

LES YEUX DE L’ENFER (The Mask)
Année : 1961
Réalisateur : Julian Roffman
Scénario : Franklin Delessert, Sandy Haver, Frank Taube & Slavko Vorkapich
Production : Julian Roffman & Nat Taylor
Musique : Louis Applebaum
Pays : Canada
Durée : 83 min
Interprètes : Paul Stevens, Claudette Nevins, Bill Walker…
LES YEUX DE L’ENFER (1961, The Mask) est un film canadien du début des Sixties tourné en relief. Le film n’est d’ailleurs pas entièrement en 3D puisque seulement certaines séquences oniriques nécessitent l’utilisation de lunettes pour le procédé anaglyphe, celles où les personnages vont cauchemarder au contact du fameux masque du titre.

L’intrigue : Un jeune homme décide de se débarrasser d’un masque qui, chaque fois qu’il le porte, le transforme en un monstre assassin. Il l’expédie à son médecin et se suicide. Le docteur va donc se retrouver seul avec le masque mystérieux…
Alors que le film est pour l’essentiel tourné en noir et blanc, les quelques rares scènes en relief sont en couleurs, un ajout qui renforce l’effet d’hallucinations. Pour le reste, LES YEUX DE L’ENFER est un film tout ce qu’il y a de plus banal. Wikipédia indique que Julian Roffman est un producteur, scénariste et réalisateur canadien né à Montréal et décédé en 2000, mais personnellement et même si je connais ce film depuis pas mal d’années grâce à la VHS d’époque, je ne connais aucune autre participation du réalisateur à aucun film.

Malgré son côté sombre LES YEUX DE L’ENFER fait évidemment penser à THE MASK (1994) de Chuck Russell, bien que la comparaison soit tout de même très légère. Le film rappelle aussi parfois certains effets des longs-métrages brésiliens de José Mojica Marins qui ne se privait jamais d’effets visuels impressionnants pour l’époque.
Le film étant sur YouTube, vous pourrez le découvrir pour vous en faire une opinion.
- Trapard -
LES YEUX DE L’ENFER EN ENTIER, EN V.O. ET EN 3D :
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L’ÎLE DU SADIQUE (Ein Toter hing im Netz)
Année : 1960
Réalisateur : Fritz Böttger
Scénario : Fritz Böttger
Production : Gaston Hakim & Wolf C. Hartwig
Musique : ?
Pays : Allemagne
Durée : 82 min
Interprètes : Alexander D’Arcy, Rainer Brandt, Walter Faber, Helga Franck…
L’ÎLE DU SADIQUE (1960, Ein Toter hing im Netz ) est une petite production fauchée d’Allemagne de l’Ouest de la Rapid-Film et d’Intercontinental Filmgesellschaft qui a été tournée en Yougoslavie. Beaucoup connaissent ce film sous son titre américain de HORRORS OF SPIDER ISLAND ou parfois IT’S HOT IN PARADISE (en raison de l’érotisme exploité dans le film). Ou encore LA MORT DANS LE FILET, un titre que je trouve nettement plus sympathique en regard du sujet du film.
L’intrigue : Une équipe de tournage prend l’avion mais celui-ci s’écrase en mer. Les survivants se retrouvent sur une île infestée de dangereuses araignées. Lorsqu’un des survivants, Gary, est mordu par une de ces araignées, il se transforme en un monstre-araignée géant…

L’ÎLE DU SADIQUE avec ses faux airs de productions de Roger Corman comme ATTACK OF THE CRAB MONSTERS (1957) se laisse voir avec un second degré agréable, mais certains passages bien que peu effrayants sont assez réussis. Notamment les scènes dévoilant le monstre-araignée (qui soit dit en passant, ressemble plus à une sorte d’ogre qu’à un croisement d’arachnide).
Le film n’est pas réellement érotique mais plutôt coquin, et il a été exploité aux États-Unis en 1962 sous la bannière de la Sexploitation et ce sont les spectateurs américains qui ont dû être déçus ! Au début des années 60, le cinéma US exploitait déjà beaucoup de « Nudies » (des films avec des beautés nues) et de « Nudists » (des histoires se déroulant au milieu de camps de naturistes), seuls certains indépendants mêlaient les diverses exploitations (sexe et horreur) comme Herschell Gordon Lewis (BLOOD FEAST, 2000 MANIACS) quand d’autres se spécialisaient dans les sujets avec des comédiennes aux fortes poitrines (Russ Meyer et Doris Wishman).

