TO COME de William Cameron Menzies (1936), retour au bon vieux canon pour le lancement. Semblable à une cartouche, la minuscule fusée est introduite à l’intérieur de celui-ci, semblable à un fusil braqué vers le ciel, par l’intermédiaire d’une gigantesque grue.

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L’histoire : « Une guerre globale est déclenchée en 1940. Cette guerre s’éternise sur plusieurs décennies jusqu’au moment où la plupart des survivants, quasiment tous nés après le commencement de la guerre, ne savent même plus qui a commencé le conflit ni pourquoi. La production industrielle a cessé et la société a rétrogradé et s’est divisée en communautés primitives localisées. En 1966, une épidémie de peste vient encore réduire le nombre de Terriens, qui ne sont plus que quelques poignées. Un jour, un curieux aéroplane atterrit près de l’une de ces communautés. Le pilote parle d’une organisation occupée à rebâtir la civilisation et qui parcourt le monde pour reciviliser les groupes de survivants. De grands chantiers sont entrepris durant les décennies qui suivent, jusqu’à ce que la société soit de nouveau grande et puissante. La population mondiale vit à présent dans des villes souterraines. En l’an 2035, à la veille du premier voyage de l’homme sur la Lune, une nouvelle insurrection populaire progresse à nouveau — celle-là même qui selon certains aurait causé les guerres du passé —, se trouve des partisans, et devient plus violente… » (Wikipédia)

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FLASH GORDON ET SES VAISSEAUX-FUSÉES POINTUS…

15012306470815263612897969En 1936, le serial FLASH GORDON reprend les aventures du célèbre héros de bande dessinée créé en 1934 par Alex Raymond. Connu en France sous le nom de Guy l’Éclair, Flash Gordon vit des aventures extraordinaires sur des planètes extraterrestres : « Flash Gordon, aidé du professeur Hans Zarkov et de Dale Arden, doit sauver la Terre de l’invasion des troupes de l’Empereur Ming en provenance de la planète Mongo. Celui-ci, tyran cruel et sanguinaire, peut bien entendu compter sur des « alliés » au sein de son Empire même s’il y compte aussi des ennemis. » (Wikipédia)

Le serial utilise les vaisseaux fusées dessinés par Alex Raymond. Et même si, forcément, leur transposition à l’écran ne peu s’avérer totalement fidèle, force est de constater que les fabuleux astronefs de la BD sont ici une belle réussite, avec, souvent présent, l’éternel « pic » ou « pointe » situé tout à l’avant de la fusée. Le vol des maquettes se fait grâce à l’utilisation de câbles relativement discrets lors du tournage, un procédé courant à l’époque. Quant au bruitage, il est semblable à celui d’un avion à hélices…

15012306505415263612897971La version parodie-érotique intitulée FLESH GORDON (1974, de Michael Benveniste et Howard Ziehm), utilisera également le vaisseau-fusée si cher à Flash Gordon. Cependant, revu et corrigé, il prendra une toute autre forme dont nous reparlerons prochainement dans le chapitre « Vaisseaux inclassables »…

En 1980, le FLASH GORDON de Mike Hodges reprendra avec classe les merveilleux vaisseaux fusées de la bande dessinée d’Alex Raymond, leur apportant même de jolies couleurs délicieusement kitschs.

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VAISSEAUX-FUSÉES BUCK ROGERS  = VAISSEAUX-FUSÉES FLASH GORDON

C’est en 1939, en pleine ambiance missiles V2 développés dès 1938 par l’Allemagne nazie, qu’un autre serial propose à son tour ses vaisseaux-fusées : BUCK ROGERS. On connaît tous l’histoire de ce héros qui, à la suite d’un accident d’avion, se retrouve plongé dans un coma profond. Il ne se réveillera qu’au XXVe siècle…

15012306533215263612897972Le budget restreint du serial oblige ses responsables à réemployer certains décors d’autres films ou serials comme FLASH GORDON. En outre, Buster Crabbe, déjà Flash Gordon dans le serial éponyme, incarne cette fois-ci Buck Rogers. Dans ces conditions, je soupçonne la production d’avoir réutilisé également les vaisseaux-fusées de FLASH GORDON car la ressemblance est frappante.

DES FUSÉES PLEIN LA TÉLÉVISION…

Le règne du vaisseau-fusée va s’étaler ensuite sur toute la période des années 1950, une époque où l’on pourra aussi croiser nombre de soucoupes volantes. Mais laissons les fameuses flying saucers de côté pour le prochain volet de notre dossier et revenons à nos vaisseaux cylindriques.

15012306560315263612897973Les serials ont laissé place aux shows télévisés, et dès 1949, CAPTAIN VIDEO AND HIS VIDEO RANGERS fait son apparition avec ses combattants pour la justice voyageant à travers le système solaire grâce à leur fusée (qui ne s’arrêtera qu’en 1955). De même, en 1952, TOM CORBETT, SPACE CADET narre les aventures d’élèves pilotes qui apprennent le maniement des fusées à bord du Polaris. Tout comme les personnages principaux, le vaisseau est la vedette de la série. Enfin, en 1954, ROCKY JONES, SPACE RANGER raconte les exploits d’un policier galactique qui fait respecter l’ordre et la justice dans le système solaire. Il voyage à bord de sa fusée appelée Orbit Jet qui comprend un pilote et son co-pilote.

Mais arrêtons-nous un instant sur l’Orbit Jet. Cette fusée est réputée pour avoir introduit les principaux éléments technologiques que l’on retrouvera ensuite dans les vaisseaux-fusées de la télévision et du cinéma. Ainsi, sont présents à bord : un écran électronique, un panneau de contrôle extrêmement élaboré, des portes électriques, une radio spatiale perfectionnée permettant une communication instantanée, une gravité artificielle empêchant les membres d’équipage de flotter dans la cabine et, bien avant les vaisseaux klingons et romuliens de STAR TREK, un cloaking device ou système entraînant, en cas de nécessité, l’invisibilité totale de la fusée…

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QUAND LA FUSÉE DEVIENT UNE AFFAIRE SÉRIEUSE…

Retour au cinéma après cette escale à la télévision. 1950, c’est l’année du film d’Irving Pichel, DESTINATION… LUNE ! (Destination Moon), et la fusée n’a jamais été aussi belle…

L’histoire : « Un scientifique et un militaire américains, le docteur Cargraves et le général Thayer, travaillent sur un projet de conquête de la Lune. Pour financer le développement d’une fusée à propulsion nucléaire et la construction d’une base de lancement, ils s’assurent le concours de grands industriels du secteur privé, en faisant jouer leur fibre patriotique. Ils triompheront de tous les obstacles (notamment l’émotion que soulève dans le public le risque de contamination radioactive) pour mener à bien leur projet. » (Wikipédia)

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DESTINATION… LUNE ! marque une étape importante dans le cinéma de science-fiction, et ce à plusieurs niveaux. D’abord pour le côté hard science encore jamais vu dans un film SF (le lancement de la fusée s’avère rigoureux sur le plan scientifique), ensuite parce que le principe même de fonctionnement de la fusée est expliqué au public (par l’intervention du personnage de dessin animé Woody Woodpecker !), enfin parce que le célèbre Hergé (père de Tintin) s’inspirera largement de l’esthétique du film pour ses BD Objectif Lune et On a marché sur la Lune.

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La fusée du film possède une longue échelle parcourant toute la longueur de son fuselage, permettant ainsi aux astronautes de descendre jusqu’à ses pieds, qui sont en fait ses ailes sur lesquelles repose toute sa masse, comme c’était d’ailleurs le cas pour la grande majorité des vaisseaux-fusées des années 50 et 60…

Posée sur la surface lunaire et se dressant fièrement vers le ciel étoilé, dans un merveilleux décor réalisé par l’artiste Chesley Bonestell, la fusée aux reflets métalliques de DESTINATION… LUNE ! est à sa façon l’incarnation même de toute la SF spatiale des Fifties.

150123085032152636128980201950, c’est aussi l’année de ROCKETSHIP X-M de Kurt Neumann. L’histoire :

« Quatre hommes et une femme partent dans l’espace à bord de la RX-M (Rocketship Expedition-Moon), pour ce qui est censé être la toute première expédition dans l’espace par des Hommes. À mi-chemin, les moteurs de la RX-M se bloquent, mais le problème est vite résolu, cependant le vaisseau se retrouve rapidement hors de contrôle et prend obligatoirement un cap au-delà de la Lune puis dans l’espace profond. Au cours de cette explosion de forte accélération, l’équipage devient inconscient en raison d’une baisse de pression de l’oxygène, mais les moteurs sont coupés juste à temps… »

La star du film, c’est la fusée. Son titre, « rocketship » (littéralement « vaisseau-fusée »), l’indique clairement.

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Quand un vaisseau-fusée se transforme en arche de Noé, c’est dans le film LE CHOC DES MONDES (When Worlds Collide, de Rudolph Maté, 1951). L’histoire :

« La planète Bellus va entrer en collision avec la Terre. L’espèce humaine est en sursis, il ne lui reste plus que huit mois à vivre. Néanmoins les Nations Unies considèrent les prévisions des spécialistes comme fausses, par conséquent aucune action n’est engagée. Seul un milliardaire finance lui-même les travaux d’un petit groupe de scientifiques dans le but de faire construire un vaisseau spatial capable d’accueillir une quarantaine d’hommes et de femmes tirés au sort, ainsi que différentes espèces d’animaux. L’engin spatial, véritable Arche de Noé, sera expédié vers Zyra, satellite de Bellus, que l’espèce humaine colonisera afin de survivre… »

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Le magnifique vaisseau-fusée du film s’avère particulièrement réussi et impressionnant. On assiste à sa construction sur des chantiers gigantesques. L’embarquement demeure un moment fort du CHOC DES MONDES, avec des cataclysmes provoqués par l’approche de la planète Bellus. Le vaisseau-fusée décolle juste à temps, aidé pour cela par une immense rampe de lancement placée en contrebas. Se laissant partir sur ses rails, tout en étant propulsé par ses réacteurs, il descendra à toute vitesse avant de se retrouver lancé vers le ciel. Son atterrissage sur Zyra vaudra quelques sueurs froides à l’équipage, mais la neige amortira les chocs.

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1951, c’est aussi FLIGHT TO MARS (de Lesley Selander) et son joli vaisseau-fusée pour lequel on réutilise en grande partie les intérieurs du poste de pilotage de la fusée de ROCKETSHIP-XM. L’histoire :

15012401491415263612900543« Cinq astronautes arrivent sur Mars, où ils découvrent des habitants singulièrement hospitaliers. En réalité, les Martiens entendent s’emparer du vaisseau spatial de ces voyageurs de l’espace pour envahir la Terre. » (Allociné)

Des fusées, on en trouve aussi dans le très sérieux PROJECT MOONBASE (de Richard Talmadge, 1953). L’histoire :

« Dans le futur, en 1970, les États-Unis envisagent de construire des bases sur la Lune. Le colonel Briteis, le major Bill Moore, et le docteur Wernher sont envoyés en orbite autour du satellite de la Terre pour étudier les sites d’atterrissage pour les futures missions lunaires. Toutefois, le docteur Wernher est un imposteur dont la mission est de détruire la station spatiale des États-Unis en orbite terrestre, en la faisant entrer en collision avec la fusée de la station sur le chemin du retour. » (Wikipédia)

Une séquence nous montre même des fusées en train de s’amarrer à une station spatiale.

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DES MONSTRES À BORD DES FUSÉES… 

Une fusée peut également s’abîmer en mer… C’est ainsi que s’ouvre À DES MILLIONS DE KILOMÈTRES DE LA TERRE (20 Million Miles to Earth, de Nathan Juran, 1957), avec son monstrueux modèle de vaisseau-fusée qui sombre dans les flots de la Méditerranée. Deux membres d’équipage sont sauvés. Mais la fusée revenait d’une mission sur Vénus et elle transportait un cylindre qu’un homme retrouve échoué sur une plage. Il contient une étrange créature

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Dans IT, THE TERROR FROM BEYOND SPACE (d’Edward L. Cahn, 1958), la fusée devient le terrain de chasse d’un monstre martien. Les membres d’équipage sont décimés les uns après les autres, 21 ans avant qu’un autre alien ne s’attaque aux hommes et femmes du Nostromo… L’histoire :

« En janvier 1973. Une première expédition humaine, composée de dix cosmonautes, a rejoint la planète Mars et s’y est posée. Depuis, elle n’a plus donné signe de vie. Six mois plus tard, une nouvelle mission, commandée par le colonel Van Heusen, se rend à son tour sur la planète rouge. Elle y découvre le seul survivant du premier équipage, le colonel Edward Carruthers. Le chef de l’expédition semble bel et bien avoir assassiné tous ses coéquipiers… » (telerama.fr)

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La créature, dont nous avons déjà parlé ici sur Les Échos d’Altaïr, évolue dans les moindres recoins de la fusée, se cachant afin de surprendre ses proies. IT, THE TERROR FROM BEYOND SPACE est le premier film de science-fiction où le vaisseau-fusée est l’antre d’une horrible créature.

LES VAISSEAUX-FUSÉES DE GERRY ANDERSON…

Dans les années 1960, les vaisseaux-fusées poursuivent allègrement leurs aventures spatiales dans de nombreuses productions cinématographiques américaines, italiennes et japonaises. Cependant la télévision n’est pas en reste grâce au plus grand fan de marionnettes au monde : le Britannique Gerry Anderson. Avec FIREBALL XL-5 (1962) et LES SENTINELLES DE L’AIR (Thunderbirds, 1965), nous avons droit à quelques-unes des plus belles fusées, et aussi des plus colorées !

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Le Fireball XL-5, que l’on voit ci-dessus, est un vaisseau spatial commandé par le colonel Steve Zodiac en l’an 2062. La fusée et son équipage ont pour mission de patrouiller dans le secteur 25 de l’espace intersidéral. Le Fireball XL-5 utilise un rail de lancement pour ses décollages. Le vaisseau peut se séparer en deux parties. Ainsi le cône avant se détache et constitue un vaisseau en lui-même pouvant se poser sur les planètes. Le reste du Fireball XL-5 contient les quartiers des membres d’équipage, un laboratoire, un grand salon et des ateliers.

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Dans la série LES SENTINELLES DE L’AIR, la Sécurité Internationale et ses fabuleux engins interviennent dès qu’une catastrophe se produit n’importe où dans le monde. C’est Alan Tracy qui pilote le Thunderbird 3 que l’on voit ci-dessus. Il s’agit d’une fusée rouge uniquement utilisée dans les diverses missions spatiales, notamment pour la maintenance de la station orbitale Thunderbird 5. Nous ne reviendrons pas en détail sur ce vaisseau car le Thunderbird 3 a déjà eu droit à sa fiche dans la catégorie Vaisseaux SF du blog.

À L’INTÉRIEUR DES VAISSEAUX-FUSÉES…

Dans le poste de pilotage d’un vaisseau-fusée, le confort n’a pas sa place. Souvent étroit (pas toujours), rudimentaire et conçu uniquement pour être fonctionnel, le poste de commande regroupe en vrac fauteuils inconfortables, écrans de contrôle bien carrés, grands leviers, manettes grossières, boutons monstrueux, cadrans bien visibles, hublots larges et lourdes écoutilles.

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On peut aussi y trouver des rampes, des tuyaux ou encore des échelles menant à un niveau ou un autre de la fusée. Difficile de pouvoir se mouvoir correctement. Néanmoins nos héros dressés à rude enseigne, habitués aux épreuves des longs voyages spatiaux, ne semblent jamais souffrir de cet inconfort permanent, car même les quartiers des membres d’équipage, quand il y en a, se résument souvent à des lits superposés à même la cloison du vaisseau.

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LA FIN DU RÈGNE DES VAISSEAUX-FUSÉES…

L’emploi des fusées dans les films et séries télévisées de science-fiction s’arrêtera vers la fin des années 60, avec l’arrivée de 2001 : L’ODYSSÉE DE L’ESPACE (1968) qui modifiera complètement la conception des vaisseaux. Malgré tout, bien entendu, quelques irréductibles petites fusées continueront encore un peu leur course folle dans l’univers SF, franchissant les années pour atteindre 1980 et la série télévisée CHRONIQUES MARTIENNES. Mais comme on le voit sur cette photo finale hautement symbolique où l’on assiste à un enterrement, ce sera leur arrêt de mort. Le vaisseau-fusée incarne aujourd’hui la conquête spatiale à ses débuts, la SF à grand-papa et la technologie qui carbure au vintage. On a un peu vite oublié qu’il fut le tout premier à sonder ardemment les profondeurs incommensurables de l’espace, emmenant avec lui pionniers galactiques et explorateurs scientifiques dans des aventures extraordinaires…

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Dans la seconde partie de notre grand dossier sur les vaisseaux à travers le cinéma et les séries télévisées de science-fiction, nous vous parlerons des vaisseaux-soucoupes qui furent à leur façon les concurrents directs des vaisseaux-fusées dans les années 1950 et 1960 !

- Morbius -

À SUIVRE :

VAISSEAUX – DEUXIÈME PARTIE :

L’INVASION DES VAISSEAUX-SOUCOUPES

Découvrez également plus de 40 vaisseaux dans :

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QUELQUES HISTOIRES CLASSIQUES DE FANTÔMES JAPONAIS (p1)

QUELQUES HISTOIRES CLASSIQUES DE FANTÔMES JAPONAIS

Voici une petite sélection de films de fantômes japonais sortis avant RING, JU-ON et leurs nombreux dérivés, et que nous remettrons à l’honneur le temps d’un dossier. Cette petite liste n’est en rien exhaustive mais elle vous donnera peut-être envie de voir ou revoir ce cinéma japonais plus classique.

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HISTOIRES CLASSIQUES DE FANTÔMES JAPONAIS Partie 1

Kaidan est un mot japonais constitué de deux kanji : « kai » signifiant apparition étrange, mystérieuse et « dan » signifiant récit. Kaidan fait référence aux histoires de fantômes japonais, le terme étant ancien il réfère surtout aux contes horrifiques de l’ère Edo mais aussi de périodes plus anciennes. Eiga voulant dire Cinéma, le Kaidan Eiga fait donc référence aux films adaptés ou s’inspirant de ces contes.

15012005141315263612890190 dans Cinéma bisÉvidemment, depuis le succès des RING d’Hideo Nakata, on n’imagine pas toujours que les fantômes soient fondamentaux au Japon. Plus que culturels, les spectres et les esprits font partie intégrante de la vie japonaise. Akira Kurosawa déjà vieillissant en avait déjà créé une approche pour le public occidental avec son RÊVES (1990, Yume) dans lequel des hordes d’esprits issus de la nature et du passé erraient avec une lenteur extrême parmi des chants et des forêts colorés ou sous un long tunnel.

Et dès 1953, Kenji Mizoguchi exportait jusqu’en Europe ses superbes et hypnothiques CONTES DE LA LUNE VAGUE APRÈS LA PLUIE (雨月物語, Ugetsu monogatari). Des réalisateurs comme Kiyoshi Kurosawa avec KAÏRO (2000, (回路, Kaïro), Takashi Shimizu avec JU-ON (2000, (呪怨, Juen) et Shinya Tsukamoto avec NIGHTMARE DETECTIVE (2006, (悪夢探偵, Akumu Tantei) et déjà en 1990 avec HIRUKO THE GOBLIN (ヒルコ 妖怪ハンター, Hiruko Youkai Hanta) n’ont fait que remanier et moderniser le genre pour les nouvelles générations, au même titre qu’Hideo Nakata en 1998 avec RING (Ringu) et son fantôme appelé par la lecture d’une VHS.

Et je dois bien reconnaître que lorsque je traitais des maisons hantées au cinéma dans mon court dossier, j’avais soigneusement évité d’aborder les fantômes chinois, coréens, indonésiens, thaïlandais et bien sûr japonais, tant les fantômes asiatiques s’approchent d’une manière plus que différente de ceux d’Europe. Il suffit de voir comment est abordée la société traditionnelle et le respect avec lequel les jeunes étaient censés considérer leurs aînés au Japon dans les deux films (de 1958 et 1983) de LA BALLADE DE NARAYAMA (楢山節考, Narayama Bushikō) dont l’action se situe dans un village pauvre et isolé dans les hauteurs du Shinshù. La coutume voulant que les habitants arrivant à l’âge de 70 ans s’en aillent mourir volontairement au sommet de Narayama, « la montagne aux chênes » lieu où se rassemblent les âmes des morts. Keisuke Kinoshita, le réalisateur de la version de 1958 a d’ailleurs tourné antérieurement LE FANTÔME DE YOTSUDA (1949, (四谷怪談, Yotsuya kaidan) adapté de « Yotsuya Kaidan » (四谷怪談), ou l’histoire d’Oiwa et de Tamiya Iemon, un conte de trahison, de meurtre et de vengeance fantomatique écrit en 1825 par Tsuruya Nanboku, une histoire de J-Horror (le cinéma et la littérature d’horreur psychologique japonais traitant généralement de fantômes, de possession et de chamanisme) sur laquelle nous reviendrons plus bas au sujet d’HISTOIRE DE FANTÔMES JAPONAIS (1959) de Nobuo Nakagawa.

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Et si pour cet article j’aborde des films plutôt anciens et classiques, il ne seront qu’un grain de sel dans l’océan à côté de la production japonaise abordant ces thèmes. D’ailleurs je citerai quelques classiques comme le magnifique film fleuve KWAÏDAN (1964, Kaidan) de Masaki Kobayashi avec l’excellent comédien Tatsuya Nakadai, connu pour ses rôles dans les magnifiques films d’Akira Kurosawa comme surtout KAGEMUSHA, L’OMBRE DU GUERRIER (1980, ( 影武者, Kagemusha). Ou encore KAIDAN YUKIJORÔ (1968) de Tokuzô Tanaka, ce même réalisateur auquel on doit le très médiéval HIROKU KAIBYô-DEN (1969), avec son histoire de chat fantôme qui est aussi le thème spectral de KAIBYÔ OTAMA-GA-IKE (1960) dont nous traiterons ci-dessous. Et j’en passe des meilleurs comme ONIBABA (1964) de Kaneto Shindō, HOUSE OF TERROR (1965, Kaidan semushi otoko) d’Hajime Satô (THE GOLDEN BAT), THE LIVING SKELETON (1968, Kyuketsu dokuro sen) d’Hiroshi Matsuno, jusqu’à même une série TV célèbre au Japon et entièrement consacrée à des histoires de fantômes mais qui est totalement inédite chez nous : AU PAYS DES FANTÔMES (1971, Kaiki Jusanya), réalisée par Nobuo Nakagawa et Teruo Ishii (autre grand spécialiste du cinéma fantastique nippon).

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LE CHÂTEAU DE L’ARAIGNÉE (1957, Kumonosu-jô) d’Akira Kurosawa

LE CHÂTEAU DE L’ARAIGNÉE est une adaptation libre d’une des meilleures pièces tragiques de William Shakespeare, « Macbeth ». L’histoire, originellement située en Écosse, est transposée dans le Japon médiéval, et les trois sorcières de la pièce de théâtre sont remplacées par un esprit du genre yōkai(妖怪) ou mononoke (物の怪), créature de mauvaise augure.

L’intrigue : Alors qu’ils traversent une forêt après une bataille, les généraux Washizu et Miki rencontrent un esprit. Celui-ci prédit que Washizu deviendra seigneur du Château de l’araignée, mais que ce seront les descendants de Miki qui lui succéderont. Mise dans la confidence, la femme de Washizu va influencer son mari pour que la prophétie se réalise seulement à l’avantage de celui-ci…

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HISTOIRE DE FANTÔMES JAPONAIS (1959) de Nobuo Nakagawa

Même si des films comme LA PORTE DE L’ENFER (1953, 地獄門, Jigokumon) utilisaient déjà le très contrasté Eastmancolor dans les années 50, en 1959 il n’était pas encore très fréquent que le cinéma japonais soit toujours colorisé. C’est pourtant le cas avec HISTOIRE DE FANTÔMES JAPONAIS (1959, Tôkaidô Yotsuya kaidan) produit par la Shintōhō et avec ses personnages évoluant dans un jeu de kabuki dans des décors étroits suintants de couleurs.

