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Archive pour la catégorie « Trapard »

INCIDENT AU LOCH NESS (2004)

INCIDENT AU LOCH NESS (2004) dans Cinéma 19051808085115263616242439

INCIDENT AU LOCH NESS (2004)

Titre original : Incident at Loch Ness

Réalisateur : Zack Penn

Scénariste : Zack Penn et Werner Herzog

Musique : Henning Lohner

Année : 2004

Pays : Angleterre

Interprètes : Werner Herzog, Kitana Baker, Gabriel Beristain, Russell Williams II, David A. Davidson, Michael Karnow, Robert O’Meara, Zak Penn, Crispin Glover et Jeff Goldblum.

19051808085015263616242438 dans FantastiqueL’intrigue : Werner Herzog part en expédition en Écosse afin de faire toute la vérité sur le monstre qui se cache dans le Loch Ness pour les besoins d’un film intitulé Enigma of Loch Ness. À la même époque, John Bailey réalise un documentaire sur Werner Herzog, baptisé Herzog au pays des merveilles, et suit le cinéaste lors de la préparation du film et sur le tournage.
Ce que tous deux ne pouvaient prévoir, c’est que le film d’Herzog ne se ferait jamais. Le chaos qui fut le lot d’Herzog sur nombre de ses longs métrages l’a poursuivi jusqu’en Écosse, un tragique accident après seulement quelques jours de tournage ayant définitivement interrompu la production… À l’automne 2003, les rushs des deux films ont été combinés pour donner naissance à ce making-of.

Sur un archétype archi-connu depuis CANNIBAL HOLOCAUST (1980) et LE PROJET BLAIR WITCH (1998), le producteur Zack Penn et le réalisateur Werner Herzog proposent sans avoir l’air d’y toucher, un film complexe entre documentaire, mockumentaire et found-footage. En se basant sur les grands classiques d’Herzog, on entre dans le documentaire, tel qu’il nous est proposé, sans se poser de questions. Et la présence de Crispin Glover et de Jeff Goldblum au début du film ancre bien cette logique 19051808113015263616242441 dans Trapardd’honnêteté documentarisée. Mais c’est sans compter sur l’humour d’un Werner Herzog, qui d’un côté est présenté comme un grand mégalomane depuis le documentaire ENNEMIS INTIMES (1999). Et d’un autre côté, il y a le Werner Herzog comédien, qui n’hésite pas à se prêter au petit jeu de l’auto-dérision comme dans le mini-documentaire, WERNER HERZOG EATS HIS SHOE (1980) de Les Blank. Et INCIDENT AU LOCH NESS n’est finalement pas si loin de ce petit documentaire inédit en France, puisqu’on ressent très vite un humour de second degré faire de petites interférences soutenues derrière le sérieux du sujet. Et alors qu’au début du film, Herzog se présentait comme un sceptique amusé concernant toutes formes de cryptozoologie, c’est finalement cet humour qui brouille complètement nos repères en alternant premier et second degrés comme avec ce jeu de la balle cachée sous un gobelet sur trois, pour faire enfin glisser ni vu ni connu, INCIDENT AU LOCH NESS dans de la fiction pure, voire même du cinéma de genre surfant sur la vague des films d’attaques d’animaux marins.

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Mais là où Robert Kramer nous avait déjà fait le coup de transformer un documentaire en fiction avec ROUTE ONE/USA (1989), Werner Herzog et Zack Penn préfèrent la légèreté et l’auto-dérision au sérieux de Kramer. Le film permet d’ailleurs de rendre plus accessible au spectateur lambda le métier de producteur, parodié ici avec beaucoup de bienveillance. Et c’est conflit commun entre réalisateur et producteur qui permet d’intégrer assez vite, au fil de l’intrigue, la notion de doute et de potentielle supercherie au fil d’INCIDENT AU LOCH NESS, Zack Penn cherchant continuellement à prendre le dessus sur le travail d’Herzog. C’est l’apparition de la superbe Kitana Baker qui annonce que le film sera plus drôle que prévu. Kitana Baker est mannequin et actrice de films pornographiques, et cette unique apparition dans le cinéma dit-conventionnel, démontre surtout son aisance dans des rôles plus, disons, psychologiques. Je me demande même si sa présence, affublée d’un bikini, sur un bateau 19051808171415263616242445assiégé par Nessie, n’aurait pas inspiré à Alexandre Aja la participation de Kelly Brooks en bikini dans le PIRANHA 3D (2010), et de quelques autres starlettes dans les Shark Movies de la firme Asylum. Mais le principe de l’accroche sexy y est, et il fonctionne très bien. Pour preuve, je suis en train de me rendre compte que j’ai dédié plus de six lignes de ce court article des Échos d’Altaïr au bikini de Kitana Baker. Impressionnant, non ?

