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Archive pour la catégorie « L’Affiche »

L’AFFICHE : BOB PEAK

Une affiche de film est supposée refléter à la fois l’histoire et l’esprit d’un film. Autrefois réalisées avec amour et passion, parfois volontairement exubérantes ou mensongères, les affiches étaient souvent très proches d’une œuvre d’art. Le cinéma Fantastique et de Science-Fiction en possède une extraordinaire collection que nous vous invitons à découvrir pour le plaisir.

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C’est à un talentueux dessinateur d’affiches de films auquel nous rendons hommage aujourd’hui : Bob Peak. Sans doute que ce nom ne vous dit rien. Et pourtant, cet artiste américain (1927-1992) est à l’origine des affiches d’APOCALYPSE NOW, de L’ESPION QUI M’AIMAIT, d’EXCALIBUR, de DARK CRYSTAL et des cinq premiers STAR TREK, pour ne citer qu’elles.

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Bob Peak a débuté en 1961 grâce aux studios United Artists et le film WEST SIDE STORY. Mais c’est surtout dans les années 70-80 que son style inimitable et son immense talent le rendront célèbre auprès des fans de science-fiction, en particulier, grâce aux affiches de ROLLERBALL (1975), de SUPERMAN (1978) dont sa version dessinée sera remplacée en France par un banale montage photographique, de STAR TREK : THE MOTION PICTURE (1979), d’EXCALIBUR (1981), de DARK CRYSTAL (1982), avant que notre homme ne devienne le dessinateur attitré des affiches de la saga de Gene Roddenberry avec STAR TREK II : LA COLÈRE DE KHAN (1982), STAR TREK III : À LA RECHERCHE DE SPOCK (1984), STAR TREK IV : RETOUR SUR TERRE (1986) et STAR TREK V : L’ULTIME FRONTIÈRE (1989).

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Les affiches de Bob Peak sont toujours très colorées, avec des effets de lumières que l’on pourrait aujourd’hui qualifier de « lens flare » s’il n’étaient dessinés au pinceau ! Plus que tout, notre artiste possède un sens inné de l’équilibre, de l’agencement et de la dynamique. Ses affiches, véritables œuvres d’art magistrales, ont le don de mettre en valeur les personnages sur fond de décor souvent flamboyants. L’affiche de STAR TREK : THE MOTION PICTURE ou celle d’EXCALIBUR comptent parmi les plus belles.

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Bob Peak incarne incontestablement, avec Drew Struzan, le summum du talent en matière d’affiches de films. J’ai longtemps rêvé face à ses œuvres avant de pouvoir découvrir le film que j’attendais avec impatience ! Il est loin le temps de Bob Peak…

- Morbius -



L’AFFICHE : RENCONTRES DU 3e TYPE

Une affiche de film est supposée refléter à la fois l’histoire et l’esprit d’un film. Autrefois réalisées avec amour et passion, parfois volontairement exubérantes ou mensongères, les affiches étaient souvent très proches d’une œuvre d’art. Le cinéma Fantastique et de Science-Fiction en possède une extraordinaire collection que nous vous invitons à découvrir pour le plaisir.

Je n’ai jamais vraiment apprécié les affiches de films utilisant des photos ou des montages photographiques. Celles d’aujourd’hui emploient ce procédé à outrance, offrant souvent des compositions d’une laideur absolue dignes d’un amateur de Photoshop. Nous aurons l’occasion de les massacrer ici-même. Cependant quelques-unes s’avèrent intéressantes, voire même très réussies. C’est le cas, je trouve, de l’affiche du chef-d’œuvre de Steven Spielberg : RENCONTRES DU TROISIÈME TYPE (Close Encounters of the Third Kind, 1977).

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Dans les années 70, il n’était pas vraiment fréquent de trouver des affiches de films fantastiques ou de SF réalisées à partir de photos. Attention, je n’ai pas dit qu’il n’en existait pas. Au contraire, elles commençaient sérieusement à se faire une place avec GÉNÉRATION PROTEUS, LE SURVIVANT, etc. Lorsque je découvris pour la première fois l’affiche de RENCONTRES DU TROISIÈME TYPE, je devais avoir une dizaine d’années, et j’avoue que je fus très intrigué par ce que je voyais, à la fois parce que je ne « voyais rien » (l’affiche ne dévoile rien du film) et en même temps parce que j’étais fasciné par cette route m’entraînant en ligne droite jusqu’à cet horizon étoilé, jusqu’à cette étrange lueur… Je me sentais happé vers les étoiles…

Cette route déserte plongée dans l’obscurité sous la voute étoilée est une route qui mène vers l’inconnu. C’est une véritable invitation à la parcourir pour parvenir au bout et découvrir ainsi son formidable secret. On peut s’imaginer en train de l’emprunter, seul, enveloppé dans cette ouate bleutée, écrasé par le poids de l’Univers, accompagné du chant des grillons…

Étant enfant, j’adorais me laisser envelopper par la nuit, loin des lumières de la ville, en Brousse. Cet instant unique où je me retrouvais seul avec les étoiles au-dessus de moi, où je ne voyais plus rien aux alentours, où je me noyais dans la nuit immense, m’impressionnait plus que tout autre chose. L’affiche de RENCONTRES DU TROISIÈME TYPE, pourtant très simple, possède cette puissance unique. Elle détient le secret ultime de l’Univers, là, tout au bout…

- Morbius -



L’AFFICHE : LE SIXIEME CONTINENT

Une affiche de film est supposée refléter à la fois l’histoire et l’esprit d’un film. Autrefois réalisées avec amour et passion, parfois volontairement exubérantes ou mensongères, les affiches étaient souvent très proches d’une œuvre d’art. Le cinéma Fantastique et de Science-Fiction en possède une extraordinaire collection que nous vous invitons à découvrir pour le plaisir.

