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Feuillets d’Hypnos : Howard ou l’Ange Noir

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ROBERT E. HOWARD (par Mandragore / Publié dans Sci-Fi News 35 d’avril-mai 1993)

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Robert Ervin Howard n’a guère vécu que trente ans, quelque onze mille jours de création continue, de révolte hargneuse, de misanthropie forcenée, de haine de la routine. Trois décennies fulgurantes à moquer nos mesquines vies et notre amour du confort. Nous, les serfs abêtis, les troupeaux bêlants ; lui, le prince de sang, l’Infant de Cimmérie. J’étais un prince de Chine, maître d’un million de lances ; tu étais un poivrot de Brooklin, mendiant des bières au comptoir (Prince et Mendiant). Le voici le guerrier écarlate, le janissaire nocturne des royaumes enfuis ou des mondes à venir ! Poète, il l’est, par son goût de la violence, par son immense faim d’ailleurs. Sombre troubadour, il cherchera en vain dans les épopées sans fin de ses héros sans peur une raison de vivre et de vieillir. D’aimer… En moi ne brûle aucune goutte d’amour mielleux, ni douce compassion pour mon frère ; en vérité je dois posséder l’humanité qu’un couteau à la lame acérée sur une gorge peut mesurer (Invective).

Ne trouve-t-on pas déjà dans les personnages de ses œuvres en prose des figures de bardes : le Ridondo des aventures du roi Kull, le Rinaldo de Conan ? Qui plus est, n’a-t-il pas toujours volontiers admis ses préférences pour Poe, Kipling ou London, qu’il cite à maintes reprises en exergue ? Réciproquement, ses enfants légendaires, de Solomon Kane à Bran Mak Morn, lui inspirent aussi des poèmes. Va-et-vient constant donc de la saga à l’ode, et du scalde au guerrier. « Author and poet » dira plus tard son épitaphe.

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La harpe de fer

Cette passion manifeste de la poésie lui vient probablement de sa mère qui lui récitait, enfant, quantités d’œuvres qu’il mémorisait aussitôt. Il passe ainsi très vite de la fascination de l’auditeur aux affres délicieuses du créateur. Démiurge, le voici à tout jamais investi d’un souffle.

En juin 1923, soit deux ans avant l’édition de son premier récit, la Cross Plains Review publie The Sea, chant prometteur d’un brillant jeune homme de dix-sept ans. Plus de 420 autres suivront ! Weird Tales en acceptera une quarantaine, quelques fragments se feront connaître des initiés au sein de secrets fanzines. Mais une bonne moitié reste, à ce jour, inédite.

Ses principaux recueils, tous posthumes, seront : Always comes Evening, Echoes from an Iron Harp, Etchings in Ivory, The Ghost Ocean, Singers in the Shadows, Night Images, illustrés par Corben et Frazetta. Trop modeste à la manière d’un Michel-Ange qui soutenait au pape Jules II qu’il n’était pas peintre, R.E.H. avait, un jour, déclaré : Je ne suis pas poète, mais je suis né avec une certaine facilité pour faire tinter des petits mots de rien et ces tintements m’ont procuré énormément de plaisir. De toute ma vie, je n’ai jamais consacré plus de trente minutes à l’écriture de mes poèmes mais j’ai passé des heures à apprendre ceux des Grands. Poésie d’instinct ? Voire. L’érudit et l’artiste se cachent souvent sous les masques du béotien et du rustre.

Pourtant, Howard cessa complètement d’écrire de la poésie dans les années 30. Non qu’il n’aimât plus sa lyre tragique, mais celle-ci ne nourrit pas son homme ! Tout juste pouvait-il s’y pendre… Car le fiel et la désespérance de ses vers effrayent les rédactions. Il est vrai que pour lui, la véritable poésie ne traite pas de boutons qui éclosent, de l’oiseau qui gazouille, de l’épanouissement d’une rose. (…) Les poèmes qui embrasent les étoiles sont conçus puis nourris dans les puits ténébreux de l’Enfer, nés de noirs asticots grouillant dans cette coquille que les hommes appellent la tête d’un poète, cloche d’airain remplie à ras bord de brume ardente et de fange dorée. (…) L’épée de la renommée est une faucille ébréchée et ternie, le visage de la beauté un crâne grimaçant (Ce qui ne sera guère compris). 

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Doors of Doom

Obsession du sang, hantise de la mort, traversent, en effet, les deux versants d’une œuvre que martèle le galop des cavaliers de l’Apocalypse : guerriers musculeux agonisant sur un champ de bataille au crépuscule, magie noire des confins de l’Égypte et de la Strygie, regard morbide porté sur la face cachée des mondes ou des êtres. Howard est un poète puissamment visionnaire, étranger aux rites puérils de notre civilisation mécanique, un homme en proie aux plus noirs cauchemars car voyant au-delà. Fou solitaire, atlas incompris, il cache en lui des villes, des spectres, des vengeances. Ici, nulle nature débonnaire, nulle Providence, nul doux automne où bercer sa mélancolie, mais le désert âpre et la soif, l’odeur sèche des ruines et des remparts, l’iode des mers anciennes ou la pourriture des marais millénaires. Nulle femme non plus, hors quelques figures inhumaines de prêtresse ou de sorcière. Ni coeur vivant, ni déité miséricordieuse. Isolé entre tous, sevré trop tôt de l’amour, il emprunte souvent l’argot des délaissés, le slang des vagabonds du rail, celui des clochards et des chômeurs de la Grande Dépression. Assailli, par les Ténèbres du Dehors et de l’En-Dedans, le poète se sent dépossédé, privé de sa véritable essence. Marionnette pathétique il n’aura pour seule couronne que son glaive brisé, pour seul espoir qu’une mort rapide, celle du sommeil éternel ou des royales métempsychoses. 