L’ÎLE DU SADIQUE est un mélange de film d’horreur et d’humour très léger à la Russ Meyer. Et vous serez sûrement d’accord avec moi, mais suivre les mésaventures junglesques d’une dizaine de plantureuses teutonnes se bastonnant ou exhibant leurs attraits à tout bout de champ n’est pas forcément désagréable en soi, même si ça a tendance à bien casser le rythme et le suspense du film.
- Trapard -
L’ÎLE DU SADIQUE en entier et en V.O. :
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THE GOLDEN BAT
Année : 1966
Réalisateur : Hajime Sato
Scénario : Sususmu Takaku
Production : Toei Company
Musique : Toshiaki Tsushima
Pays : Japon
Durée : ?
Interprètes : Sonny Chiba, Wataru Yamakawa, Hisako Tsukuba, Emiri Takami…
Sorti en salles la même année que la diffusion tv de la série ULTRAMAN (1966), voici un autre super-héros japonais : THE GOLDEN BAT ou « La Chauve-souris dorée ». Qu’on le nomme GOLDEN BAT ou ÔGON BATTO ou encore ÔGON BAT, FANTÔMAS, FANTAMAN, FANTASMAGORICO ou黄金バット, c’est un personnage de fiction créé par Takeo Nagamatsu et qui fut l’un des tout premiers super-héros japonais du XXe siècle. D’abord héros dans les années 30 des « kamishibai », sorte de pièce de théâtre ambulant où des artistes racontent des histoires en faisant défiler des illustrations sur des feuilles de papier devant les spectateurs. Puis quelques adaptations sous formes de mangas ont suivi, dont une par Osamu Tezuka en 1947 sous le nom de Kaitō Ōgon Bat (怪盗黄金バット). À noter également plusieurs séries animées comme celle-ci dont une produite en Corée du Sud en 1979 et connue sous le titre de BLACK STAR AND THE GOLDEN BAT.
Croisement entre le KRIMINAL des fumetti italiens, le KILLING des comics américains et le KILINK avec son squelette blanc peint sur un pyjama noir des séries Z turques, THE GOLDEN BAT est un héros à l’apparence squelettique vêtu d’une cape avec pour seule arme un bâton magique qui peut lancer des éclairs. Ses apparitions sont annoncées par la présence d’une chauve-souris dorée (Le Ôgon batto du titre original) et un rire caverneux censé terrifier ses ennemis.
L’intrigue : Ancien prêtre de l’oublié royaume d’Atlantide, il revient d’entre les morts pour protéger l’humanité. Relié psychiquement à la jeune Mary, il peut désormais apparaître parmi les humains, précédé de son rire effrayant…

