• Accueil
  • > Le grenier du ciné fantastique

Catégorie

Archive pour la catégorie « Le grenier du ciné fantastique »

THE FLYING SERPENT (1946)

THE FLYING SERPENT (1946) dans Cinéma 13052108214015263611211209

THE FLYING SERPENT (1946) de Sam Newfield

13070208350415263611345516 dans Fantastique

Après THE DEVIL BAT (1940) et THE MAD MONSTER (1942), notre petite rubrique hebdomadaire, Le Grenier du Ciné Fantastique, accumule, aujourd’hui, une nouvelle zèderie de la PRC (Producers Releasing Corporation), cette petite firme indépendante qui produisait des nanars étonnants d’inventivité malgré tout.

THE FLYING SERPENT n’échappe pas à cette règle : tourné par Sam Newfield, cinéaste à la réalisation lente et statique, son scénario sort tout de même des sentiers battus en cette décennie cinématographique des 40′s qui affirmait ses genres hollywoodiens. L’intrigue : L’archéologue à la psychologie instable, Andrew Forbes (George Zucco), déterre, lors de ses fouilles en Amérique du Sud, une créature monstrueuse encore vivante. Il s’agit d’un monstre légendaire volant, et incarnation du dieu Quetzalcoalt, que Forbes parvient à contrôler pour tuer les scientifiques qui lui ont fait une réputation négative…

Et donc, une vengeance de plus à l’actif de la PRC, puisque rappelez-vous que Bela Lugosi, ayant été la risée de ses confrères médecins, utilisait déjà une chauve-souris gigantesque pour assouvir son besoin de vengeance dans THE DEVIL BAT, réalisé en 1940 par Jean Yarbrough. Et comment s’étonner que malgré la mort du méchant papa-Lugosi dans le film, la PRC lance un THE DEVIL BAT’S DAUGHTER en 1946 ? 

13070208381015263611345521 dans Le grenier du ciné fantastique

À partir de 1942, la PRC affichera un nouveau comédien pour ses rôles vengeresques de savants maudits, grâce à la personne de George Zucco, au visage passe-partout, un comédien qui paye finalement moins de mine que la démence de ses rôles. Ainsi dans THE MAD MONSTER, dont nous parlions déjà sur LÉA, il était  le Dr Cameron qui a été discrédité par ses pairs de l’Université Scientifique pour leur avoir présenté un projet d’arme de guerre meurtrière mi-homme mi-animale, et il tentera de les assassiner à l’aide d’un dangereux loup-garou de sa fabrication…

Dans ce cas, pourquoi, George Zucco ne se vengerait-il pas, dans THE FLYING SERPENT, à l’aide de l’incarnation ancestrale du dieu Quetzalcoalt ?

Un agréable nanar que ce FLYING SERPENT qui, malgré ses effets spéciaux assez ratés, et sa réalisation lente et bancale, possède néanmoins le charme de ces zèderies des années 40, aux sujets farfelus, qui en sont tellement peu crédibles qu’elles ressemblent, avec les années, à ces sucreries aux formes exagérées, destinées aux enfants, et sur lesquelles les adultes s’arrêtent quelques fois pour y goûter, par nostalgie ou par simple besoin d’évasion…

- Trapard -

Autres films présentés dans la catégorie Le Grenier du Ciné Fantastique :

La Charrette Fantôme / La Chute de la Maison Usher / Les Contes de la Lune vague après la Pluie / Frankenstein (1910) / Le Cabinet du Docteur Caligari / La Monstrueuse Parade / Le Fantôme de l’Opéra / Double Assassinat dans la Rue Morgue / Docteur X / White Zombie / The Devil Bat / La Féline (1942) / Les Visiteurs du Soir / La Main du Diable / Le Récupérateur de Cadavres / La Beauté du Diable / Un Hurlement dans la Nuit / The Mad Monster / La Tour de Nesle / L’Étudiant de Prague / Les Aventures Fantastiques du Baron de Münchhausen / Torticola contre Frankensberg / Ulysse / Man with Two Lives / The Mad Ghoul / La Tentation de Barbizon

INDEX DU BLOG



LA TENTATION DE BARBIZON (1946)

LA TENTATION DE BARBIZON (1946) dans Cinéma 13052108214015263611211209

LA TENTATION DE BARBIZON (1946) de Jean Stelli

13061808084615263611302969 dans Fantastique

Réalisé par Jean Stelli, comédien de théâtre et réalisateur français un peu oublié, LA TENTATION DE BARBIZON est un petit film fantastique des années 40, plein d’humour et de légèreté.

L’intrigue : Michel Berthier (Daniel Gélin), le jeune portier de l’agence publicitaire « Publi-Mondial », vient d’épouser Martine (Juliette Faber). Le jeune couple se rend pour sa lune de miel chez Jérôme Chambon (Pierre Larquey), l’oncle de Martine et patron de l’auberge « Le rendez-vous des oiseaux ». Il se trouve qu’au même moment un Ange (Simone Renant) et le Diable (François Périer) viennent aussi prendre pension au « rendez-vous des oiseaux » pour une compétition céleste et tenter, d’un côté, le jeune couple vers les tentations terrestres, et de l’autre, essayer de remettre de l’ordre dans cette jeune idylle manipulée par le Diable. Un vrai combat entre le Bien et le Mal démarre alors, fait de flatteries et de coups bas…

13061808134215263611302972 dans Le grenier du ciné fantastiqueSouvent amusant, LA TENTATION DE BARBIZON est aussi, en dehors de son sujet fantastique, une retranscription d’une époque d’après-guerre, et d’une jeunesse française d’alors. On y retrouve d’ailleurs nombre de grands comédiens français dans des premiers rôles, ou très jeunes, comme Daniel Gélin, franchement méconnaissable en jeune premier, ou Juliette Faber, qui jouera assez peu au cinéma malgré ses prestations pour de grands réalisateurs français comme Henri Decoin (on la retrouve dans LES INCONNUS DANS LA MAISON et dans MARIAGE D’AMOUR, deux films sortis en 1942, et dans LA VÉRITÉ SUR BÉBÉ DONGE, 1952), ou André Cayatte (dans AU BONHEUR DES DAMES, 1943, JUSTICE EST FAITE, 1950, et dans NOUS SOMMES TOUS DES ASSASSINS, 1952). Mention spéciale pour François Périer qui est lui aussi très jeune dans LA TENTATION DE BARBIZON, et franchement déjà bourré de talent et de dynamisme en jeune tentateur démoniaque. L’ange gardien étant interprété, tout en finesse, par la belle comédienne de théâtre, comme de cinéma, Simone Renant.