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Une âme nue

Pas ou peu d’écart entre l’homme et l’œuvre. Ses textes sont des transcriptions brutes, émouvantes par leur authenticité. Car au-delà du fracas des lances, au-delà des outrances, des couleurs et des bruits, une âme nue murmure. Dans Le Tentateur, R.E.H. avoue ainsi son désir grandissant d’aller vers le jour caché derrière le lourd rideau du monde. Appel à la mort libératrice, aux flots bénis de la destruction, incantation à la folie exterminatrice remplie de bébés embrochés et de vierges souillées. Car l’homme est condamné. Face à la faux qui siffle, il se sauve en écrivant « au rythme des tambours et des tam-tams », en déversant sur nous le contenu de son noir calice. Avec H.P. Lovecraft et Clark Ashton Smith, Howard constitue une singulière trinité fantastico-poétique. Leur génie jadis accoucha d’un univers monstrueux dont le lecteur se délecte. Rêveurs, ils sont partis tous trois dans le torrent des siècles, pâles mais non défaits puisque leur âme, à travers nous, éternellement, voyage.

- Mandragore -



Les Envahisseurs

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Ah, si David Vincent n’avait pas cherché ce fameux raccourci de nuit, jamais il n’aurait assisté à l’atterrissage d’une soucoupe volante et, de ce fait, jamais sa vie n’aurait été du jour au lendemain complètement bouleversée !

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UNE SERIE CULTE…

LES ENVAHISSEURS (THE INVADERS) est une série télévisée américaine de science-fiction dont les 43 épisodes se répartissent entre 1967 et 1968. Utilisant avec brio l’un des plus vieux thèmes de la SF, l’invasion de la Terre par des extraterrestres, LES ENVAHISSEURS constitue l’une des vieilles séries de science-fiction les plus célèbres en France avec COSMOS 1999. Sa popularité est telle que, tout comme STAR TREK aux USA, elle a été pendant longtemps régulièrement rediffusée sur les chaînes nationales et a toujours connu le même engouement de la part des téléspectateurs. Qui, parmi les fans de SF, aujourd’hui, pourrait affirmer ne pas savoir comment l’on reconnaît un « Envahisseur » d’un Terrien ? Cette idée originale du petit doigt raidi n’est autre que celle du jeune créateur de la série à l’époque : Larry Cohen.

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LA NAISSANCE DES ENVAHISSEURS…

« Les hommes aiment avoir peur des choses qui dépassent leur entendement, mais les monstres à trois têtes ne les effraient plus. Un extraterrestre est beaucoup plus terrifiant quand il ressemble à votre voisin de palier« , déclare le producteur des ENVAHISSEURS, Alan Farmer. Il aurait également pu ajouter que ça revient moins cher en matière d’effets spéciaux de maquillage…

C’est la chaîne ABC qui soumet le sujet des ENVAHISSEURS aux producteurs. Aussitôt, Alan Farmer est séduit par l’intrigue mettant en scène un homme solitaire s’efforçant de convaincre son entourage de la terrible menace qui pèse sur la planète, un homme qui lutte de toutes ses forces contre cet ennemi d’outre-espace.

Au départ on parle de 30 minutes seulement par épisode. Mais dès l’arrivée de Quinn Martin comme producteur exécutif (LES INCORRUPTIBLES), la durée passe de 30 à 50 minutes. D’ailleurs, Martin bouscule un peu tout et tout le monde dans la série, si bien que la guerre éclate entre Larry Cohen et lui dès le début du tournage des ENVAHISSEURS. C’est encore Martin qui impose Roy Thinnes dans le rôle de David Vincent, un acteur tout à l’opposé du personnage qu’avait créé Larry Cohen. Pourquoi Roy Thinnes ? En raison de son physique proche de celui de Paul Newman… et d’un certain nombre d’admiratrices. Si LES ENVAHISSEURS rendra célèbre Roy Thinnes, David Vincent condamnera l’acteur qui ne connaîtra jamais une brillante carrière…

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SUCCES ET MORT D’UNE SERIE CULTE…

Roy Thinnes s’engagera à fond dans la série des ENVAHISSEURS, à tel point qu’il affirmera même avoir un jour observé un OVNI dans le ciel… Dès lors, il sera l’invité de nombreuses réunions scientifiques à propos des OVNI, et assurera du même coup la promotion de la série.

LES ENVAHISSEURS obtient à l’époque un franc succès de la part du public américain de janvier (mois de lancement de la série) à septembre 1967, puis c’est la chute. Les téléspectateurs se lassent de la poursuite interminable de David Vincent. Au moment où Alan Farmer et Quinn Martin tente désespérément de sauver LES ENVAHISSEURS, il est déjà trop tard : la série expire à la fin de l’année 1968 après une longue agonie… Les 43 épisodes des ENVAHISSEURS seront cependant distribués dans de nombreux pays du monde et obtiendront un succès retentissant en Europe, et plus spécialement en France (qui l’eut cru ?) où LES ENVAHISSEURS deviendra une série culte par excellence.

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Quiconque a vu LES ENVAHISSEURS ne pourra jamais oublier cette série si typique des années 1960. Génération après génération les fantasticophiles découvrent David Vincent et sa mission, et le suspense est toujours au rendez-vous. Comment oublier ce générique, cette musique, cet homme désemparé qui « sait » mais que personne ne veut croire, ces désintégrations rougeoyantes, ce bruit si particulier de l’atterrissage des soucoupes volantes, ces petits doigts raidis, et ce raccourci… ah, ce fameux raccourci… mais il est où au fait ce fameux raccourci ?…

« Quant aux envahisseurs, dont la plupart sont reconnaissables à leur petit doigt raidi, ils sont si secrets que c’est de cette absence d’information que naît la peur. LES ENVAHISSEURS est une des plus angoissantes séries que la télévision ait produites. » Lorris Murail (La Science-Fiction / Guide Totem / éd. Larousse)

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L’intégrale de la série est désormais disponible en DVD

