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Archive pour la catégorie « Littérature »

CITATION CÉLÈBRE : LES HOMMES STELLAIRES

CITATION CÉLÈBRE : LES HOMMES STELLAIRES dans Citation célèbre 1aDhIb-hommes« Il y avait une ville au-delà de la factorerie, également édifiée toute en cristal et située sur de la roche noire émergeant de la vase. De grosses plantes, qui ressemblaient à de la vigne, poussaient un peu partout, portant des fruits en forme de bulbe. Une odeur écœurante de pourriture flottait sur le tout, et il régnait une chaleur moite, oppressante. »

(Les Hommes Stellaires – Leigh Brackett)



BLADE RUNNER – 1992, 2029, 2049

BLADE RUNNER - 1992, 2029, 2049 dans Cinéma 14072703494415263612413227

jdoeIb-br2 dans Dossier

De Philip K. DICK à Ridley SCOTT

Aux yeux des amateurs, Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? et Blade Runner ne bénéficient pas forcément du même statut. Le roman de Philip K. Dick est considéré kmoeIb-br1 dans Le Hangar Cosmiqueavant tout comme un bon cru de son auteur, parmi d’autres - Ubik, Le Maître du Haut Château - tandis que le film de Ridley Scott, après un démarrage difficile dans les salles obscures, a acquis le statut de chef-d’œuvre incontournable du cinéma de science-fiction et constitue sans doute l’une des œuvres les plus abouties du réalisateur d’Alien.

Se pose alors une question : en dépit de ses qualités manifestes, le roman aurait-il aujourd’hui la même notoriété sans l’influence, toujours vivace, du long-métrage ? Une chose est sûre, l’utilisation du film comme argument de vente s’est rapidement imposée aux éditeurs qui, non contents d’en exploiter l’affiche comme illustration de couverture, phénomène marketing somme toute courant, sont allés jusqu’à modifier le titre (traduit initialement en France par Robot Blues), ainsi que toutes les occurrences de l’expression « chasseur de primes » présentes dans le roman, par celle de « Blade Runner », elle-même empruntée à William Burrough par les scénaristes du film. Néanmoins, la dernière édition en date, proposée par les éditions J’ai lu, a rétabli Rick Deckard dans RnoeIb-br3 dans Littératureses fonctions originelles et replacé Les Androïdes rêvent-ils de moutons électrique ? en sous-titre sur la couverture… mais pas au dos d’un roman qui s’intitule donc toujours officiellement : Blade Runner.

Alors, Les Androïdes est-il le roman de Dick qui a inspiré un film, ou seulement un roman dont est tiré le film de Scott ? La réponse se trouve sans doute dans un de ces univers alternatifs dont l’écrivain avait le secret. Ce qui ne doit pas nous empêcher d’examiner les deux œuvres pour mieux comprendre la nature des liens qui les unissent… ou des innovations scénaristiques (nombreuses) qui les distinguent.

De San Francisco…

L’histoire des Androïdes se déroule en 1992, un futur relativement proche lors de la publication du roman en 1968.

kqoeIb-br4 dans Science-fictionÀ la suite de la Dernière Guerre Nucléaire – dont plus personne ne sait pourquoi, ni par qui, elle a été déclenchée – d’importantes retombées radioactives ont rendu la plupart des terres inhabitables. Première conséquence liée à ce conflit planétaire, une grande partie de la population a émigré vers les colonies martiennes. Parmi les hommes qui ne les ont pas rejointes, se distinguent deux catégories d’individus : les Normaux, qui ne peuvent se résoudre à abandonner la Terre et les Spéciaux, que les retombées ont rendus inaptes à la « préservation de l’espèce » et se sont vus refuser l’accès aux colonies. Seconde conséquence, la plupart des animaux sont morts et les quelques spécimens ayant survécu, ou leurs copies synthétiques, occupent désormais une place prépondérante dans la société. Troisième et dernière conséquence, pour faciliter le développement des colonies, l’humanité a mis au point des androïdes organiques capables de survivre dans n’importe quel environnement. Ces derniers sont devenus un argument commercial supplémentaire pour inciter à l’émigration, chaque colon s’en voyant attribuer un pour son usage personnel. Les androïdes sont strictement interdits sur Terre et dépourvus d’empathie, ce qui permet de les détecter grâce à des tests sensés provoquer une réponse émotionnelle (le Voigt-Kampff) ou un arc réflexe du système nerveux (le Boneli).

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En dépit de son contexte post-nucléaire, le monde décrit par Dick ne s’inscrit pas vraiment dans l’imagerie traditionnelle de ce sous-genre de la science-fiction, décliné dvoeIb-br6aujourd’hui jusqu’à l’écœurement, pour la simple raison que dans les années 60 (et même si Dick s’y était déjà essayé brillamment en 1953 avec sa nouvelle Le Grand O), le genre post-apocalyptique n’avait pas encore acquis la visibilité, ni la popularité, que devaient lui offrir des œuvres séminales telles que les Mad Max de George Miller, à la fin des 70′s. Exit donc la société effondrée, survivant dans les ruines du vieux monde à l’agonie. Même si de nombreux territoires ont été laissés à l’abandon et qu’il flotte constamment dans le ciel de San Francisco des nuages de particules radioactives, la plupart des habitants semblent vivre dans un relatif confort et disposer d’une technologie pour le moins sophistiquée, héritée tout droit de la SF de l’Âge d’or : aéromobiles, pistolets laser, orgues d’humeur, animaux électriques, mais également télévision, la vie des gens s’articulant essentiellement autour de deux programmes ultra-médiatiques : le talk-show de l’Ami Buster et le Mercerisme.