Autre anecdote qui plaira à Morbius, qui était déjà étonné que le premier rôle de Bourvil ait été dans un film de science-fiction, CROISIÈRES SIDÉRALES (1942) d’André Zwobada. Il se trouve que le film fantastique LA TENTATION DE BARBIZON (1946) a été la première apparition au cinéma de Louis de Funès. Mais dans l’un comme dans l’autre, il faut bien ouvrir l’œil pour retrouver ces deux comédiens à l’image, puisqu’il s’agit de très furtives figurations.

13061808153115263611302974 dans Trapard

Un nouveau film pour notre rubrique du Grenier du Ciné Fantastique que cette TENTATION DE BARBIZON, mais aussi un nouveau film français pour LÉA, et sans être chauvin, je suis toujours heureux de découvrir les diverses tentatives de l’industrie française dans le domaine du Fantastique. Et le film de Jean Stelli, bien qu’assez ancien, n’est pas dénué d’un humour très agréable, toujours lié à un univers féérique contemporanisé, le tout en flirtant avec une littérature comme celle de Marivaux ou de Tristan et Yseult. À ce sujet, l’histoire médiévale de Tristan et Yseult engendra, trois ans avant la sortie de LA TENTATION DE BARBIZON, une superbe adaptation écrite par Jean Cocteau et réalisée par Jean Delannoy, L’ÉTERNEL RETOUR (1943), avec Jean Marais et Madeleine Sologne, une autre superbe comédienne française des années 40, dont la blondeur et l’apparence de pureté n’est pas sans rappeler celles de Simone Renant, notre jolie Ange gardienne, du film de ce mardi soir.

- Trapard -

Autres films présentés dans la catégorie Le Grenier du Ciné Fantastique :

La Charrette Fantôme / La Chute de la Maison Usher / Les Contes de la Lune vague après la Pluie / Frankenstein (1910) / Le Cabinet du Docteur Caligari / La Monstrueuse Parade / Le Fantôme de l’Opéra / Double Assassinat dans la Rue Morgue / Docteur X / White Zombie / The Devil Bat / La Féline (1942) / Les Visiteurs du Soir / La Main du Diable / Le Récupérateur de Cadavres / La Beauté du Diable / Un Hurlement dans la Nuit / The Mad Monster / La Tour de Nesle / L’Étudiant de Prague / Les Aventures Fantastiques du Baron de Münchhausen / Torticola contre Frankensberg / Ulysse / Man with Two Lives / The Mad Ghoul

NDEX DU BLOG



THE MAD GHOUL (1943)

THE MAD GHOUL (1943) dans Cinéma 1305210821401526361121120913061107220515263611281007 dans Fantastique

THE MAD GHOUL (1943) de James P. Hogan

Voici un petit retour sur un film de la Universal Pictures des 40′s pour notre Grenier du Ciné Fantastique. Et pas des moindres, car même s’il s’agit d’un des produits les moins populaires de la firme, THE MAD GHOUL est aussi un de ces petits classiques de l’horreur à débordements exotiques qui possèdent un charme désuet mais fascinant à la fois.

13061107290415263611281020 dans Le grenier du ciné fantastiqueL’intrigue : Curieux de découvrir les effets d’un gaz toxique issu de recherches sur les vestiges de la culture maya, un professeur d’université tente l’expérimentation sur un jeune étudiant. Ce dernier se transforme alors en une monstrueuse goule ayant besoin de dévorer des cœurs humains pour subsister…

Toute dernière réalisation de James P. Hogan avant son THE STRANGE DEATH OF ADOLF HITLER (1943), Hogan étant décédé avant que son film ne sorte en salles, THE MAD GHOUL est un croisement entre une petite série B de la PRC et quelques productions de la Universal peu coûteuses de la même période, comme CAPTIVE WILD WOMAN (1943), CALLING DR DEATH (1943) ou DEAD MAN’S EYES (1944). On y retrouve un Mad Doctor de choix, tout en simplicité dans sa folie, un rôle qui sied comme un gant (mais en caoutchouc, pour faciliter le jonglage avec les éprouvettes fumantes…) à George Zucco, un habitué du genre, et transfuge de la firme PRC ou Producers Releasing Corporation (relire l’article sur THE MAD MONSTER).

13061107270415263611281011 dans Trapard

À ses côtés, dans le double rôle à la Jekyll et Hyde, de Ted Allison / The Mad Ghoul, David Bruce, malgré ses faux airs de jeune premier, est un bon comédien à la carrière très fleurie en films de genre. Il a tourné de nombreux westerns, films de guerre, et de cape-et-d’épée durant toutes les années 40 et 50, et la Universal a employé ses services pour une poignée d’Horror Movies, et THE MAD GHOUL est sûrement l’un de ses meilleurs rôles du genre.

THE MAD GHOUL est un bon film d’ambiance qui ne dépaysera pas les habitués des codes du genre des 40′s, et il intégrera notre petite rubrique du mardi soir (pour ceux qui suivent le blog quotidiennement), celle du Grenier du Ciné Fantastique, lorsque ce n’est pas celui de la SF.

- Trapard -

Autres films présentés dans la catégorie Le Grenier du Ciné Fantastique :

La Charrette Fantôme / La Chute de la Maison Usher / Les Contes de la Lune vague après la Pluie / Frankenstein (1910) / Le Cabinet du Docteur Caligari / La Monstrueuse Parade / Le Fantôme de l’Opéra / Double Assassinat dans la Rue Morgue / Docteur X / White Zombie / The Devil Bat / La Féline (1942) / Les Visiteurs du Soir / La Main du Diable / Le Récupérateur de Cadavres / La Beauté du Diable / Un Hurlement dans la Nuit / The Mad Monster / La Tour de Nesle / L’Étudiant de Prague / Les Aventures Fantastiques du Baron de Münchhausen / Torticola contre Frankensberg / Ulysse / Man with Two Lives

INDEX DU BLOG



MAN WITH TWO LIVES (1942)

MAN WITH TWO LIVES (1942) dans Cinéma 13052108214015263611211209

MAN WITH TWO LIVES (1942) de Phil Rosen

Légèrement inspiré du classique de Michael Curtiz, LE MORT QUI MARCHE (1936, The Walking Dead) interprété par Boris Karloff, MAN WITH TWO LIVES ressemblerait presque, finalement, à ce que seront plus de quarante ans plus tard les futures origines de notre poupée sanglante, Chucky, dans JEU D’ENFANT (1988, Child’s Play), le film de Tom Holland.