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Sources : Télé-Séries, Fantastic Television

Pour en savoir plus sur LES ENVAHISSEURS :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Envahisseurs

- Morbius -



Les séries d’Irwin Allen

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AU CŒUR DU TEMPS (Time Tunnel), VOYAGE AU FOND DES MERS (Voyage to the Bottom of the Sea), PERDUS DANS L’ESPACE (Lost in Space) et AU PAYS DES GÉANTS (Land of the Giants) comptent parmi les séries télévisées les plus populaires des années 1960. Toutes créées par Irwin Allen, elles firent les beaux jours de la télévision de cette époque en proposant chaque semaine aux téléspectateurs américains des aventures extraordinaires où se mêlaient créatures étranges, savants fous et mondes inconnus dans des histoires de science-fiction destinées à toute la famille. Aujourd’hui totalement absentes des rediffusions sur le petit écran français, les séries TV d’Irwin Allen demeurent un must pour tout fan de SF nostalgique !

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VOYAGE AU FOND DES MERS (VOYAGE TO THE BOTTOM OF THE SEA)

VOYAGE AU FOND DES MERS narre les aventures d’un fleuron de la technologie subaquatique, le Neptune (Seaview en anglais), un gigantesque sous-marin atomique expérimental utilisé à la fois dans un but de recherche scientifique mais aussi contre les organisations criminelles (ce dont s’inspirera la série SEAQUEST des années 1990 avec Roy Scheider). A son bord, tout un équipage : l’amiral Harriman Nelson (Richard Basehart), le capitaine Ted Crane (Lee dans la VO / David Hedison), le lieutenant Jim Morton (Chip dans la VO / Robert Dowdell)…

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VOYAGE AU FOND DES MERS compte 110 épisodes (32 en noir et blanc) de 48 minutes répartis sur 4 saisons programmées de 1964 à 1968. La série fut diffusée en France à partir de 1969.

Il faut savoir que VOYAGE AU FOND DES MERS débuta d’abord au cinéma en 1961 dans un film intitulé LE SOUS-MARIN DE L’APOCALYPSE (Voyage to the Bottom of the Sea). La maquette très élaborée du sous-marin Neptune coûta 400 000 $ à la production qui l’employa alors trois ans plus tard dans la série tirée du film.

Trois modèles du Neptune furent conçus afin de permettre de filmer les différentes séquences aquatiques. Bill Abbott, chef des effets spéciaux à la Twentieth Century Fox, fut récompensé de deux Emmys pour les sous-marins et autres de ses créations sur la série. VOYAGE AU FOND DES MERS présenta à travers ses épisodes toute une galerie de créatures fantastiques tels que des humanoïdes amphibiens, des extraterrestres, des dinosaures, mais aussi d’abominables hommes des neiges, des momies et des loups-garous !

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PERDUS DANS L’ESPACE (LOST IN SPACE)

PERDUS DANS L’ESPACE raconte les aventures de la famille Robinson qui a été choisie, en 1997, pour se rendre dans le système Alpha du Centaure afin d’y fonder une colonie. Saboté par le Dr Smith (Jonathan Harris), le vaisseau est dévié de sa trajectoire et son équipage se retrouve définitivement perdu dans l’espace…

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PERDUS DANS L’ESPACE compte 83 épisodes (28 en noir et blanc) de 49 minutes répartis sur 3 saisons programmées de 1965 à 1968. La série fut diffusée en France en 1991 (!) sur la très regrettée La Cinq.

La série s’inspire en particulier d’une bande dessinée intitulée Space Family Robinson publiée par Gold Key Comics. Parmi les personnages, un robot conçu par Robert Kinoshita et réalisé par Bob May accompagna la famille Robinson tout au long des épisodes et devint presque aussi célèbre que Robby, le robot du film PLANÈTE INTERDITE (1956).

Guy Williams, célèbre pour son rôle de Zorro dans la série éponyme, incarnait le bon père de famille John Robinson aux côtés de June Lockhart dans le rôle de Maureen Robinson, la mère. Dans les enfants on trouvait Will Robinson (joué par Bill Mummy, célèbre bien des années plus tard pour son rôle de Lennier dans la série BABYLON 5) aux côtés de Judy Robinson (Marta Kristen) et Penny Robinson (Angela Cartwright).

PERDUS DANS L’ESPACE s’adressait à un public très jeune avec des histoires d’une incroyable naïveté dans des décors très kitchs et colorés.

Enfin, il faut signaler que ce fut John Williams lui-même (appelé alors Johnny Williams) qui composa le délirant générique de la série !

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AU CŒUR DU TEMPS (THE TIME TUNNEL)

Deux scientifiques sont condamnés à errer à travers le temps après avoir traversé un tunnel de leur invention, véritable machine pour explorer le temps devenue incontrôlable après un incident…

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AU CŒUR DU TEMPS compte 30 épisodes de 50 minutes répartis sur une seule saison programmée de 1966 à 1967. La série fut diffusée en France en 1967. Elle s’inspire au départ d’un roman, Twist in Time, de l’écrivain de SF Murray Leinster.

Les deux acteurs principaux de la série furent James Darren dans le rôle de Tony Newman (James Darren sera également Vic Fontaine dans la série STAR TREK : DEEP SPACE NINE) et Robert Colbert dans le rôle de Douglas Phillips.

Bill Abbott, spécialiste des effets spéciaux sur la série, fut à nouveau récompensé après VOYAGE AU FOND DES MERS pour sa création remarquable du fameux tunnel vedette de AU CŒUR DU TEMPS.À signaler que ce fut John Williams qui composa là encore le générique.