Mais INCIDENT AU LOCH NESS est un film plus intelligent qu’il n’y paraît, n’ajoutant pas vraiment de nouveau point de vue concernant la créature de Nessie. Le film joue beaucoup avec la complicité du spectateur, tout en parodiant les bases de la série B moderne. Sans être une parodie non plus. On pourrait aussi le ranger dans ce cinéma d’auto-références aux côtés de C’EST LA FIN (2013, This is The End) de Seth Rogen et Evan Goldberg, dans lequel des célébrités du petit et du grand écran jouent leurs propres rôles, tout en se retrouvant dans des situations romancées et dangereuses.

- Trapard -

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LE DIX-HUITIÈME ANGE (1997)

LE DIX-HUITIÈME ANGE (1997) dans Cinéma 19042608240315263616212637

LE DIX-HUITIÈME ANGE (1997)

Réalisateur : William Bindley

Scénariste : David Seltzer

Musique : Jeff Eden Fair & Starr Parodi

Pays : États-Unis

Année : 1997

Interprètes : Christopher McDonald, Rachael Leigh Cook, Stanley Tucci, Wendy Crewson, Maximilian Schell…

LE DIX-HUITIÈME ANGE (1997, The Eighteenth Angel) aurait presque tout du téléfilm pour la ménagère assoupie dans son canapé, si David Seltzer, l’auteur de la trilogie LA MALÉDICTION n’était pas l’auteur du scénario.

L’intrigue : Après la mort suspecte de sa femme, un homme et sa fille se rendent en Italie où une secte prépare la résurrection de l’Antéchrist…

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L’adolescente Lucy Stanton, interprétée par la jolie et incroyablement douée Rachael Leigh Cook (malgré les critiques qu’on peut lire par-ci par-là sur le net), est peu à peu détournée de la protection paternelle lorsqu’elle se rend compte qu’elle plait et qu’elle attire l’attention des photographes. Mais ceux-ci sont moins bien intentionnés que le prévoyait papa-gâteau, interprété par l’insipide Christopher McDonald qui est souvent cantonné aux rôles de père de famille et qui joue sûrement ici l’un des rares rôles dans lequel je l’apprécie, avec aussi THE ROAD KILLERS (1994) de Deran 19042608301215263616212676 dans TrapardSarafian. Disons que pour l’époque où le film est sorti, le sujet faisait sûrement beaucoup plus mouche qu’à l’heure des télé réalités truquées, des concours de maillots de bains sur Facebook où les photos sont parfois redirigées vers des sites classés X, ou servent à des harcèlement, ou vont même jusqu’à faire l’objet d’assassinats fanatiques en Irak. Est-ce donc déjà l’Apocalypse ? Personnellement, je me rangerais plutôt du côté du relativisme (de l’hédonisme ?) du philosophe Michel Serres qui pense que si « c’était mieux avant », c’est parce qu’on ne prend généralement pas en compte les avancées de la médecine dans cette constatation. Et qu’on oublie vite qu’il se pourrait bien que ce soit pire après !

Et ce DIX-HUITIÈME ANGE se laisse tout de même regarder avec plaisir malgré son scénario archi-connu, d’autant que son ambiance est très vite envoûtante. Évidemment, nous sommes très loin des complots apocalyptiques commandités par le malicieux Damien ThornMais disons qu’entre la trilogie initiale, et le téléfilm LA MALÉDICTION 4, L’ÉVEIL de 1991, LE DIX-HUITIÈME ANGE se rangerait facilement du côté du meilleur, avec sa secte dirigée par un Maximilian Schell vieillissant mais toujours aussi excellent (il jouait aussi le cardinal dans VAMPIRES de John Carpenter en 1998). De plus, le film cache un petit mystère supplémentaire qui rappelle le thème des YEUX SANS VISAGE de George Franju, mais je n’en dirai pas plus.