L’intrigue : Phillip Bennett et Louise Hammond sont fiancés, mais Phillip est malheureusement tué dans un accident de la circulation. Louise, désespérée, contacte alors le douteux Dr Clarke qui est connu pour faire revivre des animaux décédés. Il est appelé dans le but d’amener Phillip à la vie. Il se trouve qu’au moment où le Dr Clarke tente de réanimer le corps de Philip, le dénommé Panino, un infâme criminel, est exécuté par électrocution, pour ses multiples crimes. L’âme sinistre de Panino intègre alors le corps de Phillip qui revient à la vie, sous les yeux de sa femme…

Mais à partir d’ici, s’arrête la comparaison avec JEU D’ENFANT…

13060408153215263611259871 dans FantastiqueProduit par A.W. Hackel, producteur autrichien de nombreux westerns américains de séries B, MAN WITH TWO LIVES est un sympathique petit film noir, à petit budget, réalisé par le cinéaste d’origine polonaise Phil Rosen. Au moment du déclin de la firme Suprême Pictures, spécialisée dans le western de seconde catégorie, Hackel changea complètement de cap cinématographique en créant la A.W. Hackel Productions, et en profitant du succès des premiers “Films Noirs” et autres thrillers de séries B de la RKO, de la PRC, destinés à des compléments de double programmes en salles, pour tourner quelques films de gangsters. MAN WITH TWO LIVES est une de ces exceptions qui confirme, plus ou moins, cette ligne de conduite, puisque le film mélange le genre Fantastique / Horreur et celui du pur film de gangster. Et c’est justement grâce aux codes du “Film de Gangster” que MAN WITH TO LIVES en est atypique, puisque contrairement aux séries B d’horreur de l’époque, la majorité du film a été tourné en dehors du cadre des studios et de décors sophistiqués du genre Fantastique, et de nombreuses scènes se situent en extérieurs, dans la rue ou dans des bars ou des chambres d’hôtels (ou dans des reconstitutions de bars et d’hôtels).

Philip / Panino, dans son personnage ambivalent, est interprété par Edward Norris, un bon comédien qui ne tournera pas grand chose d’autre qu’une petite poignée de séries B dans les années 40, jusqu’à quelques rôles éparses et rares jusqu’au début des années 60.

Moins bon, et nettement plus bavard (au niveau des dialogues), et par conséquent plus statique et plus mou (au niveau de sa réalisation) qu’une série B de la RKO, MAN WITH TWO LIVES se rapprocherait plutôt d’une des sympathiques petites productions fauchées de la PRC dont nous présentions THE MAD MONSTER en exemple dernièrement sur le blog.

Depuis quelques années, ce film de la A.W. Hackel Productions est tombé dans le domaine public, et on peut normalement le trouver assez facilement sur le web.

Et,bien entendu, sur Les Échos d’Altaïr, la rubrique du Grenier du Film de Gangster n’existant pas, c’est donc parmi les classiques du Fantastique que ce MAN WITH TWO LIVES trouvera aisément sa place.

- Trapard -

Autres films présentés dans la catégorie Le Grenier du Ciné Fantastique :

La Charrette Fantôme / La Chute de la Maison Usher / Les Contes de la Lune vague après la Pluie / Frankenstein (1910) / Le Cabinet du Docteur Caligari / La Monstrueuse Parade / Le Fantôme de l’Opéra / Double Assassinat dans la Rue Morgue / Docteur X / White Zombie / The Devil Bat / La Féline (1942) / Les Visiteurs du Soir / La Main du Diable / Le Récupérateur de Cadavres / La Beauté du Diable / Un Hurlement dans la Nuit / The Mad Monster / La Tour de Nesle / L’Étudiant de Prague / Les Aventures Fantastiques du Baron de Münchhausen / Torticola contre Frankensberg / Ulysse

INDEX DU BLOG



ULYSSE (1955)

ULYSSE (1955) dans Cinéma 13052108214015263611211209

13052809171515263611237366 dans Cinéma bis italien

ULYSSE (1955) de Mario Camerini

ULYSSE (Ulisse) est une production italienne de la fameuse Lux Films, tournée en pleine apogée de superbes fresques américaines, la même année que L’ÉGYPTIEN (The Egyptian) et ATTILA, ROI DES HUNS (Sign of the Pagan), les films respectifs de Michael Curtiz et de Douglas Sirk, et qui lancera la longue mode du « peplum spaghetti » dont Hercule, Maciste et autre Samson affronteront autant de légions romaines, que de créatures démoniaques plus ou moins mythologiques.

ULYSSE reprend l’intrigue de « l’Odyssée », l’épopée généralement attribuée au poète Homère : Ulysse, roi de l’île d’Ithaque, est parti, depuis plusieurs années, participer au siège de Troie. Après la prise de la cité, son voyage de retour par la mer va être retardé par de nombreux dangers comme sa rencontre avec le cyclope Polyphème, avec la magicienne Circé ou avec le chant des maléfiques Sirènes. Pendant ce temps, à Ithaque, sa femme Pénélope doit affronter d’autres épreuves : intéressés par l’accession au trône, de multiples soupirants, affirmant qu’Ulysse est mort, la pressent de les prendre pour époux. La reine retarde l’échéance en promettant de choisir son nouveau mari dès qu’elle aura achevé le tissage de sa grande tapisserie : chaque nuit, elle défait son travail de la veille…

13052809185715263611237368 dans Le grenier du ciné fantastiqueCe peplum italien de Mario Camerini trouve sa place sur Les Échos d’Altaïr uniquement à cause de l’univers fantastique qui est développé dans le film et qui est, bien entendu, inhérent à l’épopée mythique d’Ulysse, s’inscrivant dans une Mythologie de l’Antiquité Grecque chargée de symboles tant sociaux, psychologiques que philosophiques. Loin d’être en reste, et devant le succès international d’ULYSSE, et notamment grâce à l’interprétation du film par des comédiens américains, comme Kirk Douglas et Anthony Quinn, l’Italie lancera L’ESCLAVE DE CARTHAGE (1956, Le schiave di Cartagine) réalisé par Guido Brignone (qui tournait déjà les aventures de Maciste dans des peplums muets et souvent fantastiques dans les années 1920), et interprété par la superbe Gianna Maria Canale.

Le chef-opérateur, Mario Bava, ayant participé à la réalisation d’ULYSSE, remplaçant sur certaines scènes Mario Camerini, en fera de même sur d’autres peplums co-produits en Italie et les États-Unis, comme LA BATAILLE DE MARATHON (1959, La battaglia di Maratona) de Jacques Tourneur, ou en tournant la version italienne d’ESTHER ET LE ROI (1960, Esther and the King) de Raoul Walsh, puis en co-réalisant enfin HERCULE CONTRE LES VAMPIRES (1961, Ercole al centro della terra) avec Franco Propsperi.