À la base, « Golden Bat » est un héros de manga qui a été adapté à plusieurs reprises dans les années 60, en films comme en dessin animé pour la télévision, avant que la Toei ne décide de porter ses aventures au grand écran avec THE GOLDEN BAT (1966, Ôgon batto) réalisé par Hajime Satô à qui l’on doit des films fantastiques comme HOUSE OF TERROR (1965, Kaidan semushi otoko) ou GOKÉ, BODY SNATCHER FROM HELL (1968, Kyuketsuki Gokemidoro).
On retrouve dans un des premiers rôles le jeune Shin’ichi Chiba, connu en France et aux USA sous le nom de Sonny Chiba dans les STREET FIGHTER (1974) puis dans LES ÉVADÉS DE L’ESPACE (1978), LES GUERRIERS DE L’APOCALYPSE (1979) ou encore dans X-OR (1982).
Dans THE GOLDEN BAT, Sonny Chiba fait partie de la troupe des Pearl Research Laboratory qui est plus ou moins un équivalent de la Patrouille Scientifique mondiale de la série ULTRAMAN. Le film est bourré d’action hyper-rythmée, de super décors et de science-fiction kitsch pour les fans de SF japonaise des Sixties.
- Trapard -
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LES MONSTRES DE L’APOCALYPSE (Kairyū Daikessen)
Année : 1966
Réalisateur : Tetsuya Yamauchi
Scénario : Masaru Igami & Mokuami Kawatake
Production : ?
Musique : Toshiaki Tsushima
Pays : Japon
Durée : 94 min
Interprètes : Hiroki Matsukata, Tomoko Ogawa, Ryutaro Otomo, Bin Amatsu, Nobuo Kaneko…

LES MONSTRES DE L’APOCALYPSE (1966, Kairyū Daikessen) ou NINJA APOCALYPSE, ou encore THE MAGIC SERPENT et GRAND DUEL IN MAGIC, est un OVNI de la Toei Company Ltd. Réalisé par Tetsuya Yamauchi, d’après un scénario de Masaru Igami adapté d’une histoire de Mokuami Kawatake, LES MONSTRES DE L’APOCALYPSE est un tokusatsu mais aussi un kaiju féodal tout en étant un film fantastique de ninja. Le film retranscrit un conte populaire japonais, « Jiraiya Goketsu Monogatari » (« l’Histoire de Gallant Jiraiya »), une légende classique datant de plusieurs siècles démontrant que les méchants sont toujours punis.

L’intrigue : Un riche et courageux orphelin recherchant le traître qui fomente une rébellion pour assassiner son père, et une jeune fille abandonnée à la recherche de sa famille affrontent de nombreux obstacles, dressés par des bandes de truands à la solde des traites qui surgissent en travers de leur route provoquant de terribles batailles. Leurs adversaires se transforment en de gigantesques monstres de l’age préhistorique en utilisant la magie ninja et font des ravages considérables lors de leurs combats, provoquant des destructions semblables à celles d’un tremblement de terre…

LES MONSTRES DE L’APOCALYPSE est un pur Daikaijû avec des transformations de méchants en dragons. Après sa diffusion au Japon, l’Amercican International Television en a acheté une copie pour une diffusion tv aux États-Unis, comme elle le faisait régulièrement avec des films de SF soviétiques, les Macistes italiens et bon nombre de Kaijù de la Toei. Le film est sorti en VHS en France en 1980 sous ce titre des MONSTRES DE L’APOCALYPSE. Je me souviens d’ailleurs parfaitement l’avoir loué avec un copain en 1983 à Nouméa lorsque nous étions gamins, avec plusieurs films de Kung Fu et quelques Kaijù-eiga, et m’être demandé s’il s’agissait de l’un ou de l’autre genre, tellement arts martiaux et créatures nippones se mêlent les uns aux autres.
- Trapard -
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INCUBUS
Année : 1966
Réalisateur : Leslie Stevens
Scénario : Leslie Stevens
Production : Daystar Productions
Musique : Dominic Frontiere
Pays : États-Unis
Durée : 78 min
Interprètes : William Shatner, Milos Milos, Allyson Ames…
Il a été question d’INCUBUS il y a quelque temps dans un dossier de Mad Movies consacré aux réalisateurs qui n’ont tourné qu’un unique film. Et c’est le cas de cette perle rare tournée par le producteur Leslie Stevens qui est souvent considérée comme un film culte. Ceci vient surtout du fait qu’INCUBUS soit entièrement parlé en espéranto et que le film ait été perdu pendant de nombreuses années. La bande originale avait brûlé lors d’un incendie et toutes les copies étaient également brûlées, détruites ou perdues, la légende autour du film ayant évidemment été accentuée par le côté sulfureux de son sujet. Une copie avec des sous-titres français a cependant été retrouvée à la Cinémathèque française et la chaîne Sci Fi Channel en a financé la restauration.
L’intrigue : Sur une île, dans le village de Nomen Tuum, des succubes pervertissent les hommes avant de les tuer et les donner en pâture au dieu des ténèbres. L’une d’elles, Kia, voulant se lancer un défi plus difficile que de séduire les hommes trop facilement corruptibles, part à la rencontre de Marko, un jeune soldat blessé au front et revenu auprès de sa sœur, Arndis. Kia ne peut s’empêcher de tomber amoureuse de cet homme qui lui voue un amour pur. Souillée par ces sentiments, elle fait appel à son frère, le maître des ténèbres : Incubus. Il s’engage alors une lutte primitive entre le bien et le mal, les croyants et les démons…

