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Archive pour la catégorie « Science-fiction »

VALÉRIAN – L’anime

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Diffusé entre le 20 octobre 2007 et le 5 mars 2008, VALÉRIAN ET LAURELINE est un anime franco-japonais librement inspiré des BD et comptant 40 épisodes de 23 minutes. La série est le fruit d’un partenariat entre l’éditeur Dargaud, les studios japonais Statelight et Europacorp de Luc Besson.

Des essais pour un dessin animé inspiré des albums de Valérian avaient déjà été menés dès 1976 mais n’avaient pas abouti. C’est en 2005 que l’anime a commencé à prendre forme avant une diffusion dès 2007. L’ensemble s’avère très agréable à regarder même si les personnages sont loin de ressembler à ceux de la bande dessinée. La série mêle à la fois l’animation traditionnelle et la 3D. Voici le premier épisode…

- Morbius -

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VALÉRIAN – Interview de Jean-Claude Mézières

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Voici une interview du dessinateur des albums de Valérian, Jean-Claude Mézières. Elle a été réalisée pour Geekopolis Festival.

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LE PARI VALÉRIAN

LE PARI VALÉRIAN dans Cinéma 17071908073715263615155408

Si en icônes de la Science-Fiction et de la culture geek les Américains ont STAR TREK et les Anglais DOCTOR WHO, qu’en est-il pour nous, pauvres Français ?… On pourrait croire que c’est le néant absolu. Eh bien non ! Pour aller dénicher notre héros populaire il nous faut vite nous pencher sur le monde de la SF en bande dessinée, et c’est là que nous y trouvons un certain Valérian, agent spatio-temporel du XXVIIIe siècle ! Créé en 1967 par deux génies de la BD, Pierre Christin (scénariste) et Jean-Claude Mézières (dessinateur), notre homme du futur, qui a pourtant vécu plus d’une vingtaine d’aventures en compagnie de sa charmante compagne Laureline, attendait sagement que l’on s’intéressât un peu plus à son cas en lui offrant un univers aux dimensions de ses péripéties intergalactiques. C’est fait, enfin, grâce à un homme prêt à bousculer les STAR WARS et STAR TREK en imposant un nouveau type de héros de science-fiction, un nouvel univers foisonnant de trouvailles incroyables encore jamais vues à l’écran : Luc Besson ! Le pari est grandiose et risqué, mais c’est un Français qui se lance à corps perdu dans un monumental space opera destiné à devenir une trilogie, si les dieux du cosmos lui prêtent vie…

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Les origines de Valérian

17071908131915263615155410Valérian apparaît en 1967 dans le magazine Pilote, sorte de Métal Hurlant avant l’heure. Il est un agent du Service Spatio-Temporel de la mégalopole du futur et capitale d’un immense empire galactique, Galaxity. Il voyage donc à travers l’espace et le temps en compagnie de Laureline, une jeune femme qu’il a rencontré au cours d’une aventure au Moyen Âge. Tous deux ne doivent en aucun cas modifier les événements de l’Histoire malgré leurs différents allers retours dans le temps. Leurs missions sont diverses : explorer des planètes, régler des conflits, aider d’autres civilisations… Ils sont confrontés à toutes sortes d’ennemis plus ou moins dangereux, mais vivent toutes leurs aventures avec légèreté et humour sans jamais sombrer dans le ridicule ni dans l’incompétence !

« L’une des meilleures bandes dessinées de tous les temps »

Rebaptisé en 2007 Valérian et Laureline, les 23 albums BD de la série se sont vendus à plus de 2 500 000 exemplaires ! Stan Barets a écrit dans sa préface du premier volume de l’édition intégrale de Valérian et Laureline : « Vous tenez entre les mains l’une des meilleures bandes dessinées de tous les temps. À la fois un classique du 9e art et un chef-d’œuvre de la science-fiction. [...] Encore un voyageur spatio-temporel qui jongle avec les mystères du temps et de l’espace ? Erreur ! Valérian fut, en son temps, une série d’avant-garde. C’est l’archétype originel d’où tout procède. »

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Quant à Vincent Bernière, auteur de l’Anthologie de la Bande Dessinée de Science-Fiction, celui déclare : « À quoi tient un tel succès ? D’abord au couple de héros. Un garçon un peu bourru et une fille pas bégueule. [...] Ensuite, aux thématiques abordées, transpositions de l’actualité contemporaine teintées d’un humanisme de bon aloi. Enfin, aux images au graphisme singulier qui influencera tout le cinéma de science-fiction moderne. »

Lucas, gros copieur !

Au fil des albums, les mondes extraterrestres visités par Valérian et Laureline s’avèrent d’une incroyable richesse. Christin et Mézières font preuve d’une imagination débordante et sans limites en créant toutes sortes de créatures, d’aliens, de villes, de vaisseaux, de véhicules, d’armes, d’objets, de costumes. On baigne ici dans une SF où l’on ne s’impose aucune restriction, et certainement pas celle de la science. Couleurs chatoyantes, dynamisme des dessins, plans dignes du cinéma. Le cinéma… on y revient toujours… Et de dire que le 7e art s’est certainement inspiré de quelques géniales trouvailles de Valérian semble à peine exagéré, surtout si l’on parle STAR WARS…

« Pour Lucas, au début, j’ai fait comme si rien ne s’était passé » confie Mézières à Geek, le Mag dans son hors-série Le Guide Exclusif des Vaisseaux Mythiques de la Culture Geek.  »Et puis au fur et à mesure des films j’ai commencé à m’énerver de plus en plus parce que ça ressemblait vraiment à ce que j’avais fait sur Valérian. Il y a eu de plus en plus de détails et de concordances entre mes dessins, l’ambiance. [...] Au final , j’ai écrit deux fois à George Lucas, mais je n’ai jamais eu de réponse. »

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J’ai découvert les albums de Valérian quelques années après avoir vu LE RETOUR DU JEDI. Je suis très vite devenu fan, mais en tant que fan également de STAR WARS, quand j’ai revu LE RETOUR DU JEDI en VHS, au moment où Leia apparaît dans la cour de Jabba habillée dans sa petite tenue d’esclave, je bondis, c’est instantané, ça me saute aux yeux : elle me rappelle immédiatement Laureline habillée de la même façon dans un album qui date d’avant le film de Lucas ! Oui, aujourd’hui mon p’tit doigt me dit clairement que Lucas a dû gentiment pomper quelques bricoles à notre Valérian national, c’est évident, et les Américains eux-mêmes commencent à le reconnaître…

Un juste retour des choses

Alors si le cinéma de SF doit tant à Valérian, quoi de plus normal que de voir aujourd’hui les aventures de notre héros transposées sur grand écran ! Et pour cela pas de Spielberg, pas de Michael Bay (ouf !) ou tout autre réalisateur américain, mais bel et bien un Frenchie à la barre : Luc Besson !

