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Archive pour la catégorie « Monstres sacrés »

MONSTRES SACRES : ORLAC

MONSTRES SACRES : ORLAC dans Cinéma 13052408352715263611222233

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ORLAC, et plus précisément Stephen Orlac, est un pianiste victime d’un accident de chemin de fer, qui le blesse gravement à la tête et le prive de ses mains. Le docteur Cerral lui greffe alors celles d’un assassin fraîchement guillotiné. Dès lors, Orlac se demande s’il n’a pas hérité de penchants criminels lorsqu’il se rend compte qu’il ne contrôle plus ses mains. C’est la trame du roman de Maurice Renard « Les Mains d’Orlac » qui fut publié en 1921.

Trois ans après la sortie du livre de Maurice Renard, le cinéma s’emparait déjà du sujet, et c’est Robert Wiene, le réalisateur du CABINET DU DOCTEUR CALIGARI (1919), qui sera le premier a en tourner une version avec LES MAINS D’ORLAC (Orlacs Hände), en 1924 et avec Conrad Veidt dans le rôle-titre.

13022207524115263610892245 dans Monstres sacrésLa version la plus connue, et qui est aussi une des plus fascinantes, est celle de la Metro-Goldwyn- Mayer, LES MAINS D’ORLAC (Mad Love) tournée par Karl Freund en 1935. Les scénaristes en détourneront le personnage originel du médecin Cellar pour en créer celui de Gogol, un médecin romantique et amoureux jaloux et psychotique de la femme d’Orlac : Fou d’admiration pour l’actrice Yvonne Orlac, qu’il vient voir chaque soir sur scène au théâtre, Gogol apprend que celle-ci est mariée au grand pianiste Stephen Orlac, et elle repousse ses avances. Une nuit, le train de Stephen déraille. Le pianiste doit être amputé des deux mains. Yvonne décide d’appeler le docteur Gogol pour réaliser l’impossible : lui seul peut sauver les mains de son mari. Gogol va alors amputer les deux mains de Stephen pour les remplacer par celles d’un grand criminel venant d’être exécuté. L’opération est un succès, mais le jeune couple ignore tout des procédés utilisés par le médecin. Les mois s’écoulent, Gogol est de plus en plus attiré par Yvonne dont il possède une reproduction en cire dans son appartement, tandis que les mains de Stephen commencent à agir curieusement, comme guidées par l’instinct de meurtre…

Qui mieux que Colin Clive pouvait interpréter le pianiste Orlac, de par son corps longiligne, très mince, ses membres et ses mains semblant démesurées, il est idéal dans le rôle du pianiste dont les mains ne semblent plus lui appartenir. Et ceci, juste après son double rôle du scientifique et baron Frankenstein se contorsionnant hystériquement face à sa créature dans FRANKENSTEIN (1931), puis LA FIANCÉE DE FRANKENSTEIN (1935).

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Et tandis que la jeune et jolie Frances Drake interprète Yvonne Orlac, c’est l’acteur allemand Peter Lorre qui entre dans la peau du Docteur Gogol. Ayant fui l’Allemagne nazi, quelques années après le réalisateur Karl Freund, Peter Lorre est un immense comédien lorsqu’il s’agit d’interpréter des personnages tourmentés, et cela ne semble qu’évident que Freund ait fait appel à lui pour exagérer l’univers expressionniste de son film. Rappelez-vous, en 1931, Peter Lorre était déjà M. LE MAUDIT, sous la houlette de Fritz Lang. « M » comme Meurtres : un assassin d’enfants psychotique, mais un monstre qui semblait finalement si infantile, et si perdu et traqué face à un autre monstre tentaculaire, plus dangereux encore : l’Allemagne en colère s’infiltrant peu à peu dans toutes les classes sociales, prêtes à lyncher n’importe quel innocent pour assouvir cette soif de colère, et évoluant tout naturellement vers le régime national-socialiste des années 30. Dans ce même genre de personnage psychotique, Peter Lorre a aussi été le solitaire, Hilary Cummins, dans le magnifique film de Robert Florey, de 1945, LA BÊTE AUX CINQ DOIGTS (The Beast with Five Fingers)…

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Pour revenir aux MAINS D’ORLAC, le roman sera encore adapté à l’écran, en France, par Edmond T. Gréville, en 1961, et aux Etats-Unis, en 1962, par Newton Arnold avec HANDS OF A STRANGER.

Personnellement, j’affectionne particulièrement une adaptation assez méconnue mais indirectement inspirée de Maurice Renard, puisque le film (BODY PARTS, 1991, d’Eric Red) est tiré d’un roman de Pierre Louis Boileau et de Thomas Narcejac, paru en 1965, et qui reprend une trame presque similaire avec « … Et mon tout est un homme » : Quand Bill Chrushank perd un bras suite à un accident de voiture, il se voit proposer de s’en faire greffer un. Sauf que, comme pour deux autres patients greffés, le donneur est un criminel venant d’être exécuté. Rapidement, Bill se rend compte que son nouveau bras est habité par une force qu’il ne peut contrôler. Petit à petit, il remonte jusqu’aux autres greffés…

Plusieurs Orlac d’un seul coup ici, mais la même histoire anxiogène, dans le fond : de quels passés peuvent être chargés des « donneurs » ou l’angoisse de se faire greffer un élément physique étranger…Orlac, est un monstre sacré du cinéma Fantastique, somme toute très ordinaire qui hante encore nos vidéothèques ou DVDthèques dédiés à des classiques comme MAD LOVE, mais sûrement aussi nos propres anxiétés d’éventuels futurs accidentés, même si le roman de Renard date déjà de 1921, et celui de Boileau-Narcejac, de 1965…

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MONSTRES SACRES : DRACULA

MONSTRES SACRES : DRACULA dans Cinéma 13052408352715263611222233

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Alors que NOSFERATU (1922) est la première adaptation non officielle du roman désormais culte de Bram Stoker (pour des raisons de droits d’auteurs impayés), le DRACULA (1931) de la Universal Pictures, adapté de la pièce de théâtre de Hamilton Deane et de J.L. Balderston, elle-même librement adaptée du roman épistolaire de Stoker, est la première version dite officielle. Tournée par Tod Browning alors sous contrat avec la Universal, celui-ci désirait alors Lon Chaney Sr pour interpréter le rôle de Dracula. D’ailleurs, trois ans auparavant, Chaney avait interprété un admirable vampire, le Comte Mora, sous la direction de Browning dans LONDRES APRÈS MINUIT (Browning en tournera lui-même un remake en 1935 avec LA MARQUE DU VAMPIRE mais avec Bela Lugosi dans le rôle de Mora). Mais Chaney décédant avant le tournage de DRACULA, le choix se porta donc sur l’interprète de la pièce de théâtre, un obscur comédien hongrois qui associera désormais son nom à celui de l’inquiétant aristocrate immortel des Carpates transylvaniennes venu chercher du sang neuf du côté du Londres Victorien.