Le réalisateur du film, Leslie Stevens, qui était avant tout scénariste et producteur pour la télévision, et notamment créateur de la série TV AU-DELÀ DU RÉEL (1963-1965, The Outer Limits), en restera à cet unique coup d’essai pour le cinéma. En plus de la perte de toutes les copies du film, les comédiens Milos Milos et Ann Atmar incarnant respectivement Incubus et Arndis se donnèrent la mort un an après le tournage dans des conditions assez mystérieuses, et la fille de l’actrice Eloise Hardt, jouant Amaël, fut kidnappée et assassinée. William Shatner fut l’un des seuls à ressortir grandi d’INCUBUS puisqu’il triomphait dès l’année suivante dans la série TV STAR TREK. Le même Shatner qui auparavant ne faisait que diverses apparitions dans des épisodes de séries TV comme ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE (1952-1962, Alfred Hitchcock Presents), LA QUATRIÈME DIMENSION (1959-1964, The Twilight Zone), ROUTE 66 (1960-1964), AU-DELÀ DU RÉEL (1963-1965), DES AGENTS TRÈS SPÉCIAUX (1964-1968, The Man from U.N.C.L.E.), LE FUGITIF (1963-1967, The Fugitive) et, au cinéma, un rôle étonnant de politicien haineux et ultra-conservateur dans LA HONTE (1962, The Intruder) de Roger Corman. C’est d’ailleurs plutôt amusant de le voir réciter de l’espéranto dans INCUBUS.

INCUBUS fut tourné dans le comté de Monterey en Californie, et craignant que les autorités lui refusent la permission de tourner un film d’horreur dans la région, Stevens a concocté un faux scénario intitulé « Religious Leaders of Old Monterey », en espéranto, et avec des indications scéniques et des descriptions sur des moines et des agriculteurs du Moyen-Âge.
INCUBUS a été réalisé lors d’une mini-mode de films précurseurs sur la sorcellerie et le satanisme qui déferla tout le long des années 60 et qui explosera vraiment dans les années 70. Des classiques se démarquant aussi du cinéma gothique des 60′s comme THE CARNIVAL OF SOULS (1962), L’ŒIL DU MALIN (1966, Eye of the Devil), ROSEMARY’S BABY (1967), LES VIERGES DE SATAN (1968, The Devil Rides Out), CURSE OF THE CRIMSON ALTAR (1968) et quelques autres… Et ne pas confondre INCUBUS (1966) de Leslie Stevens avec un autre très bon film sur ce même thème satanique et sorti en 1982 : INCUBUS (The Incubus) de John Hough.