WyoeIb-br7Si le premier apparaît comme le pendant débridé des célèbres émissions de Jerry Springer, le second s’apparente davantage à une nouvelle forme de religion, dont le message impacte toute l’humanité, sur Terre comme sur Mars. Grâce à une console, baptisée « boîte à empathie », les adeptes du Mercerisme peuvent partager pensées et sensations (on parle d’ailleurs de « fusion physique ») à travers l’esprit de Wilbur Mercer, vieillard condamné à gravir inlassablement le flanc d’une colline, sous les jets de pierres d’ennemis invisibles. Ce culte de l’Ascension, inaccessible à ceux qui ne prennent pas soin d’un animal – vivant, si possible, ou au pire synthétique… ce qui n’est pas franchement bien vu – explique la véritable fixation qui s’est développée sur Terre autour de la possession d’un animal domestique. D’autant qu’y déroger dénote une attitude immorale, voire une absence suspecte d’empathie.

… à Los Angeles

U1oeIb-br8Le film de Ridley Scott laisse de côté San Francisco, peut-être trop connectée à l’univers personnel de Dick, ainsi qu’à la contre-culture hippie. Initialement, son film devait se situer à New York, mais une scène se déroulant dans le 2nd Street Tunnel, aisément reconnaissable à l’écran (par le public américain !), l’intrigue fut transposée à Los Angeles. En réalité, cette localisation n’a pas vraiment d’importance, puisque c’est avant tout un nouvel archétype de la ville du futur que Scott nous propose, personnage à part entière de son film, à l’instar de la Metropolis de Fritz Lang ou de la cité souterraine, imaginée par Moebius pour sa bande dessinée The Long Tomorrow. Surpeuplé, inhumain, plongé dans une nuit éternelle, délavé par des pluies incessantes, le Los Angeles de Blade Runner apparaît sans conteste comme la première réussite du film, à tel point qu’il constitue encore aujourd’hui le modèle architectural indépassable pour tout artiste désireux de représenter un environnement urbain futuriste esthétiquement acceptable.

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Ce changement de lieu s’accompagne également d’un changement d’époque. Forcément, en 1982, l’échéance posée par Dick risque de paraître un peu trop proche aux spectateurs pour rester crédible. Se déroulant en novembre 2019 (c’est à nous, maintenant, que l’échéance semble courte), Blade Runner ne conserve du background, décrit dans le roman, que les éléments saillants : comment le 85oeIb-br10monde en est-il arrivé à un tel état de délabrement ? Où se situent les « colonies de l’espace » ? Pourquoi une partie de la population a-t-elle choisi de rester sur Terre ? Charge au spectateur de remplir le hors-cadre avec ses propres conjectures.

Si les références au Mercerisme – ainsi qu’à l’Ami Buster – sont toutes évacuées du film, les animaux continuent en revanche d’y jouer un rôle important, quoique de second plan. Cristallisateurs, chez Dick, de l’empathie humaine et centre de leurs attentions (en somme, tout ce qui est refusé aux androïdes), ils semblent désormais se confondre avec les Réplicants dans une sorte de relation totémique : le regard de Roy Batty et celui du hibou de la Tyrell Corporation, Zhora trahie par les écailles de son serpent, Deckard comparé à un poisson froid par sa propre voix-off, avant que celle-ci ne soit retirée des versions director’s cut du film. 

Du chasseur de primes…

Dans son récit, Philip K. Dick nous offre de suivre deux intrigues parallèles, développées à parts quasiment égales : celle de Rick Deckard et celle de John R. Isidore.

48oeIb-br11Deckard est un Normal, marié et chasseur de primes de second rang. Lorsque son collègue Dave Holden se retrouve à l’hôpital, après une mauvaise rencontre avec un androïde de classe Nexus-6 qu’il était chargé de « retirer », Deckard récupère le dossier. Il y voit l’opportunité de remporter assez d’argent pour s’offrir, ainsi qu’à sa femme, un véritable animal de compagnie. De fait, le couple ne dispose au début de l’histoire, que d’un mouton électrique, symbole artificiel d’une quête de respectabilité vis-à-vis de ses voisins, d’un désir de se conformer aux normes morales imposées par le Mercerisme, ainsi qu’aux valeurs familiales en donnant l’illusion d’une union épanouie dont les rapports  sont en fait régulés artificiellement (on n’en sort pas) par un « orgue d’humeur ».

Ainsi, l’enquête de Deckard, qui s’étend sur une seule journée, s’apparente davantage à un voyage initiatique qui se conclura par une Ascension, à la fois physique et spirituelle. Entrant en relation avec divers personnages : Rachael (la nièce d’Eldon Rosen, dont la fondation a conçu les Nexus-6), la chanteuse d’opéra Luba Luft ou encore le chasseur de primes Phil Resch, le héros va être amené à se reconnecter avec ses émotions, à modifier les sentiments qu’il éprouve pour ses semblables, qu’ils soient humains ou synthétiques, et à prendre conscience du caractère éphémère de la vie. Autant de transformations intérieures matérialisées par fBoeIb-br12un crapaud, autre animal-totem, que Deckard ramasse dans le désert pour le ramener chez lui.

John R. Isidore apparaît comme le pendant, en négatif, de Rick Deckard. C’est un Spécial qui travaille comme chauffeur-livreur pour une clinique vétérinaire, spécialisée dans la réparation d’animaux synthétiques. A la différence du chasseur de primes, il est l’unique occupant d’un immeuble délabré, situé dans un quartier en marge du centre-ville. Isidore ne possède pas d’animal, mais est décrit comme un fervent adepte du Mercerisme. Les deux personnages vont partager deux expériences déterminantes en tombant amoureux du même modèle d’androïde (Pris/Rachael) et en ayant chacun sa vision de Wilbur Mercer. Ces expériences les conduiront toutefois à des prises de consciences opposées : une volonté de revenir vers ses semblables pour Isidore et la tentation d’aller mourir seul, dans les terres désolées du Nord, pour Deckard.