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Dans ce style dérivé de ROSEMARY’S BABY (1967), j’ai personnellement une petite préférence pour LA SEPTIÈME PROPHÉTIE de Carl Schultz sorti en 1988. Et allez savoir pourquoi les films de sectes et d’antéchrists ont resurgis à la fin des années 90 avec des dérivés plutôt réussis comme STIGMATA (1999) interprété par Patricia Arquette ? Si l’on met de côté l’expansion de l’Islam à cette période, je pense que la psychose fanatique vaguement biblique du tueur en série de SEVEN (1995) de David Fincher n’est pas innocente à cette petite « résurrection » qui a fait naître quelques petits monstres du genre avec RESURRECTION (1999) de Russell Mulcahy (avec Christophe Lambert), LES RIVIÈRES POURPRES (2000), ou encore SUSPECT ZERO (2004) d’E. Elias Merhige (avec Ben Kingsley).

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ROBOT-COOL (53) : C.H.O.M.P.S.

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J’ai longuement hésité à choisir la catégorie robotique pour situer ce chien-robot. En effet, C.H.O.M.P.S. est plutôt cool comme robot si on le replace dans son contexte de la fin des années 70. Mais cette petite co-production de l’A.I.P. et d’Hanna-Barbera Productions réalisée par Don Chaffey (JASON ET LES ARGONAUTES, UN MILLION D’ANNÉES AVANT J.C ., PETER ET ELLIOTT LE DRAGON) est destinée à un public extrêmement jeune, ce qui rend l’ensemble assez balourd.

19031508224415263616159704L’intrigue : La petite ville de Hamilton est la proie d’une bande de cambrioleurs qui multiplient les mauvais coups. La police est d’autant plus impuissante que les malfaiteurs semblent capables de défier les systèmes de sécurité les plus sophistiqués. Brian Foster, un jeune ingénieur travaillant pour la firme de sécurité Norton, a mis au point un nouveau système ultra-perfectionné. Hélas, les essais ne sont guère concluants, au grand désespoir de Brian et de Cassey, la fille de Norton, qui entretient une relation sentimentale avec le technicien. La société Norton se trouve ainsi en grande difficulté, à la grande satisfaction de Gibbs, son principal concurrent. En désespoir de cause, Brian ressort son projet secret « C.H.O.M.P.S. », un robot de protection, créé à l’image de Canaille, le petit chien de compagnie du jeune homme…

19031508234615263616159705« C.H.O.M.P.S. » autrement dit « Canine HOMe Protection System » est un chien-robot de garde qui répond à des ordres codés et numériques. Il possède une ouïe très puissante, poursuit les voleurs, court aussi vite que Steve Austin, conduit des véhicules, traîne des poids de plusieurs tonnes…Bref, c’est le chien de garde parfait.

En plus de L’HOMME QUI VALAIT TROIS MILLIARDS, le film de Don Chaffey fait aussi évidemment référence au « récent » SUPERMAN (1978) de Richard Donner.

Brian Foster est interprété par le jeune acteur Wesley Eure dont la carrière a essentiellement été tournée vers la télévision, bien qu’il tienne l’un des rôles principaux dans l’excellent Slasher, LA FOREUSE SANGLANTE (1978, The Toolbox Murders).

Vous pouvez consulter C.H.O.M.P.S. en V.O. sur YouTube.

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Robot « cool » ou « craignos » ?

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SLITHIS (1978)

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SLITHIS (1978)

SLITHIS (Spawn of the Slithis) est une série B indépendante imitant vaguement le thème de L’ÉTRANGE CRÉATURE DU LAC NOIR (1954) de Jack Arnold, mais ancré dans la conscientisation écologiste des années 70, et situé entre les films d’attaques animales, les kaiju eiga japonais et les films de zombies italiens.

19031305292915263616156328 dans FantastiqueBien que peu connue, d’une certaine manière, la créature hybride nommée Slithis (aussi appelée « Slithus » dans le film) anticipe de près celles de PROPHECY, LE MONSTRE (1979), des MONSTRES DE LA MER (1980), mais surtout celles de THE BEING (1983) et de C.H.U.D. (1984). Sans oublier TOXIC AVENGER (1985), PLUTONIUM BABY (1987) et tant d’autres films des années 80 avec leurs créatures purulentes en place des mutations plus classiques du cinéma de SF des 50′s.