13020807313815263610843677 dans Monstres sacrés« Listen ! The Children of the Night… » : avec son accent hongrois sur-prononcé, ses yeux écarquillés et accentué d’un léger éclairage surréel, et son sourire en coin, Lugosi est entré dans la légende, celle du comédien dormant dans un cercueil et autres rumeurs médiatiques, pour accentuer la promotion du film (et des suivants)…

Deux autres comédiens, moins connus aujourd’hui, sont aussi entrés dans la légende avec ce film : Dwight Frye incarnant le gobeur d’insectes possédé par le « Maître », et Edward Van Sloan qui est l’inévitable Professeur Van Helsing, chasseur de vampires.

Et bien sûr, derrière cette façade cinématographique gothique, se cachent, outre le réalisateur Tod Browning : le maquilleur attitré de la Universal, Jack Pierce (à qui l’on doit aussi les maquillages des différents Frankenstein, Loup-garous ou Momies de la firme), le chef opérateur Karl Freund (qui a énormément contribué à l’élaboration de graphisme de l’Expressionnisme des années 20 en Allemagne et des années 30 américaines de la Universal). Et bien sûr, le producteur Carl Laemmle sans lequel rien de tout ceci n’aurait vu le jour.

N’oublions surtout pas la version destinée au public hispano-américain, et tournée dans la foulée de celle de Browning, par George Melford, et dont Carlos Villar est un sympathique comte Dracula aux allures de dandy mexicain. Une version de la Universal que j’affectionne particulièrement. Le succès du DRACULA de Tod Browning engendrera, par la suite, quelques dérivés divers et variés comme THE VAMPIRE BAT (1933) de la petite firme Majestic Pictures (avec Lionel Atwill, Fay Wray et même… Dwight Frye dans un rôle tout aussi déjanté que celui de Renfield) et réalisé par Frank Strayer. Ou encore LA MARQUE DU VAMPIRE (1935) de la Metro-Goldwyn-Mayer, que j’aborde plus haut et que je recommande vivement pour son ambiance gothique et humoristique. Il est, quant à lui, interprété par Bela Lugosi, Lionel Barrymore et … Lionel Atwill, encore lui : un autre des comédiens cultes du cinéma fantastique et horrifique de la plupart des classiques du cinéma bis étasuniens des années 30 (avec Lugosi, Karloff, Basil Rathbone, Tod Slaughter ou même George Zucco).

Jusqu’à un très sympathique RETURN OF THE VAMPIRE (1944) tourné par Lew Landers pour la Columbia, Lugosi y retrouvant sa cape et sa coupe de cheveux gominée, sous les traits du vampire Armand Tesla.

Et, bien sûr, n’oublions pas l’adaptation européenne très libre et très visuelle que Carl Theodor Dreyer a tiré de « Carmilla » de Sheridan Le Fanu, avec VAMPYR (1932).

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La firme Universal donnera aussi une suite aux aventures du comte Dracula avec, entre autres, LA FILLE DE DRACULA (1936, avec Gloria Holden dans le rôle charismatique et froid de la comtesse Marya Zaleska, fille de Dracula et, de nouveau Edward Van Sloan en Van..ou plutôt Von Helsing, cette fois-ci), LE FILS DE DRACULA (1943, incarné par Lon Chaney, qui alternera désormais, pour la firme, entre ce rôle, et celui du loup-garou, Larry Talbot). Jusqu’aux grandes rencontres des Universal Monsters : FRANKENSTEIN RENCONTRE LE LOUP-GAROU (1942), LA MAISON DE FRANKENSTEIN (1944), LA MAISON DE DRACULA (1945) et DEUX NIGAUDS CONTRE FRANKENSTEIN (1948, avec Abbott et Costello). La pièce de théâtre de Hamilton Deane et de J.L. Balderston ayant inspiré le DRACULA (1931) de Tod Browning sera aussi réadaptée pour le DRACULA de John Badham sorti en 1979. Et même Mel Brooks qui était déjà revenu aux origines des films de la Universal pour son FRANKENSTEIN JUNIOR (1974) récidivera en 1995, avec DRACULA, MORT ET HEUREUX DE L’ÊTRE. Un Dracula « universalien », costumé en aristocrate et capé, si universel d’ailleurs, qu’il en a autant inspiré le cinéma mexicain des années 50, le cinéma anglais des 50′s à 70′s et plus particulièrement la Hammer Films, le cinéma espagnol, de Paul Naschy à Jesùs Franco. Jusqu’aux Zèderies d’Al Admson et d’autres réalisateurs américains et italiens sans budgets, en passant par Paul Morrissey et Andy Warhol… Il m’est aussi arrivé d’en découvrir des versions pakistanaises et turques des 50′s qui ne sont pas dénuées d’un certain charme gothique qui fit des Classic Monsters de la Universal Pictures, ses heures de gloire.

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MONSTRES SACRES : LE GOLEM

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Il est dit : « (Car) Vos fautes sont une séparation entre vous et votre Dieu, Rava a dit : Si les hommes voulaient être des justes (sans aucune faute) ils pourraient créer un monde, comme il est dit car vos fautes sont une séparation. Rava avait créé un homme qu’il a envoyé chez Rabbi Zéra. Ce dernier lui a parlé mais l’autre ne lui répondait pas (n’étant pas doué de parole). « C’est un collègue qui t’a créé, retourne à ta poussière ! », lui dit Rabbi Zéra. » (Traduction du passage de la Guémara Sanhédrin 65b).

Le Golem est ainsi né de la culture hébraïque, la première apparition du terme golem se situe dans le  « Livre des Psaumes » : « Je n’étais qu’un golem et tes yeux m’ont vu » (139, 16). C’est alors un être inachevé, une ébauche. En yiddish goilem signifie « cocon », mais peut aussi vouloir dire « fou » ou « stupide ». Il est un être humanoïde, artificiel, fait d’argile et animé momentanément de vie par l’inscription EMET sur son front (ou sa bouche, selon les versions). Dans la kabbale, c’est une matière brute sans forme ni contours. Dans le Talmud, le golem est l’état qui précède la création d’Adam.

Dans certaines légendes, le but du Golem aurait été de défendre sa communauté. On lui aurait donné la vie en inscrivant EMET(H) (ou vérité en hébreu) sur son front et en introduisant dans sa bouche un parchemin sur lequel était inscrit le nom ineffable de Dieu (le Nom qui ne se prononce pas).

Pour le tuer, il aurait fallu effacer la 1re lettre du mot, car MET signifie mort.

Puis le Golem étant devenu trop grand pour son créateur, le Rabbin Loew, celui-ci put enfin effacer le E d’EMET en lui demandant de lacer ses chaussures, ce que le Golem fit. La créature se baissa et mit son front à portée de son créateur, et il redevint ce qui avait servi à sa création : de la terre glaise.

