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Archive pour la catégorie « Le Hangar Cosmique »

CRYPTOZOÏQUE – de Brian Aldiss (1967)

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« Cryptozoïque : en paléontologie, période pendant laquelle les seuls êtres vivants étaient des microbes et les algues. »
Encyclopaedia Universalis

« Le jurassique était à peu près l’endroit le plus ennuyeux où se retrouver seul. »
Edward Bush

19051109155315263616232058Au 21e siècle, le docteur Wenlock a contribué à la création du CSD, une drogue permettant à ses utilisateurs de dériver mentalement à rebrousse-temps. Employé par l’Institut qui le considère comme l’un de ses meilleurs éléments, l’artiste Edward Bush vit depuis plusieurs années entre le Dévonien et le Jurassique dont il tente de capter l’esprit à travers ses œuvres picturales, tout en y transposant malgré lui ses propres névroses familiales. De retour en 2093, Bush découvre que le pays est tombé sous la coupe d’un régime autoritaire, avant d’apprendre par la bouche de son père, vieux dentiste alcoolique, que sa mère est morte pendant son absence. Rattrapé par ses anciens employeurs qui lui imposent un rude entraînement militaire, le peintre-soldat repart en dérive spatio-temporelle avec pour mission de retrouver et supprimer un certain Silverstone, dont les découvertes pourraient bien changer l’avenir de l’humanité… ou son passé. 

Publié en épisodes dans le magazine New Worlds, le roman de Brian Aldiss s’inscrit sans conteste dans la vague de renouveau qui agita la science-fiction anglaise à la fin des années 60. Œuvre à la fois psychédélique et psychanalytique, il n’est pas innocent que la querelle opposant Wenlock et Silverstone renvoie à celle du duo Freund/Jung. Cryptozoïque conserve, cinquante ans après sa première publication, une saveur qui le place au-dessus du lot des simples reliques déjantées issues du 19051109155215263616232057Swinging London. En dépit d’une révélation finale un peu trop ambitieuse, envisagée à la même époque par Philip K. Dick, mais sous un angle différent dans À Rebrousse-temps, Aldiss développe à travers les errances de son héros œdipien une réflexion qui fait mouche sur les prodiges développés par notre inconscient pour tenter de nous soustraire à nos responsabilités et au poids de nos erreurs passées. 

En dehors de la figure tourmentée d’Eddie Bush, on pourra bien reprocher à l’auteur de n’avoir pas suffisamment étoffé les autres personnages de son récit. Mais faut-il vraiment en vouloir à des esprits errant à travers le temps de finir par manquer d’épaisseur ? Cette remarque mise à part, Cryptozoïque reste une tentative pertinente de réappropriation du voyage temporel, portée par une écriture diablement inspirée, traversée – confère le touchant chapitre « En un autre jardin » – par le souffle d’une poignante métaphysique poétique. 

- Le Hangar Cosmique -

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2312 – de Kim Stanley Robinson (2012)

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Kim Stanley Robinson restera certainement dans les annales de la science-fiction pour sa Trilogie martienne, seuls bouquins parmi la vingtaine qu’il a écrit à ce jour, à traîner encore sur les rayonnages de la Fnac et des espaces culturels Leclerc. Une œuvre-monde, « planétaire » pourrait-on dire sans abus de langage, qui envisage la colonisation de la Planète Rouge (puis Verte, puis Bleue) avec un tel luxe de détails qu’on applaudit encore bien bas ses lecteurs capables d’immersion dans un récit d’une telle ampleur, à une époque où, Internet oblige, notre capacité d’attention se rapproche dangereusement de celle d’une crevette d’Encelade (s’il s’avère, un jour, qu’elles existent).

19031705350315263616162089 dans Science-fictionInitialement, et comme il le confiait dans un entretien accordé à la revue Structo, l’aède du régolite voulait juste raconter une histoire d’amour entre une Mercurienne et un Saturnien, aux sens astrologique et astronomique des termes. Pour que le public adhère à ce concept, il lui a fallu inventer « one more future history ». Le bonhomme s’intéressant notamment à la science, sans pour autant sombrer dans la technophilie béate, à la politique (de gauche) et à l’écologie, 2312 lui offrait l’opportunité de décrire une utopie plausible comme cadre à son intrigue. Un cadre et pas seulement un arrière-plan.

En effet, le roman se compose de courts chapitres – à deux exceptions près, lesquelles se font d’ailleurs écho – qui alternent entre fiction pure : l’enquête de Swan (la Mercurienne) et Warham (le Saturnien) pour tenter de déterminer la cause d’un acte terroriste perpétré contre une cité mercurienne, cela va bien au-delà, mais on va la faire courte, et bribes de documents futuristes ayant trait à l’histoire du système solaire, à la bio-ingénierie, à l’astronomie et autres procédés de terraformation. Évidemment, chapitres narratifs et encyclopédiques s’articulent de manière à former une trame suffisamment cohérente, et captivante, pour que le lecteur arrive à remplir par lui-même, les zones d’ombre laissées par l’auteur.

19031705370915263616162090Nul ne sait si, dans trois siècles, l’humanité aura effectivement colonisé le système solaire, ni si elle voyagera à bord de gigantesques astéroïdes-terrariums, mais une chose est sûre : si un homme du futur tombe sur le roman de Robinson, il constatera qu’au début du 21e siècle, les préoccupations de ses ancêtres tournaient autour de la crainte du réchauffement climatique, du développement de l’intelligence artificielle et de la nécessaire collaboration entre les peuples. Parviendra-t-il à se reconnaître dans ces personnages post-humains, portés au rang de demi-dieux par le pouvoir du génie génétique, détachés des contingence spatiales, temporelles, matérielles et de sexuation ? Si c’est le cas, l’écrivain aura prouvé, à titre posthume, qu’il avait su pressentir l’évolution de notre espèce. Sur ce point, on pourra dire que son œuvre faisait bien preuve de la « véracité parfaite » vantée sur la quatrième de couverture des éditions Actes Sud.

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2312 connaîtra-t-il un jour la notoriété d’un 1984 ? Difficile à croire, pour passionnant qu’il est. En attendant, il reste un brillant roman de science-fiction, qui – conformément à la définition du genre qu’en proposait John W. Campbell au début des années 1960 – permet au lecteur « d’envisager le passé, le présent et l’avenir depuis un point de vue différent, et de réfléchir à la façon dont nous pourrions agir autrement » en formant « un système d’analogie commode pour réfléchir à de nouvelles idées scientifiques, sociales et économiques, et pour réexaminer de vieilles idées ».

- Le Hangar Cosmique -

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