
LA VENGEANCE D’HERCULE (1960) de Vittorio Cottafavi
Après LES TRAVAUX D’HERCULE (1958, Le Fatiche di Ercole) puis HERCULE ET LA REINE DE LYDIE (1959, Ercole e la regina di lidia), distribués en Europe par la Lux Films et aux États-Unis par l’American international Pictures, LA VENGEANCE D’HERCULE (1960, La vendetta di Ercole) fut mis en chantier. Mais cette fois-ci, c’est Mark Forest (Lou Degni) qui remplace Steve Reeves dans le rôle de la montagne de muscles mi-homme mi-dieu.

L’intrigue : Illo, le fils d’Hercule, est amoureux de Thea, le fille d’Euritos roi d’Ecalia, ennemi juré de son père. Hercule, conseillé par la sibylle, s’oppose au mariage de son fils avec Théa, mais cet amour est l’occasion rêvée pour Euritos d’abattre Hercule. Pour cela, il se sert d’une esclave, la belle Alsinoe, pour faire croire à Illo que son père aime aussi Thea. Dès lors, un combat s’engage entre le père et le fils…
La Universal Pictures ayant acheté les droits sur l’exploitation cinématographique sur le nom d’ « Hercule », l’American international Pictures détourna le problème en distribuant LA VENGEANCE D’HERCULE en salles en 1960 sous le titre GOLIATH AND THE DRAGON. Ceci aussi pour réutiliser le succès de LA TERREUR DES BARBARES (1959, Il terrore dei Barbari) avec Steve Reeves et qui était sorti l’an passé sous le titre GOLIATH AND THE BARBARIANS !
Un peu sur le même principe et pour utiliser le succès du péplum réalisé par Stanley Kubrick, LE FILS DE SPARTACUS (1962, Il figlio di Spartacus) de Sergio Corbucci, sortit aux États-Unis sous le titre simplifié de THE SLAVE (vous en trouverez une version complète en français ici).
Bourré de combats avec un Cerbères très ringard, avec des ours costumés et d’autres monstres tout aussi craignos, et avec ses dialogues et ses doublages ultra-kitschs, nous profitons que ce petit classique du peplum spaghetti soit en version française sur Youtube pour vous partager LA VENGEANCE D’HERCULE sur Altaïr IV.
- Trapard -
LA VENGEANCE D’HERCULE EN VERSION FRANÇAISE :

NIGHT FRIGHT (1967) de James A. Sullivan
NIGHT FRIGHT, à ne pas confondre avec FRIGHT NIGHT (Vampire, vous avez dit Vampire ?) est un film indépendant de science-fiction de la fin des années 60 – avec cette réalisation déjà moderne, qui préfigure le style qui sera celui des 70′s, avec des cadrages « à l’épaule » et des plans subjectifs suggérant les potentielles agressions, malgré l’intrusion récurrente des inlassables zooms chers au cinéma bis – Et avec un ce petit air Grindhouse en prime.
L’un des intérêts majeurs du film réside aussi dans la présence de John Agar sur le retour, interprétant le shérif texan et protagoniste principal de l’intrigue. John Agar qui a été le héros d’un grand nombre de séries B de SF des années 50, et qui terminait sa carrière dans de toutes petites productions la décennie suivante. Alors sous contrat pour une radio texane, pendant l’année 1967, le célèbre speakeur, Ralph Baker Jr., fut lui-aussi embarqué sur le tounage de NIGHT FRIGHT. Et sixties obligent, NIGHT FRIGHT permet aussi au spectateur d’avoir l’œil caressant sur de jolis minois ou de pulpeuses pépées, dans les rôles des Screaming Girls de service. C’est le cas de la superbe Brenda Venus, une muse de l’écrivain Henry Miller, qui a fait une courte carrière cinématographique et télévisée, mais qui est surtout l’auteure d’une littérature populaire assez spécialisée comme c’est le cas des ouvrages, « Secrets de séduction pour les hommes » et « Secrets de séduction pour les femmes», et qui rédige une chronique mensuelle dans Playboy Magazine. Mais ne vous laissez pas emporter par tous ces mots, car NIGHT FRIGHT raconte une toute autre histoire…
L’intrigue : une communauté du Texas est en proie à une vague de meurtres mystérieux impliquant certains des étudiants de l’université locale. Le shérif enquête sur les décès et découvre qu’une expérience de la NASA, impliquant des rayons cosmiques, a transmuté un alligator en une forme d’ogre géant assoiffé de sang et invulnérable face aux armes à feu…
Le scénario a été écrit par un certain Russ Marker, qui n’est ni Russ Meyer, ni Chris Marker et franchement, ça se voit ! Néanmoins, si on ne cherche pas chaque jour à décrocher la Lune, et qu’on apprécie de temps à autres les sujets simples et les intrigues à suspense de la science-fiction horrifique old-school, NIGHT FRIGHT est un film plutôt agréable. Et ceci malgré la répétition de scènes où l’on voit des groupes de jeunes se tortillant autours d’un transistor, ce dont le cinéma d’horreur américain des 60′s nous épargne très rarement.
Mais je ne vous spoilerai surtout pas l’aspect physique de la fameuse créature du film, et vous en laisserai seuls spectateurs et juges…
- Trapard -
NIGHT FRIGHT : LE FILM EN ENTIER (V.O.)