… au Blade Runner

Le film conserve la structure binaire du roman, sans l’appuyer de façon aussi explicite. Rick Deckard n’a plus rien du petit fonctionnaire, somme toute banal, décrit par Dick. Il est devenu une nouvelle incarnation du privé de roman noir à la Hammett. De son passé, de ses motivations, le scénario nous livre le minimum, distillant çà et là quelques indices qui permettent à l’imagination de gambader, d’échafauder diverses théories. La version originelle de 1982 nous apprenait qu’il avait été marié et que sa femme l’avait quitté. Le director’s cut s’en dispense. Dans tous les cas, une grande question subsiste, à laquelle Ridley Scott et Harrison Ford ont chacun apporté leurs réponses contradictoires : le personnage est-il vraiment humain ?

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À l’autre bout de la ville, loin de l’appartement-grotte du Blade Runner mutique, J.R. Isidore est devenu J.F. Sebastian. Le chauffeur-livreur s’est transformé en un brillant généticien. Pour autant, il vit lui aussi comme un paria dans les ruines du Bradbury Hotel, entouré par une cour d’automates qu’il s’est lui-même fabriquée pour tromper sa solitude. J.F. est rendu « spécial » par le biais d’une maladie génétique (le syndrôme de Mathusalem) qui le fait vieillir prématurément, comme les Nexus-6 à l’élaboration desquels il a contribué. Ironiquement, cette dégénérescence génétique lui interdit tout espoir de rejoindre un jour les colonies de l’espace. Comme son modèle littéraire, le personnage va tomber sous le charme manipulateur de Pris, la belle androïde, mais l’intrigue s’en débarrassera un peu trop rapidement, dès lors qu’il aura servi le dessein de Roy Batty, en l’aidant, malgré lui, à rencontrer son créateur, Eldon Tyrell. Parce qu’au final, dans Blade Runner, les véritables héros sont plus les machines que les hommes.

Des androïdes… 

jHoeIb-br14Les androïdes de Philip K. Dick rêvent-ils seulement de moutons électriques ? Si l’on en croit ce que raconte leur meneur Roy Batty à J.R. Isidore, ils en ont surtout eu assez de subir les tâches ingrates auxquelles les humains les soumettaient dans les colonies et ne supportaient plus de se sentir moins importants à leurs yeux que la plus insignifiante araignée. En venant sur Terre, ils aspirent à se mêler à la population et à vivre comme tout un chacun. Malheureusement, certains membres du groupe vont opter pour des professions peu discrètes – policier, chanteuse d’opéra… – qui faciliteront leurs pertes.

Dick décrit ses androïdes comme des êtres froids et méthodiques, mais non dépourvus de personnalités. Leur rôle consiste avant tout à permettre à Deckard d’évoluer d’un rapport de soumission à l’empathie, telle que prêchée par le Mercerisme, à une perception beaucoup plus contradictoire, autrement dit plus « humaine », de ses sentiments. Comment concilier le fait que la société commande de prendre soin d’un animal (même synthétique), tout en jugeant nécessaire l’exécution de machines pourtant capables d’une certaine forme d’émotion ? Qui est le plus humain, de l’androïde qui cherche à vivre comme tout le monde et du chasseur de primes qui les abat sans remords ? Peut-on aimer un(e) androïde ? 

… aux Réplicants

Les quatre Réplicants de Blade Runner ont une toute autre motivation. Ils reviennent sur Terre pour y retrouver leur créateur, le dirigeant de la Tyrell Corporation, afin de lui demander d’augmenter leur espérance de vie, limitée à quatre ans (une donnée déjà présente dans le roman, sans qu’elle paraisse véritablement affecter les androïdes). Batty et Léon mènent donc leur petite enquête qui, grâce à Pris, va les conduire à J.F. Sebastian, gardien de la pyramide-sanctuaire, dans laquelle s’est retranché Eldon Tyrell. Les motivations et, par là même, la fonction narrative des androïdes changent donc profondément en passant du support à un autre.

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Dans le film, le rapport de force s’inverse. Les Réplicants ne sont plus présentés comme des jalons dans l’évolution personnelle de Deckard. C’est le Blade Runner lui-même qui va offrir à Batty l’opportunité de se réaliser en tant qu’être sensible, lorsque la machine, devenue figure christique, jusque dans les clous qu’elle se plante dans la paume des mains, choisit finalement de sauver l’Homme d’une mort certaine, au prix d’un geste de bonté purement désintéressé.

De Ridley SCOTT à Denis VILLENEUVE : Blade Runner 2049 (2017)

En venant « retirer » le Nexus 8 Sapper Morton dans le complexe agricole où il se cache depuis des années, l’officier K. (Ryan Gosling), découvre une malle enterrée au pied d’un arbre 0LoeIb-br15mort. Examinée par le service scientifique du LAPD, la boîte de Pandore révèle l’incroyable secret qui y a été déposé : des ossements humains appartenant à une femme artificielle morte pendant son accouchement. Devant l’ampleur de cette découverte, et craignant qu’elle ne soit exploitée par un groupe de rebelles répliquants que la police de Los Angeles tente en vain de démanteler, le Lieutenant Joshi (Robin Wright) ordonne à K., lui-même un nouveau modèle de Répliquant programmé pour servir docilement ses maîtres, de retrouver la trace de l’enfant et, s’il vit toujours, de le supprimer. L’existence de ce chaînon manquant entre humains et machines intéresse également Niander Wallace (Jared Leto), dont la société produit l’alimentation qui a permis à l’humanité de se maintenir après le terrible Black Out, et assure la fabrication des Nexus, depuis la faillite de la Tyrell Corporation.