L’intrigue : Dans la ville de Venice en Californie, une fuite de centrale nucléaire engendre un monstre marin mutant surnommé « Slithis », qui s’en prend d’abord aux animaux domestiques, puis à des SDF alcoolisés et à des hippies qui traînent la nuit…

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Moins spectaculaire que les films cités plus haut et qui lui ont succédé, SLITHIS reste un bon divertissement à petit budget, avec son lot de personnages typiques des années 70 : les bourgeois vaguement bohèmes, les loubards.

19031305321815263616156330Les attaques de la créature sont souvent filmées dans l’ombre ou de nuit, ce qui ne permet pas vraiment de se faire une idée précise de son aspect physique. Mais les scientifiques précisent dans le film qu’elle est née d’une nappe de pétrole qui est devenue un véritable organisme vivant suite à des rejets de produits toxiques. Et un peu à la manière du « Blob » ou plutôt de « La Chose », cette mixture toxique vivante absorbe d’autres êtres dont elle digère l’apparence afin de pouvoir la reproduire, et donc, de pouvoir passer inaperçue afin de traquer de nouvelles proies. Mais dans une certaine généralité, c’est la créature que vous pouvez voir sur les photos qui apparaît dans ce film de Stephen Traxler oublié des blogs francophones.

Vous pouvez le regarder entier en V.O. sur YouTube.

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ROBOT-COOL (52) : LES NON-LINÉAIRES

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Comme leur nom l’indique, les « Non-Linéaires » sont différents, et dans le cas de la co-production polonaise, estonienne et ukrainienne, L’ENQUÊTE DU PILOTE PIRX (1978), ils sont différents des humains. Différents, mais pourtant parfaitement identiques physiquement, d’où leur côté cool. Mais ce serait présomptueux de ma part de les considérer comme cools parce qu’ils ressemblent aux humains. Mais c’est justement parce que les humains ne peuvent pas les dissocier que les « non-linéaires » sont parfaits.

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L’intrigue du film : Le commandant Pirx est sollicité pour prendre le commandement d’un vol spatial à destination de Saturne. La mission officielle consiste à mettre en orbite deux satellites autour de la planète en évitant les anneaux. Mais en réalité le but de la mission consiste à tester la fiabilité d’un nouveau produit électronique : des androïdes parfaitement identiques à des être humains mais dotés d’une force physique et d’un pouvoir de cognition bien supérieurs. Le commandant du vaisseau spatial et les membres de l’équipage devront ignorer qui est un « non-linéaire » et qui est un humain. Le commandant Pirx d’abord réticent, accepte finalement la mission lorsqu’il est victime d’une tentative de meurtre…

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Donc un an avant que l’androïde Ash sème la paranoïa dans le vaisseau Nostromo, L’ENQUÊTE DU PILOTE PIRX animait déjà le même sentiment mais avec plusieurs androïdes indissociables des passagers humains au sein du vaisseau Goliath que vous pouvez apercevoir ici https://pics.imcdb.org/0is227/statek7dg8.8394.jpg et ici https://pics.imcdb.org/0is227/statek9ub2.5230.jpg . L’enquête du commandant Pirx, parallèlement à sa mission, consiste donc malgré lui à les démasquer. À moins qu’ils ne se démasquent eux-mêmes. Leur but étant de réussir leur mission en faisant preuve d’une sociabilité sans faille pour pouvoir participer à des missions plus importantes, quitte à montrer leur dévouement à Pirx. Mais alors que les passagers du Goliath constatent le sabotage du système, Pirx découvre un enregistrement anonyme réalisé par un non-linéaire » qui dévoile ses véritables intentions : éliminer les humains en faisant croire à un accident et ramener seul l’appareil sur Terre afin de démontrer l’importance des siens…

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Ainsi, il règne dans le film un peu de cette paranoïa en huis-clos qui était déjà présente dans les adaptations de SOLARIS de Stanisław Lem. L’ENQUÊTE DU PILOTE PIRX étant adapté de la nouvelle « Rozprawa » (L’audience) du même Stanisław Lem, par le réalisateur Marek Piestrak.