THIS IS NOT A TEST
Année : 1962
Réalisateur : Fredric Gadette
Scénario : Fredric Gadette, Peter Abenheim & Betty Lasky
Production : Murray De Atley, Fredric Gadette, James Grandin & Arthur Schmoyer (Allied Artists)
Musique : Greig McRitchie
Pays : USA
Durée : 73 min
Interprètes : Seamon Glass, Thayer Roberts, Aubrey Martin, Mary Morlas, Mike Green…
Pour ce drive-in, voici un film du début des années 60, sur l’angoisse d’une potentielle bombe atomique. Un sujet particulièrement propre aux années 50, mais que les petites productions indépendantes américaines ont fait évoluer sur le début de la décennie suivante. La télévision américaine ayant particulièrement participé à alimenter cette anxiété, en cette pleine période de Guerre-Froide, avec de nombreux programmes de documentaires ou de docu-fiction, comme avec cet ATOMIC ATTACK datant de 1953, et expliquant aux familles américaines comment se protéger d’une potentielle attaque nucléaire. Des programmes très anxiogènes servant surtout d’enjeux électoraux.
Souvenez-vous aussi que ce grand classique de 1963, de George Pal qu’était LA MACHINE À REMONTER LE TEMPS (The Time Machine) n’épargnait pas à notre voyageur temporel, issu de l’époque victorienne, un futur des plus annihilé, qu’il en était obligé de fuir et de se propulser plus loin encore vers un futur post-apocalyptique peuplé de Morlocks, humains dégénérés revenus à l’état primitif. Et d’humains manipulés à qui notre voyageur du passé était décidé de réapprendre la paix…

