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Archive pour la catégorie « Littérature »

NEIL POSTMAN A DIT…

Neil Postman, spécialiste des médias, a comparé George Orwell (1984) et Aldous Huxley (Le Meilleur des Mondes) dans la préface de son livre Se distraire à en mourir. Il écrit ainsi :

« Orwell craignait ceux qui interdiraient les livres. Huxley redoutait qu’il n’y ait même plus besoin d’interdire les livres, car plus personne n’aurait envie d’en lire. Orwell craignait ceux qui nous priveraient de l’information. Huxley redoutait qu’on ne nous en abreuve au point que nous soyons réduits à la passivité et à l’égoïsme. Orwell craignait qu’on ne nous cache la vérité. Huxley redoutait que la vérité ne soit noyée dans un océan d’insignifiance. Orwell craignait que ce que nous haïssons nous détruise. Huxley redoutait que cette destruction nous vienne plutôt de ce que nous aimons. »



CITATION CÉLÈBRE : LES SEIGNEURS DE L’INSTRUMENTALITÉ

CITATION CÉLÈBRE : LES SEIGNEURS DE L’INSTRUMENTALITÉ  dans Citation célèbre 18122008212115263616043203« La forme dorée sur les marches d’or tremblait et voltigeait comme un oiseau devenu fou – comme un oiseau doué d’un intellect et d’une âme, et pourtant poussé à la folie par des extases et des terreurs au-delà de l’humaine compréhension – des extases incarnées momentanément dans la réalité par l’exécution d’un art superlatif. Un millier de mondes regardaient. »

(Les Seigneurs de l’Instrumentalité – 1 – Cordwainer Smith)



RÉTROFICTIONS, l’encyclopédie de la conjecture romanesque

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RÉTROFICTIONS, L’ENCYCLOPÉDIE DE LA CONJECTURE ROMANESQUE RATIONNELLE FRANCOPHONE, DE RABELAIS À BARJAVEL, 1532-1951

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« Auteurs du monumental essai bibliographique Les Terres creuses (2006) consacré aux mondes souterrains imaginaires, Guy Costes et Joseph Altairac explorent cette fois, avec Rétrofictions, les domaines de l’utopie, des voyages extraordinaires, du merveilleux scientifique et de la science-fiction ancienne, en reprenant à leur compte le concept unificateur de « conjecture romanesque rationnelle » théorisé par l’encyclopédiste Pierre Versins.

Cette entreprise ne constitue cependant pas une simple mise à jour de sa célèbre Encyclopédie de l’utopie, des voyages extraordinaires et de la science fiction (1972) : en effet, Rétrofictions concerne exclusivement les productions francophones, mais recensées dans une perspective d’exhaustivité, à partir de 1532, date de publication du Pantagruel de Rabelais, jusqu’à la création en 1951 du « Rayon Fantastique » et d’ « Anticipation », premières collections françaises de science-fiction.

L’ouvrage propose près de 5000 entrées onomastiques consacrées aux auteurs de 11000 occurrences dans des genres et sur des supports les plus divers (littérature, poésie, théâtre, bande dessinée, illustration, cinéma, radiodiffusion, carte postale, assiette ornée, etc.), œuvres dont l’appartenance à la conjecture rationnelle se trouve à chaque fois justifiée par un extrait ou un descriptif, accompagnés de données bibliographiques précises. La reproduction de plus de 1000 documents iconographiques témoigne de l’importance accordée par les auteurs à l’illustration au sens large.

