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Archive pour la catégorie « Science-fiction »

ROBOT-CRAIGNOS (115)

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Je n’ose pas trop vous dire à quel robot me fait penser cette corbeille de salle de bain avec des bras qui pivotent, et qui est montée sur un socle recouvert de papier aluminium pour bien cuire vos tartes au four. J’aurai trop peur de me faire coincer dans un coin de rue en pleine nuit par des Jedimaniacs aigris par la franchise Disney et réunis en milices errantes armées de sabres laser en plastique.

Il s’agit du héros-potiche du clip du morceau « Aliens » du groupe RADIORAMA apparemment diffusé en 1987 sur la télévision de Berlusconi. Il faut dire qu’en dehors du tube international « Boys, summertime love » de Sabrina Salerno, le reste de la disco italienne semble être passée à la moulinette du tri sélectif ou être tombée à la mer avant d’arriver jusqu’à Nouméa. Certains diront que ce n’est pas plus mal.

L’une des particularités de RADIORAMA était surtout de faire rêver à partir de thèmes liés au cinéma de genre (« Vampires », « Yeti »…). Les autres particularités du groupe étaient de reprendre consciencieusement les mêmes rythmiques synthétiques que celles du tube de Sabrina Salerno, la chanteuse Simona Zanini chantait un peu comme Sabrina Salerno et lorsqu’elle dansait sur scène aux côtés de son complice Maura Farina, il n’y avait aucune chorégraphie et chacun des deux chanteurs y allait à son propre rythme sans se soucier de son voisin. Je vous en laisse juge avec la version longue de la chanson « Aliens » et son robot qui n’en finit pas d’articuler les bras.

- Trapard -

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Robot « cool » ou « craignos » ?

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ROBOT-CRAIGNOS (114)

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Ce petit robot motorisé ressemble à tellement d’autres, pensez par exemple au robot-aspirateur sur roulettes de MINDWARP (1992). Mais celui-ci est l’un des gardien d’une prison pour femmes dans l’espace dans le film STAR SLAMMER, LA PRISON DES ÉTOILES (1986) produit par Roger Corman et réalisé par l’inénarrable Fred Olen Ray.

L’intrigue : Une jeune femme est enlevée sur sa planète par les sbires d’un régime dictatorial, avant d’être menée dans un vaisseau spatial où on l’emprisonne avec d’autres détenues. Dans ce pénitencier inter-galactique, elle subit le même lot que ses compagnes : sévices corporels, tortures variées, combats avec monstres et mutants. Mais bientôt, la révolte éclate…

9RpyIb-STAR-SLAMMER-AFFICHE69 dans Robot-craignos

Si vous aimez les WIP (films de prisons pour femmes) ce film possède tous les ingrédients du genre : nudité, lesbianisme forcé, tortures, bagarres et néant psychologique. L’intérêt du WIP dans l’espace est de sortir les prisonnières des camps nazis ou des soviétiques (comme dans les ILSA, ELSA ou HELGA) ou des prisons américaines, et de les confronter à tout un tas de créatures d’outre-espace comme des rats géants et à une créature sosie de celles de THE DEADLY SPAWN (1983). Cette créature n’est d’ailleurs pas la seule référence au cinéma fantastique et de science-fiction que Fred Olen Ray réutilise de manière décomplexée dans son film, à défaut de moyens financiers et de finesse. On y croise aussi le surfeur de l’espace de DARK STAR, des nains-mutants comme dans STAR WARS, des opérations chirurgicales proches de celles de SHE-DEMONS et pratiquée par un certain Docteur Poe. Et la planète du début du film se nomme Arous comme celle de THE BRAIN FROM PLANET AROUS (1957) dont Roger Corman avait déjà re-pompé la créature dans son STAR CRYSTAL (1986). Comme d’habitude dans les productions de Roger Corman de cette période, il y avait beaucoup de recyclage, et l’origine des titres STAR CYSTAL et STAR SLAMMER ne sont pas non plus à chercher plus loin que celui de STAR WARS.

Mais si mauvais et si peu inspiré soit-il, STAR SLAMMER, LA PRISON DES ÉTOILES est assez rigolo. Personnellement je préfère le WIP quand il se transforme en chasses du comte Zaroff du futur, comme dans LES TRAQUÉS DE L’AN 2000 (1982) ou dans LES CAPTIVES DE L’ESPACE (1987).

Pour conclure sur le petit robot qui est le sujet de cet article, c’est Fred Olen Ray lui-même qui lui a donné sa voix modifiée par un vocodeur dans les premières secondes de la version originale.

- Trapard -

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ne8tIb-weg19 dans Science-fiction



L’AFFICHE : GALACTICA, LA BATAILLE DE L’ESPACE

Une affiche de film est supposée refléter à la fois l’histoire et l’esprit d’un film. Autrefois réalisées avec amour et passion, parfois volontairement exubérantes ou mensongères, les affiches étaient souvent très proches d’une œuvre d’art. Le cinéma Fantastique et de Science-Fiction en possède une extraordinaire collection que nous vous invitons à découvrir pour le plaisir.