Aujourd’hui, et ce malgré toutes ses qualités, AU CŒUR DU TEMPS a incontestablement pris un sacré coup de vieux. L’extrême lenteur des épisodes liée aux incohérences flagrantes pénalisent quelque peu la série d’Irwin Allen. Comment nos héros peuvent-ils constamment comprendre toutes les langues de tous les personnages qu’ils rencontrent dans différents pays de différentes époques ? Comment peuvent-ils être constamment filmés dans leurs moindres faits et gestes pour apparaître sur les écrans de contrôle du centre qui les a perdus ?… Ces petites scories expliquent peut-être le fait que la série n’obtint jamais aux USA le même succès que les autres produites par Allen. Mais cela n’empêche pas pour autant AU CŒUR DU TEMPS de demeurer dans nos… cœurs.

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AU PAYS DES GÉANTS (LAND OF THE GIANTS)

Lors d’un vol suborbital entre New York et Londres, trois membres d’équipage et quatre passagers sont projetés sur une planète semblable à la Terre, à la différence qu’elle est peuplée d’humains et d’animaux douze fois plus grands qu’eux. Tandis qu’ils tentent de réparer leur vaisseau endommagé afin de regagner la Terre, ils doivent faire face à la menace permanente que représentent les habitants de cette planète. (Wikipédia)

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AU PAYS DES GÉANTS compte 51 épisodes de 48 minutes répartis sur 2 saisons programmées de 1968 à 1970. La série fut diffusée en France au début des années 1970 et en 1993.

Quatrième série d’Irwin Allen, AU PAYS DES GÉANTS racontait les aventures du capitaine Steve Burton (Gary Conway), de Mark Wilson (Don Matheson), de Barry Lockridge (Stefan Arngrim), de Dan Erickson (Don Marshall), de Valerie Scott (Deanna Lund), de Betty Hamilton (Heather Young) et d’Alexander Fitzhugh (Kurt Kasnar).

Chaque épisode coûtait une fortune pour l’époque, aux environs de 250 000 $, ce qui en fit alors la série la plus chère de son temps. Les effets spéciaux s’avéraient ruineux en raison des disproportions des objets présents dans les épisodes : tout devait être géant ! Quant à la musique, c’est encore John Williams qui signe le générique.

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 Les séries d’Irwin Allen sont disponibles uniquement en coffrets DVD zone 1 :

- Voyage au Fond des Mers : VO seule

- Perdus dans l’Espace : VO / VF

- Au Coeur du Temps : VO / VF

- Au Pays des Géants : VO seule

 

Pour en savoir plus :

- Le site officiel des productions Irwin Allen (en anglais) : http://www.iann.net/

- Voyage Au Fond des Mers : http://fr.wikipedia.org/wiki/Voyage_au_fond_des_mers

- Perdus dans l’Espace : http://fr.wikipedia.org/wiki/Perdus_dans_l%27espace_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e)

- Au Coeur du Temps : http://fr.wikipedia.org/wiki/Au_c%C5%93ur_du_temps

- Au Pays des Géants : http://fr.wikipedia.org/wiki/Au_pays_des_g%C3%A9ants

Sources : Wikipédia et Fantastic Television (de Gary Gerani et Paul H. Schulman / éd. Titan Books)

- Morbius -



A la gloire de la SF : les pulps !

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Les pulps étaient des magazines américains bon marché qui ont publié durant les années 1920 à 1940 des nouvelles de science-fiction, ou des romans divisés en plusieurs chapitres. Ils ont permis à des auteurs aujourd’hui célèbres tels que Ray Bradbury, Isaac Asimov et tant d’autres de se faire connaître et ont contribué à créer le fandom. On peut encore en trouver chez certains bouquinistes, en particulier aux Etats-Unis, leur terre de prédilection, mais aussi en Australie et en Nouvelle-Zélande où j’ai déniché des Amazing Stories, Weird Tales, Fantastic Adventures et compagnie ! Les feuilleter vous fait voyager à travers le temps, à une époque que l’on appellera plus tard l’Âge d’Or de la science-fiction. Tout au long de cet article, n’oubliez pas de cliquer sur les couvertures en miniatures pour pouvoir admirer tous leurs attraits !

« Pulp » est le nom donné à ces magazines en raison de leur fabrication à base de pulpe de bois, un papier de piètre qualité qui permet un coût moindre. Le premier pulp, The Argosy, paraît en 1896. Alors qu’il débute à neuf mille exemplaires mensuels, il atteindra bientôt un tirage de cinq cent mille numéros ! Dans les années 1920, on dénombre alors pas moins de 120 titres publiés chaque mois pour dix millions de lecteurs et dans tous les genres littéraires(SF, western, policier…). C’est au début du XXe siècle que trois pulps, Argosy, The Cavalier et All-Story Magazine entreprennent de faire paraître ce que l’on appelle à cette époque des scientific romances, que l’on nommera plus tard des histoires de science-fiction. Le célèbre Amazing Stories, The Magazine of Scientifiction est créé quant à lui par Hugo Gernsback en avril 1926. Le magazine est très prisé des adolescents et de la jeune classe moyenne, lectorat qui apprécie par-dessus tout les distractions et les jeux autour des sciences et des techniques. En 1940, on compte désormais près d’une trentaine de mensuels de science-fiction pour environ 45 000 lecteurs.

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Les pulps affichent toujours de belles couvertures très colorées, aux mises en scène extraordinaires et naïves, où des héros souvent affublés de tenues d’astronautes affrontent de dangereux extraterrestres, où de belles jeunes femmes en détresse, et assez dévêtues, sont menacées par des créatures hideuses et où des vaisseaux spatiaux volent à toute vitesse à travers l’univers. Le space opera est par essence le genre omniprésent. Souvent dynamiques, parfois érotiques, les couvertures se veulent racoleuses au possible, elles reprennent généralement une scène d’une histoire publiée dans le pulp. En moyenne, quatre ou cinq histoires sont publiées par numéro. Des auteurs et des illustrateurs se spécialisent peu à peu dans les pulps, ils en font même leur métier.