L’intrigue : Un samouraï est hanté par des spectres après avoir assassiné son épouse, dont il avait déjà tué le père…

Bien que spectrales, dans le film de Nobuo Nakagawa les fantômes ont des allures de spectres décharnés qui préfigurent assez le zombie tel qu’on le connait dans les années 70 et 80.

L’intrigue d’HISTOIRE DE FANTÔMES JAPONAIS est basée sur le conte « okaido yotsuya kaidan » du dramaturge de théâtre Kabuki Namboki Tsuruya IV (1755-1839), histoire dans laquelle Oiwa est assassinée par son mari, Iemon, et revient pour se venger. Oiwa possède les caractéristiques communes aux fantômes japonais, à savoir les vêtements blancs représentant le kimono funéraire qu’elle aurait dû porter, les longs cheveux en bataille et le visage blanc. La scène ce cette pièce la plus célèbre est celle où Oiwa, après avoir été empoisonnée par son mari, se peigne les cheveux qui tombent alors de sa tête. Cette scène est une subversion des scènes à connotation érotique de peignage de cheveux dans les pièce romantiques de Kabuki. La première adaptions de cette histoire date de 1912, suivie de 18 autres entre 1913 et 1937. La plus connue est celle-ci de 1959 réalisée par Nobuo Nakagawa, très fidèle à l’histoire d’origine.

Le même Nakagawa est allé beaucoup plus loin que cette histoire simple de revenant, en tournant L’ENFER (1960, Jigoku) avec son imagerie graphique montrant les tourments de l’Enfer et de nombreux effets visuels.

L’intrigue : Une nuit, un étudiant et son ami renversent un homme par accident. Prenant la fuite, ils laissent leur victime agoniser au bord de la route. Dès lors, poursuivis par des spectres diaboliques, leur existence va prendre une tournure dramatique. Un périple qui s’acheminera en une visite renversante des Enfers…

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KAIBYÔ OTAMA-GA-IKE (1960) ou THE GHOST CAT OF OTAMA POND de Yoshihiro Ishikawa

Ce film de Yoshihiro Ishikawa aborde une légende horrifique célèbre au Japon, celle du bakeneko.

Wikipédia : « Le bakeneko (化け猫, monstre-chat) est une légende du folklore japonais transmise oralement qui serait à l’origine du bobtail japonais (une race de chat à très longue queue). C’est un bakemono (化け物) ou henge yōkai (変化妖怪, fantômes qui changent de forme), qui sont un genre d’esprits, de monstres, du folklore japonais. Ils sont caractérisés par leur facultés de métamorphes.

C’est un chat ayant des pouvoirs surnaturels, de même que le kitsune ou le tanuki, qu’il acquiert en atteignant l’une (ou plusieurs) de ces caractéristiques : un âge de treize ans, un poids de plus d’un kan (unité de poids japonaise qui correspond environ à 3,5 kg) ou une très longue queue. Il arrive parfois que celle-ci se divise en deux, faisant alors du bakeneko un nekomata (猫又).
Ce chat fantôme hante son foyer en menaçant la maisonnée et projetant des boules de feu. Il est souvent décrit comme se dressant sur ses pattes arrière prenant alors forme humaine. Il se peut également qu’il finisse par dévorer son maître dans le but de prendre sa place. Comme il est en apparence un chat tout à fait ordinaire, on ne laissait pas approcher les chats des cadavres car la légende veut que le bakeneko ait le don de réanimer un corps sans vie en sautant sur celui-ci, le ramenant ainsi à la conscience. »

15012004574815263612890184 dans TrapardLe chat fantôme est une autre des histoires récurrentes du Kaidan Eiga. Dans celles-ci, quand un chat lèche le sang de son maître mort (souvent assassiné pour des raisons politiques), il acquiert des pouvoirs surnaturels et devient capable de prendre forme humaine ou de posséder les humains dans le but de venger son maître.

Les films de chat fantôme les plus connus sont LE CHAT D’ARIMA (1937, Arima Neko), LE MYSTÈRE DU SHAMISEN HANTÉ (1938, Kaibyô nazo no shamisen), CAT GHOST OF OUMA CROSS (1954, Kaibyô Okazaki sôdô), LE CHAT FANTÔME : LE MUR MAUDIT (1958, Kaibo Noroi no kabe), LE MANOIR DU CHAT FANTÔME (1958, Borei kaibyo yashiki) de Nobuo Nakagawa, THE BLIND WOMAN’S CURSE (1970, Kaidan nobori ryû) de Teruo Ishii, HOUSE (1977, Hausu) de Nobuhiko Obayashi.

Vous retrouvez d’ailleur la chat fantôme à Hollywood et en Europe sous l’appellation de « Chat noir » ou Black Cat dont mon adaptation préférée est celle de Lucio Fulci sortie en 1981, LE CHAT NOIR.

Le bakeneko est aussi très présent dans les mangas, que ce soit le chat-bus de MON VOISIN TOTORO (1988, となりのトトロ, Tonari no Totoro) d’Hayao Miyazaki, ou encore celui de SI TU TENDS L’OREILLE (1995, 耳をすませば, Mimi o sumaseba) de Yoshifumi Kondō (d’après un scénario de Miyazaki) ou ceux du ROYAUME DES CHATS (2002, (猫の恩返し, Neko no ongaeshi) d ’Hiroyuki Morita du studio Ghibli, et bien sûr dans les POKÉMON (1996, ポケモン) de Satoshi Taijiri, NARUTO (ナルト) et BAKEMONOGATARI (化物語)…

Voici l’intrigue du film de Yoshihiro Ishikawa : Deux amants perdus dans les montagnes. Qu’importe la direction qu’ils prennent, ils se retrouvent à l’étang d’une forêt mystérieuse, comme si une sorte de force ne voulait pas les laisser partir. Il y a plus d’un siècle un crime a eu lieu dont l’ombre plane encore sur ces lieux…

Yoshihiro Ishikawa a aussi tourné une autre version de bakeneko avec THE GHOST-CAT CURSED POUND en 1968.

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**J’ouvre une petite parenthèse moins traditionnelle pour LA FEMME DES SABLES (1964, 砂の女, Suna no onna) d’Hiroshi Teshigahara, adaptation du livre éponyme de Kôbô Abe qui raconte une histoire de femme fantôme au premier abord. Issu de la Nouvelle-Vague du cinéma japonais, Teshigahara est un auteur contemporain et moderne, et à travers son film il a dessiné un univers kafkaïen et absurde, enfermant peu à peu son personnage central dans une bulle cyclothymique sans fin.

L’intrigue : Un instituteur, passionné d’entomologie et désireux de passer trois jours loin des tracasseries de la ville, se retrouve sur une immense plage presque déserte. Il fouine, cherche, fouille pour trouver des insectes, ceux des sables, pour compléter sa collection et inscrire son nom au revers d’un traité d’entomologie. Pris au piège de l’obscurité qui tombe, il est recueilli par des villageois bienveillants et il finit la nuit au fond d’un trou, dans une maison cachée sous une dune, avec une femme pour aubergiste. Au lendemain, l’échelle qui l’a fait descendre a été enlevée. L’homme est alors une seconde fois pris au piège, condamné à rester avec cette femme au fond d’un trou pour vider des tonnes et des tonnes de sables, toutes les nuits, éternellement, comme un énième labeur de Sisyphe. Entre révolte, colère, et résignation, l’entomologiste, qui prenait soin d’observer attentivement ses insectes, se retrouve à son tour agrafé dans la plus absurde des existences…

Aussi dans cette logique moderne et créative de désacraliser la tradition, Shohei Imamura a réalisé PROFONDS DÉSIRS DES DIEUX (1968, 神々の深き欲望, Kamigami no fukaki yokubō) en cherchant à matérialiser psychologiquement les origines mythologiques du Japon.

L’intrigue : Sur une île japonaise encore épargnée par la modernité et ses influences occidentales, la vie des habitants s’organise autour des récoltes, travaux divers et cultes religieux. Ici, les hommes travaillent une terre fertile et mènent une vie simple, toujours protégés par l’aura des dieux. Personne n’oserait contredire les prophéties et les croyances sans craindre en retour une punition. Inceste, vol, dévergondage… sont autant d’horreurs qui bannissent la famille de la vie de l’île. Il n’y a que le grand-père pour relativiser et continuer à prier les dieux. Le père, source du mal, est enchaîné. Il ne peut rien faire sauf continuer à faire tomber cette géante pierre qui gâche l’exploitation des terres familiales. Sa femme est aussi sa sœur, elle est la maîtresse du chef de l’île qui l’a éloigné intentionnellement de son frère pour mieux satisfaire ses propres désirs. Quant aux enfants, la fille est une handicapée mentale et le fils un simple travailleur qui doit gérer la réputation de sa famille…

Fin de la parenthèse.**

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ONIBABA (1964) de Kaneto Shindō

ONIBABA est un film d’horreur indépendant japonais connu aussi en France sous le titre d’ONIBABA, LES TUEUSES. Il s’agit d’une retranscription d’une légende traditionnelle.

Wikipédia : « Le film reprend la figure du démon, très utilisée dans les paraboles bouddhiques médiévales pour expliquer l’enfer auquel mènent les passions non maitrisées. Il s’inspire également de nombreuses histoires du folklore japonais ayant pour motif le « masque qui colle à la chair », (niku dzuki no men 肉付きの面). Comme de nombreuses oeuvres de l’époque (LE CHÂTEAU DE L’ARAIGNÉE d’Akira de Kurosawa par exemple), le film s’inspire de la dramaturgie du Nô, ce qui lui permet de créer une tension forte avec peu de moyens.

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Le nô peut être défini comme un « drame lyrique » à condition d’entendre le mot « drame » dans son acception première de « action », le lyrisme du nô étant principalement poétique et ne demandant à la musique qu’un rythme et des timbres pour le soutenir. »

L’intrigue : Dans une région isolée du Japon, une veuve et sa bru, dont l’époux est parti faire la guerre, détroussent et tuent les samouraïs égarés pour survivre. Un déserteur s’éprend de la jeune femme, qui cède à ses avances. Mais un démon Oni masqué les menace d’un terrible châtiment.

-Le démon Oni possède une forme humanoïde, une taille gigantesque, des griffes acérées, deux cornes protubérantes poussant sur son front, des poils ébouriffés et un aspect hideux. Cependant, comme sa forme n’est pas totalement définie, certains détails de son anatomie varient énormément comme : le nombre de yeux, de doigts ou d’orteils, ou bien la couleur de sa peau, qui est généralement rouge ou bleue-

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Le démon est en réalité un samurai de haut rang ayant perdu tous ses hommes à la guerre et portant un masque de Hannya (般若の面) que l’on associe généralement à un esprit féminin jaloux ou courroucé. Pour la veuve, il s’agit d’une sorte de monstre kaibutsu qu’il s’agit de maîtriser. Elle s’arrange pour le faire tomber dans le trou où les deux femmes jetaient les dépouilles de leurs victimes, véritable bouche de l’enfer cachée par de hautes herbes…

Le film est en version complète en V.O. avec des sous-titrages anglais iciVous y découvrirez un masque, celui du démon dont l’aspect ne vous sera sûrement pas inconnu. En effet, William Friedkin s’en est inspiré pour créer cette image stroboscopique ou subliminale du visage du démon qu’on peut apercevoir dans L’EXORCISTE (1974, The Exorcist).

KAIDAN YUKIJORÔ (1968) de Tokuzô Tanaka

15012005084315263612890188Un des plus beaux films de fantômes japonais, le fantôme vengeur évoluant constamment à l’aide la dramaturgie du Nô et avec son masque blanc.

L’intrigue : Un jeune apprenti et son maître sculptent une statue de la déesse Kannon dans les montagnes enneigées. Une tempête les surprend et ils sont alors contraints de se réfugier dans une cabane où ils reçoivent bientôt la visite de la Femme des Neiges. Elle tue le maître mais laisse en vie le jeune apprenti tourmenté. Plus tard, le jeune homme rencontre une femme belle et mystérieuse dont il tombe éperdument amoureux…

Le film est en version complète en V.O. avec des sous-titrages anglais ici.

THE LIVING SKELETON (1968, Kyuketsu dokuro sen) d’Hiroshi Matsuno

15012005103115263612890189Contrairement au contexte historique d’un Kaidan, la trame de THE LIVING SKELETON s’inscrit dans la mouvance moderne du thème confrontant les protagonistes du film à un destin placé ici sous le sceau d’une vengeance d’outre-tombe. C’est un peu THE FOG (1978) de John Carpenter, une dizaine d’années avant sa sortie…

L’intrigue : Un groupe d’hommes s’empare d’un navire et y massacre les occupants. Quelques années plus tard, les meurtriers sont hantés par des visions du bateau et certains se suicident ou meurent dans des conditions mystérieuses. Lors d’une banale séance de plongée avec son petit ami, la sœur d’une des victimes découvre de plus les squelettes enchaînes entre eux des victimes. Le prêtre de la petite paroisse où elle réside se révèle n’être nul autre que le chef des meurtriers, qui cache son visage défiguré sous un masque. Ce dernier se rend sur le bateau pour y découvrir l’horrible vérité…

- Trapard -

À SUIVRE !

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QUELQUES SÉRIES B FANTASTIQUES INDONÉSIENNES (p2)

Suite et fin du dossier sur le cinéma fantastique indonésien (débuté ici), avec toujours une sélection croustillante de petites séries B proposées par Trapard-le-passionné. 

QUELQUES SÉRIES B FANTASTIQUES INDONÉSIENNES

PARTIE 2 : LES ANNÉES 90 & 2000

QUELQUES SÉRIES B FANTASTIQUES INDONÉSIENNES (p2) dans Cinéma bis 15011304473415263612871209

Dans les années 90, le cinéma indonésien s’oriente surtout vers le DTV et la télévision avec« La Tripar Multivision Plus, pionnière dans le domaine de la production télé en Indonésie. Cette société s’est peu à peu développée au point de devenir le véritable cœur d’activité du groupe. Elle produit aujourd’hui de nombreuses heures de programmes, des sitcoms et des soap operas essentiellement diffusés à la télé indonésienne mais aussi pour certains au Japon, à Taiwan, à Singapour, en Malaisie, à Brunei, au Pakistan, en Iran, dans le Moyen-Orient et même aux États-Unis. Parkit Films/Multivision Plus possède également ses propres studios télé et sa propre chaîne sur le câble, Film Indonesia Channel, alimentée par un catalogue riche de quelques 900 titres (dont 700 films indiens). » (Nanarland).

15011304341315263612871186 dans Cinéma bis indonésienJe peux néanmoins citer quelques épopées médiévales indonésiennes du début des années 90 comme MUSTIKA SAKTI (1989), BABAD TANAH LELUHUR (1990), DJAGO (1990), PUSAKA PENYEBAR MAUT (1990), ainsi que quelques films de magie noire comme DAERAH JAGOAN (1991) ou AJIAN RATU KIDUL LAUT (1991), une nouvelle réalisation signée de Sisworo Gautama Putra, sans la présence du comédien Barry Prima mais avec celle de la jolie Suzzanna fidèle à ses rôles de sorcières et qui a pris quelques années mais aussi du tour de poitrine.

Autre film de magie noire des 90′s, il y a PAWANG (1995) de Bazar Kadaryono, un film d’aventure légèrement ésotérique et érotique, avec quelques scènes d’arts-martiaux en prime. Le film est ici.

Puis comme l’indique Nanarland : « Après des années de disette, le cinéma indonésien connaît aujourd’hui un nouveau souffle, qu’il convient tout de même de relativiser. Si le nombre de films produits semble en effet être reparti à la hausse depuis les années 2000, il s’agit pour la plupart de comédies gentillettes tournées pour le marché local et de films d’horreur poussifs, qui surfent maladroitement sur la vague des films de fantômes et de revenants asiatiques initiée par les succès d’œuvres comme « The Ring » et « Dark Water » du Japonais Hideo Nakata. »

Vous pourrez d’ailleurs apprécier les belles affiches de films de fantômes indonésiens en bas de page sur le lien de Nanarland.

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Dans cette logique, on trouve :

KAFIR (2002) aka SATANIC de Syarif Mardali

Encore un film indonésien qui lorgne du côté des sujets sur la magie noire.

L’intrigue : « Kuntet est un chaman qui s’est enrichi grâce à diverses entreprises qui ont fait appel à lui, bien que sa femme et ses enfants sont issus de communautés socialement exclues. Pour atteindre l’immortalité, Kuntet fait appel à Satan. Ainsi, lorsque plusieurs enfants du village meurent mystérieusement, les citoyens se mettent en colère... »

KAFIR est un film d’épouvante à très petit budget qui est consultable ici.

15011304405915263612871189 dans Dossier : Séries B Fantastiques Indonésiennes

HANTU AMBULANCE (2008, Rumah Hantu ambulance) de Koya Pagayo

Rien d’exceptionnel à dire sur ce petit film d’horreur indonésien si ce n’est qu’il représente le retour sur les écrans de la déesse du cinéma d’horreur : Suzzanna.

L’intrigue : « Une grand-mère est prête à couvrir le passé terrifiant de sa famille pour protéger son petit-fils, Rano. Mais un jour, Rano déménage à Bandung pour ses études. Avec ses amis, ils louent une vieille maison. C’est alors qu’un fantôme, sous la forme d’une ambulance, se met à assassiner les gens autour de lui. Après avoir découvert le secret familial, Rano va tenter de lutter contre le fantôme et de rompre la malédiction… »

Le film est ici.

15011304450115263612871208 dans Fantastique

TAKUT, FACES OF FEAR (2008)

TAKUT, FACES OF FEAR est une anthologie de l’horreur avec six histoires du folklore indonésien comprenant des fantômes, des zombies, des insectes, des meurtriers et des cannibale. Produit par le philippino-américain Brian Yuzna (RE-ANIMATOR, SOCIETY) pour Komodo Films et par le producteur néerlandais San Fu Maltha, le film offre à sept réalisateurs indonésiens de réaliser chaque épisode : Rako Prijanto, Riri Riza, Ray Nayoan, Robby Ertanto, Raditya Sidharta, ainsi que Les Mo Brothers : Kimo Stamboel & Timothy Tjahjanto dont nous reparlerons dans la suite de cet article.

Brian Yuzna et San Fu Maltha ont tourné un autre film en Indonésie en 2012 avec ANGKARA MURKA.

Le film est en entier et sous-titré en anglais ici.

MACABRE (2009, Darah) de Kimo Stamboel et Timo Tjahjanto

15011304532415263612871211 dans TrapardÀ l’origine, MACABRE est un court-métrage gore et satirique, DARA, réalisé par les Mo Brothers (Kimo Stamboel & Timo Tjahjanto) en 2007. Vous pouvez le voir avec un sous-titrage anglais ici.

Les fameux Mo Brothers (Kimo Stamboel & Timothy Tjahjanto) sont considérés comme la nouvelle vague du cinéma de genre en Indonésie avec Gareth Evans qui a récemment redonné un sang neuf au film de Pencak-Silat avec MENRANTAU (2009), THE RAID (2011) et surtout THE RAID 2 : BERANDAL (2014).

Timo Tjahjanto, sans son compère Kimo Stamboel, s’est essayé sur plusieurs courts-métrages gores et trash, segments de ABC OF DEATH (2012) et V/H/S/2 (2013), le second étant un «found-footage » ultra-gore au sein d’une secte satanique.

Co-produit entre l’Indonésie et Singapour, MACABRE incarne le renouveau du cinéma gore indonésien.

L’intrigue : « Six jeunes gens partent en virée dans la campagne indonésienne. En chemin, ils croisent Maya, une fille étrange, et arrêtent leurs pérégrinations pour la raccompagner chez elle, dans une maison perdue dans la forêt. Une famille très particulière leur offre l’hospitalité… »

PANTAI SELATAN (2013) de Chiska Doppert

15011304570015263612871216Et encore une Femme-Serpent dans ce film de 2013 et avec la plantureuse comédienne indonésienne Dewi Persik.

L’intrigue : « En pleine grossesse, Lastri a dû fuir son domicile après avoir été forcée au mariage par ses parents. Agus, son promis, la traque jusqu’à une grotte appelée Blorong et la pousse au suicide, sautant de la falaise jusque dans l’océan. Sous l’eau, un serpent géant expulse le fœtus de l’abdomen de Lastri et adopte l’enfant baptisé Larasati. Devenue une incarnation de la déesse des serpents Larasati cherche à venger sa mère… »

Le film est ici.

Puis j’ajouterai à cette liste de séries B indonésiennes deux films de fantômes sortis en 2014 : DANAU HITAM (2014) de Jose Purnomo, ou une histoire de revenante rôdant près d’un lac. Et MALAM SURO DI RUMAH DARMO (2014) d’Eka Katili. DANAU HITAM est iciMALAM SURO DI RUMAH DARMO est ici.

Vous trouverez ainsi beaucoup de films de fantômes asiatiques made in Indonesia sur YouTube, souvent destinés à un public très jeune, le teen-movie indonésien ayant même son fantôme de Facebook avec SETAN FACEBOOK (2010) de Helfi C.H. Kardit. Il existe même un Dracula indonésien avec DRAKULA CINTA (2014) !

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Et avant de conclure avec un film tout juste d’actualité, le dernier long-métrage des Mo Brothers :

KILLERS (2014) de Kimo Stamboel et Timo Tjahjanto, un slasher de qualité produit par la Nikkatsu japonaise.

L’intrigue : « Nomura, la trentaine, vit avec succès à Tokyo. Les filles l’aiment et il apprécie leur compagnie. Mais derrière cette apparence, personne ne se doute de la réelle identité de Nomura… Il est un criminel impitoyable et l’auteur de meurtres violents qu’il immortalise par des clips vidéo postés ensuite sur internet. À des milliers de kilomètres vit Bayu, un journaliste d’investigation en disgrâce parti vivre à Jakarta. Suite à d’innombrables échecs, Bayu commence à ressentir une fascination pour les vidéos de Nomura… Il crée alors un alter ego : celui d’un tueur en série justicier qui enregistre ses propres meurtres. Les deux tueurs vont alors se livrer à un face-à-face mortel…»

15011305042715263612871219Enfin, pour conclure avec beaucoup plus de légèreté, voici une bande-annonce qui plaira à Skarn et à tout ceux qui aiment les jolies jeunes femmes : celles du film TARING (2010) de Rizal Mantovani.

L’intrigue : « Farah, un modèle pour la lingerie fine, accepte un emploi auprès d’une société bien connue qui aborde le thème de la Fantaisie sauvage. Farah, avec deux autres modèles Wiwid et Gabriella, doivent se rendre dans une région reculée où l’ambiance sauvage doit servir comme décor pour des photos publicitaires. Damian le photographe et Alex, le représentant de la firme, les accompagnent. La séance photo en tenues légères se déroule pour le mieux jusqu’à ce que la nuit tombe et qu’une créature sanguinaire s’attaque au petit groupe… »

- Trapard -

FIN !

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QUELQUES SÉRIES B FANTASTIQUES INDONÉSIENNES (p1)

Si vous êtes un assidu des Échos d’Altaïr, vous avez sûrement lu l’interview du réalisateur Bastien Meiresonne qui nous parlait de son documentaire GARUDA POWER consacré au cinéma de genre indonésien.

Voici, pour rester dans le thème, une petite sélection de films fantastiques indonésiens assez mal connus hors d’Asie et que nous remettrons à l’honneur le temps d’un article. Cette petite liste n’est en rien exhaustive mais elle vous donnera peut-être envie de voir ou revoir cet obscur cinéma venu d’Indonésie.

N’hésitez pas non plus à consulter la page de Nanarland consacrée en partie à l’Histoire de la série B indonésienne, ce qui vous expliquera aussi pourquoi vous ne trouverez aucun film indonésien antérieur aux années 70. Exceptés les films dits-coloniaux comme le très beau LEGONG, DANCE OF THE VIRGINS (1935), sorte de conte muet interprété par des non-professionnels balinais et produit par l’Américaine Constance Bennett, et la production nationale antérieure aux Seventies plutôt faible dont quelques comédies dans les années 60, nous ne citerons qu’une poignée de classiques du genre des années 70 à nos jours.