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Certains racontent que son créateur est mort, écrasé par la masse de sa créature. C’est ainsi la matière des adaptations cinématographiques de cette légende juive. Sa première apparition est recensée en Allemagne, pays à forte culture juive (avant la Seconde Guerre mondiale, cela va de soi), dans LE GOLEM, un film de 1915, que je n’ai jamais vu et qui a malheureusement disparu. C’est un film muet de Henrik Galeen et Paul Wegener, qui a été adapté du roman éponyme de Gustav Meyrink. Paul Wegener en tournera une autre version, en 1920, à l’aide du co-réalisateur Carl Boese. Son intrigue est la suivante : Dans le Prague du XVIe siècle, le Rabbin Loew, à la fois philosophe et magicien, qui a vu dans les étoiles l’annonce d’un grand danger pour les Juifs, fabrique une statue d’argile dans laquelle il place le précieux « mot de vie », pour sauver le peuple juif. Il donne alors vie à une colossale statue de glaise. Le Golem a une force prodigieuse mais il ne doit s’en servir que pour une mission pacifique. Peu de temps après, l’empereur Rodolphe II publie un décret interdisant aux Juifs l’accès de la ville et l’ordre de la quitter avant la fin du mois. Au même moment, la fille du rabbin, Myriam tombe amoureuse de Florian, un courtisan de l’empereur. Rabbi Loew montre le Golem à l’empereur. L’empereur demande au rabbin de prouver sa magie. Celui-ci montre à l’empereur et à sa cour une vision de l’exode des Juifs. Cette vision fait rire les courtisans quand soudain, le bâtiment dans lequel l’empereur, le rabbin, le golem et les courtisans sont, commence à s’effondrer. Le Golem sauve alors la vie de l’empereur et des courtisans en portant tout le monde hors de l’immeuble. En reconnaissance, les Juifs ne sont pas chassés de la ville. Le Golem tombe amoureux de la fille du rabbin que celui-ci lui refuse. Il se dresse alors contre son créateur. Le Golem sème alors la terreur dans le ghetto juif. Une fillette innocente lui tend la pomme de la réconciliation. Souriant pour la première fois, il retourne à la poussière. On est finalement, avec LE GOLEM de 1920, par certains égards, déjà pas si loin du FRANKENSTEIN (1931) de la Universal. Ce film muet est un mélange d’univers gothique et de décors expressionnistes allemands. Par ailleurs, la créature est interprétée par le réalisateur lui-même, Paul Wegener, chose peu commune dans l’Histoire du Cinéma Fantastique, à cause du temps excessif nécessaire à la préparation et à l’organisation de ces deux emplois, lors d’un tournage.

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Outre une autre adaptation du roman de Gustav Meyrink, en 1936, mais française cette fois-ci, par Julien Duvivier, je m’attarderai plutôt sur le diptyque du réalisateur tchécoslovaque Martin Frič avec LE BOULANGER DE L’EMPEREUR et L’EMPEREUR DU BOULANGER, tous deux sortis en 1952, en plein régime communiste qui voulait prouver que son cinéma soviétique possédait un talent égal, voire supérieur, à celui d’Hollywood. En même temps, et pour plaisanter, être Communiste et se nommer Frič, ça pourrait, aujourd’hui, être une jolie métaphore d’un régime dictatorial hypocrite et faussement altruiste. Voici l’intrigue de cette version du Golem très amusante, mine de rien (et remontée intégralement, tout dernièrement), car longtemps inédite, mais qu’Artus Film a eu la très riche idée d’éditer dans un sympathique coffret collector bourré de Bonus : L’empereur Rodolphe II presse le maréchal Russworm de retrouver la sépulture du Golem, dont la légende dit qu’elle se trouve quelque part dans sa ville de Prague. Créé par le rabbi Löw, ce pantin géant amené à la vie par le pouvoir du shem, est d’une force colossale. Effrayé par sa puissance, Löw ôta la vie à sa créature et enferma son corps dans un endroit secret. Tous s’activent afin de satisfaire l’empereur, du chambellan Lang à l’alchimiste Scotta, et c’est par un heureux hasard qu’ils vont enfin retrouver le corps inanimé de la créature. Avec l’aide d’un célèbre occultiste anglais, Kelley, ils vont tenter de ranimer le colosse immobile. Katrina, prisonnière de Kelley, et Matej, un boulanger enfermé pour avoir distribué du pain au peuple, sont les témoins des conspirations qui se trament dans l’ombre…Le film s’amuse avec les figures occultes et magiques qui peuplent la mystique européenne, le réalisateur Martin Frič n’hésitant pas à dénoncer avec humour (tout en s’inspirant librement d’une pièce de théâtre montée par les comédiens JanWerich et Jiri Voskovec) d’une époque où régnait, à la cour du mégalo Rodolphe II, charlatans, arnaqueurs et illuminés en tous genres, alimentant ainsi les divagations romanesques du roi de Bohême et de Hongrie. Période de propagande oblige, le Golem qui effraye d’abord les habitants, devient vite sous l’impulsion du boulanger Matej, un renouveau économique et industriel du régime : il fournira la chaleur aux fours des boulangers afin que tout le monde ait des ficelles bien cuites. On s’éloigne donc de la culture hébraïque avec le film de  Martin Frič, et les habitants de Prague de conclure ce film joyeux en se serrant les coudes tout en entonnant un chant à la gloire du Collectivisme…Il fallait y penser, non ?

Pour les connaisseurs, le réalisateur soviétique, Serguei Mikhaïlovitch Eisenstein, brossa un portrait d’un alter-égo du dictateur Rodolphe II, en 1944-1946, avec son film IVAN LE TERRIBLE, sur le Grand Prince héritier de Russie en 1533, portrait qui déplut tellement à Joseph Staline qui se sentait trop visé, qu’il en interdit le film jusqu’en 1958.

Pour revenir à nos brebis, moins populaire avec les années qui ont suivies, le Golem a, tout de même, engendré un certain nombre d’adaptations au cinéma, comme à la télévision jusqu’en 2006. Même le fascinant documentariste israélien, Amos Gitaï, qui se tourne de plus en plus vers la Fiction, en a donné une trilogie toute personnelle de 1991 à 1993 avec NAISSANCE D’UN GOLEM, L’ESPRIT DE L’EXIL et LE JARDIN PÉTRIFIÉ.

Plus forcément très actuelle, cette créature née de la culture hébraïque n’en reste pas moins perchée au Panthéon (ou aux portes d’un Temple de Prague) des Monstres Sacrés du Cinéma Fantastique d’hier et d’aujourd’hui.