En 1965, le cinéaste anglais Peter Watkins tournera même un étonnant docu-fiction pour la BBC, LA BOMBE (The War Game) sur le principe d’un vrai documentaire d’anticipation. Et à partir de données recueillies à Hiroshima, Nagasaki et sur d’autres lieux où eurent lieu des bombardements intensifs, il essayait d’imaginer et de faire entrevoir aux téléspectateurs anglais, ce que provoquerait une attaque nucléaire sur Londres. Il décortiquait et anticipait les effets sur les populations, les réactions sociologiques, et l’efficacité des mesures prises par le gouvernement…
Pour ce qui est de THIS IS NOT A TEST, voici son intrigue : Un officier de police reçoit comme ordre de bloquer une route menant à une ville de Californie. Il immobilise plusieurs véhicules mais les automobilistes entendent à la radio les avertissements d’une attaque nucléaire. L’agent tente de maintenir l’ordre malgré la panique. Pour compliquer les choses, la radio annonce qu’un auto-stoppeur psychotique est recherché pour meurtres dans la région…
Produit par l’ex-Monogram Pictures, devenue l’Allied Artists, THIS IS NOT A TEST est un sympathique petit film effrayant. Pour je ne sais quelles raisons, le film n’est jamais sorti en salles, et il est aujourd’hui dans le domaine public et est disponible au téléchargement gratuit.
- Trapard -
THIS IS NOT A TEST : LE FILM EN ENTIER (V.O.)
Autres articles publiés dans la catégorie Drive-in :
L’Oasis des Tempêtes / It Conquered the World / The Giant Claw / Bataille Au-Delà des Étoiles / Attack of the Fifty Foot Woman / Cat-Women of the Moon / Le Fantôme de l’Espace / Mesa of Lost Women / Gorilla at Large / The Amazing Colossal Man / The Beast with a Million Eyes / The Astounding She-Monster / The Deadly Mantis / La Fiancée du Monstre / Not of this Earth / The Night the World Exploded ! / Viking Women and the Sea Serpent / Curse of the Faceless Man / Le Peuple de l’Enfer / Rodan / Supersonic Saucer / World Without End / La Fille du Docteur Jekyll / The Monster that Challenged the World / Baran, le Monstre Géant / Frankenstein’s Daughter / Giant from the Unknown / I married a Monster from Outer Space / How to make a Monster / J’enterre les Vivants / The Manster /King Dinosaur / Les Envahisseurs de la Planète Rouge / Ring of Terror
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RING OF TERROR
Année : 1962
Réalisateur : Clark Paylow
Scénario : Lewis Simeon & Jerrold I. Zinnamon
Production : Playstar
Musique : James Cairncross
Pays : USA
Durée : 72 min
Interprètes : George Mather, Esther Frust, Austin Green…
RING OF TERROR est un de ces classiques de la série B américaine aujourd’hui considéré comme un nanar amusant, mais qui inspira forcément d’autres réalisateurs. Le film débute dans une université de médecine, et le protagoniste principal, Lewis Moffitt, est sujet à de profondes phobies morbides qu’il tente de dépasser dans ses études. Un début d’intrigue qui en rappelle bien d’autres, comme par exemple le fameux L’EXPÉRIENCE INTERDITE (1990, Flatliners) de Joel Schumacher. L’anneau de la terreur du titre n’est autre qu’une bague que porte un défunt autopsié lors d’un cours, et dont les membres d’une fraternité d’étudiants ont placé comme enjeu, pour le phobique Lewis Moffitt, justement. Un futur sujet pour séries Z des années 90 et 2000, comme les nombreuses réalisations de David Decoteau, qui semble vouloir recycler ce thème sous toutes ses coutures pour un public adolescent. Et enfin, c’est sans compter l’identité du défunt en question : « Monsieur John Doe a quitté ce monde, avec en sa possession, un anneau d’or », nous indique le professeur pratiquant l’autopsie, sur un ton des grandiloquents…
Bref, nous sommes en train de regarder un film de Drive-in du tout début des années 60, sur un scénario de Lewis Siméon et Jerrold I. Zinnamon.
RING OF TERROR a été mal reçu à sa sortie par la critiques qui a ridiculisé le décalage entre l’âge des comédiens et celui, supposé, des universitaires. Le film a d’ailleurs eu les privilèges d’un passage télévisé dans l’émission MYSTERY SCIENCE THEATER 3000, et de quelques éditions DVD. Il est aussi consultable sur Youtube.
- Trapard -
RING OF TERROR : LE FILM EN ENTIER (V.O.)
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Pour changer, voici un petit nanar (ou un gros, selon l’émotion ressentie en regardant le film) pour se détendre les neurones. MANOS, THE HANDS OF FATE est considéré comme l’un des plus mauvais films américains de tous les temps. Nanarland, le site des mauvais films sympathiques, indique même pour le répertorier : « Genre : Néant filmique ». Ça annonce assez la couleur.
Nanarland d’indiquer encore : Manos – The Hands of Fate (littéralement « Mains – Les Mains du Destin ») est supposé être un film d’horreur mystérieux et angoissant. Il nous raconte l’histoire d’une famille ordinaire perdue dans la campagne qui trouve refuge dans une demeure isolée occupée par un certain Torgo qui prétend n’être là que pour « garder la maison lorsque Le Maître s’absente ». Il s’avèrera en fait que « Le Maître » est une sorte de sorcier qui aime collectionner les épouses et jettera son dévolu sur la jeune mère de famille. Torgo, il devient très vite notre ami. Avec sa démarche bizarre, sa tronche pas possible et ses répliques de folie, il monopolise l’attention dès qu’il est à l’écran. En comparaison, même le Maître apparaît plutôt palot mais sauve l’honneur par ses grands mouvements de cape, sa moustache occulte et ses phrases définitives sur la vie, la mort, et Manos. Étonnamment, je suis forcé de reconnaître que les acteurs qui tiennent ces deux rôles sont plutôt bons. Les personnages qu’ils jouent sont grotesques mais eux-mêmes s’en tirent plutôt honorablement et semblent réellement s’impliquer dans le film. À l’inverse, les trois membres de la famille sont insipides à l’extrême, un trio d’inexpressivité mollassonne qui joue avec autant de conviction qu’un chou-fleur. A leur décharge le doublage, qui leur colle des voix monocordes et ânonnantes (mention spéciale à la gamine, insupportable) et a aussi sa part de responsabilité, manque de professionnalisme bien compréhensible vu l’inanité abyssale des dialogues.
Toujours pour plaisanter, et avant de vous laisser découvrir ce chef d’œuvre du cinéma d’erreur, je vous donne encore quelques indications sur le tournage du film, et sur sa sortie en salles, trouvées sur Wikipedia :
Le film est également connu pour ses conditions de tournage catastrophiques et les incidents survenus durant celui-ci:
-Pour tourner, le réalisateur, Harold Warren ne disposait que d’une caméra à ressort pouvant filmer maximum 30 secondes en une fois. Cette dernière ne pouvant pas enregistrer d
u son, toutes les répliques ont été post-synchronisées.
-Sur l’un des plans, on peut apercevoir brièvement un clap.
-Le plan-séquence où le paysage défile devait contenir le générique, mais ce dernier est inexplicablement absent. Selon certaines rumeurs, le réalisateur aurait oublié de signaler au laboratoire qu’il voulait mettre le générique à ce moment-là.
-L’actrice Joyce Molleur s’est cassée une jambe et a donc été incapable de jouer son rôle initial, c’est pourquoi ses apparitions se limitent à des scènes où elle embrasse langoureusement son compagnon dans une voiture.
-Le film a coûté moins de 19 000 $, la plupart des revenus émanaient des acteurs qui avaient payé pour jouer dans le film…(Note de Trapard : c’est vraiment ingénieux ! Comment n’y-ai-je jamais songé ?)
-La scène où on voit le serpent est un stock-shot d’un documentaire sur les animaux réalisé par Walt Disney.
-Le comédien, John Reynolds devait porter des prothèses pour que ses jambes aient la forme de celle d’un bouc. Ces dernières ayant été mal mises, elles ont provoqué une déformation des rotules qui le fera souffrir jusqu’à sa mort.
-La première du film a tourné à l’émeute, obligeant l’équipe du film à quitter la salle pour ne pas se faire lyncher.
-Selon certaines rumeurs, John Reynolds était sous LSD pendant le tournage, ce qui pourrait expliquer son comportement bizarre et ses tremblements incessants dans la quasi-totalité des scènes où il apparaît.
Mais ne spoilons pas plus votre impatiente attente, et voici donc MANOS, THE HANDS OF FATE de Harold P. Warren, en version complète, en v.o. :
- Trapard -
LE MONSTRE AUX YEUX VERTS (1962) de Romano Ferrara (par Trapard du Cri du Cagou)

