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Archive pour la catégorie « Le grenier du ciné SF »

LE VOYAGE SUR JUPITER (1909)

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LE VOYAGE SUR JUPITER (1909) de Segundo de Chomón

Après LE VOYAGE SUR LA LUNE (1902) de Georges Méliès, et celui sur Mars avec A TRIP TO MARS (1910) de Thomas Edison, préparons-nous à un nouveau départ féérique dans l’Espace !

Voici un résumé du film décrit par le site scifi-movies.com :

13121007230315263611806402 dans Le grenier du ciné SFLe Roi de la Terre vient consulter son astronome pour qu’il lui fasse découvrir les splendeurs de l’espace. Grâce à un télescope, il peut contempler la Lune et son visage grimaçant. Mais il veut en découvrir plus encore. Qu’y a-t-il au-delà ? Le livre de sciences de l’astronome répond à sa question : après la Lune il y a Saturne avec son anneau, Jupiter, puis plus loin encore une autre planète. Il est temps de passer à la pratique. Le Roi, qui souhaite sans doute étendre son territoire, veut voir de ses propre yeux ces magnifiques planètes. L’utilisation d’une longue vue lui permet de mieux les contempler. Ainsi, la Lune sous son sympathique visage cache à sa surface des volcans en éruption. Saturne ne semble pas très stable et son anneau balance sans cesse. Plus haut Jupiter paraît une planète idéale pour élargir un royaume. Comment s’y rendre ? La nuit porte conseil et pour le Roi l’heure est arrivée de se coucher encore émerveillé par la beauté des astres… Dans son sommeil il fait un rêve. Une échelle de cordes pointée vers le ciel se présente à lui. L’empruntant immédiatement, il grimpe parmi les étoiles, il grimpe, grimpe, grimpe à hauteur de la Lune. Mais il sait sa fourberie. Il grimpe encore pour arriver devant Saturne. Là encore il ne s’arrête pas, d’autant que son gardien menace de couper son échelle avec des ciseaux géant. Non, il poursuit son ascension jusqu’à Jupiter et se lance sur la planète. Un paysage montagneux et nuageux l’y attend. L’accueil qui lui est réservé n’est pas du plus cordial. Quelques autochtones l’agressent. De quelques coups d’épée il transforme les malotrus en nuages de fumée. Encerclé par un grand nombre de Jupitériens, il doit cependant se résigner et se rendre. Il est conduit devant le Roi de Jupiter qui, plutôt en colère, l’expulse de la planète. Il traverse l’espace pour se raccrocher à l’échelle qui l’attend et débute sa descente vers la Terre, passant à nouveau devant Saturne qui sectionne enfin l’échelle. Le Roi dégringole, s’enroulant dans les cordages… il se réveille alors emberlificoté dans ses draps !

13121007251115263611806404 dans Science-fictionTout un programme…que celui de Segundo de Chomón. Et nous sommes à des années lumières (si, j’ose dire) de la simplicité narrative d’un Méliès.

Né en 1871 en Aragon, Segundo de Chomón était un cinéaste espagnol ayant d’abord travaillé dans son pays natal pour la Hispanofilm, puis recruté en 1906 à Paris par le réalisateur et directeur artistique de Pathé Films, Ferdinand Zecca, il réalisa pour cette firme un grand nombre de courts-métrages brillants que vous pouvez retrouver ça et là, sur YouTube, dont ce fameux VOYAGE SUR JUPITER, parfois titré UNE EXCURSION SUR JUPITER. Spécialiste des trucages et concurrent de Méliès, Segundo de Chomón se démarque par ses recherches graphiques et esthétiques. En 1911, il ira travailler en Italie, sur L’ENFER (L’Inferno),un film composé de 54 scènes, inspiré de la « La Divine Comédie » de Dante Alighieri, et dirigé par Francesco Bertolini, Guiseppe De Liguoro et per Adolfo Padovan. Un univers proche du peplum spaghetti qui annonce déjà CABIRIA (1914) et les futures aventures de Maciste des années 1910-20.

LE VOYAGE SUR JUPITER se voulait être un concurrent direct au VOYAGE SUR LA LUNE (1902) de Georges Méliès, et Chomón y reprend un certain nombre d’astuces inventées par le réalisateur français, comme le visage astral, les feux et explosions, et autres mises en scènes des planètes. C’est une petite curiosité à redécouvrir et Les Échos d’Altaïr vous en proposent une jolie version colorisée ICI.

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A TRIP TO MARS (1910)

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A TRIP TO MARS (1910) de Thomas Edison

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Pour ce nouveau Grenier du ciné SF, voici un article spécialement dédié à Erwelyn, notre lectrice inconditionnelle de la planète Mars. La semaine dernière, nous abordions LE VOYAGE DANS LA LUNE (1902) de Georges Méliès et la manière dont Thomas Edison avait piraté les droits d’exploitation du réalisateur français pour sortir le film en Amérique sous le titre A TRIP TO THE MOON. C’est donc tout naturellement qu’il réalisa (lui-même apparemment, aux dires des diverses sources du web), ce A TRIP TO MARS en 1910. Moins bon que le film de Méliès, mais non dénué de créativités, comme cet effet de gigantisme avec une tête de diable démesurée soufflant de la poudre sur le scientifique.