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MONSTRES SACRÉS : PAZUZU

MONSTRES SACRÉS : PAZUZU dans Cinéma 14050303003115263612199975

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PAZUZU

Comme s’exclamerait un bambin imitant sa mère qui lui conseille de ne pas faire joujou avec le feu : « Pazuzu »… est un démon malfaisant. Wikipédia nous indique que « Pazuzu est une divinité secondaire de la Mésopotamie du Ier millénaire av. J.-C., le roi des démons du vent. Il peut avoir un rôle malfaisant, mais est surtout connu par son aspect de divinité protectrice, servant à combattre diverses maladies, en particulier celles touchant les femmes enceintes qu’apporte la démone Lamashtu. Plusieurs représentations de ce démon sont connues, ainsi que diverses inscriptions mettant en exergue son rôle protecteur, dont des incantations. »

Au cinéma, il est le personnage invisible mais pourtant implacablement central du film de William Fredkin, L’EXORCISTE (1973) adapté du roman de William Peter Blatty édité en 1971. Le livre et le film racontent l’histoire de la jeune Regan, âgée de 12 ans, qui se trouve être envoûtée par l’esprit de Pazuzu, à la manière d’une infection virale suite à l’exhumation d’une statuette lors de fouilles archéologiques menées en Irak.

19022207524015263616129918 dans Monstres sacrés

Le film de Friedkin ne s’étale pas vraiment sur la provenance ni sur les pouvoir de Pazuzu, préférant laisser planer une ambiguïté toute biblique autour de son démon pour rendre le film encore plus effrayant. Et comme souvent, en dépit de leurs qualités, ce sont les suites des films à succès qui apportent un surplus de détails sur nos tueurs, nos monstres ou nos démons préférés (voir LE TUEUR DU VENDREDI, FREDDY 3, ainsi que la longue saga des HALLOWEEN). Et L’EXORCISTE 2, L’HÉRÉTIQUE (1977) de John Boorman est aussi peu effrayant que nettement plus explicite au sujet de Pazuzu que son prédécesseur. Boorman nous offre d’ailleurs, au travers des séances d’hypnose, une vraie galerie d’images sur cette Assyrie antique et berceau du règne de Pazuzu, et c’est donc lui qui met vraiment à la lumière du jour le thème central qui sera développé dans les autres suites : croyances païennes contre normalisation chrétienne.

19022207523815263616129917 dans TrapardPar la suite, d’autres films ont tenté de rebondir sur le succès de L’EXORCISTE 1 ET 2, mais sans vraiment aller au-delà du stade de l’idole païenne maléfique. Quelques titres en exemples : LA POUPÉE DE LA TERREUR (1975), CRASH (1977) de Charles Band, et LA FORCE (1984) sur les pouvoirs amérindiens, et KADAICHA (1988) sur ceux issus de la culture aborigène. Et je dois en oublier beaucoup d’autres, tant les cultures amérindiennes ont hanté les Américains jusque dans les films fantastiques. Et l’Ozploitation a aussi surfé sur cette veine, et je pense qu’un film comme LA DERNIÈRE VAGUE (1977) de Peter Weir n’est finalement pas si éloigné que ça de L’EXORCISTE.

À noter aussi que le roman de Michael Crichton, Le Royaume de Rothgar qui servit à l’adaptation du TREIZIÈME GUERRIER (1999) parut en 1976, et développe plus encore le thème des cultures païennes invisibles liées à la fertilité. Mais ne citer que quelques films et romans des années 70, ce serait faire injure à toutes les publications aujourd’hui oubliées de la grande époque de la « New Age ». Mais le fait que Pazuzu ai un lien étroit avec la fertilité, cela explique 19022207555515263616129920certaines scènes violentes de mutilations dans L’EXORCISTE. Et le film laisse aussi planer un voile d’ambiguïté concernant les rites anciens et modernes du passage du stade de l’Enfance à celui de Femme. Si l’on considère la « possession » du corps et de l’esprit comme un viol, tout bon film qu’il est, L’EMPRISE (1981) de Sidney J. Furie, avec son entité violeuse, ne semble plus être qu’une version caricaturale et bisseuse de L’EXORCISTE. Mais ça, c’est « l’effet années 80 » !

Mais pour en revenir à Pazuzu, il a aussi fait un petit séjour sous la plume de Jacques Tardi, dessinateur des Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec, dans le volume Le Démon de la Tour Eiffel édité en 1976 et qui, à mon goût, est le meilleur de la série.