QUELQUES SÉRIES B FANTASTIQUES INDONÉSIENNES

PARTIE 1 : LES ANNÉES 70 & 80

QUELQUES SÉRIES B FANTASTIQUES INDONÉSIENNES (p1) dans Cinéma bis 15010605375615263612852947

RATU ULAR (1972) aka « Snake Queen » de Motinggo Busye

C’est une star féminine du Cinéma Fantastique indonésien, Tuty S qui écrit, produit et interprète une longue série de films aux thèmes les plus sombres possibles jusqu’aux années 90, dont ces deux premiers films de mon article, RATU ULAR et DUKUN BERANAK en sont deux beaux exemples. Il faut dire aussi que les comédiennes indonésiennes étant souvent très belles, ce sont souvent elles qui sont les fils conducteurs des intrigues de ces séries B. Il suffit pour s’en convaincre de revoir la production conséquente de films d’action dédiés à de superbes femmes motardes et bastonneuses du début des années 80 comme DEADLY ANGELS STRIKE BACK (1981), MEMBAKAR MATAHARI (1981), VIRGINS FROM HELL (1983), MONTIR MONTIR CANTIK (1984) etc… Sans oublier que Laura Gemser, qui est aussi Indonésienne, est l’une des plus belles comédiennes de cinéma bis italien. Elle a aussi tourné en France et aux États-Unis dans un nombre incalculable de films de genre, souvent érotiques.

15010605402315263612852948 dans Cinéma bis indonésien

Laura Gemser

Pour en revenir à ce SNAKE QUEEN, réalisé par Motinggo Busye en 1972, il ne faut pas le confondre avec THE SNAKE QUEEN de 1982 tourné par Sisworo Gautama Putra et mettant en vedette la 15010605430515263612852949 dans Dossiercomédienne Suzzanna, ce genre de sujet étant d’ailleurs très courant en Asie, de Bollywood à Hong-Kong en passant par Taïwan et même par les vieux classiques d’Hollywood (avec les films d’épouvante de la Universal Pictures comme LE SIGNE DU COBRA en 1944 et LE CULTE DU COBRA en 1955).

L’intrigue : « À la mort de ses parents, la jeune Siti retourne dans son village, dans la maison de sa tante Nyi Aminah, une riche veuve. Dans le village, de nombreux décès mystérieux se succèdent et Nyi Aminah semble vouer un culte secret à un dieu serpent… »

RATU ULAR est un film d’horreur aux effets-spéciaux et aux maquillages bien cradingues qui sont comme un compromis entre les films philippins d’Eddie Romero (LE MÉDECIN DÉMENT DE L’ÎLE DE SANG, BRIDES OF BLOOD ou BEAST OF THE YELLOW NIGHT) et les films bollywoodiens des frères Ramsay.

Pour vous faire une idée de l’ambiance de RATU ULAR, vous pouvez le trouver en version complète et en V.O. ici.

15010605453915263612852950 dans Dossier : Séries B Fantastiques Indonésiennes

DUKUN BERANAK (1977) de Bay Isbahi

Entre mélodrame et film surnaturel, DUKUN BERANAK est beaucoup moins séduisant et plus bavard que le précédent.

L’intrigue : « Nyi Anis a chassé son mari Agus avec l’aide du sorcier Mak, un expert en magie noire. Pour se venger Agus force Mak à le faire revenir vers Nyi mais pour cela, il doit sacrifier un bébé à chaque pleine lune. La première victime était son propre enfant et la malédiction semble prendre une tournure difficilement réversible… »

Vous pouvez trouver DUKUN BERANAK en version complète et en V.O. ici.

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SRIGALA (1981) de Sisworo Gautama Putra

S’inspirant vaguement des premiers VENDREDI 13, Sisworo Gautama Putra, qui a d’abord été réalisateur de films d’arts-martiaux, a lancé la mode des Slashers indonésiens avec ce SRIGALA (1981). On y retrouve les deux stars indonésiennes de l’époque de la Rapi Films, Barry Prima et Rudy Salam.

L’intrigue : « Un groupe d’adolescents se retrouve dans un camp près d’un lac pour les vacances. Parallèlement, trois aventuriers sont bien décidés à trouver un trésor au fond du lac. Mais ils ne sont pas seuls. Un homme vêtu de noir commence à s’en prendre et à décimer toute âme qui erre près du lac… »

On retrouve plus ou moins les ingrédients qui ont fait le succès des VENDREDI 13 avec ses plans suggestifs et un tueur à l’affut. Et avec beaucoup de scènes nocturnes avec des hurlements de loups, des cris de chouettes, des chants de cigales (on suppose que le sonorisateur du film avait tout un disque de cris d’animaux sous la main pendant le mixage). SRIGALA n’est pas très original mais c’est un bon film d’ambiance que vous pouvez trouver en version complète et en V.O. ici.

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BAYI AJAIB (1982) de Tindra Rengat

Mélange de film surnaturel et d’horreur, BAYI AJAIB est considéré comme un film culte des années 80 en Indonésie. Il est sûrement vaguement inspiré d’INCUBUS (1982), sorti la même année aux États-Unis.

L’intrigue : « Kosim et Dorman connaissent l’existence d’une mine de diamants dans un village reculé. Dorman, qui a du sang portugais, supplie ses ancêtres qui ont été enterrés dans la région, dont Alberto Domenique qui lui propose de l’aider dans ses ambitions. Alors que Kosim trouve un diamant, sa femme Sumi, qui est enceinte, rend visite à une chaman du village qui ressent une incongruité dans l’utérus… »

BAYI AJAIB est une sympathique série B avec quelques scènes irréelles et gothiques et une ambiance musicale assez proche de celles des séries B italiennes de la même période. Vous en trouverez une version complète et en V.O. ici.

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SATAN’S SLAVE (1982, Pengabdi Setan) de Sisworo Gautama Putra

15010605540115263612852954Autre film d’horreur, mais très inspiré de l’ambiance de PHANTASM (1979) de Don Coscarelli et d’EVIL DEAD (1982) de Sam Raimi.

L’intrigue : « Depuis la mort prématurée de sa femme, Munarto est inconsolable et ses enfants, Tommy et Rita, sont profondément ébranlés. Tommy va consulter une voyante pour prédire leur avenir. Dès ce moment, les phénomènes étranges vont se multiplier. D’inquiétantes ombres semblent menacer la famille. Tommy sera possédé, le jardinier Karto se pend sans aucune raison et Herman, le petit ami de Rita, meurt dans un mystérieux accident de voiture. Tommy soupçonne la voyante Darmina d’être la raison de tous les maux ; mais au moment de la confronter, cette dernière lève une terrible armée de morts-vivants pour faire assassiner la petite famille… »

Le film est ici.

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SUNDEL BOLONG (1982) aka « Ghost with Hole » de Sisworo Gautama Putra

Avec SUNDEL BOLONG, le réalisateur Sisworo Gautama Putra est revenu assez tardivement avec le genre « Rape-and-Revenge » (I SPIT ON YOUR GRAVE, LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE, L’ANGE DE LA VENGEANCE…). Mais il renouvelle le genre en y ajoutant des éléments du folklore indonésien ainsi qu’une touche de surnaturel (la vengeance de l’héroïne est post-mortem).

L’intrigue : « Alisa est un ancienne prostituée mais sa vie a complètement changé après son mariage avec Hendarto. Un jour, Rudi, un homme d’affaires, rencontre Alisa dans une boutique et lui propose de la payer pour satisfaire son envie d’elle, ce qu’elle refuse. Colérique, Rudi fait alors kidnapper la jeune femme et la viole. Dévastée Alisa retourne à son domicile et seule, recluse, elle se laisse envahir par un sentiment de vengeance… Même après son propre décès… »

Produit par la Rapi Films, SUNDEL BOLONG met de nouveau en vedette Barry Prima, mais aussi la jolie Suzzanna qui est l’héroïne d’un petit nombre de films d’horreurs cultes en Indonésie comme LA REINE DE LA MAGIE NOIRE (1979, Ratu ilmu hitam).

Le film est ici.

THE SNAKE QUEEN (1982, Nyi blorong) de Sisworo Gautama Putra

15010605583015263612852956Tout comme SUNDEL BOLONG, THE SNAKE QUEEN a popularisé le cinéma d’horreur indonésien et de son réalisateur Sisworo Gautama Putra hors de son pays. Ainsi la popularité de Barry Prima et de Suzzanna s’est exportée aux États-Unis et en Europe, et c’est sur le site francophone Horreur.net que vous en trouverez le résumé suivant :

L’intrigue : « Une femme-serpent dispense la bonne fortune à ses disciples, en contre-partie ceux-ci doivent sacrifier une personne aimée en son honneur dans l’année. Un homme ayant déjà sacrifié sa femme et son fils au nom de la richesse ne peut se résoudre à tuer sa fille. Son seul espoir : marier sa fille pour qu’il puisse sacrifier son gendre. Mais la reine tombe amoureuse du jeune homme en question créant ainsi un triangle amoureux des plus troublants… »

Nous sommes évidemment à des années-lumière de la légende chinoise dont est tiré GREEN SNAKE, avec Maggie Cheung ondulant le long des lacs, mais voir la pulpeuse Suzzanna en déesse-serpent vaut aussi son pesant de lombrics caloriques et énergétiques.

Le film est ici.

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LE JUSTICIER CONTRE LA REINE DES CROCODILES (1984, Golok Setan) aka KORAL LE JUSTICIER aka THE DEVIL’S SWORD de Ratno Timoer

Dans la droite lignée des héros indonésiens comme Rajawali Sadki, Jaka Sembung ou Jaka Tarub, Mandala est un guerrier évoluant dans un folklore propre à l’Indonésie avec des sorciers et des puissances surnaturelles souvent à la limite du péplum. Outre LE JUSTICIER CONTRE LA REINE DES CROCODILES, Mandala est le personnage central d’une série de films comme MANDALA FROM THE SNAKE RIVER, MANDALA THE TAR TAR CONQUEROR, tous interprétés par Barry Prima, et souvent tournés en langue anglaise pour l’exportation.

L’intrigue : « La Devil’s Sword, est une épée magique qui assure la toute puissance à celui qui l’utilise. Celle-ci est cachée dans une grotte secrète de la Devils Mountain. Quatre guerriers attaquent et torturent le gardien de la montagne afin de savoir où trouver cette épée. Celui-ci parvient à s’échapper et informe Mandala, son élève, un fier et fort guerrier, de ce qui se trame. Celui-ci va entamer un voyage parsemé d’embûches afin d’empêcher que le mal s’empare de ce qui pourrait asservir le royaume… »

Du bon cinéma d’arts-martiaux avec un héros luttant contre la magie noire et des monstres issus de légendes ancestrales dans des costumes en caoutchouc. On retrouve ce style de film dans le cinéma indonésien jusque dans les années 90 avec SAUR SEPUH I SATRIA MADANGKARA (1987), MUSTIKA SAKTI (1989), BABAD TANAH LELUHUR (1990), DJAGO (1990), PUSAKA PENYEBAR MAUT (1990). Des épopées médiévales entre films d’arts-martiaux et fresques aux faux airs de Mahâbhârata hindouistes.

Le film est ici.

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LA REVANCHE DE SAMSON (1985, Samson Dan Delilah) de Sisworo Gautama Putra

LA REVANCHE DE SAMSON est une relecture moderne d’un mythe ancestral par l’industrie du cinéma indonésien.

L’intrigue : « Daman est un jeune homme dont les parents se sont fait assassiner alors qu’il n’était qu’un enfant. Il a été recueilli, puis élevé par un vieil homme qui a su faire de lui un être surpuissant, quoique pacifiste… »

Il s’agit d’une sorte de péplum indonésien débutant à la manière de CONAN LE BARBARE mais avec le folklore national en plus et la jolie Suzzanna dans le rôle de Dalida ainsi que le bodybuilder indonésien, Paul Hay.

Le film est ici.

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LADY TERMINATOR (1989, Pembalasan ratu pantai selatan) aka NASTY HUNTER de H. Tjut Djalil

Dernier film fantastique indonésien de la première partie de cet article. Plus contemporain et érotique que les précédents, LADY TERMINATOR, malgré son titre racoleur, est un bon film d’action et de magie noire de la fin des Eighties.

L’intrigue : « L’esprit d’une ancienne reine maléfique possède le corps d’une jeune étudiante en anthropologie. Un saccage meurtrier s’ensuit alors…. »

- Trapard -

À SUIVRE !

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CINÉMA DE SCIENCE-FICTION DES ANNÉES 90 – partie 3

CINÉMA DE SCIENCE-FICTION DES ANNÉES 90 - partie 3 dans Cinéma bis 14111205261615263612697966

LES HÉROS DES MONDES FUTURS (ET SOUVENT DÉVASTÉS)

Le film post-apocalyptique des années 80 définissait déjà bien certaines bases du post-nuke moderne avec ses hordes de mutants évoluant au sein d’une totale anarchie futuriste. Ainsi le diptyque THE TERROR WITHIN produit par Roger Corman M.N.I. MUTANTS NON IDENTIFIÉS (1989, The Terror Within) de Thierry Notz est un comme un avant goût de post-ALIEN post-apocalyptique.

Au lendemain d’une guerre bactériologique qui a éradiqué la population mondiale, une poignée de scientifiques, derniers survivants de ce monde dévasté, s’est mise en quête de trouver le vaccin salvateur. Enfermés dans un laboratoire situé à 500 pieds sous terre dans le désert de Mojave, ils ne sont pourtant pas seuls : les Gargouilles, des mutants irradiés, rôdent alentour. Parmi les scientifiques, une femme kidnappée par une Gargouille se retrouve enceinte et accouche d’un enfant monstrueux…

Dans ce premier volet, le vieux George Kennedy côtoie Andrew Stevens qui incarne David, le héros du film. Stevens reprend son rôle dans la suite, DANGER MUTATIONS (1991, The Terror Within 2) qu’il réalise lui-même en faisant jouer sa propre mère, Stella Stevens, ancienne comédienne hollywoodienne.

Après une catastrophe naturelle, les seuls survivants sont presque tous devenus des monstres mutants. Mais une dernière colonie de scientifiques lutte pour survivre sous terre…

14111205182115263612697961 dans Cinéma bis américainJe ne m’engouffrerai pas dans une interminable énumération de post-ALIEN des 90′s, mais dans ce genre précis, METAMORPHOSIS, THE ALIEN FACTOR (1990) de Glenn Takakjian est un très agréable nanar de l’espace.

Le docteur Michael Foster dirige une équipe de généticiens qui mène des recherches top secret. Il injecte notamment des échantillons provenant de l’espace intersidéral dans les veines de grenouilles. Mais il se fait mordre par mégarde…Ses veines et ses artères se mettent à gonfler, de terribles suintements de liquide noir l’accablent, sa peau se déforme et son visage se tuméfie de l’intérieur. Ses collègues Nancy et Elliot mettent alors tout en œuvre pour renverser le processus. En vain ! Désormais seul le canon atomique pourrait l’arrêter… 

Le film est en V.O. ici.

Les années 90 étant le prolongement de la décennie précédente, les comédiens John Saxon, Russ Tamblyn (TWIN PEAKS) et Christopher Mitchum se retrouvent aussi enrôlés dans des aventures futuristes nanardesques avec AFTERSHOCK (1990) de Frank Harris.

Durant la Troisième Guerre mondiale qui sévit sur Terre, un alien débarque discrètement et prend forme humaine. Apprenant l’anglais à l’aide d’un dictionnaire, il se met à faire des bonnes et des mauvaises actions…

Le B Movie de SF permet aussi à de jeunes comédiens de se faire connaître par le biais des DTV. C’est le cas de Robert Z’Dar dont le physique lui permettait de jouer le flic zombie grimé des MANIAC COP et que l’on croise dans plusieurs post-nukes ou dans certains films d’anticipation à petit budget, dont DRAGONFIGHT (1990) de Warren A. Stevens où il côtoie Charles Napier.

Dans le futur, de grandes corporations internationales dépensent des millions de dollars pour organiser des combats de gladiateurs télévisés. Un jour, l’un d’eux décide de désobéir à l’ordre d’effectuer un combat dans le désert de l’Arizona et il s’enfuit. La traque commence alors…

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Les Français ne sont pas en reste puisque F.J. Ossang tourne LE TRÉSOR DES ÎLES CHIENNES (1990) dont la diffusion a été malgré tout assez confidentielle.

Dans un futur incertain, une expédition est envoyée aux îles Chiennes pour retrouver un ingénieur découvreur d’une nouvelle forme d’énergie…

Et Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet de réaliser leur DELICATESSEN (1991).

Dans un futur étrange, inquiétant et burlesque, un ancien clown est engagé comme concierge dans un hôtel. Le quartier est peuplé de « troglodistes », d’un boucher, d’un éleveur de grenouilles et de fabricants de boîtes à « Meuh ». Sur fond de guerre et de terrorisme, le voyageur va découvrir l’amour…

En 1991, c’est le grand come-back de Connor MacLeod dans HIGHLANDER, LE RETOUR (1991, Highlander II: The Quickening) réalisé de nouveau par le cinéaste australien Russell Mulcahy et avec plus de SF encore que dans l’opus précédent. MacLeod y retrouve son vieil ami Ramirez et ensemble ils luttent en 2024 contre Katana, un immortel de la planète Zeist, planète d’origine de tous les immortels et venu sur Terre pour les tuer. MacLeod a supervisé la conception d’un bouclier-laser destiné à protéger la Terre des rayons du soleil tandis qu’une puissante entreprise oblige la population à payer un impôt pour pouvoir en bénéficier. Une fois la couche d’ozone reformée et le bouclier-laser devenu inutile, MacLeod et Ramirez vont également lutter contre la compagnie qui l’exploite dans son propre intérêt financier…

On retrouve donc Sean Connery aux côtés de Christophe Lambert, mais cette fois-ci Virginia Madsen (DUNE, CANDYMAN) et Michael Ironside (SCANNERS, TOTAL RECALL, STARSHIP TROOPERS) font aussi leur entrée dans la saga.

14111205335415263612697968 dans Dossier : Cinéma SF des Années 90

Au sujet du fait que le premier volet d’HIGHANDER (1986) a bien fonctionné au box-office européen mais pas du tout aux États-Unis, Nanarland indique : « Après un bref passage à vide, Christophe Lambert tente de relancer sa carrière en revenant à l’un des rôles qui ont fait sa gloire, en tournant HIGHLANDER, LE RETOUR. Il se répand dans les médias en ressassant sa fierté d’avoir tourné ce film qui, c’est sûr, va combler ses fans. Ce petit cachottier de Christophe se garde bien de dire que l’un des producteurs a imposé un scénario absurde qui a massacré le film. Catastrophe artistique, HIGHLANDER, LE RETOUR tétanise d’horreur des salles entières, consterne les fans du premier et réalise l’exploit de nanardiser rétrospectivement toute la franchise. Commence alors pour Christophe Lambert un long chemin de croix : les jeunes spectateurs des années 80 l’adulaient, ceux des années 90 lui jetteront des tomates. »

Wikipédia informe sur l’existence d’HIGHLANDER 2 : RENEGADE VERSION que je n’ai jamais vu : « C’est une version director’s cut, plus longue, qui change complètement le point de vue du film. Russell Mulcahy a rappelé quelques acteurs quelques années après la sortie du film, pour tourner des scènes supplémentaires, et redoubler d’anciennes. Toute référence aux extraterrestres est alors supprimée : les immortels viennent dorénavant d’une ancienne civilisation extrêmement avancée. Le doublage français de cette version n’a pas été corrigé, et fait toujours référence aux extraterrestres. Seule la bande son anglaise reflète le point de vue du réalisateur »

14111205364015263612697969 dans Science-fictionBien que moins futuriste, HIGHLANDER 3 (1994, Highlander III: The Sorcerer) d’Andrew Morahan est nettement meilleur, plus crédible et finalement plus proche du premier volet. Et Mario Van Peebles y est excellent dans le rôle de Kane, puis Deborah Kara Unger, particulièrement jolie.

À l’époque du Japon féodal, au XVIe siècle, Connor MacLeod part à la découverte d’un maître. Il rencontre l’immortel Nakano qui lui enseigne une partie de son savoir. Mais MacLeod est poursuivi par Kane, un autre immortel. Il parvient à le retrouver et tue le sage Nakano. Mais la puissance du quickening fait s’effondrer la grotte et Kane est enterré vivant avec les deux autres immortels qui lui étaient alliés. Puis au XXe siècle, des recherches archéologiques libèrent les trois immortels prisonniers, et Kane se remet à la recherche de Connor MacLeod qui vit désormais à Marrakech avec son fils adoptif, John.

Mais pour revenir à plus futuriste que la saga des HIGHLANDER, celle d’ALIEN NATION, sorte de polar de science-fiction commencé en 1988 par Graham Baker avec FUTUR IMMÉDIAT, LOS ANGELES 1991, se poursuit tout le long des années 90.

Dans le futur, des extraterrestres se sont implantés sur Terre. Après des années passées sous quarantaine, ils sont libres d’aller et venir mais sont victimes d’une nouvelle forme de discrimination. Dans ce contexte, Samuel Francisco est le premier officier de police extraterrestre. Son partenaire est un vétéran de la police. Ils devront surmonter leurs différences pour mettre à mal les complots des dirigeants extraterrestres…

14111205390115263612697970 dans TrapardJe ne résumerai pas les épisodes suivants, tous produits par la télévision américaine, mais je me contenterai de les énoncer : la série TV ALIEN NATION (1989) en 22 épisodes, puis ALIEN NATION (1989) d’Harry Longstreet. Les suivants étant tous réalisés par Kenneth Johnson : ALIEN NATION, DARK HORIZON (1994), ALIEN NATION, BODY AND SOUL (1995), ALIEN NATION, MILLENNIUM (1996), LES MUTANTS (1996, Alien Nation: The Enemy Within), ALIEN NATION, THE UDARA LEGACY (1997).

Autre sujet d’anticipation et métaphore de la montée des haines et des manipulations pendant les périodes de crises économiques, PRAYER OF THE ROLLERBOYS (1990) de Rick King, est un bon teen-movie futuriste avec Corey Haim (PEUR BLEUE, GÉNÉRATION PERDUE) et Patricia Arquette toute jeunette.

Dans un futur indéterminé, les États-Unis ont sombré dans une immense décadence économique et morale, avec en prime une montée du racisme primaire. Griffin est un jeune adulte qui gagne sa vie comme livreur de pizza et qui s’occupe, en plus, de son jeune frère. Un ancien camarade de jeunesse de Griffin, Gary Lee, est devenu le chef d’une bande de loubards, les Rollerboys, qui prônent la suprématie blanche, s’adonnant à de nombreux larcins et se déplaçant toujours en rollers. Quand son frère commence à se rapprocher de cette bande de voyous et à idolâtrer Gary Lee, Griffin accepte la proposition que lui fait la police d’infiltrer cette bande…

En 1991, Mad Max est de retour dans NEON CITY (1991) de Monte Markham. Bon, il faut dire qu’ici Max ce n’est pas Mel Gibson mais Michael Ironside. D’ailleurs, il ne s’appelle pas non plus Max mais Harry M. Stark, mais on sent tout de même le besoin de la part des concepteurs du film de faire un MAD MAX même si plus de cent cinquante réalisateurs s’y sont essayés tout au long des années 80. Néanmoins NEON CITY (1991) est un bon western post-apocalyptique.

14111205423415263612697971En l’an 2053, la Terre a été dévastée par une expérience militaire qui a mal tourné. La couche d’ozone est partie, les nuages ​​radioactifs dérivent à travers les plaines, et les réactions imprévisibles et intenses des ultra-violets sont mortelles. Dans ces conditions, un groupe de voyageurs tente de rejoindre la ville frontière de Jéricho pour atteindre le refuge de Neon City, ville imaginaire et paradisiaque…

Moins post-apocalyptique au sens premier du terme, ACTION MUTANTE (1992, Acción mutante), d’Álex de la Iglesia, nous vient d’Espagne et de la part d’un réalisateur aux films démesurément drôles et déjantés.