Le scénario de Michael Logan Green est l’adaptation d’un traitement écrit, sous forme de nouvelle, par Hampton Fancher, scénariste du premier Blade Runner. Celui-ci a utilisé, en accord avec Ridley Scott (producteur de BR2049), le prologue du complexe agricole, abandonné en 1982 pour des raisons de temps et de budget. En réintégrant la scène d’ouverture originelle de Blade Runner et en reprenant à grands traits la trame de ce dernier, tout en restant accessible aux spectateurs qui ne l’ont jamais vu, Villeneuve et Scott ont fait de BR2049 une œuvre singulière, à la fois suite et relecture de l’originale.

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Si l’on en croit les informations disséminées dans la presse spécialisée, il semblerait que la volonté de renouer avec l’esprit de Blade Runner incombe avant tout à Scott. Problème. La réussite de son film tenait moins à la profondeur de l’enquête menée par Deckard, pur hommage au film noir américain, qu’à l’alchimie inattendue de divers talents et sources d’inspirations : kQoeIb-br16le roman de Philip K. Dick, le scénario de Fancher et David Peoples, le design imaginé par Syd Mead, les effets spéciaux de Douglas Trumbull, l’esprit du magazine Métal Hurlant et les dessins de Moebius, les interprétations à fleur de peau de Ford et de Rutger Hauer, la musique lancinante de Vangelis et enfin la capacité de Scott à canaliser toute cette énergie créatrice dans une mise en scène irréprochable. Tenter de ressusciter cette magie était certes louable, mais somme toute utopique, l’énergie qui peut galvaniser une équipe sur un tournage ne se commandant pas. Il n’y a qu’à comparer les bonus du Hobbit avec ceux du Seigneur des Anneaux pour s’en convaincre.

Blade Runner était un film lent, souvent contemplatif, ponctué de scènes d’action aussi fugaces que violentes. Villeneuve, par respect pour son matériau d’origine, mais peut-être aussi poussé par les exigences de son producteur et la volonté honorable de rompre avec les montages souvent hystériques des blockbusters actuels, a malheureusement tendance à entraîner BR2049 sur la pente dangereuse de l’auto-contemplation (l’interminable scène d’investigation l’orphelinat). Noyés dans le courant d’une intrigue qui n’a parfois pas grand-chose à dire, mais s’étire malgré tout au-delà du raisonnable, comme si cet étirement était sa seule raison d’être, la plupart des personnages finissent eux aussi par s’y dissoudre, et leurs motivations par perdre en netteté, y compris Deckard qui n’arrive jamais à justifier sa présence dans le film au-delà de son rôle de McGuffin.

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Pour autant, si l’on peut regretter la difficulté de BR2049 à trouver un rythme satisfaisant et à donner à ses personnages des motivations claires, il faut reconnaître que le film de Villeneuve apparaît comme une véritable réussite visuelle qui permet au spectateur de prolonger l’exploration des bas quartiers de Los Angeles, rongés par le smog et les pluies acides, et s’offre même plusieurs escapades vers de nouveaux territoires – le fameux complexe agricole, les ruines de San Diego et celles de Las Vegas – qui contribuent à réduire l’écart avec le roman de Dick. Pour le coup, le réalisateur a le bon goût de ne pas jouer la carte de la surenchère numérique, ni de l’esbroufe pyrotechnique et se réapproprie avec élégance l’esthétique à la fois déliquescente et ultra-technologique (l’architecture organique de la Wallace Corporation) de son modèle.

6VoeIb-br18BR2049 n’aurait-il donc à offrir que sa magnifique esthétique et une poignée de scènes réussies (ce qui le placerait déjà, haut la main, au-dessus de l’embarrassant Ghost in the Shell de Rupert Sanders) ? Heureusement non, grâce à Joe K., héros kafkaïen en qui l’inexpressivité du jeu de Ryan Gosling fait merveille. Blade Runner soumis aux ordres d’une supérieure tyrannique, K. est un androïde qui accepte sa condition et trompe sa solitude avec Joi (Ana de Armas), un plantureux hologramme. L’enquête qu’il va mener pour retrouver l’enfant de Rachael l’entraînera de désillusion en désillusion. En dépit de tout ces revers, K. va parvenir à se hisser au-dessus de sa condition de machine et accomplir un acte de total liberté en réunissant un père et sa fille. A l’image du film de Villeneuve, il est un produit qui se cherche une légitimité et finit, peut-être, par la trouver comme passeur de relais entre l’ancienne génération – Deckard, le Blade Runner de Scott et, au-delà, ses aficionados – et la nouvelle, celle qui découvre cet univers par le biais de BR2049. Un méta-héros au service d’une œuvre parfois maladroite, mais généreuse, qui laisse entrevoir un renouveau bienvenu de la science-fiction sur grand écran.

 - Le Hangar Cosmique -

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LA QUÊTE D’EREKOSË – Tome 1 – de Michael Moorcock (1970)

LA QUÊTE D'EREKOSË - Tome 1 - de Michael Moorcock (1970) dans Fantastique 14072703494415263612413227

19070707201315263616302296 dans Le Hangar Cosmique

« Avais-je flotté une éternité dans les limbes ? Étais-je vivant – mort ? Y avait-il le souvenir d’un monde existant dans le passé lointain ou l’avenir éloigné ? D’un autre monde apparemment plus proche ? Et les noms ? Étais-je John Daker ou Erekosë ? Étais-je l’un et l’autre ? Bien d’autres noms – Corum Bannan Flurrun, Aubec, Elric, Rackhir, Simon, Cornelius, Asquinol, Hawkmoon – s’enfuyaient sur les rivières spectrales de ma mémoire. Désincarné, je flottais dans l’obscurité. »

De la vie de John Daker, le lecteur du Champion Éternel n’apprendra que peu de choses avant que ce père de famille, a priori cultivé, de la fin du 20e siècle ne voit son sommeil troublé par d’étranges visions. Grâce à un antique sortilège, le vieux roi Ringaros et sa fille Iolinda parviennent à réincarner l’esprit de Daker dans le corps du guerrier légendaire Erekosë. Afin d’accomplir sa destiné cosmique, l’ultime défenseur de l’Humanité va devoir choisir son camp dans une guerre génocidaire qui oppose, depuis des millions d’années, sa race à celle des inhumains Xenans. Mais a-t-il réellement la liberté de ce choix ?