L’intrigue : Dans son laboratoire, un scientifique farfelu découvre une potion poudreuse qui lui permet d’inverser la gravité terrestre. Mais il s’applique accidentellement la poudre sur lui-même et s’envole vers Mars où il se confronte à de nombreuses étrangetés…

Comme dirait la bonne conscience collective : « la poudre, c’est pas bon et ça fait délirer ! ». Et on est ici déjà dans les prémices des films de savants fous, ou Mad Doctors. D’ailleurs, Edison produisait déjà, cette même année 1910, la première adaptation du roman de Mary Shelley, FRANKENSTEIN, réalisée par J. Searle Dawley. Le Français, Abel Gance, proposera, quant à lui, à peine cinq ans plus tard, un étrange et déjanté, Docteur Tube, créant une distorsion de l’image et de l’espace-temps à l’intérieur même du film, dans LA FOLIE DU DOCTEUR TUBE (1915). En 1910, les cinéastes touillaient leur imagination pour exploiter le thème du voyage dans l’espace, et là où Méliès reprenait le fameux boulet de canon de Jules Verne, en 1902, Thomas Edison préférait simplifier la réalisation de son film en jouant sur le centre de gravité terrestre qui, une fois inversé, devenait martien… Une astuce scénaristique qui définit assez bien le futur écart entre le blockbuster et la série B, puisque là où Méliès allait vers la science modernisée par les romans de Verne, et qui nécessite donc de bons effets spéciaux, Edison revenait vers une simplification, beaucoup plus liée à la littérature classique, finalement assez proche des romans de Savinien Cyrano de Bergerac, « Histoire comique des États et Empires de la Lune » et « Histoire comique des États et Empires du Soleil ».

Mais pour les habitants de Mars, Edison a imaginé des géants de toutes sortes, parfois similaires aux champignons («les champignons, c’est pas bon et ça fait aussi délirer ! ») et ce visage gigantesque de diablotin, moins réussi que celui de la Lune de Méliès, mais qui rappelle autant les aventures d’un certain baron de Münchhausen. À ce sujet, je trouve que les deux films de Münchhausen, de Josef von Baky et celui de Terry Gilliam, me font beaucoup penser aux univers féériques muets d’un Georges Méliès, d’un Thomas Edison, ou de Segundo de Chomon et Ladislaw Starewicz.

Pour illustrer ce Grenier du Ciné SF martien, voici une version de ce court-métrage de Thomas Edison, A TRIP TO MARS. Un film à ne pas confondre avec un autre film muet titré A TRIP TO MARS, datant de 1924, et réalisé par Dave Fleischer qui, avec son frère Max (le père du réalisateur Richard Fleischer), ont tourné nombre de films d’animation mettant en scène Popeye le marin ou Betty Boop. Le film de Dave Fleischer, A TRIP TO MARS narre le voyage humoristique sur Mars du personnage Koko le clown, dessiné et animé par le réalisateur se mettant lui-même en scène, dans un univers surréaliste proche des aventures de « Little Nemo in Slumberland » de Winsor McCay. Ce qui fait aussi une pierre-deux-coups pour la liste d’Erwelyn, des films se déroulant sur la planète rouge (ou noire et blanche ici…), avec des nouveaux martiens imaginés à l’époque de nos arrière-grands-parents.

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LE VOYAGE DANS LA LUNE (1902)

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LE VOYAGE DANS LA LUNE (1902)

de Georges Méliès

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Qui dit « Georges Méliès » dit « plonger aux fins fonds des entrailles du Grenier du Ciné SF », mais au moins tout le monde connait LE VOYAGE DANS LA LUNE.

Inspiré par une grande variété de sources, LE VOYAGE DANS LA LUNE narre l’expédition d’un groupe d’astronomes qui se rendent sur la lune à bord d’une fusée spatiale propulsée par un canon géant. Le groupe explore la surface de la lune, et échappe à un groupe de Sélénites, sortes d’extraterrestres lunaires mi-hommes, mi-insectes…

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Lorsqu’on a demandé en 1930, à Méliès, la source de ses inspirations pour son film, le réalisateur a crédité les romans de Jules Verne, « De la Terre à la Lune » et « Autour de la Lune ». Mais l’historien du cinéma, Georges Sadoul a suggéré que le roman « Les Premiers Hommes dans la Lune » d’H.G. Wells ait sûrement été adapté par Méliès, puisque une traduction en français venait juste d’être publiée, en 1902, quelques mois avant que Méliès commence à tourner son film. Sadoul a fait valoir que la première moitié du film (jusqu’au tir du projectile) est dérivé de Jules Verne et que la seconde moitié (les aventures des voyageurs sur et dans la lune) est dérivé de Wells. Les Sélénites étant des personnages issus de Wells, que l’on retrouve, d’ailleurs, en 1964, dans le film de Nathan Juran, LES PREMIERS HOMMES DANS LA LUNE (First Men in the Moon), ainsi que dans la série TV animée de Jean Image, LE SECRET DES SÉLÉNITES (1982). Wikipedia indique à leur sujet : Les Sélénites (ou Séléniens) sont les habitants de la Lune dont l’existence a été présumée à plusieurs reprises à travers les âges. Le terme vient du grec selênitês, dérivé du nom de la déesse Séléné (en grec : Σελήνη). Ils sont évoqués au IIè siècle par Lucien de Samosate dans « les Histoires Vraies »: « Une alliance est faite entre les Héliotes et leurs alliés, les Sélénites et leurs alliés, à condition que les Héliotes raseront la muraille d’interception et ne feront plus d’irruption dans la Lune ». On les retrouve par la suite dans plusieurs légendes, œuvres littéraires et cinématographiques.

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En plus de Jules Verne et H.G. Wells, l’historien du cinéma français, Thierry Lefebvre, a fait valoir que Méliès a été fortement influencé par l’opérette de Jacques Offenbach, « Le Voyage dans la Lune » (une parodie non autorisée des romans de Jules Verne) et par « Un Voyage dans l’attraction terrestre », une exposition de 1901 à Buffalo, New York. 