Dans un monde futur gouverné par « des gens bien », un groupe terroriste de mutants dirigé par Ramon Yarritu kidnappe la fille d’Orujo, un riche homme d’affaires, pour défendre les droits des gens laids. Échappant à la police dans leur vaisseau spatial, Ramon tente de tuer les membres de son gang afin de garder la rançon pour lui seul. Le voyage prend brutalement fin lorsqu’ils s’écrasent sur Axturiax, la planète des mineurs fous où aucune femme ne vit…

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Co-produit avec l’Australie, FORTRESS (1993) de Stuart Gordon annonce le grand retour de Christophe Lambert dans un film de SF. Stuart Gordon, qui était l’un des maîtres du gore dans les années 80 pour les productions Brian Yuzna (RÉ-ANIMATOR, FROM BEYOND), réalise pas mal de films de SF durant les 90′s pour Full Moon, dont un cultissime ROBOJOX (1990) qui aura d’ailleurs une suite avec ROBOT WARS (1993) tourné par Albert Band. FORTRESS présente une intrigue musclée au sein d’un État-Policier futuriste numérisé et privatisé.

En 2018, la Terre est en crise à cause de la surpopulation. Une règle est instaurée : chaque famille ne peut avoir qu’un seul enfant. John Brennick et sa femme Karen enfreignent cette règle en raison de la mort de leur premier enfant. Ils sont condamnés à la prison à vie dans une prison à sécurité maximum de la société MENTEL. Personne n’a réussi a s’en évader, c’est pourquoi on l’appelle LA FORTERESSE…

À la fin des années 90, le cinéaste néo-zélandais, Geoff Murphy a tourné FORTRESS 2 : RÉINCARCÉRATION (1999, Fortress 2: Re-Entry) qui est nettement moins bon.

Depuis sa spectaculaire évasion de la prison Men-Tel, John Brennick se terre avec sa femme et son fils au cœur d’une forêt. Malgré les années, le puissant consortium n’a pas renoncé à pourchasser celui qui a osé triompher de son fleuron technologique carcéral. Pour permettre à sa femme et à son fils de fuir, John se sacrifie et retombe aux mains de Men-Tel. La prison, dirigée par la sulfureuse Susan Mendenhall, se trouve désormais sur une station spatiale. Mais John Brennick l’a déjà prouvé dans le passé : aucun système n’est infaillible…

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La télévision française a aussi produit son sujet d’anticipation avec la série produite par la regrettée La Cinq, LES HORDES (1991) de Jean-claude Missiaen (RONDE DE NUIT, TIR GROUPÉ) avec Corinne Touzet, Nils Tavernier et Jean-pierre Kalfon sur une bande-originale de Bernie Bonvoisin (de Trust).

Et si les pauvres, las de leur misère et de notre indifférence, se fédéraient en hordes barbares ? Dans notre futur immédiat, les déclassés et les déshérités de notre société rançonnent les automobilistes. Ils forment des groupes paramilitaires afin de conquérir les villes… Ils se structurent en parti politique et deviennent graduellement un État dans l’État… Sous une fausse identité, un policier limogé infiltre le mouvement…

TC 2000 (1993) de T.J. Scott est une série B d’anticipation proche du premier MAD MAX et plutôt réussie malgré le manque de moyens évidents. Et années 90 obligent, le film nous propose quelques scènes de combats de kickboxing. Si en plus des gladiateurs, tu aimes aussi les combattants haltérophiles, ce film est pour toi :

14111205505315263612697976Quelque part, dans un futur indéterminé, une catastrophe naturelle a tué une grande partie des humains. Les riches se sont terrés dans des abris, les pauvres ont formé des gangs à la surface de la Terre pour parvenir à survivre parmi le chaos. Jason Storm, un gardien des territoires souterrains, a vent d’un complot visant à exterminer tous les peuples vivant à l’air libre. Il doit parvenir à l’air libre et combattre Sumai, un maître des arts martiaux, afin de déjouer le complot…

TC 2000 permet aussi de mettre en avant l’excellent pratiquant des arts-martiaux, Billy Blanks sorte de sous-Wesley Snipes.

Billy Blanks revient en 1995 dans SANS PITIÉ NI PARDON (1995, Expect No Mercy) de Zale Dalen. Déjà, rien que le titre, il fait mal… Il a d’ailleurs comme titre alternatif VIRTUAL KICKBOXING, ce qui fait franchement encore plus mal. Et le site Nanarland d’indiquer comme Genre : Sans maîtrise ni budget (Catégorie : Tatane).

Warbeck, directeur d’une étrange école d’arts martiaux, mettant à profit la réalité virtuelle, forme une armée secrète de tueurs à gages et propose les services de son commando à divers mafieux. Le tout au nez et à la barbe de ses élèves et employés. Ayant déjà perdu un espion dans l’affaire, les deux enquêteurs sur le dossier envoient un nouvel homme sur place afin qu’il puisse rassembler des preuves sur les méfaits du groupe et distribuer quelques mandales au passage. Une mission qui s’annonce périlleuse malgré la présence d’Eric, instructeur sur les lieux mais surtout indic’ de nos limiers…

Franchement, après deux films de Billy Blanks, rien ne vaut un vrai Wesley Snipes. Un Wesley Snipes qui renforce d’ailleurs sa célébrité la même année aux côtés de Sylvester Stallone et Sandra Bullock, passant au niveau de star hollywoodienne avec DEMOLITION MAN (1993) de Marco Brambilla, un film bourré d’action et dont l’intrigue présente une société futuriste faussement démocratique.

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Los Angeles, 1996. Simon Phoenix, un psychopathe traqué par la police, s’est emparé d’une trentaine d’otages avant de se réfugier dans une planque pleine d’armes et d’explosifs. Alors que ses supérieurs hésitent quant aux méthodes à employer, le sergent de police John Spartan, surnommé Demolition Man (littéralement « le démolisseur ») en raison de ses méthodes expéditives, décide de passer à l’action et parvient à s’introduire dans le repaire de Phoenix. Ce dernier refuse de se rendre et déclenche une formidable explosion durant laquelle les 30 otages trouvent la mort. John Spartan est accusé d’homicide par imprudence et est condamné à une longue peine d’hibernation et de rééducation au « Cryo-Pénitencier » de Californie : il y est cryogénisé et devra subir pendant 70 ans une sorte de lavage de cerveau, au terme duquel il devrait être un citoyen qui ne représente plus aucun danger pour les autres, avant d’être sorti de son état d’hibernation. Phoenix est également condamné à une longue peine de détention au Cryo-Pénitencier…

2032. La société est désormais non-violente, le dernier meurtre remontant au 25 septembre 2010. Simon Phoenix est décongelé plus tôt que prévu et, s’avérant nullement guéri de ses pulsions agressives, parvient à s’échapper de la cryo-prison après avoir tué plusieurs personnes. La police, ne sachant plus comment lutter contre de tels criminels, décide de recourir à un policier plus expérimenté en la matière : John Spartan. Elle sort Spartan de son hibernation trente-quatre ans plus tôt que prévu et, en échange de sa libération définitive, le charge d’arrêter son ennemi de longue date, Phoenix…

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Indirectement inspiré de DEMOLITION MAN, la série B canadienne PAST PERFECT (1996) de Jonathan Heap annonce les couleurs futuristes en modifiant quelque peu son scénario :

Dylan Cooper, un flic violent pur et dur, ne tolère pas la corruption et le crime. Mais il y a plus impitoyable que lui, 3 flics surgis de nulle part. Dotés d’un armement ultra sophistiqué, ils nettoient les rues de Los Angeles, éliminent de sang froid les petits criminels comme les gangsters chevronnés. Qui sont-ils? Des flics de l’an 2025 en mission en 1996 pour éradiquer le mal à la racine et éviter qu’il influence sur le cours de l’histoire et amène le monde à sa perte…

Sylvester Stallone sera de retour, deux ans après ce film futuriste, pour un post-nuke cultissime récemment remakisé : JUDGE DREDD (1995) de Danny Cannon.

Après une apocalypse nucléaire, en 2139, la civilisation survit dans de gigantesques cités. Du haut, les quartiers favorisés, jusqu’au bas où la misère demeure et où, pour maintenir l’ordre, les juges patrouillent sur de puissantes motos volantes (les tribuno-glisseurs). Ils sont à la fois policiers, jurés et bourreaux. Parmi eux, le Juge Dredd…

14111205590515263612697979Tourné deux ans plus tôt, et comme je l’abordais dans mon article sur les dérivés de JURASSIC PARK le réalisateur et fantasticophile français, Norbert Moutier, a aussi mêlé des dinosaures à un nanar d’anticipation avec DINOSAUR FROM THE DEEP (1993).

En 2004, ne sachant pas comment exécuter un abominable criminel récidiviste, alors que la peine de mort vient d’être abolie, les experts du FBI et leurs avocats imaginent d’embarquer le condamné dans un voyage dans le temps, vers une époque où la sentence s’appliquait encore. Pour des raisons financières, cette expédition est couplée avec une mission scientifique sur la planète Terra, chargée de retrouver la trace des premiers dinosaures. Ceux-ci existent bel et bien et, alors que l’équipage s’est lancé à la poursuite du prisonnier en fuite, leurs membres doivent vivre l’horreur et faire face à ces monstres avides de sang…

Histoire de détendre l’atmosphère, j’ajouterai à cette liste un OAV de manga futuriste et érotique en mode space-opera mais très drôle : MISSION EXTRÊME (1994) de Dia Nagahama dont je vous laisse savourer le très joyeux résumé :

Kate Kurtis, 19 ans, sous-lieutenant de l’Armée de l’Univers, très sensuelle et aimant le sexe, a pour mission de rejoindre la planète DONIC en se faisant passer pour une catin afin d’infiltrer une organisation criminelle spécialisée dans l’enlèvement de jeunes femmes. Daro, une dominatrice, règne sur cet univers de perversions sexuelles…

Assez proche de NEW-YORK 1997 (1981, Escape from New-York) de John Carpenter et de ses dérivés italiens des 80′s, NEW CRIME CITY (1994) de Jonathan Winfrey présente une intrigue similaire :

Dans le futur, le gouvernement a isolé Los Angeles et a transformé la ville en prison, désormais elle est appelée la ‘Crime Zone’. Rick est considéré comme un criminel, mais il lui est donné une dernière chance. En échange de sa vie et d’une chance d’être liberté, il doit aller dans la zone de crime pour récupérer un dispositif biochimique mortel menaçant le monde.

14111206011315263612697980John Carpenter a d’ailleurs tourné une sorte de reboot à plus gros budget de son NEW-YORK 1997 (1981) avec LOS ANGELES 2013 (1996, Escape from L.A.). Mais il faut bien reconnaître que malgré les délires visuels plutôt bons, le charme du premier est brisé et l’absence de personnalité du réalisateur se fait sentir derrière les producteurs du film.

Après un tremblement de terre survenu en 2000, la ville de Los Angeles s’est détachée du continent américain. En 2013, elle est devenue une île où le gouvernement, très puritain, exile tous les bannis de la société. Snake Plissken y est envoyé afin de barrer la route au maître des lieux, le révolutionnaire Cuervo Jones – membre du Sentier lumineux – qui menace de neutraliser toutes les sources d’énergie de la planète en prenant le contrôle d’un réseau de satellites militaires émettant des impulsions électromagnétiques…

Néanmoins, entre FORTRESS (1993) et LOS ANGELES 2013 (1996), le réalisateur Martin Campbell a tourné lui aussi un très sympathique film de prison futuriste avec ABSOLOM 2022 (1994, No Escape ou Escape from Absolom) avec Ray Liotta et Lance Henriksen.

En 2022, un ancien héros de guerre incarcéré pour assassinat arrive dans les quartiers de haute sécurité d’une prison, où règne en maître un directeur impitoyable. Le nouveau détenu lui tenant tête, il est immédiatement sanctionné : il sera banni, envoyé sur Absolom, une île-prison spécialement réservée aux récalcitrants. Cette île ne connaît qu’une seule règle : s’évader est interdit. Pour le reste, elle ne connaît pas d’autres lois que celle du plus fort…

14111206032315263612697981Il existe d’ailleurs plus d’un point commun entre LOS ANGELES 2013 sorti en France en 1996 et NEW CRIME CITY (1994) qui a pour titre d’exploitation hexagonal : LOS ANGELES 2020. Le comédien Stacy Keach joue le directeur de prison dans les deux films, rôle que tenait déjà Lee Van Cleef dans NEW-YORK 1997 en 1981.

NEW CRIME CITY en entier et en V.O. ici.

Le film de John Carpenter a aussi engendré des petits nanars qui sont un peu comme le fond du fond du néant cinématographique, et que l’on trouve même en DVD en France (on est très gâtés!). C’est le cas par exemple de DEATH GAME (1997) un téléfilm de Randy Cheveldave édité en DVD pour le bonheur de personne.

Un énorme tremblement de terre a fendu Los Angeles en deux. Les riches vivent maintenant dans une nouvelle métropole de l’île, tandis que les pauvres luttent pour survivre dans les ruines de la vieille ville. Le détective Jack a été chargé d’enquêter sur la disparition de la fille d’un riche homme d’affaires quelque part dans la zone ruiné. Il devra affronter des punks locaux et des gangs de voyous ainsi qu’une créature mi-homme, mi-machine tueuse…

Autre série Z d’anticipation : MEMORY RUN (1996) d’Allan A. Goldstein aka SYNAPSE, un DTV canadien interprété par Karen Duffy et Saul Rubinek.

Année 2015, la société est sous le joug totalitaire du « consortium pour la vie », un parti despotique dirigé par le professeur Bradden. Le régime doit faire face à un mouvement de résistance fourni en armes et en matériel par des bandes sans foi ni loi. Le chef d’un de ces gangs, Andre Fuller, est accusé à tort d’avoir tué sa compagne Josette Kovaks. Jugé sommairement, il est reconnu coupable de meurtre puis est remis au service médical du « consortium pour la vie ». Lorsqu’il se réveille, Fuller découvre que son esprit a été transplanté dans le corps de Josette et qu’il a servi de cobaye pour une expérience dont la finalité est de donner l’éternité aux dignitaires vieillissants du « consortium pour la vie ». Désormais, Fuller est prêt à tout pour sauver sa vie et réintégrer son corps…

Je n’aborderai pas le génial L’ARMÉE DES 12 SINGES (1995, 12 Monkeys) de Terry Gilliam, ni STARSHIP TROOPERS (1997) de Paul Verhoeven que tout le monde connait très bien. J’enchaînerai plutôt avec une bonne série B australienne, ZONE 39 (1996) de John Tatoulis.

De l’autre côté du monde, dans un désert infini, la frontière entre l’Union des Nouveaux Territoires et les Républiques confédérées est délimitée par des zones. Quarante ans après la fin de la troisième guerre mondiale, la paix règne, précaire. Le lieutenant Léo Megaw perd sa femme dans un attentat. Envoyé dans la zone 39, il est affecté à la surveillance et à l’élimination des intrus…

14111206055215263612697982Par contre, je ne ferai pas l’impasse sur les deux post-nukes interprétés par Kevin Costner car qu’on n’apprécie ou pas ce comédien, personnellement j’ai pris beaucoup de plaisir à aller voir en salles WATERWORLD (1995) de Kevin Reynolds et THE POSTMAN (1997) réalisé par Kevin Costner lui-même.

WATERWORLD : En 2500, à la suite du réchauffement climatique ayant causé la fonte des glaces, la Terre est totalement recouverte de surfaces océaniques. L’humanité vit désormais sur des atolls artificiels. Cependant, une légende circule : celle de Dryland, qui serait l’unique île encore émergée…

THE POSTMAN : En 2013, le monde est dévasté. Les rares survivants vivent comme ils peuvent sur les restes de la civilisation disparue. Le général auto-proclamé Bethlehem à la tête de l’armée holniste a imposé son pouvoir tyrannique par la violence. Mais un voyageur solitaire va finalement s’opposer à lui…

Difficile de classer dans de l’anticipation, l’œuvre d’Enki Bilal tant son univers de BD est totalement décalée dans des sociétés parallèles, mais je noterai tout de même son TYKHO MOON (1996) interprété par Julie Delpy, Johan Leysen, Michel Piccoli, Marie Laforêt et Richard Bohringer.

L’infâme Mac Bee règne en maître absolu sur une colonie sélénite qu’il a tenté de rendre semblable à la ville de Paris. Le résultat est grossier, mais Mac Bee a d’autres soucis. Sur sa nuque, une tâche bleue grandit inexorablement, signe indubitable de la maladie mortelle qui le ronge. Après que les membres de sa famille ont été exécutés par des mystérieux tueurs, le tyran apprend que les cellules cérébrales de Tykho Moon, que tout le monde croyait mort, sont compatibles avec les siennes. Mais Tykho Moon est protégé par un tueur qui cherche à faire tomber la famille Mac Bee…

14111206092915263612697983BLEAK FUTURE (1997) de B. Scott O’Malley est un post-nuke rock’n'roll plutôt farfelu et Z, et assez drôle.

Un vendeur itinérant de souvenirs du XXIe siècle parcourt un monde post-apocalyptique en compagnie d’un guerrier écossais et d’une actrice très très blonde. Ils devront affronter les mutants déchaînés du Dr Obvious pour parvenir à un lieu mythique appelé La Source…

CONTAGION 2009 (1996, Sci-fighters) de Peter Svatek est une série B canadienne qui commence comme FORTRESS (1993) et dont l’intrigue est particulièrement originale malgré son manque de budget évident. Le film nous permet aussi de retrouver l’acteur-catcheur Roddy Piper, très peu présent au cinéma depuis INVASION LOS ANGELES (1988, They Live!) de John Carpenter.

Adrian Dunn aurait dû purger sa peine à perpétuité, dans un pénitencier situé sur la Lune. Mais, en cette année 2009, le sort en décide autrement. Le sort ou plutôt un parasite qui s’introduit en lui, le laissant pour mort aux yeux de tous. Des apparences trompeuses… Rapatrié sur Terre, son cadavre reprend vie. Dans les rues de Boston, il erre et tue, menaçant de répandre le virus qui vit en lui, un mal ultime qui pourrait décimer la population de la Terre entière. Pour Cameron Grayson, le flic qui l’a envoyé derrière les barreaux, une nouvelle course contre la mort commence…

Roger Corman n’a d’ailleurs pas perdu de temps pour produire son FUTURE FEAR (1997) réalisé par Lewis Baumander et que j’ai pu voir en DVD en Zone 2 sous le titre d’EPIDEMIA.

Un scientifique a trouvé un remède contre la peste de l’espace qui a éradiqué presque toute vie sur la planète. Un général fou qui veut dépeupler la Terre envoie une femme assassin pour l’éliminer…

Inutile de vous prouver que cet ÉPIDEMIA est un pur navet.

14111206113115263612697984Puis EVENT HORIZON, LE VAISSEAU DE L’AU-DELÀ (1997, The Event Horizon) de Paul Anderson a lui aussi fait quelques petits dont LE VAISSEAU DE L’ENFER (1997, Dead Fire) de Robert Lee.

EVENT HORIZON : 2047. Un vaisseau spatial « Lewis et Clark » est envoyé aux abords de Neptune où un engin expérimental « l’Event Horizon » conçu par le professeur Weir, a, quelques années auparavant, disparu. La mission de Miller est de le localiser car il émet un très curieux message. Miller retrouve l’épave et envoie Justin à son bord. Depuis, de graves incidents perturbent la mission, leur vaisseau est endommagé et les membres de l’équipage sont obligés de s’évacuer sur l’Event Horizon » . Ils ont des visions, leurs passés les hantent. Ils comprennent que le vaisseau revient de l’enfer. l’Event Horizon » a percé leurs secrets et joue avec leurs hantises…

LE VAISSEAU DE L’ENFER : Dans le futur, une bande de prisonniers attaquent et prennent le contrôle d’une station spatiale…

Mais ouvrons une parenthèse télévisée plutôt originale avec LA SECONDE GUERRE DE SÉCESSION (1997, The Second Civil War) dans lequel Joe Dante traite d’un sujet dramatique avec un humour certain.

Aux États-Unis, dans un futur proche, le gouverneur de l’Idaho refuse l’asile politique à un charter d’orphelins rescapés d’une guerre nucléaire entre l’Inde et le Pakistan. L’Idaho appelle à l’indépendance et les milices locales se préparent à affronter l’armée fédérale…

Mais revenons à de l’excellent cinéma d’anticipation à budget conséquent. Je ne m’étalerai pas sur LE CINQUIÈME ÉLÉMENT (1997) de Luc Besson que tout le monde connait bien mais plutôt sur BIENVENUE À GATTACA (1997, Gattaca) d’Andrew Niccol :

14111206135415263612697985Dans un monde futuriste, on peut choisir le génotype des enfants. Dans cette société hautement technologique qui pratique l’eugénisme à grande échelle, les gamètes des parents sont triés et sélectionnés afin de concevoir in vitro des enfants ayant le moins de défauts et le plus d’avantages possibles. Bien que cela soit officiellement interdit, entreprises et employeurs recourent à des tests ADN discrets afin de sélectionner leurs employés ; les personnes conçues de manière naturelle se retrouvent, de facto, reléguées à des tâches subalternes. Gattaca est un centre d’études et de recherches spatiales pour des gens au patrimoine génétique impeccable. Jérôme, candidat génétiquement idéal, voit sa vie détruite par un accident tandis que Vincent, enfant naturel, donc au capital génétique « imparfait », rêve de partir pour l’espace. Chacun des deux va permettre à l’autre d’obtenir ce qu’il souhaite en déjouant les lois de Gattaca…

Citons aussi une des mes séries B préférées de cette période avec SOLDIER (1998) de Paul W. S. Anderson.

Dans un futur apocalyptique où les enfants sont sélectionnés dès leur naissance pour devenir des soldats, ils sont endoctrinés dès leur plus jeune âge à devenir des machines de combat dénuées de sentiment… Vétéran de nombreuses guerres intergalactiques, le sergent Todd est un de ces soldats que rien n’arrête. Jusqu’au jour où une nouvelle génération de soldats biogénétiques fait son apparition… Ils ont été créés pour remplacer ces vieux soldats devenus obsolètes. Todd et deux de ses hommes affrontent un de ces nouveaux soldats Caine 607, ils sont finalement vaincus et Todd est laissé pour mort. Les preuves de cet affrontement devant disparaître, il est vulgairement jeté aux détritus et se réveillera sur une planète déchèterie nommée Arcadia. C’est sur ce monde qu’il découvre une communauté de gens pacifiques ayant survécu au crash de leur appareil, il y a fort longtemps… Il est recueilli par une famille: Sandra, Mace et leur jeune fils : Nathan. À leur contact, il ressent des émotions qui le dépassent, dont il ne comprend pas encore le sens car il ne les a jamais vécues… Malgré le sauvetage de l’un des civils de la communauté, Todd est une source de gêne à cause des guerres qu’il a vécues et qui le hantent… Jusqu’au jour où le colonel Mekum décide de faire la reconnaissance d’une planète, il décide par hasard la planète Arcadia en guise d’entraînement pour les nouveaux soldats…

14111206181415263612697986Et pour conclure cet article, SIX-STRING SAMURAÏ (1998) de Lance Mungia et FURIA (1999) d’Alexandre Aja. Le premier est une sorte de version très rock’n'roll et post-apocalyptique des LENINGRAD COWBOYS GO TO AMERICA (1989) et LENINGRAD COWBOYS MEET MOSES (1994) d’Aki Kaurismäki. Le second étant nettement plus classique (et même un peu chiant je dois dire), et c’est aussi le tout premier film d’Alexandre Aja avec Stanislas Merhar, Marion Cotillard et Wadeck Stanczak dans les rôles principaux.

SIX-STRING SAMURAÏ : Dans une réalité alternative, l’URSS a mis fin à la guerre froide par divers bombardements nucléaires sur les États-Unis, réduisant la toute-puissante nation à l’état de désert où traînent encore quelques radiations. L’Armée rouge a pris le contrôle des ruines, et les quelques survivants ont refait leur vie tant bien que mal. Lost Vegas est la dernière cité encore debout et est régie par Elvis, dernière autorité connue et King du rock’n'roll. Mais voilà, la radio annonce qu’après des années de règne, le King est mort…

FURIA : Dans une civilisation dévastée par une guerre passée, un univers sans liberté où écrire sur les murs conduit à la torture et la mort, Théo, 20 ans, sort dans les rues chaque nuit pour dessiner. Une nuit, il rencontre Elia, une jeune fille qui dessine elle aussi. Commence alors, au rythme des dessins, une étrange histoire d’amour…

Fin du dossier.