19070707234315263616302297 dans LittératureSouvent considérée comme une œuvre mineure dans l’Hypercycle du Multivers, bricolé par Michael Moorcock pendant près de quarante ans, La Quête d’Erekosë mériterait sans doute d’être réévaluée par certains adeptes exclusifs d’Elric, l’empereur albinos névrosé de Melnibonée. Recyclant avec un certain bonheur les clichés de la science fantasy façon Burroughs[1] – transmigration de l’âme du héros dans le corps d’un guerrier intrépide, civilisation extra-humaine, cités exotiques à l’architecture débridée, science mystérieuse qui confine à la sorcellerie… – ce premier tome offre surtout une réflexion pertinente sur la notion de libre arbitre, dans un univers en perpétuelle recherche d’équilibre entre la Loi et le Chaos.

« Ce n’était pas mon destin de faire éternellement la guerre – c’était le destin de toute ma race. Comme j’appartenais à cette race – mieux : comme je la représentais -, je devais, moi aussi, faire éternellement la guerre. Et c’était ce que je voulais éviter. L’idée de me battre toujours, partout où l’on me le demandait, m’était insupportable. Et pourtant, tous mes efforts pour briser ce cercle seraient inutiles. »

Inhérente à la figure du Champion éternel, telle que Moorcock la développe dans la plupart de ses autres récits directement liés au concept de Multivers (les cycles d’Elric, Hawkmoon et Corum), cette réflexion est rendue ici d’autant plus prégnante par à une narration prise en charge par le héros lui-même – dont le titre se confond, au passage, avec celui du roman – un héros aux rêves perpétuellement hantés par le souvenir de ses incarnations passées et à venir, qui vient remettre en question la portée morale de ses actes présents.
_______________________________________________________________
[1] Notamment son fameux Cycle de Mars, auquel Moorcock a par ailleurs rendu hommage, au milieu des années 1960, avec une trilogie du Cycle du guerrier de Mars plus distrayante qu’originale.

- Le Hangar Cosmique -

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CITATION CÉLÈBRE : LA HANSE GALACTIQUE

CITATION CÉLÈBRE : LA HANSE GALACTIQUE dans Citation célèbre 19052909304315263616254556« C’était un anachronisme d’avoir une réceptionniste humaine dans ce bureau de plastique lumineux, au milieu de machines qui se parlaient en clignotant entre des colonnes de jade disparaissant dans des hauteurs obscures… mais un anachronisme des plus agréables quand on considérait les longues jambes et les cheveux d’un roux flamboyant de la réceptionniste. Le capitaine Torres se planta devant elle et déclina son identité. Comme il parcourait du regard ses galbes somptueux, il tomba en arrêt devant le pistolet à fléchettes passé à sa ceinture… »

(La Hanse Galactique – t.1 : Les Princes Marchands – Poul Anderson)



CRYPTOZOÏQUE – de Brian Aldiss (1967)

CRYPTOZOÏQUE - de Brian Aldiss (1967) dans Le Hangar Cosmique 14072703494415263612413227

19051109131815263616232056 dans Littérature

« Cryptozoïque : en paléontologie, période pendant laquelle les seuls êtres vivants étaient des microbes et les algues. »
Encyclopaedia Universalis

« Le jurassique était à peu près l’endroit le plus ennuyeux où se retrouver seul. »
Edward Bush

19051109155315263616232058Au 21e siècle, le docteur Wenlock a contribué à la création du CSD, une drogue permettant à ses utilisateurs de dériver mentalement à rebrousse-temps. Employé par l’Institut qui le considère comme l’un de ses meilleurs éléments, l’artiste Edward Bush vit depuis plusieurs années entre le Dévonien et le Jurassique dont il tente de capter l’esprit à travers ses œuvres picturales, tout en y transposant malgré lui ses propres névroses familiales. De retour en 2093, Bush découvre que le pays est tombé sous la coupe d’un régime autoritaire, avant d’apprendre par la bouche de son père, vieux dentiste alcoolique, que sa mère est morte pendant son absence. Rattrapé par ses anciens employeurs qui lui imposent un rude entraînement militaire, le peintre-soldat repart en dérive spatio-temporelle avec pour mission de retrouver et supprimer un certain Silverstone, dont les découvertes pourraient bien changer l’avenir de l’humanité… ou son passé. 

Publié en épisodes dans le magazine New Worlds, le roman de Brian Aldiss s’inscrit sans conteste dans la vague de renouveau qui agita la science-fiction anglaise à la fin des années 60. Œuvre à la fois psychédélique et psychanalytique, il n’est pas innocent que la querelle opposant Wenlock et Silverstone renvoie à celle du duo Freund/Jung. Cryptozoïque conserve, cinquante ans après sa première publication, une saveur qui le place au-dessus du lot des simples reliques déjantées issues du 19051109155215263616232057Swinging London. En dépit d’une révélation finale un peu trop ambitieuse, envisagée à la même époque par Philip K. Dick, mais sous un angle différent dans À Rebrousse-temps, Aldiss développe à travers les errances de son héros œdipien une réflexion qui fait mouche sur les prodiges développés par notre inconscient pour tenter de nous soustraire à nos responsabilités et au poids de nos erreurs passées. 