Dans cette logique, Sergio Leone, déjà réalisateur d’une seconde équipe sur la partie italienne du tournage de QUO VADIS (1951) de Mervyn LeRoy, participera à la réalisation des DERNIERS JOURS DE POMPEI (1959, Gli ultimi giorni di Pompei) de Mario Bonnard, avant de tourner son propre COLOSSE DE RHODES (Il colosso di Rodi) en 1961.

Puis, viendra le fameux diptyque LES TRAVAUX D’HERCULE (1958, Le fatiche di Ercole) et HERCULE ET LA REINE DE LYDIE (1959, Ercole e la regina di Lidia) avec Steve Reeves, Sylva Koscina et Gianna Maria Canale, et ses dérivés, dont les génériques s’américaniseront largement. Puis les co-productions avec la France, l’Espagne, l’Allemagne suivront…

13052809204115263611237369 dans Merveilleux

Mais juste pour citer quelques fabuleuses scènes fantastiques (souvent très, très kitchs et très mal fichues), de peplums italiens des années 60, souvenez-vous de celles où Hercule (incarné par Mark Forest) combat le Dieu Cyclopéen, ou encore l’Horrible(-ment mal animé), Cerbères, chien tricéphale cracheur de flammes, dans les entrailles du brumeux Royaume des Ombres, dans LA VENGEANCE D’HERCULE (1960, La vendetta di Ercole) de Vittorio Cottafavi. Celles encore, où Hercule (avec Reg Park, cette fois-ci, un ex-Mister Univers) exerce la fameuse force qui lui est éponyme dans l’univers merveilleux d’HERCULE À LA CONQUÊTE DE L’ATLANTIDE (1961, Ercole alla conquista di Atlantide) de Cottafavi, ou lorsqu’il affronte le mort-vivant, (sous les traits de Christopher Lee), d’HERCULE CONTRE LES VAMPIRES (1961, Ercole al centro della terra) de Mario Bava. Celles encore où Maciste (joué par l’ex-Tarzan, Gordon Scott) combat les forces occultes du terrible Kobrak (si, si!) dans MACISTE CONTRE LE FANTÔME (1961, Maciste contro il vampiro) de Giacomo Gentilomo. Ou lorsqu’il affronte (sous les traits d’Alan Steel) les hommes rocheux guidés par la Reine Samar, tout droit débarquée de la Lune (non, mais arrêtez de croire que je plaisante !) dans MACISTE CONTRE LES HOMMES DE PIERRE (1964, Maciste e la regina di Samar) du même Gentilomo. Ou encore celles où Hercule (incarné maintenant par Kirk Morris) est confronté aux attaques des hommes de métal (non ?), au cours de ses aventures parmi les Bédouins (et si !) dans GOLDOCRACK À LA CONQUÊTE DE L’ATLANTIDE (1965, Il conquistatore di Atlantide) d’Alfonso Brescia.

13052809222615263611237371 dans TrapardSans oublier les très, très anachroniques MACISTE CONTRE LES COUPEURS DE TÊTES (1960), MACISTE EN ENFER (1962, dans lequel il affronte la Sainte-Inquisition du XIIè siècle…), TOTO CONTRE MACISTE (1962), MACISTE CONTRE ZORRO (1963), MACISTE À LA COUR DU TZAR (1964), ou MACISTE ET LES FILLES DE LA VALLÉE (1964, dans lequel, il voyage jusqu’aux espaces désertiques de l’Arabie…). Et en j’en passe pour vous éviter un entremêlement indélicat et subversif des neurones… Mais à savoir que ces anachronismes cinématographiques étaient déjà présents dans les nombreux « Maciste » tournés en Italie dans les années 1920, un peu comme un éternel couplet surréaliste issu de la « Divine Comédie » de Dante Alighieri, Maciste lui-même n’étant pas du tout issu de la mythologie mais du peplum muet, CABIRIA (1913) de Giovanni Pastrone…

Mais je n’oublierai surtout pas de citer le farfelu dérivé américain, HERCULE À NEW YORK (1970, Hercules in New York) de Arthur Allan Seidelman, (et ceci, peu de temps avant le déclin de la production massive des peplums italiens) dans lequel, Hercule (joué enfin par un ex-Mister Univers que nous connaissons tous : Arnold Schwarzenegger), lassé d’une vie longue de plusieurs siècles sur le mont Olympe, décide de passer à la vie citadine, et débarque à New-York, en 1969, vêtu d’une simple toge et d’un sympathique air benêt…

Mais on s’éloigne beaucoup d’ULYSSE, un film spectaculaire et amusant, de Mario Camerini, qui regorge, lui aussi, de scènes fantastiques cultes dont celle où le géant Polyphème s’en prend aux compagnons d’Ulysse. Le comédien Umberto Silverstri, maquillé en cyclope, étant souvent filmé de très près, tandis qu’un mannequin d’environ 10 mètres de hauteur, était actionné mécaniquement par des fils et un soufflet et servait aux scènes plus spectaculaires.

13052809243815263611237374Grâce à la présence de Kirk Douglas, excellent et drôle dans le rôle d’Ulysse (un rôle en toge, qui le mènera sûrement à celui de SPARTACUS, en 1960) et d’Anthony Quinn en Antinoos, prétendant de Pénélope et rival de son mythique mari, la Lux Films en profita pour offrir des rôles de choix à deux superbes comédiennes, dont l’Italie a longtemps détenu le secret de la recette, qu’étaient Silvana Mangano (dans le double rôle scénaristiquement ambivalent de Pénélope et de Circé) et Rosana Podestà (interprétant la jeune et jolie Nausicaa). ULYSSE, comme la plupart des péplums fantastiques cités plus haut, propose aussi son lot de décors en carton-pâte scintillants de paillettes colorées et aux éclairages criards et ultra-kitschs (souvent accompagnés d’accords très graves et minimalistes, joués au synthétiseur… et avec un seul doigt, s’il vous plaît !). Des détails qui étaient presque la marque de fabrique d’un « Merveilleux » à l’italienne du milieu des années 50 jusqu’aux années 70, et qui firent les belles heures, en salles ou en VHS, de nombreux jeunes spectateurs émerveillés.

Une série B italienne, et un peplum toujours aussi fascinant que cet ULYSSE, qui ira se ranger directement aux côtés des classiques de la rubrique du Grenier du Ciné Fantastique de ce blog.

