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Archive pour la catégorie « Science-fiction »

CITATION CÉLÈBRE : LES HOMMES STELLAIRES

CITATION CÉLÈBRE : LES HOMMES STELLAIRES dans Citation célèbre 1aDhIb-hommes« Il y avait une ville au-delà de la factorerie, également édifiée toute en cristal et située sur de la roche noire émergeant de la vase. De grosses plantes, qui ressemblaient à de la vigne, poussaient un peu partout, portant des fruits en forme de bulbe. Une odeur écœurante de pourriture flottait sur le tout, et il régnait une chaleur moite, oppressante. »

(Les Hommes Stellaires – Leigh Brackett)



BLADE RUNNER – 1992, 2029, 2049

BLADE RUNNER - 1992, 2029, 2049 dans Cinéma jdoeIb-br2

De Philip K. DICK à Ridley SCOTT

Aux yeux des amateurs, Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? et Blade Runner ne bénéficient pas forcément du même statut. Le roman de Philip K. Dick est considéré kmoeIb-br1 dans Dossieravant tout comme un bon cru de son auteur, parmi d’autres - Ubik, Le Maître du Haut Château - tandis que le film de Ridley Scott, après un démarrage difficile dans les salles obscures, a acquis le statut de chef-d’œuvre incontournable du cinéma de science-fiction et constitue sans doute l’une des œuvres les plus abouties du réalisateur d’Alien.

Se pose alors une question : en dépit de ses qualités manifestes, le roman aurait-il aujourd’hui la même notoriété sans l’influence, toujours vivace, du long-métrage ? Une chose est sûre, l’utilisation du film comme argument de vente s’est rapidement imposée aux éditeurs qui, non contents d’en exploiter l’affiche comme illustration de couverture, phénomène marketing somme toute courant, sont allés jusqu’à modifier le titre (traduit initialement en France par Robot Blues), ainsi que toutes les occurrences de l’expression « chasseur de primes » présentes dans le roman, par celle de « Blade Runner », elle-même empruntée à William Burrough par les scénaristes du film. Néanmoins, la dernière édition en date, proposée par les éditions J’ai lu, a rétabli Rick Deckard dans RnoeIb-br3 dans Littératureses fonctions originelles et replacé Les Androïdes rêvent-ils de moutons électrique ? en sous-titre sur la couverture… mais pas au dos d’un roman qui s’intitule donc toujours officiellement : Blade Runner.

Alors, Les Androïdes est-il le roman de Dick qui a inspiré un film, ou seulement un roman dont est tiré le film de Scott ? La réponse se trouve sans doute dans un de ces univers alternatifs dont l’écrivain avait le secret. Ce qui ne doit pas nous empêcher d’examiner les deux œuvres pour mieux comprendre la nature des liens qui les unissent… ou des innovations scénaristiques (nombreuses) qui les distinguent.

De San Francisco…

L’histoire des Androïdes se déroule en 1992, un futur relativement proche lors de la publication du roman en 1968.

kqoeIb-br4 dans Science-fictionÀ la suite de la Dernière Guerre Nucléaire – dont plus personne ne sait pourquoi, ni par qui, elle a été déclenchée – d’importantes retombées radioactives ont rendu la plupart des terres inhabitables. Première conséquence liée à ce conflit planétaire, une grande partie de la population a émigré vers les colonies martiennes. Parmi les hommes qui ne les ont pas rejointes, se distinguent deux catégories d’individus : les Normaux, qui ne peuvent se résoudre à abandonner la Terre et les Spéciaux, que les retombées ont rendus inaptes à la « préservation de l’espèce » et se sont vus refuser l’accès aux colonies. Seconde conséquence, la plupart des animaux sont morts et les quelques spécimens ayant survécu, ou leurs copies synthétiques, occupent désormais une place prépondérante dans la société. Troisième et dernière conséquence, pour faciliter le développement des colonies, l’humanité a mis au point des androïdes organiques capables de survivre dans n’importe quel environnement. Ces derniers sont devenus un argument commercial supplémentaire pour inciter à l’émigration, chaque colon s’en voyant attribuer un pour son usage personnel. Les androïdes sont strictement interdits sur Terre et dépourvus d’empathie, ce qui permet de les détecter grâce à des tests sensés provoquer une réponse émotionnelle (le Voigt-Kampff) ou un arc réflexe du système nerveux (le Boneli).

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En dépit de son contexte post-nucléaire, le monde décrit par Dick ne s’inscrit pas vraiment dans l’imagerie traditionnelle de ce sous-genre de la science-fiction, décliné dvoeIb-br6aujourd’hui jusqu’à l’écœurement, pour la simple raison que dans les années 60 (et même si Dick s’y était déjà essayé brillamment en 1953 avec sa nouvelle Le Grand O), le genre post-apocalyptique n’avait pas encore acquis la visibilité, ni la popularité, que devaient lui offrir des œuvres séminales telles que les Mad Max de George Miller, à la fin des 70′s. Exit donc la société effondrée, survivant dans les ruines du vieux monde à l’agonie. Même si de nombreux territoires ont été laissés à l’abandon et qu’il flotte constamment dans le ciel de San Francisco des nuages de particules radioactives, la plupart des habitants semblent vivre dans un relatif confort et disposer d’une technologie pour le moins sophistiquée, héritée tout droit de la SF de l’Âge d’or : aéromobiles, pistolets laser, orgues d’humeur, animaux électriques, mais également télévision, la vie des gens s’articulant essentiellement autour de deux programmes ultra-médiatiques : le talk-show de l’Ami Buster et le Mercerisme.

WyoeIb-br7Si le premier apparaît comme le pendant débridé des célèbres émissions de Jerry Springer, le second s’apparente davantage à une nouvelle forme de religion, dont le message impacte toute l’humanité, sur Terre comme sur Mars. Grâce à une console, baptisée « boîte à empathie », les adeptes du Mercerisme peuvent partager pensées et sensations (on parle d’ailleurs de « fusion physique ») à travers l’esprit de Wilbur Mercer, vieillard condamné à gravir inlassablement le flanc d’une colline, sous les jets de pierres d’ennemis invisibles. Ce culte de l’Ascension, inaccessible à ceux qui ne prennent pas soin d’un animal – vivant, si possible, ou au pire synthétique… ce qui n’est pas franchement bien vu – explique la véritable fixation qui s’est développée sur Terre autour de la possession d’un animal domestique. D’autant qu’y déroger dénote une attitude immorale, voire une absence suspecte d’empathie.