- Trapard -

(partie 1 - partie 2)



CINÉMA DE SCIENCE-FICTION DES ANNÉES 90 – partie 2

CINÉMA DE SCIENCE-FICTION DES ANNÉES 90 - partie 2 dans Cinéma bis 14102905261715263612653802

LES CYBORGS DU FUTUR CONTRE-ATTAQUENT

Mais pour en revenir à la SF pure et dure, la cybernétique moderne n’étant encore que cyber-punk à la fin des années 80, ROBOCOP (1988) de Paul Verhoeven annonçait plutôt les horizons bouchés d’un futur État-Policier surveillé.

À l’aube de l’an 2000, Detroit est la proie du crime et de la corruption. Pour pallier ce terrible état, les services de police inventent une nouvelle arme infaillible, Robocop, mi-homme, mi-robot, policier électronique de chair et d’acier qui a pour mission de sauvegarder la tranquillité de la ville. Mais ce cyborg a aussi une âme…

Alex Murphy aka RoboCop revient en 1990 dans ROBOCOP 2 (1990) d’Irvin Kershner sur un scénario de Frank Miller et dans lequel notre cyborg se retrouve face à des restes de son ancienne identité.

Une nouvelle drogue circule dans les rues de Détroit, le Nuke. Elle est contrôlée par une secte qui a pour gourou Cain. L’OCP tente une OPA sur la ville de Détroit qui a de plus en plus de mal à se financer. L’OCP a aussi pour projet RoboCop 2, un nouveau cyborg et elle affronte des difficultés à trouver un bon sujet pour la cybernétisation. RoboCop, toujours flic, essaye de faire face à la situation, au trafic de drogue, à l’OCP et son nouveau projet pour protéger les citoyens de Detroit…

14102905274415263612653803 dans Cinéma bis américainTourné en 1991, mais sorti qu’en 1993, ROBOCOP 3 (1993), bien qu’écrit par Frank Miller et Fred Dekker, un bon réalisateur de comédies d’horreur, est néanmoins plus ou moins raté. Le déclin de la saga se caractérise dans ce troisième volet par un RoboCop volant et affrontant des androïdes ninja atomiques…

L’OCP a été rachetée par une firme japonaise qui veut des résultats. L’OCP souhaite bâtir la ville de Delta City, sur les ruines de Detroit. Pour cela, elle a engagé des agents, nommés Rehabs. Contrairement aux discours officiels, les Rehabs font partir les citoyens de Detroit sans ménagement. Les habitants de Detroit décident de s’opposer aux groupes de Rehab. Pour lutter face aux insurgés, l’OCP décide de reprogrammer RoboCop…

C’est sur la base de ROBOCOP (et éventuellement de TERMINATOR) qu’est né, en 1989, John Tucker (David Carradine), policier du futur armé d’un bras cybernétique pour tenter de mettre de l’ordre dans le désordre, avec FUTURE FORCE (1989) de David A. Prior (MANKILLERS).

Dans le futur, face à l’augmentation des crimes, le gouvernement décide de remplacer la police traditionnelle par un service privé, appliquant des méthodes plus répressives. John Tucker fait partie de ces nouveaux flics. C’est même le meilleur dans son domaine. mais, lorsqu’il se retrouve au cœur d’un gigantesque complot et accusé de meurtre, l’enjeu n’est plus de faire respecter la loi, mais de survivre…

David A. Prior en tournera rapidement une suite avec FUTURE ZONE (1990) :

John Tucker est un légendaire chasseur de primes qui maintient l’ordre d’une main de fer. Mais cette fois il est en grave danger, et son fils Billy a voyagé dans le temps afin de le sauver d’un gang de criminels particulièrement brutal qui a envahi la cité…

14102905352415263612653805 dans DossierAussi nanardeux, mais carrément plus post-apocalyptique, le CYBORG (1988) d’Albert Pyun propulsait pour le meilleur et pour le pire Jean-Claude Van Damme très loin des salles de gym, vers des univers d’anticipation cyber-punk.

Réduit à l’anarchie et en proie à une peste mortelle, l’Amérique du 21ème siècle n’est plus qu’un cauchemar tumultueux et barbare. Seule Pearl Prophet, une très belle entité mi-humaine mi-robot, possède la connaissance nécessaire pour développer un vaccin. Mais lors de sa quête désespérée pour rassembler les données et élaborer un remède, Pearl est capturée par des pirates cannibales qui s’accaparent l’antidote afin de régner sur le monde. Seul Gibson Rickenbacker, un virtuose du sabre et du combat, peut la délivrer et sauver le monde…

Et évidemment, avant CYBORG (1988), il a fallu passer par SATURN 3 (1980), SCARED TO DEATH (1981), ANDROÏD (1982), TERMINATOR (1984) mais aussi THE ELIMINATORS (1985), THE VINDICATOR (1986), ROBOT KILLERS (1987), R.O.T.O.R. (1987), ROBOWAR (1988) et ROBOCOP (1988).

Nettement meilleur que CYBORG, et vaguement inspiré de TERMINATOR, HARDWARE (1990) de Richard Stanley est interprété par Dylan McDermott (HAMBURGER HILL, DANS LA LIGNE DE MIRE) et par la jolie Stacey Travis (PHANTASM 2), mais aussi par Iggy Pop, Lemmy Kilmister et Carl McCoy (chanteur du groupe Fields of the Nephilim). Le film de Richard Stanley est un post-nuke cyber-punk qui traite d’un futur post-apocalyptique et totalitaire sur fond de rock industriel comme Nine Inch Nails.

Dans un monde dévasté, un homme découvre le crâne d’un cyborg enfoui sous le sable et en fait cadeau à sa petite amie, sculpteuse de métal. Mais le crâne d’acier renferme le cerveau d’un M.A.R.K. 13, le plus féroce des droïdes de combat biomécanique militaire. Il est adroit, cruel et sait se reconstruire lui-même. Ce soir, il revient à la vie… et personne se sera épargné.

14102905504315263612653814 dans Dossier : Cinéma SF des Années 90

Pour revenir en arrière, au début des années 80 : en 1981 sortait SCARED TO DEATH de William Malone aka THE ABERDEEN EXPERIMENT ou encore SCARED TO DEATH : SYNGENOR.

Un ancien policier reprend du service pour enquêter sur une série de meurtres commis à Los Angeles, qui laisseraient penser à l’œuvre d’un tueur en série. Mais au fur et à mesure que l’enquête avance, l’évidence apparaît que le meurtrier serait en fait une sorte de cyborg…

En 1990, le réalisateur George Elanjian Jr en tournait une suite avec SOLDAT CYBORG (1990) aka SCARED TO DEATH 2 ou SYNGENOR : SYTHESIZED GENETIC ORGANISM.

Dans le laboratoire Norton Cyberdyne, après des années de recherches, le soldat parfait est né. Mais un de ces soldats s’échappe du laboratoire et va même jusqu’à tuer son créateur. Sa nièce, aidée d’un journaliste, décide de s’attaquer au monstre…

Malgré leurs sujets proches de la SF, les SCARED TO DEATH restent des séries B d’horreur avec leur créature décimant une à une à une chaque victime potentielle qui se trouve sur son chemin.

14102905393415263612653808 dans Science-fictionToujours dans cette logique de moderniser les classiques du B Movie des années 80, le réalisateur Mark L. Lester continue la franchise qu’il a lancé en 1982 avec le film punk culte, CLASS OF 1984, en tournant une sorte de remake futuriste avec CLASS OF 1999 (1990) dans lequel Stacy Keach, Tracy Lind, Pam Grier et Malcolm McDowell se partagent les rôles principaux.

Dans un futur proche, trois professeurs sont recrutés pour faire régner l’ordre dans un lycée américain. Il s’agit, en fait, de cyborgs sans pitié. Ils étaient programmés au début pour l’armée. Leur mémoire a été effacée pour ce nouveau programme mais l’ancien refait surface. S’ensuit une guerre sans merci contre les lycéens qui décident de se défendre. Une seule règle : survivre ou mourir…

Un CLASS OF 1999 2 (!) THE SUBSTITUTE nettement moins bon sera tourné en 1994 Spiro Razatos et sera rebaptisé en France CLASS OF 2001.

Les professeurs cyborgs créés par le Docteur Longford ont tous été détruits excepté l’un d’entre eux, John Bolen. Celui-ci doit être arrêté avant de tout détruire…

Malgré son titre ridicule, CYBER-C.H.I.C. (1990) aka ROBO-C.H.I.C., d’Ed Hansen et Jeffrey Mandel, est un cyper-polar assez violent mais tout de même assez Z et dont l’humour se lie souvent d’amitié avec la profonde crétinerie.

Un agent cybernétique est affecté à démanteler un réseau de trafic de drogue…

Beaucoup plus subtil que CYBORG (1988), SHOCKER (1989) et compagnie, et annonçant déjà les fondements du cyber-punk japonais, le réalisateur Shinya Tsukamoto sort le premier opus de TETSUO (1989, 鉄男) :

Un homme s’entaille profondément la cuisse et place une tige filetée à l’intérieur de la blessure. Bientôt des vers grouillent sur la coupure, prenant peur il s’enfuit et en traversant une route est fauché par une voiture. L’automobiliste se débarrasse bien vite du corps du malheureux, le lendemain il constate avec horreur qu’un morceau de métal lui sort de la joue…

14102905540915263612653815 dans Trapard

Mais c’est avec TETSUO 2, BODY HAMMER (1992, 鉄男 II) que Shinya Tsukamoto propulse son homme de fer au titre de super-héros cybernétique, mais névrosé et héroïque au sens primal au sein d’une société moderne et aliénante :

Deux jeunes punks enlèvent la petite fille d’un couple en pleine rue de Tokyo. Au prix de multiples difficultés les parents parviennent à récupérer l’enfant de justesse. Mais bientôt la bande harcèle de nouveau le couple et enlève cette fois-ci le père Taniguchi, et le transforme en cyborg, mi-homme, mi-machine…

En 2009, Tsukamato conclue sa Trilogie Tetsuo avec TETSUO 3 THE BULLET MAN (2009, 鉄男).

Le premier TETSUO (1989) popularisait le cyberpunk japonais au-delà des frontières nippones, un élan amorcé par THE ADVENTURE OF ELECTRIC ROD BOY (1987, 電柱小僧の冒険, Denchu Kozou no Boken), un court-métrage de vampires punks complètement électrisé et tourné par Tsukamato à Tokyo. Et Shigeru Izumiya proposait un DEATH POWDER (1986, Desu pawuda) qui dépassait la folie visuelle et science-fictionnelle amorcée par VIDEODROME (1983) de David Cronenberg.

On trouve aussi des traces de cyberpunk nippon dans les GUINEA PIG, dans le cinquième volet : GUINEA PIG : ANDROÏD OF NOTRE DAME (1988, (ザ・ギニーピッグ2 ノートルダムのアンドロイド Za Ginī Piggu 2: Nōtorudamu no Andoroido) de Kazuhito Kuramoto.

Juste pour toucher un mot sur la saga culte des GUINEA PIG, son origine est ombrageuse et personne ne sait vraiment si elle est née d’un Fake ou d’un fait réel. En 1985, le réalisateur japonais Hideshi Hino aurait reçu un jour un paquet envoyé par l’un de ses fans contenant un film en 8 mm, 54 photographies et une lettre de dix-neuf pages. Cette lettre parlait d’un crime atroce et les photos et le film montrait un homme portant un casque de samuraï droguant une femme, puis la démembrait tout en expliquant à la caméra que ce qu’il faisait là était beau. Hideshi Hino alla voir la police, leur fournissant les éléments mais aucune preuve n’a pu être apportée à ce jour.

Pour exorciser cette vision atroce, Hino réalisa une suite au premier film qu’il nomma GUINEA PIG (ギニーピッグ 悪魔の実験 Ginī Piggu: Akuma no Jikken) avec son propre GUINEA PIG 2, FLESH AND BLOOD (1985, (ギニーピッグ2 血肉の華 Ginī Piggu: Chiniku no Hana). Plusieurs réalisateurs complétèrent les GUINEA PIG avec leurs propres exercices de style jusqu’en 1990, la saga évoluant finalement de manière surréaliste, gore ou futuriste au fur et à mesure de l’addition de sept épisodes de 50 minutes (qui est la durée standard d’un documentaire classique).

14102905583915263612653816Pour en revenir à la capitale de Tokyo, dans les années 80, Sogo Ishii (ELECTRIC DRAGON 80 000 VOLTS) avec son BURST CITY (1982, 爆裂都市 Bakuretsu Toshi), Shigeru Izumiya et son DESU PAWUDA (1986) mais surtout Shinya Tsukamoto lançaient les bases d’un cinéma tokyoïte underground, punk et futuriste que l’on retrouve dans 964 PINOCCHIO (1991) de Shozin Fukui, aka SCREAMS OF BLASPHEMY.

964 Pinocchio est un androïde confectionné illégalement par un savant fou, et dont le but unique est de satisfaire les besoins sexuels de riches clientes. Jeté à la rue par sa «propriétaire», Pinocchio tombe par hasard sur Himiko, une sans-abri amnésique qui le prend sous son aile. Tandis qu’elle lui apprend à retrouver un semblant d’humanité, l’ancienne personnalité d’Himiko remonte à la surface. De leur côté, les créateurs de Pinocchio quadrille la ville pour le retrouver…

Plutôt du côté d’Osaka, le cinéaste très controversé Takashi Miike (enfin, lorsqu’il m’est arrivé de parler de lui à des Japonais, eux le voyaient plutôt comme un fou, mais personnellement son cinéma me plaît) a tourné FULL METAL YAKUZA (1997, 極道, Full Metal gokudō).

Un jeune Yakuza, Hagane, tout au bas de l’échelle, est pris en sympathie par son grand patron, le chef du clan Tousa, alors que celui-ci se prépare pour une expédition punitive. Celle-ci tourne mal et Tousa finit en prison pour plusieurs années. À sa sortie de prison, Hagane, qui a fait ses preuves est chargé d’aller le chercher. Seulement il n’est pas le seul à l’attendre et se retrouve au beau milieu d’un règlement de compte qui vise son patron. Laissé pour mort, Hagane est cependant recueilli par un scientifique : Hitagu Genpaku, qui a décidé de faire de ses restes, mélangés à ceux de Tousa, un homme parfait, mi-homme mi-machine, prêt à rendre service à la société…

Toujours dans les années 90, et en s’inspirant très librement des effets cyber-punk et trashs de TETSUO, mais aussi de mythes païens amazoniens comme celui du Kurupi (personnage de la mythologie Guarani possédant un pénis démesuré capable de s’allonger pour passer par les fenêtres entrouvertes et ainsi féconder les femmes endormies pendant le sommeil de leurs maris), le réalisateur français Jan Kounen a tourné le court-métrage hilarant et ultra-violent, VIBROBOY (1994).

Francesca dérobe au fin fond du Mexique une statue aztèque. De retour en France, elle laisse provisoirement l’encombrant objet à son amie Brigitte. Mais celle-ci est mariée à une brute patentée, Léon, qui brise la statue, provoquant en lui la réincarnation de Vibroboy, super-héros névrotique doublé d’un maniaque sexuel techno-primitif…

Ce qui est amusant, c’est que le cyber-punk a tellement investi le cinéma de science-fiction des 90′s qu’on en retrouve des éléments jusque dans les films de Pedro Almodóvar comme dans KIKA (1993) dans lequel on aperçoit Victoria Abril affublée d’une tenue futuriste surmontée de caméras.

Kika est une maquilleuse pour la télévision croquant la vie à pleines dents. Elle vit avec Ramón, un homme hanté par la mort de sa mère. Andréa, l’ancien amour de Ramón, est une présentatrice de télévision sans scrupules qui exploite le malheur des gens. Un matin, Kika est violée par le frère de Juana, la femme de ménage. Andréa parvient à récupérer les images du viol…

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Mais voici venue l’ère du Guyver, un cyborg extraterrestre vengeur qui débarque avec MUTRONICS (1991, The Guyver) de Screaming Mad George et Steve Wang et produit par Brian Yuzna. C’est l’adaptation américaine d’une série de Shōnen manga écrite et dessinée par Yoshiki Takaya, GUYVER (強殖装甲ガイバー, Kyōshoku Sōkō Gaibā).

A l’aube des temps, les Zanoïds ont débarqué sur Terre et y ont créé l’homme. Ils reviennent aujourd’hui sous une couverture discrète : la Chronos Corporation. Leur but : utiliser les humains comme base génétique pour créer une nouvelle race de mutants et conquérir notre planète. Un scientifique, le docteur Segawa, s’échappe des laboratoires de Chronos en emportant le stade ultime de la technologie des Zanoïds : le Guyer. Segawa meurt en cachant son terrible secret. Sean, un ami de sa fille, récupère le procédé et découvre accidentellement les super pouvoirs qu’il confère. Poursuivis par les sbires de Chronos, Sean et la jeune fille, aidés d’un agent de la CIA, devront combattre au péril de leur vie cette terrifiante organisation. Devenu Guyer, le nouveau chevalier des temps modernes, Sean est le seul à pouvoir vaincre les prédateurs de l’espace…

Suivra un GUYVER 2 avec GUYVER, LA SENTINELLE DE L’OMBRE (1994, Guyver : Dark Hero) de David Hayter.

14102906173015263612653819Et une petite parenthèse avec le film hong-kongais ROBOTRIX (1991, Nv ji xie ren) de Jamie Luk, très (mais alors très!) vaguement inspiré de ROBOCOP 2 :

Un savant fou japonais transfère son esprit dans un robot et se transforme en machine à tuer indestructible. Enchaînant les méfaits, il tire sur la femme policière Selina, qui meurt de ses blessures. Mais le génial docteur Sara parvient in-extremis à transférer son esprit dans le corps d’un robot d’apparence identique. Associée à la police, la nouvelle Selina se lance à la poursuite du robot tueur….

Si vous aimez les films d’androïdes aux fortes poitrines et qui pratiquent le kung-fu, ce film est pour vous !

Et pour rester sur le cinéma hong-kongais, FUTURE COPS (1993, Chao ji xue xiao ba wang) de Jing Wong est un teen-movie de kung fu spatial complètement farfelu et très inspiré des effets spéciaux d’HIGHLANDER, LE RETOUR (1991, Highlander II: The Quickening), et avec le réalisateur-acteur Andy Lau dans le rôle principal.

2043. Le général Bison a été fait prisonnier et va passer en jugement. Il envoie ses hommes dans le passé, en 1993, pour retrouver le juge qui le condamnera. Les Future Cops sont également envoyés en 1993 pour protéger le juge…

Mais FUTURE COPS (1993) est surtout un film de super-héros costumés comme Hong-Kong en produisait à cette période, comme THE HEROIC TRIO (1993, Dung fong saam hap) de Johnnie To, IRON MONKEY (1993, Siu nin Wong Fei Hung ji: Tit Ma Lau) de Yuen Woo-ping, BLACK MASK (1996, Hak hap) de Daniel Lee ou THE BLADE (1995, Dao) de Tsui Hark (qui est aussi le scénariste des deux derniers films cités, producteur de ROBOTRIX et réalisateur des superbes GREEN SNAKE, THE LOVERS et LE FESTIN CHINOIS).

Pour la suite, je ne vous ferai aucun dessin du succès et des pirouettes scénaristiques de TERMINATOR 2 (1991) de James Cameron. Si vous ne maîtrisiez pas le sujet, vous ne seriez forcément pas en train de parcourir ce blog. Néanmoins, je me doute que certains se demandent ce que sont LADY TERMINATOR (1989) et TERMINATOR WOMAN (1993) qui font de régulières apparitions sur le web. Le premier, LADY TERMINATOR (1989, Pembalasan ratu pantai selatan) d’H. Tjut Djalil étant une sympathique série B indonésienne et le second un nanar de kung-fu réalisé par le comédien Michel Qiss pour la firme « Nu Image ». Mais ces deux films n’ont en commun avec la saga TERMINATOR que le nom.

14102906112515263612653818Le cinéaste Albert Pyun ne s’est pas limité à CYBORG puis à DOLLMAN 1 & 2, puisqu’on lui doit NEMESIS 1 & 2, des films cyber-futuristes à budgets limités.

NEMESIS (1992) : An 2020. Désormais, la science permet de remplacer artificiellement toute partie du corps, y compris le cerveau. Alex Rain, un flic chargé de la criminalité robotique, le corps meurtri et envahi de particules cybernétiques, a décidé de raccrocher. Mais lors d’une dernière intervention chirurgicale, son chef lui fait implanter une bombe à la place du coeur. Piégé, Alex est contraint de partir à la recherche de documents ultra-secrets menaçant l’équilibre mondial…

Toute ressemblance avec le scénario de NEW YORK 1997 est purement et simplement volontaire…

NEMESIS 2 : NEBULA (1995) : En 2077, Les cyborgs sont maîtres de la Terre et ont réduit les humains à l’esclavage. Un scientifique, en lutte contre la domination cyborg, crée un super ADN capable de donner naissance à un être humain au pouvoirs extraordinaires. Le résultat ses recherches est une petite fille, Alex, dont la mère, Zana, est rapidement pourchassée par le chasseur cyborg Nebula. Elle parvient à lui échapper en dérobant une machine à voyager dans le temps et se retrouve en 1980 dans un pays d’Afrique de l’est déchiré par une guerre civile. Après avoir caché sa fille, Zana est abattue par les rebelles. Alex est recueillie par les membres d’une tribu. Vingt ans plus tard le Nebula retrouve la trace d’Alex. La traque commence…

Toute ressemblance avec le scénario de TERMINATOR est purement et simplement volontaire encore une fois, et certains passages et scènes de combats ressemblant même à PREDATOR (1987). Néanmoins, NEMESIS 2 : NEBULA est à mon goût le meilleur des deux films, Alex étant interprétée par l’actrice Sue Price au regard bleu azur et à la forte musculature, et modes roots des années 90 obligent, elle est coiffée d’une longues dread-locks blondes.

Mais toute ressemblance avec TERMINATOR ne s’arrêtant pas avec NEMESIS 2, puisque voici venu PROTOTYPE X29A (1992) de Phillip J. Roth :

Milieu du 21ème siècle, les grandes cités ont disparu. Des êtres cybernétiquement modifiés sont programmés pour reprendre le contrôle et réprimer les populations : ce sont les Omégas. Quelques années après leur apparition, les Omégas commencent à changer leur programmation. Dès lors, de nouvelles entités cybernétiques sont créées pour mettre fin à l’expérience : les Prototypes. Leur mission : éliminer les Omégas…

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Malgré son intrigue éculée PROTOTYPE X29A est aussi un film post-apocalyptique avec un univers particulier qui lui est propre.

Plus contemporain, SHADOWCHASER (1992) de John Eyres traite d’une prise d’otage dans un hôpital par un groupe de terroristes qui a pour chef un androïde indestructible nommé Romulus qui veut kidnapper la fille du président qui se trouve être en soins…

Je ne me limiterai qu’à citer SHADOWCHASER 2 (1994), SHADOWCHASER 3 (1995), SHADOWCHASER 4 (1996), une série de films d’action musclée reprenant le concept du premier volet et valorisant l’interprétation physique du comédien, Frank Zagarino et qui sont plus ou moins des sous-DIE HARD à petits budgets. Le même Zagarino a d’ailleurs aussi tenu la tête d’affiche (disons plutôt « la tête de jaquette ») d’une pseudo-suite italienne du CYBORG (1988) d’Albert Pyun, aux côtés d’Henry Silva dans CYBORG 2, IL GUERRIERO D’ACCIAIO (1989) de Giannetto De Rossi. Le film américain de Michael Schroeder avec Angelina Jolie et Jack Palance, GLASS SHADOW (1993) a lui aussi été vendu comme une suite légitime au film d’Albert Pyun sous le titre, CYBORG 2.