- Trapard -

Autres films présentés dans la catégorie Le Grenier du Ciné Fantastique :

La Charrette Fantôme / La Chute de la Maison Usher / Les Contes de la Lune vague après la Pluie / Frankenstein (1910) / Le Cabinet du Docteur Caligari / La Monstrueuse Parade / Le Fantôme de l’Opéra / Double Assassinat dans la Rue Morgue / Docteur X / White Zombie / The Devil Bat / La Féline (1942) / Les Visiteurs du Soir / La Main du Diable / Le Récupérateur de Cadavres / La Beauté du Diable / Un Hurlement dans la Nuit / The Mad Monster / La Tour de Nesle / L’Étudiant de Prague / Les Aventures Fantastiques du Baron de Münchhausen / Torticola contre Frankensberg

INDEX DU BLOG



TORTICOLA CONTRE FRANKENSBERG (1952)

TORTICOLA CONTRE FRANKENSBERG (1952) dans Cinéma 13052108214015263611211209

13052108243115263611211210 dans Fantastique

TORTICOLA CONTRE FRANKENSBERG (1952) de Paul Paviot

Pour ce Grenier du Ciné Fantastique, nous revenons avec cet article vers le Cinéma Fantastique Français, mais cette fois-ci vers le court-métrage fantastique hexagonal, avec un film d’environ 34 minutes réalisé par Paul Paviot.

Paviot n’a pas réellement laissé de traces dans les Histoires du Cinéma, mais on retrouve régulièrement son TORTICOLA CONTRE FRANKENSBERG cité dans les filmographies liées à la créature de Mary Shelley.

Ami de l’écrivain Boris Vian et des comédiens Maurice Ronet et Michel Piccoli, Paul Paviot était avant tout un cinéphile, et bien qu’il ait côtoyé Jean Cocteau ou Marcel Marceau sur des tournages, son domaine de prédilection était, surtout, le cinéma de genre. Nous sommes donc loin de la Trilogie du Poète, très personnelle, de Jean Cocteau (LE SANG D’UN POÈTE, 1930, ORPHÉE, 1950, LE TESTAMENT D’ORPHÉE) mais pas tant que ça, finalement. Car bien que les sujets de Paviot, et surtout de ses court-métrages, allaient dans le sens du western et du film d’horreur, surtout sous forme de parodies, ces films n’étaient pas dénués d’une certaine poésie, proche du surréalisme.

13052108270015263611211215 dans Fifties fantastiqueLe film est divisé, dans la tradition du serial du début du XXe siècle, comme ceux de Louis Feuillade, en trois épisodes : Le Laboratoire de l’épouvante, La Proie du maudit et Le monstre avait un cœur : La jeune Loreleï trouve refuge chez son oncle, le Docteur Frankensberg, un savant qui se livre à de mystérieuses expériences dans son château…

TORTICOLA CONTRE FRANKENSBERG n’est pas un film extraordinaire à mon goût, parfois trop caricatural pour être amusant, mais souvent très (ou tellement) décalé du cinéma français, ou même des films qu’il parodie, que son étrangeté n’en est pas inintéressante. Rien qu’au niveau des décors d’Alexandre Trauner, on oscille entre Expressionnisme allemand des années 1910, ou films d’horreur de la Universal Pictures des années 30. On ne s’étonnera pas que Paviot ait fait appel au décorateur  Alexandre Trauner lorsqu’on connaît le parcours de ce monsieur du cinéma français, qui alternait son travail entre films surréalistes (L’ÂGE D’OR, 1930, de Luis Bunuel), réalisme poétique (À NOUS LA LIBERTÉ, 1931, de René Clair, HÔTEL DU NORD, 1938, LES ENFANTS DU PARADIS, 1945 ou LES PORTES DE LA NUIT, 1947, de René Clair, jusqu’à VOYAGE SURPRISE, 1947, de Pierre Prévert) ou carrément fantastiques comme JULIETTE OU LA CLÉ DES SONGES (1951) de Marcel Carné. La même année que sa prestation sur les décors du court-métrage de Paul Paviot, Trauner participera même à ceux du très visuel OTHELLO qu’Orson Welles est venu tourner en Europe.

Pour revenir à TORTICOLA CONTRE FRANKENSBERG, Paul Paviot qui semblait savoir très bien s’entourer, se retrouvait, pour un simple court-métrage, avec un casting de choix, avec Roger Blin (le docteur Frankensberg), Michel Piccoli (Torticola, la créature de Frankensberg), Daniel Gélin et même Pierre Brasseur…

13052108290115263611211216 dans Le grenier du ciné fantastiqueVéritable cinéphile cultivé, Paul Paviot a réalisé un petit film qui mélange univers cinématographique européen comme américain, du CABINET DU DOCTEUR CALIGARI (1919) de Robert Wiene, au FRANKENSTEIN (1931) de James Whale, en passant par le cinéma russe de Sergueï Mikhailovitch Eisenstein (comme son ALEXANDRE NEVSKI de 1938) ou de Boris Barnet (AU BORD DE LA MER BLEUE, 1936) , ou encore le cinéma lyrique suédois d’un Victor Sjöström (LA CHARRETTE FANTÔME, 1921) ou contemplatif danois d’un Carl Theodor Dreyer (LA PASSION DE JEANNE D’ARC, 1928 et VAMPYR, 1932). Mais à l’inverse de tous ces films, le court-métrage est toujours léger et détaché de toutes profondeurs inhérentes aux réalisateurs cités.

Un mélange d’influences incroyables, finalement, et certaines scènes me font même penser à un certain cinéma fantastique français qui verra le jour quelques années après ce film, celui de Georges Franju et de ses YEUX SANS VISAGE (1960).

Un film et un court-métrage OVNI finalement que ce TORTICOLA CONTRE FRANKENSBERG qui ira rejoindre les autres films du Grenier du Ciné Fantastique des Échos d’Altaïr.