… à Los Angeles

U1oeIb-br8Le film de Ridley Scott laisse de côté San Francisco, peut-être trop connectée à l’univers personnel de Dick, ainsi qu’à la contre-culture hippie. Initialement, son film devait se situer à New York, mais une scène se déroulant dans le 2nd Street Tunnel, aisément reconnaissable à l’écran (par le public américain !), l’intrigue fut transposée à Los Angeles. En réalité, cette localisation n’a pas vraiment d’importance, puisque c’est avant tout un nouvel archétype de la ville du futur que Scott nous propose, personnage à part entière de son film, à l’instar de la Metropolis de Fritz Lang ou de la cité souterraine, imaginée par Moebius pour sa bande dessinée The Long Tomorrow. Surpeuplé, inhumain, plongé dans une nuit éternelle, délavé par des pluies incessantes, le Los Angeles de Blade Runner apparaît sans conteste comme la première réussite du film, à tel point qu’il constitue encore aujourd’hui le modèle architectural indépassable pour tout artiste désireux de représenter un environnement urbain futuriste esthétiquement acceptable.

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Ce changement de lieu s’accompagne également d’un changement d’époque. Forcément, en 1982, l’échéance posée par Dick risque de paraître un peu trop proche aux spectateurs pour rester crédible. Se déroulant en novembre 2019 (c’est à nous, maintenant, que l’échéance semble courte), Blade Runner ne conserve du background, décrit dans le roman, que les éléments saillants : comment le 85oeIb-br10monde en est-il arrivé à un tel état de délabrement ? Où se situent les « colonies de l’espace » ? Pourquoi une partie de la population a-t-elle choisi de rester sur Terre ? Charge au spectateur de remplir le hors-cadre avec ses propres conjectures.

Si les références au Mercerisme – ainsi qu’à l’Ami Buster – sont toutes évacuées du film, les animaux continuent en revanche d’y jouer un rôle important, quoique de second plan. Cristallisateurs, chez Dick, de l’empathie humaine et centre de leurs attentions (en somme, tout ce qui est refusé aux androïdes), ils semblent désormais se confondre avec les Réplicants dans une sorte de relation totémique : le regard de Roy Batty et celui du hibou de la Tyrell Corporation, Zhora trahie par les écailles de son serpent, Deckard comparé à un poisson froid par sa propre voix-off, avant que celle-ci ne soit retirée des versions director’s cut du film. 

Du chasseur de primes…

Dans son récit, Philip K. Dick nous offre de suivre deux intrigues parallèles, développées à parts quasiment égales : celle de Rick Deckard et celle de John R. Isidore.

48oeIb-br11Deckard est un Normal, marié et chasseur de primes de second rang. Lorsque son collègue Dave Holden se retrouve à l’hôpital, après une mauvaise rencontre avec un androïde de classe Nexus-6 qu’il était chargé de « retirer », Deckard récupère le dossier. Il y voit l’opportunité de remporter assez d’argent pour s’offrir, ainsi qu’à sa femme, un véritable animal de compagnie. De fait, le couple ne dispose au début de l’histoire, que d’un mouton électrique, symbole artificiel d’une quête de respectabilité vis-à-vis de ses voisins, d’un désir de se conformer aux normes morales imposées par le Mercerisme, ainsi qu’aux valeurs familiales en donnant l’illusion d’une union épanouie dont les rapports  sont en fait régulés artificiellement (on n’en sort pas) par un « orgue d’humeur ».

Ainsi, l’enquête de Deckard, qui s’étend sur une seule journée, s’apparente davantage à un voyage initiatique qui se conclura par une Ascension, à la fois physique et spirituelle. Entrant en relation avec divers personnages : Rachael (la nièce d’Eldon Rosen, dont la fondation a conçu les Nexus-6), la chanteuse d’opéra Luba Luft ou encore le chasseur de primes Phil Resch, le héros va être amené à se reconnecter avec ses émotions, à modifier les sentiments qu’il éprouve pour ses semblables, qu’ils soient humains ou synthétiques, et à prendre conscience du caractère éphémère de la vie. Autant de transformations intérieures matérialisées par fBoeIb-br12un crapaud, autre animal-totem, que Deckard ramasse dans le désert pour le ramener chez lui.

John R. Isidore apparaît comme le pendant, en négatif, de Rick Deckard. C’est un Spécial qui travaille comme chauffeur-livreur pour une clinique vétérinaire, spécialisée dans la réparation d’animaux synthétiques. A la différence du chasseur de primes, il est l’unique occupant d’un immeuble délabré, situé dans un quartier en marge du centre-ville. Isidore ne possède pas d’animal, mais est décrit comme un fervent adepte du Mercerisme. Les deux personnages vont partager deux expériences déterminantes en tombant amoureux du même modèle d’androïde (Pris/Rachael) et en ayant chacun sa vision de Wilbur Mercer. Ces expériences les conduiront toutefois à des prises de consciences opposées : une volonté de revenir vers ses semblables pour Isidore et la tentation d’aller mourir seul, dans les terres désolées du Nord, pour Deckard.

… au Blade Runner

Le film conserve la structure binaire du roman, sans l’appuyer de façon aussi explicite. Rick Deckard n’a plus rien du petit fonctionnaire, somme toute banal, décrit par Dick. Il est devenu une nouvelle incarnation du privé de roman noir à la Hammett. De son passé, de ses motivations, le scénario nous livre le minimum, distillant çà et là quelques indices qui permettent à l’imagination de gambader, d’échafauder diverses théories. La version originelle de 1982 nous apprenait qu’il avait été marié et que sa femme l’avait quitté. Le director’s cut s’en dispense. Dans tous les cas, une grande question subsiste, à laquelle Ridley Scott et Harrison Ford ont chacun apporté leurs réponses contradictoires : le personnage est-il vraiment humain ?