2074 : la Pinwheel Robotics vient de fabriquer un cyborg féminin parfait, aux formes de rêve, appelé Cash Reese, dont le corps renferme des explosifs liquides. Il a été créé dans le but d’infiltrer une compagnie concurrente… et d’appuyer sur le détonateur. Un destin cruel que son cerveau ultra-perfectionné – et doué d’émotions – a parfaitement assimilé. Avec l’aide de Colton Hicks, un héros en chair et en os, elle va tenter l’impossible : échapper à son sort et à ses poursuivants lors d’une course contre le temps aussi démentielle que cauchemardesque…

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Pour ce qui est d’AMERICAN CYBORG, STEEL WARRIOR (1993) de Boaz Davidson, c’est une assez bonne série B de Cannon Films qui suit les traces d’un TERMINATOR mais à la manière d’un post-nuke musclé aux faux airs d’Évangile.

Dans un monde post-apocalyptique, les humains sont devenus stériles, seule une femme a réussi à faire naître un enfant. Mais elle est poursuivie par un robot tueur…

Pour en revenir aux SHADOWCHASER, on trouve leurs versants Z mais cultes et nettement plus « fun » avec les trois films de « Nu Image » de la saga CYBORG COP, tous les trois réalisés par Sam Firstenberg et interprétés par David Bradley…

CYBORG COP (1993) : Jack Ryan rejoint son frère aux Caraïbes. Il ignore que celui-ci est utilisé pour une expérience scientifique sans précédent : transformer un soldat en Cyborg, créature mi-homme, mi-robot… Le film en entier et en V.O.

CYBORG COP 2 (1995, Cyborg Soldier) : Une nouvelle génération de Cyborgs est née, plus dangereuse, plus puissante, plus intelligente que la précédente, capable de s’auto-regénérer… Le film en entier et en V.O.

CYBORG COP 3 (1996) : Evelyn Reed, une journaliste, enquête sur des disparitions d’étudiants à l’université de Fairfield. Elle découvre l’existence de Deltatech, une société spécialisée dans la cybernétique et la technologie de pointe : Deltatech lâche ses Cyborgs à ses trousses…

14102907070415263612653828Puis voici venu le temps, non pas l’Île aux Enfants, quoiqu’avec les nanars on ne sait jamais trop à quel bouton d’acné se vouer. Donc voici venu KNIGHTS, LES CHEVALIERS DU FUTUR (1993, Knights) d’Albert Pyun. Le site Nanarland de préciser avec humour :

« Si, au milieu du 21ème siècle, une étude sérieuse est faite sur l’histoire du nanar post-apocalyptique, une place toute particulière devra être réservée à Albert Pyun. Ce sympathique Hawaïen, qui se fit les dents sur les productions de Menahem Golan, a notamment pour titre de gloire le mémorable CYBORG, qui contribua à mettre l’étoile de Jean-Claude Van Damme au firmament des vedettes de Hollywood. Bon, CYBORG, ça sonne bien comme titre, se dit notre gros Albert, il y aurait moyen de retravailler le filon… L’ennui, c’est que les gens avaient été déçus de ne pas voir davantage la créature métallique… Et si je faisais un film avec uniquement des cyborgs en vedette ? Ni une ni deux, Albert prend sa pelle, son seau et sa caméra et s’en retourne gaiement vers les Montagnes Rocheuses pour tourner sa nouvelle merveille post-nuke. Précisons qu’entre-temps, son assistante lui avait offert une encyclopédie de la science-fiction, que notre ami s’est empressé de ne pas lire. Et c’est bien dommage, car il aurait ainsi appris que les cyborgs sont des hommes aux corps robotisés, et non des robots à forme humaine ! Hé oui, tous les cyborgs de son nouveau film seront en fait des androïdes, au désespoir de tous les fans de S-F ! »

La Terre dans un lointain futur. Les derniers hommes à la surface de la planète ne sont désormais plus que du bétail pour Job, le chef d’une armée de cyborgs rebelles. Un bétail qu’il abat pour s’abreuver du sang nécessaire à sa survie. Mais, désormais, se dresse contre lui Néa, une farouche guerrière que l’androïde Gabriel aide dans sa croisade. Déterminée à venger le massacre des siens, Néa engage un combat dont dépend plus que son sort…
Celui de l’humanité…

Je dois bien reconnaître que pour conserver un semblant de santé mentale après avoir enchaîné certains de ces films cités plus haut, j’ai dû abandonner en cours de film ce KNIGHTS, LES CHEVALIERS DU FUTUR qui poussait un peu trop loin le niveau mongoloïde de ses dialogues. Un petit exemple rien que pour vous : une jeune femme haranguant la foule hurle « J’ai vu les démons ! ». La foule est terrorisée mais un homme téméraire demande à haute voix comment les reconnaître. Après avoir longuement cherché ses mots et encore tremblante d’effroi, la jeune femme d’enchaîner : « ils sont démoniaques ! ». La foule est au comble de la terreur. Bref.

Après PROTOTYPE X29A en 1992, Phillip J. Roth est revenu avec un produit tout chaud, tout beau, et avec encore plus de cyborgs encore. Mais comme il lui fallait un scénario, et que celui de TERMINATOR est plutôt sympa il faut le reconnaître, voici celui d’A.P.E.X. (1994) :

La Terre ressemble à un gigantesque champ de bataille. Maîtres du terrain : les APEX, des escouades de cyborgs programmés pour éliminer les derniers survivants, les ultimes résistants au pouvoir des machines. Seul un homme, le scientifique Nicholas Sinclair, transporté accidentellement dans le passé en travaillant sur les paradoxes temporels, peut empêcher l’anéantissement de la race humaine…

La France apporte aussi son grain de sel Cérébos avec ROBOFLASH WARRIOR (1994) de Richard J. Thomson.

2020 : conçu par l’armée et programmé pour tuer, un robot sanguinaire pourchasse un groupe de mercenaires rescapés d’une explosion atomique. Seul un voyage dans le temps pourra peut-être sauver ce qu’il reste de l’humanité…

14102907110215263612653831Après avoir conçu les effets spéciaux d’ALIEN 2 et 3 et avant de se faire internationalement connaître en assurant la réalisation de BLADE (1998) et de LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES (2003, The League of Extraordinary Gentlemen), Stephen Norrington tourne son premier long-métrage avec DEATH MACHINE (1994). Un film de science-fiction bourré de références à ALIEN et au cinéma de série B des années 80.

2003. Hayden Cale est nommée présidente de la téméraire Chaank Corporation, leader mondial de l’armement futuriste. Son conseil d’administration refuse à tout prix qu’elle licencie a juste titre pourtant, leur atout du moment Jack Dante, un psychopathe qui utilise son génie à la création d’armes exotiques des plus cruelles : des soldats cybernétiques…
Et encore un film à petit budget avec CYBER TRACKER (1994) de Richard Pepin !

Les Etats-Unis au lendemain de l’an 2000. L’ultime arme pour endiguer une criminalité galopante : Le Tracker, cyborg au service de la police fédérale. Désormais, ce sont les ordinateurs qui font la loi et ordonnent à leurs exécuteurs les sentences. Un système autoritaire, d’une impitoyable efficacité contre lequel se bat l’agent Phillips. Pourchassés par les plus redoutés des « trackers », Phillips et quelques résistants au pouvoir des machines tentent le tout pour le tout afin d’éviter le pire, l’esclavage de l’espèce humaine…

Autre série B mais nettement moins bonne, AUTOMATIC (1995) de John Murlowski se pose aussi là au sein de cette longue liste de films d’androïdes et de cyborg :

La société Robgen, présidée par M. Goddard Marx, a fait fortune en créant l’ »Automatic », un androïde spécialement conçu pour assurer la sécurité de ses acquéreurs. Cinq ans après le lancement de ce produit à succès, Robgen s’apprête à mettre sur le marché un robot encore plus perfectionné. La dernière invention de Robgen sera dévoilée lors d’une conférence de presse très attendue… La veille du grand jour, Barker, l’un des dirigeants de la société, demande à sa secrétaire, Nora, de rester un peu plus tard que d’habitude. La malheureuse est agressée par son supérieur. Les cris de la jeune femme alertent J269, un « automatic » chargé de la surveillance de l’immeuble. En voulant protéger Nora, le robot tue malencontreusement Barker…

14102907135215263612653832Bourré de scènes d’action, DIGITAL MAN (1995) de Phillip J. Roth est une bonne petite série B d’anticipation.

L’Homme Digital, un cyborg D1, reçoit l’ordre d’anéantir des terroristes en possession des codes de lancement de missiles nucléaires. Lorsqu’il est à son tour en possession de ces codes, il devient un danger pour le reste de la population….

Et continuons cette liste interminable (comme quoi on aimait les « machines » dans les années 90) avec EVOLVER (1995) de Mark Rosman.

Kyle Baxter, jeune passionné de jeux vidéo et d’informatique gagne à un concours un robot jouet Evolver, une machine intelligente que l’on peut combattre virtuellement. Ce concours est l’occasion pour le fabricant d’Evolver de tester son nouveau produit avant sa mise sur le marché. Evolver est en effet un prototype dont le programme est une adaptation d’un logiciel militaire qui fut abandonné en raison d’une dangereuse défectuosité. Le comportement du robot devient rapidement agressif…

En 1996, Albert Pyun a aussi tourné son sous-TERMINATOR en mode post-nuke avec OMEGA DOOM (1996) interprété surtout par Rutger Hauer.

Le combat entre les hommes et les machines a bien eu lieu. Les robots ont vite pris le dessus et le recours à l’arme atomique n’a bien entendu rien changé. Pire, la race humaine a été éradiquée et l’hiver nucléaire plonge maintenant les robots dans un chaos permanent… Plusieurs années plus tard, une rumeur fait cependant état de survivants humains, se liguant et cherchant les armes nécessaires à une reprise du contrôle planétaire. C’est à cet instant que surgit de nulle part un individu nommé Omega Doom, un être artificiel jadis reprogrammé par l’homme. Ce mystérieux être mécanique va bien vite semer le trouble au cœur d’une citée déjà en proie à une guerre dérisoire entre les Droïds et les Roms…

14102907162015263612653835Et citons encore la série B, FUTURE WAR (1997) d’Anthony Doublin avec Robert Z’Dar :

Une race de cyborgs maîtrisant le voyage dans le temps a réduit l’humanité à l’esclavage : ils vont chercher des esclaves parmi les humains du futur et des dinosaures dans le passé pour servir de gardes. Un de ces humains réduits à l’esclavage arrive à leur échapper et se retrouve dans le Los Angeles contemporain, où il sera poursuivi à la fois par les cyborgs, les dinosaures et la police…

Et pour terminer cette deuxième partie de mon article, JUSTICIER D’ACIER (1997, Steel) de Kenneth Johnson n’est pas un film de cyborg ou autres machineries, bien qu’on reste ici dans une certaine logique métallique :

Une bande de malfrats règne sur les rues de Los Angeles, en proie à un chaos qui échappe à tout contrôle des autorités, et dispose d’un arsenal d’armes hautement technologiques qui pourrait bien détruire le monde entier. Ces armes proviennent d’un fonctionnaire avide de pouvoir et totalement dépourvu de scrupules. John Henry Irons, un expert maîtrisant toutes sortes d’armes, démissionne de son emploi de policier pour rejoindre à Los Angeles une ancienne collègue, spécialiste militaire, et son oncle, sculpteur métallurgiste. Dès lors, John Henry Irons est transformé en un véritable guerrier d’acier, unique espoir d’endiguer le flot de violence urbaine…

 Fin de la deuxième partie.

- Trapard -

(première partie disponible ici)



CINÉMA DE SCIENCE-FICTION DES ANNÉES 90 – partie 1

CINÉMA DE SCIENCE-FICTION DES ANNÉES 90

Voici un petit dossier d’un cinéma de science-fiction des années 90 qui fit les beaux jours des vidéoclubs en VHS et en DVD et que nous remettons à l’honneur le temps d’un article en trois parties. Évidemment, cette petite liste n’est en rien exhaustive, mais elle vous donnera peut-être envie de voir ou de revoir les films qui y sont énoncés. Nous n’hésiterons pas d’ailleurs à mettre en avant des séries B moins connues au profit de blockbusters qui ont fait l’actualité de tous les médias au moment de leurs sorties. Et ce dossier ne se veut en rien un sujet de réflexion profonde mais il m’a pris un certain temps à le préparer et particulièrement pour répertorier des séries B sorties dans des éditions très diverses et souvent issues de déstockages de boutiques. Je me suis surtout contenté de leur définir une chronologie alors qu’il n’existe pas réellement de classements pour la décennie des 90′s et de résumer leurs intrigues.

CINÉMA DE SCIENCE-FICTION DES ANNÉES 90 - partie 1 dans Cinéma bis 14102208150115263612632863

PRÉMICES ET DÉVELOPPEMENTS DES CYBER-MONDES

Alors que l’informatique remplaçait doucement la robotique dans le cinéma de science-fiction des Eighties avec ELECTRIC DREAMS (1984) pour ne citer que cet exemple. Ceci découlant de la longue apparition et évolution d’humanoïdes (THE CREATION OF HUMANOÏDS, 1962), de droïdes (LA GUERRE DES ÉTOILES, 1977) jusqu’aux cyborgs sur un air de Technotronic. Mais déjà les cyber-14102208172015263612632864 dans Cinéma bis américainmondes des années 90 n’étaient plus du tout uniformes et n’appelaient déjà qu’à absorber nos esprits, mais en douceur, à petites doses, avec une régulière accoutumance. Le modernisme science-fictionnel hésitant encore entre la 2D et l’anamorphisme naissait autant des émissions satellites avec TERROR VISION (1986) que d’un potentiel No-Future sous surveillance informatique dans ROBOCOP (1988). Et alors que TRON (1982), WARGAMES (1983) et UNE CRÉATURE DE RÊVE (1985, Weird Science) faisaient déjà rêver les teenagers frustrés devant leurs petits Amstrad, Commodore ou Apple IIc basiques, le cinéma de SF se jouait de plus en plus des virtualités dans les années 90, les horizons lointains se dématérialisant pour se redéfinir en dimensions profondes. Pour cela nous faut-il un guide psychotique comme Jobe dans LE COBAYE (1992, The Lawnmower Man) de Brett Leonard ?

Jobe, un homme simple d’esprit fait l’objet d’une expérience scientifique basée sur la réalité virtuelle. Son intelligence se développe de manière extraordinaire, jusqu’à lui conférer des pouvoirs parapsychologiques, mais dans le même temps son équilibre mental est de plus en plus perturbé…

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Il faut bien reconnaître que les effets digitaux du COBAYE paraissent bien basiques pour un spectateur contemporain malgré la qualité du sujet. Jobe est aussi finalement de retour quatre ans après le premier opus, dans LE COBAYE 2 (1996, Lawnmower Man 2: Beyond Cyberspace) de Farhad Mann. De 1996 à 1998, LE COBAYE 2 est déjà, avec DARK CITY en 1998, une bonne transition avec le premier MATRIX (1998).

Seul survivant de l’explosion d’un mystérieux laboratoire, Jobe, simple d’esprit devenu demi-dieu cybernétique, est entre la vie et la mort. Le Dr. Cori Platt entreprend de reconstruire l’esprit de Jobe en utilisant l’informatique et la réalité virtuelle. Pendant ce temps, le scientifique Benjamin Trace se bat pour conserver l’exploitation de son invention : un programme de réalité virtuelle nommé « CHIRON ». John Walker, un homme d’affaires cupide, s’empare de « CHIRON » pour réussir son projet démoniaque : contrôler l’accès à toutes les informations du monde. Pour l’aider dans son projet, Walker pense alors à Jobe. Seul le scientifique Trace peut contrer Jobe devenu une monstruosité synthétique et dotée d’une puissance incommensurable…

14102208230515263612632867 dans Dossier : Cinéma SF des Années 90

Pour proposer une virtualité plus large encore et vers d’autres horizons, Paul Verhoeven adapte au début des années 90, « We Can Remember it for You Wholesale » de Philip K. Dick pour son TOTAL RECALL (1990).

14102208272015263612632869 dans Science-fiction2048. Doug Quaid rêve chaque nuit qu’il est sur la planète Mars à la recherche de la belle Melina. Sa femme, Lori, s’efforce de dissiper ce fantasme. Doug va bientôt s’apercevoir que son rêve était artificiel et que sa femme est une espionne chargée de veiller à son reconditionnement mental. Il se souvient d’un séjour réel sur Mars, à l’époque où il était l’agent le plus redouté du cruel Coohagen. Il décide de s’envoler sur Mars à la recherche de son énigmatique passé…

Sur cette même logique, mais en se détachant des codes du space-opera pour se plonger dans un univers plus primaire et dérivé de la SF, le Dieselpunk, David Cronenberg adapte le roman censuré de William S. Burroughs pour LE FESTIN NU (1991, The Naked Lunch).

Petite parenthèse pour paraphraser Yom Vimeu sur sa page FB Ma Science-Fiction : « Le Steampunk, le Cyberpunk, le Dieselpunk, le Space Opera, etc… sont des sous-genres de la Science-Fiction car ce n’est en général que le contexte qui change. Le Steampunk est de la science fiction qui se déroule pendant l’époque victorienne, le dieselpunk se déroule plutôt autour de la Seconde Guerre mondiale, le space opera se déroule sur une (mais souvent plusieurs) planètes extraterrestres… ».

14102208271815263612632868 dans TrapardNew York 1953. Bill Lee, junkie repenti, est exterminateur et passe ses jours à occire les insectes pullulant dans les bas quartiers. Son épouse, Joan, s’injecte cette poudre mortelle dans les veines et connaît des extases ineffables. En proie à des hallucinations qui lui font voir un insecte géant et tyrannique, Bill consulte un charlatan qui lui fait prendre une poudre à base de centipèdes brésiliens. Il tue son épouse accidentellement en jouant à Guillaume Tell. Il prend la fuite et se réfugie dans l’Interzone de Tanger où vivent des artistes et des exilés à la recherche de plaisirs illicites. Ses hallucinations s’aggravent, il devient l’espion d’une mystérieuse puissance extraterrestre. Il est entraîné dans des rêves, des rites et des épreuves qui le poussent inexorablement à écrire son chef d’œuvre: « le festin nu »…

On retrouve ce jeu de virtualité toxicologique mais avec beaucoup d’humour et moins d’effets graphiques dans LAS VEGAS PARANO (1998) de Terry Gilliam.

14102208320615263612632879Mais David Cronenberg ira plus loin encore avec EXISTENZ (1999), un film cyberpunk où la virtualité se mêle aux univers des jeux vidéo.

Dans un futur proche, les joueurs de jeux vidéo sont reliés à un monde virtuel grâce à une console appelée pod, amphibien génétiquement modifié qui se connecte au système nerveux du joueur au travers d’un bioport, un trou percé à la base du dos du joueur. La démonstration du tout dernier jeu d’Allegra Geller tourne au cauchemar par l’intervention d’un groupe de Réalistes, fanatiques opposés à la « technologisation » de l’homme ; il ne s’agit plus de vivre une aventure, mais d’y survivre…

Pour rembobiner un peu sur mon propos au sujet du FESTIN NU (1991), on retrouve cette même oscillation vers une vraie tendance Steampunk ou Dieselpunk tout le long des années 90 que ce soit, par exemple, dans CRONOS (1993) de Guillermo del Toro…

Un antiquaire, grand-père d’une fillette orpheline, découvre par hasard un curieux scarabée en or dans le socle d’une statue d’ange en bois, qu’il est en train de nettoyer dans sa boutique. L’objet intrigue d’autant plus ce professionnel qu’il présente une petite molette. Curieux de comprendre la fonction de ce qui ne semble pas être qu’un gros bijou en forme de galet tenant parfaitement dans la paume de main, le vieil homme (dont le nom est « Jesús Gris ») tourne avec précaution la molette qui n’ouvre pas le scarabée mais se révèle être un remontoir activant un mouvement d’horlogerie et un compte à rebours vers une forme particulière de « dépendance » est enclenché…

… ou dans LA CITÉ DES ENFANTS PERDUS (1995) de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet :

À une époque indéterminée, dans une société steampunk au large d’une ville portuaire, Krank vit sur une île artificielle. C’est un vieil homme, un être issu des expériences d’un scientifique disparu, comme les clones qui l’entourent et d’autres créatures ratées. Krank ne rêve pas. Aussi fait-il enlever des enfants dans la ville afin de leur voler leurs rêves, mais il n’y trouve que des cauchemars. Miette, une petite voleuse débrouillarde exploitée par deux sœurs siamoises aussi cruelles que cupides, s’allie avec One, un costaud de foire, afin de retrouver Denrée, le petit frère de One que Krank a fait enlever…

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… ou même dans le court-métrage de Jan Kounen, LE DERNIER CHAPERON ROUGE (1996), dont les créations steampunks futuristes sont créées par Marc Caro.

14102208370915263612632881Un monstre né d’une reine est abandonné par celle-ci car elle ne supporte pas l’idée d’avoir enfanté une telle horreur. Ce monstre découvre un jour un engin souterrain libérant une jeune chaperon plus belle que le jour. Voyant cela comme un signe de Dieu, le monstre ne peut s’empêcher de la massacrer. Mais l’engin renfermait un millier de ces chaperons qui chaque jour, les unes après les autres, surgissent à leur tour et se font massacrer, jusqu’au jour où l’une d’entre elles, parvenue à déjouer le monstre, regrette de ne plus pouvoir danser…

Mais pour en revenir au cyberpunk au sens noble du terme, il s’est considérablement développé du côté du Pays du Soleil Levant que ce soit par le biais de l’informatique ou par celui de l’inventivité et l’interactivité des mangas. Et nous présentions d’ailleurs en fin d’article sur le cinéma post-apocalyptique des années 80 sur CosmoFiction, le film culte de Katsuhiro Ōtomo AKIRA (1988, アキラ) dont l’introduction montre la destruction de Tokyo le 16 juillet 1988, le jour même de la sortie du film au Japon.

31 ans plus tard, après la Troisième Guerre mondiale, en 2019, Neo-Tokyo est une mégalopole corrompue et sillonnée par des bandes de jeunes motards désœuvrés et drogués. Une nuit, l’un d’eux, Tetsuo, a un accident en essayant d’éviter ce qui semble être d’abord un jeune garçon mais qui a un visage de vieillard. Il est capturé par l’armée et est l’objet de nombreux tests dans le cadre d’un projet militaire ultra secret pour repérer et former des êtres possédant des prédispositions à des pouvoirs psychiques…

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Préfigurant JOHNNY MNEMONIC, STRANGE DAYS et même MATRIX, CIRCUITRY MAN (1990) de Steven Lovy est un film cyberpunk bourré de personnages mi-humains, mi-machines qui évoluent dans un futur post-apocalyptique « branché » peuplé de « déconnectés » (à moins que ce soit l’inverse…).

14102208425815263612632891Dans un futur où la surface de la terre est devenue invivable, l’humanité vit désormais dans des villes souterraines. L’un des rares plaisirs est devenu une sorte de stupéfiant électronique pouvant être directement branché sur le cerveau. Lori, un ancien garde du corps féminin, dérobe une mallette remplie de ces puces et part avec Danner, un androïde, pour les introduire a New York. Se lance à leur poursuite Plughead, un dangereux criminel, surnommé ainsi à cause des nombreuses prises qui ornent son cuir chevelu, lui permettant de tester directement toutes les puces qu’il trouve…

Le film de Steven Lovy a aussi engendré une suite en 1994, réalisée par Jim Metzler et inédite en France : PLUGHEAD REWIRED : CIRCUITRY MAN 2 avec de nouveau Vernon Wells et avec Traci Lords en prime.

Dans le contexte d’un futur pollué, agent du FBI sort l’androïde Danner d’un hôpital psychiatrique pour le forcer à l’aider à traquer le criminel Plughead. Mais Plughead qui a des démêlés avec Danner a devancé ses propres plans en forçant une scientifique à fabriquer des points de longévité qu’il a l’intention de vendre à de riches clients…

14102208450015263612632892En 1991, le nanardeur Albert Pyun est de retour avec une nouvelle série B de SF produite par Full Moon et qui reprend à son compte certaines influences issues de RUNNING MAN (1987), de TOTAL RECALL (1990) et de certains post-nukes des 80′s, tout en diluant savamment du cyber-punk dans du space-opera. C’est DOLLMAN (1991), interprété par Tim Thomerson (METALSTORM, TRANCERS, AIGLE DE FER, CHERRY 2000… Et il joue aussi le père dans AUX FRONTIÈRES DE L’AUBE).