L'AFFICHE : GALACTICA, LA BATAILLE DE L'ESPACE dans Cinéma jNYvIb-galactica7

GALACTICA, LA BATAILLE DE L’ESPACE est le titre français de la version cinématographique de l’épisode pilote diffusé, quant à lui, en trois parties à la télévision américaine, en 1978, sous le titre BATTLESTAR GALACTICA : SAGA OF A STAR WORLD. Sa durée totale véritable (car il existe des versions raccourcies) est de 135 minutes. S’en suivront 21 épisodes d’une série de space opera devenue culte aujourd’hui malgré son côté kitsch. C’est ce qui en fait son charme, dirons-nous !

Ce monstrueux pilote, puisque c’est lui qui nous intéresse ici, à la dimension cinématographique (d’où sa projection en salles un peu partout dans le monde) possédait une certaine envergure starwarsienne, ce qui lui valut d’ailleurs un procès de la part de la Fox. En effet, Ralph McQuarrie, concepteur de nombreux vaisseaux et engins de STAR WARS, de même que John Dykstra, lui-même concepteur des effets spéciaux sur le film de George Lucas, participèrent tous deux à ce méga-pilote créé par Glenn A. Larson et réalisé par Richard A. Colla.

Pour sa distribution internationale, BATTLESTAR GALACTICA bénéficia des talents de plusieurs artistes dans la réalisation de ses affiches. Nous voyons tout d’abord, ci-dessous, une ébauche réalisée par Ralph McQuarrie.

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On peut constater, étrangement, que les ennemis ne sont pas ici les Cylons mais les Ovions (créatures inserctoïdes qui font une courte apparition dans le film). Pour le reste, Boxey (l’enfant) et son chien robotisé, de même que les principaux personnages, sont déjà présents mais peu ressemblant à leur version définitive puisque les acteurs seront choisis par la suite.

La version définitive de l’affiche américaine (ci-dessous), superbement réalisée par Solie, reprend le brouillon de McQuarrie pour, cette fois, représenter les vrais personnages du pilote avec leurs vrais ennemis : les Cylons !

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Mais ma version préférée de l’affiche de GALACTICA, LA BATAILLE DE L’ESPACE demeure bien celle que l’on voit ci-dessous…

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Cette affiche magnifique est l’œuvre de Robert Tanenbaum. On y voit les colons pourchassés par les Cylons tandis que des soldats du Galactica tentent de les protéger. Dans le ciel, deux Cylon Raider tirent sur un Colonial Viper

Ci-dessous, une autre version de l’affiche avec cette fois la mention « Sensurround », « un type d’effets spéciaux sonores, exploité dans les salles de cinéma, durant les années 1970. Il consiste à synchroniser à l’action, la diffusion de puissantes vibrations sonores de très basse fréquence dans la salle. Ces vibrations et ces ondes sonores se propagent et sont censées procurer au spectateur, certaines sensations en rapport avec le film projeté. Principalement exploité lors de la sortie de quelques productions à grand spectacle, ce système d’effets spéciaux n’a été exploité que quelques années au cinéma ainsi que dans des parcs d’attraction. » (Wikipédia)

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Ci-dessous, la version Jack Gaughan de l’affiche, très inspirée du design Ralph McQuarrie, laquelle servira d’ailleurs à la distribution Blu-ray du film en France.

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Enfin, ci-dessous, une très jolie version japonaise de l’affiche qui mêle à la fois le style Ralph McQuarrie et la version de Robert Tanenbaum…

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- Morbius – (morbius501@gmail.com)

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ne8tIb-weg19



ROBOT-COOL (54) : BB

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On ne vous présente pas BB. Il est la création de haute technologie fabriquée de toutes pièces par le jeune Paul dans L’AMIE MORTELLE (1986, Deadly Friend) de Wes Craven.

L’intrigue : Paul Conway est un jeune homme de 15 ans qui, malgré son âge, est déjà un brillant neurologue. Il a même fabriqué un robot qu’il a appelé BB, robot doté d’une grande force et intelligence, mais qui peut avoir des réactions inattendues. Paul finit par tomber amoureux de sa nouvelle voisine Samantha. Hélas, celle-ci se fait tuer accidentellement par son père alcoolique. Le jeune homme décide de récupérer le cadavre de la jeune femme à la morgue et de lui implanter dans le cerveau le microprocesseur de son robot. Mais celle-ci devient alors une dangereuse meurtrière…

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Simple mais gai d’apparence et de coloris avec ses paupières pivotantes et son ingéniosité, BB est très vite attachant. Il s’agit de la réponse « teen » mais sombre de Wes Craven au Numéro 5 de SHORT CIRCUIT (1986). Même si je le trouve justement un peu trop teen aujourd’hui, j’adorais L’AMIE MORTELLE à l’époque quand il était sorti en VHS à Nouméa parce que Craven exploitait pas mal de côtés sombres de l’adolescence. Et ça changeait beaucoup du « teen-movie » de la première moitié des années 80.

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Pour ce qui est de BB, il devient vite un alibi pour exploiter le thème de « Frankenstein » à partir de la moitié du film, lorsque son système (pas si binaire que ça) intègre le corps inerte de Samantha (Kristy Swanson). Et par conséquent, le film de Wes Craven effleurait le thème de la nécrophilie du bout des écrous, là où ses imitateurs ont carrément mis les pieds dans le plat de boulons, comme par exemple Frank Henenlotter avec son FRANKENHOOKER.