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MONSTRES SACRES : Dr JEKYLL ET Mr HYDE

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Le Docteur Jekyll et Monsieur Hyde sont, d’abord, Le Bien contre Le Mal, le bon côté de la Force et sa face obscure, c’est aussi un peu du Ying mêlé de Yang et inversement, des thèmes universels sur les antagonismes qui se différencient pour mieux se compléter.

Plus proche de nous, Jekyll-Hyde c’est aussi, et bien sûr, un dédoublement de personnalité et plus précisément, le Trouble dissociatif de l’identité. Selon le « Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux », le trouble dissociatif de l’identité implique la présence de deux ou plusieurs identités ou « états de personnalité » distincts qui prennent tour à tour le contrôle du comportement du sujet, s’accompagnant d’une incapacité à évoquer des souvenirs personnels. Avant le XIXe siècle, des individus qui montraient des symptômes similaires pensaient être possédés par des esprits. C’est ce que démontre, en partie, le docu-fiction danois de Benjamin Christensen, de 1922, HAXÄN ou LA SORCELLERIE À TRAVERS LES ÂGES, dans lequel l’Inquisition moyenâgeuse est dénoncée comme une pure ânerie barbare aux yeux de la Science et de la Psychanalyse toute récente.

13011806093515263610771289 dans Monstres sacrésMais pour en revenir aux origines du dédoublement selon Jekyll et Hyde, elles prennent leurs sources dans « L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde » (aussi titré « L’Étrange Affaire du Dr Jekyll et de Mr Hyde »), un court roman (ou une longue nouvelle) de Robert Louis Stevenson publié en 1886.

Selon Stevenson, le Docteur Jekyll est un philanthrope obsédé par sa double personnalité, et il met au point une drogue pour séparer son bon côté de son mauvais. C’est ce dernier qui, nuit après nuit, prendra finalement le dessus et le transformera en monstrueux Monsieur Hyde.

On pourrait aujourd’hui imaginer l’auteur de ce récit, se questionnant sur lui-même, entre deux verres, entouré d’un côté par l’intelligentsia littéraire et poétique londonienne de la fin du XIXème, et de l’autre, par une certaine tendance victorienne à l’hypocrisie sociale. Et ainsi, Hyde devait naître…

« L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde » fut, à de très nombreuses reprises, adapté sur scène. Mais ce sont ses adaptations cinématographiques qui m’intéresseront ici. Personnellement, je n’ai jamais vu les versions de 1908 et de 1912, la première étant perdue à jamais (quoique…Un collectionneur nous la brandira peut-être, un de ces jours) et la seconde faisant partie du domaine public.

La version de John Stuart Robertson, datant de 1920, et interprétée par John Barrymore (le grand-père de Drew Barrymore, et grimé dans ce film, comme affectionnait l’être son contemporain, Lon Chaney), et dans le double rôle de Jekyll et Hyde, fait aujourd’hui partie des classiques du cinéma d’horreur des années 20.

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Les versions de Rouben Mamoulian (pour la Paramount, en 1931) et de Victor Fleming (pour la MGM, en 1941) sont plus intéressantes car retranscrites aux États-Unis dans les années 30-40, avec des valeurs très différentes. Le docteur Jekyll se voit désormais « affublé », à l’écran, d’une fiancée en attente de mariage. Les scénaristes semblent donc s’en être donnés à cœur joie de plonger Fredric March (qui s’est d’ailleurs mis un Oscar sous la cravate, grâce à son interprétation du rôle, en 1931) et Spencer Tracy (en 1941) alias Henry Jekyll, dans une profonde dualité inconsciente face aux responsabilités de l’engagement du mariage. Jekyll s’égare presque volontiers, sous les traits d’un Monsieur Hyde, qui préfère se fuir en épanouissant sa sexualité refoulée, et ceci à des années lumières de ce que donnent à voir les valeurs d’une bourgeoisie américaine qui se cherche une dignité, en pleine crise mondiale. Dans la version de 1931, le réalisateur Rouben Mamoulian pousse techniquement le vice en jouant sur le regard intérieur-extérieur de son personnage, en filmant une partie du film en « caméra subjective », Robert Fleming, quant à lui, préférant utiliser, pour la profondeur ambigüe de Jekyll-Hyde, les très grandes qualités de comédien de Spencer Tracy.

13011806153915263610771292Outre une parenthèse française en 1959, avec LE TESTAMENT DU DOCTEUR CORDELIER dans lequel Jean Renoir épure le mythe en retranscrivant de nouveau le roman de Stevensen, la Hammer Films anglaise, elle-même, préfère revenir, en 1961, à une adaptation plus libre, avec LES DEUX VISAGES DU DOCTEUR JEKYLL, réalisé par Terence Fisher, et interprété par Paul Massie.

Jerry Lewis donnera aussi sa version humoristique, en 1963, avec DOCTEUR JERRY ET MISTER LOVE.

Je ne m’étendrai pas sur tous les dérivés érotiques qu’un film comme DOCTEUR JEKYLL ET SISTER HYDE (1971, de Roy Ward Baker) engendrera en pleine montée de la Sexploitation puisque, la même année déjà, sortait THE ADULT VERSION OF JEKYLL & HYDE, de L. Ray Monde, dans lequel Jekyll (ou plutôt le Dr. Leeder, sous les traits de Jack Buddliner) semble très heureux de se découvrir un corps transformé si différent et si agréable, lorsqu’il prend les traits de Miss Hyde (la belle Jane Tsentas). Jusqu’au film de Gérard Kikoïne, interprété par un Anthony Perkins toujours aussi éthéré…

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D’autres nombreuses versions cinématographiques ont été adaptées plus ou moins librement du texte de Stevensen. Ou un moyen évident pour les scénaristes d’exploiter le sadisme et d’autres déviances inavouables pour ce Monstre Sacré du Cinéma Fantastique qu’est Monsieur Hyde, ce monstre de désinhibition derrière lequel semble vouloir éternellement se cacher, comme une ombre en plein jour, son alter-égo et, sûrement moins modeste qu’il semble vouloir le faire croire (va savoir avec ce corniaud-là que l’on nomme l’Être Humain…), le Docteur Jekyll.

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MONSTRES SACRES : LE LOUP-GAROU

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13011107394315263610749427 dans Monstres sacrésContrairement à sa compagne de plusieurs films, notre amie la Momie, le Loup-garou, autre Monstre Sacré du Fantastique, possède, par contre, un parcours beaucoup plus chaotique. Avec la Momie, au moins, on sait où on en est et on sait d’où elle vient (et généralement on sait aussi où elle finit par retourner). Par contre, pour ce qui concerne son compère la créature mi-homme, mi-loup, sa provenance et sa signification ont beaucoup évolué au cours des décennies cinématographiques.

