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Monstres sacrés : la Créature du lac noir

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Monstres de tous poils et créatures plus ou moins horribles du cinéma fantastique et de science-fiction seront les vedettes de cette nouvelle catégorie : « Monstres sacrés » ! Qu’elles appartiennent au domaine du « craignos », qu’elles soient ringardes ou très réalistes, qu’elles s’habillent de latex ou de numérique, ces bêtes de scène nous ont fait (et nous font encore !) rêver ou cauchemarder. Certaines ont déjà été accueillies dans Les Echos d’Altaïr grâce au « Dictionnaire altaïrien », ainsi : l’Alien, le Predator et King Kong (1976). On n’y reviendra pas, et nous les inscrivons d’office dans la catégorie « Monstres sacrés » !

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J’ouvre cette nouvelle catégorie avec l’une des créatures les plus célèbres du cinéma fantastique : la Créature du lac noir. C’est incontestablement LA créature la plus réussie des anées 1950, celle du film tourné en relief anaglyphe L’ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR (CREATURE FROM THE BLACK LAGOON / Jack Arnold / 1954), un classique du genre. Le film raconte l’expédition amazonienne d’une mission scientifique à la recherche de fossiles d’une étrange créature aquatique mi-poisson mi-humaine, chaînon manquant entre l’homme et le poisson. Alors que l’équipe croyait la créature éteinte depuis fort longtemps, elle découvre un spécimen encore vivant et doit faire face à son hostilité.

Pourquoi la créature du lac noir est-elle si exceptionnelle par rapport aux consoeurs de son époque ? Tout simplement à cause de sa conception, très élaborée, qui ne la réduit pas à une vulgaire bestiole de plus à rajouter au bataillon des créatures involontairement hilarantes, comme il en pleuvait dans les fifties ! On est loin, très loin, d’un monstre de pacotille. Son apparence d’homme-poisson fort réussie est le résultat d’une équipe de spécialistes des effets spéciaux de maquillage de la Universal. Le producteur du film, William Alland, souhaitait lui conférer l’aspect d’un monstre « à la fois beau et triste ». Un peu comme dans KING KONG, la Créature va s’éprendre d’une belle jeune femme, mais elle devra affronter les hommes et sera finalement tuée à la fin du film. De magnifiques séquences sous-marines furent tournées, dont une particulièrement célèbre pour son évocation érotique où l’on voit la Créature observer la jeune femme tout en nageant sous elle.

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Le costume de caoutchouc coûta la bagatelle de 15 000 dollars, une fortune pour l’époque. Deux comédiens furent employés pour la Créature : Ricou Browning, plongeur-cascadeur, s’occupa des séquences aquatiques tournées en Floride, alors que Ben Chapman incarna la Créature hors de l’eau.

La Créature du lac noir connut un tel succès qu’elle entra instantanément au panthéon des monstres sacrés d’Hollywood, en compagnie de Dracula, la créature de Frankenstein, la momie et le loup-garou ! Deux autres films furent tournés avec elle : LA REVANCHE DE LA CREATURE (REVENGE OF THE CREATURE / Jack Arnold / 1955) et LA CREATURE EST PARMI NOUS (THE CREATURE WALKS AMONG US / John Sherwood / 1956). Elle revint également faire quelques apparitions vedette dans d’autres films et connut même un  »lifting » dans THE MONSTER SQUAD (Fred Dekker / 1987). Enfin, un remake de L’ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR est annoncé depuis des années.

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L’avis des spécialistes :

« Le but de la Bête est toujours de conquérir la Belle (jeune fille / vierge), celui du jeune héros de sauver celle-ci en tuant celle-là. Dans le christianisme, on retrouve l’affrontement de la Femme / Vierge et du Démon / Serpent. Mais le cinéma « fantastique » a donné au mythe une structure définitive, où la projection-identification du spectateur et de la spectatrice assume une fonction précise. Les amours à épisodes de la Créature, homme-poisson couvert d’écailles L’ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR, LA REVANCHE DE LA CREATURE, LA CREATURE EST PARMI NOUS, (…) relèvent dans ce domaine du plus élémentaire premier degré. » (Gérard Lenne / Le cinéma fantastique et ses mythologies 1895-1970 / éd. Henri Veyrier)