Enfin, un imposant index thématique achève de faire de Rétrofictions un ouvrage de référence et un outil indispensable aussi bien à l’amateur et au collectionneur qu’au chercheur travaillant sur l’histoire et l’évolution de la science-fiction francophone sous toutes ses formes. »

Ce ne sont pas les ouvrages de référence sur l’Imaginaire qui existent, mais il est évident que Rétrofictions (éd. Encrage, septembre 2018) se distingue de bien des autres à de nombreux niveaux, et non des moindres. D’abord parce que cette encyclopédie se consacre uniquement à l’Imaginaire français, pardon, à la « conjecture romanesque rationnelle » française, de ses débuts à 1951. Ensuite parce que Rétrofictions étale ses incroyables trouvailles sur deux monstrueux volumes dont le premier regroupe plus de 1200 pages et le second plus de 2400 ! Enfin parce que nous sommes là face à un travail titanesque, qui donne le vertige tant ses auteurs ont collecté, par je ne sais quel miracle, cette somme indescriptible de documents, de descriptifs et de données bibliographiques sur la « conjecture romanesque rationnelle française » ! D’ailleurs, j’en profite pour citer Gérard Klein dans sa préface du volume 1 :« On se demande non seulement comment les auteurs ont pu lire une telle masse de textes et les décrire, mais déjà comment ils ont réussi à les dénicher parfois dans les publications les plus improbables. » Nous sommes bien d’accord !

Rétrofictions, encyclopédie unique en son genre et qui le restera certainement à jamais, se consulte, se feuillette, avec grand plaisir. Richement illustrée, elle nous dévoile au fil de ses pages des trésors inconnus, des OLNI (objets littéraires non identifiés) et des extraits savoureux. On sourit face à cet Imaginaire balbutiant qui se permet souvent bien des libertés, face à sa touchante naïveté et son audace, on découvre les yeux écarquillés, tels des explorateurs des contrées du Rêve, des œuvres étonnantes que jamais nous n’aurions pu soupçonner. Tout simplement magnifique.

- Morbius – (morbius501@gmail.com)

Pour en savoir plus :  entretien avec l’un des auteurs, Joseph Altairac.

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LA DESTINÉE, LA MORT ET MOI…

LA DESTINÉE, LA MORT ET MOI... dans Fantastique 14072703494415263612413227

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Tombée par hasard sur ce bouquin, j ai eu un coup de cœur pour le titre. La quatrième de couverture m’a confirmé que j allais passer un bon moment et ce fut le cas. 

Le narrateur, c’est Sergio. Sergio est à vue d’œil un gars comme un autre, il traîne dans les centres commerciaux, il boit des coups (souvent) avec ses copains, il fume (parfois) des substances illicites, il a un chouette appart où il vit seul et il est complètement désabusé par son boulot, faut dire que s’occuper de 83% d’humains qui ratent toujours tout ce n’est pas très valorisant. Ah, je ne vous l’ai pas dit ? Sergio est un pseudo, son véritable nom c’est Sort. Eh oui, Sergio Fatum est le Sort, celui qui s’acharne sur nous dès qu’on traverse une mauvaise passe, celui qu’on nous jette quand quelqu’un nous fait les « cornes » (vous savez, avec les mains), ou plutôt c’est celui qui est là quand on prend une très mauvaise décision, qui change en pire la voie qu il avait tracé pour nous. Ce n’est pas de sa faute, c’est son boulot et il en a marre de voir ses humains toujours prendre les mauvaises décisions, il en a marre d’être si mal traité. Mais bon, règle numéro 1 : pas d ingérence, Jerry ne serait pas content.

Jerry, c’est le grand Manitou, celui qui a tout créé, les humains, les fleurs, les grenouilles, les moustiques, etc. et les entités comme Sergio (bah oui, il est pas tout seul quand même). Une chose à savoir sur Jerry, c’est un grand mégalomane. Bref, revenons à notre Sergio qui déambule partout dans le monde, traînant la patte pour donner à chaque nouveau né (des 83%) une voie à suivre jamais bien glorieuse. 

Les 17% d humains restant ? demandez vous. C’est Destinée qui les a en charge (et là on a tous la chanson de Guy Marchand en tête !) et Destinée se la « pète ». Déjà, elle n’a pas besoin de pseudo, elle, et puis elle fait tourner la tête de tout le monde, ses humains réussissent toujours tout. Toujours de rouge vêtue, la seule chose qui l’intéresse vraiment c’est le sexe sans contact. Une chose à savoir sur Destinée : elle est nymphomane (me demandez pas pourquoi). C’est la rivale intime de Sergio (oui, oui, intime parce que malgré les griefs de Sort à son encontre, il ne sait pas lui dire non quand elle veut une partie de jambes en l’air (je précise encore sans contact !).