Selon LE MONSTRE DE LONDRES, film de la Universal Pictures, sorti en 1935 et premier film sur ce thème, le loup-garou serait originaire des hauteurs asiatiques, du côté du Tibet. Les scénaristes voulaient sûrement faire de lui un lointain cousin du Yéti.

Puis selon LE LOUP-GAROU (1940) de George Waggner, la créature serait née de forces occultes, à tendances sataniques, dont les Gitans seraient les seuls détenteurs du secret de cette lointaine malédiction. Et Lon Chaney Jr. sera Larry Talbot, victime de Satan, se transformant malgré lui, à chaque pleine lune, pour aller égorger d’innocents badauds, sur 5 films de la Universal Pictures. C’est d’ailleurs cette version de la malédiction qui sera gardée pendant plusieurs années, de LA NUIT DU LOUP-GAROU (1961) de Terence Fisher, jusqu’aux films du genre produits par la Hammer Films, et ceci jusqu’aux années 70. Sans oublier la longue série des aventures de Waldemar Daninsky, tendant espagnol de Larry Talbot, et interprété par Paul Naschy, qui prolongera cette veine gothique jusqu’aux années 80 (voire jusqu’aux années 2000, si on y ajoute deux films tardifs).

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Comme pour la majorité des thèmes du Fantastique, les années 70 ont (et comme cela se déroule de nouveau dans les années 2000) contemporanisés le cinéma d’horreur, plaçant notre loup-garou dans un contexte plus actuel. Mais ce sera au tout début des années 80, avec HURLEMENTS et LE LOUP-GAROU DE LONDRES que notre créature rejaillira des zèderies des 70′s pour se rengorger de thèmes nouveaux. Dans HURLEMENTS, le loup-garou vit près de New-York, au sein d’une secte qui vise à s’émanciper par le sang. Tandis qu’avec LE LOUP-GAROU DE LONDRES, on revient, dans un sens, au texte classique de Conan Doyle (LE CHIEN DES BASKERVILLE), puisque la bête surgit du cœur des Landes où la population vit de croyances d’un autre âge, proches de celles du LOUP-GAROU de 1940. Et de l’autre, le Loup-garou est un Américain qui semble garder beaucoup de recul sur ce qui l’entoure en Angleterre, mais après s’être fait mordre par un animal, puis par une jeune femme du coin, il se voit tout de même et malgré lui, entraîné par l’univers british, en se transformant en monstre grâce à des effets spéciaux qui seront la base de ce que sont, encore aujourd’hui, avec les ajouts numériques en plus, les transformations de loups-garous au cinéma, d’UNDERWORLD jusqu’à DYLAN DOG.

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Pour en venir aux origines du mythe, et plus précisément à ses diverses interprétations, LA COMPAGNIE DES LOUPS (1984) de Neil Jordan et la trilogie canadienne des GINGER SNAPS en livrent des traductions plus freudiennes. On comprendra alors aisément qu’avec la crudité du cinéma d’horreur et l’évolution des mœurs familiales, le Loup-garou, ce vieux carnivore malicieux à la truffe aigüe, préférera délaisser les vierges asexuées et malgré leurs chaperons bien rouges, à son pote le romantique vampire, pour plutôt aller flairer du côté des jeunes femmes aux récentes menstruations qui hésitent beaucoup moins à crier au loup. Et comme le chaperon rouge de Tex Avery, ou encore la Reese Witherspoon de FREEWAY (1996, de Matthew Bright), c’est en terrassant la Bête que la chaperonnée parviendra enfin à éluder, d’un même geste souple, et comme dans un strike au bowling : l’invincible velu, puis son père, puis sa mère, et donc toute une petite société un peu oppressante pour elle…

13011107522115263610749446Une interprétation physiologique que laissait déjà légèrement sous-entendre la version pour les garçons, et de manière amusante, dans TEEN WOLF avec Michael J. Fox, où le jeune homme se débat avec son corps qui change morphologiquement malgré tous ses efforts pour tenir tête à cette terrible malédiction. Le WOLF (1996, de Mike Nichols) ajoutera une note sensorielle à cette transformation du corps, sous les traits d’un Jack Nicholson aérien.

Les années 2000 réorienteront le mythe avec la saga UNDERWORLD dans laquelle deux races immortelles et légendaires, les Lycans (l’abréviation de Lycanthropes ou loups-garous) et les Vampires, se livrent depuis des siècles un conflit ancestral sans merci, et à l’insu du regard des humains. Une saga à volets et un retour mythologique, en quelque sorte, pour un thème cinématographique qui a autant subi de transformations au cours des scénarios et des décennies, que ce Monstre Sacré ne semble pas en avoir terminé de reprendre du poil de la bête et de nous surprendre, sans protections, les nuits silencieuses de pleines lunes.

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Autres Monstres Sacrés présentés dans Les Échos d’Altaïr :

Alien / King Kong / Predator / Créature du Lac Noir / Mutant de Métaluna / Ymir / Molasar / Gremlins / Chose / Triffides / Darkness / Morlock / Créature de It ! The Terror from Beyond Space / Blob / Mouche / Créature de Frankenstein / Visiteurs / Martien de La Guerre des Mondes (1953) / E.T. / Pinhead / Michael Myers / Fu Manchu / Leatherface / Jason Voorhees / Tall Man / Damien Thorn / Toxic Avenger / Bruce : le grand requin blanc / La Momie

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MONSTRES SACRES : LA MOMIE

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S’il vous est déjà arrivé de tourner curieusement les pages du « Livre des Morts des Anciens Égyptiens », vous avez sûrement parcouru une suite de textes retranscrits de hiéroglyphes très anciens et gravés sur les tombeaux de monarques de l’Égypte Antique. Ces textes gravés sur la pierre des tombeaux, accompagnant une décoration minutieuse et organisée, jusqu’au sarcophage. Pensez aux baumes sacrés et parfumés avec lesquels les morts étaient enduits avant d’être bandés de la tête aux pieds puis placés dans un sarcophage orné de garnitures de grandes valeurs, les offrandes aux dieux placées ça et là, le tout, rituellement et minutieusement organisé pour un long voyage spirituel et initiatique du défunt vers le cheminement cosmogonique dans l’Ancienne Égypte polythéiste. À partir d’ici, il vous faudra vous remémorer vos lectures de collégiens sur Isis, Osiris et Compagnie, sinon vous risquez d’en perdre un épisode…

13010407224515263610724791 dans Monstres sacrésEt maintenant, imaginez des archéologues européens ou américains, bien des millénaires plus tard, débarquant sur la terre ancestrale avec leurs grosses bottes en caoutchouc achetées très bon marché chez Tati. Les voici, brisant inconsciemment de leur scepticisme scientifique bien que méthodique, cet infini déplacement mortuaire et spirituel vers les confins du Nil. Les voilà encore, qui pénètrent bruyamment le tombeau en question, euphoriques, avec leurs exclamations de joie victorieuse devant la découverte de taille. Puis les Profanes vont jusqu’à ouvrir le couvercle du sarcophage (généralement, il s’agit plus précisément du nigaud cupide du groupe qui a cette idée, et du coup, ça déculpabilise un peu le spectateur). Et ils réveillent enfin le dormeur éternel…