Même si je porte le même nom de famille que Luc, et que je voue tout comme lui une immense passion à la Science-Fiction, je dois vous confier que je n’apprécie que modérément ses films. Attention cependant, je ne m’inscris pas dans le Besson bashing auquel certains sont coutumiers. Non, très peu pour moi. Car même si je n’ai que moyennement aimé LE CINQUIÈME ÉLÉMENT, j’admire Besson pour son courage, sa ténacité, ses ambitions et aussi une certaine forme de talent dont il fait preuve malgré tout à travers ses films. Notre homme a dépensé sans compter pour nous livrer ce space opera car il est un fan acharné de la BD.

Juste un pur divertissement, c’est déjà beaucoup !

17071908294015263615155416En allant voir VALÉRIAN ET LA CITÉ DES MILLE PLANÈTES, je sais à quoi m’attendre : le film sera forcément un immense divertissement de luxe bourré d’images étonnantes, visuellement et techniquement à couper le souffle, un dépaysement complet qui nous entraîne au-delà de ce que l’on connaît déjà (les extraits le prouvent), et ce sera par conséquent aussi un formidable hommage au travail de toute une vie de Christin et Mézières. Avec la SF on peut réfléchir mais aussi, et heureusement, se divertir ! Quoi de plus normal pour l’adaptation d’une BD qui se veut elle-même divertissante et bourrée de trouvailles géniales ?

Alors oui, bien sûr, peut-être que Dane DeHaan et Cara Delevingne dans les rôles principaux ce… c’est… enfin, ce n’est pas si gênant que ça !

Alors oui, bien sûr, les acteurs sont pour la plupart américains, mais le film doit s’assurer un succès international, donc ceci explique cela. Et avec nos « vedettes » françaises actuelles, je me demande sincèrement qui aurait pu être à la hauteur… Par contre les techniciens, costumiers, coiffeurs et j’en passe sont TOUS français ! C’est un film de SF FRANÇAIS, oui !

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Alors oui, bien sûr, Laureline n’est plus rousse mais blonde, ce qui fait hurler les puristes. J’espère que ces pauvres choux vont pouvoir retrouver le sommeil car ils n’en dorment plus depuis…

Alors oui, Valérian et Laureline ne portent plus les mêmes costumes que ceux de la BD. Mais quitte à les voir ressembler aux Bogdanoff de TEMPS X, je préfère franchement les retrouver dans des vêtements plus adaptés à leurs missions et peut-être aussi à leur époque.

Semaine spéciale VALÉRIAN ET LA CITÉ DES MILLE PLANÈTES

VALÉRIAN ET LA CITÉ DES MILLE PLANÈTES sort le 21 juillet aux USA et le 26 en France. Nous l’aurons aussi en Nouvelle-Calédonie, les affiches sont là. Autant vous dire que j’y crois, que je veux le voir et que je suis très heureux de retrouver ENFIN Valérian et Laureline au cinéma, à tel point que Les Échos d’Altaïr se lancent à partir d’aujourd’hui dans une semaine spéciale événement ! Alors les aficionados du Besson bashing : GET OUT ! (et encore je reste poli, hein).

- Morbius -

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LUC BESSON A DIT…

LUC BESSON A DIT... dans Cinéma 17071610425715263615151279Dans un récent article paru dans L’Écran fantastique n°88 de juillet-août, Luc Besson a déclaré à propos de son nouveau film VALÉRIAN ET LA CITÉ DES MILLE PLANÈTES : « Dans les années 90, un tel film aurait été impossible. Il y a trop d’aliens, de monstres et de stations spatiales dans les albums de Valérian. Il a fallu attendre la révolution permise par James Cameron : quand AVATAR est sorti, je me suis dit que la technologie permettait peut-être de le réaliser enfin. Aujourd’hui, l’imagination est la seule limite qui nous est imposée sur grand écran. »



DIRK GENTLY, LE DÉTECTIVE HOLISTIQUE

DIRK GENTLY, LE DÉTECTIVE HOLISTIQUE dans Antipathes 14072703494415263612413227

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Douglas Adams à l’honneur aujourd’hui, avec sa saga Dirk Gently, le Détective Holistique.

On ne présente plus Douglas Adams, même si j’ai bien l’intention de le faire quand même. Il est l’auteur du Guide du Voyageur Galactique (H2G2 : The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy), space opera totalement loufoque et délirant.

17071508405515263615149410 dans LittératureAuteur britannique né le 11/03/1952 à Cambridge et mort d’une crise cardiaque le 11/05/2001 à Santa Barbara, Douglas Adams a pratiqué un grand nombre de métiers : brancardier, charpentier, vendeur de poulaillers, etc… Il entre à Cambridge et tente d’intégrer les « Footlights », club d’art dramatique à Cambridge College, troupe dont sont issus les Monty Python.

Et c’est bien dans l’écriture qu’il brille le plus. Il écrit tout d’abord des sketches pour les Monty Python (Flying Circus) avec lesquels il gardera des liens solides. À 25 ans il présentera à la radio sa série radiophonique maintenant bien connue sous le nom de H2G2 qui sera diffusée à partir de 1978, puis il écrit entre 1979 et 1992 la même saga en livre. Pour l’anecdote, à partir de 1978, Douglas Adams participe à l’écriture de « Pirate Planet » (Episode 99 saison 16), de « City Of Death » (épisode 105 saison 17) de la fameuse série DOCTOR WHO.

Dirk Gently donc (par ce qu’on digresse un peu là dis donc… donc) est une saga littéraire policier/fantastique/science-fiction/humour parue en trois tomes (en fait deux tomes et demi) publiés dans leur version originale subséquemment en 1987, en 1988 et en 2001.