- Trapard -

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Robot « cool » ou « craignos » ?

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UTOPIC FASHION : LES CHEVALIERS NOIRS DE L’ESPACE

UTOPIC FASHION : LES CHEVALIERS NOIRS DE L'ESPACE dans Canuxploitation 13061310015515263611288448

Et si on s’attardait sur les vêtements à travers les films et les séries de science-fiction ? Et si on explorait les tendances ou les fantasmes exprimés à travers les designs les plus fous, les plus kitchs ou les plus provocants de la SF, mais aussi à travers les plus austères, les plus sérieux ou les plus envisageables dans un avenir plus ou moins éloigné ? Place à Utopic Fashion !

h8puIb-inv3 dans Cinéma bis

Est-ce que vous vous imaginez en 2019 vous faire kidnapper par des bonshommes avec ce type de costumes et qui vous annoncent qu’ils viennent envahir votre planète, qu’ils ont besoin de votre potentiel sexuel pour développer leur race supérieure ? Si vous êtes à Nouméa, vous penserez sans doute qu’il s’agit de quelques hurluberlus du Sci-Fi Club qui cherchent à vous inciter à venir au Week-End Geek !

En fait, ces étranges personnages costumés à la manière d’un compromis entre des membres de la Sainte Inquisition (pour la coiffe) et des sbires de Fu-Manchu (pour le dragon brodé sur leur tunique noire) sont les méchants extraterrestres du film de la Canuxploitation, L’INVASION DES SOUCOUPES VOLANTES (1977) d’Ed Hunt, ou STARSHIP INVASION pour les intimes.

u9puIb-inv5 dans Science-fiction

L’intrigue est archi-connue (et donc bisseuse) pour l’époque :

Un paysan est enlevé par les passagers d’une soucoupe volante et violé par une superbe extraterrestre. Peu après, il se suicide. Le même cas se reproduit plusieurs fois. Sous le commandement de Ramsès, un groupe dissident d’extra-terrestres à décidé d’envahir la Terre…

L’INVASION DES SOUCOUPES VOLANTES ne vaut évidemment pas RENCONTRES DU TROISIÈME TYPE (1977) avec son histoire bateau, ses effets spéciaux sommaires et ses illogismes scénaristiques (le paysan se suicide après s’être fait violer par une femme magnifique… Mais l’ambiance est plutôt fun avec ses rythmes jazzy, ses grands angles intrusifs et sa variété d’extraterrestres, son robot-craignos et ses costumes futuristes. L’un des costumes d’Helen Shaver rappelle d’ailleurs déjà beaucoup celui de Caroline Munro dans STAR CRASH (1978) de Luigi Cozzi.

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Le grand méchant c’est Christopher Lee/Ramsès qui jouait souvent les envahisseurs ou les collabos pro-invasions d’outre-espace entre 1976 et 1978 (END OF THE WORLD, L’INVASION DES SOUCOUPES VOLANTES et LES VISITEURS D’UN AUTRE MONDE). Et la plupart de ces films utilisent évidemment la présence de Christopher Lee en faisant plus ou moins référence à ses grands rôles de l’Âge d’Or de la Hammer Films. L’autre présence intéressante dans L’INVASION DES SOUCOUPES VOLANTES c’est celle de Robert Vaughn dont la carrière dans les blockbusters hollywoodiens a été recyclé à la fin des années 70 par de petites maisons de productions tournant des séries B de SF (L’INVASION DES SOUCOUPES VOLANTES et LES MERCENAIRES DE L’ESPACE) ou par de grosses productions internationales (VIRUS).

Au final, le film est une kitscherie agréable avec ses costumes farfelus qui devraient rendre circonspects et amusés ceux qui ont grandi avec les effets numériques et les blockbusters.

- Trapard -

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18031309271915263615610534 dans Utopic fashion

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ne8tIb-weg19 dans Utopic fashion



COURT MÉTRAGE SF : « HYPERLIGHT » – by Dust

COURT MÉTRAGE SF :

On vous propose aujourd’hui un petit court métrage SF fascinant et fort bien réussi : HYPERLIGHT. Dispo sur YouTube depuis juin 2018, nous l’avons découvert par hasard grâce à un site américain. Activez les sous-titrages pour le voir en français (et pardonnez les fautes d’orthographe…). L’histoire :

« Deux astronautes d’élite se réveillent dans les abysses de l’espace ; ils regagnent leur navire échoué et découvrent la raison surprenante de l’échec catastrophique de leur mission. »

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CITATION CÉLÈBRE : LES HOMMES STELLAIRES

CITATION CÉLÈBRE : LES HOMMES STELLAIRES dans Citation célèbre 1aDhIb-hommes« Il y avait une ville au-delà de la factorerie, également édifiée toute en cristal et située sur de la roche noire émergeant de la vase. De grosses plantes, qui ressemblaient à de la vigne, poussaient un peu partout, portant des fruits en forme de bulbe. Une odeur écœurante de pourriture flottait sur le tout, et il régnait une chaleur moite, oppressante. »