Et là, franchement, ça ne peut pas se passer comme ça… Alors, roulement de tambour…La musique démarre doucement avec de faux airs tragiques… On tamise légèrement l’éclairage…Le spectateur hésite entre l’un de ses deux fessiers pour se choisir un appui… Car il sait déjà, malgré la tranquillité de son petit salon ou de la salle de projection, il sait déjà que le film ne va pas se dérouler sans embûches. Et que lui aussi, il est un peu, malgré lui, ce Civilisé, un peu ignorant, que la Mémoire du Passé va pointer de son doigt inquisiteur et recouvert de vieux bandages pharmaceutiques poussiéreux et dégueulasses, pour lui dire : « Maintenant que tu m’as réveillé, ça va être ta fête ! ».  Et ainsi commence le célèbre mythe cinématographique de la Momie.

Outre les apparitions éparses de momies dans les vieilles bandes de Georges Méliès ou de ses contemporains, c’est la Universal Pictures qui ressuscita de la manière la plus spectaculaire, ladite momie en 1932 sous les traits de Boris Karloff, un comédien de talent que son interprétation grimée de la créature de Frankenstein ne laissait pas encore entrevoir une once de qualité d’acteur. Et qui mieux que Karl Freund, l’ancien chef opérateur attitré du mouvement cinématographique et graphique de l’Expressionnisme allemand, alors en exil aux États-Unis, pouvait retranscrire un tel univers ancestral ombrageux anéanti par la profanation ?

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La Momie vengeresse éprouva une belle et longue histoire d’amour avec le cinéma, à travers les années. Et ceci, autant en Angleterre, sous les traits de Christopher Lee (LA MALÉDICTION DES PHARAONS, 1959) ou de la pulpeuse Valérie Leon (BLOOD FROM THE MUMMY’S TOMB, 1971), en Espagne avec Paul Naschy (LA VENGEANCE DE LA MOMIE, 1973), jusqu’aux récentes aventures humoristiques américaines du post-Indiana Jones, Brendan Fraser/Rick O’Connell, face au Grand Prêtre Imhotep (LA MOMIE, 1999, LE RETOUR DE LA MOMIE, 2001, LA TOMBE DE L’EMPEREUR DRAGON, 2008…). Et j’en passe… Mais à chaque film, un nouvel univers graphique d’époque, et peu importe le budget du métrage. Et à chaque intrigue, une nouvelle inexorable malédiction que le sacrilège de la profanation éveille immanquablement dans une nouvelle profonde colère immémoriale.

Loin d’être en reste, le cinéma d’horreur mexicain des années 50-70 a adapté le mythe du tombeau profané et de la momie à l’aide d’un alter-égo ancestral : la momie de la civilisation aztèque. Santo, le lutteur masqué, héros national mexicain, affrontera lui aussi des hordes de momies aztèques dans SANTO ET LES MOMIES DE GUANAJUATO en 1972.

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Je n’établirai aucune liste complète du film de Momie, d’ailleurs j’en serai franchement incapable, mais en conclusion, je la présenterai comme un des grands Monstres Sacrés du Cinéma Fantastique. Mais aussi comme le mort-vivant le plus âgé du Cinéma, comme de l’Humanité d’ailleurs. Elle est le Patriarche (ou la Matriarche) de n’importe lequel de nos vampires, ou de tous les zombies-templiers d’Espagne et d’Amérique, et même du vieux zombie conquistador de L’ENFER DES ZOMBIES Elle est un mort-vivant si bien conservé, après ces milliers d’années à rêver, que le trouble de son réveil assez brutal, ne peut être qu’incommensurable. Pourtant, la Momie est encore loin de se rendormir et de terminer son lointain voyage le long de rives du Nil, puisque la Universal Pictures annonce une MOMIE 4 (LA MOMIE : L’ASCENSION DE L’AZTÈQUE) pour 2013, avec le même Brendan Fraser.

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MONSTRES SACRES : BRUCE, LE GRAND REQUIN BLANC

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C’est derrière ce joli petit nom que se cache le plus terrifiant de tous les poissons de l’histoire du cinéma : le grand requin blanc des DENTS DE LA MER de Steven Spielberg (JAWS, 1975) ! Bruce… Pourquoi Bruce ? L’équipe du film avait décidé de faire un clin d’œil à l’avocat de Spielberg, Bruce Ramer. Subtil… De là à dire que les avocats américains sont tous des requins… je vous laisse seul juge…

Bruce débute sa longue histoire en 1975, dans le chef-d’œuvre de Steven Spielberg, JAWS (littéralement « Mâchoires »), adaptation à l’écran du best-seller éponyme de Peter Benchley. L’histoire est simple : un grand requin blanc de belle taille (7,5 mètres de long) terrorise la petite ville côtière d’Amity. Après de multiples attaques, une chasse est organisée. Le chef de police Martin Brody (Roy Scheider) et le jeune biologiste marin Matt Hooper (Richard Dreyfuss) embarquent à bord de l’Orca, un vieux rafiot dirigé par Quint (Robert Shaw), baroudeur des mers et chasseur de requins expérimenté. Cette traque en plein océan nous offrira parmi les plus belles séquences de suspense qui soient. Le succès du film fera date dans l’histoire du cinéma (et transformera les plages en déserts, plus personne n’osant désormais s’y baigner !).

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Succès oblige, une suite relativement correcte sera réalisée par Jeannot Swarc (intitulée sobrement LES DENTS DE LA MER 2 / JAWS 2) où un descendant de Bruce revient hanter les eaux d’Amity. On y retrouve le même casting. Re-succès, donc re-suite avec… LES DENTS DE LA MER 3, (JAWS 3-D car tourné en 3D d’époque) gros nanar sorti en 1983 et réalisé par Joe Alves. Décidément, les descendants de Bruce en veulent à la famille Brody, du moins ce qu’il en reste (les deux frères), car celle-ci se voit à nouveau menacée par un jeune requin blanc… Et comme le ridicule ne tue pas, nous aurons droit aux DENTS DE LA MER 4 : LA REVANCHE, en 1987 (JAWS 4 : THE REVENGE), film réalisé par Joseph Sargent. On y retrouve Lorraine Gary dans le rôle d’Ellen Brody, avec la participation de Michael Caine. L’histoire est affolante : Ellen est en relation psychique avec le grand requin blanc et comprend que celui-ci désire éliminer les Brody jusqu’au dernier… Si d’autres films ont ensuite pris l’appellation DENTS DE LA MER (notamment un JAWS 5 : CRUEL JAWS de Bruno Mattei, 1995), ils n’ont absolument plus rien à voir avec la franchise. Ouf ! Il était temps pour Bruce et ses descendants de prendre une retraite bien méritée !