Méliès s’est attribué le rôle principal, comme dans la plupart de ces films, et dans LE VOYAGE DANS LA LUNE il est le professeur Barbenfouillis. Artiste prestidigitateur de cabaret, Méliès s’est entouré de certaines troupes pour son film, comme celle du Théâtre du Châtelet interprétant les étoiles dansantes aux visages souriants, ainsi que les acrobates des Folies Bergères qui jouent agilement les Sélénites, dans leurs mille et une pirouettes, finissant souvent en explosions. 

Pour ce qui est des effets spéciaux, Méliès a créé un pseudo-travelling où la caméra semble s’approcher de la lune, et du visage lunaire. Cet effet, déjà utilisé sur L’HOMME À LA TÊTE DE CAOUTCHOUC, son film précédent, a été accompli en plaçant un comédien sur une chaise roulante équipée de poulies de tractage et accrochée à un rail, et lorsque les poulies sont actionnées, l’acteur (couvert jusqu’au cou d’un voile noir) est tiré en direction de la caméra. 

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Bien que tout le monde connaisse la très belle version colorisée et restaurée de 2011, accompagnée d’une bande-son originale composée par le groupe Air, des copies du VOYAGE DANS LA LUNE ont été coloriés à de nombreuses reprises. De septembre à décembre 1902, une impression colorée à la main du film a été projeté au Théâtre Robert-Houdin, à Paris, par Méliès lui-même. Il a vendu plusieurs tirages noir et blanc du film pour une exploitation en Grande-Bretagne. Par contre, Méliès avait l’intention de sortir le film aux Etats-Unis afin d’en récolter des bénéfices, mais les agents de Thomas Edison qui avaient vu le film à Londres, ont soudoyé le réalisateur français qui a fait des copies pour Edison. 

Dans le monde entier, des copies contrefaites du VOYAGE DANS LA LUNE sont distribuées dès la sortie du film et rapportent à leurs auteurs d’importants revenus qui auraient dû revenir à la Star Film, la petite firme de Méliès. À cette époque, la propriété artistique était très peu respectée. Le film a fait sensation en Amérique et la firme d’Edison a amassé une petite fortune, sans aucun  bénéfice direct pour Georges Méliès qui a fait faillite en 1913. 

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En 2002, LE VOYAGE DANS LA LUNE est devenu un patrimoine mondial de l’UNESCO, et en 2010 la Lobster Films, la Fondation Groupama Gan pour le cinéma et la Fondation Technicolor pour le patrimoine du cinéma, engagent ensemble une restauration très coûteuse, d’environ 400 000 euros. 

Près d’un an de travail fut nécessaire pour ré-assembler les fragments des 13 375 images du film de 1902 et les restaurer une à une, comme le permettent les avancées du numérique aujourd’hui. Une copie originale appartenant à la famille Méliès et un contretype appartenant au CNC ont été utilisés pour cette restauration. Je vous conseille de revoir cette version pour un meilleur plaisir des yeux avec ce grand classique du cinéma de SF.

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LE CAPITAINE MARVEL (1941)

LE CAPITAINE MARVEL (1941) dans Cinéma 13061310052715263611288458

LE CAPITAINE MARVEL (1941)

de William Witney et John English

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LE CAPITAINE MARVEL (Adventures of Captain Marvel) est un serial américain de 12 épisodes réalisés par William Witney et John English, pour la Republic Pictures, et considéré comme la première 13102908005015263611683780 dans Science-fictionadaptation cinématographique de super-héros d’une bande-dessinée. Le serial est, plus ou moins, une conséquence de la tentative avortée de la Republic d’adapter le DC Comics de SUPERMAN. La société de production Fawcett Comics ayant refusé la proposition d’adaptation,  William Witney lança en chantier celle du CAPITAINE MARVEL. La Fawcett Comics tentera une action en justice pour empêcher le tournage, en citant la tentative précédente d’adapter SUPERMAN, mais en vain. William Witney, dans sa déposition, affirmera pour sa défense que SUPERMAN et  LE CAPITAINE MARVEL « ne sont que des dérivés de POPEYE LE MARIN »… SUPERMAN sera finalement adapté, en serial, par la Columbia Pictures, en 1948, et réalisé par Spencer Gordon Bennet (très connu des fans de serials des 40′s) et Thomas Carr.

Le Capitaine Marvel est donc aussi un super-héros, avec une cape, qui vole, mais qui se transforme, à sa guise, en prononçant le doux mot magique de « Shazam ! » (un terme qui est rentré dans le langage courant, aux États-Unis, pour signifier l’étonnement).

L’intrigue : lors d’une expédition archéologique au Siam (ancien nom de la Thaïlande) conduite par John Malcolm, le sorcier Shazam transforme Billy Batson en Capitaine Marvel, afin qu’il enraye la malédiction du Scorpion frappant tour à tour les membres de cette expédition…

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Avec LE CAPITAINE MARVEL, on est dans un mélange de serial à mystères, avec des sociétés secrètes (un sujet déjà en vogue dans les serials des années 1910, comme ceux de Louis Feuillade), et avec beaucoup d’actions et d’aventures exotiques dans les contrées asiatiques d’autrefois, et avec cette touche de science-fiction, souvent proche du Steampunk. LE CAPITAINE MARVEL de la Republic Pictures sortit l’année qui suivit celle de THE GREEN HORNET (1940) de la Universal Pictures, et on y retrouve ce même rythme fougueux des vieux serials bourrés de scènes d’actions. Mais c’est certain que les effets d’envol du Capitain Marvel, en superposition, ont ce côté désuet, et ont largement été améliorés dans les années 70 avec les fonds verts de SUPERMAN (1978). Même le costume du Capitaine rappelle une sorte de pyjama, affublé d’un logo qui rappelle celui d’un autre super-héros : Flash.