18112805482015263616015386 dans Marie-LaureMais un jour Sergio croise Sara. Sara est une humaine sur la voie de Destinée, et là Boum ! Le Sort tombe amoureux ! Et c est réciproque ! Bon, ce n est pas si simple, il va la traquer un peu pour comprendre pourquoi elle est si lumineuse et pourquoi elle dégage autant de charisme (ça restera un mystère jusqu’aux derniers chapitres). Les deux ensemble s’assemblent. Et commence une nouvelle vie pour Sergio (mais discrètement car règle numéro 12 : ne pas tomber amoureux d’un(e) humain(e)). Et voilà qu’il se sent « pousser des ailes ». Ayant enfreint une des lois de Jerry il ne peut s’empêcher d’enfreindre la première, et de commencer à s’impliquer dans la vie de ses humains. Il commence à faire le bien, à changer leurs vies, parfois en allant directement les voir pour leurs remonter les bretelles, et ça fonctionne ! Il décide aussi de se réconcilier avec Morty (ai je besoin de préciser qui est Morty ?), son ami de toujours avec qui il est brouillé depuis 500 ans (une sombre histoire de choléra sur un bateau. Une chose à savoir sur Morty, il est nécrophobe, pas de chance vue son boulot…).

Ça se complique un peu quand Sergio s’aperçoit que les humains qu’il sauve arrivent sur la voie de Destinée. Ça se complique encore plus quand il s’aperçoit que ces humains qui vont sur la voie de Destinée meurent sans crier gare (et même Morty est prévenu qu’à la dernière minute, la preuve que ça cloche). Sergio voudrait arranger les choses, mener l’enquête, mais il ne peut pas, ses copains sont trop occupés pour l’aider : Karma se prend pour Jerry quand il a trop bu (il est alcoolique), Gourmandise ne pense qu’à son intolérance au lactose et à manger (une chose à savoir sur Gourmandise, il est boulimique), Paresse, ben… c’est paresse (et en plus il est narcoleptique). Lady la Chance l’abandonne (pas de sa faute, elle a des troubles de l’attention), Amour l’avait prévenue, bref, pour le coup il est presque tout seul, presque car il a Sara et elle le soutien, c’est ce qui lui importe. 

Mais voilà, 32 morts non prévus ça arrive aux oreilles de Jerry (qui a des yeux partout) et Jerry n’est pas content, il a déjà beaucoup à gérer avec l’arrivé prévue d’un nouveau messie sur cette planète, ça veut dire qu’il va devoir descendre sur terre et féconder une femme (pffffff, galère !), alors les bêtises de Sergio c’est franchement pas le moment. Procès de Sergio, témoignages des soi-disant copains, châtiment exemplaire : Sergio est condamné à devenir humain. Coup dur pour lui qui pensait juste être muté à un autre poste (la paix lui allait très bien, vu que Paix a disparu sans laisser de trace quand Josh a décidé de descendre sur terre et qu’il a foiré sa mission). Hasard reprend le flambeau de Sort (ha, ha, ha !… on comprend mieux pourquoi les coups du sort arrive au hasard maintenant), et pire : on demande à Oubli de « laver » le cerveau de Sara (proposition de Destinée qui a de grand projet pour cette humaine).

Sergio a tout perdu, il est seul, devient SDF, a une ordonnance restrictive envers Sara (encore un coup de Destinée ça, il a suivi son conseil pour récupérer sa bien aimée, il aurait pas dû). Bref, la loose totale et il ne sait pas comment réparer tout ça. Sergio sombre dans la dépression (ma main à couper que Désespoir y est pour quelque chose) et va prendre une décision qui va changer sa vie. D’humain. J’arrive à la fin de mon résumé, j’en ai déjà trop dit et je ne veux pas en dire plus, il n’y aurait plus de mystère.

Qui a tué les 32 humains que Sergio avait sauvé ? Lui le sait, il a deviné, moi aussi.