Plus fascinant et hypnotique que réellement angoissant, le film de Leslie Stevens rappellerait plutôt certaines ambiances médiévales légèrement spirituelles et sur-éclairées, avec des personnages empreints de légèreté théâtrale tournées et mis en scène par le Suédois Ingmar Bergman dans LA SOURCE (1960, Jungfrukällan), par exemple, et certains cadrages et relations entre personnages féminins dans INCUBUS rappelant même certaines scènes de PERSONA du même Bergman, qui est sorti la même année 1966.
- Trapard -
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DESTINATION PLANÈTE HYDRA (2+5 Missione Hydra)
Année : 1966
Réalisateur : Pietro Francisci
Scénario : Pietro Francisci
Production : ?
Musique : ?
Pays : Italie
Durée : ?
Interprètes : Leonora Ruffo, Mario Novelli, Roland Lesaffre, Kirk Morris, Leontine May, Alfio Caltabiano, Nando Angelini…

Ce n’est pas souvent que nous traitons de SF italienne des années 60 dans cette rubrique du Drive-in, outre la fameuse saga des GAMMA UNO d’Antonio Margheriti ou encore LE MONSTRE AUX YEUX VERTS (1962) de Romano Ferrara.
Avec DESTINATION PLANÈTE HYDRA (1966, 2+5 Missione Hydra) nous nous immergeons dans de la SF italienne de la seconde moitié des années 60, souvent drôle, légère, et où super-héros masqués en tous genres se côtoient sur fond d’intrigue urbaine.

C’est d’ailleurs dans ce contexte urbain que démarre DESTINATION PLANÈTE HYDRA, Leonora Ruffo incarnant Louise, un jeune mannequin branchée et insouciante, impliquée dans une sombre histoire d’OVNI, ou une manière d’attirer un public jeune vers de la SF.
L’intrigue : Le Professeur Solmi, éminent spécialiste du nucléaire, est chargé d’enquêter sur un étrange phénomène qui se produit dans la région de Molino où un OVNI a été observé peu de temps auparavant. Une tâche radioactive qui s’étend sur le sol laisse deviner la présence d’une excavation souterraine soudainement révélée à la suite d’un tremblement de terre. Accompagné de sa fille Louise, de son assistant Martin Baldi et de deux ingénieurs, le Professeur Solmi descend explorer le gouffre. Ensemble ils y découvrent un engin spatial…

DESTINATION PLANÈTE HYDRA est une des rares excursions dans le cinéma de science-fiction pour son réalisateur Pietro Francisci, plutôt habitué aux tournages de peplums comme LE PRINCE ESCLAVE (1952, Le Meravigliose avventure di Guerrin Meschino), LA REINE DE SABA (1952, La regina di Saba), ATTILA, FLÉAU DE DIEU (1954, Attila), LES TRAVAUX D’HERCULE (1958, Le fatiche di Ercole), HERCULE ET LA REINE DE LYDIE (1959, Ercole e la regina di Lidia), LA CHARGE DE SYRACUSE (1960, L’Assedio di Siracusa), ou HERCULE, SAMSON ET ULYSSE (1963, Ercole sfida Sansone). Un joli palmarès auquel s’ajoutent des films d’aventures et de capes et d’épées comme ROLAND, PRINCE VAILLANT (1956, Orlando e i Paladini di Francia) et SIMBAD ET LE CALIFE DE BAGDAD (1973, Simbad e il califfo di Bagdad).
Bien qu’un peu long à démarrer pour celui qui veut se plonger d’emblée dans de la SF et avec un humour croquignolesque bien typique des années 60, la fin du film se situant sur la Planète Hydra est un régal pour qui apprécie les décors et les monstres kitschs.
- Trapard -
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LA TÊTE VIVANTE (La Cabeza Viviente)
Année : 1963
Réalisateur : Chano Urueta
Scénario : Federico Curiel & Adolfo López Portillo
Production : Cinematográfica ABSA
Musique : ?
Pays : Mexique
Durée : ?
Interprètes : Mauricio Garcés, Ana Luisa Peluffo, Abel Salazar, Germán Robles, Guillermo Cramer…
Une Tête Vivante nous changera un peu des Cavaliers sans Têtes sur Altaïr IV, un peu comme les momies aztèques nous dépaysent de leurs consœurs égyptiennes.