« Ces trois films témoignent de l’acharnement malfaisant des humains envers tout ce qui est différent, et le calvaire que subit le monstre, capturé au filet, garrotté, frappé à coups de bâton, fusillé, tailladé, ne peut laisser indifférent le spectateur, surtout que Jack Arnold, cinéaste humaniste, ne cache pas sa sympathie pour l’amphibien – même si les héros humains semblent avoir la part belle. En somme, la Créature est un lointain petit cousin de King Kong, dont il n’est pas tout à fait indigne, au moins dans les intentions. » (Jean-Pierre Andrevon & Alain Schlockoff / Cent monstres du cinéma fantastique / éd. Jacques Glénat)

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Sources : Wikipédia, 80 grands succès du cinéma fantastique, Keep watching the skies !



Dictionnaire altaïrien : P comme… Predator !

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lettrep.gifPulps… Planète Interdite… Price Vincent… Planète des Singes… Predator, le rasta galactique ! Quelle belle gueule que celui-là ! Apparu en 1987 aux côtés de Schwarzenegger auquel il donnera une belle raclée, le Predator est instantanément devenu une créature culte au même titre que l’Alien grâce à son look original et sa taille imposante. Intelligent, rapide et rusé, il en fera voir de toutes les couleurs à de pauvres humains, devenus ses proies, dans une chasse à mort à travers la jungle.

Contrairement à l’Alien, le Predator dispose d’armes sophistiquées car c’est un chasseur avant tout. Bénéficiant d’une technologie avancée, il utilise un casque analyseur avec vision infrarouge, son amplifié et viseur intégré, et chasse avec des armes si variées et puissantes qu’elles ridiculisent celles des pauvres humains que nous sommes. Conçu par le regretté Stan Winston, le Predator a été incarné à l’écran par Kevin Peter Hall (2,20 m). Le film Predator a connu une suite beaucoup moins intéressante en 1990, Predator 2 (original comme titre…). Mais notre Predator est depuis quelques années devenu le grand combattant des Aliens dans Alien vs. Predator en 2004 et Alien vs. Predator : Requiem en 2007, car dans le film Predator 2 on pouvait apercevoir, à bord du vaisseau du Predator, un crâne d’Alien exposé parmi les trophées de chasse, donc le Predator avait déjà rencontré la race des Aliens ! Tous les fans de l’Alien et du Predator fantasmèrent des années durant sur cette rencontre au sommet entre les deux monstres sacrés du cinéma ! Une BD est d’abord parue, puis Alien vs. Predator est enfin sorti au cinéma… Alors que l’on s’attendait à un film extraordinaire le résultat fut une déception monumentale, et sa suite encore plus…

On nous annonce pour cette année le film Predators, qui reprend tout à zéro… J’aimerais bien savoir pourquoi mon p’tit doigt me dit de me méfier ?… A quand des Predators largués sur Hollywood pour une belle chasse aux producteurs en manque d’idées ?…

Pour en savoir énormément sur la chasse et les rites des Predators que l’on appelle aussi « Yautja » :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Yautja

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Dictionnaire altaïrien : K comme… King Kong !

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lettrek.gifKing Stephen… Klein Gérard… Klaatu… Kirk James T… King Kong, la 8e Merveille du Monde ! Quel acteur d’envergure ! Un peu trop poilu, plutôt grand… très grand même… avec des manières assez brusques. Peu bavard, il apprécie les jeunes femmes en quête de célébrité. Il les rendra d’ailleurs célèbres sans le vouloir.

King Kong est apparu en 1933 dans le film d’Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper devenu aujourd’hui un classique, que dis-je, un monument du cinéma fantastique. King Kong a depuis tourné dans une dizaine de films, du Fils de King Kong à King Kong contre Godzilla en passant par deux remakes, l’un de John Guillermin en 1976 et l’autre plus récent signé Peter Jackson, en 2005. Kong n’a pas pris une ride. Les poils, ça conserve. Son meilleur rôle demeure pour moi dans le remake tant critiqué de John Guillermin. Je n’ai jamais autant pleuré étant gosse pour la mort du gorille géant… On pourra dire tout ce que l’on voudra, Fay Wray est glaciale tout au long du King Kong de 1933 et n’exprime aucun sentiment envers Kong. Alors que la version de 1976, avec Jessica Lange, est beaucoup plus humaine, par moments « bestiale » il est vrai aussi, mais là au moins on sait que la Belle aime la Bête. Certes, dans cette version, King Kong semble parfois atteint de graves rhumatismes. Raide comme une statue, il est tout juste capable de lever un bras et de le baisser, même pas cap de tourner la tête. Le docteur Carlo Rambaldi est décidément un piètre docteur… Mais dans les séquences où Rick Baker l’incarne, Kong est des plus impressionnants lorsqu’il frappe sur sa poitrine ou lorsqu’il hurle à pleins poumons, et son visage est des plus expressifs, on peut y lire l’étonnement, la colère, l’amusement ou encore l’amour.