Pourquoi Destinée est une grosse S@#*%* avec lui ? Il le sait et moi aussi. 

Que va devenir Sergio ? Il le sait et moi aussi. 

Vous non, ou peut être… Quoiqu’il en soit je vous laisse le découvrir par vous même.

C’est un roman drôle et cynique, non conventionnel, subversif, irrévérencieux d’après la quatrième, c’est un grand n’importe quoi que j’aime particulièrement. On s’amuse tout du long, on touche du doigt les défauts de notre société actuelle, la surconsommation, le « tout tout de suite », le besoin d’appartenance, la religion, l’humanité, tout en prend pour son grade sans être pour autant jugé (Jerry n’est qu’Amour, il ne faut pas oublier, pour lui même ok, mais qu’Amour quand même). Je me suis amusée avec ce bouquin et l’auteur est entré dans mon cœur, encore un qui va avoir tous ses bouquins dans ma biblio. 

Mon résumé fut long à lire ? Oui, pardon, mais il y a tant à dire. Et encore, j’ai passé des références, des anecdotes et des moments si drôles, je ne pouvais pas faire plus court, pardon et bonne lecture à vous.

- Marie-Laure -

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DAN SIMMONS A DIT…

L’écrivain de SF Dan Simmons a déclaré au cours de sa conférence, lors des Galaxiales de 1997 : « La sci-fi est en train de tuer la science-fiction. La sci-fi brise notre fenêtre sur l’avenir telle une brique lancée sur un vitrail. »



LE PRINCE DE LA BRUME

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Lu en une soirée, Le Prince de la Brume de Carlos Ruiz Zafon. Autant dire qu’il m’a subjugué. Pour cette histoire on oublie un peu la verve poétique de cet auteur et on fait place au fantastique.

18090212443815263615873420 dans Marie-LaureDans ce récit nous nous retrouvons avec nos peurs d’enfant. C’est une histoire de malédiction, d’enfants, de bateau, de brume et d’un prince, oui, mais pas comme je l’imaginais. Le prince n’ayant de prince que le nom a revêtu pour l’occasion un costume beaucoup plus effrayant qui m’a quelque peu rappelé un livre d’horreur lu plus jeune (mais je ne dirai pas lequel).

Le Prince de la Brume se lit d’une traite. À peine la première page tournée, nous sommes happés par l’intrigue, nous avons besoin de savoir, de comprendre. Je ne lui ai trouvé aucune longueur, il a un suspense incroyable, jusqu’à la fin… Là, c’est le drame pour moi. Dans les derniers chapitres tout s’enchaîne à une vitesse folle. Nous avons l’explication et le dénouement presque en même temps…. du coup j’ai comme un goût de trop peu… Mais quelle importance puisqu’il m’a rappelé l’espace d une soirée la grande enfant que je suis, et ça fait un bien fou !

Zafon explique dans ses notes qu’il a écrit ce livre pour les jeunes adultes, mais qu’il espère pouvoir toucher aussi un plus large public. Eh bien j’ai envie de dire pari réussi. Si vous aimez le fantastique, et que vous avez gardé près de vous votre âme d’enfant, je vous conseille vivement cette lecture !

- Marie-Laure -

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CITATION CÉLÈBRE : L’HERBE DU TEMPS

CITATION CÉLÈBRE : L'HERBE DU TEMPS dans Citation célèbre 18082502090515263615862128« Je, moi, l’étincelle d’esprit qui est ma conscience vit dans un endroit qui n’est ni lieu ni temps. La durée objective de mon existence est de cent dix ans, mais de mon propre point de vue conscient je suis immortel – la conscience de ma propre conscience ne peut jamais cesser d’être. Je suis un bébé suis un garçon suis un jeune homme suis un vieillard agonisant entre des draps blancs. Je suis tous ces moi ai toujours été tous ces moi serai toujours tous ces moi dans le lieu où vit mon esprit dans un instant éternel détaché du temps… »

(L’Herbe du Temps / 1970 / Norman Spinrad)