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Que de noms étonnants à l’époque pour nommer tous ces pulps ! Ainsi, quelques exemples : Amazing Stories, Fantastic adventures, Weird Tales, Thrilling Wonder Stories, Captain Future, Planet Stories, Modern Electrics, Astounding Stories, Wonder Stories, Famous Fantastic Mysteries, Air Wonder Stories, Analog, Dynamic Science-Fiction, Startling Stories… Un large éventail de leurs histoires a été recueilli dans une anthologie qui leur est entièrement dédiée et appelée Les Meilleurs Récits de…, collection dirigée par Jacques Sadoul aux éditions J’ai Lu, anthologie malheureusement aujourd’hui épuisée.

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La qualité littéraire des récits de science-fiction publiés dans les pulps n’était pas toujours au rendez-vous, loin de là, néanmoins ces petits magazines bon marché ont permis à la SF de s’épanouir et d’obtenir progressivement ses lettres de noblesse. On peut considérer qu’ils furent une étape indispensable pour en arriver à ce que nous connaissons aujourd’hui, même si la qualité n’est pas forcément toujours au rendez-vous aussi à notre époque !

Pour découvrir de magnifiques reproductions de ces fabuleuses couvertures de pulps, un livre : 1926-1954 : L’Art de la Science-Fiction (Lester Del Rey / éd. Chêne).

Sources : La Science-Fiction : Aux Frontières de l’Homme (Stéphane Mantrédo / Découverte Gallimard Littérature / éd. Gallimard), La Science-Fiction (Lorris Murail / Guide Totem / éd. Larousse).

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Le cinéma Fantastique français existe-t-il ?…

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J’avais écrit cet article il y a fort longtemps, en 1997, pour « Futur Immédiat », un journal gratuit qui n’a jamais dépassé le stade de projet. Comme je vois, effaré, qu’en 2010 les temps ont à peine changé, je me permets de le modifier légèrement et de le publier… Et s’il peut en faire bondir ou réagir certains, alors tant mieux !

A l’heure des sempiternels blockbusters américains de science-fiction et de fantastique, on est en droit de se demander : mais que font les Français ? Vont-ils enfin se décider à réaliser des films appartenant à l’imaginaire ?…

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Nous sommes en 1997… pardon, en 2010, est-ce pour autant que notre doux pays s’investit dans le film de SF ou de fantastique ? Non. A l’ère de l’ordinateur-roi, du numérique bon marché, la France demeure complètement réfractaire au space-opera, à l’heroic-fantasy, au merveilleux, à tous ces genres qui lui paraissent sans doute encore trop « sous-genres » et donc loin de ses préoccupation d’un cinéma figé, lequel se borne à évoluer uniquement dans les domaines du policier, de la comédie, du drame psychologique et autres registres à des années lumière du rêve. Certains vont déjà brandir leur Planète Sauvage, Bunker Palace Hotel, Delicatessen, La Cité des Enfants Perdus, La Machine, etc. Mais peut-on franchement parler de « cinémaginaire » ici tant ces oeuvres, non dénuées parfois d’une certaine poésie, il est vrai, font preuve d’un pessimisme et d’une noirceur typiquement de chez nous ! Souvent ancrés dans des dialogues interminables qui compriment l’action  à sa plus simple expression, ces films fantastiques « nouvelle génération » engendrent vite l’ennui et le désintéressement.

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Le défaut inhérent à l’ensemble de la production française, s’il y a « production » (ce n’est pas à un rythme de deux à trois films fantastiques français par an, et encore lorsque c’est le cas, que l’on peut réellement parler de production !) se caractérise par une intellectualisation permanente des sujets traités. On ne peut pas s’empêcher de faire réfléchir le spectateur, ou de donner l’impression qu’on le fait réfléchir, sinon rien ne va plus, c’est forcément mauvais comme toutes ces grosses pointures hollywoodiennes qu’on montre du doigt avec un air de dégoût, Independence Day étant bien sûr devenu le symbole de ce qui se fait de pire dans le genre ! Le cinéma fantastique français, s’il en existe un, à besoin de se montrer au-dessus de tout ça, plus intelligent, plus beau, plus raffiné, en un mot : plus « racé ». C’est vrai, nous sommes « l’exception culturelle »… Et dire que nous avons été les premiers dans l’histoire du septième art à réaliser un film de science-fiction avec Le Voyage dans la Lune, de Méliès, ou que nous sommes les parents de chefs-d’oeuvre tels que La Belle et la Bête, de Jean Cocteau, et Les Yeux Sans Visage, de Georges Franju !

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Malheureusement pour nous, dès les années 1940 nos réalisateurs l’ont compris : la France n’est pas un pays ouvert au cinéma fantastique. C’est ainsi que Jacques Tourneur a préféré mettre en scène ses oeuvres en terre étrangère… les Etats-Unis, of course. Avec La Féline (Cat People / 1942), Vaudou (I Walked with a Zombie / 1942), Rendez-vous avec la Peur (Curse of the Demon / 1957) et tant d’autres merveilles, il a su prouver, plus que quiconque, ce qu’un Français était capable de faire si on lui laissait sa chance. Et Besson dans tout ça ? me direz-vous. Besson n’a finalement réalisé en tout et pour tout que son Cinquième Elément et ses deux Minimoys, en anglais, avec des acteurs américains, films tournés en Amérique, et avec plus ou moins de capitaux français et/ou européens. C’est mieux que rien, certes, mais on aimerait peut-être le voir plus productif car il prend de la bedaine, le bougre, à force de ne rien faire ! Et on aimerait surtout le voir tourner des films fantastiques en France avec des acteurs français et en français !