(Les Hommes Stellaires – Leigh Brackett)



BLADE RUNNER – 1992, 2029, 2049

BLADE RUNNER - 1992, 2029, 2049 dans Cinéma 14072703494415263612413227

jdoeIb-br2 dans Dossier

De Philip K. DICK à Ridley SCOTT

Aux yeux des amateurs, Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? et Blade Runner ne bénéficient pas forcément du même statut. Le roman de Philip K. Dick est considéré kmoeIb-br1 dans Le Hangar Cosmiqueavant tout comme un bon cru de son auteur, parmi d’autres - Ubik, Le Maître du Haut Château - tandis que le film de Ridley Scott, après un démarrage difficile dans les salles obscures, a acquis le statut de chef-d’œuvre incontournable du cinéma de science-fiction et constitue sans doute l’une des œuvres les plus abouties du réalisateur d’Alien.

Se pose alors une question : en dépit de ses qualités manifestes, le roman aurait-il aujourd’hui la même notoriété sans l’influence, toujours vivace, du long-métrage ? Une chose est sûre, l’utilisation du film comme argument de vente s’est rapidement imposée aux éditeurs qui, non contents d’en exploiter l’affiche comme illustration de couverture, phénomène marketing somme toute courant, sont allés jusqu’à modifier le titre (traduit initialement en France par Robot Blues), ainsi que toutes les occurrences de l’expression « chasseur de primes » présentes dans le roman, par celle de « Blade Runner », elle-même empruntée à William Burrough par les scénaristes du film. Néanmoins, la dernière édition en date, proposée par les éditions J’ai lu, a rétabli Rick Deckard dans RnoeIb-br3 dans Littératureses fonctions originelles et replacé Les Androïdes rêvent-ils de moutons électrique ? en sous-titre sur la couverture… mais pas au dos d’un roman qui s’intitule donc toujours officiellement : Blade Runner.

Alors, Les Androïdes est-il le roman de Dick qui a inspiré un film, ou seulement un roman dont est tiré le film de Scott ? La réponse se trouve sans doute dans un de ces univers alternatifs dont l’écrivain avait le secret. Ce qui ne doit pas nous empêcher d’examiner les deux œuvres pour mieux comprendre la nature des liens qui les unissent… ou des innovations scénaristiques (nombreuses) qui les distinguent.

De San Francisco…

L’histoire des Androïdes se déroule en 1992, un futur relativement proche lors de la publication du roman en 1968.

kqoeIb-br4 dans Science-fictionÀ la suite de la Dernière Guerre Nucléaire – dont plus personne ne sait pourquoi, ni par qui, elle a été déclenchée – d’importantes retombées radioactives ont rendu la plupart des terres inhabitables. Première conséquence liée à ce conflit planétaire, une grande partie de la population a émigré vers les colonies martiennes. Parmi les hommes qui ne les ont pas rejointes, se distinguent deux catégories d’individus : les Normaux, qui ne peuvent se résoudre à abandonner la Terre et les Spéciaux, que les retombées ont rendus inaptes à la « préservation de l’espèce » et se sont vus refuser l’accès aux colonies. Seconde conséquence, la plupart des animaux sont morts et les quelques spécimens ayant survécu, ou leurs copies synthétiques, occupent désormais une place prépondérante dans la société. Troisième et dernière conséquence, pour faciliter le développement des colonies, l’humanité a mis au point des androïdes organiques capables de survivre dans n’importe quel environnement. Ces derniers sont devenus un argument commercial supplémentaire pour inciter à l’émigration, chaque colon s’en voyant attribuer un pour son usage personnel. Les androïdes sont strictement interdits sur Terre et dépourvus d’empathie, ce qui permet de les détecter grâce à des tests sensés provoquer une réponse émotionnelle (le Voigt-Kampff) ou un arc réflexe du système nerveux (le Boneli).

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En dépit de son contexte post-nucléaire, le monde décrit par Dick ne s’inscrit pas vraiment dans l’imagerie traditionnelle de ce sous-genre de la science-fiction, décliné dvoeIb-br6aujourd’hui jusqu’à l’écœurement, pour la simple raison que dans les années 60 (et même si Dick s’y était déjà essayé brillamment en 1953 avec sa nouvelle Le Grand O), le genre post-apocalyptique n’avait pas encore acquis la visibilité, ni la popularité, que devaient lui offrir des œuvres séminales telles que les Mad Max de George Miller, à la fin des 70′s. Exit donc la société effondrée, survivant dans les ruines du vieux monde à l’agonie. Même si de nombreux territoires ont été laissés à l’abandon et qu’il flotte constamment dans le ciel de San Francisco des nuages de particules radioactives, la plupart des habitants semblent vivre dans un relatif confort et disposer d’une technologie pour le moins sophistiquée, héritée tout droit de la SF de l’Âge d’or : aéromobiles, pistolets laser, orgues d’humeur, animaux électriques, mais également télévision, la vie des gens s’articulant essentiellement autour de deux programmes ultra-médiatiques : le talk-show de l’Ami Buster et le Mercerisme.