LA TÊTE VIVANTE (1963, La cabeza viviente) de Chano Urueta, n’était pas une nouveauté du genre au Mexique puisque déjà la trilogie des Momies Aztèques de Rafael Portillo a bien aidé à populariser ce sous-genre dès 1957 avec LA MOMIE AZTÈQUE (1957, La momia azteca), puis LA MALÉDICTION DE LA MOMIE AZTÈQUE (1957, La maldición de la momia azteca) et enfin LA MOMIE AZTÈQUE CONTRE LE ROBOT (1958, La momia azteca contra el robot humano). Même Santo le catcheur masqué et le comique Capulina se retrouveront aux prises avec ces revenants aztèques ou relents de vieux steaks.
L’intrigue : Un groupe d’archéologues dirigé par le professeur Muller vient de mettre à jour le tombeau d’Acatl, un grand guerrier aztèque. Malgré la mise en garde gravée sur son sarcophage qui condamne tout profanateur à subir la fureur du puissant dieu Huitzilopoztli, la momie est emportée et exposée dans la galerie privée du professeur. Dès lors, une étrange malédiction s’abat sur tous les membres de l’expédition…
Du bon divertissement d’horreur mexicain autrement dit et que Bach Films a eu la bonne idée d’éditer il y a quelques temps.
- Trapard -
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REPTILICUS, LE MONSTRE DES MERS (Reptilicus)
Année : 1961
Réalisateur : Poul Bang (version danoise), Sidney W. Pink (version anglaise)
Scénario : Ib Melchior & Sidney W. Pink
Production : Saga Studio & American International Pictures
Musique : Sven Gyldmark
Pays : Danemark – États-Unis
Durée : 81 min
Interprètes : Carl Ottosen, Ann Smyrner, Mimi Heinrich, Asbjorn Andersen, …
Après DINOSAURUS (1960) d’Irvin Yeaworth pour la Universal Pictures, tourné aux Caraïbes, et GORGO (1961) d’Eugène Lourié pour la Metro-Goldwyn-Mayer tourné en Irlande et en Angleterre, je vous le donne en mille… Voici écrit en lettres de sang sur l’écran et produit par l’American International Pictures : REPTILICUS. Co-produit et tourné au Danemark, REPTILICUS est un le seul film fantastique danois tourné depuis… Et bien depuis 1918 et LE VAISSEAU DU CIEL (Das Himmelskibet) le film d’Holger-Madsen que nous présentions à quatre mains avec Erwelyn. Mais ces dernières années, le Danemark a largement repris une place de choix sur l’échelle internationale pour son cinéma de genre.
REPTILICUS a été écrit, réalisé et produit par Sidney W. Pink pour Samuel Z. Arkoff de l’American International Pictures. C’est assez compliqué de définir Sidney W. Pink tellement lui et tous ceux qui sont passés sous la houlette du cinéma indépendant de l’A.I.P. sont multi-casquettes sur chaque film. Sidney Pink est avant tout producteur et réalisateur occasionnel. Il a réalisé l’un de mes films de SF de l’A.I.P. préférés des 60′s avec JOURNEY TO THE SEVENTH PLANET, et tout comme REPTILICUS, le film a été co-écrit en compagnie du scénariste-réalisateur Ib Melchior au Danemark, Sidney W. Pink ayant déjà produit en 1959 le meilleur film d’Ib Melchior, THE ANGRY RED PLANET.
L’intrigue : Découvert lors des travaux menés par une compagnie d’extraction de combustible, un reptile gigantesque, mis en observation scientifique, sort de son état de léthargie primitif pour semer la mort et la désolation sur son parcours…
Contrairement à JOURNEY TO THE SEVENTH PLANET, la meilleur part de l’interprétation de REPTILICUS a été donnée à des comédiens danois, ce qui ajoute à l’étrangeté du film qui est souvent filmé de manière statique à la manière des séries B des 50′s. On retrouve régulièrement les comédiens plantés comme des « i » et récitant leurs textes de manière dramatique et auréolés d’éclairages étranges. Ou carrément assis et bavardant comme dans certaines scènes classiques que l’on retrouve dans les films d’Ed Wood ou d’Herschell Gordon Lewis. Le fameux Reptilicus n’apparaissant que tardivement. Pour ce qui est de son apparence, évidemment, en 1961, le concepteur de la créature n’avait pas vu JURASSIC PARK, mais on sent bien qu’il s’est posé des tas de questions pour jouer d’ingéniosité avec trois bouts de caoutchouc colorés. Du coup, on est bien dans le concept de la série B : on voit peu le dinosaure et ce sont les acteurs qui nous le décrivent à grands renforts de : « Attention, le voilà ! », « Mon dieu, il est énorme ! » ou encore « Je le vois : il traverse toute la prairie en direction de la plage, en contournant la ferme des Andersen ! ». Mais le mieux serait de vous laisser découvrir cette pépite américano-danoise…
- Trapard -
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MACISTE CONTRE LE CYCLOPE (1961) d’Antonio Leonviola
MACISTE CONTRE LE CYCLOPE (Maciste nella terra dei Cyclopes) est sorti aux États-Unis sous le titre ATLAS IN THE LAND OF THE CYCLOPS, bien que le film soit aussi considéré comme une suite d‘ULYSSE (1955) . C’est dire qu’en 1961, avec ce compromis entre Ulysse, Maciste (qui est un personnage imaginaire) et Atlas (qui, dans la mythologie, n’a évidemment rien à voir avec toute connotation humaine), le peplum spaghetti (ou films “de sabre et de sandale” comme disent les Américains) est déjà complètement éloigné de toute logique mythologique.
L’intrigue : La Reine Pénope (ou Caprys, selon les versions) est vouée à une vie d’esclavage par les puissances des ténèbres jusqu’à ce que le dernier descendant d’Ulysse soit mis à mort pour plaire au Cyclope. La malédiction est pratiquement accomplie lors d’un raid de soldats sur un village durant lequel un descendant d’Ulysse est tué et sa femme est asservie. Mais leur fils, un nouveau-né est sauvé par Maciste…