CITATION CÉLÈBRE : LE MONDE VERT

CITATION CÉLÈBRE : LE MONDE VERT dans Citation célèbre 18080208422215263615831596« Obéissant à une loi inéluctable, toutes choses croissaient, se développaient dans le désordre et l’étrangeté. La chaleur, la lumière, l’humidité étaient constantes. Elles l’étaient depuis… personne ne savait depuis combien de temps. « Depuis quand… ? » « Pourquoi… ? » C’étaient là des questions que nul n’avait plus l’idée de poser. Réfléchir n’avait plus de sens. Dans ce monde, un seul problème se posait : croître. C’était le règne du végétal. C’était un monde qui ressemblait à une serre. »

(Le Monde Vert / 1962 / Brian Aldiss)



ANNO DRACULA : DRACULA CHA CHA CHA

ANNO DRACULA : DRACULA CHA CHA CHA dans Fantastique 14072703494415263612413227

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Après l’Angleterre victorienne, la Grande Guerre, nous voici plongés en 1959, à Rome, en plein cœur de la Dolce vita.

Mais que se passe-t-il ? Eh bien le comte Dracula exilé dans le château de Fregene va épouser la princesse moldave Asa Vajda, des noces en grande pompe pour celui qui, depuis sa défaite contre les alliés en 1918, se fait tout petit. Et pour cause : il a signé un traité de paix avec l’Angleterre lors de la Seconde Guerre mondiale (eh oui, l’horrible et vindicatif Vlad Tepes a rejoint nos camps contre 18072806302315263615825079 dans Marie-LaureHitler, comprenez bien que ce n’est pas par altruisme). Seulement si lui ne peut être maître du monde, hors de question qu’un gars avec une moustache plus petite que la sienne le devienne. Bref, depuis il vit reclus avec ses majordomes, gouvernantes, femmes, courtisanes, etc., dans un beau palais en haut d’une colline, une prison dorée donc, mais pourquoi ce mariage ? Quand on sait que le vampire a toujours une idée derrière la tête, nous ne pouvons que nous inquiéter… 

Notre chère vampire journaliste Kate Reed arrive à Rome, non pas pour couvrir l’événement mais pour y retrouver son vieil ami Charles BeauRegard, qui a atteint le bel âge de 110 ans environ (pour un humain c’est énorme) et qui passe sa retraite dans la ville éternelle en compagnie de Geneviève (qui a arrêté de presser ses oranges en Floride). Les deux vampires n’ont qu’un espoir, c’est de pouvoir persuader BeauRegard de passer de l’autre côté (comprenez : devenir un non mort) avant sa mort définitive.

Tout devrait bien se passer, donc, oui mais non, car un tueur bodybuildé chaussé de collant rouge tue un à un les aînés, et ce de manière assez horrible. Voilà de quoi inquiéter tous les vampires conviés aux noces. Et Kate, dès son premier soir, est témoin de celui qu’on appelle Il Boia Scarlatto (le Bourreau Écarlate). Mais qui le dirige, et pourquoi ? Elle se sent donc dans l’obligation d’enquêter là-dessus, de garder un œil aussi sur les agissements de Dracula et de soutenir son ami BeauRegard. La dolce vita devient vite una vita pazza pour elle (désolée : vie folle). 

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Sous l’air de Dracula Cha Cha Cha (que je vais faire une joie de vous partager), nous voilà propulsés au travers d’une Italie folle et insouciante où pourtant règnent les ténèbres. Nous faisons connaissance avec Bond, Hamish Bond, espion vampire au service de sa majesté, qui boit du martini au sang avec une olive (frappé mais pas secoué). Nous rencontrons Orson Welles, la famille Addams, une communauté de vampires pauvres et malades qui deviennent visiblement des zombies à la WALKING DEAD, contrôlés par la mystérieuse mère de Rome, la « Madona delle Lacrime », qui a un rôle important dans cet opus, et bien d’autres encore…

Entre gelati au sang, balade en vespa cheveux au vent, fontaine de trévise ensanglantée, fantômes et jeux de gladiateurs dans le Coliseum, nous avons un sacré condensé de l’Italie moderne et de l’Antica Roma, et c est tout le charme de ce dernier tome d’Anno Dracula

Je laisse sciemment le doute sur le potentiel projet du comte, sur le devenir de BeauRegard et sur la dernière intrigue, « le Bourreau Écarlate. » Je vous conseille ce dernier tome qui me laisse un goût beaucoup moins amer que Le Baron Rouge Sang, il est plein de surprises et d’émotions. Et puis l’Italie c’est chez moi ! En cadeau, le cha cha cha de Dracula !