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À l’autre bout de la ville, loin de l’appartement-grotte du Blade Runner mutique, J.R. Isidore est devenu J.F. Sebastian. Le chauffeur-livreur s’est transformé en un brillant généticien. Pour autant, il vit lui aussi comme un paria dans les ruines du Bradbury Hotel, entouré par une cour d’automates qu’il s’est lui-même fabriquée pour tromper sa solitude. J.F. est rendu « spécial » par le biais d’une maladie génétique (le syndrôme de Mathusalem) qui le fait vieillir prématurément, comme les Nexus-6 à l’élaboration desquels il a contribué. Ironiquement, cette dégénérescence génétique lui interdit tout espoir de rejoindre un jour les colonies de l’espace. Comme son modèle littéraire, le personnage va tomber sous le charme manipulateur de Pris, la belle androïde, mais l’intrigue s’en débarrassera un peu trop rapidement, dès lors qu’il aura servi le dessein de Roy Batty, en l’aidant, malgré lui, à rencontrer son créateur, Eldon Tyrell. Parce qu’au final, dans Blade Runner, les véritables héros sont plus les machines que les hommes.

Des androïdes… 

jHoeIb-br14Les androïdes de Philip K. Dick rêvent-ils seulement de moutons électriques ? Si l’on en croit ce que raconte leur meneur Roy Batty à J.R. Isidore, ils en ont surtout eu assez de subir les tâches ingrates auxquelles les humains les soumettaient dans les colonies et ne supportaient plus de se sentir moins importants à leurs yeux que la plus insignifiante araignée. En venant sur Terre, ils aspirent à se mêler à la population et à vivre comme tout un chacun. Malheureusement, certains membres du groupe vont opter pour des professions peu discrètes – policier, chanteuse d’opéra… – qui faciliteront leurs pertes.

Dick décrit ses androïdes comme des êtres froids et méthodiques, mais non dépourvus de personnalités. Leur rôle consiste avant tout à permettre à Deckard d’évoluer d’un rapport de soumission à l’empathie, telle que prêchée par le Mercerisme, à une perception beaucoup plus contradictoire, autrement dit plus « humaine », de ses sentiments. Comment concilier le fait que la société commande de prendre soin d’un animal (même synthétique), tout en jugeant nécessaire l’exécution de machines pourtant capables d’une certaine forme d’émotion ? Qui est le plus humain, de l’androïde qui cherche à vivre comme tout le monde et du chasseur de primes qui les abat sans remords ? Peut-on aimer un(e) androïde ? 

… aux Réplicants

Les quatre Réplicants de Blade Runner ont une toute autre motivation. Ils reviennent sur Terre pour y retrouver leur créateur, le dirigeant de la Tyrell Corporation, afin de lui demander d’augmenter leur espérance de vie, limitée à quatre ans (une donnée déjà présente dans le roman, sans qu’elle paraisse véritablement affecter les androïdes). Batty et Léon mènent donc leur petite enquête qui, grâce à Pris, va les conduire à J.F. Sebastian, gardien de la pyramide-sanctuaire, dans laquelle s’est retranché Eldon Tyrell. Les motivations et, par là même, la fonction narrative des androïdes changent donc profondément en passant du support à un autre.

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Dans le film, le rapport de force s’inverse. Les Réplicants ne sont plus présentés comme des jalons dans l’évolution personnelle de Deckard. C’est le Blade Runner lui-même qui va offrir à Batty l’opportunité de se réaliser en tant qu’être sensible, lorsque la machine, devenue figure christique, jusque dans les clous qu’elle se plante dans la paume des mains, choisit finalement de sauver l’Homme d’une mort certaine, au prix d’un geste de bonté purement désintéressé.

De Ridley SCOTT à Denis VILLENEUVE : Blade Runner 2049 (2017)

En venant « retirer » le Nexus 8 Sapper Morton dans le complexe agricole où il se cache depuis des années, l’officier K. (Ryan Gosling), découvre une malle enterrée au pied d’un arbre 0LoeIb-br15mort. Examinée par le service scientifique du LAPD, la boîte de Pandore révèle l’incroyable secret qui y a été déposé : des ossements humains appartenant à une femme artificielle morte pendant son accouchement. Devant l’ampleur de cette découverte, et craignant qu’elle ne soit exploitée par un groupe de rebelles répliquants que la police de Los Angeles tente en vain de démanteler, le Lieutenant Joshi (Robin Wright) ordonne à K., lui-même un nouveau modèle de Répliquant programmé pour servir docilement ses maîtres, de retrouver la trace de l’enfant et, s’il vit toujours, de le supprimer. L’existence de ce chaînon manquant entre humains et machines intéresse également Niander Wallace (Jared Leto), dont la société produit l’alimentation qui a permis à l’humanité de se maintenir après le terrible Black Out, et assure la fabrication des Nexus, depuis la faillite de la Tyrell Corporation.

Le scénario de Michael Logan Green est l’adaptation d’un traitement écrit, sous forme de nouvelle, par Hampton Fancher, scénariste du premier Blade Runner. Celui-ci a utilisé, en accord avec Ridley Scott (producteur de BR2049), le prologue du complexe agricole, abandonné en 1982 pour des raisons de temps et de budget. En réintégrant la scène d’ouverture originelle de Blade Runner et en reprenant à grands traits la trame de ce dernier, tout en restant accessible aux spectateurs qui ne l’ont jamais vu, Villeneuve et Scott ont fait de BR2049 une œuvre singulière, à la fois suite et relecture de l’originale.

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Si l’on en croit les informations disséminées dans la presse spécialisée, il semblerait que la volonté de renouer avec l’esprit de Blade Runner incombe avant tout à Scott. Problème. La réussite de son film tenait moins à la profondeur de l’enquête menée par Deckard, pur hommage au film noir américain, qu’à l’alchimie inattendue de divers talents et sources d’inspirations : kQoeIb-br16le roman de Philip K. Dick, le scénario de Fancher et David Peoples, le design imaginé par Syd Mead, les effets spéciaux de Douglas Trumbull, l’esprit du magazine Métal Hurlant et les dessins de Moebius, les interprétations à fleur de peau de Ford et de Rutger Hauer, la musique lancinante de Vangelis et enfin la capacité de Scott à canaliser toute cette énergie créatrice dans une mise en scène irréprochable. Tenter de ressusciter cette magie était certes louable, mais somme toute utopique, l’énergie qui peut galvaniser une équipe sur un tournage ne se commandant pas. Il n’y a qu’à comparer les bonus du Hobbit avec ceux du Seigneur des Anneaux pour s’en convaincre.