En dehors de la figure tourmentée d’Eddie Bush, on pourra bien reprocher à l’auteur de n’avoir pas suffisamment étoffé les autres personnages de son récit. Mais faut-il vraiment en vouloir à des esprits errant à travers le temps de finir par manquer d’épaisseur ? Cette remarque mise à part, Cryptozoïque reste une tentative pertinente de réappropriation du voyage temporel, portée par une écriture diablement inspirée, traversée – confère le touchant chapitre « En un autre jardin » – par le souffle d’une poignante métaphysique poétique. 

- Le Hangar Cosmique -

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CONAN LE CIMMÉRIEN

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En 1984, deux ans après le film CONAN LE BARBARE de John Milius, est paru aux éditions J’ai Lu , dans une collection appelée Science-Fiction (mais réunissant aussi d’autres genres), le premier volume d’une série relatant les aventures d’un Cimmérien nommé Conan, personnage sorti tout droit du cerveau de Robert E. Howard. Après ce premier livre de poche, tout simplement titré « Conan », suivront plusieurs autres : Conan le cimmérien, Conan le flibustier, le vagabond, l’aventurier, le guerrier, l’usurpateur, le conquérant, le vengeur, l’Aquilonien, l’explorateur, le boucanier, le brigand, le justicier, le sabreur et enfin le libérateur (ouf!). Une collection au premier abord très attrayante pour les amateurs d’heroic fantasy qui pouvaient, par la même occasion, profiter de couvertures signées Frazetta pour une grande partie des volumes sortis.

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J’ai Lu ne fut pas le premier éditeur à publier des nouvelles de Conan. Si le tout premier texte de Howard traduit en France fut « Le Phénix sur l’épée », dans le n° 24 de la revue Planète en 1965, les 3 premiers recueils de nouvelles sont sortis chez Edition spéciale en 1972. Ceux-ci avaient comme principal intérêt de proposer des couvertures de Philippe Druillet. En 1980, c’est au tour de Lattés qui éditera une dizaine de livres sur le Cimmérien avec des illustrations de J-M Nicollet.

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Frazetta, Druillet, Nicollet… C’est bien beau tout ça mais le lecteur un peu méfiant sait que les belles couvertures ne font pas forcément les bons livres. Et justement, il s’avéra que ces versions n’étaient pas tout à fait fidèles aux textes écris par Howard, on était même loin du compte pour certains volumes de la collection. Mais il faut avouer qu’à l’époque on ne s’en souciait pas vraiment car on était déjà bien content de pouvoir découvrir ce héros musclé au regard sombre. On ne faisait donc pas trop attention à ce qu’on pouvait lire sur les couvertures des premiers volumes, sous le nom de Robert E. Howard, c’est-à-dire « Textes mis au point et complétés par L. Sprague de Camp et Lin Carter ». Les noms de ces derniers prenant de plus en plus de place sur les couvertures, Howard disparaissant même sur Conan le boucanier au profit de Sprague de Camp ; non content d’avoir tripatouillé les textes originaux et sentant le bon filon, ce dernier est allé jusqu’au bout de son idée en s’appropriant le personnage. 

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Comme le dit Patrice Louinet, spécialiste mondial de Howard et qui œuvre depuis de nombreuses années à la reconnaissance de son travail :

« Lyon Sprague de Camp (essentiellement), était devenu la bête noire des fanatiques d’Howard et de son plus célèbre personnage, dans la mesure où il s’était permis de « retoucher » les textes originaux, coupant ici, rajoutant là, et réécrivant entre les deux, pour livrer finalement un Conan assez différent de l’original, et bien moins convaincant ; d’autant que le bonhomme, qui avait trouvé là semble-t-il un commerce juteux, s’opposait avec tous les moyens à sa disposition à toute réédition des textes originaux… » (BD Conan le Cimmérien – Tome 1 – Glénat, 2018).

On nous avait trompé ! Le vrai Conan n’est pas le personnage présenté par Sprague de Camp (ni d’ailleurs le Conan joué par Schwarzenegger), celui qui conquiert et tue, « une sorte de parvenu de l’âge hyborien, partant de moins que rien (barbare et voleur) pour se hisser au sommet de l’échelle sociale et du prestige (roi d’un pays civilisé) ».

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Conan c’est avant tout celui qui survit à tous les périls, qui vit au jour le jour sans ambition, si ce n’est celle de rester en vie et de profiter des plaisirs de la vie (vins, femmes, batailles). Howard n’a jamais voulu raconter l’histoire d’un jeune barbare qui va évoluer d’épreuves en épreuves pour finalement finir roi :

« On retrouve cette image d’un Conan roi et quelque peu assagi dans le film de Milius, mais c’est surtout à Sprague de Camp que l’on doit cette modification de la vie du Cimmérien, transformée d’hymne à la liberté en plan de carrière. En créant le mythe de la « lente ascension » du barbare (voleur, guerrier, mercenaire, roi) on donne l’illusion d’une progression logique à la vie du Cimmérien. Or, on ne dit rien de tel dans les récits de Howard » (Le Guide Howard – ActuSF, 2015).

Heureusement, à partir de 2008, Patrice Louinet et les éditions Bragelonne nous sortiront des intégrales en tout point respectueuses de l’œuvre de Robert E. Howard. À partir de ce moment nous avons enfin pu découvrir (en français) ce qu’avait réellement écrit l’auteur texan, et on peut dire que ce fut un choc.