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Bruce, notre grand requin blanc mécanique, fut réalisé par le concepteur du calmar géant de VINGT MILLE LIEUES SOUS LES MERS de Walt Disney, Robert Mattey. Trois modèles animatroniques en polyuréthane furent ainsi fabriqués grâce aux schémas de Joe Alves, chaque requin coûtant la bagatelle de 250 000 dollars ! Cependant l’équipe du film n’ayant au préalable effectué aucun test sous l’eau, certains modèles coulèrent alors que d’autres virent leur système hydraulique exploser… Steven Spielberg connut ainsi toutes les misères du monde pour parvenir à filmer ses séquences aquatiques en compagnie de sa vedette, Bruce. Le tournage prit quelques semaines supplémentaires qui coûtèrent plusieurs millions à la production, mais quand on connaît le succès prodigieux du film à sa sortie…

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MONSTRES SACRES : TOXIC AVENGER

MONSTRES SACRES : TOXIC AVENGER dans Cinéma bis 14050303003115263612199975

12120608023415263610633587 dans Cinéma bis américain

Melvin Junko est le balayeur de la piscine municipale de Tromaville. Son physique ingrat et ses bégaiements en font la cible des quolibets de la bande à Bozo, un psychopathe ultra-névrosé prenant son pied à écraser des enfants au volant de sa décapotable, et ceci sous forme de jeu (qui rappelle le principe de LA COURSE À LA MORT DE L’AN 2000 de Paul Bartel). Cela jusqu’au jour où Bozo ira trop loin en faisant miroiter au naïf Melvin, un rendez-vous érotique avec une stupide et pulpeuse bimbo, et il l’acculera, piégé et affublé d’un collant, d’un tutu et de son sempiternel balais, à se jeter dans un baril de matière radioactive en fusion. De ce cocktail sulfureux, Melvin « re-naîtra » défiguré et déformé à vie, sous la forme d’un Monstre qui fera désormais régner, armé de son balais-chiottes, l’ordre et la justice à Tromaville. Il devient alors : le Toxic Avenger (aussi ironiquement appelé « Toxie »).

Il faut avouer que le thème du film et de ses trois suites, ne placera pas un adepte de Gilles Deleuze en lévitation méditative. Mais ce simple sujet (et efficace), mêlé d’une pointe d’érotisme, d’un peu de légèreté adolescente et d’un humour lourdingue (tellement lourdingue que le film en devient même drôle) sont la recette du succès de ce film, en VHS, au milieu des années 80. C’est aussi le succès de ce film qui permit à Troma Entertainment, une petite firme indépendante productrice de séries Z et née, au début des années 1970, du cerveau farfelu du réalisateur Lloyd Kaufman, de devenir l’égale en distribution de firmes indépendantes plus anciennes mais affirmées, comme celles de Roger Corman ou de Charles Band. TROMA, en tant que distributeur, en profitera même pour racheter certaines productions Corman.

12120608044415263610633589 dans Monstres sacrésTOXIC AVENGER parodiant les histoires de super-héros fut créé par Lloyd Kaufman lui-même, et le film fut réalisé à l’aide de Michael Herz qui est aussi l’un des producteurs du film et co-réalisateur des épisodes 2 et 3 sortis, tous deux, en 1989. Lloyd Kaufman tournera seul le dernier volet, sorti en 2000 sous le titre CITIZEN TOXIE : THE TOXIC AVENGER 4.

Un remake de TOXIC AVENGER serait annoncé, mis prochainement en chantier par le producteur Akiva Goldsman (JE SUIS UNE LÉGENDE, HANCOCK). Info ou Intox ? Je ne fais que reprendre des rumeurs circulant sur le web. Autre rumeur « Pour son grand retour, il devrait être transformé en super héros écolo et « seulement » être interdit au moins de 13 ans aux États-Unis. »

D’autres rumeurs annonceraient aussi que ce serait Lloyd Kaufman, lui-même, qui préparerait cette sortie, sous la forme d’un épisode 5.

Néanmoins, l’aventure de TOXIE ne s’est pas reposée sur ses lauriers passés, puisqu’en 2009, un opéra-rock a même été créé et a tourné sur New-York :

http://www.allmusicals.com/t/toxicavengerthe.htm

Dans la culture de la musique électronique qui puise souvent dans des cultures qui nous sont plus proches sur Les Échos d’Altaïr, comme le heavy-metal ou le cinéma fantastique, on trouve le DJ français TOXIC AVENGER qui fait beaucoup référence, lors de ses concerts et pour ses créations musicales, au cinéma bis et/ou à petits budgets.

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Pour conclure cet article, il est évident qu’alors que Troma Entertainment a toujours l’air d’en être à ses tous derniers balbutiements, TOXIC AVENGER dit TOXIE, ce Monstre Sacré qui a mis en lumière ses créateurs, il y a presque trente ans de ça, semble ne pas vouloir encore se laisser enterrer, laissant ainsi comme un continuel sursis à Kaufman et à sa bande.

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MONSTRES SACRES : DAMIEN THORN

MONSTRES SACRES : DAMIEN THORN dans Cinéma 14050303003115263612199975

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Damien Thorn est né à Rome, le 6 juin 1966 à 6 heures du matin. Les étranges circonstances de sa naissance et les coïncidences des chiffres font référence à 666, le nombre de la Bête qui est contenu dans l’Apocalypse de Jean, au chapitre 13, verset 18.

Juste pour le plaisir, les versets 17 et 18, en grec ancien, sont les suivants :

« 17 καὶ ἵνα μή τις δύνηται ἀγοράσαι ἢ πωλῆσαι εἰ μὴ ὁ ἔχων τὸ χάραγμα, τὸ ὄνομα τοῦ θηρίου ἢ τὸν ἀριθμὸν τοῦ ὀνόματος αὐτοῦ. 18 ὧδε ἡ σοφία ἐστίν· ὁ ἔχων νοῦν ψηφισάτω τὸν ἀριθμὸν τοῦ θηρίου, ἀριθμὸς γὰρ ἀνθρώπου ἐστίν· καὶ ὁ ἀριθμὸς αὐτοῦ ἑξακόσιοι ἑξήκοντα ἕξ »

Et la traduction œcuménique de la Bible donne pour les versets 15 à 18 :

« Il lui fut donné d’animer l’image de la bête, de sorte qu’elle ait même la parole et fasse mettre à mort quiconque n’adorerait pas l’image de la bête. À tous, petits et grands, riches et pauvres, hommes libres et esclaves, elle impose une marque sur la main droite ou sur le front. Et nul ne pourra acheter ou vendre, s’il ne porte la marque, le nom de la bête ou le chiffre de son nom. C’est le moment d’avoir du discernement : celui qui a de l’intelligence, qu’il interprète le chiffre de la bête, car c’est un chiffre d’homme : et son chiffre est six cent soixante-six. »

Damien Thorn est donc l’Antéchrist qui fait figure d’imposteur maléfique en tentant de se substituer à Jésus Christ. Ce personnage inspiré de la Bible a été créé par le scénariste David Seltzer pour le film de Richard Donner, THE OMEN (LA MALÉDICTION). Pour ajouter une note scientifique à cet article des Échos d’Altaïr, le principe du scénario de ce classique de l’épouvante prend sa source effrayante dans l’hexakosioihexekontahexaphobie, mot grec qui désigne toute angoisse qui tire son origine du verset 13:18, du rapport à Satan et à l’Antéchrist et aux forces occultes.