Pour conclure sur les représentations de Pazuzu, voici ce qu’indique Wikipédia :

« L’apparence de Pazuzu est connue par plusieurs représentations artistiques sur lesquelles son nom est inscrit, ne laissant pas de doute sur son identité. C’est un être hybride comme cela était courant pour les divinités démoniaques de la Mésopotamie antique. Son aspect peut légèrement varier suivant la représentation. Sa tête est en gros de forme humaine, avec un nez et une bouche de forme animale, de type canin ou félin avec de grandes dents, et des yeux globuleux. Son corps, de forme généralement humaine mais avec un tronc semblable à celui d’un chien, est généralement recouvert d’écailles. Ses mains ressemblent à des pattes d’un animal terminées par des griffes, et ses pieds sont des serres de rapace. Il est souvent représenté avec un pénis en érection qui se termine par une tête de serpent, et sa queue est celle d’un scorpion. Il dispose souvent de quatre ailes, ce qui est courant pour les génies de l’ancienne Assyrie. Son aspect est souvent menaçant : bouche montrant ses crocs ou sa langue, main droite levée en préparation d’un coup. »

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SEYTAN (1974)

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SEYTAN (1974)

SEYTAN est le « Turkish Exorcist », autrement dit le remake turc du film de Friedkin tourné dans la foulée de l’original. Au moins, avec ce type de remake, inutile de chercher les points communs plagiés au film d’origine que l’on retrouve dans tous les dérivés de L’EXORCISTE, de l’ANTÉCHRIST à EXORCISMO puisqu’ici, la trame est quasi-identique.

L’intrigue : Une jeune fille de 12 ans qui habite avec sa mère dans un quartier bourgeois est possédée par le démon…

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Même la fillette turque, incarnée par Canan Perver, a de faux airs de Linda Blair. L’intro avec l’archéologue dans les ruines, le grand appartement à deux étages, les rats dans le grenier, la fillette somnambule qui urine devant une assemblée ou qui est projetée sur son lit, l’immense escalier, la scène de vomissures et l’excision (non pas avec un crucifix mais avec une statuette coupante) et 19020604123915263616109263 dans Fantastiquel’exorcisme final… Tout y est. Même le morceau de Mike Oldfield est réutilisé régulièrement de manière obsessionnelle. Seule la foi chrétienne du prêtre exorciste est remplacée par un l’érudition d’un archéologue et un policier qui enquêtent sur les croyances de démonologies locales. Le Seytan du film étant évidemment le démon coranique.

L’intérêt de SEYTAN, en plus d’être plus agréable à regarder que la moyenne des remakes turcs, vient de cette tentative du réalisateur Metin Erksan de vouloir jongler entre deux options : la jeune Gül est-elle atteinte d’une maladie psychique ou d’une possession démoniaque ? Ce dualisme sera beaucoup plus présent dans L’EXORCISTE 2 : L’HÉRÉTIQUE de John Boorman, en 1977. Et plus présent encore, dans L’EMPRISE (1981) de Sidney J. Furie. Du coup, Gül se voit contrainte de répondre à des exigences médicales souvent ridicules, et parfois visuellement et involontairement cocasses, comme la scène des électro-chocs. Mais à part quelques touches d’humour, l’ensemble se veut très sérieux

Vous pouvez regarder le film avec des sous-titres anglais ici.

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LE MAÎTRE DU TEMPS (1970)

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LE MAÎTRE DU TEMPS (1970)

Oui je sais que le titre va immédiatement vous faire penser aux MAÎTRES DU TEMPS (1982) de René Laloux, mais il s’agit d’un tout autre film de science-fiction. Là, vous veniez de cliquer machinalement sur « j’aime » sans avoir ouvert cet article, puis vous vous êtes révisés en regardant l’affiche de plus prêt, en approchant votre nez vers l’écran. Mince, ce n’est pas le film que vous aimez et vous avez « liké ». Que faire ? Enlever votre « Like » ni vu, ni connu ? Pendant que vous réfléchissez sur ce grand dilemme existentiel, laissez-moi vous présenter le film du jour…