WyoeIb-br7Si le premier apparaît comme le pendant débridé des célèbres émissions de Jerry Springer, le second s’apparente davantage à une nouvelle forme de religion, dont le message impacte toute l’humanité, sur Terre comme sur Mars. Grâce à une console, baptisée « boîte à empathie », les adeptes du Mercerisme peuvent partager pensées et sensations (on parle d’ailleurs de « fusion physique ») à travers l’esprit de Wilbur Mercer, vieillard condamné à gravir inlassablement le flanc d’une colline, sous les jets de pierres d’ennemis invisibles. Ce culte de l’Ascension, inaccessible à ceux qui ne prennent pas soin d’un animal – vivant, si possible, ou au pire synthétique… ce qui n’est pas franchement bien vu – explique la véritable fixation qui s’est développée sur Terre autour de la possession d’un animal domestique. D’autant qu’y déroger dénote une attitude immorale, voire une absence suspecte d’empathie.

… à Los Angeles

U1oeIb-br8Le film de Ridley Scott laisse de côté San Francisco, peut-être trop connectée à l’univers personnel de Dick, ainsi qu’à la contre-culture hippie. Initialement, son film devait se situer à New York, mais une scène se déroulant dans le 2nd Street Tunnel, aisément reconnaissable à l’écran (par le public américain !), l’intrigue fut transposée à Los Angeles. En réalité, cette localisation n’a pas vraiment d’importance, puisque c’est avant tout un nouvel archétype de la ville du futur que Scott nous propose, personnage à part entière de son film, à l’instar de la Metropolis de Fritz Lang ou de la cité souterraine, imaginée par Moebius pour sa bande dessinée The Long Tomorrow. Surpeuplé, inhumain, plongé dans une nuit éternelle, délavé par des pluies incessantes, le Los Angeles de Blade Runner apparaît sans conteste comme la première réussite du film, à tel point qu’il constitue encore aujourd’hui le modèle architectural indépassable pour tout artiste désireux de représenter un environnement urbain futuriste esthétiquement acceptable.

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Ce changement de lieu s’accompagne également d’un changement d’époque. Forcément, en 1982, l’échéance posée par Dick risque de paraître un peu trop proche aux spectateurs pour rester crédible. Se déroulant en novembre 2019 (c’est à nous, maintenant, que l’échéance semble courte), Blade Runner ne conserve du background, décrit dans le roman, que les éléments saillants : comment le 85oeIb-br10monde en est-il arrivé à un tel état de délabrement ? Où se situent les « colonies de l’espace » ? Pourquoi une partie de la population a-t-elle choisi de rester sur Terre ? Charge au spectateur de remplir le hors-cadre avec ses propres conjectures.

Si les références au Mercerisme – ainsi qu’à l’Ami Buster – sont toutes évacuées du film, les animaux continuent en revanche d’y jouer un rôle important, quoique de second plan. Cristallisateurs, chez Dick, de l’empathie humaine et centre de leurs attentions (en somme, tout ce qui est refusé aux androïdes), ils semblent désormais se confondre avec les Réplicants dans une sorte de relation totémique : le regard de Roy Batty et celui du hibou de la Tyrell Corporation, Zhora trahie par les écailles de son serpent, Deckard comparé à un poisson froid par sa propre voix-off, avant que celle-ci ne soit retirée des versions director’s cut du film. 

Du chasseur de primes…

Dans son récit, Philip K. Dick nous offre de suivre deux intrigues parallèles, développées à parts quasiment égales : celle de Rick Deckard et celle de John R. Isidore.

48oeIb-br11Deckard est un Normal, marié et chasseur de primes de second rang. Lorsque son collègue Dave Holden se retrouve à l’hôpital, après une mauvaise rencontre avec un androïde de classe Nexus-6 qu’il était chargé de « retirer », Deckard récupère le dossier. Il y voit l’opportunité de remporter assez d’argent pour s’offrir, ainsi qu’à sa femme, un véritable animal de compagnie. De fait, le couple ne dispose au début de l’histoire, que d’un mouton électrique, symbole artificiel d’une quête de respectabilité vis-à-vis de ses voisins, d’un désir de se conformer aux normes morales imposées par le Mercerisme, ainsi qu’aux valeurs familiales en donnant l’illusion d’une union épanouie dont les rapports  sont en fait régulés artificiellement (on n’en sort pas) par un « orgue d’humeur ».

Ainsi, l’enquête de Deckard, qui s’étend sur une seule journée, s’apparente davantage à un voyage initiatique qui se conclura par une Ascension, à la fois physique et spirituelle. Entrant en relation avec divers personnages : Rachael (la nièce d’Eldon Rosen, dont la fondation a conçu les Nexus-6), la chanteuse d’opéra Luba Luft ou encore le chasseur de primes Phil Resch, le héros va être amené à se reconnecter avec ses émotions, à modifier les sentiments qu’il éprouve pour ses semblables, qu’ils soient humains ou synthétiques, et à prendre conscience du caractère éphémère de la vie. Autant de transformations intérieures matérialisées par fBoeIb-br12un crapaud, autre animal-totem, que Deckard ramasse dans le désert pour le ramener chez lui.