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Wikipédia indique : Les effets d’envol ont été effectués avec un mannequin. Le mannequin était légèrement plus grand que le comédien, de 7 pieds de haut, et réalisé à partir de papier mâché afin qu’il ne pèse que 15 livres. L’uniforme a été réalisé avec de la soie fine et un jersey de coton. Quatre poulies reliées à chaque épaule et mollet, avec des fils, de sorte que le mannequin a été déplacé horizontalement, sur son propre poids. Les fils étaient attachés à deux objets à travers le point de vue de la caméra, et le mannequin a glissé de l’un à l’autre, donnant l’apparence de vol. Ce système a été initialement prévu pour le serial SUPERMAN, dont un prototype a été construit, puis rejeté. La pose du vol utilisé pour le mannequin, les bras tendus et le dos voûté, était basée sur un dessin de Mac Raboy. Le cascadeur, Dave Sharpe, était la partie humaine de l’effet. Habillé comme le Capitaine Marvel, il sautait, le corps droit, vers là-haut, comme si il était capable de voler, puis il roulait à terre, à la dernière seconde. La combinaison des effets et des cascades, au montage, produisait l’illusion d’une personne s’envolant.

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Cette technique avait déjà été développé, dès 1936, dans le serial DARKEST AFRICA pour faire s’envoler des hommes-chauves-souris, et il a plus tard été réutilisé, plus tard, dans les feuilletons KING ON THE ROCKET MEN (1949), RADAR MEN FROM THE MOON (1952), ZOMBIES OF THE STRATOSPHERE (1952)… Par contre, pour le serial de SUPERMAN de la Columbia Pictures, de 1948, le même effet d’envol fut représenté par des séquences de dessins animés pour représenter différentes actions (Columbia Pictures a produit les serials les moins chers de l’époque et le producteur Sam Katzman, était connu pour réduire les coûts).

Le Capitaine Marvel, à l’écran, c’était le comédien Tom Tyler qui, de par son physique sportif, a autant joué dans des péplums (BEN-HUR, 1925, de Fred Niblo) que dans des westerns de John Ford (LA CHEVAUCHÉE FANTASTIQUE, 1939) ou de William Wyler. Par la suite, Tom Tyler a joué un autre super-héros dans THE PHANTOM, en 1943, connu en France comme le Fantôme du Bengale. Et l’alter-ego du Capitaine Marvel, Billy Batson, comédien beaucoup plus insignifiant, avec sa tête de jeune premier, était joué par Frank Coghlan Jr qui n’est, d’ailleurs, pas très connu, et a peu joué par la suite.

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Pour conclure cet article du Grenier du Ciné SF, LE CAPITAINE MARVEL (Adventures of Captain Marvel) est un bon serial américain old-school, que Bach Films a récemment édité en version sous-titrée, au même titre que les serials de FLASH GORDON et d’autres. C’est une bonne occasion de les découvrir ou les redécouvrir.

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THE APE (1940)

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THE APE (1940) de William Nigh

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Toujours en direct de Poindimié, sur le versant Est de notre baguette de pain de Pacifique, j’écris quelques mots sur un vieux film de savant fou incarné par Boris Karloff, pour notre Morbius national (ou territorial, selon l’humeur), alors que vendredi soir, encore hypnotisé par les virages de la Konétiwaka et anxieux de devoir présenter le lendemain, devant un public, un court-métrage en compétition au Festival Ânûû-rû âboro, j’écrivais quelques métaphores fébriles et somnambulesques sur le film J’ENTERRE LES VIVANTS. Mon court-métrage étant parvenu à faire rire l’assistance du Festival, ce soir, beaucoup plus décontracté du flanc, et les orteils bien recalés dans mes claquettes, j’en profite pour remettre en chantier la rubrique du Grenier du Ciné SF avec THE APE. J’ai d’ailleurs eu la bonne idée d’amener à Poindimié la jolie édition DVD de chez Bach Films que m’a offert Morbius, pour le revoir, cette nuit, sur mon portable, et allongé au milieu des cocotiers (là c’était gratuit, j’avoue, et c’est juste pour taquiner les amis métropolitains du groupe des Échos d’Altaïr sur Facebook….).

13102206304015263611661262 dans Science-fictionÉcrit par Richard Carroll et Curt Siodmak (un rescapé hollywoodien du cinéma de SF allemand à l’avènement du nazisme en 1933), pour la petite firme indépendante Monarch Film Corporation, THE APE est un mélange d’un de ces films de savants fous, que Boris Karloff enfilait comme des perles, dans sa filmographie, à partir de 1939 (comme nous l’expliquions avec BEFORE I HANG, 1940), et de ces histoires de singes meurtriers, issus d’Edgar Allan Poe et de  DOUBLE ASSASSINAT DANS LA RUE MORGUE (1932) de Robert Florey, jusqu’à LE GORILLE (1939), (mal) interprété par Bela Lugosi.