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Oui, les Français pourraient se montrer certainement aussi bons que les Américains si on leur en offrait enfin la chance ! Nul n’affirme qu’il faille obligatoirement prendre modèle sur les productions hollywoodiennes actuelles pour devenir efficace. Le cinéma fantastique et de SF français peut, et doit, s’épanouir de lui-même. Mais pour cela il a besoin de se lancer vraiment, ce qu’il n’a jamais osé faire. L’étiquette même « Film Fantastique » lui déplaît : combien de réalisateurs français ont en effet refusé cette appellation, comme s’il s’agissait d’une tare ! Ils préfèrent la contourner hypocritementen parlant de « comédie », de « thriller » ou autre. Il est vrai que tant que notre cinéma fantastique lui même ne se prendra pas au sérieux, personne ne pourra lui accorder une part de crédibilité… et quand on voit des niaiseries du style La Soupe aux Choux ou Les Anges Gardiens, on comprend… il vaut mieux dans ce cas parler, il est vrai, de « comédie »… En fait, on pourrait dire que les soi-disant films fantastiques nouvelle génération, made in France, se rangent obligatoirement dans deux catégories : soit le « film-à-message-profond-et-impénétrable » ou soit le « filmkiférir ».

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Tant que nous nous obstinerons à poursuivre sans prendre de risques, sans jamais endosser complètement la panoplie du film fantastique ou de science-fiction, autrement dit tant que nous refuserons de fabriquer de purs produits du genre avec leurs qualités et leurs défauts, nous tournerons en rond. Peut-être qu’un jour enfin les choses changeront. Stargate n’a-t-il pas été produit par des capitaux français ? Alors pourquoi ne réalisons-nous pas de films fantastiques ou de SF en France ? Parce qu’ils n’auront pas de succès à l’étranger ? Où est le problème ? Est-ce que le but est de les faire pour les étrangers ou pour les Français ? Luc Besson a beau réaliser des films aux Etats-Unis, tournés avec des acteurs américains et en anglais : ils ne marchent absolument pas au box-office US (le premier qui me dit que le Cinquième Elément ou les Minimoys ont été des succès aux USA est un gros menteur !).  Par contre, ils font des millions d’entrées en France ! Alors ? Cherchez l’erreur…

- Morbius -



Ralph McQuarrie, créateur d’univers (2)

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Ce sera finalement la Twentieth Century Fox qui décidera de donner à Lucas sa chance lorsqu’en 1975 débute la mise en chantier de Star Wars…

« George Lucas m’a déclaré pour Star Wars : « Faites ce qui vous intéresse. » Ce fut comme entendre de la musique et visualiser ce que vous entendiez », avoue McQuarrie. Il réalisera donc des centaines de peintures et de dessins s’inspirant des vagues indications fournies par Lucas. Il dessinera les chasseurs X, Y, Tie, donnera une apparence physique à des personnages jusque là uniquement à l’état d’ébauche dans l’esprit imaginatif de George Lucas. Nombre de ses créations seront retenues, d’autres seront rejetées par le père de Star Wars ou par les maquettistes en raison d’une réalisation trop coûteuse !

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On peut affirmer sans peine que si Lucas n’avait pas eu Ralph McQuarrie à ses côtés, il n’est pas sûr que Star Wars, d’une part, ait un jour existé et que, d’autre part, le soin extrême apporté au « look » de l’univers high-tech qui caractérise la saga n’en ait pas pris un coup sévère ! La puissance épique qui se dégage des peintures de McQuarrie pour Star Wars (et ses suites que furent L’Empire Contre-Attaque et Le Retour du Jedi), le souci du détail et de la crédibilité, de l’aspect fonctionnel des costumes, des vaisseaux, des engins de toutes sortes, la connaissance absolue du mouvement, de la lumière et des couleurs font que, bien souvent, les sublimes peintures de McQuarrie ressemblent plus à des photos qu’à des dessins.

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Après Star Wars, Spielberg s’empare de McQuarrie pour la conception du Mother Ship de l’un de ses chefs-d’oeuvre : Rencontres du Troisième Type. Ralph McQuarrie donnera à l’énorme vaisseau une structure de raffinerie pétrolière toute illuminée, selon la volonté expresse de Steven Spielberg.

Ralph McQuarrie travaillera ensuite sur une première version de Star Trek, The Motion Picture qui ne sera jamais portée à l’écran. Il collaborera aux travaux de Ken Adam (des films James Bond) et à ceux de Phil Kaufman (le réalisateur du remake de Invasion of the Body Snatchers). Galactica, la Bataille de l’Espace (Battlestar Galactica) suivra. McQuarrie réalisera pour le film de nombreuses peintures assez dans le style de celles exécutées pour Star Wars (normal, il s’agit encore d’un space-opera !), cependant moins appliquées et plus proches de l’ébauche. Cela n’empêchera pas à Galactica de passer devant les tribunaux américains car trop ressemblant à Star Wars (c’est la Fox qui le dit, non Lucas).

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McQuarrie est depuis longtemps à la retraite. Une nouvelle génération de talentueux artistes lui a succédé pour la nouvelle trilogie Star Wars, Doug Chiang étant aujourd’hui sont digne successeur. Néanmoins, Lucas n’a pas hésité à demander à sa nouvelle équipe de reprendre le style McQuarrie, et il est allé jusqu’à s’inspirer de nombre de ses peintures réalisées à l’époque de l’Episode IV, et jamais encore utilisées, pour concevoir Coruscant (la planète ville), mais aussi pour représenter Kashyyyk (la planète des Wookies) et bien d’autres choses encore. L’empreinte visuelle de Ralph McQuarrie aura à jamais marqué la saga Star Wars toute entière !

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Sources : Starlog, Mad Movies.

Le site de Ralph McQuarrie : http://www.ralphmcquarrie.com/#

Cliquez ici pour la première partie de cet article.



Ralph McQuarrie, créateur d’univers (1)

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En choisissant Ralph Mc Quarrie pour mettre sur papier ses visions de space-opera, George Lucas ne pouvait pas trouver homme plus doué et plus à-même de bâtir le vaste univers de la saga Star Wars. Spielberg, Glen A. Larson et Gene Roddenberry se l’arracheront ensuite pour Rencontres du Troisième Type, Galactica la Bataille de l’Espace et Star Trek, The Motion Picture, de grands films à l’échelle des grandioses peintures de Ralph McQuarrie.