12112907541315263610607033 dans Monstres sacrésPour en revenir à la trame du film, Robert Thorn est ambassadeur des États-Unis à Londres. Plusieurs décès tragiques et étranges ont lieu dans son entourage. C’est alors que Keith Jennings, un photographe, puis un prêtre, le père Brennan, finissent par convaincre Thorn que son fils Damien, adopté à sa naissance à l’insu de sa femme qui venait de faire une fausse couche, n’est autre que l’Antéchrist. Ainsi débute l’intrigue d’une trilogie religieuse extraordinaire, durant laquelle Damien évolue de l’Enfance (LA MALÉDICTION, 1976), l’Adolescence (DAMIEN, LA MALÉDICTION 2, 1978), à l’Âge adulte (LA MALÉDICTION FINALE, 1981) en infiltrant un noyau politicien pour ainsi dominer le monde, par la force du Mal.

Un quatrième opus, complètement inutile et racoleur, a aussi été réalisé en 1991 et est sorti sous le titre OMEN 4, THE AWAKENING (LA MALÉDICTION 4, L’ÉVEIL), mais Damien Thorn n’y apparaît pas.

Suite au succès du second épisode de la trilogie, l’American International Pictures de Roger Corman engrangera le premier volet d’une longue saga, celle des AMITYVILLE, LA MAISON DU DIABLE, en 1979.

12112907561715263610607034 dans TrapardPersonnellement, le premier épisode de LA MALÉDICTION me semble être né de la toute première scène de L’EXORCISTE de William Friedkin, du passage même des éboulis dans une grotte, lors de fouilles archéologiques. Le film de Friedkin étant sorti deux années auparavant et ayant engendré une multitude de dérivés, italiens surtout.

Outre l’adaptation sous forme de romans des scénarii de David Seltzer, Damien Thorn est aussi apparu en 1977, sous forme de personnage de bande dessinée, dans le magazine de contre-culture américain, Mad.

Pour faire plaisir à Morbius, j’ajouterai aussi que la musique du film, très effrayante, fut révolutionnaire car pour la première fois, le compositeur Jerry Goldsmith eut recours à des choeurs maléfiques qui chantent une messe en latin à la gloire de Satan. La Malédiction remporta l’Oscar de la meilleure musique de film en 1977. La musique de Goldsmith est loin d’avoir laissé indifférente la culture du Metal puisque le groupe Savatage a écrit une chanson dédiée à Damien sur l’album Edge of Thorn, en 1992. C’est aussi le cas du groupe Iced Earth sur Horror Show en 2001. Un groupe de Heavy Metal de la firme culte Roadrunner Records, se baptisera carrément Damien Thorn, en 1986 :

(http://horriblenoise.blogspot.fr/2008/06/damien-thorne-sign-of-jackal-lp.html)

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Pour conclure, cet article, LA MALÉDICTION engendrera une réactualisation en 2006, avec le remake 666 : LA MALÉDICTION de John Moore.

Les trois comédiens qui se sont succédés dans la trilogie sont Harvey Stephens, Jonathan Scott-Taylor et Sam Neill. Seamus Davey-Fitzpatrick est aussi le Damien Thorn du 666 : LA MALÉDICTION de 2006.

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MONSTRES SACRES : TALL MAN

MONSTRES SACRES : TALL MAN dans Cinéma 14050303003115263612199975

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The Tall Man, dont le nom de baptême est Jebediah Morningside, est le directeur et gardien d’une morgue très particulière dont on découvre les différentes facettes morbides et surnaturelles tout le long des quatre épisodes des PHANTASM.

Le créateur du Tall Man est Don Coscarelli, réalisateur hollywoodien autant attelé au cinéma bis qu’à un univers marginal et personnel, mais presque toujours fantastique et horrifique (DAR L’INVINCIBLE, 1982, BUBBA HO-TEP, 2002).

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C’est le comédien américain en fin de carrière et de taille imposante (d’où le choix du rôle) Angus Scrimm qui interprète ce personnage à la fois mystérieux et effrayant. Le Tall Man est le reflet le plus morbide et du coup, le plus abstrait, cinématographiquement parlant, de l’image de la conscience collective du gardien de morgue d’un petit bled paumé du fin fond des États-Unis. Très différent de son collègue Zé do Caixão, issu du cinéma brésilien de José Mojica Marins dans les années 60, mais sûrement plus troublant et infernal que son aïeul. Toujours propre sur lui, vêtu de noir à l’ancienne, et engoncé dans un uniforme des pompes funèbres qui semble exister depuis l’ancien ouest-américain, ou plus encore, depuis la nuit des temps des funérailles européennes. Et de par sa taille gigantesque et sa force peu estimée, Tall Man déplace des cercueils pleins sous le bras et se déplace à une vitesse incroyable, apparaissant toujours là où l’on ne voudrait pas le (re)voir. Petit à petit, le long des épisodes, on lui découvre une autre identité, celle d’un maître des clés d’une passerelle entre le monde de la mort ressuscitée et le nôtre. Et pour protéger cette frontière entre l’Enfer et nous, le Tall Man est entouré d’une armada de ghoules naines nées de cadavres humains. Mais aussi de boules métalliques volantes et plus meurtrières les unes que les autres, les scénarii des quatre films débordant à chaque fois de trouvailles quant aux aspects tranchants et perçants de chaque boule métallique en question.

Mystérieux, surnaturel, inhumain, insaisissable, The Tall Man est sûrement l’un des Monstres Sacrés les plus curieux et les plus intéressants du Cinéma d’Horreur.

- Trapard -

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Alien / King Kong / Predator / Créature du Lac Noir / Mutant de Métaluna / Ymir / Molasar / Gremlins / Chose / Triffides / Darkness / Morlock / Créature de It ! The Terror from Beyond Space / Blob / Mouche / Créature de Frankenstein / Visiteurs / Martien de La Guerre des Mondes (1953) / E.T. / Pinhead / Michael Myers / Fu Manchu / Leatherface / Jason Voorhees

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