Blade Runner était un film lent, souvent contemplatif, ponctué de scènes d’action aussi fugaces que violentes. Villeneuve, par respect pour son matériau d’origine, mais peut-être aussi poussé par les exigences de son producteur et la volonté honorable de rompre avec les montages souvent hystériques des blockbusters actuels, a malheureusement tendance à entraîner BR2049 sur la pente dangereuse de l’auto-contemplation (l’interminable scène d’investigation l’orphelinat). Noyés dans le courant d’une intrigue qui n’a parfois pas grand-chose à dire, mais s’étire malgré tout au-delà du raisonnable, comme si cet étirement était sa seule raison d’être, la plupart des personnages finissent eux aussi par s’y dissoudre, et leurs motivations par perdre en netteté, y compris Deckard qui n’arrive jamais à justifier sa présence dans le film au-delà de son rôle de McGuffin.

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Pour autant, si l’on peut regretter la difficulté de BR2049 à trouver un rythme satisfaisant et à donner à ses personnages des motivations claires, il faut reconnaître que le film de Villeneuve apparaît comme une véritable réussite visuelle qui permet au spectateur de prolonger l’exploration des bas quartiers de Los Angeles, rongés par le smog et les pluies acides, et s’offre même plusieurs escapades vers de nouveaux territoires – le fameux complexe agricole, les ruines de San Diego et celles de Las Vegas – qui contribuent à réduire l’écart avec le roman de Dick. Pour le coup, le réalisateur a le bon goût de ne pas jouer la carte de la surenchère numérique, ni de l’esbroufe pyrotechnique et se réapproprie avec élégance l’esthétique à la fois déliquescente et ultra-technologique (l’architecture organique de la Wallace Corporation) de son modèle.

6VoeIb-br18BR2049 n’aurait-il donc à offrir que sa magnifique esthétique et une poignée de scènes réussies (ce qui le placerait déjà, haut la main, au-dessus de l’embarrassant Ghost in the Shell de Rupert Sanders) ? Heureusement non, grâce à Joe K., héros kafkaïen en qui l’inexpressivité du jeu de Ryan Gosling fait merveille. Blade Runner soumis aux ordres d’une supérieure tyrannique, K. est un androïde qui accepte sa condition et trompe sa solitude avec Joi (Ana de Armas), un plantureux hologramme. L’enquête qu’il va mener pour retrouver l’enfant de Rachael l’entraînera de désillusion en désillusion. En dépit de tout ces revers, K. va parvenir à se hisser au-dessus de sa condition de machine et accomplir un acte de total liberté en réunissant un père et sa fille. A l’image du film de Villeneuve, il est un produit qui se cherche une légitimité et finit, peut-être, par la trouver comme passeur de relais entre l’ancienne génération – Deckard, le Blade Runner de Scott et, au-delà, ses aficionados – et la nouvelle, celle qui découvre cet univers par le biais de BR2049. Un méta-héros au service d’une œuvre parfois maladroite, mais généreuse, qui laisse entrevoir un renouveau bienvenu de la science-fiction sur grand écran.

 - Le Hangar Cosmique -

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ROBOT-CRAIGNOS (112)

ROBOT-CRAIGNOS (112) dans Robot-craignos 13061310000015263611288446

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Je crois qu’on trouvera peu de robots plus craignos que celui-ci avec son allure de corbeille de salle de bain en plastique et son sourire bricolé avec trois bouts de moquette synthétique. Il est plus ou moins le héros du film post-apocalyptique et pornographique, STAR VIRGIN (1979).

L’intrigue du film : Un robot explique le sexe à la dernière personne vivante sur terre, permettant une reconstitution complète du jardin d’Éden…

19061912560115263616278893 dans TrapardSeul le début du film est un pastiche de science-fiction, le reste étant constitué d’une succession de scènes hards. Le réalisateur de STAR VIRGIN n’est autre que Howard Ziehm, à qui l’on doit un certain nombre de parodies X à l’humour rock’n'roll comme CITY OF SIN (1971) parodiant la série DRAGNET (1967-1970), ou NAUGHTY NETWORK (1981) parodiant M*A*S*H (1970). Mais on lui doit surtout l’incroyable mais soft FLESH GORDON (1974) co-réalisé avec son compère de plusieurs tournages, Michael Benveniste. FLESH GORDON possédait déjà un bestiaire extraterrestre extravagant ainsi qu’une armée de robots aux sexes redoutables qui ont dû inspirer un certain Shin’ya Tsukamoto pour son TETSUO (1989).

En revanche, le robot de STAR VIRGIN n’a pas dû laisser de traces indélébiles dans l’histoire de la science-fiction, l’alibi du film de Howard Ziehm étant se focaliser sur une vierge seule perdue au milieu d’un monde déserté et refaisant le monde du X dans sa tête. Et au vu de sa filmographie, les vierges nymphomanes (!!) semblent être légions dans l’imaginaire de Mister Ziehm (VIRGIN RUNAWAY, MONA THE VIRGIN NYMPH, THE INCREDIBLE BODY SNATCHERS…).

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Le cinéma indépendant d’Howard Ziehm n’est pas extraordinaire, mais il nous reste au moins son humour débridé qui fit les belles années de la firme Troma.

- Trapard -

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MONSTRES SACRÉS : SIL

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SIL

Une civilisation extraterrestre répond aux messages envoyés par le SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence). Elle donne à la Terre la combinaison permettant de joindre de l’ADN extraterrestre à de l’ADN humain. Une équipe gouvernementale américaine débute l’expérience génétique sur un des cents ovules expérimentaux, préférant opter pour un embryon féminin. En effet, l’équipe pense qu’un hybride femelle sera plus docile et contrôlable.

Baptisé Sil, l’hybride connaît une croissance accélérée. Âgé d’une douzaine d’années, il parvient à s’échapper du laboratoire de recherche alors que les scientifiques s’apprêtaient à le détruire. Désormais en liberté, Sil poursuit sa croissance et devient une femme d’une vingtaine d’années dont le seul but est de s’accoupler afin d’assurer sa descendance et de permettre ainsi la domination de la Terre. 