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LE MAÎTRE DU TEMPS est une co-production franco-brésilienne réalisée par Jean-Daniel Pollet qui traite de l’errance terrienne d’un extraterrestre arrivé là par erreur. Ce qui est plutôt étonnant de la part de ce réalisateur qui a plutôt tendance à ancrer les histoires de ses films dans une sorte de naturalisme implacable, mais toujours très fin (POURVU QU’ON AIT L’IVRESSE, GALA, L’ACROBATE). Le début du film est identique à celui de PROMETHEUS (2012) de Ridley Scott. Ou l’inverse… Mais en guise de cet Architecte géant et bleuté de l’univers d’ALIEN, c’est notre Jean-Pierre Kalfon national tout peint en bleu qui est projeté dans l’océan et qui semble sans cesse retomber à la mer et être ramené vers le rivage d’un nouveau présent. Il évolue ainsi, tout le long du film, vers un continuel futur et traverse l’Histoire du Brésil au grès des flots. L’idée du va-et-vient par le biais de l’océan est un artifice science-fictionnel assez connu, notamment dans la littérature de SF. Et même dans la musique. Vous pourrez d’ailleurs retrouver ce genre de boucle dans le clip du morceau  « Falling for You »  du jeune rockeur calédonien, Paul Cramet, sorte d’hommage à 2001, L’ODYSSÉE DE L’ESPACE et à EYE WIDE SHUT de Stanley Kubrick. Vous m’y verrez d’ailleurs très brièvement, affalé et gloutonnant du raisin à 1’37.

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Derrière cet univers de science-fiction, le film de Jean-Daniel Pollet semble démarrer avec le syndrome de « l’Indien dans la ville », notre extraterrestre semblant découvrir le monde sauvage d’un côté, et civilisé de l’autre, se posant parfois même en médiateur. La suite du film évoluant finalement vers une quête initiatique humaine. Et disons-le franchement : une quête initiatique hippie.

L’intrigue : Un extra-terrestre, qui a la faculté de voyager dans le temps, visite notre planète à différentes époques….

Le début des années 70 était, en effet, le temps du cinéma hippie (pipe hourra ?) : QU’IL ÉTAIT BON MON PETIT FRANÇAIS (1971) de Nelson Pereira dos Santos, pour le Brésil. EL TOPO (1970) et LA MONTAGNE SACRÉE (1973) d’Alejandro Jodorowsky pour le Chili. Et il ne faut évidemment pas confondre SF hippie des années 70, et SF gnian-gnian de Coline Serreau et de LA BELLE VERTE (1996).

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À cette époque-là, Jean-Pierre Kalfon était aussi l’un des personnages centraux de l’un des plus grands films hippies de tous les temps, d’ailleurs tourné vers chez nous (en Papouasie-Nouvelle-Guinée) : LA VALLÉE (1972) de Barbet Schroeder, sur la musique culte des Pink Floyd. La musique du film de Jean-Daniel Pollet est d’ailleurs très sympa et aussi « haschement » psychédélique. Elle a été composée par le contrebassiste français, Guy Pedersen, dont voici deux de ses compositions,  ici et  . Mais il est surtout connu pour être à l’origine de la musique du générique de l’émission THALASSA, ce qui n’est vraiment pas ce qu’il a fait de mieux.

Et au début des années 70, le « Cinema Novo » (cette nouvelle vague du cinéma brésilien) battait son plein, avec des réalisateurs cultes comme Glauber Rocha (LE DIEU NOIR ET LE DIABLE BLOND, ANTONIO DAS MORTES) ou Ruy Guerra. Ce dernier jouant même l’un des rôles principaux du MAÎTRE DU TEMPS, ainsi que dans cet autre film oublié (mais surtout incompris) de la SF initiatique à la française : LES SOLEILS DE L’ÎLE DE PÂQUES (1972) que Pierre Kast a tourné aux quatre coins du monde. Kast qui travaillait alors au Brésil depuis les années 60, a d’ailleurs co-écrit LE MAÎTRE DU TEMPS avec Jean-Daniel Pollet. Mais contrairement à ses SOLEILS, il semble avoir misé sur la simplicité pour ce film-ci, ce qui le rend très agréable à regarder.

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THE THIRSTY DEAD (1974)

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THE THIRSTY DEAD (1974)

Voilà un bien étrange film, kitsch à souhait, mais pas inintéressant. C’est une co-production américaine avec les Philippines et réalisée par l’acteur de télévision Terry Becker. THE THIRSTY DEAD est aussi sorti en VHS sous le titre BLOOD HUNT. Mais pas en France, semble-t-il. On pourrait aussi le confondre avec un autre film philippin beaucoup plus connu, traitant aussi de vampirisme, mais de manière plus thrash : BLOOD THIRST (1971) de Newt Arnold.