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En français, aux éditions Stock puis chez Folio SF avec trois titres :

  • Dirk Gently : Un cheval dans la Salle de Bain (Dirk Gently’s Holistc Detective Agency)
  • Dirk Gently : Beau comme un Aéroport (The Long Dark Tea-Time of the Soul)
  • Dirk Gently : Fonds de Tiroir (précédemment : Le Saumon du Doute / The Salmon of Doubt)

Le troisième tome est une édition inachevée récupérant l’histoire laissée en suspend et divers autres textes de l’auteur.

Pour les adaptations en séries nous avons :

Entre 2010 et 2012 : Dirk Gently de Howard Overman sur BBC Four qui fut finalement annulée après un épisode pilote et quatre épisodes. Avec dans les rôles principaux :

  • Stephen Mangam : Dirk Gently
  • Darren Boyd : Richard, l’assistant de Dirk
  • Helen Baxendale : Susan, la compagne de Richard

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Puis une nouvelle adaptation en 2016 en une saison de 8 épisodes, Dirk Gently, Détective Holistique (Dirk Gently’s Holistic Detective Agency) de Max Landis diffusée sur la BBC America. Avec dans les rôles principaux :

  • Samuel Barnett : Dirk Gently
  • Elijah Wood : Todd Brotzman, l’assistant de Dirk
  • Hannah Marks : Amanda, la sœur de Todd

Il semblerait d’ailleurs qu’une saison 2 soit à venir.

17071508543415263615149415Cette dernière adaptation est un véritable coup de cœur. Mais je m’éloigne un peu du livre.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je crois important de définir un peu ce qu’est l’holisme (synonyme de holistique), ou pour utiliser les mots de notre héros : « C’est l’interconnexion fondamentale de toutes choses. »

Petite description du personnage principal :

Svlad Cjelli, alias Dirk Gently originaire de Transylvanie du côté de sa mère selon ses dires. Il a étudié au Collège de Saint Cedd de Cambridge (Collège fictif inspiré des souvenirs que l’auteur a gardé du Collège Saint John de Cambridge) avant de s’y faire renvoyer et accessoirement conduire en prison. Étudiant paresseux et rondouillard, sujet de spéculations nombreuses autour de ses soi-disant dons de prémonition, il bénéficie d’une notoriété bien particulière et est le centre d’événements étranges. Plus tard, Dirk Gently lance son agence de détective holistique, agence aux méthodes absconses spécialisée dans la disparition des chats perdus et des divorces difficiles. Il travaille avec sa secrétaire Janice Smith en constante démission, qu’il ne paie pas, exigeant pour ses services une rémunération excessive à ses client(e)s qui 17071508583115263615149417ne paient pas non plus. Il poursuit ses enquêtes avec la conviction profonde que tout est interconnecté, c’est la méthode holistique. C’est un homme enveloppé, accro à la cigarette et amateur de pizzas. Il porte un costume en gros tissu beige clair usé et tâché, une chemise à carreaux rouges, une cravate à rayures vertes et d’épaisses lunettes à montures métalliques. Description valable pour la première rencontre avec le personnage mais très représentative de ses goûts vestimentaires complètement dépareillés, dont chaque vêtement est en guerre ouverte avec l’autre. Il justifie ses notes de frais extravagants auprès de sa clientèle par ses méthodes d’investigations, ou plutôt embobine sa clientèle avec de longues tirades sur la mécanique quantique, la théorie du chat de Schrödinger, l’inter-connectivité de toute chose, etc… Il n’hésitera pas à faire passer un séjour aux Bahamas pour de l’investigation dont les liens avec l’enquête échappent bien sûr aux yeux des profanes (les clients).

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Résumons sans spoiler :

Un meurtre paranormal, un esprit vengeur, un aéroport qui explose de manière totalement spontanée… Ses méthodes d’investigation l’amèneront toujours en devant des ennuis et dans des situations hors du commun des mortels. Oubliez les indices minutieux, les déductions brillantes et les relevés d’empreintes (oubliez Sherlock Holmes et autre Philip Marlowe), Dirk Gently est un détective plutôt tourné 17071509022215263615149418vers la physique quantique et le paranormal. Il suit ses pistes avec une méthode holistique, totalement instinctive en navigation zen (c’est-à-dire, pour se rendre quelque part, il suit une voiture qui a l’air de savoir où elle va), ce qui donnera assez souvent des résultats plutôt improbables. Il y côtoiera des meurtres, des fantômes, des monstres, des extraterrestres, des vaisseaux spatiaux, des voyages dans le temps et autres créatures fantastiques et folkloriques.

Dirk Gently est aussi et surtout un excellent roman d’humour, très agréable à lire. Le rythme y est constamment maintenu, pas d’ennui, vous aurez l’impression que tout se suit sans interruption. La saga n’a jamais été achevée mais elle a su imposer dans le paysage son personnage atypique. Son œuvre mélange avec brio Fantastique, Science-Fiction, Policier, et tout ça agrémenté d’un humour absurde et délirant dans la même veine que H2G2.
Pour l’anecdote, Douglas Adams prévoyait d’intégrer Dirk Gently dans l’univers étendu de H2G2, mais ce projet ne vit jamais le jour.

Je vous recommande les livres mais aussi son adaptation dans la série de 2016 qui est vraiment une perle à part entière, même dans son propre genre qui serait de toute façon difficile à cerner. Cependant, si la série reprend beaucoup d’éléments de l’œuvre originale, elle propose quelque chose de tout à fait différent. Ne vous attendez pas forcément à voir ce que vous avez lu.

Bref, un coup de cœur.