- Trapard -

Autres films présentés dans la catégorie Le Grenier du Ciné Fantastique :

La Charrette Fantôme / La Chute de la Maison Usher / Les Contes de la Lune vague après la Pluie / Frankenstein (1910) / Le Cabinet du Docteur Caligari / La Monstrueuse Parade / Le Fantôme de l’Opéra / Double Assassinat dans la Rue Morgue / Docteur X / White Zombie / The Devil Bat / La Féline (1942) / Les Visiteurs du Soir / La Main du Diable / Le Récupérateur de Cadavres / La Beauté du Diable / Un Hurlement dans la Nuit / The Mad Monster / La Tour de Nesle / L’Étudiant de Prague / Les Aventures Fantastiques du Baron de Munchhausen

INDEX DU BLOG



LES AVENTURES FANTASTIQUES DU BARON DE MUNCHHAUSEN (1943)

LES AVENTURES FANTASTIQUES DU BARON DE MUNCHHAUSEN (1943) dans Cinéma 13052108214015263611211209

LES AVENTURES FANTASTIQUES DU BARON DE MÜNCHHAUSEN (1943) de Josef von Baky

13051409001015263611186805 dans Fantastique

L’année 1943, c’est bien entendu l’apogée du régime national-socialiste en Allemagne. C’est l’occupation de la France et de l’industrie cinématographique hexagonale par le Reich (nous en parlions sur le blog, au sujet des VISITEURS DU SOIR, 1942, et de LA MAIN DU DIABLE, 1943). Josef Goebbels, alors Ministre de la Propagande (autrement dit, de la Culture sous le régime Nazi), ordonna la réalisation d’un grand film fantastique allemand (et donc atemporel pour éviter d’aborder les problèmes politiques immédiats, tout en évoquant des images visuelles merveilleuses d’une Allemagne historique et glorieuse), ceci pour fêter dignement la vingt-cinquième année d’existence de l’Universum Film AG. Cette maison de production créée en 1917, et plus connue pour nous sous l’abréviation de UFA, est devenue imposante en fusionnant avec la Decla-Films d’Erich Pommer, en 1915, celle-ci initiatrice du mouvement Expressionniste. L’UFA fut donc mise en place, au sein de la République de Weimar, dans un but de propagande politique et militaire. Elle produit d’abord certains des meilleurs films allemands de l’époque, comme ceux de Fritz Lang (DOCTEUR MABUSE, LE JOUEUR, 1922, LES NIBELUNGEN, 1924, METROPOLIS, 1927, UNE FEMME SUR LA LUNE, 1929), de Josef von Sternberg (L’ANGE BLEU, 1930), et même danois comme MICHAËL (1924) de Carl Theodor Dreyer, avant de devenir un organisme d’État sous le régime national-socialiste. Sa filiale française était la Continental-Films qui produisit notamment LA MAIN DU DIABLE de Maurice Tourneur en 1943.

13051409023115263611186807 dans Le grenier du ciné fantastiqueDésirant un grand film fantastique allemand, surpassant LE MAGICIEN D’OZ (1939) de l’Américain Victor Fleming, Josef Goebbels lança en chantier la création d’une superbe fresque qui serait tournée dans le tout récent Technicolor (dont nous parlions dernièrement sur le blog, au sujet du DOCTEUR CYCLOPE, de 1940, d’Ernest B. Schoedsack) et basée sur les exploits fabuleux de Karl Friedrich Hieronymus, baron de Münchhausen, dont la littérature allemande (et surtout, l’écrivain Carl Leberecht Immermann, dont le scénario du film est librement adapté de son roman, Münchhausen : une histoire en arabesque, 1838-1839) fit de lui un affabulateur notoire aux exploits merveilleux.

13051409042115263611186809 dans TrapardLe scénario des AVENTURES FANTASTIQUES DU BARON DE MÜNCHHAUSEN a été écrit par le poète et écrivain Erich Kästner, qui contrairement à ses collègues écrivains en opposition au régime nazi n’a pas émigré lors de l’arrivée au pouvoir du Parti national-socialiste, le 30 janvier 1933. Néanmoins, Kästner a été plusieurs fois arrêté par la Gestapo et fut exclu de l’Union des écrivains allemands, ses œuvres ayant été considérées comme « non conformes à l’esprit allemand ». Exclu de la « Chambre des écrivains du Reich » (Reichsschrifttumskammer) en raison de son attitude culturelle « bolchéviste dans ses écrits d’avant 1933 », cette sanction équivalant alors à une interdiction de publication dans le Reich allemand, Kästner réussit à obtenir une autorisation spéciale, grâce au réalisateur Fritz Hippler, proche de Goebbels, et put écrire le scénario sous le pseudonyme de Berthold Bürger (Bürger signifiant Citoyen en Allemand). Écrit par Kästner, le film ne présente finalement aucun caractère de propagande nazi et même, au contraire, on trouvait alors, dans certains dialogues, des déclarations d’un libéralisme et d’une tolérance étonnants, qui ont d’ailleurs été coupés avant la sortie du film en salles.

Le réalisateur, Josef von Báky, tourna finalement un beau film fantastique amusant et très visuel (on est, bien entendu, très loin de l’adaptation plus récente que Terry Gilliam a tiré des aventures de Münchhausen), avec des décors grandioses, des costumes incroyables et des effets spéciaux réussis.

13051409055415263611186814LES AVENTURES FANTASTIQUES DU BARON DE MÜNCHHAUSEN est sorti en Allemagne en mars 1943, et cette date coïncide avec le tout récent discours de Goebbels, le 18 Février 1943, au Palais des Sports de Berlin, où celui-ci exhorta le peuple allemand à poursuivre la guerre, même si elle serait longue et difficile, face à la présence de l’armée soviétique omniprésente. Il se trouve que l’Allemagne démoralisée, qui commençait à comprendre que la guerre ne pouvait pas se terminer avec une victoire allemande, beaucoup de spectateurs sont allés voir LES AVENTURES FANTASTIQUES DU BARON DE MÜNCHHAUSEN qui eut un succès retentissant cette année-là, et l’UFA doubla quasiment ses bénéfices en quelques mois.

- Trapard -

Autres films présentés dans la catégorie Le Grenier du Ciné Fantastique :

La Charrette Fantôme / La Chute de la Maison Usher / Les Contes de la Lune vague après la Pluie / Frankenstein (1910) / Le Cabinet du Docteur Caligari / La Monstrueuse Parade / Le Fantôme de l’Opéra / Double Assassinat dans la Rue Morgue / Docteur X / White Zombie / The Devil Bat / La Féline (1942) / Les Visiteurs du Soir / La Main du Diable / Le Récupérateur de Cadavres / La Beauté du Diable / Un Hurlement dans la Nuit / The Mad Monster / La Tour de Nesle / L’Étudiant de Prague

INDEX DU BLOG



L’ETUDIANT DE PRAGUE (1913)

L'ETUDIANT DE PRAGUE (1913) dans Cinéma 13052108214015263611211209

L’ÉTUDIANT DE PRAGUE (1913) (par Trapard)

13041608333515263611090736 dans FantastiqueLa fin des années 1900 et le début des années 1910 étant une période faste en adaptations cinématographiques littéraires, et particulièrement en Europe, les comédiens étant généralement issus du théâtre, et les cadrages étant souvent peu inventifs, L’ÉTUDIANT DE PRAGUE (Der Student von Prag) et une poignées de films rares, sortent un peu du contexte que je viens de décrire. Sur fond de romantisme allemand et dosant un habile mélange d’adaptations d’E. A. Poe (William Wilson), de J.W. Goethe (Faust), d’Adelbert von Chamisso (L’Étrange Histoire de Peter Schlemihl) ou même d’E. T. A . Hoffmann et Alfred de Musset, L’ÉTUDIANT DE PRAGUE dilue une ambiance culturelle de bourgeoisie allemande du début du XVIIè siècle, dite de Biedermaier, dans laquelle l’étrange s’insinue sournoisement dans une normalité cessant très vite d’être rassurante.