Brick Bardo est un voyageur de l’espace qui est obligé de se poser sur Terre. Sur sa planète, il est un policier d’une stature imposante. Sur Terre, il n’est pas plus grand qu’une poupée. Ses ennemis qui le poursuivent vont avoir le même problème de taille. Chacun va trouver de l’aide. Le premier auprès d’une femme et son enfant, les seconds auprès d’un gang local. Les intentions des ennemis de Brick sont particulièrement belliqueuses, et il va devoir les affronter pour protéger ceux qui l’on aidé et sauver la Terre…

Je ne m’attarderai pas trop sur la suite de ce film BLOODMATCH (1991) qu’Albert Pyun a tourné dans le but de surfer sur la petite mode des films de kickboxing.

Brick Bardo est décidé à venger la mort de son frère, impliqué malgré lui dans un scandale lié à la lutte clandestine dans un circuit de kickboxing et qui a été tué avant d’avoir pu exposer les vrais coupables…

Plus dans la logique d’un Slasher de SF, LE TUEUR DU FUTUR (1993, Ghost in the Machine) de Rachel Talalay raconte une étrange histoire assez prenante qui dépasse le concept de SHOCKER (1989). Un compromis entre le film de Wes Craven, le tueur ne se déplaçant plus par le biais de l’électricité mais par celui des données informatiques d’une ville entière, et du thriller paranoïaque, TRAQUE SUR INTERNET (1995, The Net). La fin du film se concluant presque à la manière du COBAYE (1992, The Lawnmower Man).

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Karl Hochman, vendeur de logiciels et tueur en série, a pour principe de subtiliser le carnet d’adresses de ses victimes et de supprimer toutes leurs relations dont les adresses sont inscrites dans le-dit carnet. Un jour Terry Munroe, jeune femme qui élève seul son fils Jean, vient tester un ordinateur dans le magasin ou travaille Karl Hochman…

Avec Karen Allen s’embellissant avec les années, et Chris Mulkey (DREAMSCAPE, RUNAWAY, HIDDEN, THE FAN…).

14102208500215263612632899Toujours dans le genre du Slasher virtuel, BRAINSCAN (1994) de John Flynn est réussi, particulièrement sombre et bien amené par le jeune Edward Furlong qui semble à peine sorti de TERMINATOR 2 (1991, Terminator 2: Judgment Day) et Frank Langella recyclé en inspecteur de police grisonnant depuis DRACULA (1979) et LES MAÎTRES DE L’UNIVERS. BRAINSCAN étant aussi une sorte de dérivé heavy-geek-movie du concept de BENNY’S VIDEO (1993) de Michael Haneke.

Lorsque Michael, un fou furieux d’informatique, de jeux vidéo, de heavy metal et de films d’horreur reçoit un jeu de réalité virtuelle appelé « Brainscan », il ne peut résister à la tentation et se met à jouer. Michael se voit dans la peau d’un meurtrier et commet un meurtre en simulation. Mais à son réveil, son excitation se transforme rapidement en crainte lorsque le journal télévisé rapporte un meurtre sauvage perpétré dans son voisinage. Est-ce juste une coïncidence ?…

14102208514915263612632900Nettement plus Z sur le fond comme sur la forme, et bien que le slogan du film y mettent les formes (« Pamela Anderson… Ses pensées les plus secrètes mises à nu… »), NAKED SOULS (1995) de Lyndon Chubbuck raconte l’histoire d’Edward, un chercheur, et ses relations avec l’artiste Britt, sa petite amie. Edward fait des recherches pour tenter de lire et d’enregistrer les pensées des gens. Il y passe tellement de temps qu’il lui en reste peu à consacrer à Britt. Juste au moment où il est sur le point d’abandonner ses tentatives, il est contacté par le mystérieux Everett Longstreet qui lui offre à la fois un local pour continuer son travail et un financement illimité. Alors qu’Edward est sur le point de toucher au but, il commence à suspecter Everett et ses motifs cachés, car il se rend compte que ce à quoi il est sur le point d’arriver, ce n’est pas seulement la possibilité de pénétrer dans les esprits mais ce sont aussi les secrets de la vie éternelle…

Pamela Anderson y côtoie Dean Stockwell pour le meilleur mais surtout pour le pire. Par ailleurs, j’éviterai de m’étendre sur les suites de SCANNERS (1981) de David Cronenberg, celles-ci se déclinant en SCANNER COP (1994) de Pierre David :

Les scanners sont différents des autres hommes. Ils ont le don de lire dans les pensées en scannant les cerveaux, mais ils ont aussi le pouvoir de provoquer une douleur si forte que le cerveau implose. Forrester, qui veut devenir chef de la police puis maire, va manipuler les scanners et utiliser leur force destructrice. Avec le docteur Morse ils ont crée une drogue permettant le contrôle et le maintien des scanners dans un état d’esclavage et de dépendance…

Et SCANNER COP 2 (1995) de Steve Barnett :

Le policier Sam Staziak a un pouvoir particulier, c’est un scanner. Ce super-flic a un mortel ennemi,scanner lui aussi : Volkin, un tueur sadique bien décidé à se venger d’avoir été autrefois arrêté et emprisonné par Staziak…

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L’année 1995 est celle de JOHNNY MNEMONIC (1995) de Robert Longo et de STRANGE DAYS (1995) de Kathryn Bigelow, deux films cyberpunks américains par excellence et propulsant comme star geek le jeune acteur Keanu Reeves quatre ans avant MATRIX. À ses côtés Dolph Lundgren, Takeshi Kitano, Ice-T et Udo Kier se partagent les rôles principaux.

En 2021, les multinationales, craignant l’espionnage industriel, ont recours à des coursiers qui se sont fait poser un implant dans le cerveau pour pouvoir transporter des informations, prenant livraison de mémoire en un lieu pour la décharger en un autre. Johnny Mnemonic est un coursier de cette ère de l’information qui transporte des données qu’il ignore et qui est poursuivi par une multinationale cherchant à tout prix à les récupérer…

14102208565415263612632903Avec plus de moyens, STRANGE DAYS (1995) est un film très différent du précédent, mais visuellement impressionnant :

Los Angeles, quelques jours avant l’an 2000, Lenny Nero un flic déchu reconverti en dealer de clips prohibés, utilisant la technologie SQUID, capable d’enregistrer les flux du cortex cérébral et de les restituer à l’identique, reçoit un blackjack anonyme : l’assassinat en direct d’une amie à lui…

LA CLÉ DES MONDES PARALLÈLES (1996, Crossworlds) de Krishna Rao est une bonne série B interprétée par Rutger Hauer et Jack Black et qui propose une intrigue à base d’univers dimensionnels que JUMANJI (1995) de Joe Johnston a sûrement plus ou moins indirectement inspiré.

À la suite d’une soirée trop bien arrosée à Los Angeles, Joe Talbot se retrouve plongé dans une autre dimension. Tout d’abord, il ne s’en rend pas compte. Il lui semble vivre un rêve étrange qui se révèle bien vite être un cauchemar. En effet, des tueurs sont à ses trousses, tentant de lui reprendre un mystérieux médaillon. Il s’avère que celui-ci est une clef qui ouvre l’accès aux mondes parallèles. Ignorant son pouvoir, Joe ne sait pas qu’il peut devenir maître de l’univers. Transporté dans cette autre dimension, il rencontre une jeune femme, Laura, et un être mystérieux, A.T., qui vont l’aider à sauver la Terre…

Puis avec la fin des années 90, c’est l’arrivée de CUBE (1997) de Vincenzo Natali, qui ira plus loin encore dans la virtualité avec CYPHER en 2002, CUBE devenant aussi plus ou moins une saga futuriste au cours des épisodes. Puis c’est DARK CITY (1997) et THE TRUMAN SHOW (1998) de deux Australiens, Alex Proyas et Peter Weir, qui anticipent le mieux l’arrivée de MATRIX.14102209012815263612632910

Mais pour rester sur DARK CITY :

Un homme se réveille dans son bain, une goutte de sang perle sur son front. Il ne se souvient de rien, il met des vêtements neufs déposés dans sa chambre d’hôtel quand il reçoit un appel téléphonique anonyme. On le prévient qu’ »ils » arrivent et qu’il ne doit jamais « les » laisser l’attraper. Au moment où il prend la fuite, il aperçoit le corps d’une victime sur le sol. Il est poursuivi à la fois par un détective qui enquête sur les meurtres qu’il aurait soi-disant commis et par d’étranges hommes pâles et chauves, tous habillés de la même façon. Au fur et à mesure de ses recherches, il apprend que ces hommes mystérieux aux pouvoirs surnaturels endorment toute la population chaque nuit et recomposent entièrement la ville ainsi que les souvenirs de ses habitants…

14102209034715263612632911Puis vient enfin l’ère de MATRIX (1998, The Matrix) d’Andy et Larry Wachowski pour conclure cette décennie virtuelle des années 90 et ouvrir une parenthèse vers les années 2000 :

Thomas A. Anderson, un jeune informaticien connu dans le monde du hacking sous le pseudonyme de Néo, est contacté via son ordinateur par ce qu’il pense être un groupe de hackers. Ils lui font découvrir que le monde dans lequel il vit n’est qu’un monde virtuel dans lequel les êtres humains sont gardés sous contrôle. Morpheus, le capitaine du Nebuchadnezzar, contacte Néo et pense que celui-ci est l’Élu qui peut libérer les êtres humains du joug des machines et prendre le contrôle de la matrice (selon ses croyances et ses convictions)…

Fin de la première partie.

- Trapard -



SCIENCE-FICTION TÉLÉVISÉE POLONAISE DES ANNÉES 60

SCIENCE-FICTION TÉLÉVISÉE POLONAISE DES ANNÉES 60

Voici un petit dossier sans prétention dédié à la SF d’Europe de l’Est et plus précisément à la SF télévisée polonaise, et présentant à nos lecteurs des adaptations TV de l’œuvre de deux grands romanciers de la science-fiction polonaise : Czeslaw Chruszczewski et Stanisłas Lem.

OÙ ES-TU LOUISE ? (1964) de Janusz Kubik

SCIENCE-FICTION TÉLÉVISÉE POLONAISE DES ANNÉES 60 dans Dossier 14081407125915263612451749Pour commencer tranquillement cet article, ce téléfilm polonais de 1964 est tiré de la nouvelle « Fotel na autostradzie » du romancier de science-fiction polonais Czeslaw Chruszczewski (1922-1982). Je vous laisse répéter son nom à haute voix et à plusieurs reprises pour vous entraîner à le prononcer. Czeslaw Chruszczewski (donc toujours lui!) a fait ses débuts d’écrivain en Pologne dans les années 60, en gagnant en popularité dans les années 70 en publiant plusieurs romans, deux anthologies d’histoires courtes de SF, mais aussi des scénarios pour des émissions de radio et de télévision, comme c’est le cas avec OÙ ES-TU LOUISE ? (1964, Gdzie jestes, Luizo ?) pour lequel il a adapté sa propre nouvelle. Certaines des œuvres de Czeslaw Chruszczewski ont été traduites dans plusieurs langues, dont le russe, le tchèque, le hongrois, l’allemand et l’espagnol, mais pas en français. Mais il n’est sûrement pas un inconnu pour les fans de SF old-school puisqu’il a reçu de nombreux prix au Congrès européen de SF à Trieste pour l’ensemble de ses écrits dans la science-fiction (1972), à la Réunion internationale des écrivains de SF à Poznan (1973), et lors du Congrès de SF Eurocontrol II à Grenoble (1974) et Eurocontrol III à Poznan (1976), et il a été vice-président du Comité européen de SF.

14081407151415263612451750 dans Dossier : Science-Fiction TV Polonaise des Années 60

Pour en revenir à OÙ ES-TU LOUISE ?, voici son intrigue : Une entité extraterrestre se pose  sur terre et, cachée dans un cirque, elle choisit quatre personnes représentant l’ensemble de l’humanité. Par l’intermédiaire de son émissaire sur terre, Louise, elles deviennent les spécimens de leurs recherches sur les sources primitives de l’espèce humaine…

OÙ ES-TU LOUISE est un téléfilm très étrange et très typé d’une certaine modernité psychédélique naissante surtout à l’Ouest, comme en Angleterre par exemple. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, la télévision polonaise des années 60 n’était pas dépourvue de petites productions de SF de qualité, souvent courtes, comme le prouvent cette série de téléfilms. OÙ ES-TU LOUISE ? (1964) est surtout une occasion pour son réalisateur, Janusz Kubik, de s’essayer à une longue série d’effets visuels possibles avec les outils audiovisuels de l’époque, cette surenchère accentuant l’irréalité du sujet comme il se doit.

14081407250015263612451755 dans Science-fiction

Stanisław Lem (ou Stanislas Lem en francisant son nom) n’est pas tout à fait un inconnu pour les lecteurs des Échos d’Altaïr car – rappelez-vous – Morbius parlait déjà indirectement de lui dans les Robots-Craignos à propos d’une adaptation de l’un de ses romans inédits en France, « Obłok Magellana » et à propos du film tchécoslovaque de Jindrich Polák, IKARIE XB-1 (1963) et de son robot rigolo.

14081407292915263612451757 dans TrapardWikipédia présente ainsi le romancier polonais : « Stanislas Lem écrit sur l’incommunicabilité entre les humains et les civilisations extra-terrestres et sur le futur technologique de l‘humanité. Il développe des idées sur une société idéale et utopique et explore les problèmes liés à l’existence de l’homme dans des mondes où le progrès technologique supprime tout effort humain. Ses sociétés extra-terrestres mettent en scène des essaims de mouches mécaniques (« L’Invincible ») ou l‘océan pensant (« Solaris ») avec lesquels les Terriens ne peuvent pas communiquer. Des utopies technologiques apparaissent dans Pokoj na Ziemi (Paix sur la Terre) ou dans « La Cybériade ».

Lem est un partisan de la civilisation occidentale. Malgré la censure inhérente au régime staliniste dans lequel il vécut, son œuvre contient une sévère critique du collectivisme. ».

Voici donc deux courts-métrages de la télévision polonaise et réalisés par le duo Marek Nowicki & Jerzy Stawicki, un autre réalisé par le cinéaste Andrzej Wajda, et enfin, un long-métrage fleuve télévisé de space-opéra russe, tous issus de l’imagination de Stanisław Lem.

AMI (1965) de Marek Nowicki & Jerzy Stawicki

14081407325515263612451759Pour commencer, AMI (1965, Przyjaciel) est un téléfilm de 18 minutes tiré de la nouvelle « L’Ami » qui est issue du recueil « Le Bréviaire des Robots » de Stanislas Lem. Une nouvelle dans laquelle un jeune électronicien relate sa rencontre avec un homme étrange, à la recherche de matériel pour un prétendu ami. L’électronicien en question, c’est l’ingénieur Ijon Tichy, personnage central d’une série d’ouvrage tragicomiques de Stanislas Lem dont la plupart des œuvres sont traduites et publiées en France. La plupart des histoires dont l’ingénieur Ijon Tichy est le protagoniste principal sont des historiettes de SF modernes dont la robotique est une des préoccupations centrale , ce qui ne sera pas pour déplaire à Morbius. Et c’est aussi le cas dans AMI (1965, Przyjaciel), un téléfilm à l’ambiance très étrange, voire énigmatique, dont une immense machinerie permet l’alimentation énergétique d’un genre de cyborg à l’apparence humaine.

14081407354615263612451761Pour l’anecdote : le désormais célèbre cinéaste de la Nouvelle-Vague polonaise, Jerzy Skolimowski écrivit le scénario et les dialogues de ce téléfilm et de quelques autres œuvres comme LE COUTEAU DANS L’EAU (1962, Nóż w wodzie), le tout premier long-métrage de Roman Polanski. Ceci alors que Skolimowski suivait les cours de L’École nationale de cinéma de Łódź et qu’il tournait parallèlement sa trilogie ayant pour héros Andrzej Lezczyc, un jeune homme en colère et inadapté qu’il interprétait lui-même devant sa caméra (SIGNE PARTICULIER : NÉANT, WALKOWER et LA BARRIÈRE), ceci aussi avant de s’exiler pour travailler en Angleterre, comme Roman Polanski, et de tourner les classiques qu’on lui connait. Quant à Marek Nowicki & Jerzy Stawicki, ce sont des réalisateurs de la télévision polonaise qui n’ont pas vraiment laissé de traces indélébiles dans l’Histoire du cinéma et de la télévision en dehors de ces deux adaptations courtes de Stanislas Lem.

PROFESSEUR ZAZUL (1965) de Marek Nowicki & Jerzy Stawicki

Autre téléfilm court d’une durée de 22 minutes, toujours réalisé par Marek Nowicki & Jerzy Stawicki, autours du personnage d’Ijon Tichy.

L’intrigue : Ijon Tichy, surpris par l’orage, trouve refuge dans la maison du très antipathique professeur Zazul qui lui dévoile le résultat de ses dernières recherches dans le domaine des maladies mentales… Mais des robots…

Adaptation de la nouvelle « La clinique du docteur Vliperdius » de Stanisław Lem, tirée du recueil « Mémoires d’Ijon Tichy ».

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Comme dans le téléfilm précédent, c’est l’acteur polonais essentiellement de théâtre, Piotr Kurowski (1922-2001), qui incarne Ijon Tichy. Kurowski a surtout été un comédien de scène ou de télévision mais il a très peu travaillé pour le cinéma. Il est néanmoins l’un des protagonistes d’une série TV de SF polonaise, KOSMOS (1988) adaptée d’un roman de Witold Gombrowicz.

PROFESSEUR ZAZUL (1965, Profesor Zazul) est le meilleur à mon goût de ces deux téléfilms. Plus proche du film gothique de Savant Fou mais avec une légère touche paranoïaque en prime, cet épisode en est inquiétant de bout en bout.

MILLE FEUILLE (1968) d’Andrzej Wajda

MILLE FEUILLE (1968, Przekladaniec) est un autre téléfilm, mais d’un durée de 38 minutes et réalisé par Andrzej Wajda (rien que pour lui, le film vaut d’être vu).

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Autre cinéaste de la Nouvelle-Vague polonaise, Andrzej Wajda quant à lui était proche des idées libérales de Solidarność et un ami de Lech Walesa. Il fut découvert en France avec L’HOMME DE MARBRE (1977, Człowiek z marmuru) et L’HOMME DE FER (1981, Człowiek z żelaza), des films politisés qui évoquent les premiers événements provoqués par le syndicat Solidarność. Mais on lui doit aussi de bons films d’auteur, et d’excellents films de guerre comme ILS AIMAIENT LA VIE (1957, Kanał) ou CENDRES ET DIAMANT (1958, Popiół i diament) ou même DANTON (1983), le classique sur la Révolution Française qu’il a tourné en France en compagnie de Gérard Depardieu.

14081407541115263612451787MILLE FEUILLE traite plutôt de science-fiction et de manière humoristique : Dans un futur indéfini, la science a fait de tels progrès que toutes les greffes sont possibles et réalisables. Un coureur automobile en fera les frais en se retrouvant avec un tiers des organes de son frère et co-pilote mort dans un accident de voiture. Ce qui pose plus de problèmes que prévu car les deux frères ont souscrits à une police d’assurance sur la vie, mais la quantité d’organes greffés semble insuffisante pour que les modalités du contrat soient viables. À l’inverse, un pourcentage des organes du défunt ayant été greffés, ce pourcentage est lui aussi non solvable à plein tarif car « considéré en vie », alors que le survivant greffé au tiers n’est plus tout à fait considéré comme vivant. Puis étant devenu en partie physique son propre frère, certains liens et statuts familiaux doivent être désormais modifiés…

Etc… Etc… Etc…

Une comédie futuriste survoltée et très drôle, avec la jeune chanteuse et comédienne d’origine polonaise, Anna Prucnal, deux ans avant son départ pour la France et sa future naturalisation.

SOLARIS (1968) de Lidiya Ishimbayeva & Boris Nirenburg

Tous les fans de SF connaissent plus ou moins SOLARIS. Bien qu’adapté de Stanislas Lem, ce téléfilm déroge un peu à la règle de cet article, puisqu’il n’est non pas polonais mais russe.

L’intrigue : Kris Kelvin rejoint la station spatiale en orbite autour de la planète Solaris, seulement pour trouver ses deux membres d’équipage en proie à des «fantômes», créations de Solaris. Kelvin est bientôt confronté à son propre fantôme, prenant la forme de sa femme décédée, Hari….

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En 1968, quatre ans avant le long métrage d’Andrei Tarkovsky (suivi, en 2001, par l’adaptation de Steven Soderbergh avec George Clooney), la télévision soviétique a tourné ce téléfilm en deux parties, SOLARIS (1968, Solyaris), tiré de l’œuvre la plus célèbre de Stanislas Lem. Comme dans « l’Invincible », écrit deux ans plus tard, l’auteur imagine en 1961, dans « Solaris », la rencontre avec une intelligence extra-terrestre qui échappe complètement au modèle anthropomorphique et qui se double d’un drame humain. Bien qu’un peu long, le téléfilm en noir et blanc des réalisateurs russes Lidiya Ishimbayeva & Boris Nirenburg est une bonne version paranoïaque de l’univers de l’écrivain polonais.

Pour conclure cet article, voici un étrange téléfilm court de science-fiction, sorte de remake polonais moderne des POUPÉES DU DIABLE (1936) de Tod Browning.

LE PREMIER PAVILLON (1965) de Janusz Majewski

L’intrigue : Un jeune scientifique est kidnappé et emmené dans une maison mystérieuse où son ancien professeur mène des expériences pour réduire des êtres humains…

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LE PREMIER PAVILLON (1965, Pierwszy pawilon) est un court téléfilm de 24 minutes. Il s’agit de l’un des premiers films de on réalisateur, Janusz Majewski qui fut l’un des professeurs de L’École nationale de cinéma de Łódź de 1969 à 1991 et qui écrivit des romans sous le pseudonyme de Patrick G. Clark. En plus du rapport évident aux POUPÉES DU DIABLE dans son téléfilm, Majewski fait aussi un petit clin d’œil à une scène culte de L’HOMME QUI RÉTRÉCIT écrit par Richard Matheson. Mais au-delà de ces deux références, LE PREMIER PAVILLON relève plutôt de la science-fiction paranoïaque dont le complot gouvernemental est le nœud de l’intrigue, bien que le téléfilm soit abordé sur un ton léger et presque humoristique, à grands renforts d’airs musicaux de jazz.

- Trapard -

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SCIENCE-FICTION ET FANTASTIQUE TV SPÉCIAL 14 JUILLET

SCIENCE-FICTION & FANTASTIQUE TÉLÉVISÉS SPÉCIAL 14 JUILLET

C’est le 14 JUILLET alors autant en profiter pour être chauvin aujourd’hui plus qu’un autre jour sur Altaïr IV avec du cinéma bien français. Voire même de la télévision bien française puisque j’ai concocté pour ce soir un lot de quatre vieux téléfilms fantastiques de l’ORTF consultables sur le site de l’INA.

Et pour conclure et rester dans une forme de Francophonie, j’y ajouterai un téléfilm expérimental de science-fiction issu de la télévision Suisse romande.

LE PETIT CLAUS ET LE GRAND CLAUS (1964) de Pierre Prévert

SCIENCE-FICTION ET FANTASTIQUE TV SPÉCIAL 14 JUILLET  dans Dossier 14071405461615263612386008Pour commencer cet article, LE PETIT CLAUS ET LE GRAND CLAUS est un téléfilm de Pierre Prévert produit par l’ORTF pour les programmes de la fin d’année 1964, et librement adapté de plusieurs contes d’Andersen. L’animateur Claude Santelli, déjà à l’origine de l’émission du THÉÂTRE DE LA JEUNESSE était chargé d’organiser cette programmation télévisuelle en cette période de fêtes.