L’intrigue : Le Docteur Bernard Adrian a entrepris des recherches médicales afin de guérir une jeune femme, handicapée des deux jambes par la polio. Il sait qu’il est près de toucher au but, mais pour que son vaccin soit efficace, il lui faut se procurer du liquide rachidien d’un être humain. Pour cela, il n’hésitera pas à se transformer en assassin… Mais dans le même temps, un singe monstrueux parvient à s’échapper d’un zoo. La terreur ne tarde pas à se répandre dans la ville…

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Avec ses cadres de lunettes ovales et sa moustache grisonnante, Boris Karloff incarne, dans THE APE, le prototype du médecin paternaliste des films du genre de cette période, avec cet aspect humble et généreux, qui cache toujours une facette humaine bien plus sombre. Concernant le fameux gorille du titre, on le voit peu (et heureusement finalement, avec une tête pareille !), et il n’est qu’un alibi costumé à une intrigue simpliste mais qui s’inscrit bien dans son époque. Celle où les scientifiques des films de SF horrifiques n’étaient que des prétextes à des histoires de greffes et de mélanges d’ADN de toutes sortes, et de tous poils. Mais en spoilant un peu la conclusion de THE APE, je vous le conseille surtout parce qu’il est un des rares et premiers films de genre à aborder le très curieux thème du gorille-garou…

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BEFORE I HANG (1940)

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BEFORE I HANG (1940) de Nick Grinde

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BEFORE I HANG (que vous pouvez traduire par « Avant que je sois pendu ») est un dérivé du roman de Robert-Louis Stevenson et de ses « Docteur Jekyll et Mister Hyde » dont nous avions présenté un petit dossier sur ce blog, et dont ce film de Nick Grinde n’y avait pas été répertorié. Nick Grinde, bien qu’un peu oublié aujourd’hui, fut l’un des premiers réalisateurs hollywoodiens a avoir tourné des séries B autrefois appelées « Films Noirs », appellation donnée, dans les années 40, à ce que qui serait aujourd’hui considéré comme des « thrillers » et dont les thèmes fantastiques étaient courants. Je citerai, en exemple, quelques films de Grinde où Karloff y interprète quelques savants fous, comme THE MAN THEY COULD NOT HANG (de 1939, et légèrement inspiré de LE MORT QUI MARCHE, déjà avec Karloff), THE MAN WITH NINE LIVES (1940) et ce BEFORE I HANG, dont voici l’intrigue :

13100808554015263611620662 dans Science-fictionLe Dr. John Garth est jugé et condamné pour le couloir de la mort pour meurtre par compassion, mais la justice lui permet d’expérimenter un sérum en utilisant le sang d’un des criminels, avant son exécution. Mais Garth teste secrètement le sérum sur sa propre personne, et alors qu’il est acquitté, sa personnalité vacille soudain entre le médecin généreux qui a fait le serment d’Hippocrate, et une nouvelle facette plus sombre et meurtrière…

Le début des années 40 était une période transitoire pour Boris Karloff qui cessait d’incarner les montres ressuscités (FRANKENSTEIN, 1931, LA MOMIE, 1932, LE FANTÔME VIVANT, 1933, LA FIANCÉE DE FRANKENSTEIN, 1935, jusqu’au FILS DE FRANKENSTEIN en 1939) pour exploiter de nouvelles facettes de son talent dans des rôles de savants psychotiques et torturés dans lesquels il est excellent. BEFORE I HANG est une bonne série B produite par la Columbia Pictures, mais l’année suivante, en 1941, la Metro-Goldwyn-Mayer sortit sur les écrans un excellent DOCTEUR JEKYLL ET MISTER HYDE, avec Spencer Tracy et Ingrid Bergman, qui écrasa le succès du film de Nick Grinde. Ceci, particulièrement grâce au talent de Spencer Tracy et à la réalisation intelligente de Victor Fleming, encore auréolé par le box-office pour LE MAGICIEN D’OZ (1939) et AUTANT EN EMPORTE LE VENT (1939).

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Bien que réalisé de manière plus classique, et légèrement bavard, BEFORE I HANG est à mon goût un bon film du tout début des 40′s et dont une place lui est forcément due dans ce vieux Grenier du Ciné SF de notre blog.

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LE MORT QUI MARCHE (1936)

LE MORT QUI MARCHE (1936) dans Cinéma 13061310052715263611288458

LE MORT QUI MARCHE (1936) de Michael Curtiz

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Depuis le retentissant succès de la série THE WALKING DEAD, on en oublierait presque que ce titre collait à une bonne série B de la Warner Bros. Pictures, avec Boris Karloff au meilleur de sa forme. Mélange de sujet de savant fou et dérivé de film de mort-vivant, THE WALKING DEAD aka LE MORT QUI MARCHE en français, fait partie de cette poignée de pépites du Fantastique horrifique tournées par Michael Curtiz dans 13091708372315263611558628 dans Science-fictionles années 30. Ce Juif hongrois, né Manó Kaminer Kertész, qui quitta son pays natal à la fin des années 20 pour travailler à Hollywood sous l’égide des Frères Warner sous le nom anglicisé de Michael Curtiz, a tourné ce que sont aujourd’hui certains des plus grands classiques du film à costumes (LE CAPITAINE BLOOD, 1935, LES AVENTURES DE ROBIN DES BOIS, 1938), du film noir (LES ANGES AUX FIGURES SALES, 1938, et le superbe CASABLANCA, 1942), du western (LA PISTE DE SANTA FE, 1940, LES COMANCHEROS, 1961) ou du peplum avec L’ÉGYPTIEN en 1954. Mais on lui doit surtout, pour ce qui concerne les thèmes chers aux Échos d’Altaïr, les trois petites séries B cultes que sont DOCTEUR X (1932) et MYSTERY AT THE WAX MUSEUM (1933) qui ont déjà fait l’objet d’articles sur ce blog.