L’intrigue : Un étudiant sans le sou sauve une jolie comtesse de la noyade et devient très vite obsédé par elle. Un vieux sorcier errant propose alors un pacte avec le jeune homme pour lui donner richesse et tout ce qu’il désire…

13041608355715263611090739 dans Le grenier du ciné fantastiqueL’ÉTUDIANT DE PRAGUE est l’un des premiers films fantastiques du cinéma allemand, bien avant la naissance de l’Expressionnisme, et il inspirera sûrement Friedrich Wilhelm Murnau pour le romantisme expressif et profondément sombre de son NOSFERATU (1922).

Le thème du pacte avec le diable étant un sujet religieux, le début de ce vingtième siècle en Allemagne, et au niveau de l’art cinématographique, étant très influencé par une nouvelle science venue de Vienne, en Autriche, et proposée par M. Sigmund Freud, ce film prenait alors déjà des consonances psychanalytiques sur le thème du dédoublement de la personnalité.

Certains cadrages de cette toute première version de L’ÉTUDIANT DE PRAGUE sont dignes de  peintures gothiques, lors de certains passages filmés de nuit, dans des décors mystérieux. Le réalisateur danois Stellan Rye est généralement considéré comme l’auteur de ce film, mais d’autres sources indiquent que l’acteur Paul Wegener, futur réalisateur de deux versions du GOLEM en aurait réalisé la majeur partie du tournage. L’écrivain allemand de récits macabres et érotiques, et co-scénariste du film, Hanns Heinz Ewers, aurait peut-être, lui aussi, dirigé certaines scènes.

13041608405615263611090743 dans TrapardNéanmoins, cette première version de L’ÉTUDIANT DE PRAGUE produite en 1913 par la Deutsche Bioscop Gesellschaft (qui fusionnera en 1922 avec la future Decla-Film, d’Erich Pommer, producteur d’un grand nombre de films expressionnistes, de Fritz Lang ou de Josef von Sternberg) engendra deux autres versions comme celle de Henrik Galeen en 1926 (avec Conrad Veidt et Werner Krauss), et celle d’Artur Robison en 1935, deux réalisateurs expressionnistes de talent.

L’ÉTUDIANT DE PRAGUE, finalement très éloigné de nous dans le temps, mais aussi de par sa valeur de classique du fantastique, de l’horreur, voir du romantisme allemand, viendra désormais intégrer les vieux recoins du GRENIER DU CINÉ FANTASTIQUE de ce blog de l’imaginaire dont vous parcourez les liens à ce moment précis.

- Trapard -

Autres films présentés dans la catégorie Le Grenier du Ciné Fantastique :

La Charrette Fantôme / La Chute de la Maison Usher / Les Contes de la Lune vague après la Pluie / Frankenstein (1910) / Le Cabinet du Docteur Caligari / La Monstrueuse Parade / Le Fantôme de l’Opéra / Double Assassinat dans la Rue Morgue / Docteur X / White Zombie / The Devil Bat / La Féline (1942) / Les Visiteurs du Soir / La Main du Diable / Le Récupérateur de Cadavres / La Beauté du Diable / Un Hurlement dans la Nuit / The Mad Monster / La Tour de Nesle

INDEX DU BLOG



LA TOUR DE NESLE (1955)

LA TOUR DE NESLE (1955) dans Cinéma 13052108214015263611211209

LA TOUR DE NESLE (1955) d’Abel Gance (par Trapard)

13040907475515263611065274 dans Fantastique

LA TOUR DE NESLE, c’est d’abord une légende du XVe siècle selon laquelle une reine de France se serait livrée dans la Tour (en face de l’actuel musée du Louvre parisien) à la débauche, avant de faire jeter ses amants à la Seine, cousus dans un sac. Un professeur d’université nommé Buridan serait parvenu à s’échapper à son funeste sort, après avoir été repêché par ses élèves.

13040907533115263611065288 dans Le grenier du ciné fantastiqueC’est aussi une comptine que certains ont peut-être entendu lorsqu’ils étaient enfants : « La tour, prends garde, La tour, prends garde, De te laisser abattre, Nous n’avons garde, Nous n’avons garde, De nous laisser abattre, J’irai me plaindre, J’irai me plaindre, Au Duc de Bourbon, Allez vous plaindre, Allez vous plaindre, Au Duc des cornichons, Mon Duc, mon Prince, Mon Duc, mon Prince, Je tombe à vos genoux, Mon capitaine, Mon colonel, Que me demandez-vous ? Votre cher fils, Votre cher fils, Pour abattre la tour, Allez mon fils, Allez mon fils, Pour abattre la tour… »

En 1832, Frédéric Gaillardet et Alexandre Dumas publièrent La Tour de Nesle, un drame historique en cinq actes qui met en scène Marguerite de Bourgogne, Buridan et les frères d’Aulnay. C’est cette pièce qui sert d’intrigue au film d’Abel Gance, qui est loin d’être la première adaptation après celles d’Albert Capellani (1909), Pierre Marodon (1924), Gaston Roudès (1937) et celle d’Émile Couzinet (1952). Celle d’Abel Gance est la plus célèbre.

Réalisateur français d’immenses fresques historiques comme NAPOLÉON (1927) ou AUSTERLITZ (1960), ou même des deux versions pacifistes de J’ACCUSE ! (1919 et 1938), comme d’adaptations littéraires plus légères avec LE CAPITAINE FRACASSE (1943) ou cette TOUR DE NESLE (1955), Abel Gance est surtout l’un des pionniers du cinéma français au sein d’une Avant-Garde cinématographique française née dans les années 1910.