Dans la continuité de mes premiers articles sur le vieux cinéma fantastique français, j’aborde cette fois-ci une co-production franco-italienne de SF du début des années 60. L’intrigue, un peu folle pour l’époque, annonce que des extraterrestres kidnappent le survivant d’un crash aérien afin de préparer une invasion de cyborgs construits à son image. Le chef des cyborgs, Bronco, essaye alors de s’intégrer dans la société italienne pour y dérober la formule d’un gaz paralysant afin d’en contrôler la Terre. Nous nous immergeons alors, en tant que spectateurs, dans l’univers de cette petite société bourgeoise oisive et cultivée de la ville de Rome, chère aux films de Federico Fellini et de Michelangelo Antonioni de ce début des années 1960.

Bronco, personnage mystérieux, rigide et décalé, est interprété par Michel Lemoine. Ce comédien français étrange, au regard particulier, continuera jusqu’aux années 90 cette même petite carrière bissophile, comme interprète des films de Jesùs Franco, entre autres, ou se mettant lui-même en scène, en tant que réalisateur, dans des séries Z tout aussi fantasques, comme Les Weekends Maléfiques du Comte Zaroff.

Tel Dracula, notre cyborg Bronco est télépathe et de par ce don, il fait accoucher des vérités pour s’emparer de l’arme terrestre. Ses multiples autres pouvoirs néfastes sont plutôt énoncés dans le film que réellement montrés à l’écran, pauvreté du budget des producteurs, oblige. Son invasion de notre planète s’opérant aussi par sa propre multiplication, investissant ainsi plusieurs enquêtes à la fois pour parvenir à ses fins.

Le plaisir, pour nous, étant de suivre une intrigue d’espionnage science-fictionnelle, entre roman de gare à la sexualité toujours latente, et univers macabre décalé et teinté de SF. Cet univers macabre, se détachant des codes science-fictionnels des 50′s, sera, par la suite, la marque de fabrique du cinéma bis italien de ces mêmes années 60, de Mario Bava à Antonio Margheritti, et d’autres encore, jusqu’aux années 80.
- Trapard -