John R. Isidore apparaît comme le pendant, en négatif, de Rick Deckard. C’est un Spécial qui travaille comme chauffeur-livreur pour une clinique vétérinaire, spécialisée dans la réparation d’animaux synthétiques. A la différence du chasseur de primes, il est l’unique occupant d’un immeuble délabré, situé dans un quartier en marge du centre-ville. Isidore ne possède pas d’animal, mais est décrit comme un fervent adepte du Mercerisme. Les deux personnages vont partager deux expériences déterminantes en tombant amoureux du même modèle d’androïde (Pris/Rachael) et en ayant chacun sa vision de Wilbur Mercer. Ces expériences les conduiront toutefois à des prises de consciences opposées : une volonté de revenir vers ses semblables pour Isidore et la tentation d’aller mourir seul, dans les terres désolées du Nord, pour Deckard.

… au Blade Runner

Le film conserve la structure binaire du roman, sans l’appuyer de façon aussi explicite. Rick Deckard n’a plus rien du petit fonctionnaire, somme toute banal, décrit par Dick. Il est devenu une nouvelle incarnation du privé de roman noir à la Hammett. De son passé, de ses motivations, le scénario nous livre le minimum, distillant çà et là quelques indices qui permettent à l’imagination de gambader, d’échafauder diverses théories. La version originelle de 1982 nous apprenait qu’il avait été marié et que sa femme l’avait quitté. Le director’s cut s’en dispense. Dans tous les cas, une grande question subsiste, à laquelle Ridley Scott et Harrison Ford ont chacun apporté leurs réponses contradictoires : le personnage est-il vraiment humain ?

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À l’autre bout de la ville, loin de l’appartement-grotte du Blade Runner mutique, J.R. Isidore est devenu J.F. Sebastian. Le chauffeur-livreur s’est transformé en un brillant généticien. Pour autant, il vit lui aussi comme un paria dans les ruines du Bradbury Hotel, entouré par une cour d’automates qu’il s’est lui-même fabriquée pour tromper sa solitude. J.F. est rendu « spécial » par le biais d’une maladie génétique (le syndrôme de Mathusalem) qui le fait vieillir prématurément, comme les Nexus-6 à l’élaboration desquels il a contribué. Ironiquement, cette dégénérescence génétique lui interdit tout espoir de rejoindre un jour les colonies de l’espace. Comme son modèle littéraire, le personnage va tomber sous le charme manipulateur de Pris, la belle androïde, mais l’intrigue s’en débarrassera un peu trop rapidement, dès lors qu’il aura servi le dessein de Roy Batty, en l’aidant, malgré lui, à rencontrer son créateur, Eldon Tyrell. Parce qu’au final, dans Blade Runner, les véritables héros sont plus les machines que les hommes.

Des androïdes… 

jHoeIb-br14Les androïdes de Philip K. Dick rêvent-ils seulement de moutons électriques ? Si l’on en croit ce que raconte leur meneur Roy Batty à J.R. Isidore, ils en ont surtout eu assez de subir les tâches ingrates auxquelles les humains les soumettaient dans les colonies et ne supportaient plus de se sentir moins importants à leurs yeux que la plus insignifiante araignée. En venant sur Terre, ils aspirent à se mêler à la population et à vivre comme tout un chacun. Malheureusement, certains membres du groupe vont opter pour des professions peu discrètes – policier, chanteuse d’opéra… – qui faciliteront leurs pertes.

Dick décrit ses androïdes comme des êtres froids et méthodiques, mais non dépourvus de personnalités. Leur rôle consiste avant tout à permettre à Deckard d’évoluer d’un rapport de soumission à l’empathie, telle que prêchée par le Mercerisme, à une perception beaucoup plus contradictoire, autrement dit plus « humaine », de ses sentiments. Comment concilier le fait que la société commande de prendre soin d’un animal (même synthétique), tout en jugeant nécessaire l’exécution de machines pourtant capables d’une certaine forme d’émotion ? Qui est le plus humain, de l’androïde qui cherche à vivre comme tout le monde et du chasseur de primes qui les abat sans remords ? Peut-on aimer un(e) androïde ? 

… aux Réplicants

Les quatre Réplicants de Blade Runner ont une toute autre motivation. Ils reviennent sur Terre pour y retrouver leur créateur, le dirigeant de la Tyrell Corporation, afin de lui demander d’augmenter leur espérance de vie, limitée à quatre ans (une donnée déjà présente dans le roman, sans qu’elle paraisse véritablement affecter les androïdes). Batty et Léon mènent donc leur petite enquête qui, grâce à Pris, va les conduire à J.F. Sebastian, gardien de la pyramide-sanctuaire, dans laquelle s’est retranché Eldon Tyrell. Les motivations et, par là même, la fonction narrative des androïdes changent donc profondément en passant du support à un autre.

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Dans le film, le rapport de force s’inverse. Les Réplicants ne sont plus présentés comme des jalons dans l’évolution personnelle de Deckard. C’est le Blade Runner lui-même qui va offrir à Batty l’opportunité de se réaliser en tant qu’être sensible, lorsque la machine, devenue figure christique, jusque dans les clous qu’elle se plante dans la paume des mains, choisit finalement de sauver l’Homme d’une mort certaine, au prix d’un geste de bonté purement désintéressé.