L’intrigue : Dans une ville demeuraient deux hommes qui s’appelaient du même nom : Claus. Mais l’un avait quatre chevaux, et l’autre n’en avait qu’un seul. Donc pour les distinguer, on appelait le premier Grand Claus et le second Petit Claus. Grand Claus est une brute, un vaniteux, un coléreux qui profite de sa supériorité financière pour brimer Petit Claus…

Co-écrit par les deux frères Prévert, Jacques et Pierre, ce film a obtenu le Prix de la meilleure émission de télévision pour l’année 1964, décerné en 1965 par l’Association française de la critique de télévision. Bien qu’étant un téléfilm des années 60, nous sommes déjà à des années lumières des réalisations télévisées de fiction, plutôt théâtrales de l’époque. LE PETIT CLAUS ET LE GRAND CLAUS dégage une atmosphère féérique française, assez proche de celles que Jacques Prévert écrivait avec Marcel Carné dans les années 40-50, mais destinée à un public assez jeune cette fois.

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Moins connu que Jacques, Pierre Prévert a tourné une poignée de films poétiques ou humoristiques pour le cinéma, toujours proches d’une certaine avant-garde artistique comme celle des Surréalistes par exemple. On lui doit, toujours avec son frère Jacques, L’AFFAIRE EST DANS LE SAC (1932), un bon film populaire et qui n’est pas sans rappeler ce que sera plus tard l’univers cinématographique de Jacques Tati. Pierre Prévert a aussi tourné la série TV fantastique de l’ORTF, LES COMPAGNONS DU BAAL (1968) sur laquelle nous reviendrons dans notre petite rubrique dédiée aux séries TV.

Pour en revenir à LE PETIT CLAUS ET LE GRAND CLAUS, Paul Grimault, auteur de dessins animés cultissimes comme LE ROI ET L’OISEAU (1980) est à l’origine des décors du téléfilm et des illustrations entrecoupant les scènes jouées, et Sacha Vierny, l’un des plus grands chef-opérateurs français était aussi de la partie.

LE CYBORG ou LE VOYAGE VERTICAL (1970) de Jacques Pierre

Ce second téléfilm tourné par le réalisateur Jacques Pierre est un étrange téléfilm de science-fiction, mi-théâtral, mi expérimental, mi-psychédélique comme il se doit en ces débuts d’années 70.

14071405501415263612386012 dans Science-fictionL’action se déroule de nos jours, à 12 000 mètres sous terre. Sept personnages se prêtent volontairement à une curieuse expérience scientifique dont ils ignorent, a priori la nature. Ces sept personnes sont de milieux très différents: il y a là Caroline, antiquaire; Nathalie, mère de famille; Muriel, figurante de cinéma; Ralph, élégant industriel; Jean, fonctionnaire à l’apparence modeste; Léon, chauffeur de taxi parisien et Gabriel, « mi-provo, mi-beatnik ». Ils sont réunis dans un habitacle métallique qui ressemble à une cabine d’ascenseur ultra moderne depuis le moment où ils ont signé le contrat qui les engageait à participer à une expérience scientifique. – Soudain les portes à glissière s’ouvrent sur un décor de rêve…Un hôte accueille les sept personnages au sein de l’ »adythum douze mille » et leur annonce que parmi eux se trouve un « cyborg » sorte de robot perfectionné, à l’apparence humaine

Étrangeté télévisuelle située dans un huis-clos étreignant qui permet aussi de découvrir un très jeune Gérard Depardieu, alors peu connu mais déjà dans un de ces rôles de jeune irrespectueux qui lui collera longtemps à la peau avec le succès des VALSEUSES (1974) de Bertrand Blier.

FRANKENSTEIN 95, UNE HISTOIRE D’AMOUR (1974) de Bob Thénault

14071405523415263612386013 dans TrapardFRANKENSTEIN 95 est une adaptation télévisée assez fidèle au roman de Mary Shelley.

L’intrigue, vous la connaissez : Au début du XIXe siècle, obsédé par l’idée de créer la vie, le comte Victor Frankenstein s’est tourné vers la science, qu’il estime capable d’engendrer l’homme nouveau. Il entreprend, dans un premier temps, des recherches sur des animaux et des cadavres, au grand dam de ses professeurs et des notables de Genève. Sa famille aussi s’épouvante de ses expériences. Condamné à s’isoler dans la montagne, il donne vie à un monstre à partir de cadavres. Mais le monstre s’échappe et commence à semer la mort autour de lui…

Un téléfilm costumé qui manque malheureusement de rythme pour être vu aujourd’hui.

LA MAIN ENCHANTÉE (1974) de Michel Subiela

Après Mary Shelley, voici une adaptation du poète romantico-fantastique Gérard de Nerval et de sa nouvelle fantastique « La Main de gloire : histoire macaronique » (1832) qui avait déjà inspiré LA MAIN DU DIABLE (1943) de Maurice Tourneur, et qui ‘inspire de la formule magique du Petit Albert, grimoire du XIe siècle compilant de nombreuses formules supposées magiques.

14071405541715263612386014L’intrigue : Eustache, jeune commis drapier s’apprêtant à épouser Javotte, la fille de son patron, se fait dire la bonne aventure par un étrange magicien : « Tu mourras plus grand que tu n’as vécu ! » lui dit-il. La prophétie semble belle. « Mais tu mourras pendu ! » poursuit-il. Paniqué, il est prêt à tout pour échapper à son destin et accepte de mettre en gage auprès du magicien sa main droite, rebaptisée « Main de gloire »…

Plus passionnant et macabre que FRANKENSTEIN 95, bien que très théâtral dans le jeu des comédiens, ce téléfilm aborde le domaine des sciences occultes de la nouvelle de Gérard de Nerval mais transpose son intrigue du Moyen Âge jusque dans la Renaissance.

À l’origine, Michel Subiela devait inaugurer avec ce téléfilm une nouvelle anthologie télévisée du fantastique sur l’ORTF, « Les classiques de l’étrange » après celle du « Tribunal de l’Impossible ». Mais le projet avorta au moment de la diffusion de LA MAIN ENCHANTÉE. Michel Subiela est d’ailleurs un des grands noms de l’ORTF en tournant de « grands téléfilms » costumés à la même époque où le cinéaste italien Roberto Rossellini enrichissait la télévision italienne de certains de ses plus grands téléfilms historiques avec BLAISE PASCAL (1971), AUGUSTIN D’HIPPONE (1972, Agostino d’Ippona), L’ÂGE DE COSME DE MÉDICIS (1973, L’età di Cosimo de Medici) et RENÉ DESCARTES (1973, Cartesius), des téléfilms que vous trouverez depuis peu dans un superbe coffret DVD. Mais là où Rossellini se voulait ludique, LA MAIN ENCHANTÉE de Michel Subiela est surtout un bon téléfilm de pur divertissement fantastique.

LA DAME D’OUTRE-NULLE PART (1966) de Jean-Jacques Lagrange

Normalement lorsqu’on m’indique « Nulle part » comme lieu-dit, j’arrive encore à me repérer même à tâtons avec un bandeau sur les yeux et à vous indiquer du doigt un vague endroit au loin. Mais lorsqu’il advient qu’il est question de « l’Outre-Nulle part », et même avec le meilleur GPS du monde, je vous avouerais très volontiers – avec le doigt agité prêt à se recroqueviller nerveusement comme une boussole affolée – bien benoîtement mon incompétence.

Mais laissez-vous guider par l’incroyable intrigue qui suit : Ingénieur dans une centrale atomique, Bernard Morgan se trouve confronté à un bien étrange phénomène devant son poste de télévision. Une jeune infirmière, disparue lors de l’explosion atomique de Nagasaki, apparaît à l’aube dans le petit écran, tentant de communiquer avec lui…

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Le scénario est inspiré d’une histoire de George Langelaan, écrivain, journaliste (et agent secret !) franco-anglais, dont la nouvelle « La Mouche » a connu la carrière cinématographique que l’on le sait, avec la version de 1958 et ses deux suites, ainsi que celles plus récentes de David Cronenberg (1986) et de Chris Walas (1989). Nous en parlions déjà ici et ici.

George Langelaan est également l’auteur de « Robots pensants », un récit adapté par le même Michel Subiela que celui de LA MAIN ENCHANTÉE, pour la télévision, sous le titre LE COLLECTIONNEUR DE CERVEAUX (1976) dont j’espère que nous reparlerons sur ce blog.

Pour ce qui est de LA DAME D’OUTRE-NULLE PART, sa réalisation est assez surprenante et très moderne, parfois proche de celle d’ALPHAVILLE (1965), cet ovni science-fictionnel tourné par Jean-Luc Godard (qui lui-même est un cinéaste d’origine suisse), mais bien que la trame du téléfilm de Jean-Jacques Lagrange soit toujours linéaire. Et aussi souvent calme, lente et très silencieuse, toute la longue intro du film étant complètement muette.

Jean-Jacques Lagrange est un des réalisateurs qui lança la télévision expérimentale genevoise. Engagé comme réalisateur à la télévision suisse romande (TSR) dès son origine en 1954, il est aussi l’un des cofondateurs du Groupe 5 dédié à la production de films indépendants en Suisse romande et dont Alain Tanner et Claude Goretta sont les plus connus internationalement. Cette proximité devant permettre au groupe d’obtenir un accord de coproduction avec la TSR ou plus précisément du pré-achat de leurs œuvres à un tarif préférentiel, ainsi qu’une exploitation en salle avant toute diffusion à la télévision. Un exercice de co-production qui serait enrichissant d’appliquer un jour à la Nouvelle-Calédonie.

Cette association a rapidement fait connaître ce cinéma suisse sur le plan international et plus particulièrement à Paris avec des films désormais cultes comme CHARLES MORT OU VIF (1969) et LA SALAMANDRE (1971) d’Alain Tanner ou L’INVITATION (1973) de Claude Goretta.

LA DAME D’OUTRE-NULLE PART fait aussi partie de ce cinéma expérimental suisse mais sur fond de science-fiction et d’espionnage.

- Trapard -

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LA FLORE EXTRATERRESTRE AU CINÉMA ET À LA TÉLÉVISION

LA FLORE EXTRATERRESTRE AU CINÉMA ET À LA TÉLÉVISION 

Si la conception d’aliens, de cités extraterrestres ou de vaisseaux futuristes n’a jamais vraiment représenté un grand défi pour les cinéastes ou les créateurs de séries télévisées de science-fiction, il n’en est pas de même pour ce qui est de la représentation de la flore d’un autre monde. En effet, concevoir des arbres, des plantes ou des fleurs purement extraterrestres s’avère bien plus ardu que réaliser un Enterprise de Starfleet ou un Wampa de Hoth ! À vrai dire, il y a certainement moins de films ou d’épisodes de séries TV qui ont vraiment tenté d’offrir au spectateur des végétaux aliens que de pétales sur une marguerite… 

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Représentation d’une plante extraterrestre par un artiste.

Des plantes extraterrestres ? À quoi bon ?

Dans la plupart des cas, au cinéma comme à la télévision, les réalisateurs ne s’embarrassent pas de concevoir en détail une flore extraterrestre crédible, et pour plusieurs raisons. La première, et la plus évidente, c’est que cela reviendrait à un travail monstrueux et fastidieux car beaucoup trop compliqué et forcément onéreux. La seconde, c’est qu’ils s’imaginent que le spectateur ne prêtera pas beaucoup d’attention à l’environnement dans lequel évolue le héros. C’est oublier un peu trop facilement l’œil du fantasticophile qui, avec le temps, est devenu extrêmement aguerri…

Le désert pour végétation…

Alors, pour contourner allègrement le problème, nos réalisateurs préfèrent opter pour des mondes aliens sans végétation, voilà qui résout tout. Combien de films ou d’épisodes de séries TV nous ont proposé des déserts sableux ou caillouteux à la place de forêts extraterrestres ? Là où devraient se dresser des arbres aux formes inconnues se dressent des montagnes escarpées où, forcément, rien ne pousse… Si par contre, à l’inverse, l’un de ces réalisateurs se risque à quelques plans dans une forêt ou une jungle alien, c’est forcément pour nous montrer des végétaux bien de chez nous, de préférence de nuit, les tournages s’effectuant souvent dans des réserves ou des parcs nationaux…

Plusieurs options végétales

Néanmoins, quelques-uns ont parfois tenté d’apporter une touche d’exotisme alien bienvenue dans la flore de ces mondes étranges et inconnus. Mais comment ont-ils fait ?

Première option, la plus simple : utiliser des végétaux bien de chez nous mais peu connus ou possédant des formes étranges. Et c’est là où l’on va piocher dans des serres tropicales :

… des orchidées…

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… des plantes carnivores du genre Nepenthes vieillardii…

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… des Coleus…

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… des fougères arborescentes…

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… de petits Araucarias aux feuilles si particulières…

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… et bien d’autres encore, dont les éternels « Oiseaux de paradis »…

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Mais ce qui pourra paraître vraiment exotique et donc presque E.T. aux yeux d’un Occidental ne le sera pas pour un Océanien, et je sais de quoi je parle puisque je vis en Nouvelle-Calédonie ! Cependant, trêve de pinaillage, l’acte est louable, et il n’y pas beaucoup de réalisateurs qui s’y prêtent. Les séries STAR TREK ont d’ailleurs souvent utilisé à bon escient ces fameuses plantes tropicales.

Deuxième option, plus originale : s’amuser à repeindre la flore dans des couleurs inédites pour obtenir des plantes « inconnues » ou utiliser des lentilles colorées lors du tournage. Dans le premier cas, parfois employé dans les épisodes de la série originelle STAR TREK des années soixante, l’effet est sympathique mais tout de même peu convaincant car même peinte en bleu une plante terrienne ressemblera toujours à une plante terrienne ! Dans le second cas, la série FARSCAPE s’est parfois prêtée au jeu des lentilles colorées sur un coin de brousse ou de forêt. Le résultat s’avère plutôt… assez brouillon. Néanmoins, encore une fois, c’est toujours mieux que rien. Au moins certains réalisateurs ne se contentent pas de nous balancer en pleine figure un paysage du Sahara !

Troisième option, la plus difficile : tout créer à partir de son imagination… C’est là où de nombreux concepteurs sont invités à faire preuve d’originalité et de crédibilité. Tout en se basant sur la flore de notre planète, ils vont extrapoler et songer à quoi pourrait bien ressembler une plante ou un arbre sur un autre monde. Certains se baseront sur des données scientifiques, d’autres préféreront laisser libre cours à leur imagination pour donner forme à des végétaux complètement délirants. Mais ce qui est facile à coucher sur le papier le sera peut-être moins à réaliser en peinture sur verre ou, pire, en 3D. En outre, il ne s’agira pas forcément de ne représenter qu’un arbre ou qu’une plante isolée mais une forêt tout entière… Vaste programme ! Défi majeur ! Cependant, quelle merveilleuse épreuve pour un artiste  et quel spectacle splendide pour le spectateur ! Et aujourd’hui, avec l’avènement des images de synthèse, créer de toute pièce une flore alien devient presque un jeu d’enfant, j’ai dit « presque » ! Examinons à présent ceux qui se sont risqués à ce travail unique de création, avant l’ère du numérique, puis à partir de l’ère du numérique, et observons leurs méthodes et les résultats…

Il n’est pas question de faire preuve ici d’exhaustivité. On ne s’intéressera qu’à quelques cas, et de toute manière on le sait déjà : ils ne sont pas légions dans l’histoire du cinéma et de la télévision de science-fiction, mais certains méritent le détour.

Flore E.T. des Fifties

En 1951, à la fin du CHOC DES MONDES (When worlds collide) de Rudolph Maté, le vaisseau fusée des survivants humains, sorte d’arche spatiale, atterrit en catastrophe sur un monde extraterrestre. Quand la caméra nous dévoile son paysage, on y découvre des plaines verdoyantes mais aussi des arbres roses… Il s’agit en fait d’une peinture-ébauche qui ne devait absolument pas servir pour le film. Mais la production, souhaitant accélérer les délais de sortie du CHOC DES MONDES, obligea le réalisateur a utiliser ce « brouillon coloré » qui, à l’arrivée, ressemble plus à un dessin animé de Walt Disney qu’autre chose…

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Sur Altaïr IV de PLANÈTE INTERDITE (Forbidden Planet, 1956), film de Fred M. Wilcox, la végétation semble quasi inexistante, sauf autour de la propriété de Morbius (oui, la mienne, en effet) où l’on peut découvrir, telle une oasis en plein désert, des arbres et des plantes au feuillage rouge (tout comme la flore de Nibiru de STAR TREK INTO DARKNESS).

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Plantes carnivores aliens !

Dans le fort sympathique THE ANGRY RED PLANET d’Ib Melchior (1959), une équipe de scientifiques américains partie explorer la planète Mars se heurte soudain à une énorme plante carnivore très agressive ! L’un d’entre eux en réchappera de peu. Notre plante alien devait être en fait, pour les besoins du tournage, une sorte de monstre végétal caoutchouteux bien rempli d’air… Le film étant en noir et blanc (ou plutôt en rouge et blanc, si, si !), on ne connaîtra jamais les vraies couleurs de cette plante carnivore géante.

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Et pour rester dans le domaine des plantes carnivores démesurées, nous avons aussi celle de FLASH GORDON (Mike Hodges, 1980). C’est dans l’épaisse jungle d’Arboria que nous la trouvons, plus précisément dans ses marécages. Flash failli être avalé tout cru par cet impressionnant monstre végétal aux pattes d’araignée (!) et aux cris perçants ! Une fois atteinte par un rayon laser, celle-ci finira pareil à un ballon de baudruche dégonflé (décidément, elles sont toutes bien « gonflées » ces plantes carnivores E.T. !)

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Jolies fleurs toxiques…

Dans l’épisode de STAR TREK sixties « Un coin de paradis » (« This side of paradise », 1967), les membres de l’Enterprise sont confrontés à des plantes bien étranges sur la planète Omicron Ceti III. En effet, celles-ci, lorsqu’on s’en approche, soufflent des spores qui contaminent leurs proies. Spock sera le premier à en faire l’expérience. Il ne parviendra plus à contenir ses émotions, de même que tous les autres membres d’équipage qui seront à leur tour victimes de ces dangereux végétaux. Il est amusant de voir ces plantes, sortes de fleurs dans lesquelles on a dû placer un tuyau pour les effets spéciaux, balancer une poudre blanche en pleine figure de nos héros !

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La célèbre série télévisée AU-DELÀ DU RÉEL (The Outer Limits) nous proposait déjà, en 1964, dans son épisode intitulé « La plante inconnue » (« Specimen unknown »), des fleurs extraterrestres capables de diffuser un gaz toxique. « Au cours d’une mission, des habitants d’une station spatiale découvrent des organismes vivants semblables à des plantes. Une jungle luxuriante aux grandes fleurs blanches se développe rapidement dans leur navette. Ils ignorent que les fleurs diffusent un gaz mortel… » Tentative de création d’une fleur blanche alien plutôt réussie dans cette histoire originale.

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Des perroquets en pleine végétation extraterrestre…

En 1975, dans l’épisode de COSMOS 1999 « Le gardien du Piri » (« Guardian of Piri »), le commandant Koenig de la base lunaire Alpha découvre une planète, Piri, dont la surface carrelée (!) est recouverte d’une incroyable « végétation », du moins y ressemble-t-elle. Mais en est-ce une réellement ?… On y voit comme d’énormes boules blanches accrochées à des branchages s’élevant vers le ciel mauve de ce monde mystérieux.

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Toujours dans COSMOS 1999, dans l’épisode « Question de vie ou de mort » (« Matter of life and death »), nos héros débarquent sur Terra Nova, une planète propice à la vie humaine. Le paysage étrange (entièrement créé en studio), nous dévoile un peu de végétation, mais il s’agit essentiellement de troncs desséchés, de quelques touffes d’herbes éparses et de beaucoup de poussière. Le ciel rouge est là pour bien souligner que nous ne sommes pas sur la Terre. Malheureusement, l’emploi d’authentiques perroquets vient tout gâcher…

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Mais plus encore que la série STAR TREK des années 1960, COSMOS 1999 a toujours essayé d’apporter une touche franchement extraterrestre aux décors et paysages des mondes qu’elle s’appliquait à nous dévoiler à travers ses épisodes fascinants. Il faut dire qu’elle avait à sa disposition un budget conséquent, ce qui n’était malheureusement pas le cas pour STAR TREK dans les sixties…

Des Français très doués

Dans leurs dessins animés LES MAÎTRES DU TEMPS (René Laloux, 1982) et GANDAHAR (René Laloux, 1987), il faut avouer que les Français ont fait preuve de beaucoup d’originalité dans la représentation de la flore extraterrestre abondante des planètes, notamment avec cette plante à épines qui se met à croître à une rapidité phénoménale lorsqu’on éclate sa graine au sol, telle une arme redoutable.

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Des plantes extraterrestres venues sur Terre

Dans L’INVASION DES PROFANATEURS DE SÉPULTURES (Invasion of the Body Snatchers, 1956), film de Don Siegel, des sortes de cosses de haricots géantes sont parvenues jusque sur notre planète. Elles s’emparent des corps et des âmes des êtres humains durant leur sommeil, les remplaçant par des clones dénués de toute émotion. Si l’histoire est un peu tirée par les cheveux (pourquoi des cosses de haricots E.T. dans lesquelles « poussent » les clones ? Que deviennent les « originaux » ?…), le film est un chef-d’œuvre du genre, un classique incontournable.

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Des végétaux extraterrestres dévoreurs de chair humaine ?… C’est possible dans le classique LA RÉVOLTE DES TRIFFIDES de Steve Sekely (The Day of the Triffids, 1962). « Une nuit, une pluie de météorites crée un spectacle magnifique dans le ciel, mais rend aveugle toute personne qui la regarde, soit 99 % de la population terrestre. Des plantes (les Triffides) venant de l’espace et tombées sur la terre précédemment profitent de cette infirmité humaine pour se mettre à se déplacer et à attaquer les hommes désemparés. » Le réalisateur semble avoir connu tous les problèmes au monde pour représenter correctement ces plantes E.T. dont l’apparence fait plus rire qu’autre chose !

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En 1986, nous faisons la connaissance d’Audrey II dans la comédie musicale de Frank Oz, LA PETITE BOUTIQUE DES HORREURS (Little shop of horrors), remake du film de Roger Corman. Audrey II est une incroyable plante E.T. géante qui a la faculté de parler. Trouvée par hasard le jour d’une éclipse, elle posera bien des soucis à son propriétaire, un jeune fleuriste, car elle se nourrit essentiellement de sang ! Audrey est une réussite totale en matière d’effets spéciaux, son animation est absolument parfaite et la plante s’avère très réaliste.

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L’ère de la flore numérique de Felucia et Pandora

Nous voilà à présent parvenu à deux films qui on fait date dans la représentation particulièrement réussie de la flore de mondes extraterrestres. Tout d’abord, dans l’ordre chronologique, STAR WARS EPISODE III : LA REVANCHE DES SITH (Star Wars Episode III : Revenge of the Sith, 2005), de George Lucas, avec la planète Felucia et ses végétaux colorés, translucides et fluorescents dont beaucoup ressemblent à des champignons géants. Felucia nous est malheureusement très peu montrée dans STAR WARS III, cependant le travail accompli pour la mettre en image est incontestablement une très grande réussite. Aucun arbre ni plante n’est une copie exacte de ce que nous connaissons sur la Terre aujourd’hui. Ce qui est peut-être un peu moins le cas avec la planète des Wookies, Kashyyyk, où se dressent des arbres à peu près semblables à ceux de la Terre, mais d’une taille phénoménale !

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Enfin, bien sûr, la plus grande réussite à ce jour demeure la planète Pandora du film AVATAR de James Cameron (2009). D’une richesse et d’un réalisme à couper le souffle, l’époustouflante diversité de la flore extraterrestre de Pandora renvoie à des années lumière toutes les représentation précédentes de végétaux aliens que l’on a pu voir sur le petit ou grand écran ! Un livre répertorie même toutes les espèces d’arbres, de plantes et de fleurs qui y poussent avec un nom pour chacun ! Ce travail de création titanesque ne pouvait être possible qu’avec l’aide du numérique. Jamais encore une planète E.T. n’a paru aussi vraie.

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Parions qu’un jour prochain le record d’AVATAR sera lui-même battu par un autre film, ou peut-être même par une série télévisée. Allez savoir ! En attendant, il est temps pour nous de nous extirper de ces jungles extraterrestres et de retrouver le béton de nos villes terriennes !

- Morbius -

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