- Antipathes -

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FIN DU MONDE SPÉCIALE 14 JUILLET

FIN DU MONDE SPÉCIALE 14 JUILLET

FIN DU MONDE SPÉCIALE 14 JUILLET dans Dossier 17071406004215263615148222

Depuis 2015 déjà, je n’avais plus proposé d’article « Spécial 14 Juillet » destiné à présenter quelques films ou téléfilms français tombés un peu dans l’oubli. Voilà qui est réparé (si on veut) avec cette spéciale fin du monde à la française présentant de futurs mondes dévastés. Des mondes présents et futurs où les individus rêvent encore de familles et de maternités. Des maternités qui sont condamner à s’entretuer pour une bouchée de pain, ou à l’inverse, pour une simple pièce de monnaie. Un peu comme si on glissait directement les fœtus dans les broyeurs à viande du futur. Et quoique l’on puisse en dire ou en penser, les Français n’ont jamais été en reste en matière d’anticipation. Et seuls les budgets de leurs films restent à la traîne, ce qui les ampute généralement de la qualité et de la notoriété recherchées. Néanmoins, voici quelques films que j’ai pu voir ces dernières années et qui ne m’ont pas déplus, bien au contraire…

LE DERNIER HOMME (1970) de Charles L. Bitsch.

17071406041815263615148223 dans Science-fictionL’intrigue : Au retour d’une mission, trois spéléologues, Jean-Claude, sa femme Catherine et Eva, se retrouvent être les seules personnes encore vivantes sur la Terre. Une guerre chimique a provoqué la mort de la population et des animaux. Le trio s’organise afin de survivre. Jean-Claude et Eva meurent après avoir été en contact avec des cadavres. Catherine, enceinte, a échappé à la contamination, et donne naissance à un garçon…
Ce film co-produit par l’ORTF propose une fin du monde réécrite par le réalisateur/scénariste Charles L. Bitsch sous la forme d’une renaissance, proche de celle de la « Genèse » de l’Ancien Testament. Une version qui a d’ailleurs été énormément exploitée au cinéma, entre les potentiels « Adam » du futur ou les dernières femmes fertiles sur Terre. Généralement, pour pimenter l’intrigue, il suffit d’y ajouter deux femmes pour un seul homme, ou à l’inverse, et c’est ce qui engendre généralement des conflits plus violents : deux hommes pour une seule femme.

Mais pour rester sur ce sujet sous-entendu et pour laisser la parole à Jean-Claude Dusse, égaré en pleine montagne avec deux femmes dans LES BRONZÉS FONT DU SKI (1981), les deux femmes reconnaissant pour lui faire plaisir qu’en cas de force majeure elles accepteraient de coucher avec lui, Jean-Claude Dusse de s’écrier énergiquement « Dans dix minutes, je nous considère comme définitivement perdus !! ».

17071406064815263615148224 dans Trapard

LE DERNIER HOMME fait suite à quelques petites productions post-apocalyptiques italiennes comme ECCE HOMO, LES SURVIVANTS (1968) de Bruno Gaburro, ou LA SEMENCE DE L’HOMME (1969) de Marco Ferreri. LE DERNIER HOMME est très posé, avec une ambiance Fifties sous-jacente, bien que Charles L. Bitsch semble avoir tenté de gommer tout ce qui pouvait ancrer le film dans son époque de tournage, avec des décors minimalistes. Une volonté que, à l’inverse, le cinéma d’anticipation des dix années suivantes se refusera, dans une certaine généralité. Difficile choix que de vouloir ou ne pas vouloir faire un clin d’œil à son époque ou à l’actualité.

LE DERNIER HOMME fait néanmoins référence à la bombe à neutrons (ou bombe N) fabriquée et testée au cours des années 60. La bombe N est une arme nucléaire tactique de puissance explosive réduite, conçue pour libérer une grande partie de son énergie sous forme d’émissions neutroniques. Le rayonnement neutronique inflige des dégâts aux tissus organiques et aux composants électroniques, tout en ayant des retombées radioactives minimes. Ainsi, LE DERNIER HOMME place ses trois personnages dans un monde déshumanisé, mais loin d’être dévasté, ce qui ne nécessite pas un budget conséquent.

DEMAIN, LA FIN DU MONDE (1971) de Michel Polac.

J’ouvre une courte parenthèse avec ce film qui n’a rien de futuriste. C’est simplement un constat désabusé sur l’existence, la politique, la course aux armements. On ressent dans ce téléfilm de l’ORTF, diffusé en 1971, le futur étendard du « No Futur » porté à la fin des années 70 et par les jeunes des années 80.

L’intrigue : De nos jours, à Paris, un homme est excédé par l’absurdité de la vie quotidienne. Il ne supporte plus que les jours se succèdent les uns aux autres, tous semblables. Par n’importe quel moyen, il décide que cela doit changer…

17071406092915263615148225À noter, la présence dans le film, de Léon Zitrone, de Bertrand Poirot-Delpech, et de toute la troupe du Magic Circus. Ou, toute une époque de la Télévision Française de grande écoute, sous Georges Pompidou et Giscard, concentrée en un téléfilm. Et mes souvenirs d’enfance aussi. Donc la Fin du Monde entre les interminables états d’âme de « La Noiraude » et les derniers mots expéditifs de Gros Nounours de « Bonne nuit les Petits  ». Mais DEMAIN, LA FIN DU MONDE de Michel Polac montre surtout une ambiance très parisienne d’hier (et d’aujourd’hui), ou des grandes mégapoles.

Enfin, ce thème sur l’absurdité de la vie quotidienne a touché une partie du cinéma européen des années 70. Et notamment le cinéma de Wim Wenders et de Peter Handke, qui feront naître le « road-movie » allemand. Mais en 1987, les mêmes Wenders et Handke prendront finalement ce thème à contre-pied avec LES AILES DU DÉSIR (1987) et avec son ange renonçant à la routine de l’immortalité afin de goûter aux plaisirs terrestres. Ah, ces belles et rassurantes années 80 !

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DEMAIN, LES MÔMES (1976) de Jean Pourtalé.