Dans le film de Peter Jackson, Kong est encore plus crédible que jamais malgré ses poils presque grisonnants. C’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire la grimace : ses impressionnants combats contre des T-Rex le prouvent. Et les sentiments passent mieux, encore une fois, que dans la version de 1933…

Mais la plus belle mort de Kong est celle tournée par John Guillermin en 1976 où, abattu par les tirs des hélicoptères, Kong s’écrase au pied du World Trade Center. Sous les flashes des photographes, il agonise. Son coeur bat lentement, de plus en plus lentement, jusqu’à s’arrêter… Dwan (Jessica Lange) pleure, je pleure, et plus encore lorsque la musique de John Barry entame son émouvant générique de fin…

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Dictionnaire altaïrien : A comme… Alien !

lettrea.gifJ’ouvre aujourd’hui le petit dictionnaire altaïrien qui va s’étaler, vous vous en douter, sur vingt-six jours ! Pour chaque lettre de l’alphabet, une créature, un film, un livre, un personnage, un événement, un objet, une série, un auteur, un réalisateur, un artiste… peu importe, du moment que c’est lié à l’Imaginaire, de près ou de loin, et que cela m’inspire !

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Altaïr ?… Arctarus ?… Albator ?… Alderaan ?… Alpha ?… non, Alien bien sûr ! Impossible de ne pas en parler ! Alien le chef-d’oeuvre réalisé en 1979 par le talentueux Ridley Scott, Alien l’incomparable créature conçue par l’étonnant Giger, artiste de l’Etrange à l’origine de ce monstre qui fera frémir les salles comme jamais aucun autre avant lui. Je me demande vraiment à quoi aurait pu ressembler l’Alien sans Giger ?… A voir les premières ébauches de la créature par d’autres artistes, et même si certaines peuvent paraître quelque peu intéressantes, aucune, absolument aucune ne possèdera jamais cette apparence aussi aussi dérangeante car tellement crédible et si éloignée de tout ce que l’on aurait pu s’attendre à voir ! L’Alien porte bien son nom, « alien », traduction quasi impossible en français, « étranger » s’y rapprochant à peine, « alien » aujourd’hui employé presque couramment, même en français, pour désigner n’importe quel extraterrestre.

Pour incarner cette noble créature, il fallait un acteur suffisamment grand et maigre ! Il sera trouvé en la personne de Bolaji Badejo. « Membre de la tribu africaine des Masai et étudiant en arts graphiques en Angleterre, il décida que ça ne le dérangerait pas de faire une apparition dans un film, même s’il devait être totalement méconnaissable ». Il mesurait, paraît-il, deux mètres quarante ! Et bien sûr ce sera à Giger de lui conférer toute son incroyable apparence : « Comme d’habitude dans tout ce que je fais, j’ai donné une apparence biomécanique à ma créature », dit-il. « En partant du moule de plâtre, je me suis servi de Plasticine, de caoutchouc, de tuyaux nervurés, et de plusieurs trucs mécaniques comme du fil électrique. Le costume est entièrement translucide ; la tête est en fibre de verre. Il fallait aussi une grande souplesse parce que l’Alien adopte diverses attitudes et doit parfois bondir très vite, comme un insecte. »

Le résultat est aujourd’hui celui que l’on connaît, incomparable et, bien sûr, complètement inégalé depuis. Désolé pour le Prédator, même si c’est une belle bête celui-là aussi !

Sources : Métal Hurlant Hors Série Alien

Pour en savoir davantage sur les oeuvres de Giger : http://monratsappelledagon.unblog.fr/tag/peintre/

Et un site entièrement dédié à la saga des Aliens : http://www.planete-alien.net/



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