L’intrigue du MORT QUI MARCHE est la suivante : John Ellman est manipulé par un gang de truands et est condamné à tort pour meurtre. Il est envoyé à la chaise électrique et exécuté. Le Dr. Evan Beaumont en profite pour tester une expérience et récupère le cadavre d’Ellman comme cobaye qu’il ravive, à l’aide d’un coeur mécanique, afin de découvrir ce que devient l’âme humaine après la mort. De nouveau en vie, John Ellman, qui ne comprend toujours pas pourquoi il a été exécuté, part à la recherche de ceux qui l’ont manipulé pour trouver des énigmes. Effrayés par ce retour inattendu d’Ellman, les truands se retrouvent coincés entre leur propre sensation de culpabilité et une forte  paranoïa devant cette forme apparente de surnaturel, et disparaissent un par un…

13091708391315263611558629 dans Trapard

Le producteur Hal Wallis, (malgré son nom qui fera sourire Morbius) a produit certains des meilleurs westerns hollywoodiens, et c’est lui qui engagea les scénaristes Ewart Adamson et Joseph Fields, au milieu de l’année 1935, pour rédiger le sujet de L’HOMME QUI MARCHE à partir de quelques notes écrites par le producteur Lou Edelman. Michael Curtiz fut engagé en novembre de cette même année. Mais juste avant le tournage, Boris Karloff exprima son mécontentement quant à son rôle trop peu expressif, et trop proche finalement à son goût de celui qu’il a tenu dans FRANKENSTEIN (1931) de James Whale, qui risquait d’être ridicule pour un 13091708404515263611558630spectateur lambda. De plus, sortant du tournage de LA FIANCÉE DE FRANKENSTEIN, Karloff ne voulait surtout plus se voir enfermer dans un style unique de rôles grimaçants et grognants, le même rôle du mort ressuscité qui gesticule, un style plus frustrant encore que celui qu’a tenu Johnny Weissmuller, à cette même période, dans le rôle à rallonge de Tarzan, l’homme singe, un peu niais mais aux bons sentiments, comme une sorte de détournement par la Metro-Goldwyn-Mayer, des textes de Rice-Burroughs vers un colonialisme revendiqué derrière le mythe du bon sauvage. De plus, si vous le revoyez dans LA MOMIE (1932) de Karl Freund, ou même dans le film anglais LE FANTÔME VIVANT (1933), vous retrouverez plus ou moins Karloff dans ce genre de rôles quasi-identiques, et on imagine facilement son concurrent direct, Bela Lugosi, le mimant en prenant un air benêt et les bras tendus vers l’avant, comme Martin Landau quand il interprète Lugosi et qu’il  parodie à merveille Karloff dans ED WOOD (1994) de Tim Burton. Hal Wallis fit donc réécrire le script du film, qui sortit en salles dans le courant de l’année 1936 et avec, cette fois-ci, un rôle à la mesure de Boris Karloff. Je pense d’ailleurs que Karloff porte cette série B grâce à son talent de comédien, l’intrigue étant finalement assez simpliste en soi. Ce qui n’empêche pas de voir ou de revoir avec plaisir ce film de SF des années 30 dont le fameux cœur mécanique du Dr. Beaumont préfigure assez la médecine chirurgicale moderne.

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BUCK ROGERS (1934)

BUCK ROGERS (1934) dans Le grenier du ciné SF 13061310052715263611288458

BUCK ROGERS AU 25ème SIÈCLE : UNE BATAILLE INTERPLANÉTAIRE AVEC LES HOMMES-TIGRES DE MARS (1934) d’Harlan Tarbell

Nous ouvrons, aujourd’hui, une petite parenthèse dans la rubrique du Grenier du Ciné SF pour y insérer un court-métrage de promotion datant de 1934.

13090308380315263611520046 dans Science-fictionBeaucoup connaissent le Capitaine William ‘Buck’ Rogers sous les traits du comédien Gil Gerard de la série TV, BUCK ROGERS AU XXVème SIÈCLE (1979-1981), mais, à l’origine, Anthony ‘Buck’ Rogers est le personnage principal de la nouvelle de Philip Francis Nowlan, « Armageddon 2419 AD” publiée dans l’édition d’août 1928 du célèbre magazine pulp de poche, “Amazing Stories”.

À partir de janvier 1929, en même temps que les premières aventures dessinées de TARZAN, et grace à une association entre Nowlan et le magnat de la presse canadienne, John F. Dille, BUCK ROGERS deviendra une véritable bande dessinée à succés, annonçant déjà la Seconde Guerre mondiale…

“J’avais 20 ans quand la guerre mondiale s’est arrêtée et je fus démobilisé du service aérien. J’ai obtenu un emploi d’arpentage aux niveaux inférieurs d’une mine abandonnée, près de Pittsburgh, dans laquelle l’atmosphère avait une saveur piquante très particulière et la roche s’effritait et brillait étrangement. Je me mis à l’examiner quand soudain le toit derrière moi s’est effondré et… »

13090308404815263611520047 dans TrapardInconscient, le corps de Buck Rogers est préservé par un gaz étrange et comme plongé dans un état de coma, il se réveille et sort de la mine en 2429 après JC, au milieu d’une nouvelle guerre…

La radio CBS proposera un programme à épisodes de 15 minutes chacun, des aventures de Buck Rogers, jusqu’en 1940. Après la guerre, la chaîne Mutual en proposera une autre adaptation de septembre 1946 à mars 1947.