Dans MACISTE CONTRE LE CYCLOPE, c’est le comédien américain, Gordon Mitchell qui enfile la jupette et les sandales pour lutter contre les puissances des ténèbres. Ayant quasiment réalisé toute sa carrière en Italie, Gordon Mitchell a tourné un nombre considérable de peplums spaghettis et il a même tenu un petit rôle dans le SATYRICON (1968) de Federico Fellini. On peut aussi voir son visage émacié dans des films de Vikings, de SF, ou des Sinbad produits en Italie, mais aussi dans des films qui constituent l’âge d’or du western spaghetti. Mais certains se souviendront forcément de son visage cruel sous son borsalino sombre, lorsqu’il jouait le tueur Moskovitz traquant ce nigaud de Pierre Richard dans LE COUP DU PARAPLUIE (1980).
Tout comme Gordon Mitchell, dont MACISTE CONTRE LE CYCLOPE fut sa première tête d’affiche, l’animatrice TV, chanteuse et danseuse Raffaella Carrà est ici très jeune et vraiment superbe en Pénope aux cheveux d’ébène.
MACISTE CONTRE LE CYCLOPE n’est pas un très grand film, son budget réduit s’en ressent nettement comparé à d’autres films du genre, et il n’existe plus de version restaurée ni en bon état, ce qui n’arrange rien.
- Trapard -