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Extrêmement agile et rapide, et dotée d’une force extraordinaire, Sil est une redoutable créature qui n’hésite pas à tuer de sang froid tout individu faisant obstacle à sa mission. Son apparence humaine est celle d’une jeune femme blonde à la beauté sensuelle. En réalité, Sil est une sorte de créature reptilienne humanoïde dotée de tentacules répréhensibles et d’épines dorsales.

19060909191515263616266781 dans Science-fictionSil apparaît dans le film LA MUTANTE (Species, 1994) réalisé par Roger Donaldson. La créature hybride est jouée par la superbe Natasha Henstridge (mannequin et actrice canadienne, spécialiste des arts martiaux et ceinture noire de taekwondo…). L’apparence reptilienne de Sil a été conçue par le grand Giger, déjà à l’origine de l’un des monstres les plus célèbres de toute l’histoire du cinéma, l’Alien.

Natasha Henstridge reprendra son rôle de la créature dans deux autres suites : LA MUTANTE 2 (1998) et LA MUTANTE 3 (directement sorti en vidéo en 2004).

- Morbius – (morbius501@gmail.com)

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CITATION CÉLÈBRE : LA HANSE GALACTIQUE

CITATION CÉLÈBRE : LA HANSE GALACTIQUE dans Citation célèbre 19052909304315263616254556« C’était un anachronisme d’avoir une réceptionniste humaine dans ce bureau de plastique lumineux, au milieu de machines qui se parlaient en clignotant entre des colonnes de jade disparaissant dans des hauteurs obscures… mais un anachronisme des plus agréables quand on considérait les longues jambes et les cheveux d’un roux flamboyant de la réceptionniste. Le capitaine Torres se planta devant elle et déclina son identité. Comme il parcourait du regard ses galbes somptueux, il tomba en arrêt devant le pistolet à fléchettes passé à sa ceinture… »

(La Hanse Galactique – t.1 : Les Princes Marchands – Poul Anderson)



CITATION CÉLÈBRE : LE GUIDE DU VOYAGEUR GALACTIQUE – TOME 3

CITATION CÉLÈBRE : LE GUIDE DU VOYAGEUR GALACTIQUE - TOME 3 dans Citation célèbre 19040209214315263616184694« D’après mon médecin, je souffre d’une malformation de la glande altruiste assortie d’une déficience de la fibre morale et en conséquence je suis dispensé de sauver les Univers. »

(Le Guide du Voyageur Galactique – Tome 3 / Douglas Adams)



2312 – de Kim Stanley Robinson (2012)

2312 - de Kim Stanley Robinson (2012) dans Le Hangar Cosmique 14072703494415263612413227

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Kim Stanley Robinson restera certainement dans les annales de la science-fiction pour sa Trilogie martienne, seuls bouquins parmi la vingtaine qu’il a écrit à ce jour, à traîner encore sur les rayonnages de la Fnac et des espaces culturels Leclerc. Une œuvre-monde, « planétaire » pourrait-on dire sans abus de langage, qui envisage la colonisation de la Planète Rouge (puis Verte, puis Bleue) avec un tel luxe de détails qu’on applaudit encore bien bas ses lecteurs capables d’immersion dans un récit d’une telle ampleur, à une époque où, Internet oblige, notre capacité d’attention se rapproche dangereusement de celle d’une crevette d’Encelade (s’il s’avère, un jour, qu’elles existent).

19031705350315263616162089 dans Science-fictionInitialement, et comme il le confiait dans un entretien accordé à la revue Structo, l’aède du régolite voulait juste raconter une histoire d’amour entre une Mercurienne et un Saturnien, aux sens astrologique et astronomique des termes. Pour que le public adhère à ce concept, il lui a fallu inventer « one more future history ». Le bonhomme s’intéressant notamment à la science, sans pour autant sombrer dans la technophilie béate, à la politique (de gauche) et à l’écologie, 2312 lui offrait l’opportunité de décrire une utopie plausible comme cadre à son intrigue. Un cadre et pas seulement un arrière-plan.

En effet, le roman se compose de courts chapitres – à deux exceptions près, lesquelles se font d’ailleurs écho – qui alternent entre fiction pure : l’enquête de Swan (la Mercurienne) et Warham (le Saturnien) pour tenter de déterminer la cause d’un acte terroriste perpétré contre une cité mercurienne, cela va bien au-delà, mais on va la faire courte, et bribes de documents futuristes ayant trait à l’histoire du système solaire, à la bio-ingénierie, à l’astronomie et autres procédés de terraformation. Évidemment, chapitres narratifs et encyclopédiques s’articulent de manière à former une trame suffisamment cohérente, et captivante, pour que le lecteur arrive à remplir par lui-même, les zones d’ombre laissées par l’auteur.

19031705370915263616162090Nul ne sait si, dans trois siècles, l’humanité aura effectivement colonisé le système solaire, ni si elle voyagera à bord de gigantesques astéroïdes-terrariums, mais une chose est sûre : si un homme du futur tombe sur le roman de Robinson, il constatera qu’au début du 21e siècle, les préoccupations de ses ancêtres tournaient autour de la crainte du réchauffement climatique, du développement de l’intelligence artificielle et de la nécessaire collaboration entre les peuples. Parviendra-t-il à se reconnaître dans ces personnages post-humains, portés au rang de demi-dieux par le pouvoir du génie génétique, détachés des contingence spatiales, temporelles, matérielles et de sexuation ? Si c’est le cas, l’écrivain aura prouvé, à titre posthume, qu’il avait su pressentir l’évolution de notre espèce. Sur ce point, on pourra dire que son œuvre faisait bien preuve de la « véracité parfaite » vantée sur la quatrième de couverture des éditions Actes Sud.

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2312 connaîtra-t-il un jour la notoriété d’un 1984 ? Difficile à croire, pour passionnant qu’il est. En attendant, il reste un brillant roman de science-fiction, qui – conformément à la définition du genre qu’en proposait John W. Campbell au début des années 1960 – permet au lecteur « d’envisager le passé, le présent et l’avenir depuis un point de vue différent, et de réfléchir à la façon dont nous pourrions agir autrement » en formant « un système d’analogie commode pour réfléchir à de nouvelles idées scientifiques, sociales et économiques, et pour réexaminer de vieilles idées ».