Lorsque j’étais enfant, et même une fois devenu adolescent, les affiches de films fantastiques et de SF exerçaient sur moi une énorme fascination. À une époque où l’Internet n’existait pas encore, où les bandes-annonces n’étaient visibles qu’au cinéma, je pouvais rester de très longues minutes à contempler une affiche. En l’observant ainsi dans ses moindres détails, j’avais non seulement l’impression d’avoir un avant-goût de l’histoire, mais aussi, et surtout, je finissais par m’inventer cette histoire, à mes risques et périls !

J’adorais les affiches richement illustrées. J’y observais avec attention les personnages, les paysages, les machines, les objets : tout ! Et je pensais que si le film allait en montrer autant, il serait sans aucun doute formidable. Hélas, je sortais souvent déçu de la projection : la plupart des éléments présents sur l’affiche avait été à peine visibles, voire même parfois totalement absents ! Une frustration renforcée par le fait que comme je m’étais inventé l’histoire à partir de l’affiche, celle-ci ne pouvait correspondre à ce que j’avais vu à l’écran, ou très rarement. Parfois aussi c’était l’inverse : l’affiche en montrait très peu mais le film s’avérait formidable ! Sans doute parce que je n’avais pas pu m’inventer son histoire… Cependant j’avais finalement constaté, à force d’observer ces immenses posters colorés, que très souvent les plus belles affiches, riches en détails, étaient annonciatrices de mauvais films… Alors que les autres, plus sobres, pouvaient révéler une jolie surprise. Ce n’est que plus tard que je finis par comprendre que les films de série B nécessitaient une affiche tapageuse à souhait, « outil » indispensable pour vendre le film et attirer un public jeune… Combien de fois avais-je mordu à l’hameçon…

Pour ouvrir cette nouvelle catégorie, j’ai décidé de débuter avec l’affiche du SIXIÈME CONTINENT (The Land That Time Forgot), film de Kevin Connor sorti en 1975. Pourquoi ? Je me souviens parfaitement, alors encore gamin, être resté longuement à contempler avec admiration cette superbe affiche devant le Ciné Magenta (salle mythique dont certains Calédoniens doivent se rappeler). L’avantage avec le Ciné Magenta, c’est que l’on pouvait approcher l’affiche et la toucher car elle était collée juste à l’entrée du cinéma, à hauteur du public. Et comme j’arrivais très tôt devant le cinoche, bien avant l’heure de projection, j’en profitais à chaque fois pour me noyer avec régal dans ses affiches !

L'AFFICHE : LE SIXIEME CONTINENT dans Cinéma bis 13081101513315263611454432

L’affiche du SIXIÈME CONTINENT annonce un film d’aventure et d’action absolument époustouflant ! On y voit un monde féroce et sauvage où des dinosaures s’attaquent à un groupe d’hommes, tandis qu’au loin un impressionnant volcan entre en éruption ! Dans ce ciel en furie volent de gigantesques ptérodactyles alors que, plus bas, dans le coin à gauche, le courageux héros tente de protéger sa belle de ce déferlement quasi apocalyptique ! Au milieu de l’affiche passe un sous-marin menacé par une sorte de T-Rex visiblement aquatique !

Inutile de vous préciser que cette merveilleuse affiche du SIXIÈME CONTINENT possède à elle seule nombre de clichés propres à énormément d’affiches de films fantastiques ou de SF de série B d’époque : la belle effrayée (au décolleté mettant en valeur ses formes avantageuses), le héros machiste la serrant fort dans ses bras, les monstres féroces et menaçants et le paysage en furie annonçant une fin d’un monde sans pitié… Mais quelle composition ! Même si le film de Kevin Connor est loin d’être une réussite, il n’en demeure pas moins que cette affiche reflète assez bien le contenu du film, et sans trop de mensonges ! Les dinosaures y seront bien présents (certes, ceux ici dessinés paraissent beaucoup plus crédibles que les malheureux présents sur la pellicule…), les ptérodactyles attaqueront, le volcan entrera en éruption et la belle sera l’objet de toutes les attentions ! En outre, LE SIXIÈME CONTINENT offre une aventure suffisamment exotique pour permettre au spectateur de passer un moment sympathique, à condition qu’il soit relativement indulgent sur bien des points faibles…

Je vous offre également la version américaine de l’affiche, encore plus belle. À bientôt pour une autre affiche !

- Morbius -

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