De Ridley SCOTT à Denis VILLENEUVE : Blade Runner 2049 (2017)

En venant « retirer » le Nexus 8 Sapper Morton dans le complexe agricole où il se cache depuis des années, l’officier K. (Ryan Gosling), découvre une malle enterrée au pied d’un arbre 0LoeIb-br15mort. Examinée par le service scientifique du LAPD, la boîte de Pandore révèle l’incroyable secret qui y a été déposé : des ossements humains appartenant à une femme artificielle morte pendant son accouchement. Devant l’ampleur de cette découverte, et craignant qu’elle ne soit exploitée par un groupe de rebelles répliquants que la police de Los Angeles tente en vain de démanteler, le Lieutenant Joshi (Robin Wright) ordonne à K., lui-même un nouveau modèle de Répliquant programmé pour servir docilement ses maîtres, de retrouver la trace de l’enfant et, s’il vit toujours, de le supprimer. L’existence de ce chaînon manquant entre humains et machines intéresse également Niander Wallace (Jared Leto), dont la société produit l’alimentation qui a permis à l’humanité de se maintenir après le terrible Black Out, et assure la fabrication des Nexus, depuis la faillite de la Tyrell Corporation.

Le scénario de Michael Logan Green est l’adaptation d’un traitement écrit, sous forme de nouvelle, par Hampton Fancher, scénariste du premier Blade Runner. Celui-ci a utilisé, en accord avec Ridley Scott (producteur de BR2049), le prologue du complexe agricole, abandonné en 1982 pour des raisons de temps et de budget. En réintégrant la scène d’ouverture originelle de Blade Runner et en reprenant à grands traits la trame de ce dernier, tout en restant accessible aux spectateurs qui ne l’ont jamais vu, Villeneuve et Scott ont fait de BR2049 une œuvre singulière, à la fois suite et relecture de l’originale.

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Si l’on en croit les informations disséminées dans la presse spécialisée, il semblerait que la volonté de renouer avec l’esprit de Blade Runner incombe avant tout à Scott. Problème. La réussite de son film tenait moins à la profondeur de l’enquête menée par Deckard, pur hommage au film noir américain, qu’à l’alchimie inattendue de divers talents et sources d’inspirations : kQoeIb-br16le roman de Philip K. Dick, le scénario de Fancher et David Peoples, le design imaginé par Syd Mead, les effets spéciaux de Douglas Trumbull, l’esprit du magazine Métal Hurlant et les dessins de Moebius, les interprétations à fleur de peau de Ford et de Rutger Hauer, la musique lancinante de Vangelis et enfin la capacité de Scott à canaliser toute cette énergie créatrice dans une mise en scène irréprochable. Tenter de ressusciter cette magie était certes louable, mais somme toute utopique, l’énergie qui peut galvaniser une équipe sur un tournage ne se commandant pas. Il n’y a qu’à comparer les bonus du Hobbit avec ceux du Seigneur des Anneaux pour s’en convaincre.

Blade Runner était un film lent, souvent contemplatif, ponctué de scènes d’action aussi fugaces que violentes. Villeneuve, par respect pour son matériau d’origine, mais peut-être aussi poussé par les exigences de son producteur et la volonté honorable de rompre avec les montages souvent hystériques des blockbusters actuels, a malheureusement tendance à entraîner BR2049 sur la pente dangereuse de l’auto-contemplation (l’interminable scène d’investigation l’orphelinat). Noyés dans le courant d’une intrigue qui n’a parfois pas grand-chose à dire, mais s’étire malgré tout au-delà du raisonnable, comme si cet étirement était sa seule raison d’être, la plupart des personnages finissent eux aussi par s’y dissoudre, et leurs motivations par perdre en netteté, y compris Deckard qui n’arrive jamais à justifier sa présence dans le film au-delà de son rôle de McGuffin.

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Pour autant, si l’on peut regretter la difficulté de BR2049 à trouver un rythme satisfaisant et à donner à ses personnages des motivations claires, il faut reconnaître que le film de Villeneuve apparaît comme une véritable réussite visuelle qui permet au spectateur de prolonger l’exploration des bas quartiers de Los Angeles, rongés par le smog et les pluies acides, et s’offre même plusieurs escapades vers de nouveaux territoires – le fameux complexe agricole, les ruines de San Diego et celles de Las Vegas – qui contribuent à réduire l’écart avec le roman de Dick. Pour le coup, le réalisateur a le bon goût de ne pas jouer la carte de la surenchère numérique, ni de l’esbroufe pyrotechnique et se réapproprie avec élégance l’esthétique à la fois déliquescente et ultra-technologique (l’architecture organique de la Wallace Corporation) de son modèle.