L’intrigue : Après un cataclysme qui a ravagé la planète à partir d’ondes sonores, Philippe cherche désespérément à rejoindre un groupe humain constitué majoritairement d’enfants, d’autant que sa compagne a été assassinée sous ses yeux par des rôdeurs. Son seul espoir est de localiser l’endroit d’ou proviennent les lointaines émissions radio qu’il arrive encore à capter. Et c’est au moment où il va se mettre en route que les enfants arrivent, mais ils s’avèrent être extrêmement indifférents au monde adulte qui les entoure…

17071406160315263615148228Un bon petit film post-apocalyptique qui traite différemment le thème des RESCAPÉS DE L’AN 2000. Nettement moins connu que le film espagnol de Narciso Ibáñez Serrador ou que « Les Enfants du Maïs » de Stephen King (édité en 1977 et adapté à plusieurs reprises au cinéma et à la télévision), DEMAIN LES MÔMES n’est pas un film d’enfants meurtriers, mais le résultat est peut-être plus dur encore. Le film montre une rupture entre deux mondes : l’ancien système et le monde dévasté. Silencieux et entourés d’adultes handicapés, les enfants reconstruisent un nouveau monde, le leur. Ceux qui, comme Philippe, cherchent à reconstituer l’ancien système pour s’y appuyer comme sur une béquille, ne trouveront aucune place parmi cette future génération. Ils finissent fatalement par s’exclure eux-mêmes pour devenir des rôdeurs. DEMAIN LES MÔMES est aussi une métaphore un peu cruelle sur le temps qui passe et sur le sentiment de vieillir.

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Philippe est joué par Niels Arestrup, alors tout jeune et excellent dans son rôle. Plus jeune encore, la bouille d’Emmanuelle Béart se mélange aux autres petites bouilles des enfants du futur.

LES RAISINS DE LA MORT (1978) de Jean Rollin.

L’intrigue : Une jeune femme découvre la présence d’un pesticide sur les vignes des propriétés environnantes. Elle apprend rapidement que le produit est très toxique : tous ceux qui goûtent au vin produit par les grappes contaminés deviennent de dangereux zombies tueurs…

17071406184515263615148229Un résumé trouvé sur Allociné qui ressemble assez à celui de TOXIC ZOMBIES (1980) et à sa communauté de paysans hippies intoxiqués par les pesticides déversés sur leur récolte de marijuana. À la différence tout de même que dans LES RAISINS DE LA MORT, il n’y a aucun zombies mais des humains infectés et aux pulsions meurtrières. Ce n’est donc pas un film post-apocalyptique, mais un film d’épidémie virale annonce forcément une dévastation qui va crescendo. Et depuis les années 2000, les films d’infectés sont devenus synonymes d’apocalypse.

Certains considèrent d’ailleurs que ce film de Jean Rollin anticipe à lui seul tout le sous-genre du « film d’infectés ». Mais après réflexion et quelques visionnages de films, j’en ai trouvé toute une série qui lui sont eux-mêmes antérieurs.

17071406222815263615148231Je peux déjà indiquer I DRINK YOUR BLOOD (1971) avec son gang de motards assassins et délirants, infectés par le virus de la rage. Puis DOOMWATCH (1972) de Pater Sasdy, dans lequel, une pseudo-marée noire camouflant des déchets chimiques néfastes, engendre des modifications sur la faune abyssale ainsi que l’acromégalie et des pulsions meurtrières sur les habitants d’un village côtier. Et évidemment, LA NUIT DES FOUS VIVANTS (1973) de George A. Romero, qui avec LA NUIT DES MORTS-VIVANTS (1968) fait de son réalisateur, l’un des fondateurs des films de zombies et d’infectés modernes. Beaucoup plus poétique, LE MESSIE DU MAL (1973) annonce pourtant une épidémie qui engendre des meurtres en cascade. Je pense aussi au MÉTRO DE LA MORT (1973) de Gary Sherman, bien que ce film relève plutôt d’un autre sous-genre qui est finalement assez récent : le Survival suburbain. Et j’ajouterai la série télévisée anglaise THE CHANGES (1975) dont le virus meurtrier est symbolisé par le modernisme, les engins motorisés, la télévision, les ondes hertziennes ou téléphoniques, les citadins devant finalement fuir les villes et migrer vers des endroits inhabités plus reculés. Enfin, dans le film espagnol de León Klimovsky, ÚLTIMO DESEO (1976), une dévastation nucléaire réduit la race humaine à des hordes d’aveugles assassins. Sans oublier la diptyque FRISSONS (1975) et RAGE (1977) de David Cronenberg et ses parasites sexuels et meurtriers.

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Très loin des ambiances poético-gothiques des films précédents de Jean Rollin, LES RAISINS DE LA MORT ne fait pourtant pas l’impasse sur certaines influences dans les décors et les accessoires. La scène où Brigitte Lahaie sort de l’obscurité, accompagnée de deux immenses dogues, fait forcément référence à l’apparition de la princesse Asa Vajda au début du MASQUE DU DÉMON (1960) de Mario Bava. Et la présence de l’actrice de films X, Marilyn Chambers, dans RAGE (1977) de David Cronenberg au sujet presque similaire, a sûrement influencé Rollin a faire tourner Brigitte Lahaie dans ces RAISINS DE LA MORT, puis dans FASCINATION, l’année suivante. En dehors de l’accidentel LAC DES MORTS-VIVANTS (1977), Jean Rollin exploitera de nouveau le sujet de la contamination en 1982 avec LA MORTE-VIVANTE. Et bien que ce soit un pur film de zombie, LA MORTE-VIVANTE n’en garde pas moins ce lyrisme et ces errances féminines chers à son réalisateur.

En attendant, LES RAISINS DE LA MORT est consultable en streaming sur YouTube.

AÉROPORT, CHARTER 2020 (1980) de Pierre Lary.

Voilà un titre qui ne paye pas de mine. Surtout après l’interminable série de films comme AIRPORT (1970), LES NAUFRAGÉS DU 747 (1977), AIRPORT 80 : CONCORDE (1979), SOS CONCORDE (1979) et la parodie du collectif ZAZ, AIRPLANE (1980, en Français :Y A-T-IL UN PILOTE DANS L’AVION?). On se devait de tomber dans le panneau planté au milieu de l’allée, en oubliant que certains films peuvent nous réserver des surprises. Et derrière ce téléfilm produit par Antenne 2 se cache une intrigue passionnante qui nous fait bourlinguer entre un sujet de film catastrophe, un autre d’espionnage, puis finalement, celui d’une dystopie mutante et divisée en plusieurs états en pleine guerre froide, et où les rapports physiques sont exclus. Et finalement, AÉROPORT, CHARTER 2020 commence là où un film catastrophe classique se serait conclu.