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SÉLECTION DE LIVRES

Voici une sélection des livres en français sur l’œuvre de Robert E. Howard en général et Conan en particulier qu’il vous faut posséder (si c’est encore possible pour certains) :

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- Le Guide Howard (ActuSF, 2015) : si vous n’avez jamais lu du R.E.H., ou très peu, il est vivement conseillé de commencer par ce guide de Patrice Louinet dans lequel il est évidemment question de Conan mais aussi des autres personnages qu’il avait créé. Un livre de poche grâce auquel vous saurez qui était l’auteur, les idées reçues, quel est le vrai et le faux, les nouvelles à lire absolument, etc.

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- Les intégrales : elles existent en plusieurs éditions : ce sont d’abord les trois volumes sortis en 2008 chez Bragelonne : Le Cimmérien, L’Heure du dragon et Les Clous rouges, en édition brochée (ainsi 19040607363615263616189124qu’une autre édition reliée, à tirage limité et aujourd’hui introuvable) regroupant toutes les aventures de Conan présentées dans l’ordre de leur rédaction, restituées dans leur version authentique à partir des manuscrits originaux, avec des traductions nouvelles ou entièrement révisées. Elles s’accompagnent de nombreux inédits, ainsi que d’articles et de notes sur l’œuvre de Robert E. Howard et l’univers de Conan par Patrice Louinet. Ensuite, en septembre 2019, le même éditeur sortait ce qu’on pourra appeler l’intégrale des intégrales, c’est-à-dire un gros livre relié (1312 pages) regroupant les trois volumes cités précédemment mais enrichi de 251 illustrations dont 21 pleines pages couleur. Une édition exceptionnelle à tirage limité. Et enfin, en janvier 2019, les éditions Le Livre de poche auront la bonne idée de proposer les mêmes livres au format poche, illustrés par Mark Schultz, permettant ainsi de rendre cette collection accessible à tous.

19040607410215263616189125- Les nombreuses vies de Conan, Simon Sanahujas (Les moutons électriques – coll.  »Bibliothèque Rouge », octobre 2008) :  ce livre de référence comporte une longue biographie de Conan comme s’il avait vraiment existé (une des spécificités de cette collection avec d’autres personnages célèbres traités comme Sherlock Holmes, Hercule Poirot ou même Cthulhu), une chronologie retraçant l’histoire de l’âge hyborien et une étude géopolitique de cette période (avec cartes), des essais sur les thématiques de sa saga, sa psychologie et son évolution, ses rivaux (les autres grandes figures de la fantasy héroïque et les influences qui menèrent à la naissance de Conan), et sur les relations qui lient cette création littéraire à son auteur. Le tout largement illustré, avec notamment les très rares dessins de Weird Tales. Une somme inégalée sur les univers de la sword and sorcery.

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- Conan le Texan,  Simon Sanahujas et Gwenn Dubourthoumieu (Les moutons électriques, novembre 2008) : le Texas de R.E.H. comme si vous y étiez. Ce beau livre est le récit, abondamment illustré de photographies, du voyage de deux Français égarés entre la Cimmérie et le Texas. En parcourant le Lone Star State à la recherche des lieux qui inspirèrent l’Âge hyborien de Conan, les deux compagnons découvrent les richesses d’un État sans nul pareil et les liens aussi étonnants qu’intimes qui le lient au personnage phare de Robert E. Howard. Du canyon de Palo Duro aux rives du Rio Grande en passant par les collines de Fredericksburg, ce livre suit les aléas de ce voyage un peu fou et ses 7 000 kilomètres de surprises, d’écueils et de découvertes insoupçonnées.

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- Échos de Cimmérie, Fabrice Tortey (Les éditions de l’Œil du Sphinx, 2009). De nombreuses études, des textes inédits en français et une bibliographie exhaustive. Le tout illustré par Frank Frazetta, Philippe Druillet, Jean-Michel Nicollet et Christian Broutin. Un ouvrage très pointu pour en savoir toujours plus sur le sujet.

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- Bifrost n° 84 (octobre 2016) : un gros dossier R.E.H. avec au sommaire l’histoire de sa (courte) vie, les genres qu’il a abordés autre que le fantastique, l’épique parcours de son œuvre, un parallèle avec Tolkien, ses rapports avec Lovecraft, les années Néo, un guide de lecture de ses œuvres, les inédits, curiosités et indispensables, etc.

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- Conan, sur les traces du barbare de Paul M. Sammon (Huginn & Muninn, 2014) : plutôt intéressant, même si incomplet, ce livre grand format et richement illustré est idéal pour tout lecteur néophyte ou voulant en savoir plus sur ce que le personnage de Conan a enfanté de sa création jusqu’à nos jours. Des luttes juridiques pour perpétuer l’héritage littéraire de Robert E. Howard à la gloire cinématographique en passant par les comics (car dans les 70′s, Conan était une des meilleures ventes de Marvel).

19040608063415263616189142À côté de ces livres et essais on trouve bien évidemment les publications en français traitant des nombreux Comics américains publiés depuis les années 70. On citera Les Chroniques de Conan (Panini Comics, depuis 2008), qui reprennent en plusieurs volumes et par année The Savage Sword of Conan, tout comme Hachette (depuis 2017) avec une collection sortie en kiosque de manière bimensuelle, appelée tout simplement The Savage Sword of Conan, la collection. Et aussi Conan les Comic Strips Inédits,  un très joli album reprenant les comics strip parus dans la presse américaine en 1978 et 1979 (Neofelis, 2018).

Mais pour rester dans les adaptations fidèles aux écrits d’Howard on retiendra surtout les sorties BD récentes chez Glénat, chaque volume paru, ou à paraître, dessiné à chaque fois par un dessinateur différent, le tout supervisé comme toujours par P. Louinet.