- Marie-Laure -

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ANNO DRACULA : LE BARON ROUGE SANG

ANNO DRACULA : LE BARON ROUGE SANG dans Fantastique 14072703494415263612413227

18062706092415263615780852 dans Littérature

Après sa défaite en Angleterre d’où il a dû s’enfuir telle une petite chauve-souris effrayée, Dracula revient plus motivé que jamais afin de dominer le monde. Cette fois, il fait fort puisqu’il arrive pile quand il faut lors de la Première Guerre mondiale (ne me demandez pas comment ni pourquoi, ni ce qu il a fait pendant 30 ans) et devient (après pas mal de complots, d’assassinats, etc.) commandant en chef de l’armée allemande. Je vous laisse imaginer l’impact sur la Grande Guerre…

18062706112015263615780860 dans Marie-LaureComme lors du premier tome, Vlad Tepes est dans l’histoire omniprésent et pourtant tout le temps absent. Nous retrouvons notre cher BeauRegard un peu plus vieux, un peu plus grisonnant, un peu moins aventurier. Il n’aspire au final qu’à la retraite.

Pas de Geneviève qui est partie en Floride pour s’occuper d’une orangeraie (logique pour un vampire !), nous avons une « nouvelle  » héroïne du nom de Kate Reed (nouvelle entre guillemet car elle était déjà présente lors du premier tome), petite vampire journaliste qui fouine partout, et un nouveau héros (BeauRegard étant trop vieux pour aller sur le terrain) : Winthrop. On y trouve aussi une apparition de la belle Mata Hari vampirique qui fait une confession à BeauRegard, juste avant son exécution, confession qui est pour moi le pilier de toute cette histoire (sans elle, pas d’enquête) et un Edgar Allan Poe vampire déchu qui n’est plus que l’ombre de lui-même jusqu’à ce que Graf Von Dracul lui demande de faire un roman biographique du Baron von Richtofen, le baron rouge sang. Vampires et humains combattent ensemble contre d’autres vampire et humains, et tous sont de la chair à canon pour les têtes pensantes bien planquées dans des fauteuils moelleux.

18062706111915263615780859Cette suite, je me faisais une joie de la lire. Aimant le style de Kim Newman, je n’avais aucun doute sur le bon moment que j’allais passer, et pourtant… j’en sors avec un grand sentiment de malaise. L’auteur s’attaque à une période de l’histoire très délicate. Il faut du cran pour s’approprier la Première Guerre mondiale, la retravailler afin d’y incorporer des vampires, des monstres (eh oui, grâce aux expériences ignobles du docteur Caligari et du docteur Mabuse, l’escadron JG1, le cirque volant du Baron Richtofen, n’a plus besoin d’avion pour voler).

Bref, ça passe ou ça casse, Kim Newman a fait un pari risqué mais qu’il a réussi avec brio quand même il faut bien le dire. Ses descriptions de la guerre des tranchées, des combats aériens, sont très réelles, ça sent le sang, la mort et la putréfaction, c’est noir et sordide, c’est très prenant. Pas d humour noir cette fois dans ce tome, le sujet est trop sérieux, Mais toujours beaucoup de références à d’autres œuvres littéraires ou cinématographiques, ce qui reste très sympa.

Vous l’aurez compris, j’ai un avis assez mitigé sur ce deuxième tome, et pourtant j’ai attendu plus de 15 jours avant de faire cette « fiche lecture », à chaud ce n était pas possible !

- Marie-Laure -

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