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L’intrigue : 2020. Un concorde dans un état déplorable traverse le ciel de France. À bord, des animaux et quelques passagers : le commandant aveugle, son fils, un vieux couple, Simone et Jacques, Nicole qui attend un bébé. La nuit tombe et il n’y a aucune lumière au sol, la radio reste muette et l’avion descend. Mais une autre réalité les attend…

Le monde futuriste présenté dans ce téléfilm est plutôt intéressant. Par exemple, les uniformes de cette nouvelle civilisation sont très élaborés. Les murs de détention sont parfois remplacés par des sortes de toiles d’araignée vivantes et absorbantes. Et un détail amusant : les humains communiquent à l’aide d’oreillettes, assez fidèles à celles utilisées de nos jours par les conducteurs d’automobiles.

Pour ceux qui se méfient des productions françaises des années 80, AÉROPORT, CHARTER 2020 est un téléfilm extrêmement sérieux, souvent sombre et sans aucun cabotinage.

GUEULE D’ATMOSPHÈRE (1980) de Maurice Château.

Avec son titre qui rappelle immanquablement la voix d’Arletty, GUEULE D’ATMOSPHÈRE est un court téléfilm régional de 52 minutes, produit par France 3 Alsace et tourné aux alentours de Strasbourg.

L’intrigue : Après la grande dépression, le monde est dévasté et l’humanité déstructurée, chaque groupe s’inventant ses nouvelles règles. Un père et son fils tentent d’atteindre la réserve où la vie serait meilleure, « Le Doux ». Mais les embûches et rencontres seront nombreuses…

Un scénario très stéréotypé, mais qui date du début des années 80, donc les imitations sont beaucoup plus nombreuses ultérieurement qu’antérieurement. Encore rares étaient les séries B qui utilisaient ce canevas dans les années 70 : la quête d’un Eldorado mythique en pleine apocalypse nucléaire et face à une dictature militaire. Au final, cette GUEULE D’ATMOSPHÈRE est plutôt bricolée, tournée dans des décors miniers ou dans des décharges et certains costumes sont assez craignos et rappellent un peu les futurs nanars italiens post-apocalyptiques. Mais la chute est plutôt surprenante et rehausse le niveau du téléfilm.

LA TENDRESSE DU MAUDIT (1980) et RÂ (1984).

Deux raretés que sont ces deux court-métrages d’animation édités avec deux autres courts, en VHS dans les années 80 chez Scherzo sous le titre BARBE BLEUE, HISTOIRES D’APOCALYPSE ET DE MAGIE.

17071406362415263615148233Les quatre films en question sont BARBE BLEUE (1979) d’Olivier Gillon et L’INVITÉ (1984) de Guy Jacques. Et pour les deux titres qui nous intéressent ici, ce sont LA TENDRESSE DU MAUDIT (1980) de Jean-Manuel Costa, qui a remporté plusieurs prix, dont un au Festival d’Avoriaz.

L’intrigue : Dans Paris dévasté après une guerre nucléaire, une gargouille de la cathédrale Notre-Dame reprend vie…

Jean-Manuel Costa est un réalisateur très humble de court-métrages d’animation en stop-motion inspirés des effets spéciaux de Ray Harryhausen. Vous pouvez visiter son site. Longtemps connu uniquement des festivaliers, le travail de Jean-Manuel Costa touche désormais un plus large public de cinéphiles puisque le double-DVD, DÉMONS ET MERVEILLES édité en octobre 2016 rend enfin à César ce qui appartient à César. Et à propose de César, voici une vidéo de remise d’un César en 1982 pour LA TENDRESSE DU MAUDIT, Costa s’y définissant ainsi : « Quand j’étais jeune, presque beau et plein de cheveux ».

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Enfin, RÂ (1984) de Thierry Barthes et Pierre Jamin. Le film est consultable sur Viméo ICI, et voici quelques indications trouvées sur le blog de Thierry Barthes :

« Court-métrage réalisé par Barthes & Jamin en 1984, en animation volume. Entièrement fait à deux ; il dure 17 minutes et a nécessité deux ans et demi de travail pour la fabrication des marionnettes, des décors, la création de la maison de production. 9 mois de tournage image par image…RÂ a remporté une dizaine de prix dans les festivals (Clermont Ferrand, Annecy), a été sélectionné à Berlin, à Tokyo, à Cannes dans le cadre d’ « Un certain regard », et a été nominé aux César. Acheté par TF1, FR3, Canal +. Il a aussi obtenu une subvention, une prime à la qualité du CNC et a fait l’objet d’une sortie vidéo ».

L’intrigue : Dans un monde où le soleil a tout brûlé, seule une autoroute suspendue n’a pas fondu. Quelques rescapés s’accrochent et pensent trouver refuge dans un immeuble encore debout. Mais pourquoi cet immeuble n’a pas été enseveli dans le sol en fusion comme tous les autres ? Ils le découvriront… trop tard.

BOUM !

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POPULATION ZÉRO (1972)

POPULATION ZÉRO (1972) dans Cinéma 17070808385215263615137630

POPULATION ZÉRO (1972) de Michael Campus 

POPULATION ZÉRO ou Z.P.G. est sûrement l’un des classiques d’anticipation dystopique des années 70 les moins connus aujourd’hui. Tourné bien avant SOLEIL VERT (1973) et surtout L’ÂGE DE CRISTAL (1976), et moins spectaculaire, il anticipe pourtant déjà tous les futurs sujets futuristes sur les régulations des naissances. Et ceci, bien que POPULATION ZÉRO soit sorti après le THX 1138 de George Lucas, qui est beaucoup plus une œuvre orwellienne.