Le cinéma proposera lui aussi des adaptations de ses aventures spatiales, puisque la Universal Pictures lancera, dès 1939, le serial réalisé par Ford Beebe et Saul A. Goodkind, BUCK ROGERS, avec Larry ‘Buster’ Crabbe, et ceci à peine trois ans après avoir incarné un autre héros de Science-Fiction : FLASH GORDON (1936), toujours pour la Universal Pictures. En voici, en VO, un des épisodes les plus connus de BUCK ROGERS de 1939, remonté en long-métrage.

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Mais c’est plutôt sur une petite trouvaille (ou un retrouvaille toute récente) que cet article s’attardera, puisque le fameux magnat de la presse, John F. Dille, fit réaliser, en 1933, par le cinéaste occasionnel, magicien et illustrateur, Harlan Tarbell, un court-métrage d’environ 8 minutes sur une des aventures de Buck Rogers, BUCK ROGERS AU 25ème SIÈCLE, UNE BATAILLE 13090308424615263611520048INTERPLANÉTAIRE AVEC LES HOMMES-TIGRES DE MARS, et ceci dans le but de le projeter à l’Exposition Universelle de 1934 qui eut lieue dans la ville de Chicago, et dans le but d’augmenter son tirage journalier des aventures du héros de l’espace. Il s’agit d’un court-métrage très amateur, le réalisateur Harlan Tarbell jouant lui-même le savant fou, et le propre fils de John F. Dille, John Dille Jr., y incarne le capitaine Buck Rogers. Après l’Exposition Universelle, cette aventure filmée de BUCK ROGERS fut diffusée, toute l’année 1936, dans toute une chaîne de grands magasins, alors que le serial de FLASH GORDON de la Universal était quant à lui diffusé en salles la même année.

Une copie 35mm de BUCK ROGERS AU 25ème SIÈCLE, UNE BATAILLE INTERPLANÉTAIRE AVEC LES HOMMES-TIGRES DE MARS a été retrouvée récemment, par la petite-fille du cinéaste, qui en a fait don au Département des Archives cinématographiques et télévisées de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) qui l’a partagé sur le web. Au-delà de la simplicité des effets spéciaux, et du jeu caricatural des comédiens, cette version promotionnelle de 1934 est surtout répertoriée sur Les Échos d’Altaïr comme étant la toute première adaptation cinématographique des aventures du capitaine Buck Rogers.

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I.F.1 NE REPOND PLUS (1932-1933)

I.F.1 NE REPOND PLUS (1932-1933) dans Cinéma 13061310052715263611288458

I.F.1 NE RÉPOND PLUS (1932-1933) de Karl Hartl

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Comme une fois n’est pas coutume, ni deux, ni trois fois d’ailleurs, voici une nouvelle perle allemande du début des années 30, d’avant la montée du nazisme au pouvoir.

Produit par Erich Pommer pour l’UFA, c’est à l’écrivain Kurt Siodmak que l’on doit le scénario de ce F.P.1. ANTWORTET NICHT d’après une de ses nouvelles, et tourné par Karl Hartl. C’est ce même Kurt Siodmak qui fuira le nazisme, pour devenir le scénariste et réalisateur hollywoodien, pour la Universal Pictures des années 30 comme pour de nombreuses séries B cultes des années 40 et 50 sous le nom anglicisé de Curt Siodmak.

L’intrigue : L’audacieuse construction d’une île flottante au milieu de l’Atlantique, escale pour les avions qui traversent l’océan, provoque des machinations de sociétés rivales de transports aériens qui s’efforcent de provoquer une catastrophe qui engloutirait à jamais l’île d’acier et de ciment…

13082708223115263611499614 dans Science-fictionComme Georg Wilhelm Pabst et L’ATLANTIDE (1932), comme Kurt Bernhardt et LE TUNNEL (1933), ou comme Fritz Lang et LE TESTAMENT DU DOCTEUR MABUSE (1933), Karl Hartl tournera plusieurs versions de son film, pour des raisons de sonorisations, comme d’exportation. Ainsi,  F.P.1. ANTWORTET NICHT qui est la version allemande, seule version que je connaisse d’ailleurs, sera déclinée, et retournée, en une version anglaise F.P.1. Interprétée par Conrad Veidt et Jill Esmond, et une française, avec Charles Boyer, Danièle Parola, Jean Murat et Pierre Brasseur, toutes deux sorties en 1933 en France et en Grande-Bretagne. J’ai donc pris le parti de présenter  F.P.1. ANTWORTET NICHT sorti en 1932, sur Les Échos d’Altaïr, sous son titre français pour faciliter son approche, mais I.F.1 NE RÉPOND PLUS est bien sorti en 1933.

F.P.1. ANTWORTET NICHT, pour sa version allemande, est interprété par Hans Albers, Sybille Schmitz, Paul Hartmann, et il est l’un des rares films de science-fiction des années 30. Vous en trouverez assez peu de cette décennie dans notre petite liste sous l’article, sous l’indication « Autres films présentés dans la catégorie Le Grenier du Ciné SF ». Le film est un mélange de prouesses techniques à la Jules Verne, d’espionnage, et bien sûr d’une histoire d’amour. A noter, aussi, la qualité du scénario de Kurt Siodmak, de la réalisation et de l’interprétation. D’ailleurs, c’est aussi l’une des toutes dernières apparitions à l’écran de Peter Lorre, dans un film allemand, et bien qu’encore auréolé de son rôle fascinant dans M. LE MAUDIT (1931) de Fritz Lang, il quittera ensuite l’Allemagne pour Hollywood, pour fuir le nazisme.