- Le Hangar Cosmique -

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SPACE COMMAND : L’ÉPISODE PILOTE

SPACE COMMAND : L'ÉPISODE PILOTE dans Science-fiction 19030808261515263616149936

Si vous n’avez jamais entendu parler de SPACE COMMAND, c’est normal. Il s’agit d’une série de science-fiction financée par des fonds participatifs et destinée uniquement aux aficionados du genre space opera ! Le premier épisode de près d’une heure est disponible gratuitement sur YouTube depuis le 1er janvier 2019 avec des acteurs issus de STAR TREK et de BABYLON 5, alors ne nous privons pas !

SPACE COMMAND est une création de Marc Scott Zicree, qui a travaillé sur quelques-unes des plus prestigieuses séries de science-fiction (BABYLON 5, STAR TREK : THE NEXT GENERATION, STAR TREK : DEEP SPACE NINE, THE NEW TWILIGHT ZONE…) et qui est un fan absolu de la SF rétro de l’âge d’or des pulps, de celle des films des années 1950 comme PLANÈTE INTERDITE, LES SURVIVANTS DE L’INFINI ou LE JOUR OÙ LA TERRE S’ARRÊTA, mais aussi de celle du début des années 1960 avec, pour la télévision, LA QUATRIÈME DIMENSION ou AU-DELÀ DU RÉEL (THE OUTER LIMITS). Il est à ce propos l’auteur du livre de référence The Twilight Zone Companion.

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Les Échos d’Altaïr avaient déjà consacré en 2012 un article sur le projet balbutiant de SPACE COMMAND, disponible ICI. Nous vous conseillons vivement de le lire si vous souhaitez en apprendre davantage sur les origines de la série. Cependant si SPACE COMMAND opte pour un virage à 180° en délaissant finalement la SF rétro pour sa version high-tech, elle en conserve, heureusement, le fameux sense of wonder et aussi ses vaisseaux fusées !

Et quelle brochette d’acteurs ! Marc Scott Zicree (qui aime se faire surnommer Mr. Sci-Fi…) a tout bonnement employé les services de… Robert Picardo (STAR TREK : VOYAGER), Bruce Boxleitner (TRON, BABYLON 5…), Milra Furlan (BABYLON 5), Bill Mumy (PERDUS DANS L’ESPACE, la série des 60′s, BABYLON 5) et Doug Jones (Saru dans STAR TREK : DISCOVERY, LA FORME DE L’EAU…) ! Un plaisir de les retrouver tous !

Si cet épisode pilote de SPACE COMMAND s’avère un peu bavard (il faut dire que comprendre la V.O. n’arrange pas les choses…), parfois très hésitant en matière d’effets spéciaux (néanmoins la scène d’ouverture est plutôt réussie) et flanqué d’une musique atroce, on peut saluer le courage de Marc Scott Zicree d’avoir su mener à bien son fabuleux projet en s’aidant non seulement d’acteurs chevronnés mais aussi d’une équipe de techniciens assez doués pour nous offrir un spectacle fort sympathique. On attend la suite !

- Morbius – (morbius501@gmail.com)

L’ÉPISODE PILOTE COMPLET (EN V.O.S.T.) :

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ROBOT-COOL (52) : LES NON-LINÉAIRES

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Comme leur nom l’indique, les « Non-Linéaires » sont différents, et dans le cas de la co-production polonaise, estonienne et ukrainienne, L’ENQUÊTE DU PILOTE PIRX (1978), ils sont différents des humains. Différents, mais pourtant parfaitement identiques physiquement, d’où leur côté cool. Mais ce serait présomptueux de ma part de les considérer comme cools parce qu’ils ressemblent aux humains. Mais c’est justement parce que les humains ne peuvent pas les dissocier que les « non-linéaires » sont parfaits.

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L’intrigue du film : Le commandant Pirx est sollicité pour prendre le commandement d’un vol spatial à destination de Saturne. La mission officielle consiste à mettre en orbite deux satellites autour de la planète en évitant les anneaux. Mais en réalité le but de la mission consiste à tester la fiabilité d’un nouveau produit électronique : des androïdes parfaitement identiques à des être humains mais dotés d’une force physique et d’un pouvoir de cognition bien supérieurs. Le commandant du vaisseau spatial et les membres de l’équipage devront ignorer qui est un « non-linéaire » et qui est un humain. Le commandant Pirx d’abord réticent, accepte finalement la mission lorsqu’il est victime d’une tentative de meurtre…

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Donc un an avant que l’androïde Ash sème la paranoïa dans le vaisseau Nostromo, L’ENQUÊTE DU PILOTE PIRX animait déjà le même sentiment mais avec plusieurs androïdes indissociables des passagers humains au sein du vaisseau Goliath que vous pouvez apercevoir ici https://pics.imcdb.org/0is227/statek7dg8.8394.jpg et ici https://pics.imcdb.org/0is227/statek9ub2.5230.jpg . L’enquête du commandant Pirx, parallèlement à sa mission, consiste donc malgré lui à les démasquer. À moins qu’ils ne se démasquent eux-mêmes. Leur but étant de réussir leur mission en faisant preuve d’une sociabilité sans faille pour pouvoir participer à des missions plus importantes, quitte à montrer leur dévouement à Pirx. Mais alors que les passagers du Goliath constatent le sabotage du système, Pirx découvre un enregistrement anonyme réalisé par un non-linéaire » qui dévoile ses véritables intentions : éliminer les humains en faisant croire à un accident et ramener seul l’appareil sur Terre afin de démontrer l’importance des siens…

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Ainsi, il règne dans le film un peu de cette paranoïa en huis-clos qui était déjà présente dans les adaptations de SOLARIS de Stanisław Lem. L’ENQUÊTE DU PILOTE PIRX étant adapté de la nouvelle « Rozprawa » (L’audience) du même Stanisław Lem, par le réalisateur Marek Piestrak.