L’intrigue : L’action se situe dans un futur dévasté par la pollution et la surpopulation dont notre présent ne sont plus que les vestiges muséaux d’un passé lointain. Le gouvernement interdit aux couples de faire des enfants, mais un couple refuse de se soumettre à cette loi…

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Pour mieux comprendre un tel sujet en 1972, alors que le cinéma d’anticipation des années 60 se prolongeait avec L’ULTIME GARÇONNIÈRE sur le mode de la comédie, en Angleterre en 1969, ou avec le 17070808423215263615137662 dans Traparddramatique TERRE BRÛLÉE en 1970 aux États-Unis, ou encore avec un cinéma indépendant futuriste et anarchisant comme GAS -OR- IT BECAME NECESSARY TO DESTROY THE WORLD IN ORDER TO SAVE IT (1970) de Roger Corman, il faut revenir à la création, en 1968, de l’association américaine « Population Connection » (ou « Zero Population Growth », donc « croissance nulle de la population ») qui considérait que la surpopulation menaçait la qualité de vie des gens partout dans le monde. « Population Connection » était une organisation militante basée sur l’éducation des jeunes en préconisant une action progressive pour stabiliser la population mondiale à un niveau qui puisse coïncider avec les ressources de la Terre. « Population Connection » était la plus grande organisation de ce genre aux États-Unis, avec 17070808451015263615137663plus de 500 000 membres, sympathisants et éducateurs spécialisés. Ils devaient enfin assurer de l’aide à chaque femme enceinte désirant retarder ou annuler une naissance, en lui permettant d’avoir accès à tous les soins contraceptifs nécessaires.

Enfin, « Population Connection » inspira le professeur Paul Ralph Ehrlich (et sa femme Ann), pour écrire le best-seller « The Population Bomb » édité la même année 1968. POPULATION ZÉRO est l’adaptation de ce roman.

Bien que dénué d’érotisme, le film de Michael Campus a été tourné au Danemark en 1971. Et bien que je n’ai trouvé aucune information sur le sujet sur le web, je suppose que le sujet du film était un peu sensible pour un pays comme les États-Unis en pleine crise législative sur la question de la pornographie au cinéma en cette année 1971. Alors que parallèlement, les libertés danoises sur cette question étaient très reconnues, et même très caricaturées à l’époque (voir par exemple le film KARATÉKA AU PAYS DE L’ÉROTISME de 1973, ou le nombre de titres de films X des Seventies incluant le mot « Danoises »).

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L’autre possibilité du tournage en Europe vient sûrement du fait que le couple de POPULATION ZÉRO est interprété par Oliver Reed et Geraldine Chaplin. Sir Oliver Reed était alors un transfuge de la Hammer Film anglaise (LA NUIT DU LOUP-GAROU, CAPITAINE CLEGG, PARANOÏAC) et commençait à s’exporter doucement avec LES DIABLES, LA DAME DANS L’AUTO AVEC DES LUNETTES 17070808501315263615137667ET UN FUSIL, et surtout grâce au western, LES CHAROGNARDS. Tandis que la fille de Charles Chaplin vivait en Europe et avait épousé le cinéaste Carlos Saura pour lequel elle a joué plusieurs rôles cultes, dont le personnage d’Ana dans sa saga familiale sur la fin du franquisme (PEPPERMINT FRAPPÉ, ANA ET LES LOUPS, CRIA CUERVOS et MAMAN A 100 ANS).

Mais là où Carlos Saura savait mettre en valeur sa femme dans ses différents rôles, le réalisateur de POPULATION ZÉRO semble avoir eu plus de mal à exploiter le jeu extrêmement peu expressif de Geraldine Chaplin, ce qui rend le film légèrement lymphatique. L’autre point noir du film de Michael Campus, c’est une petite incohérence scénaristique qui existait déjà dans le roman. Comment dans un futur dictatorial, une femme peut-elle vivre jusqu’à son dernier souffle de vieillesse, tout en pratiquant l’amour libre, mais sans contraception ni stérilisation forcée ? Au moins, quatre ans plus tard, L’ÂGE DE CRISTAL réglait cette problématique avec son fameux Carrousel, anéantissant les humains de plus de trente ans, sous couvert d’une renaissance mystique. Dans POPULATION ZÉRO, la condamnation est peut-être plus vicieuse au fond, puisque le Système utilise la jalousie et la cupidité de la population, prête à dénoncer son prochain pour quelques rations supplémentaires. Cette pratique accentue la solitude des couples du futur et on est finalement très loin de l’univers d’Aldous Huxley qui s’insère à merveille dans le scénario de L’ÂGE DE CRISTAL.

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Dans POPULATION ZÉRO, l’univers est sombre, post-apocalyptique, irrespirable et sans espérance car la population est entretenue dans une rêverie basée sur un passé sans saveur ni odeur. SOLEIL VERT fera aussi référence à ce détail important.

Enfin, une petite touche d’humour narguant la « Guerre Froide » désengourdit le reste du film, lorsque dans un court plan serré sur une plaque de plomb commémorative, on peut lire : « Cette surface a été nettoyée le 7 juillet 1978 par plusieurs missiles UGM-27 Polaris, commandés par lArmée des États-Unis. Ceci dans l’intérêt de la Paix ».

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ZAAT (1971)

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ZAAT (1971) de Don Barton

Ça fait déjà quelques années que ZAAT est consultable en streaming sur YouTube. Je l’avais regardé une première fois en VO et je l’avais trouvé extrêmement lent, mais passionnant. Je ne pense d’ailleurs pas que ce film existe en version sous-titrée.

17070408421615263615130396 dans Science-fictionIl est sorti aux États-Unis en DVD et en Blu-ray, mais pas chez nous, pas encore en tout cas. Elvira, puis le Mystery Science Theater 3000 ont proposé le film aux téléspectateurs américains, mais il n’a jamais atteint nos frontières apparemment. La seule critique en français que j’ai pu trouver sur ZAAT est très peu élogieuse, car elle se moque de « l’amateurisme » du film de Don Barton, et c’est justement sur ce point que je l’ai trouvé réussi. Ou alors, peut-être que c’est moi qui ai des goûts ultra-craignos et qui ne trouve plus de marge exacte entre Bis et Z, puisque j’avais regardé coup sur coup trois films indépendants, et sans budget de la même période, et tous les trois dérivés des « films de monstres ». Et je les avais adorés, chacun pour leur créativité propre face au manque de moyens financiers.

D’abord EQUINOX (1970) avec ses effets de stop-motion à la Ray Harryhausen mais dans une ambiance horrifique. Puis OCTAMAN (1970) et son homme-pieuvre assassin créé par Rick Baker. Et enfin, ce curieux ZAAT (1971), aussi titré THE BLOOD WATERS OF DR. Z ou HYDRA, ou même DR. Z, ou encore, ATTACK OF THE SWAMP CREATURES. À savoir que ATTACK OF THE SWAMP CREATURE (au singulier) est déjà le titre du remake de VOODOO WOMAN (1957) de Roger Corman, qu’en a fait Larry Buchanan en 1966 pour l’A.I.P.-TV, et qui est tout autant inédit chez nous. Et en 1966, Jesùs Franco au aussi tourné en Espagne LE DIABOLIQUE DOCTEUR Z (sorti aux États-Unis sous le titre, THE DIABOLICAL DR. Z).