6VoeIb-br18BR2049 n’aurait-il donc à offrir que sa magnifique esthétique et une poignée de scènes réussies (ce qui le placerait déjà, haut la main, au-dessus de l’embarrassant Ghost in the Shell de Rupert Sanders) ? Heureusement non, grâce à Joe K., héros kafkaïen en qui l’inexpressivité du jeu de Ryan Gosling fait merveille. Blade Runner soumis aux ordres d’une supérieure tyrannique, K. est un androïde qui accepte sa condition et trompe sa solitude avec Joi (Ana de Armas), un plantureux hologramme. L’enquête qu’il va mener pour retrouver l’enfant de Rachael l’entraînera de désillusion en désillusion. En dépit de tout ces revers, K. va parvenir à se hisser au-dessus de sa condition de machine et accomplir un acte de total liberté en réunissant un père et sa fille. A l’image du film de Villeneuve, il est un produit qui se cherche une légitimité et finit, peut-être, par la trouver comme passeur de relais entre l’ancienne génération – Deckard, le Blade Runner de Scott et, au-delà, ses aficionados – et la nouvelle, celle qui découvre cet univers par le biais de BR2049. Un méta-héros au service d’une œuvre parfois maladroite, mais généreuse, qui laisse entrevoir un renouveau bienvenu de la science-fiction sur grand écran.

 - Le Hangar Cosmique -

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ROBOT-CRAIGNOS (112)

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19061912544315263616278891 dans Science-fiction

Je crois qu’on trouvera peu de robots plus craignos que celui-ci avec son allure de corbeille de salle de bain en plastique et son sourire bricolé avec trois bouts de moquette synthétique. Il est plus ou moins le héros du film post-apocalyptique et pornographique, STAR VIRGIN (1979).

L’intrigue du film : Un robot explique le sexe à la dernière personne vivante sur terre, permettant une reconstitution complète du jardin d’Éden…

19061912560115263616278893 dans TrapardSeul le début du film est un pastiche de science-fiction, le reste étant constitué d’une succession de scènes hards. Le réalisateur de STAR VIRGIN n’est autre que Howard Ziehm, à qui l’on doit un certain nombre de parodies X à l’humour rock’n'roll comme CITY OF SIN (1971) parodiant la série DRAGNET (1967-1970), ou NAUGHTY NETWORK (1981) parodiant M*A*S*H (1970). Mais on lui doit surtout l’incroyable mais soft FLESH GORDON (1974) co-réalisé avec son compère de plusieurs tournages, Michael Benveniste. FLESH GORDON possédait déjà un bestiaire extraterrestre extravagant ainsi qu’une armée de robots aux sexes redoutables qui ont dû inspirer un certain Shin’ya Tsukamoto pour son TETSUO (1989).

En revanche, le robot de STAR VIRGIN n’a pas dû laisser de traces indélébiles dans l’histoire de la science-fiction, l’alibi du film de Howard Ziehm étant se focaliser sur une vierge seule perdue au milieu d’un monde déserté et refaisant le monde du X dans sa tête. Et au vu de sa filmographie, les vierges nymphomanes (!!) semblent être légions dans l’imaginaire de Mister Ziehm (VIRGIN RUNAWAY, MONA THE VIRGIN NYMPH, THE INCREDIBLE BODY SNATCHERS…).

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Le cinéma indépendant d’Howard Ziehm n’est pas extraordinaire, mais il nous reste au moins son humour débridé qui fit les belles années de la firme Troma.

- Trapard -

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MONSTRES SACRÉS : SIL

MONSTRES SACRÉS : SIL dans Cinéma bis 14050303003115263612199975

19060909154015263616266773 dans Cinéma bis américain

SIL

Une civilisation extraterrestre répond aux messages envoyés par le SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence). Elle donne à la Terre la combinaison permettant de joindre de l’ADN extraterrestre à de l’ADN humain. Une équipe gouvernementale américaine débute l’expérience génétique sur un des cents ovules expérimentaux, préférant opter pour un embryon féminin. En effet, l’équipe pense qu’un hybride femelle sera plus docile et contrôlable.

Baptisé Sil, l’hybride connaît une croissance accélérée. Âgé d’une douzaine d’années, il parvient à s’échapper du laboratoire de recherche alors que les scientifiques s’apprêtaient à le détruire. Désormais en liberté, Sil poursuit sa croissance et devient une femme d’une vingtaine d’années dont le seul but est de s’accoupler afin d’assurer sa descendance et de permettre ainsi la domination de la Terre. 

19060909220515263616266782 dans Monstres sacrés

Extrêmement agile et rapide, et dotée d’une force extraordinaire, Sil est une redoutable créature qui n’hésite pas à tuer de sang froid tout individu faisant obstacle à sa mission. Son apparence humaine est celle d’une jeune femme blonde à la beauté sensuelle. En réalité, Sil est une sorte de créature reptilienne humanoïde dotée de tentacules répréhensibles et d’épines dorsales.

19060909191515263616266781 dans Science-fictionSil apparaît dans le film LA MUTANTE (Species, 1994) réalisé par Roger Donaldson. La créature hybride est jouée par la superbe Natasha Henstridge (mannequin et actrice canadienne, spécialiste des arts martiaux et ceinture noire de taekwondo…). L’apparence reptilienne de Sil a été conçue par le grand Giger, déjà à l’origine de l’un des monstres les plus célèbres de toute l’histoire du cinéma, l’Alien.

Natasha Henstridge reprendra son rôle de la créature dans deux autres suites : LA MUTANTE 2 (1998) et LA MUTANTE 3 (directement sorti en vidéo en 2004).

- Morbius – (morbius501@gmail.com)

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