- Trapard -

Autres vedettes de la catégorie Robot-Cool :

 Robby / Maximilian / Hector / Gort / Twiki / Cylon / Maria / Robot (Perdus dans l’Espace) / V.I.N.CENT / Tobor / Robot de Silent Running / Androïde de MondwestC-3PO et R2-D2 / Terminator / Data / Androïdes de THX-1138 / Robocop / Steve Austin et Jaimie Sommers / Numéro 5 / Ilia / Robot-John / Nono / WALL-E / Robot Bikini / A.P.E.X. / Peepo / Chalmer / REM / Servante du Gardien / Danguard Ace /Géant de Fer / Protector 101 Killbot / Robot de Total Recall (2012) / Mechagodzilla / Zero / Inspecteur Gadget / MARK 13 / AMEE / Goldorak / Robot Sentry / Marvin / Olga / Questor / Robot de Xenogenesis / Robots de Pyrite / Evolver / Mycènes / Yoyo / Bio-droïdes / Bender / Isaac / K-Tron

Robot « cool » ou « craignos » ?

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ALITA : BATTLE ANGEL – LA CRITIQUE

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Synopsis

Lorsqu’Alita se réveille sans aucun souvenir de qui elle est, dans un futur qu’elle ne reconnaît pas, elle est accueillie par Ido, un médecin qui comprend que derrière ce corps de cyborg abandonné, se cache une jeune femme au passé extraordinaire. Ce n’est que lorsque les forces dangereuses et corrompues qui gèrent la ville d’Iron City se lancent à sa poursuite qu’Alita découvre la clé de son passé – elle a des capacités de combat uniques, que ceux qui détiennent le pouvoir veulent absolument maîtriser. Si elle réussit à leur échapper, elle pourrait sauver ses amis, sa famille, et le monde qu’elle a appris à aimer.

Voilà plusieurs années que James Cameron a annoncé la mise en chantier de l’Œuvre Culte de Yukito Kishiro. Las, ses multiples projets l’ont obligé à reporter sans cesse cette adaptation ô combien attendu des fans, multipliant au passage le risque d’augmenter les déçus. Et je sais de quoi je parle : dire que j’apprécie Gunnm est très en dessous de la vérité… Je suis un fan de la première heure et la belle Gally a passé de nombreuses heures sous mes doigts. Autant dire que j’attendais ce film avec une grande impatience (une très grande même) et c’est ainsi que j’ai tout fait pour assister au plus vite à une séance de diffusion, en ayant tout de même une énorme appréhension sur la déception que j’allais peut-être vivre.

Alors, cette adaptation américaine est-elle à la hauteur des attentes des fans ? Sera-t-elle juste bonne à oublier très rapidement ? Qu’y ai-je donc bien trouvé pour sortir (enfin) de ma retraite et vous proposer cette critique ? Mais surtout, la Raclette est-elle meilleure lorsqu’elle est poivrée ? Autant de questions auxquelles je vais m’efforcer de répondre ici (SANS SPOILER) et pas ailleurs : sur Les Échos d’Altaïr. Accrochez-vous bien à votre déjeuner, c’est parti !

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De Gunnm à Alita

Avant de nous attaquer au film, un petit rappel sur le manga Gunnm s’impose.

Gunnm est une série de mangas de Yukito Kishiro en neuf volumes. La version française est publiée en intégralité par Glénat entre 1995 et 1998. Gunnm est la première série de l’auteur et également celle qui le révèle au Japon.

Les deux premiers tomes de Gunnm sont adaptés en deux OAV en 1993 et commercialisés en français sous format VHS en 1995. Le manga connait également une suite alternative, Gunnm Last Order, publiée entre 2000 et 2014, ainsi qu’une troisième série, Gunnm Mars Chronicle, en cours de publication. L’univers de Gunnm est également enrichi par un roman sorti en 1997, par le jeu vidéo Gunnm Kasei no kioku sorti en 1998, ainsi que par deux mangas inspirés de l’histoire principale, le one shot Ashman et le recueil d’histoires courtes Gunnm Other Stories, sortis respectivement en 1997 et en 2007.

En 2003, le réalisateur James Cameron annonce la préproduction d’une adaptation de Gunnm dont il a acquis les droits plusieurs années auparavant. Fin 2008, l’artiste numérique Mark Goerner affirme qu’il travaille sur le projet depuis environ un an et demi mais que, bien qu’une bonne partie de la préproduction soit terminée, aucune sortie n’est alors programmée même après la sortie du film AVATAR.

En 2009, James Cameron déclare que le travail sur AVATAR, avec les différentes technologies utilisées, est bénéfique pour l’adaptation de Gunnm, et que l’équipe de production possède déjà un bon scénario et a réalisé beaucoup de travail sur le design. Il déclare quelque temps plus tard qu’il souhaite adapter les premiers chapitres du récit, notamment le motorball. En 2013, la production du film est annoncée pour 2017, après la sortie du deuxième volet de la franchise AVATAR.

Finalement, les quatre suites d’AVATAR prévues ne permettant pas à Cameron de se consacrer au projet, il en devient producteur en compagnie de Jon Landau, et Robert Rodriguez est choisi pour en assurer la réalisation sur un script de Laeta Kalogridis. La date de sortie du film, nommé ALITA : BATTLE ANGEL (tiré du nom américain du manga : Battle Angel Alita), est annoncée par la 20th Century Fox pour le 20 juillet 2018.

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Un casting impeccable

Est-il besoin encore de présenter James Cameron ? Le producteur et scénariste du film qu’on a déjà vu crédité aux génériques de films si peu connus comme NEW YORK , TERMINATOR, ALIENS, ABYSS ou encore AVATAR ?

Celui-ci laissera donc les commandes du film au non moins connu Robert Rodriguez, plutôt habitué aux frasques déjantées comme DESPERADO, UNE NUIT EN ENFER ou SIN CITY.

Pour le rôle principal de Gal… pardon, Alita, c’est Rosa Salazar qui s’y colle. On a pu l’apercevoir dans DiIVERGENTE 2, LE LABYRINTHE ou AMERICAN HORROR STORY.

Ido, quant à lui, est interprété par Christoph Waltz qui a au moins le mérite d’être très ressemblant à la version papier. Cet acteur d’origine allemande à déjà été vu dans INGLORIOUS BASTERDS, SPECTRE ou même INSPECTEUR DERRICK.