THE THIRSTY DEAD est plutôt un film fourre-tout qui mélange les genres : policier, WIP (films de femmes prisonnières), film de sectes, exotisme et horreur.

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L’intrigue : En l’espace d’un mois, sept jeunes femmes sont enlevées à Manille par des membres d’un culte de la mort qui a besoin de leur sang pour rester immortels. Il s’avère que les femmes sont transportées dans une forêt lointaine, afin d’y être sacrifiées pour leur sang afin que les membres de la secte puissent maintenir leur jeunesse éternelle…

Un scénario qui ressemblerait presque à celui de LA SECTE DES CANNIBALES (1981) d’Umberto Lenzi. Mais même si THE THIRSTY DEAD n’est pas un très bon film, il innove un peu en reprenant ce thème du vampirisme exotique présent dans  THE WOMAN EATER (1958) avec ses vierges offertes en sacrifice dans le but de reconquérir ou d’inverser la vie éternelle. Cette déviance du vampirisme (proche du cannibalisme) a aussi été très bien exploitée en France par Alain Jessua dans TRAITEMENT DE CHOC (1973) ou par Raphaël Delpard avec LA NUIT DE LA MORT (1981), ainsi qu’en Australie avec SOIF DE SANG (1979, Thirst) de Rod Hardy.

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Mais dans THE THIRSTY DEAD, le suspense est plutôt plat et les bavardages sont légions. L’intérêt réside dans la présence de jolies comédiennes piégées au milieu d’une secte aux fringues ultra-kitschs vivant au milieu de nulle part.

L’ex-maquilleuse et réalisatrice d’effets spéciaux, Cecile Braun, a réussi quelques effets gores ou de vieillissement. Sa carrière semble s’être limitée à de petites productions philippines ainsi qu’à quelques films à succès sur la guerre du Vietnam comme PLATOON (1986) et HAMBURGER HILL (1987).

En attendant mieux, vous pouvez regarder THE THIRSTY DEAD en V.O. sur YouTube.

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MONSTRES SACRÉS : SSSNAKE LE COBRA

MONSTRES SACRÉS : SSSNAKE LE COBRA dans Cinéma bis 14050303003115263612199975

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SSSNAKE LE COBRA

SSSNAKE LE COBRA c’est l’homme-serpent du film éponyme de Bernard L. Kowalski (NIGHT OF THE BLOOD BEAST, L’ATTAQUE DES SANGSUES GEANTES). D’ailleurs, il s’agit sûrement de son meilleur film. Entre LA MONSTRUEUSE PARADE, L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU et le film d’attaques animales, SSSNAKE LE COBRA (1973, SSSSSSS) est un vrai petit bijou des Seventies. Et il est loin d’être une rareté puisqu’il est autant sorti en France, en VHS qu’en DVD.

L’intrigue : Scientifique autant qu’ermite, le Docteur Carl Stoner consacre son existence à l’étude des serpents et à la collecte de leur venin. C’est du moins ce que l’homme laisse transparaître car en réalité, ses expériences vont bien au-delà de la simple observation. Rendu fou par son admiration du monde reptilien, Stoner entend ainsi créer une nouvelle race. Une espèce alliant à merveille la puissance, l’intelligence et l’agilité. Pour cela, notre scientifique concocte une substance miracle qu’il inocule sans sourciller à son jeune cobaye…

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Les maquillages de l’homme-serpent (j’ai envie de vous dire qu’il n’est pas unique, mais ce serait trop vous en dire) ont été créés par Daniel C. Striepeke (la saga de LA PLANÈTE DES SINGES), assisté de John Chambers (L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU et SUPERBEAST). Peaux boursouflées et latex finement découpé sont à l’honneur dans le film de Kowalski.

Puis cet homme-cobra en latex me permet aussi de rebondir sur le récent article de Cosmofiction sur DREAMSCAPE (1984) puisque dans une scène de cauchemar, l’acteur David Patrick Kelly se transforme aussi en cobra géant, mais avec un effet de superposition plutôt raté.

Quand à SSSNAKE LE COBRA, il est interprété au naturel par le très jeune et méconnaissable Dirk Benedict presque six ans avant de devenir le lieutenant Starbuck de la série GALACTICA.

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