13040907555715263611065290 dans TrapardParfois un peu trop franchouillarde dans le ton, LA TOUR DE NESLE est surtout un petit classique franco-italien produit par Fernand Rivers, entre film d’épouvante avec une touche d’érotisme, film de cape et d’épée et documentaire historique, toujours bien rythmé et souvent intriguant.

Entre la légèreté d’un FANFAN LA TULIPE (1952) de Christian-Jaque, avec Gérard Philipe et Gina Lollobrigida, ou du CAPITAN (1962) d’André Hunebelle, avec Bourvil et Jean Marais, et le cinéma cultivé et très méticuleux de Sacha Guitry (SI VERSAILLES M’ÉTAIT CONTÉ, 1953, et NAPOLÉON, 1955), le film d’Abel Gance louvoie entre humour, suspense et s’applique à retracer méticuleusement les décors et moeurs du XVe siècle.

13040908012215263611065315Pierre Brasseur, quinquagénaire et cabotin, interprète le capitaine Jehan Buridan. Il y côtoie la belle ex-miss Italie, Silvana Pampanini qui se glisse, le temps du film, dans la peau de la scandaleuse et troublante Reine Marguerite de Bourgogne.

Tourné alors qu’Abel Gance était âgé de 66 ans, LA TOUR DE NESLE me laisse un peu mitigé, non pas sur la sincérité de la démarche, et malgré quelques bons passages, mais sur l’irrégularité de la qualité d’un film qui a plutôt mal vieilli, au même titre que certains peplums italiens. Le film n’en reste pas moins une belle reconstitution d’une affaire historique légendaire.

- Trapard -

Autres films présentés dans la catégorie Le Grenier du Ciné Fantastique :

La Charrette Fantôme / La Chute de la Maison Usher / Les Contes de la Lune vague après la Pluie / Frankenstein (1910) / Le Cabinet du Docteur Caligari / La Monstrueuse Parade / Le Fantôme de l’Opéra / Double Assassinat dans la Rue Morgue / Docteur X / White Zombie / The Devil Bat / La Féline (1942) / Les Visiteurs du Soir / La Main du Diable / Le Récupérateur de Cadavres / La Beauté du Diable / Un Hurlement dans la Nuit / The Mad Monster



THE MAD MONSTER (1942)

THE MAD MONSTER (1942) dans Cinéma bis 13052108214015263611211209

THE MAD MONSTER (1942) de Sam Newfield (par Trapard)

13040208100815263611039287 dans Cinéma bis américain

Pur façonneur du cinéma bis, souvent avec son frère producteur Sigmund Newfield, Sam Newfield (ou Samuel Neufeld) a tourné une grosse poignée de classiques de séries B dans les années 40 pour la Producers Releasing Corporation (ou PRC). La PRC a été un des éphémères concurrents de la Universal Pictures qui avait même récupéré sous contrat Béla Lugosi pour plusieurs séries B des 40′s, comme THE DEVIL BAT, dont nous avons déjà parlé sur ce blog.

13040208125015263611039294 dans FantastiqueTHE MAD MONSTER, au tout début des années 40, mettait en vedette l’acteur George Zucco, habitué aux rôles de savants fous dans un certain nombre de Zèderies scientifico-fantaisistes. Sam Newfield lui confiera de nouveau un rôle de cet acabit en 1943 pour LA CRÉATURE DU DIABLE (Dead Men Walk), toujours pour la PRC, et aux côtés d’un autre transfuge de la Universal Pictures : Dwight Frye, au jeu toujours aussi hystérique que celui de Renfield dans  DRACULA (1931) de Tod Browning.

L’intrigue de THE MAD MONSTER est la suivante : Le Dr Cameron (George Zucco), qui a été discrédité par ses pairs de l’Université Scientifique pour leur avoir présenté un projet d’arme de guerre meurtrière mi-homme mi-animale, tente de les assassiner après avoir développé la formule secrète qui transforme son jardinier, Petro (Glenn Strange), en dangereux loup-garou…

Interprétant ce grand benêt baraqué qu’est Petro, c’est Glenn Strange qui s’y colle, ce géant surtout connu pour avoir été repris sous contrat par la Universal Pictures pour remplacer Boris Karloff dans le rôle de la créature de Frankenstein à partir de HOUSE OF FRANKENSTEIN (1944), en passant par HOUSE OF DRACULA (1945), jusqu’à DEUX NIGAUDS CONTRE FRANKENSTEIN (1948).

13040208152015263611039298 dans Le grenier du ciné fantastique

Comme beaucoup de films de la PRC, THE MAD MONSTER est plutôt bavard et ne brille pas par son originalité en se cantonnant à suivre méthodiquement son synopsis cité plus haut, le tout généralement tourné en studio, avec des décors et des cadrages simples. Mais son ambiance est aussi le reflet du fantastique à petit budget des années 40 qu’il n’est jamais inintéressant de découvrir avec un certain recul. Les films de la PRC, malgré leurs scénarios assez simplets, ont aussi le mérite de raconter des histoires moins classiques que celles des Majors comme la Universal : des chauves-souris géantes y côtoient des loup-garous de laboratoire, des vampires nés de sciences occultes, des petits détails assez farfelus mais qui apportent finalement un charme surréaliste à des Zèderies d’antan. Dans cette logique, on peut aussi trouver facilement en DVD ou sur Internet une autre production de la PRC et de Sigmund Newfield, LE CRÉATEUR DE MONSTRES (The Monster Maker), toujours réalisé par Sam Newfied, mais mettant en vedette, cette fois-ci, en 1944, le comédien J. Carrol Naish, autre savant fou, mais celui-ci se débattant avec le virus de l’acromégalie (une maladie popularisée dans le cinéma d’horreur par le TARANTULA de Jack Arnold, en 1955). Un univers des 40′s, celui de la PRC, peuplé de savants fous en quête de vengeance ou de gloire, et de créations tordues ou démoniaques, qui passe souvent à la trappe des histoires du Cinéma Fantastique, et sur lequel, Les Échos d’Altaïr se voulaient de revenir.

- Trapard -

Autres films présentés dans la catégorie Le Grenier du Ciné Fantastique :

La Charrette Fantôme / La Chute de la Maison Usher / Les Contes de la Lune vague après la Pluie / Frankenstein (1910) / Le Cabinet du Docteur Caligari / La Monstrueuse Parade / Le Fantôme de l’Opéra / Double Assassinat dans la Rue Morgue / Docteur X / White Zombie / The Devil Bat / La Féline (1942) / Les Visiteurs du Soir / La Main du Diable / Le Récupérateur de Cadavres / La Beauté du Diable / Un Hurlement dans la Nuit



1...45678