Peinture pour Galactica la Bataille de l’Espace

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 L’Enterprise selon Ralph McQuarrie…

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Ralph McQuarrie est né en 1929 aux Etats-Unis, à Gary, dans l’Indiana. La crise force ses parents à quitter la région pour aller s’installer dans la ferme de ses grands-parents située près de Billings, dans le Montana. Ils y restent jusqu’à ce que le jeune McQuarrie ait atteint ses dix ans.

Durant sa jeunesse, McQuarrie manifeste un vif intérêt pour les avions et fréquente souvent, avec des copains, l’aéroport de sa région. Plus tard, il travaille pour l’Air Force et finit par trouver sa vocation dans l’industrie aéronautique. Il y conçoit des illustrations d’hélicoptères, d’équipements électroniques, de soldats, etc. Un nouveau poste lui sera proposé par Litton Industries. Ralph McQuarrie travaille alors pour Boeing en 1968 où il réalise un grand nombre d’illustrations. En 1969, il dessine pour le projet Apollo.

Presque dans la même période, Barwood et Robbins – qui travaillèrent avec Lucas sur THX 1138 – demandent à McQuarrie de leur exécuter quelques peintures d’engins et d’aliens pour leur projet de film de science-fiction : Star Dancing, ces derniers cherchant à vendre le scénario. George Lucas, travaillant alors sur American Graffiti, verra les peintures. Et lorsque le grand projet de Star Wars arrive, Lucas fait appel aux services de Ralph McQuarrie.

« George portait son scénario en main lorsqu’il vint me rencontrer », déclare McQuarrie. « Il avait déjà parlé du film à la Universal, mais ils n’étaient pas convaincus par le projet qui leur paraissait banal et trop cher. La Paramount a acquis une option afin de voir ce que George voulait faire. Il décida qu’il aurait besoin d’un support graphique avant de les rencontrer. Aussi, nous fîmes quatre peintures. La première représentait les robots avançant dans le désert ; la deuxième, Luke combattant dans la tranchée de la Death Star ; la troisième, les robots s’échappant du Sandcrawler des Jawas ; la quatrième, un duel aux sabres laser entre Luke Skywalker et Darth Vader. » Ces quatre peintures sont ici réunies. Cliquez sur chacune d’entre elles pour les voir en plus grand.

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Les peintures eurent pour effet d’accentuer l’intérêt des studios pour la mise en chantier de Star Wars. Mais en retour, elles surprirent par la grandeur du projet de George Lucas. Le budget qu’il faudrait consacrer au film devrait suivre en conséquence, d’où une certaine inquiétude de la part des studios. Cependant, davantage d’argent fut donné à Lucas pour parfaire son scénario et réaliser d’autres peintures.

Ralph McQuarrie continua à mettre sur papier les idées de Lucas, des idées pas toujours très claires : « Le costume blanc du Stormtrooper est ma création ; George voulait un costume blanc, mais c’est tout ce que je savais. De même, R2-D2 et Darth Vader sont mes conceptions. » McQuarrie ne parle pas ici de C3-PO comme étant une pure création personnelle car le robot est en fait inspiré par celui du film Metropolis de Fritz Lang : Maria.

Cliquez ici pour la deuxième partie.

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Sources : Starlog, Mad Movies.



Fascinante planète Mars (4) : Délires martiens

Fascinante planète Mars (4) : Délires martiens dans Cinéma 14122608342615263612823803

DELIRES MARTIENS

Mars peut également engendrer des produits extravagants, à la façon de MARS NEEDS WOMEN de Larry Buchanan. En effet, en 1966 la planète rouge a besoin de femmes pour assurer la survie de l’espèce ! Un groupe de Martiens part donc à la chasse aux Terriennes, lesquelles s’enfuient en poussant des cris stridents dès l’approche de nos extra-terrestres !

Pire encore avec les PAJAMAS PARTY (1964) de Don Weiss, PINNOCHIO IN OUTER SPACE (1965) de Ray Groosens ou encore SANTA CLAUS CONQUERS THE MARTIANS (1964) de Nicholas Webster, sans compter ABBOT AND COSTELLO GO TO MARS (1952) de Charles Lamont !

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Mars, rouge de colère, en voit décidément de toutes les couleurs entre des pyjamas, un Pinnochio, un Père Noël et deux andouilles ! Les Américains ne reculent devant rien… Même les célèbres SENTINELLES DE L’AIR, de Gerry Anderson, ont vécu leur première aventure cinématographique sur Mars avec THUNDERBIRDS ARE GO ! (1966) de David Lane.

Et les Français dans tout ça ?… On pourra citer NE JOUEZ PAS AVEC LES MARTIENS (1967) de Henri Lanoë, avec Jean Rochefort, où deux reporters assistent à l’arrivée des Martiens sur la côte bretonne et UN MARTIEN A PARIS (1961), de Jean-Daniel Daninos, avec Darry Cowl, considéré comme une satire de moeurs terriennes.

Mais les Mexicains ne sont pas en reste avec leur SANTO CONTRA LA INVASION DE LOS MARCIANOS (1966) de Alfredo B. Crevenna, tout comme les Italiens avec I MARZIANI HANNODODICI MANI (1964) de Franco Castellano.

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Quand il s’agit de délirer, les Terriens sont toujours au rendez-vous ! Pauvre planète Mars ! Mais tout cela pourrait bien changer avec, annoncé enfin officiellement pour 2012, JOHN CARTER OF MARS, réalisé par Andrew Stanton et produit par Paramount / Walt Disney. Une méga production qui mettra en scène le premier tome de la célèbre saga littéraire de SF d’Edgar Rice Burroughs, A PRINCESS OF MARS ! Ouf ! Mars a encore de beaux jours devant elle !