Keean Johnson, peu connu en France, interprète quant à lui Hugo. Il est apparu au casting de quelques séries américaines (NASHVILLE, SPOOKSVILLE…).

On reconnaîtra également Jennifer Connelly (DARK CITY, LE JOUR OÙ LA TERRE S’ARRÊTA), Mahershala Ali (LES 4400, HUNGER GAMES) et les apparitions d’Edward Norton (AMERICAN HISTORY X, FIGHT CLUB), Ed Skrein (DEADPOOL, GAME OF THRONES) ou encore Eiza González (série UNE NUIT EN ENFER, BIENVENUE À MARWEN).

On a affaire ici à un casting mêlant donc des acteurs plus ou moins connus, voir pas du tout, mais tous sans exception jouent leur rôle à la perfection dans cette adaptation cinématographique. Mention spéciale à Rosa Salazar dont le visage a été modélisé en image de synthèse pour lui ajouter ses « gros yeux ». Elle interprète magnifiquement Alita, et ce n’est pas peu dire.

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Une belle adaptation…

C’est certainement l’un des points forts de ALITA : BATTLE ANGEL. L’interprétation sans faille de Rosa Salazar lors des combats est à couper le souffle. Les mouvements de l’héroïne sont retranscrits à la perfection et on retrouve certaines images du manga reproduites très fidèlement. On pourrait parfois même superposer les visuels du film aux dessins du manga comme un calque.

Les autres personnages en général sont criants de vérité. Ido semble tout droit sorti du papier et Hugo ne fait pas pâle figure. Zalem est resplendissante et la ville d’Iron City est également une bien belle représentation de celle du livre. On trouvera également un bon portage du scénario des trois premiers tomes. De la découverte de la tête de notre cyborg préféré jusqu’à l’image finale du film, on retrouve les éléments majeurs qui ont fait les heures de gloire de Kishiro. Le Motorball est très bien retranscrit également, sur ce point les attentes des fans sont assouvies.

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… Mais très propre !

Et c’est là le principal point négatif que tout fan de la première heure pourra reprocher à ALITA. On est loin, très loin de la violence des scènes du manga. La décharge s’est transformée en ville que l’on aimerait visiter (d’ailleurs bon nombre de figurants en arrière plan semble tout droit sorti d’un tour opérator), les nombreux cyborgs d’apparence fort peu recommandable disparaissent au profit de versions plus humanisées. De même, cette impression de crasse dans laquelle évoluent un grand nombre de pauvres types passent directement à la trappe.

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Voire même un peu trop.

Et que dire des combats, qui perdent la folie des protagonistes de la version papier ? Exit les shoots d’endorphine, rangées les têtes qui éclatent ! Film grand public oblige, Cameron et Rodriguez ont du rendre Kuzutetsu, son ambiance et ses combats beaucoup plus propres. Bien entendu, on comprendra parfaitement ce choix : un portage pur et dur serait tout bonnement impossible car censuré PG18…

Si celui qui découvre ALITA avec le film trouvera l’univers qu’il regarde fort sympatique, le fan de la première heure restera parfois un peu sur sa faim avec cette version édulcorée du monde qu’il connait bien.

De même, dans un soucis d’humanisation, le personnage de Chiren à été ajouté à l’histoire. Peu exploité et apportant une énorme incohérence avec l’histoire du manga, la femme d’Ido aurait peut être gagné à avoir un rôle plus évolué : ce n’est pas les possibilité qui manquent. Les fans regretterons également les écarts concernant les origines de la Lame de Damas, du corps du Berserker ou encore le manque de détail de la partie Mortorball. Il va falloir faire quelques pirouettes scénaristiques pour une éventuelle suite…

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Ou comment perdre en émotions…

Cet apport d’humanité se paye donc au prix fort : on y perd en émotions. Si on appréciera les phases de combat, je le répète, très proches de ce qu’on voit dans le manga, certaines scènes perdent énormément par le portage à l’écran. Cette image souriante de Hugo lors d’un point crucial de l’histoire est ici remplacée par un visage terrorisé, le spoil par Chiren d’une solution à un problème épineux qui aurait pu tirer les larmes du spectateur, … Autant d’erreurs qui auraient pu être évitées facilement et qu’on aurait véritablement aimé ne pas avoir à subir.

Et pourtant… Pourtant on en redemande. Car malgré ces points négatifs, il n’en reste pas moins que ALITA : BATTLE ANGEL est une véritable réussite. De part son univers, de part ses personnages, et de part son interprétation magistrale des personnages principaux.

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Quelques bonnes raisons d’apprécier Alita !

Rosa Salazar : parfaite dans le rôle de Gally, on ne pouvait rêver mieux. Parfois naïve comme une enfant, parfois agressive comme une guerrière, l’interprétation de Salazar est juste impeccable.

Le Motorball : nom de D… Et une suite centrée sur l’ascension d’Alita en tant qu’Ange de la Mort championne du jeu, c’est possible m’Sieur Cameron ?

Le casting : pas mauvais dans l’ensemble, voir excellent parfois. Dommage que certains seconds rôles ne soient pas plus exploités.

Les combats : et la maîtrise du corps de combat par un esprit de combat. On a des images splendides qui sont la parfaite adaptation de certaines planches du manga.

Les décors magnifiques : que ce soit la scène de la décharge au début ou la ville d’Iron City, c’est du beau travail. L’exemple même de la supériorité des décors réels sur les images de synthèse.

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Conclusion personnelle

Je l’ai déjà évoqué plusieurs fois dans ce texte, en tant que fan de la première heure il faut parfois se faire violence pour passer outre certains passage de ce film. Et pourtant, j’y suis retourné une seconde fois. Et si je n’ai pas pleuré à chaudes larmes, j’ai eu presque constamment le sourire aux lèvres et les yeux humides. D’abord parce que je l’attendais ce film, et pas qu’un peu. Et voir la belle Gally enfin en mouvement m’a procuré beaucoup de joie. Du coup, je suis passé outre les nombreux petits défauts du film et c’est un pur bonheur.

NotaSkarn : 18/20

- Skarn -

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