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LA FIN DU MONDE (1916)

LA FIN DU MONDE (1916) dans Cinéma 13061310052715263611288458

LA FIN DU MONDE (1916) d’August Blom

13081308045615263611459950 dans Le grenier du ciné SFLe cinéma fantastique muet, déjà si lointain, est un peu oublié aujourd’hui, rien que par l’anachronisme (souvent relatif) de ses sujets, de ses contextes historiques (vestimentaires et autres…), et bien sûr par le manque de bande sonore rebutant le spectateur lambda (qu’il soit cinéphile ou pas, d’ailleurs). Et pour introduire et recontextualiser mon texte sur le film d’August Blom, je reviendrais simplement sur cet autre article des Échos d’Altaïr, LE FANTASTIQUE ET LES PRÉMICES DU CINÉMATOGRAPHE et revenir sur le fait, qu’outre les débuts de la production hollywoodienne via les premières interventions cinématographiques de Thomas Édison, l’Europe était loin d’être en reste quand à la production de long-métrages de Fantastique et de Science-Fiction. En France, et ceci bien avant l’intervention des Surréalistes en matière d’onirisme cinématographique et de délires visuels, la petite Avant-garde française (sorte de précurseur de la Nouvelle Vague qui suivra presque quarante ans plus tard) ouvrait la voie au genre Fantastique, alors que les productions de Georges Méliès prenaient le déclin. En Italie, religions et Antiquité faisaient déjà bon ménage, dès 1911, avec un cinéma inspiré de Dante Alligheri, et qui dérivera vers les aventures surréalistes, entre peplum et univers contemporain, du fameux Maciste, dès 1915. D’ailleurs, il y aura aussi dans les 13081308063815263611459951 dans Science-fictionannées 10 et 20 quelques échanges entre techniciens espagnols et italiens, comme ça a été le cas de Segundo de Chomon, intervenant sur des productions fantastiques italiennes. Puisant elle aussi dans sa lourde culture littéraire, l’Allemagne produisit également dès le début des années 1910 des films profondément romantiques dans leur approche du fantastique, comme L’ÉTUDIANT DE PRAGUE (1913), un cinéma qui trouvera finalement plusieurs déclinaisons à la fin de cette décennie pour devenir un mouvement à part entière, l’Expressionnisme, et ceci jusqu’au changement politique radical à la montée du IIIème Reich, et le départ vers Hollywood de ses meilleurs cinéastes. Enfin, et c’est que qui nous intéressera ici, la Scandinavie, un peu isolée au nord de l’Europe avait elle-aussi une petite production à cette époque du cinéma muet, mais moins connue, et plus particulièrement au Danemark, qui centralisait dans les années 1910 et 1920 les meilleurs cinéastes du genre comme August Blom, Benjamin Christensen (réalisateur du fameux classique LA SORCELLERIE À TRAVERS LES ÂGES, 1922, Häxan), et, bien sûr, Carl Theodor Dreyer, réalisateur aux sujets fantastiques et métaphysiques à la fois.

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LA FIN DU MONDE (Verdens Undergang), aussi connu sous le titre de L’ÉPÉE FLAMBOYANTE, fait partie de ces petites perles rares, et un peu oubliées, des débuts du Fantastique au cinéma. Et ici, il est déjà question d’Anticipation avec un sujet qui annonce les futures productions post-apocalyptiques qui fleuriront de nombreuses années plus tard…

L’intrigue : Une comète passe tout près de la Terre et provoque des catastrophes naturelles et des troubles sociaux, alors que l’on craint la fameuse fin du monde…C’est donc le bordel complet !

Le film a attiré un très large public à sa sortie, en 1916, en raison des craintes générées lors du récent passage de la comète de Halley, six ans plus tôt, ainsi que les troubles de la Première Guerre mondiale, l’Histoire du Cinéma ayant à maintes reprises prouvé que le public était toujours friand de sujets anxiogènes et particulièrement en périodes socio-politiques angoissantes…

L’intrigue du film n’est pas sans rappeler, non plus, la fameuse « Étoile mystérieuse » des Aventures de Tintin, parue bien plus tard, en 1942, et dont Hergé s’est peut-être légèrement inspiré en dessinant ses planches en 1941, en pleine Seconde Guerre mondiale.

13081308105015263611459955LA FIN DU MONDE fut produit par la firme danoise Nordisk Film qui produisit tous les films d’August Blom de 1910 à 1925 (dont une version rare du DOCTEUR JEKYLL & MISTER HYDE qu’il a réalisé dans le courant 1910). La Nordisk Film couronna, d’ailleurs, une majorité des productions danoises, de ce que l’on appelle aujourd’hui « l’âge d’or du cinéma muet danois », et elle est à notre époque toujours en activité. Elle participa aussi aux productions du reste de la Scandinavie avant que la Svensk Filmindustri suédoise prenne le dessus, qualitativement et quantitativement, sur l’île scandinave, une firme sous l’égide de laquelle Victor Sjöström, Ingmar Bergman et d’autres réalisateurs suédois comme danois firent leurs armes.

Assez simples pour aujourd’hui, les effets spéciaux de LA FIN DU MONDE sont plutôt réussis, entre onirisme, scènes de catastrophes naturelles, de trombes d’eau envahissantes et autres incendies. On y voit aussi quelques scènes spectaculaires pour l’époque de maisons submergées, les toits en tuiles, dépassant de la surface de l’eau, des images d’après déluge très poétiques, et une ambiance rurale quasi-onirique dont le cinéma scandinave a toujours eu le secret. August Blom et son équipe ont aussi créé des effets spéciaux à l’aide de gerbes d’étincelles et d’immenses fumées de feu pour l’arrivée de la comète.

Longtemps resté sous clé, LA FIN DU MONDE a finalement été restauré par la Danish Film Institute, et il est sorti en DVD en 2006, en Zone 1.

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