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Fascinante planète Mars (3) : Ménagerie martienne

Fascinante planète Mars (3) : Ménagerie martienne dans Cinéma 14122608525215263612823812

MENAGERIE MARTIENNE

Connaissez-vous THE ANGRY RED PLANET (1960) ? Inédit en France et réalisé par Ib Melchior, ce film constitue une petite merveille d’étrangeté et d’originalité rares. Une fusée américaine revient sur Terre après une mission d’exploration sur Mars. Seule la femme de l’équipage a survécu au voyage, et c’est à l’hôpital qu’elle raconte son incroyable aventure. Le spectateur découvre alors les scènes intrigantes de l’extraordinaire odyssée, lesquelles baignent constamment dans une couleur orangée. Jungle aux plantes carnivores géantes, gigantesque créature poilue à tête de rongeur et aux pattes démesurées, océan renfermant un monstre aquatique au corps gélatineux, cité martienne aux tours élancées et Martien à l’apparence indescriptible parsèment THE ANGRY RED PLANET pour le plus grand bonheur des amateurs du genre ! Dans cette ménagerie étonnante évoluent des acteurs qui ne perdent jamais rien de leur sérieux malgré la légèreté de certaines scènes. Une bande-annonce à voir d’urgence pour se faire une petite idée du film de Melchior à ranger bien entendu dans les délicieuses séries B… Allez jusqu’au bout, car c’est vers la fin que les créatures et autres étrangetés apparaissent !

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 IT ! THE TERROR FROM BEYOND SPACE (1958), réalisé par Edward L. Cahn, est le film réputé pour avoir inspiré l’ALIEN de Ridley Scott. Ici, un vaisseau spatial, de retour lui aussi d’une mission sur Mars, va découvrir qu’un monstre s’est glissé dans ses soutes. L’ « horrible » créature décimera un à un les pauvres membres d’équipage.

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A l’inverse, la « créature » de DEVIL GIRL FROM MARS (1954), une « séduisante » Martienne accompagnée de son robot-caisson, a parcouru l’espace pour nous donner une belle leçon de morale dans cette série Z d’une nullité affligeante, signée David McDonald. L’ensemble du film se déroule en effet d’une soucoupe volante au salon d’une maison de campagne et du salon d’une maison de campagne à une soucoupe volante, notre Martienne se contentant régulièrement d’ouvrir et de fermer des rideaux pour faire ses apparitions théâtrales… Un aperçu ? Attention…

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Loin des délires navrants du Britannique David McDonald, son compatriote Roy Ward Baker nous livre une oeuvre passionnante et de grande qualité, au climat des plus étranges, avec son QUATERMASS ET LE SQUELETTE DE L’ESPACE (QUATERMASS AND THE PIT aka FIVE MILLION YEARS TO EARTH / 1967). Dans le métrode Londres, une nouvelle rame en construction met à jour un vaisseau extra-terrestre datant de plusieurs millions d’années, lequel révèle bientôt son incroyable contenu aux scientifiques : des êtres, à l’apparence d’insectes, parfaitement conservés. Très vite, le vaisseau émet de puissantes ondes dévastatrices et projette des images dans l’esprit de ceux qui s’en approchent.

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On découvre ainsi qu’à l’aube de l’humanité les Martiens vinrent sur notre planète pour chercher des esclaves, et qu’ils accélérèrent eux-mêmes le processus d’évolution de notre race avant de disparaître. La grande originalité de ce sujet entraîne le spectateur dans une histoire captivante de bout en bout, traitée avec grand sérieux et intelligence. La civilisation martienne à l’origine de la civilisation terrienne… vaste programme ! Bande-annonce :

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Fascinante planète Mars (2) : L’invasion vient de la Terre

Fascinante planète Mars (2) : L'invasion vient de la Terre dans Cinéma 14122708471915263612826075

L’INVASION VIENT DE LA TERRE

Si l’on ne compte plus les invasions martiennes, la Terre elle-même ne s’est pas privée de coloniser ou, mieux, de terraformer la planète rouge. Ainsi, CHRONIQUES MARTIENNES (THE MARTIAN CHRONICLES / 1980), mini série télévisée fauchée, adapte le splendide roman de Ray Bradbury avec plus ou moins de talent.

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En 1990, Paul Verhoeven se charge avec son TOTAL RECALL (TOTAL RECALL / 1990) de transcrire à l’écran une nouvelle de l’auteur Philip K. Dick. Arnold Schwarzenegger y campe un héros hanté par un cauchemar qui l’entraîne chaque nuit sur Mars. Il découvrira bientôt que sa vie sur terre, véritable rêve artificiel, lui cache en fait un passé vécu sur la planète rouge. TOTAL RECALL s’éloigne forcément de la nouvelle originale en raison de sa durée, néanmoins il réserve au cinéphile un scénario passionnant, et la vision du monde martien qu’il nous propose est certainement la plus aboutie dans le genre.

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MISSION TO MARS, de Brian de Palma (MISSION TO MARS / 2000), racontera quant à lui la mésaventure d’un groupe d’astronautes partis vers la planète rouge pour connaître la réponse à l’énigme de la disparition d’une première mission quelques années plus tôt. Avec des scènes à couper le souffle, le film de de Palma est une brillante réussite où le spectateur n’est plus dans la salle mais avec les astronautes, dans l’espace, vivant à chaque instant des moments d’angoisse et de suspense très intenses : les micrométéorites, l’explosion du réservoir, la mort héroïque de l’un des membres d’équipage… Le soin apporté également aux décors du vaisseau confère à MISSION TO MARS toute l’ampleur d’un film d’une rare crédibilité. La fin, critiquée par beaucoup, s’avère pourtant tout à fait à la hauteur de cette merveille du genre.

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