Voilà, avec tout ça, plus d’excuses quand on vous questionnera sur Conan et Robert Erwin Howard. Cependant ne vous débarrassez pas trop vite de vos anciens livres J’ai Lu, NEO ou autres Lattès ! Ceux-ci avaient au moins l’avantage d’avoir de belles couvertures, ce qui n’est pas négligeable !

Bonne lecture !

- Laurent Faiella -

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CITATION CÉLÈBRE : LE GUIDE DU VOYAGEUR GALACTIQUE – TOME 3

CITATION CÉLÈBRE : LE GUIDE DU VOYAGEUR GALACTIQUE - TOME 3 dans Citation célèbre 19040209214315263616184694« D’après mon médecin, je souffre d’une malformation de la glande altruiste assortie d’une déficience de la fibre morale et en conséquence je suis dispensé de sauver les Univers. »

(Le Guide du Voyageur Galactique – Tome 3 / Douglas Adams)



2312 – de Kim Stanley Robinson (2012)

2312 - de Kim Stanley Robinson (2012) dans Le Hangar Cosmique 14072703494415263612413227

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Kim Stanley Robinson restera certainement dans les annales de la science-fiction pour sa Trilogie martienne, seuls bouquins parmi la vingtaine qu’il a écrit à ce jour, à traîner encore sur les rayonnages de la Fnac et des espaces culturels Leclerc. Une œuvre-monde, « planétaire » pourrait-on dire sans abus de langage, qui envisage la colonisation de la Planète Rouge (puis Verte, puis Bleue) avec un tel luxe de détails qu’on applaudit encore bien bas ses lecteurs capables d’immersion dans un récit d’une telle ampleur, à une époque où, Internet oblige, notre capacité d’attention se rapproche dangereusement de celle d’une crevette d’Encelade (s’il s’avère, un jour, qu’elles existent).

19031705350315263616162089 dans Science-fictionInitialement, et comme il le confiait dans un entretien accordé à la revue Structo, l’aède du régolite voulait juste raconter une histoire d’amour entre une Mercurienne et un Saturnien, aux sens astrologique et astronomique des termes. Pour que le public adhère à ce concept, il lui a fallu inventer « one more future history ». Le bonhomme s’intéressant notamment à la science, sans pour autant sombrer dans la technophilie béate, à la politique (de gauche) et à l’écologie, 2312 lui offrait l’opportunité de décrire une utopie plausible comme cadre à son intrigue. Un cadre et pas seulement un arrière-plan.

En effet, le roman se compose de courts chapitres – à deux exceptions près, lesquelles se font d’ailleurs écho – qui alternent entre fiction pure : l’enquête de Swan (la Mercurienne) et Warham (le Saturnien) pour tenter de déterminer la cause d’un acte terroriste perpétré contre une cité mercurienne, cela va bien au-delà, mais on va la faire courte, et bribes de documents futuristes ayant trait à l’histoire du système solaire, à la bio-ingénierie, à l’astronomie et autres procédés de terraformation. Évidemment, chapitres narratifs et encyclopédiques s’articulent de manière à former une trame suffisamment cohérente, et captivante, pour que le lecteur arrive à remplir par lui-même, les zones d’ombre laissées par l’auteur.

19031705370915263616162090Nul ne sait si, dans trois siècles, l’humanité aura effectivement colonisé le système solaire, ni si elle voyagera à bord de gigantesques astéroïdes-terrariums, mais une chose est sûre : si un homme du futur tombe sur le roman de Robinson, il constatera qu’au début du 21e siècle, les préoccupations de ses ancêtres tournaient autour de la crainte du réchauffement climatique, du développement de l’intelligence artificielle et de la nécessaire collaboration entre les peuples. Parviendra-t-il à se reconnaître dans ces personnages post-humains, portés au rang de demi-dieux par le pouvoir du génie génétique, détachés des contingence spatiales, temporelles, matérielles et de sexuation ? Si c’est le cas, l’écrivain aura prouvé, à titre posthume, qu’il avait su pressentir l’évolution de notre espèce. Sur ce point, on pourra dire que son œuvre faisait bien preuve de la « véracité parfaite » vantée sur la quatrième de couverture des éditions Actes Sud.

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2312 connaîtra-t-il un jour la notoriété d’un 1984 ? Difficile à croire, pour passionnant qu’il est. En attendant, il reste un brillant roman de science-fiction, qui – conformément à la définition du genre qu’en proposait John W. Campbell au début des années 1960 – permet au lecteur « d’envisager le passé, le présent et l’avenir depuis un point de vue différent, et de réfléchir à la façon dont nous pourrions agir autrement » en formant « un système d’analogie commode pour réfléchir à de nouvelles idées scientifiques, sociales et économiques, et pour réexaminer de vieilles idées ».

- Le Hangar Cosmique -

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CITATION CÉLÈBRE : ENTRETIEN AVEC UN VAMPIRE

CITATION CÉLÈBRE : ENTRETIEN AVEC UN VAMPIRE dans Citation célèbre 19031009061115263616152412« La peau du vampire était parfaitement blanche et lisse, comme s’il avait été sculpté dans de la craie, et son visage semblait aussi inanimé que celui d’une statue, à l’exception des deux yeux verts et brillants qui regardaient fixement le jeune homme, telles des flammes logées dans des orbites. »

(Entretien avec un Vampire – Anne Rice)



Philip Pullman a dit…

Philip Pullman a dit... dans Littérature 19021209171515263616117053Philip Pullman, écrivain anglais auteur de À la Croisée des Mondes, a déclaré :

« Les histoires sont la chose la plus importante au monde. Sans les histoires, nous ne serions pas humains. »



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