THE ASTRO-ZOMBIES
Année : 1968
Réalisateur : Ted V. Mikels
Scénario : Ted V. Mikels & Wayne Rogers
Production : Kenneth Altose, Ted V. Mikels & Wayne Rogers
Musique : ?
Pays : USA
Durée : 91 min
Interprètes : Wendell Corey, John Carradine, Tom Pace, Joan Patrick, Tura Satana, Rafael Campos…
Ted V. Mikels faisait partie de ces cinéastes indépendants américains qui tournaient des films fauchés, mais qui allaient tellement jusqu’au bout de leurs passions cinématographiques, avec des sujets morbides ou de SF, qu’ils en sont devenus aussi cultes que leurs films. C’est le cas d’Herschell Gordon Lewis (BLOOD FEAST, 1963, 2000 MANIACS, 1964) ou Ray Dennis Steckler (THE INCREDIBLY STRANGE CREATURES WHO STOPPED LIVING AND BECAME MIXED-UP ZOMBIES, 1964), d’Al Adamson, et de Russ Meyer et Doris Wishman dans une autre mesure. Et même, le tout jeune George A. Romero a réalisé LA NUIT DES MORTS-VIVANTS (1968, Night of the Living Dead) dans cet élan cinématographique indépendant fait d’étudiants, d’artistes, mais aussi de nouveaux producteurs.

Ces films qui étaient souvent produits par leurs propres réalisateurs qui les distribuaient parfois aussi eux-mêmes. Un système totalement indépendant d’Hollywood et en marge d’un système que l’on retrouvera à cette même période dans le cinéma underground porté par Andy Warhol, ce fou-furieux qui poussera même le concept encore plus loin, en organisant des tournages illégaux ou des projections sauvages en pleines rues sur des draps blancs tendus. Puis les sixties sont aussi le prolongement des années 50, les caméras et pellicules 16 mm semi-professionnelles, ou même 8 mm étant devenues très bon marché, c’est lors de cette décennie qu’on verra apparaître la notion de cinéastes amateurs, dont les premiers « Fan Films » du genre fantastique de Donald F. Glut par exemple (dont voici son SPIDER-MAN de 1969).
Néanmoins, ces films très fauchés de Steckler et Mikels, par exemple, nous permettent de voyager aujourd’hui à travers le charme désuet et kitsch de l’Amérique urbaine des sixties, à travers laquelle les fans de designs automobiles ou de stylismes vestimentaires trouvent un plaisir certain. Des films fous et souvent très Z qui annoncent déjà la marge de liberté dont le cinéma des seventies allait s’emparer.

Pour en revenir à Ted V. Mikels, après DOCTOR SEX (1964), un film de sexploitation plutôt marrant, et GIRL IN GOLD BOOTS (1968), un film sexy de gangsters, il a tourné THE ASTRO-ZOMBIES sur un sujet de SF avec le sujet du Savant Fou déjà démodé dans les 60′s. Mais Mikels a permis à John Carradine, en fin de carrière et déjà bien âgé, de revenir sur un de ces genres de rôle qui ont fait ses heures de gloire. Proposant aussi un rôle à la mesure de la superbe (mais déjà bien boulotte en cette année 1968), Tura Satana, cette actrice devenue elle-même culte grâce à FASTER PUSSYCAT ! KILL ! KILL ! (1965), le road-movie ultra-féministe de Russ Meyer.
L’intrigue : Le Dr. DeMarco, un scientifique mécontent d’avoir été congédié par la NASA, décide de créer des monstres surhumains à partir des parties du corps des victimes de meurtres qu’il commandite. Les Astro-Zombies s’échappent et deviennent de terribles meurtriers ce qui attire l’attention à la fois d’un réseau d’espionnage international et de la CIA…

THE ASTRO-ZOMBIES est bien entendu une série Z dans le sens que le scénario énoncé au-dessus emmène notre imagination beaucoup plus loin que ce qui est visible à l’écran, un de ces fameux astro-zombies étant surtout visible en toute fin de film. Mais le film s’est créé une vraie réputation de film culte auprès de ses fans, ce qui a poussé Mikels a en tourner une suite en 2002 avec MARK OF THE ASTRO-ZOMBIES. Comme Herschell Gordon Lewis, lui aussi victime de son succès d’estime et qui tournera son BLOOD FEAST 2, ALL U CAN EAT en 2002. Ted V. Mikels a continué sur sa lancée avec ASTRO-ZOMBIES M3 – CLONED en 2010, et ASTRO-ZOMBIES M4 – INVADERS FROM CYBERSPACE en 2012.
- Trapard -
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