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Du coup, avec un minuscule budget, le réalisateur de ZAAT, arrive à tenir le spectateur à partir de rien : un homme seul dans un laboratoire, des décors étranges et minimalistes. Et une intrigue qui évolue vers un aboutissement présenté de manière très peu spectaculaire, comme le reste de l’intrigue.

17070408495715263615130399Quand je l’avais vu la première fois, je l’avais trouvé lent car c’est un huis-clos à un seul personnage et avec très peu de voix off. L’ensemble est plutôt contemplatif, le Dr. Kurt Leopold évoluant seul dans un laboratoire. J’avais d’abord pensé qu’il s’agissait d’un film post-apocalyptique avec quelques flash-back expliquant la situation actuelle du Dr. Leopold. Puis au fur et à mesure du métrage, on comprend qu’il expérimente des expériences sur sa propre personne, jusqu’à la transformation ultime.

L’intrigue : Le Dr. Kurt Leopold est un ancien scientifique nazi vivant seul dans son laboratoire depuis 20 ans. Il repense avec une certaine dérision à ses anciens collègues qui se moquaient de sa «formule» chimique nommée «ZaAt». Ce composé est censé pouvoir transformer un humain en une créature amphibie, lui permettant ainsi de retrouver ses origines primitives. Il s’injecte le sérum et s’immerge dans un réservoir relié à un éventail d’équipements le préparant à se projeter dans un lac. Sous sa nouvelle forme hybride, il va exécuter une vengeance méthodique envers ses anciens collègues….

Évidemment, on ne peut qu’imaginer que ZAAT est une version alternative ou parallèle à L’ÉTRANGE CRÉATURE DU LAC NOIR de Jack Arnold, sorti en 1954. L’intrigue de ZAAT se situant environ 20 ans après l’année 1934 (donc en plein régime nazi), mais aussi date du début de la réclusion volontaire du Dr Leopold. Donc le compte y est, nous sommes bien en 1954. La créature est éminemment craignos, on peut s’en douter, mais on a vu pire.

N’hésitez pas à regarder ZAAT, même en VO, ici sur YouTube. Ainsi que la présentation du film par Don Barton lui-même ici.

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VALERIAN : EXTRAITS VIDEO

VALERIAN : EXTRAITS VIDEO dans Cinéma 17070207553615263615125424

On n’en peut plus d’attendre la sortie très prochaine de la méga production de space opera de Luc Besson, VALERIAN ET LA CITE DES MILLE PLANÈTES, qui s’annonce comme un formidable voyage aux confins de l’Imaginaire ! Les bandes-annonces et les extraits dévoilent progressivement un film d’une ampleur visuelle au-delà de tout ce que l’on a pu voir en SF cinématographique ces dernières années, avec des trouvailles incroyables et un univers de SF grouillant de vie. En attendant, et toujours pour nous en mettre plein les yeux, voici quelques récents extraits du film…

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ALIEN SPECIES (1996)

ALIEN SPECIES (1996) dans Cinéma bis 17061306241115263615091442

ALIEN SPECIES (1996)

Titre original : Alien Species

Réalisation : Peter Maris

Scénario : Nancy Newbauer

Production : Bill Crow

Musique : Dan Kehler

Interprètes : Charles Napier, Hoke Howell, David Homb, Jodi Seronick…

Pays : USA

17061306241215263615091443 dans Science-fictionLes années 1995-1996 étaient celles de la science-fiction pour cette décennie chancelante pour le blockbuster de SF qu’étaient les 90′s. Coup sur coup sortaient sur les écrans, LA MUTANTE (1995, Species) de Roger Donaldson, LE CINQUIÈME ÉLÉMENT de Luc Besson, suivi d’INDEPENDENCE DAY de Roland Emmerich et de MARS ATTACKS de Tim Burton. Mais aussi LE VILLAGE DES DAMNÉS de John Carpenter, et le très bon THE ARRIVAL, et même un improbable LE MÉTÉORE DE LA NUIT 2.

Cette vague d’attaques extraterrestres donna aussi naissance à une série de films mineurs sortis directement en DTV dont je vous laisse juge de la qualité des titres : ALIEN ABDUCTION INTIMATE SECRET, ALIEN AVENGERS, ALIEN FORCE, ALIEN TERMINATOR…. Ainsi, en 1996, la compagnie American Interactive Pictures (qui n’a d’ailleurs vécu que le temps d’un seul film) tentait de capitaliser sur le succès de tous ces films et sortait directement en DTV cet ALIEN SPECIES.

17061306241315263615091444 dans TrapardL’intrigue : Une flotte d’ovnis gravite autour de la Terre et un groupe de scientifiques tente de découvrir les véritables intentions des extraterrestres. Mais les ovnis commencent une attaque massive de la Terre, et le groupe doit se réfugier dans une grotte guettant tout signe belliqueux de la part des étrangers d’outre-espace pour tenter de contrecarrer l’invasion…

Des ovnis aux designs calqués sur ceux du film de Byron Haskin dans LA GUERRE DES MONDES (1954, War of the Worlds) et sur les « vaisseaux mères » d’INDEPENDANCE DAY. Et des effets spéciaux entièrement réalisés en images de synthèses assez ringardes et qui rappellent assez certains jeux vidéo très basiques des années 90 pour PC ou pour Playstation 1.

Reste les créatures extraterrestres et leurs cocons visibles à la fin du film qui remontent le niveau, même si l’on se croirait presque dans un post-ALIEN du début des années 80 (mais tourné en vidéo). D’ailleurs, le stylisme de l’affiche américaine d’ALIEN SPECIES est très proche de celui de la saga ALIEN dont le troisième, de David Fincher, sortait aussi deux ans auparavant. Et il faut bien avouer que depuis le film de 1979, on l’attendait cette attaque massive de notre belle planète bleue.

ALIEN SPECIES est totalement inédit en France mais il est consultable sur YouTube en V.O.

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